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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 22:22

 

Ce jeudi 11 juin, des mouvements de contestation de la réforme du collège sont encore annoncés. C'est l'occasion pour moi, en cette fin d'année scolaire, d'exprimer aux enseignants mon sentiment sur l'évolution de l'Education nationale depuis trois ans et d'engager avec eux un dialogue sur mes propositions pour le renouveau de l'Ecole, indispensable au redressement de notre pays.

 

Je vous écris parce que je suis inquiet de l’évolution de notre école, comme beaucoup de parents, comme beaucoup d’élus, et peut-être aussi comme beaucoup de membres de la communauté éducative. Il me semble utile de partager avec vous quelques réflexions que certains jugeront peut-être trop politiques mais qui n’en sont pas moins sincères. A chacun d’entre vous, et si vous le souhaitez, d’y réagir : http://www.force-republicaine.fr/education-parce-que-tout-commence-par-la-2/.

Croyez que je lirai vos réactions avec intérêt.

 

Nos dirigeants actuels avaient la certitude que l’Education nationale était le champ de leurs meilleures compétences : la loi de 2013 s’est intitulée sans trop de modestie « loi de refondation de l’école de la République ». En trois ans, l’Education nationale a connu une succession désordonnée de trois ministres, trois directeurs de l’enseignement scolaire, deux présidents du conseil supérieur des programmes, mais sur le fond, à quoi avons-nous assisté?

 

A la remise en cause de l’excellence : suppression des « internats d’excellence », suppressions envisagées (puis abandonnées) des classes préparatoires ou des notes, réduction de 50% du montant des bourses au mérite à la rentrée 2015. La promotion des activités d’occupation des enfants s’est faite au détriment des enseignements fondamentaux : la réforme des rythmes scolaires entreprise au mépris des élus en est l’illustration. La suppression de la note de vie scolaire au collège envoie un signal désastreux malgré les appels unanimes, après les attentats de janvier, au renforcement de l’autorité à l’école et du respect des professeurs. La multiplication de bavardages sur des sujets divers : ABCD de l’égalité, théorie du genre,… ne mène qu’à des polémiques inutiles. Un effondrement sans précédent du nombre de jeunes choisissant l’apprentissage pose question. La réforme du collège a pour objectif l’égalitarisme et pour moyen la baisse des exigences. Certes la volonté de donner une marge d’autonomie aux établissements doit être saluée mais la dilution d’une part des enseignements fondamentaux dans des «enseignements pratiques interdisciplinaires » au contenu bien flou ne peut aller dans le bon sens. Je ne suis pas par principe hostile à l’interdisciplinarité, mais une fois que l’on a donné des bases solides à tous les élèves dans chaque discipline. La réduction de l’enseignement du latin et la suppression des sections européennes et des classes bi langues que j’ai lancées en 2004 avec l’Allemagne constituent la négation de nos racines comme de notre futur européen. Enfin les projets de programme écrits dans un jargon consternant révèlent une déconnection de la réalité.

 

Mais il ne suffit pas de critiquer, il faut aussi proposer. J’ai fait connaître il y un an mes propositions pour l’éducation. Elles sont guidées par la conviction que l’école a pour mission et pour devoir de transmettre une culture solide à des enfants et des jeunes dont l’attention est sollicitée aujourd’hui par de multiples activités les éloignant de l’exigence de l’effort.

Voici quelques-unes de ces propositions.

L’échec que représente depuis longtemps la sortie du système éducatif sans qualification de 120 000 jeunes chaque année doit être sérieusement traité dans un pays qui compte autant de chômeurs. Pour la plupart ces jeunes avaient quitté l’école primaire en ne maîtrisant pas la lecture. C’est pourquoi je propose d’avancer la scolarité obligatoire à 5 ans (au lieu de 6 ans) afin de donner aux élèves une année supplémentaire d’apprentissage de la lecture. Les professeurs devraient être formés aux dernières avancées des sciences cognitives afin d’utiliser les méthodes les plus efficaces pour apprendre à lire aux enfants. Et s’il y a un effort budgétaire à consacrer à l’éducation nationale, c’est sur les objectifs d’apprentissage de la lecture et d’acquisition du vocabulaire qu’il faudrait le faire porter. Les programmes de l’école devraient être recentrés en consacrant les trois quarts du temps de classe à la lecture, à l’écriture, au calcul, à l’étude des grands personnages et des grandes dates de l’histoire de France. La transition entre école et collège devrait être facilitée par des professeurs bivalents en 6ème et 5ème. Le collège permettrait ainsi l’approfondissement des savoirs fondamentaux et l’ouverture sur le monde (langues, économie, numérique, environnement), et le brevet, nécessaire pour poursuivre au lycée, devrait effectivement attester de la maîtrise du socle commun de connaissances. Après le collège, les jeunes souhaitant se préparer à un métier, notamment par l’apprentissage, pourraient le faire plus facilement car les régions – mieux placées pour connaître les besoins des bassins d’emploi que les rectorats – recevraient la responsabilité de l’enseignement professionnel et pourraient décider d’adaptations régionales aux diplômes.

