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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 20:40

Dans quel cadre serez-vous présent dans l'Hérault ce jeudi 25 juin ?

Depuis plus d'un an, je vais à la rencontre des Français pour dialoguer et construire un projet politique de redressement national, directement issu du débat avec les acteurs de terrain. Jeudi, nous allons évoquer la politique de santé à Saint-Jean-de-Védas et nous allons y rencontrer des professionnels, visiter des établissements...

Qu'est-ce qui fait votre différence avec les autres candidats de la primaire de droite et du centre ?

Je souhaite construire un projet inspiré par les pratiques concrètes, à contrario des programmes issus de bureaux parisiens qui manquaient de réalisme et ne répondaient pas aux urgences auxquelles nos concitoyens sont confrontés. Ma conviction c'est que les Français sont très lucides sur la situation de notre pays. Ils attendent un projet de rupture et de redressement national, qui tire les enseignements du passé. Ils subissent actuellement l'échec de la gauche. La croissance piétine, 6 millions de Français sont privés de travail, 2 millions de jeunes sont en dehors du système scolaire et de formation, la pauvreté augmente... François Hollande est coupable de cette crise qui dure. Mais la critique ne suffit pas. Il faut aussi savoir faire le bilan de nos propres erreurs, proposer des solutions et ne pas dissimuler les difficultés à affronter.

Qu'est-ce qui manque aujourd'hui aux Français ?

Notre modèle économique et social est usé, asphyxié. Il faut des changements radicaux. Nous avons besoin de retrouver les valeurs de liberté et d'initiative qui sont étouffées depuis des décennies. Partout où je me rends, les Français que je rencontre, de tous les horizons socioprofessionnels, expriment ce besoin de respirer dans l'exercice de leur activité. Il faut les comprendre et faire ce qui doit être fait.

La réforme territoriale, les grandes régions, c'est une marque de modernisation selon vous ?

Cette réforme, dans la forme qu'on lui a donnée, n'est ni faite ni à faire. On a massifié les régions sans toucher au millefeuille territorial, en tournant le dos à l'urgence d'une réduction des dépenses publiques. Lorsque j'ai été élu député, la dépense publique représentait 27 % du PIB, elle est passée à 57 % en 30 ans. Si on ne réagit pas cela se terminera par une catastrophe financière. Je propose un processus de fusion des départements et des régions que nous avions initiée (avec la création du conseiller territorial, NDLR) et qui a été stoppée. C'est une question qui devra être tranchée après la présidentielle, par un référendum.

Et la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités ?

J'aurais aimé que l'Etat montre d'abord l'exemple avant de pointer les maires du doigt ! Dans les petites villes et les villages, le mandat local devient un sacerdoce. Il est nécessaire que les collectivités s'adaptent à une baisse de leurs moyens. Elle est inévitable au regard de l'état de nos finances publiques. Mais cela doit s'accompagner de solutions d'accompagnement. L'augmentation du temps de travail dans la fonction publique (de 35h à 39 heures, NDLR) est une de ces solutions. Je ne suis pas hostile à la baisse des crédits, mais à condition qu'elle s'accompagne de réformes afin de la rendre supportable. Aujourd'hui, on serre la vis, mais on ne change pas l'organisation...

Que pensez-vous de Dominique Reynié qui conduira la liste des Républicains aux régionales en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées ?

C'est une personne de valeur, avec un regard différent et je serai d'ailleurs à ses côtés, jeudi. Il incarne une rénovation politique, mais il faut des efforts de tous pour que la sauce prenne, entre ce candidat de la société civile et les responsables politiques locaux. Je sais que l'on peut compter sur ces derniers, je pense notamment à Stephan Rossignol, pour réussir ce pari.

Les régionales sont-elles une étape importante du calendrier électoral ?

Pour la droite et le centre, qui seront unis cette fois, il est important d'enraciner nos valeurs dans les régions. C'est la dernière consultation électorale avant la présidentielle et une bonne façon d'appliquer nos idées et de préparer l'alternance en 2017.

