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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 10:24

 

Discours prononcé ce soir à Londres lors d'une conférence-débat avec Gilles Kepel sur le thème : « Lutter contre le terrorisme aujourdhui : quelles politiques Quelles perspectives pour la France et le Royaume-Uni Quel impact sur le secteur privé ? ».

 

 

Mesdames et messieurs,

 

Cela n’est pas la première fois que nous sommes confrontés au terrorisme. Mais nous avons changé de monde.

Par sa nature, son envergure, ses objectifs mystiques, la menace terroriste s’apparente à un conflit d’un genre nouveau.

Certes, les sources du fondamentalisme islamique ne datent pas d’aujourd’hui.

Mais tout a explosé avec la fin de la guerre froide, qui gelait les rapports internationaux, et avec la déliquescence des régimes autoritaires qui cadenassaient leurs sociétés civiles.

Les pouvoirs ont vacillé, libérant les idéologies et les frustrations les plus radicales. 

Avec les printemps arabes, nous espérions la victoire de la démocratie mais la démocratie ne s’improvise pas, et à bien des égards, l’Occident -USA en tête- s’est comporté en apprenti sorcier.

L’invasion de l’Irak en 2003 et la démocratisation improvisée de ce pays ont précipité le chaos. Je me souviens d’avoir entendu Jacques Chirac tenter de convaincre Georges W. Bush que la démocratie en Irak, ce serait les Chiites contre les Sunnites. Il oubliait les Kurdes, les chrétiens, les Yazidi… Quant à l’opération française en Libye - aussi juste fut-elle sur le plan moral - elle aura eu pour conséquence de disloquer cet Etat et de métastaser le Sahel. 

«L’Orient compliqué» dont parlait le général de Gaulle, est devenu un Orient en miettes au sein duquel le fanatisme religieux se déploie.

 

Nous sommes confrontés à une nouvelle forme de guerre mondiale.

Les mouvements totalitaires islamiques occupent désormais des territoires, ils contrôlent des populations, ils lèvent l’impôt, exportent du pétrole, se procurent des armes lourdes, conduisent une guerre numérique efficace contre leurs ennemis, c’est à dire contre nous.

L’axe de la terreur court du Nigéria au Pakistan, et est marqué par l’émergence de l’Etat islamique auquel Boko Haram vient de prêter allégeance.

L’EIIL ne forme pas une organisation terroriste comme nous avons pu en affronter par le passé.

Cette organisation a une assise territoriale, qu’elle veut étendre en bousculant les frontières si fragiles du Moyen Orient, dessinées il y a un siècle avec les accords Sykes-Picot. Elle a des revenus financiers tirés de la vente de pétrole, évalués à 3 milliards de dollars par an. Elle détient de puissants moyens militaires et s’appuie sur des groupes vassaux et décentralisés.

Elle s’articule autour d’une idéologie prophétique qui de groupes actifs en réseaux numériques se dissémine, y compris parmi nous.


A l’époque, le terrorisme prenait la forme d’un chantage macabre, mais il y avait cependant l’idée d’une revendication, d’une négociation.

Aujourd’hui, l’objectif est autre et il est clairement énoncé par Abou Moussab al-Souri, un doctrinaire syrien dont Gilles Keppel a traduit les thèses : il s’agit de susciter sur notre sol un climat d’effroi et de tension débouchant sur un conflit civil entre musulmans, chrétiens et juifs.

Avec le totalitarisme islamique, on ne négocie pas, on tue !

On ne cherche pas à sauver sa propre vie, on souhaite la mort, dans un combat salvateur contre un monde prétendu décadent : «l’Occident infidèle» bien sûr, mais aussi les «mauvais» Musulmans, jusqu’à ce que le califat règne sur la terre et impose à tous sa lecture de la Charia.

Le problème n’est pas de savoir si ce projet est réaliste, le problème c’est que ce projet apparait suffisamment puissant pour enrôler des dizaines de milliers d’individus prêts à tout pour donner à leur vie un sens messianique et qu’il a déjà des conséquences humaines, politiques, économiques, écologiques considérables.

La guerre en Syrie a déjà fait plus de 250 000 victimes et 4 millions de réfugiés.