 

Si nous voulons arrêter l’échec de plus de la moitié des étudiants en première année d’université, le baccalauréat devrait être plus solide dans son contenu et plus simple dans son organisation : quatre épreuves, avec un niveau d’exigence accru, passées début juillet pour ne pas supprimer chaque année des semaines de cours, toutes les disciplines ne faisant pas l’objet d’épreuves étant notées en contrôle continu. Sur la formation des professeurs - c’est objectivement un échec de l’Education nationale depuis vingt-cinq ans, et nous en avons tous une part de responsabilité - il faudrait proposer des stages dans un établissement scolaire dès la première année d’université aux étudiants qui envisagent d’être enseignants. Et ceux qui réussissent les concours recevraient une formation alternée impliquant des enseignants chevronnés volontaires. La formation continue tout au long de la carrière devrait aussi répondre aux besoins concrets des enseignants.

 

Enfin, parce qu’il est anormal qu’un professeur certifié débutant ait un traitement inférieur à celui d’un inspecteur des impôts débutant, je propose de revaloriser les traitements, en maîtrisant les effectifs et en récompensant effectivement les enseignants qui s’investissent.

 

Dans mes fonctions politiques mais aussi comme parent, j’ai souvent pu mesurer la difficulté toujours renouvelée de votre tâche. Mais je sais aussi votre passion et la solidité de votre engagement professionnel et civique. Avec estime confiance, je veux vous témoigner de ma conviction que votre vocation mérite d’être soutenue par tous et de s’épanouir au sein d’un système éducatif intelligemment rénové.   

 

                                                                                                

 

Lettre aux enseignants

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Publié par François Fillon
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commentaires

jean claude 16/06/2015 00:16

si vous ne revenez pas sur l étude de l islam oblgatoire , je ne pourrai pas voter pour vous

bibi 14/06/2015 10:31

il y a un énorme travail a faire a l'éducation nationale Claude allègre a dit qu' il fallait dégraisser le mammouth personne ne la fait bon courage a vous 4 épreuves au bac et le reste en contrôle continu bonne idée

Alain Biboux 14/06/2015 08:35

Il faut surtout arrêter d'avoir uniquement des enseignants qui n'ont de leur vie connu que l'école, il faut ouvrir les postes d'enseignants à des gens qui auront appris autre chose dans la vie. Si l'on veut que nos enfants aient une vision plus large du monde et susciter dans notre pays des vocations d'entrepreneurs plus ambitieux, il faut que le corps enseignant soit fortement brassé et traversé par des parcours atypiques. La vocation d'enseigner vient souvent avec le temps et les connaissance acquises après de longs apprentissages dans des tas d'autres métiers que celui d'enseignant patenté. Il faut que chacun, qui à un moment de sa vie, a envie de transmettre, puisse le faire à l'intérieur du cadre de l'éducation nationale (avec bien évidemment des règles pour le recrutement.)

alice 12/06/2015 11:31

Il faudra bien qu’un jour, notre Beau Pays comprenne que Le Travail est une Vertu ..., une Bénédiction …et non pas une Damnation ! Les Enseignants sont là pour préparer les jeunes pousses à devenir de grands et beaux arbres qui porteront et offriront les fruits magnifiques de La Richesse…et ..être Riche n’a jamais été un Péché mais le résultat de l’Excellence !..et…c’est un Bien pour Tous…. ! Vive François Fillon !

gouv 12/06/2015 08:34

Depuis deux décennies et plus on entend tjrs les mêmes rengaines ? Qui est réellement capable de mettre en pratique une vraie école ?? On le sait tous qu'il y a un nombre important d'enfants en échec scolaire. La faute à qui à quoi ? Les représentants de notre école ne dispensent plus de cours cohérent en évolution avec nos nouvelles technologies. Le respect n'a plus de valeurs. Les enfants punis terminent par accuser leurs enseignants de discrimination... Puis les juges pour des histoires a ne pas tenir debou.t appliquons la loi celle ou le règlement, le respect l'obligation de tirer les enfants vers le haut et ne pas baisser les bras. Ce ne sont ni les enfants, ni aux parents de faire la loi dans nos belles écoles française.