L'extrême gauche remporte des succès électoraux en Grèce et en Espagne, qu'est-ce qui différencie la contestation en France ?

Le phénomène de radicalisation existe aussi en France, mais il se tourne essentiellement vers le Front national. Ce parti n'a pas de programme sérieux. Il mise sur un rejet du personnel politique qui ne semble pas pouvoir apporter de réponses aux angoisses des citoyens. Cependant, les résultats peu probants du gouvernement grec devrait faire réfléchir. Il n'a fait que pousser la Grèce un peu plus dans la crise. Ceci dit, ce phénomène protestataire doit nous conduire à rénover la politique. Les partis traditionnels appartiennent au passé, il faut que les citoyens se sentent plus impliqués. Les primaires me paraissent être une première réponse à ce besoin des Français d'être associés aux choix importants, c'est une bonne façon de faire évoluer notre démocratie.

Et le rapport qui préconise la limitation à 3 mandats et un âge limite à 70 ans pour les politiques ?

Il y a deux choses dans ce rapport. À propos de l'âge, il faut savoir qu'en France, quand vous êtes électeur, vous êtes éligible, quel que soit votre âge... Par contre, limiter le nombre de mandats, pourquoi pas, la question peut se poser. Mais le plus important, je crois, c'est de faciliter la circulation entre la société civile et la politique.

Vous avez livré dans Libération une tribune très détaillée sur la réforme du baccalauréat qui se termine cette semaine. C'est un sujet très important à vos yeux ?

La question de l'enseignement et de la formation des jeunes est un enjeu essentiel pour la nation. Il il y a deux millions de jeunes qui ne sont aujourd'hui ni dans le système scolaire, ni en situation d'emploi. C'est une situation explosive et dangereuse pour notre avenir. Notre système éducatif fonctionne parfaitement pour les élèves de très haut niveau, mais il laisse chaque année entre 100000 et 150000 jeunes de côté, qui n'ont pas les bases nécessaires pour construire leur vie professionnelle. Il est nécessaire de mettre en place une refonte du baccalauréat qui est absurde tel qu'il est aujourd'hui, avec des programmes de plus en plus vastes alors qu'en parallèle le diplôme est dévalorisé. Je propose de recentrer le baccalauréat, en introduisant une part de contrôle continu, tout en conservant une épreuve terminale, car il est bon de confronter les jeunes à un examen final. Mais avant le bac, il faut surtout revenir aux savoirs fondamentaux de l'éducation à chaque moment clé de la scolarité. Ainsi, il est impensable de quitter le primaire en ne maîtrisant pas parfaitement la lecture, l'écriture et le calcul... Il faut aussi évoluer vers une plus grande autonomie des établissements scolaires et des chefs d'établissements, afin que la pédagogie soit adaptée en fonction des territoires et du profil des élèves. Aujourd'hui, nous avons le système éducatif le plus centralisé et le plus inégalitaire de tous, mais on veut nous imposer l'image d'une école républicaine uniforme, qui n'existe plus. Nous réussissons très bien dans la formation des élites - il suffit de constater tous ces cerveaux, chercheurs, ingénieurs, qui s'expatrient- mais nous laissons bien trop de jeunes sans formation culturelle et sans bagage professionnel.

Vous êtes très impliqué dans la défense des Chrétiens d'Orient et vous réclamez le droit d'asile pour ceux qui fuient les exactions de l'Etat islamique.

La notion de droit d'asile est trop souvent détournée de sa signification. La situation de tous les migrants est dramatique mais tous ne relèvent pas du statut de réfugié politique. Pour les personnes qui fuient les combats en Syrie et en Irak, on est vraiment au coeur du principe du droit d'asile. Les Chrétiens d'Orient sont en danger de mort. Ils sont des cibles uniquement en raison de leur religion. Dans une région où ils étaient installés depuis 2000 ans, ils doivent renoncer à leur foi, s'exiler ou mourir. C'est une épuration culturelle, spirituelle, humaine ! Il me semble de mon devoir de défendre les Chrétiens d'Orient, de faire entendre leur voix, de solliciter des soutiens pour aider les associations qui travaillent dans les camps de réfugiés. C'est une question morale fondamentale.