ISIS a assassiné plus de 20 000 personnes en Syrie et en Irak. (Scènes d’horreur quotidienne)

L’économie syrienne est à l’arrêt. Celle de l’Irak ne vaut guère mieux. Les touristes ont déserté le moyen Orient, à l’exception des monarchies du Golfe. Ainsi en Jordanie où je me trouvais la semaine dernière le bilan indirect de l’Etat islamique se chiffre déjà par une baisse de 80% du tourisme et plus d’un million de réfugiés.

Le Liban est en mode survie sous le contrôle quasi total de l’Iran.

Cette situation jette sur les routes de l’exode des millions d’êtres humains qui sont près à risquer leur vie et celles de leurs enfants pour échapper à l’enfer.

Dans les prochains mois ce sont des vagues immenses de réfugiés qui vont aborder les cotes européennes en Italie et en Grèce.

Aucune mesure de contrôle ne les en empêchera parce qu’ils sont désespérés et qu’ils n’ont rien à perdre.

 

Nous sommes dans une guerre d’un nouveau type, une guerre asymétrique, qu’il faut livrer de façon globale.

 

La France a choisi d’assumer ses responsabilités dans cette guerre.

En Irak, l’opération Chammal mobilise 3 200 militaires français et une trentaine d’avions de chasse, de renseignement et de ravitaillement.

Dans les airs, nous faisons le travail avec nos alliés, mais chacun sait que c’est à terre, avec les combattants Kurdes, Irakiens, Syriens, et, le moment venu, les tribus sunnites, que la victoire se nouera ou non.

Cela n’est pas gagné, car leurs armements restent rustiques malgré les livraisons d’armes, la formation des troupes est sommaire et la cohésion est inexistante.

 

Au Sahel aussi, nous sommes en action, avec l’opération Barkhane qui aligne 3000 hommes.

Nous coopérons avec la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad… 
Mais cette coopération n’aura de sens, à long terme, que le jour où l’Afrique se dotera, au-delà de la MINUSMA, d’une véritable capacité d’action collective.

En Afrique comme au Moyen Orient, rien ne serait plus dangereux que de donner le sentiment que l’Occident serait le leader d’une bataille qui concerne en réalité tout le monde.

Plus nous agissons en première ligne, plus nous risquons d’alimenter le discours de ceux qui rêvent d’un choc de civilisation. Voilà pourquoi les africains et les arabo musulmans doivent prendre toutes leurs responsabilités. 

 

La vérité c’est que nous n’avons aucun espoir de gagner cette bataille si nous ne changeons pas de stratégie.

C’est une nouvelle guerre mondiale qui appelle une très large coalition pour venir à bout d’un adversaire qui constitue une menace pour l’humanité.

Aujourd’hui nous devons rassembler tous ceux qui peuvent nous permettre de vaincre le totalitarisme islamique.

 

Et d’abord la Turquie :

Ankara cherche à éloigner la menace djihadistes de son territoire sans donner aux Kurdes l’occasion de faire des pas supplémentaires vers l’indépendance.

Le gouvernement turc ne peut pas rester dans l’ambiguïté. Il doit s’engager (en pourchassant les apprentis djihadistes qui transitent par son territoire), et en dégageant une solution historique pour résoudre le problème Kurde.

 

Les Etats du Golfe doivent, eux aussi, clarifier leur position.

Leur retenue ne saurait être l’ambiguïté.

On ne peut à la fois dire aux Européens : «intervenez, et nous vous soutenons financièrement», et dans le même temps fermer les yeux sur tous ces financements privés qui partent du Golfe ou d’ailleurs pour alimenter les réseaux fondamentalistes.


Cette duplicité a trop duré !

C’est pour y mettre un terme que j’ai proposé que la cour pénale internationale puisse être saisie contre les auteurs des crimes de masse sur les territoires contrôlés par l’Etat islamique et contre ceux qui les financent.

 

La clarté s’adresse aussi au cas sensible d’Israël, notre amie, notre alliée, mais aussi l’un des noyaux durs de la région…

Peut-on stabiliser le Proche et Moyen-Orient sans faire avancer la paix israélo-palestinienne ? Non !