Rodolphe DUMOUCH 12/06/2015 07:22

Je trouve burlesque la lecture de ce texte dans la bouche d'un UMP - pardon d'un ripoux-blicain - alors même que l'UMP et le PS ont conjointement accompagné depuis des lustres cette évolution ordonnée par l'OCDE... dont vous êtes complice.

- Théorie du genre : c'est Luc Châtel, petit DRH inculte et formaté, qui a introduit cette foutaise dans les cours de science (alors qu'au mieux il s'agit d'une lubie de sociologue vaseux qui pouvait être placé en SES);

- Vous en appelez aux "zexperts" de l'apprentissage de la lecture : c'est-à-dire les mêmes pédagogistes qui imposent depuis 30 ans ce que vous prétendez dénoncer. On les fout quand à la retraite ?

-Par ailleurs, vous voulez continuer exactement les mêmes âneries , celles qui sont à la mode chez les faux-intellectuels et les bobos en ce moment. "l'autonomie des établissements", autrement dit le pouvoir local aux chefaillons, le "management", la création de hiérarchies intermédiaires parasitaires... "Récompenser ceux qui s'investissent", en langue de bois, ça veut dire donner plus de pouvoir aux potentats locaux de promouvoir ceux qui les sucent et de bloquer la carrière de ceux qui ne font pas partie de la Cour. Comme dans les multinationales, quoi.

Vous voulez transformer le baccalauréat en contrôle continu, comme les socialos, en allant plus loin que les socialos, c'est-à-dire en le démolissant vraiment.

Votre idéologie est donc exactement la même que celle de l'actuelle gouvernement, à la cosmétique près (un semblant de contestation, maquillage avec un peu d'autorité pour plaire aux conservateurs et aux réacs basiques qui font votre fond démagogique).

Vous, les UMP-PS, avec votre pensée unique déguisée en opposition binaire, il faut faire exactement le contraire de ce que vous proposez. Vous êtes des boussoles à indiquer le sud.

Par ailleurs, vous êtes un néolibéral, vous avez fait de surenchère démagogique dans ce domaine récemment. Il n'y a donc rien à attendre de vous et de vos propositions qui ne sont que du Belkacem avec un peu de peinture droitiste pour complaire aux crétins utiles.

Francois Carmignola 11/06/2015 21:26

Bien plus que le président précédent, vous avez été LE témoin des critiques oiseuses, des proposition débiles et des mises en application absurdes et stupides du contraire de ce que vous faisiez.
La ruine de l'apprentissage, organisée et voulue puis misérablement et après coup combattue est un crève coeur absolu.
Et vous continuez à proposer et à vouloir faire quelque chose face à cette misère lamentable !
Comment faites vous ?

Leif 11/06/2015 19:15

Quatre épreuves ? Fort bien. Lesquelles ?

Les mêmes pour tous ? Inepte. Collège unique, patin-couffin, etc...

Différenciées selon tout un chacun ? Bonjour l'usine à gaz. Et quid de l'élève qui veut passer langue vivante (option russe), musique (option électronique), sciences de gestion (option marketing) et sport (option volley-ball) ?

Ce ne sera pas possible ? Ah... Alors, retour à la case départ : quelles "quatre" matières ?

Bon courage.

Pourquoi ne pas s'interroger sur ce qu'est le bac ? Les lettrés de la Renaissance (voire du Moyen-Age) en avaient une idée claire (sans jeu de mot : clerc) et Napoléon aussi même si ce n'était pas vraiment la même (il voulait surtout des artilleurs, capables de calculer et de maîtriser la trigonométrie). Bref.

Quelle est vôtre vision du bac ?

Quelle devrait-être la place de ce diplôme dans notre société, selon vous ?

