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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 07:18

Tribune parue ce matin dans le journal L'Opinion

 

Comment réhabiliter la politique ? Pour y répondre, la lecture du livre de François Cornut-Gentille, Gouvernez ! s’impose. L’auteur n’écrit pas à la légère. Il a partagé avec moi les combats de Philippe Séguin. Depuis une vingtaine d’années, il mène en Haute-Marne une action publique saluée par tous, il est un député reconnu pour sa solidité et son sérieux.

 

Son tableau des mœurs politiques est criant de vérité : trop de compassion, pas assez d’action; trop de «com», pas assez de sincérité ; trop de «deals», pour reprendre son expression, pas assez de volonté clairement tracée. Ce que Cornut-Gentille appelle «la lutte des marques » - la prééminence croissante des lobbies sur l’intérêt général - tient lieu de gouvernail démocratique. A ses yeux, cette pratique nous a éloigné de l’esprit de la Ve république voulue par le Général De Gaulle pour dépasser les combinaisons des partis qui sont aujourd’hui aggravées par les synopsis de la société du spectacle.

 

On pourrait croire l’auteur désabusé. Tout au contraire. Les solutions passent, selon lui, par un « parlementarisme adulte» et par le goût retrouvé de la vérité car elle est la première condition de la confiance.

 

Notre pays a été accoutumé à préférer les paroles qui plaisent aux décisions nécessaires. D’où les questions qui traversent l’ouvrage de François Cornut-Gentille : peut-on gouverner en disant la vérité ? Peut-on gagner les élections, non par défaut, non par le biais de promesses intenables, mais en rassemblant les Français autour d’un diagnostic sans concession et des efforts d’adaptation ?

 

Les tacticiens répondront que notre démocratie est ainsi faite que l’art d’adoucir les esprits est le plus sûr moyen d’être élu. Ils diront «non», et moi je dis «oui». Car les Français attendent un choc courageux et salutaire.

 

Les citoyens ont le sentiment que leurs représentants se croient au-dessus des lois. Avec l’affaire Cahuzac, le pire fut atteint. La confiance des Français commande aussi l’exemplarité dans les comportements. Lorsque j’ai dénoncé les turpitudes de l’élection à la présidence de l’UMP, certains m’ont reproché de ne pas plier l’échine. Aujourd’hui, quelques-uns semblent me reprocher d’avoir voulu veiller au respect de la loi concernant les pénalités de l’UMP. Je dénonce ce relativisme moral qui nourrit la défiance du peuple.

 

L’honnêteté est aussi intellectuelle. Le pays ne supporte plus cette forme d’arrogance qui laisse à penser que nous sommes, nous élus, infaillibles. Il est normal de rendre des comptes et de s’expliquer. Je suis fier d’avoir dirigé le gouvernement durant cinq années, mais je mesure ce qui n’a pas marché et m’efforce d’en tirer des leçons. A l’évidence, la «rupture» promise ne fut que très partielle. Il faut en parler avec franchise car la sincérité crédibilise l’action publique.  

 

Troisième condition : avoir le courage de replacer la politique à sa juste place. Le Gouvernez de Cornut-Gentille éclaire cette dialectique entre le souhaite et le possible qui étreint l’élu. Chez nous, la passion politique fait partie de nos gènes. C’est un atout pour la démocratie, mais ce peut être aussi un handicap lorsque l’opinion se met à croire que le pouvoir peut tout et doit tout. Les responsables publics ont largement contribué à cet état d’esprit.

 

Un meurtre crapuleux à Marseille et tout le gouvernement débarque affichant ainsi son impuissance face aux truands. Un problème ici. Rassurez-vous, on légifère ! Un problème là. On réglemente ! Que fait le pouvoir ? C’est la première question qui vient à l’esprit lorsqu’un obstacle se dresse. Jamais la question posée n’est : «que pouvons-nous faire», « que dois-je faire» ?

 

A force de placer l’Etat partout, on a discrédité son autorité et oublié de placer le citoyen au cœur de tout. Et voilà pourquoi, au fil du temps, s’est développée une société où l’on exige tout de la puissance publique, où l’esprit de défiance est plus fort que l’esprit de confiance, où les droits sont supérieurs aux devoirs. Il faut arrêter de défausser le pays de ses propres responsabilités. Ça n’est ni lui rendre service, ni lui rendre justice car notre nation regorge de talents et elle a soif de liberté.