Les USA et l’Europe doivent réenclencher le processus de dialogue, quitte, si rien n’avance, à reconnaitre l'Etat de Palestine.

Les initiatives que va prendre le nouveau gouvernement de Netanyahu sont cruciales.

Qu’il mette en œuvre les engagements pris durant la campagne électorale sur la colonisation et sur Jérusalem et le risque d’embrasement des territoires palestiniens et de la Jordanie est  maximum.

A moyen terme, Israël n’a rien à gagner à un environnement empoisonné par un djihadisme capable d’aggraver la situation sécuritaire des israéliens et de déstabiliser le Liban et la Jordanie.

 

Reste enfin, et cela est crucial, la rivalité entre lArabie Saoudite et lIran, dont le Yémen est actuellement la cible.

Au-delà de la question nucléaire iranienne qui n’est pas encore conclue dans les détails, il faut que l’éventuel rétablissement des relations économiques et diplomatiques avec Téhéran débouche aussi sur un dialogue avec Ryad.

Tant que ces deux puissances se défieront, le Moyen Orient est voué à demeurer la poudrière de la communauté internationale. 

 

Enfin il faut entrainer dans la coalition la Russie et lIran.

 On peut ne pas apprécier leurs régimes et se méfier de leurs desseins, mais jusqu’à preuve du contraire, ces deux pays ne sont pas des adversaires mortels de la France ou du Royaume Uni.

La Russie a une influence sur le régime bassiste ; l’Iran a une influence sur les Chiites et sur une partie de l’armée syrienne qu’elle soutient.

Si on veut trouver une solution en Syrie, il faudra la trouver avec ces deux Etats.

Que ces Etats ne répondent pas à tous nos principes, c’est vrai !  

Mais réalisme oblige, c’est bien une nouvelle donne diplomatique qu’il faut bâtir.

Le monde est devenu multipolaire, la pensée binaire est caduque !

Nous ne pouvons pas avoir pour seule matrice intellectuelle celle de la démocratie occidentale, pour seule lecture militaire celle des manuels de l’Otan, et pour premier guide, la Maison Blanche, dont la stratégie ne s’est révélée ni limpide ni très efficace ces dernières années.

Enfin lEurope doit assumer ces responsabilités et sengager dans cette bataille.

On ne peut plus accepter que l’essentiel de l’effort militaire européen soit assuré par les français et les britanniques.

D’abord parce que nos moyens sont insuffisants pour faire face aux menaces qui pèsent sur le continent.

Ensuite parce qu’il est injuste que nous soyons les seuls à verser le sang pour une cause qui concerne toute l’Europe.

L’Allemagne, en particulier ne peut plus continuer de s’abriter derrière son passé pour refuser toute implication réelle dans cette guerre.

 

Une coalition mondiale pour conjurer un danger mondial c’est la seule stratégie gagnante.

 

 

En attendant d’y parvenir la France comme la Grande Bretagne ont un défi intérieur à relever :

1 500 personnes, Français ou résidant en France, pour leur implication dans les filières terroristes, sont sous surveillance.

430 individus combattent en Syrie et en Irak. Ils sont 700 pour le Royaume Uni.

Chez nous, le nombre de personnes impliquées dans les filières a augmenté de 20% depuis le début de l’année et de 170% depuis janvier 2014. 

Pour faire face, la bataille du renseignement est cruciale, et elle est naturellement européenne et internationale.

Nous avons trois priorités :

  • l’établissement d’un PNR (Passenger Name Record) européen afin de partager nos données concernant les passagers aériens ;
  • le recours accru au Système d’information Schengen (SIS) afin de tracer, signaler et arrêter les combattants étrangers. Cela passe par un renforcement des contrôles effectués aux frontières de l’UE, notamment pour les ressortissants européens ;
  • une coordination dans la lutte contre la propagande et le recrutement terroristes sur Internet, en pesant collectivement sur les opérateurs et en harmonisant nos législations en matière de retrait des contenus illégaux.