Bien cordialement,

Dom DELANDRE 11/06/2015 18:02

Je viens de transmettre la lettre de F FILLON à mes connaissances enseignants et enseignantes.
Faisons tous de même, vous en connaissez forcément.
Car même si ils ne sont que 850 000 donc pas assez nombreux, cela fait du monde :-).
On convaincra par le contact de proximité. Tous ceux qui croient en F FILLON doivent en avoir conscience et doivent vaincre leur réticence.
LA CAUSE EST BELLE

Mireille Dubois 11/06/2015 11:29

Réforme des rythmes scolaires et des collèges: c'est une déstabilisation supplémentaire de l'enseignement qui n'avait pas besoin de ça. Pas sûr que distraire nos enfants avec les TEPA leur apportera un complément éducatif, en revanche c'est l'inégalité sur le territoire national assuré. Est-ce cela l'égalité des chances? Quant à la réforme des collèges, elle suscite l'opposition des 2/3 des enseignants des ...collèges. Cela mérite tout de même d'attirer l'attention de nos gouvernants. Il semble que non. Enfin une baisse de 8% des effectifs de l'apprentissage depuis 2012, c'est une chance en moins pour nos jeunes d'intégrer la vie professionnelle.
Alors oui, vous avez raison de faire des propositions de bon sens après votre constat sur la situation actuelle qui a le mérite de la clarté. Qu'en disent les enseignants?
Félicitations pour votre travail de fond. Il finira par payer.

bertrand 11/06/2015 11:22

Cher F.Fillon,

La lecture de ce document comme votre discours à l'AG de mardi dernier me conduisent à vous suggérer de modifier la forme de vos interventions.
Il serait peut-être judicieux de présenter vos propositions autour de la philosophie qui guide votre action .
Rappelez vous le Général qui charpentait ses discours autour de: l'indépendance nationale, du redressement,de la grandeur,de l'effort etc
Loin de moi de vous conseiller de reprendre ces thèmes mais peut-être de s'inspirer de la méthode et de cette rhétorique pour donner plus de force à vos arguments et vous rendre plus audible pour les relais d'opinion.
Lors de votre discours à l'AG,j'ai été frappé par l'enthousiasme que vous avez suscité lorsque vous avez évoqué le drame civilisationnel du Moyen-Orient et la nécéssité d'une alliance intelligente avec la Russie rendant ainsi à la France son indépendance politique...vous avez été alors formidablement ovationné.Du vrai Gaullisme en somme !
Il me semble important que vous mettiez en avant et exprimiez encore plus vos idéaux et votre humanisme. Ainsi vous vous démarquerez définitivement du ronron ambiant .
Nous avons tous retenu votre franchise et votre sincérité lors de l'épisode "du pays en faillite "sous le quinquennat précédent.
Bon courage

rene 11/06/2015 10:43

c est le bon sens meme-la priorite est de donner des bases solides a tous les enfants. et faciliter l apprentissage a ceux qui n ont pas la capacite de faire des etudes longues,difficiles et qui se terminent par un echec....cordialement ------j apprecie votre travail c est mieux que de terir des meetings qui parfois frisent l hysterie.....

Marius Jacques Trimbal de Roquenbhourt 11/06/2015 10:41

M. le Premier Ministre,

vous faites l'effort louable d'énoncer les grandes lignes d'un programme ambitieux pour l'école et l'éducation nationale. Il s'agit d'un texte bien écrit et solidement argumenté qui souligne votre stature d'homme d'état au dessus de la mêlée mais attentif aux attentes du peuple français.

Salutations respectueuses,

Marius Jacques Trimbal

manen 11/06/2015 10:29

encore la preuve de l ' incapacité de réformer de ce gouvernement agissant par électoralisme forcené et imbécile , manquant de vision, sans projet de société . Votre projet de réforme est clair ,réaliste, respectueux des élèves et des enseignants .Hormis les matières de base, l 'éducation doit fournir un cadre de référence serein, propice au plaisir d ' apprendre à apprendre et développer les capacités d' adaptations.C ' est un chantier énorme que de créer un consensus mais il faut commencer comme vous le faites. Je vous soutiens, vous êtes le seul présidentiable digne de ce nom. En avant toute.PM

fillion jany 11/06/2015 09:50

trés jolie manuscrit

pigiconi 11/06/2015 17:28

Il a bien raison de vouloir resto/aur/é/aie/er l'orthographe, la lecture, l'écriture!!!!!! Quant au reste, je ne vois pas ce qu'il y a de novateur...

Bertrand 11/06/2015 08:30

Vos propositions, tout en étant constructives, ne parlent pas de la réforme de la gestion dans l'éducation nationale, exemple: des professeurs payés à ne rien faire tandis qu'il en manque dans d'autres... il est temps de faire dans ce domaine des économies par des réformes drastiques!

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