 

Avec François Cornut-Gentille, j’ai la conviction qu’on ne redressera pas notre pays sans bousculer les clivages partisans et unir les bonnes volontés. D’où l’intérêt de la primaire ouverte, où, je l’espère, le fond des problèmes à résoudre supplantera la simple culture du chef. 6 millions de Français au chômage ou à temps partiel, croissance minimale qui nous paupérise, 2000 milliards de dettes… Tout le monde connait le diagnostic ! Alors mettons-nous en situation, non pas seulement de gagner les élections, mais de faire ce qui doit être fait pour relancer la France. 

 

A l’heure où l’UMP s’apprête à changer son nom, n’oublions pas l’essentiel. Pour réussir vraiment l’alternance, il faut un projet très solide et percutant concentré sur notre redressement économique, car c’est la mère de toutes les batailles ; il faut un objectif mobilisateur : faire de la France, la 1ère puissance européenne dans 10 ans.

Pour relégitimer l’action publique

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Publié par François Fillon
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commentaires

gilles 15/05/2015 14:11

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2015/05/15/25005-20150515ARTFIG00066-un-maire-ump-des-bouches-du-rhone-propose-d-interdire-l-islam.php
Voici ce qui arrive quand un pouvoir politique laisse les flous s'installer entre la laicité et le religieux.
Des propos outranciers débordant la légalité. Un grand classique politique.
Voile au collège, puis voile à l'université, jupe longue, menus différenciés...Je pense malheureusement que ce maire n'est pas seul.
Ce qui se ressent nettement sur le terrain, c'est que :
1) Globalement, tout le monde s'en moquerait presque qu'une personne mette une jupe longue ou un voile tant que cela ne devient pas une imposition déguisée, ou une attaque à l'égalité homme/femme. Parce que c'est là que le bât blesse et que cela ne va plus, car là commence le sentiment de perte d'identité ou pour parler clairement, de ne plus se sentir chez soi.
C'est en général, ce qui déclenche les révoltes, au même niveau que les attaques du respect de la propriété privée.
2) Chacun veut une neutralité religieuse. Il ne viendrait à personne de se promener nu ou de faire preuve de comportements intimes sur la voie publique.
Même chose pour la religion. Cela fait partie également de l'intimité. Chez soi, chacun fait ce qu'il veut.
Et à l'extérieur, on respecte les valeurs collectives, pas celles d'une communauté. Cela s'appelle la neutralité religieuse.
Donc, voile à l'université, menus hallal, comportements religieux dans les lieux à usage collectifs publics ou entreprises, etc...exit.
3) La religion chrétienne après avoir été maitrisée en 1905 sous sa forme politique revêt maintenant une place à part, parce que notre territoire est couvert d'églises et de monument de toute sorte qui raconte non pas notre religion, mais notre histoire.
Tant que les politiques n'auront pas tranché cette question, il y aura des contestations et des exploitations du flou existant.

Bernard Dubreuil 22/04/2015 19:22

tout est dit, et bien dit. Ayons le courage de passer à l'acte en 2017 !

Stéphanie 22/04/2015 18:19

Très beau discours. Toujours aussi d'accord avec vous .
Bien cordialement,
Stéphanie

gilles 22/04/2015 12:20

http://www.lefigaro.fr/societes/2015/04/22/20005-20150422ARTFIG00093-l-etat-boucle-et-defend-son-operation-polemique-sur-renault.php
Quelqu'un pourrait m'expliquer les raisons de ce feuilleton ?
socialisme préhistorique déplacé ou décision motivée d'un actionnaire fut il l'Etat ?