 

En France, plusieurs innovations vont compléter notre arsenal juridique : l’interdiction de sortie du territoire; l’interdiction d’entrée et de séjour pour les étrangers qui représentent un danger; le blocage administratif des sites Internet qui appellent au terrorisme.

 

Ces jours-ci, le renouvellement du cadre légal qui régit lactivité de nos services de renseignement pour écouter et intercepter les individus suspects est examiné au Parlement.  

Il soulève un débat de fond sur l’équilibre entre liberté individuelle et sécurité collective. Incontestablement, il faut défendre notre démocratie mais pas au prix d’ignorer ses droits fondamentaux.

J’ai demandé au gouvernement de saisir le Conseil constitutionnel afin de lever les doutes sérieux qui pèsent sur la conformité de ce projet avec notre loi fondamental. S’il ne le fait pas, c’est moi qui en prendrais l’initiative.

 

Le terrorisme numérique constitue lune des principales menaces pour nos sociétés. Déjà, les attaques numériques, qu’elles soient terroristes ou criminelles représentent plus de dommages que les attaques classiques. Elles constituent pour les entreprises un risque considérable et difficile à prévenir.

Les banques, les compagnies d’assurances, les infrastructures de transports, de production d’énergie sont des cibles privilégiées.

Le président d’AXA me confiait qu’il s’agissait pour son entreprise du principal risque.

Tout comme le terrorisme, les attaques numériques constituent une menace asymétrique. La défense doit être efficace à 100% quand l’attaque peut se contenter d’une seule tentative réussie.

De plus les conditions juridiques d’une réponse défensive sont encore mal définies.

Une entreprise américaine qui a été l’objet d’une cyber-attaque à partir du territoire de la Russie s’est vue inculpée par la justice de ce pays pour avoir riposté.

Le cyber terrorisme c’est le far West avant l’arrivée des shérifs.

Quoiqu’il en soit, les armes numériques entre les mains d’organisation terroristes puissantes comme l’Etat islamique en Irak, peuvent provoquer demain des dommages comparables à ceux infligés par des bombardements massifs et la destruction des réseaux de communications et d’énergies.

Nous devons, en conséquence, nous doter des forces capables de déjouer ces attaques. Pour conduire la guerre numérique, il faut un véritable arme numérique au même titre que l’arme terrestre, aérienne ou navale.

 

 

 

Enfin, il y a la prévention de la radicalisation.

Bien des familles qui ont vu leurs enfants partir en Irak ou en Syrie sentaient que les choses dérapaient. Par manque d’information et de contacts éclairés, l’engrenage s’est accéléré.

En France, une plateforme téléphonique nationale a été mise en place.

Plus de 1700 individus en voie de radicalisation ont été ainsi identifiés.

Reste la question de la prison qui est un des lieux où se cristallisent le parcours des apprentis djihadistes.

Il y a actuellement un débat pour savoir si l’on dote les services pénitentiaires des moyens de renseignements équivalents à ceux de la police.

Certains disent que ça n’est pas le rôle de ces services, mais peut-on estimer que le seul lieu en France où les extrémistes échappent à la surveillance, c’est la prison ? 

Pour les détenus radicalisés, nous n’échapperons pas à mon sens à la nécessité de créer des structures spécialisées.

 

Enfin, mesdames et messieurs, le combat contre le fanatisme est politique. 

Le virus est en France, il est au Royaume uni. Il faut lui opposer la force de notre cohésion nationale.

Parmi les adeptes et recrues de l’EIIL, 1.500, je l’ai dit, seraient françaises.

Quant aux tueurs de Charlie Hebdo et de l’épicerie kasher, ils étaient des nôtres. 

Alors, n’esquivons-pas les questions de fond.

Pourquoi l’appel djihadiste rencontre un tel écho chez certains de nos jeunes, dont certains ne sont même pas musulmans ?

Faiblesse de nos valeurs ? Echec de notre modèle d’intégration ? Blocages économiques et sociaux ? Impuissance des instances musulmanes officielles à démontrer en quoi la dérive djihadiste n’a rien à voir avec la pratique de la religion ?

Ces questions ne doivent pas être taboues.

 

A l’évidence, il y a une perte des repères essentiels.