Etes-vous favorable à une intervention appuyée en Syrie et en Irak ?

La priorité c'est de rassembler une coalition internationale pour combattre le totalitarisme islamique. Je suis critique à l'égard de la faiblesse des réactions occidentales face à la montée de ce péril. Il n'est plus possible de limiter notre action à celle que nous menons avec les autres démocraties. En Syrie nous avons besoin de la Russie, qui soutient le régime de Bachar el-Assad, de la Turquie, mais aussi de l'Iran pour parler avec les chiites d'Irak, parce que si on ne discute qu'avec les sunnites, on se prive de solutions pour résoudre la crise. Militairement aussi, les bombardements aériens de la coalition ne suffisent plus. L'intervention de troupes au sol est nécessaire, mais des troupes issues de pays de la région pour éviter que les islamistes n'utilisent la carte identitaire contre une intervention occidentale.

On a appris par WikiLeaks que les Etats-Unis avaient espionné trois présidents de la République, dont Nicolas Sarkozy dont vous étiez le Premier ministre. Que vous inspire ces révélations ?

On ne peut qu'être scandalisés par cette révélation, qui met en lumière la tentation américaine d'exercer son influence partout dans le monde et par tous les moyens, sans respecter l'indépendance des autres pays, même s'ils sont des alliés. Les écoutes, c'est l'illustration d'une hégémonie face à l'incapacité de l'Union européenne à s'affirmer d'une seule voix et à afficher sa souveraineté. C'est le symptôme de la faiblesse d'une Europe où les grandes nations, l'Allemagne, la France, ne parviennent pas à exercer un vrai leadership. Je milite pour une Europe forte et respectée, mais pour cela il faut redresser la France et lui donner pour but de devenir la première puissance européenne.

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Publié par François Fillon
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Michael 26/06/2015 07:00

Je lis bien les préoccupations de François Fillon, qui sont louables (sauver les chrétiens d'orient, pacifier à terme la région). Sur quels appui ? le turc, le saoudien, le qatari ?
En fait, l'on n'est sûr que des groupes de langues iraniennes ( kurdes, Iran) et des chiites en attente de revanche.
Il manque le groupe de sunnites modérés ou laïcs que représentait Saddam.
Des informations étonnantes arrivent : ainsi les Israéliens druzes réclament ils l'intervention d'Israel pour sauver les 700 000 druzes syriens (pro Bachar) menacés par les islamistes ...

Cette région explose, nous manquons de points de repères sûrs.

rene 25/06/2015 09:37

j approuve les propos de f.fillon-c est un homme d etat et non un demagogue.

Dom DELANDRE 25/06/2015 09:35

tout simplement excellent! vous avez trouvé votre rythme de "croisière" vous serez le Jacky ICKX de la primaire.

Dom DELANDRE 25/06/2015 09:32

tout simplement excellent! vous a

TRICOIRE 25/06/2015 09:27

François, si vous voulez reconquérir, vous et tous vos collègues politiques, quelque crédibilité et pouvoir réformer le pays en profondeur, vous vous devez tous de vous serrer fortement la ceinture comme l'ont fait vos collègues canadiens il y a plus de 20 ans.
Pour éviter trop de remous, grèves, chienlit comme vous avez dit ce matin sur RTL, abolissez les privilèges, régimes spéciaux et autres niches fiscales, pour montrer l'exemple, reconstruire une société plus juste, équitable, libre.
Perso retraité, je suis d'accord pour faire des efforts demandés par nos socialos, à condition que nos courageux entrepreneurs et ouvriers du privé soient libérés des carcans imposés par les syndicats, les administrations obèses, les gauches et droiches technocrates.
Vous avez un rôle important à jouer, et peu de gens comme vous savez être suffisamment altruiste.
Mais c'est juste l'avis d'un gars du peuple, qui vous souhaite bon courage, lucidité et audace !

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