gilles 20/04/2015 15:50

Vous êtes dans le vrai. Mais déjà, le changement de nom pour l'UMP est déjà pour moi, un signe que ce parti est dans la comm ce que dénonce ce livre.
Je crois qu'on peut résumer la politique à ceci :
Les politiques donnent l'impression le matin, de se lever pour enfiler le costume d'opinions le plus porteur et le plus majoritaire. A la fin, on prend les mêmes et on recommence.
J'ai été surpris de devoir voter pour un couple aux élections départementales. Je me suis dit que pour la parité effectivement, c'était bien vu. Sauf qu'à l'arrivée, quand j'ai vu le nombre de vice président nommé par le président élu par sa majorité, je me suis demandé pourquoi si on voulait charger quelqu'un d'une mission au sein du conseil départemental, il fallait le nommer vice président. je me posais également la question de savoir pourquoi on nommait des vice présidents, sans délégation. Juste pour le titre, quoi. Jusqu'à ce que je vois les rémunérations des vice présidents. En général, des élus déjà détenteurs d'autres mandats électifs, locaux tels que conseillers régionaux, etc.
Bref, j'ai fait mon calcul, la démocratie doit être payée et en fait, tout cela procède de l'alternance. Il y a ceux qui tiennent le haut (députés de la majorité, ministres, etc...) et l'opposition qui en général tient le bas par réaction des citoyens qui sanctionnent depuis 30 ans la majorité au pouvoir.
Donc, en fait, comme personne n'aborder clairement la rémunération des élus qu'ils soient dans l'opposition ou dans la majorité présidentielle, tout se passe comme si une fois élu, le président de ceci ou de cela nommait ses petits copains pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli ou plutôt la misère.
Pour ceux qui n'ont pas réussi à se faire nommer, il y a tout simplement les organismes consulaires ou péri consulaires, les communautés de commune, les syndicats mixtes de ceci ou cela, les agences pour ceci ou cela etc... avec à chaque fois un président, vice présidents et les émoluments qui vont avec + les secrétaires et fonctionnaires territoriaux associés.
Je sais, au delà du travail qui est réalisé, c'est également le prix de la démocratie. mais comment faire avaler à un citoyen à qui on demande tous les ans de la réduction de cout, qu'on va diminuer les taxes et impots sans toucher à ses rentes économiques dont on n'a plus les moyens, pose question.
Donc, je suis un peu sceptique sur la simplification du mille feuille administratif. Allez dire à un élu qui par cumul touche entre 10 000 et 15 000 euros d'indemnité (ce n'est pas un revenu à lire comme çà, donc dans quelle limite, c'est imposable, cela soulève également la question), de ne laisser une des ses places à un nouveau venu, et de réduire ses revenus mensuels c'est dire la crainte de ne pas voir de renouveau dans la politique de notre pays.
Sans parler de la tentation de la corruption qui va automatiquement s'inviter au calcul si on tranche sans finesse.
Donc à la question, "comment réhabiliter la politique ?", pas facile d'y répondre. Il faudrait par commencer à laisser entrer plus d'acteurs de la vie économique pour qu'il y ait plus de vrai non seulement dans la sincérité, mais aussi dans l'action.
Vaste question.
Voilà pourquoi je suis plus que dubitatif sur cette idée générale. Cela revient à demander à une vaste majorité d'élus de se tirer une balle dans le pied.

Lem 21/04/2015 08:20

Bien vu, Gilles. Très bonne analyse d'une situation qui perdure depuis 50 ans. Réhabiliter la fonction du Politique, nécessite, comme vous le dites, de la part de nos politiciens, qu'ils se tirent une balle dans le pieds. Mais qui en aura le courage ? Qui en a la volonté d'ailleurs ? Comme vous le mentionnez, nous avions un secret espoir avec les Départementales. Mais que nenni. Ils sont tous retombés dans leurs méandres de politiciens : cadeaux de places et d'argent facile. Quand est-ce que l'on se résoudra à rendre cette vie politicienne vraiment démocratique, c'est à dire à la portée de tous et à son renouvellement ? Ce serai simple si l'on en avait la volonté. Il s'agit de Légiférer sur la durée des mandats et leur nombre. Par exemple, deux mandats de 6 ans dans chaque fonction : Maire et conseiller départemental, ou Maire et Député, cela ferait déjà 12 ans, puis cette même personne pourrait choisir d'occuper deux autres fonctions ensuite, ce qui ferait encore douze ans. Ce qui fait 24 ans de présence mais qui permettrait un renouvellement quand même. Et de ne pas faire des professionnels de la politique. Mais nous n'en sommes pas là. Que pensez-vous Monsieur Fillon pense d'une telle proposition ?