Il faut réapprendre à aimer la France.

A force de moquer ses symboles, d’être complaisant vis-à-vis de ceux qui défient la République, à force de nourrir les communautarismes plutôt que de célébrer l’unité française, on a affaibli le gout de vivre ensemble.

Certes, après les attentats de janvier, beaucoup de Français ont senti qu’il fallait faire bloc… Mais derrière le bloc, il y a des failles !

Dans certaines de nos cités pourtant réhabilitées, les fractures sociales, économiques, culturelles s’agrègent au point de former une autre France dans la France.

Tout n’est pourtant pas sombre, car il existe dans nos quartiers des énergies positives, et la majorité des habitants ne sont pas en sécession mais en demande d’éducation, d’ordre et de travail.

 

Par l’Ecole, il faut instruire, retendre les valeurs du civisme, de la fraternité, de l’autorité aussi.

Je milite pour plus d’autonomie de nos établissements scolaires, avec des vrais patrons à leur tête, avec des capacités d’adapter leurs équipes et les enseignements aux enfants et aux adolescents, car on n’agit pas de la même façon à Grigny qu’à Paris.

A l’évidence, il faut concentrer nos efforts sur la transmission des savoirs fondamentaux et diversifier le collège pour l’ouvrir sur le monde du travail car la spirale de l’échec scolaire préfigure celle de la violence.

Et s’il faut des signes forts pour marquer l’égalité de tous, je propose une tenue uniforme à l’Ecole, comme elle existe dans nos territoires d’outre-mer ou en Angleterre.

Cela n’est qu’un symbole, mais tout commence par des symboles !

 

Il faut aussi s’interroger sur la panne de notre système d’intégration et sur les échecs d’une immigration mal maitrisée, mal assimilée, faute de croissance économique et faute d’exigence politique.

Il faut fixer des quotas et consolider les parcours d’intégration en étant ferme sur l’apprentissage de notre langue, de nos valeurs, sur la capacité des étrangers à trouver un emploi et à subvenir à leurs besoins. 

Chacun sait que la politique d'asile est devenue la principale source d'arrivée d'immigrants clandestins en France. Il faut réduire les délais d’instruction des dossiers et nous doter des moyens de renvoyer chez eux tous ceux qui ne sont pas de véritables réfugiés politiques.

La France est attractive parce que l’accès à ses prestations sociales est trop large. Il faut resserrer le système.

Quant à Schengen, il faut réformer ses règles et redéfinir une vraie politique européenne d’immigration.

 

Mesdames et Messieurs,

Dans cet environnement hostile, il y a, parmi nos atouts, lUnion européenne.

Malgré ses handicaps, elle demeure notre meilleure alliée pour garantir notre sécurité et tenir notre rang dans la mondialisation.    

Le Royaume uni est actuellement en pleine campagne électorale, et je suis inquiet de le voir s’interroger sur son destin européen.

Certains, en Europe, se réjouiraient secrètement de voir l’Angleterre rejoindre le grand large. Pas moi !

Son départ serait un choc qui pourrait se révéler ravageur pour tous.

Il priverait la France du seul partenaire militaire véritablement crédible au sein de l’Union européenne et cela ruinerait le projet de force expéditionnaire commune prévue pour 2016, par le traité de Lancaster House.

L’Europe de la défense est aujourd’hui indigne de notre sécurité collective, alors sans le Royaume Uni que restera-t-il pour assurer un minimum de crédibilité à l’Union européenne ?

Il est temps que Paris et Berlin réfléchissent à la réponse à apporter aux Britanniques sur les deux sujets qui les préoccupent : l’immigration et la subsidiarité.

Il faut engager un dialogue pour dissiper les ambiguïtés et transformer une menace de divorce en opportunité de réformer une gouvernance européenne à bout de souffle !

L’Europe à 29 piétine, sous le poids de l’uniformité et de la technocratie.

Personnellement, je milite pour une Europe à géométrie variable avec un noyau dur resserré sur le plan économique et fiscal, une zone euro pilotée politiquement, et le reste relevant d’un espace économique et humain solidaire.

Dans cette Europe à plusieurs vitesses, je crois que le Royaume Uni pourrait aisément trouver sa place.

