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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 23:23

Tribune publiée ce matin dans le journal Libération

 

Les épreuves principales du baccalauréat 2015 débutent ce mercredi, et je souhaite bonne chance aux 684 000 candidats. Il y a dix ans, à l’occasion du débat sur la loi pour l’avenir de l’école que je défendais, j’avais proposé de réformer le baccalauréat, mais cette idée n’avait manifestement pas été comprise. Il y avait surtout à l’époque des raisons essentiellement politiques à ce refus.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ? L’an dernier, la proportion de bacheliers dans une génération représentait 77,3%, et le taux de réussite aux baccalauréats généraux et technologiques était de 91%. Ce diplôme, créé par Napoléon en 1808, sanctionne la formation secondaire et constitue aussi le premier grade de l’université. Pour autant, ce sont les résultats du contrôle continu au lycée qui sont pris en compte pour l’admission des élèves dans les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les sections de technicien supérieur, dans les IUT, dans les procédures d’accès à d’autres filières (Sciences po, Dauphine). Cette année, par exemple, les élèves de terminale ont été informés de leur admission dans ces formations le 8 juin, plus d’une semaine avant la première épreuve du baccalauréat.

 

Je propose la rénovation du baccalauréat pour trois raisons.

La première raison est l’inquiétant taux d’échec (58,5 %) des bacheliers en première année d’université. Ici et là sont lancés des appels à la sélection à l’entrée de l’université. Je suis convaincu que si nous ne voulons pas instaurer la sélection à l’entrée de l’université, le baccalauréat doit être plus solide.

La deuxième raison est l’extrême complexité de l’organisation de l’examen: sa tenue en juin aboutit à ce qu’aujourd’hui, tous les lycéens et de très nombreux collégiens ont déjà fini l’année ! Chaque année ce sont des dizaines d’heures d’enseignement en moins pour les élèves alors que nos résultats dans les évaluations internationales ne sont pas excellents. La charge des professeurs qui doivent préparer 4880 sujets par session puis corriger 4 millions de copies, et celle des chefs d’établissement qui doivent assurer le bon fonctionnement des 4598 centres d’examen sont très lourdes. Alors qu’en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, en Finlande, l’examen de fin du secondaire se concentre sur 3 ou 4 épreuves, en France en série économique et sociale par exemple, le baccalauréat compte 9 épreuves finales, un contrôle en cours de formation en EPS, une épreuve de spécialité parmi 5 au choix, sans compter 2 épreuves facultatives parmi 8 disciplines au choix. Ce très grand nombre d’épreuves multiplie les risques d’incidents (fuites, erreurs de sujets,…).

La troisième raison est de répondre à l’appel au bon sens lancé de toutes parts: le rapport des inspections générales de 2011, les propositions émises depuis 2013 par le principal syndicat des chefs d’établissement, les recommandations de la médiatrice de l’éducation nationale en 2015 réclament une vraie réforme.

 

La rénovation du baccalauréat général et technologique - le baccalauréat professionnel ayant déjà été rénové en 2009 - devrait conjuguer trois impératifs : toutes les disciplines du lycée contribuent à son obtention ;  l’examen prépare mieux à l’enseignement supérieur par des exigences plus élevées pour les épreuves terminales ;  les cours ont effectivement lieu jusqu’au 30 juin dans tout l’enseignement secondaire

 

Le baccalauréat comporterait quatre épreuves terminales comptant pour 60% du baccalauréat.

Toutes les disciplines qui ne font pas l’objet d’épreuve terminale compteraient pour l’obtention du baccalauréat dans une proportion de 40% ; leur évaluation reposerait sur le contrôle continu des connaissances selon une grille d’harmonisation établie dans chaque académie pour assurer l’équité. En langues vivantes, la validation serait faite par une certification reconnue dans le cadre européen commun de référence pour les langues.

 

Les quatre épreuves terminales seraient organisées tout début juillet.

- Une épreuve [15%] dans toutes les séries, passée en fin de classe de première comme aujourd’hui, porterait sur le français.

Trois épreuves se passeraient en fin de classe terminale. Une épreuve [20%] se tiendrait dans la discipline dominante de chaque série, par exemple : philosophie en série littéraire ; mathématiques en série scientifique ; chimie-biochimie-sciences du vivant en sciences et technologie de laboratoire.  Les deux dernières épreuves [15% et 10%] seraient choisies par les candidats. Les établissements d’enseignement supérieur pourraient annoncer le choix d’épreuves qu’ils recommandent aux élèves en vue de favoriser la réussite dans leurs différentes formations. Une épreuve se passerait dans une discipline caractéristique de la série, l’autre dans une autre discipline. Par exemple en série scientifique, une épreuve en physique-chimie ou sciences de la vie et de la terre  ou sciences de l’ingénieur, l’autre en histoire-géographie ou philosophie.

Enfin l’obtention du baccalauréat nécessiterait trois conditions : aucune note inférieure à 7/20 aux quatre épreuves terminales ; une note globale de 10/20 résultant des notes obtenues aux épreuves terminales et au contrôle continu; le certificat attestant, dans une langue étrangère, le niveau B2 du cadre européen commun de référence pour les langues (en série littéraire, le niveau B2+). 