BALOURDET 20/04/2015 14:00

J'adhère aux termes de cet article. Il y en a assez de ces personnages qui prétendent gouverner alors qu'ils n'ont jamais entamer une réflexion sur ce que cela représente A LEUR NIVEAU PERSONNEL. Ils appliquent les directives d'un parti, d'associations, de lobbies, mais en aucun cas une vue personnelle de la situation réelle. Par ailleurs, l'immigration devient non plus un problème, mais un fléau. Que font les dirigeants pour endiguer cet afflux, tant pour le bien des immigrés que pour le notre? RIEN! Il faut aider ces gens, j'en suis d'accord, mais il faut les aider CHEZ EUX! Pas chez nous! Ni eux ni nous ne nous acclimaterons avant longtemps à la manière de vivre de l'un ou l'autre puisqu'ils ne veulent pas s'adapter à notre civilisation, nos us et nos coutumes. La France n'est ni l'Afrique, ni le Moyen Orient! Notre pays est en train de sombrer et en plus, on laisse aimablement le fardeau s'alourdir et nous précipiter dans une situation QUE NOUS NE NOUS REDRESSERONS PLUS.

gourrand 20/04/2015 12:35

tous les diagnostics que vous posez sont justes et les solutions que vous préconisez pertinentes mais la société française actuelle me fait penser à ces adeptes de certaines sectes qui refusent les transfusions sanguines préférant mourir ou laisser mourir un enfant plutôt que laisser les médecins appliquer le seul traitement qui pourrait les sauver....et notre Pays se meurt !

RIFFARD 20/04/2015 11:43

merci Mr Fillon de nous donner de l'espoir pour notre pays ....pensez aux jeunes surtout j'ai deux neveux agés de entre 30 et 40 ans et qui ont certainement voter Le Pen lors des dernières élections alors qu'il sont intelligent avec des diplômes et du travail mais ils sont complêtement découragés par l'état dans lequel se trouve la France ils parlent beaucoup des immigrés et voit là la cause du déclin ils ne sont pas raçiste ...mais leur propos le "sente" un peu pour moi bien sur il y a des problemes dans nos banlieues et cette image est assez affligeante quand on voit la police refoulé des quartiers il faut des sanctions ferme pour ceux qui ne respecte pas les lois ,
mais surtout il faut relancer l'économie et l'industrie que l'on voit s'effondrer et avec ça la plupart de nos problèmes disparaitront
merci MR Fillon et bon courage
cordialement Pierre

manen 20/04/2015 10:43

Francois fillon est le seul president possible pour reformer en profondeur.avec courage .fermete et verite.il peut affronter par une pedagogie adaptee les plus demunis les assistes et les privilgies et rassembler en luttant contre l injustice,la corruption, les ambitions personnelles,le lobbiyng.il a le charisme,le detachement,la sincerite de son engagement sans interet personnel.un homme rare,celui de la situation.pm

Cousin Bernard 23/04/2015 05:39

Tout est dit , bravo !
Cordialement
Bernard

alice 20/04/2015 09:26

Dithyrambiquement et inconditionnellement vôtre…… !!!

Charles Gancel 20/04/2015 09:25

François Cornut-Gentille est un élu remarquable. Il n'a pas hésité à sauter dans un avion pour la Chine et aller défendre devant l'état major d'une grande entreprise Chinoise un dossier industriel qui concernait sa commune. Combien ferait cela? Combien en serait même capable?
Bien sûr, à lire absolument.

Rebiffé Jean 20/04/2015 08:59

Là est le chemin!

Rebiffé Jean 20/04/2015 08:58

Là est le chemin!

JP 20/04/2015 08:44

Avec vous, je partage ce diagnostic. Ras le bol de la superficialité de la communication ! Mais depuis plus de 20 ans, l'emballage l'emporte sur le contenu. Il est vrai qu'il y a aussi une exigence : celle de se faire comprendre pour être accepté. C'est d'autant plus vrai que les défis que notre société doit affronter augmentent avec l'absence de mesures suffisantes. Et cela devient la quadrature du cercle pour celui qui veut être élu.

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