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, les réflexions que m’inspire le combat contre le terrorisme. Ce combat ne se limite pas à des frappes de missiles car le fanatisme s’ancre dans des réalités diplomatiques, politiques, culturelles, sociales. 

Notre riposte doit être globale, faite de fermeté et de sang-froid.

C’est là le message que je voulais partager avec vous.

 


 

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Publié par François Fillon
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commentaires

lefort 16/11/2015 13:05

idée d'action contre les intégristes français pour les empêcher de passer a l'acte :
- leur point faible : la famille , donc si actes, suppression des aides a leur parents femme enfants , frères et sœurs.; et en plus se sont les personnes les plus susceptibles de prévenir et d'agir.
( et se serai bien de vérifier si leur famille ont reçu de l'argent ..

gilles 01/05/2015 10:55

Terrorisme, affaire de voile, affaire de jupe, pour moi, nous devons en tant que France affirmer nos valeurs. Nous avons eu assez de guerre de religions, la loi de 1905 a été faite pour cela.
Je soutiens d'ailleurs Lydia Guirrous que j'ai entendu sur le sujet.
Dans tout cela, il y a le souhait de fantaisie habituelle qu'on trouve usuellement chez une adolescente + éventuellement un souhait de tester les structures de notre pays par "coins" successifs.
Si ce n'est pas le cas, alors, un simple dialogue et injonction doive suffire.
Dans tous les cas, il faut énoncer nos règles basé sur l'art du vivre et du apprendre nos valeurs ensemble.

Asnières 28/04/2015 17:57

Belle analyse et beau discours en espérant que les politiques en places puissent agir.
Pierre

frisch 27/04/2015 15:50

Bien,j espère non utopique

frisch 27/04/2015 15:50

Bien,j espère non utopique

frisch 27/04/2015 15:47

Bien j espère non utopique

de Vendeuvre 25/04/2015 10:41

Cher Monsieur,
vous oubliez prudemment de dire que le terrorisme em Syrie est le résultat d´um complot international ,organisé par les Etats Unis avec leurs alliés régionaux, Israel principalement,en vue de renverser Bachar el Assad, opposé à une coopération avec Israel em vue de l´approvisionnement em pétrole de cet état.
Ce complot a , de même que la destruction de l´état irakien, n´a pas totalement réussi mais il coute cher aux familles syriennes qui ont perdu leurs proches et leurs foyers.Il pourrait couter cher à l´Europe si celle ci ne contribue pas activement à rétablir la paix au lieu de fomenter la guerre au Moyen Orient.
Salutations.
Arnaud de Vendeuvre

bibi 23/04/2015 14:27

entièrement d accord et vous êtes le seul a dire la vérité

Francois Carmignola 23/04/2015 09:31

Ce fanatisme en Occident est du à la forme moderniste de l'Islam. La volonté de "réforme" qu'il manifeste se fait dans le sens d'un communautarisme agressif dominateur qui n'est pas forcément lui même terroriste, mais qui utilise le terrorisme. Nous sommes dans la forme typique à 3 acteurs qui présida à l'essort du nazisme et du communisme:
1) un groupe traditionnel réactionnaire qui ronchonne, pieux et borné
2) un parti politique avec pignon sur rue, autoritaire et exigeant qui veut dominer le (1)
3) un groupe d'extrémistes qui dénonce l'inertie de (1) et critique la mollesse de (2), ce sont les violents.

La danse peut commencer: (2) ferme les yeux sur (3) pour mieux justifier son autorité seule capable de s'y opposer; (1) cherche dans (2) la protection contre (3), tout en l'admirant secrètement : ce sont ses enfants.
Bref, tout est en place pour des violences conséquentes si on n'y prend pas garde: la radicalisation a lieu maintenant en Europe même.

Il faut donc étouffer tout cela par la pratique d'un laïcisme dur et s'en prendre au parti conservateur du milieu, ici l'UOIF, les frères musulmans, ceux qui ont pignon sur rue. Il faut les réduire.