Pour les candidats qui ne satisferaient pas aux trois conditions mais qui auraient obtenu une moyenne globale d’au moins 8/20 aux 4 épreuves terminales, le jury examinerait le livret scolaire et pourrait prononcer l’admission au baccalauréat en fonction du travail de l’élève et des résultats obtenus dans l’année scolaire. La session de rattrapage serait donc supprimée. Et l’ensemble des résultats du baccalauréat serait proclamé avant le 14 juillet.

Je livre ces propositions au débat car il me paraît nécessaire d’introduire plus d’exigence dans le contenu, et plus de bons sens dans l’organisation du plus populaire de nos examens. Avec un seul souci : mieux préparer les jeunes à réussir.

Baccalauréat : plus d'exigence dans le contenu, plus de bon sens dans l'organisation

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Publié par François Fillon
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Stéphanie 18/06/2015 22:04

M. Fillon,

Vos propositions pour le baccalauréat semblent intéressantes et pertinentes. Le fait que tous les élèves puissent continuer à avoir leurs cours jusqu'à la fin du mois de juin me parait important. Votre argument concernant les écoles se basant sur les notes de l'année est très valable. Oui, ces propositions peuvent aboutir à faire évoluer le baccalauréat.

Mais la plus grande réforme consiste surtout à s'assurer que les enfants qui sortent du primaire savent lire, écrire et compter correctement. Remettre à l'ordre du jour un examen d'entrée en 6ème serait aussi intéressant. Plus on sera exigeant tôt, plus le niveau remontera. Par contre il ne faut pas être exigeant à l'extrême et de façon désordonnée. Je ne suis pas persuadée que mettre l'école obligatoire à 5 ans soit pertinent et permette aux enfant de mieux s'en sortir si l'on continue à utiliser les mêmes méthodes d'apprentissages de lecture et d'écriture qu'actuellement. A 5 ans, les enfants sont encore "petits" et ne sont pas encore prêts à certains apprentissages d'écriture. Quand je vois que l'on apprend à écrire à mon fils en grande section de maternelle alors qu'il ne sait pas encore lire et que la manipulation d'un stylo est encore un peu malhabile, je trouve cela stupide et contre-productif pour la suite des apprentissages. Le CP est l'année parfaite pour apprendre à lire et à former les lettres. Il ne faut pas non plus vouloir aller trop vite... A part pour les plus doués évidemment ! Par contre, j'ai lu qu'il existe des maîtresses qui ont réalisé sur des classes expérimentales des méthodes assez différentes (type méthode Montessori) et qui sont très probantes sur des petits de 4 ou 5 ans.
En conclusion, si l'école est obligatoire plus tôt, il faut adapter les méthodes d'apprentissage, sinon ce n'est pas utile.
Cordialement,
Stéphanie

dupuydauby 18/06/2015 21:15

J'adhère totalement à vos propositions parfaitement argumentées qui ont le mérite de la limpidité, et donc probablement de l'efficacité.

Dom Delandre 17/06/2015 21:45

une nouvelle fois un travail de fond sérieux et concret effectué par F Fillon et ses équipes, on peut être pour ou contre mais que les observateurs reconnaissent au moins ce travail.
Personnellement je pense qu'elles vont dans le bon sens étant donné le manque de crédibilité du BAC actuel. A compléter naturellement par ses propositions sur la formation en alternance qui est le complément indispensable. Je reprends ma rengaine habituelle, inspirons nous du modèle suisse!

de Vendeuvre 17/06/2015 15:24

Quelle n´a pas été ma tristesse de devoir faire répéter à une jeune cousine des fiches historiques qu´elle devait savoir par coeur. Um travail de mémoire sans aucun appel à l´intelligence.
C´est à croire que les auteurs des programmes sont stupides.

Mialaret 17/06/2015 12:00

Le mécanisme global me semble excellent mais je ne suis pas certain que le poids des langues étrangères soit suffisant. Un ingénieur doit maintenant être bilingue anglais, beaucoup de formations supérieures l'exigeront.

Marius Jacques Trimbal de Roquenbhourt 17/06/2015 10:32

M. le Premier Ministre,

vos propositions sont fortement argumentées. Je les respecte donc sans forcément y adhérer complètement.

Marius Trimbal

LECLERE 17/06/2015 10:27

au moins quelqu'un qui met les défauts de cet examen actuellement je vous souhaite beaucoup de courage pour faire bouger l'éducation nationale qui sont tout faux depuis longtemps depuis la primaire jusqu'au bout mais qui ne veut pas avouer ses erreurs

LECLERE 17/06/2015 10:22

les propositions sembles etre satisfaisant au regard de se qui se passe actuellement c'est un examen qui est devenu beaucoup trop chère au regard de ce qu'il apporte au bachelier c'est comme vous le dite une tromperie et de résultat des échecs à l'université et aussi qui fait perdre du temps aux éléves qui suivent au lycée

LECLERE 17/06/2015 10:12

il me semble que les propositions énoncées sont réalistes à condition qu'elles soient mise en place rapidement la forme actuelle du bac est trop chère et contribue à faire croire aux élèves qu'ils peuvent intégrér facilement les universités quel désastre! et que de temps perdus pour les élèves des lycées

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