Tout ce qu'ils demandent doit être refusé, et vous avez eu le tort M. Fillon de sembler céder sur deux choses qu'ils demandent et qu'il faut leur refuser absolument: le voile dans les universités et les repas confessionnels dans les cantines.
Car l'humiliation systématique de l'Islam communautaire est maintenant d'actualité: il faut le faire à la Fillon, calmement, avec puissance et détermination. L'islam, ses débats, ses manifestations politiques et spirituelles sont aujourd'hui un danger pour la république.

Noblanc 22/04/2015 21:56

Enfin, voilà ce que j'attendais depuis des mois et des mois....
Bravo Mr Fillon, pour votre intelligence des faits. Il est évident que c'est le chemin qu'il faut suivre.
Certes, nos responsables politiques sont enfermés dans nos cantons, mais qui donc aura la bonne idée de regarder au dessus de la barrière, au delà de toutes les frontières, au delà de toutes les différences ?
Merci Mr. Fillon! Vous me faites parvenir le message qu'il existe encore en France de la matière grise.
Kenavo

Stéphanie 22/04/2015 18:30

Il semble, comme d'habitude en ce moment, que vous êtes le seul à comprendre la situation dans sa globalité et à apporter des réponses qui s'apparentent à des résolutions de problèmes, dans leur globalité également.
Cela est, comme je l'ai déjà dit, digne d'un président de la république.
Vous dites : "il faut que", mais lorsque vous serez président, vous direz : "nous faisons".
L'équipe politique actuelle au pouvoir en est encore au : "il faut que"...
En vous soutenant,
Bien cordialement,
Stéphanie

gbri 22/04/2015 16:12

Sur ce sujet mondial si dur et si difficile vous dites là aussi l'entière vérité de votre analyse sans faux semblant et la vérité est rude...Merci de votre vision globale et des pistes de réponse fondées sur le courage et l'honnêteté intellectuelle comme vous nous y habituez. Nous diffusons votre discours autour de nous.

Bernard 37 22/04/2015 09:42

Monsieur Fillon,
Cette schizophrénie est démoralisante pour le petit peuple qui souhaitait vous faire confiance.
D'un coté, tout ce que vous avez dit à Londres est juste. Que ne l'avez-vous dit en France avant 2012! Que n'avez-vous fait face alors, à cette barbarie qui gangrène notre Nation France?
Ce constat dramatique sur la guerre ouverte que mène le fascisme islamiste au Monde Libre, prétend s'appuyer sur l'Europe...l'Europe... l'Europe.. pour y faire face. Autre contradiction majeure!
Les tueurs islamistes ont assassiné "des nôtres", nos compatriotes Français. Oui, mais en étaient-ils, des nôtres, comme vous l'écrivez, ces barbares qui refusent nos lois de Liberté et de Laïcité au profit de l'obscurantisme religieux mahométant?
Qu'avez-vous prévu pour Notre France, premier pays musulman d'Europe avec ses 20% d'islamisés, où la première langue parlée dans les quartiers est de plus en plus souvent l'arabe?
La Laïcité est la première et la seule réponse à cette attaque contre la Liberté.
Laïcité, précisément, ce mot n'est jamais prononcé dans votre discours. Comme au bon temps du sarkozisme où vous étiez à la manoeuvre pour l' "aménager" cette Laïcité qui indispose tant les croyants de toutes obédiences qui prétendent "gouverner".
"Last but not least" de vos contradictions: Jupé!
Monter à califourchon sur cette haridelle, meilleure des chiraquienne il y a quarante ans, mais usée jusqu'à l'os à force de compromission avec le marais du centre, pourquoi avez-vous choisi de trahir l'idée de "gaulisme" à ce point?

alice 22/04/2015 08:03

Contre La Barbarie, AUCUN état d'âme….cette gangrène qui nécrose tout et tous, nécessite d’être éliminée de façon radicale… !!!….n’oublions jamais jamais l’intolérable et insupportable martyr de James Foley …..et de tous ceux qui ont suivi………et ne capitulons jamais devant Mister « I’mBack » jamais….. !!!!!...merci François Fillon de votre valeureux combat….. !!!!

rene fegueux 21/04/2015 21:31

je suis d accord avec f.fillon

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