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7 juin 2004 1 07 /06 /juin /2004 23:00
Mesdames et messieurs,

Il est rare, m’a t’on dit, qu’un rassemblement de ce type soit organisé... Je veux vous remercier d’avoir répondu favorablement à notre invitation. Je mesure l’étendue de vos charges, notamment en cette période de l’année. Votre présence n’en a que plus de prix. J’adresse également mes remerciements à monsieur le recteur, Paul Desneuf, et à ses équipes, pour l’organisation de cette manifestation.

J’ai voulu cette réunion et j’ai voulu y assister, pour trois raisons essentielles :

la première, c’est que je crois à la nécessité d’engager le dialogue directement avec celles et ceux qui font vivre l’Education Nationale. Je ne suis pas, comme on dit, un « homme du sérail »… J’aborde ma mission sans idées préconçues et sans dogmes arrêtés. Ma méthode, c’est l’écoute, c’est la recherche de points de convergences, et c’est l’action ;

la seconde raison, c’est que je sens que notre système éducatif a besoin d’être soutenu, voir défendu, car il est devenu le réceptacle de toutes les difficultés et de toutes les attentes de notre société, qui - je le note au passage - est souvent plus exigeante à l’endroit de l’institution scolaire qu’à l’égard d’elle-même… Cette charge, qui repose largement sur vos épaules, est immense, parfois même excessive... Mais, l’Education Nationale doit assumer son rôle structurant. Dans une société en mal de repères collectifs, elle est l’épine dorsale de la nation. C’est sa vocation républicaine, c’est son honneur !

la troisième raison qui m’a conduit ici est claire et nette : j’ai voulu témoigner de la confiance que j’ai en vous. Parce que la mission éducative est précisément difficile, elle a plus que jamais besoin d’être animée par des femmes et des hommes qui organisent, arbitrent, en un mot, qui décident ! J’entends parfois dire que notre monde contemporain a quelques hésitations avec le mot «autorité»… Pour ma part, je n’ai pas d’état d’âme en la matière. Vous formez l’armature du système ! Par votre position de cadres et en tant que représentants de l’Etat, vous avez des prérogatives et des charges. Vous êtes les « pilotes » de vos établissements ; vous êtes au centre de leur management et de la gestion des ressources humaines ; vous avez un rôle d’exemple. Vous ne devez pas vous sentir isolés, dépourvus, écartés ou contestés : vous êtes, nous sommes, vous et moi, comptables du bon fonctionnement de l’Education Nationale. Nous sommes les maillons de la même chaîne. Notre collaboration doit être forte ; notre solidarité doit être à double sens.

Chaque fois que cela sera nécessaire, je serai présent à vos côtés, lorsqu’il conviendra d’arbitrer en faveur de certains principes qui, selon moi, décident de l’efficacité de la mission éducative : responsabilité de l’encadrement, respect des professeurs, éthique de l’effort, égalité des chances, tolérance et civisme républicain, tous ces mots ont pour moi du sens. Ils doivent s’incarner dans l’institution scolaire. Le terme « Education Nationale » porte d’ailleurs en lui-même un projet qui ne se prête pas à la confusion des valeurs et des pratiques : le projet d’instruire et de rassembler.

Mesdames et messieurs les Proviseurs, Principaux et Adjoints,

Notre pays dispose d’un système éducatif qui est globalement de bonne qualité. Depuis une trentaine d’années, la nation y consacre des moyens financiers et humains importants et sans cesse constants. En fonction de la conjoncture économique, on peut naturellement toujours faire plus… On peut aussi faire mieux. A ce titre, je crois nécessaire de définir un horizon plus stable. Nous avons besoin de mieux programmer nos efforts, notamment en terme d’effectifs.

Mais tout ne relève pas des seuls enjeux financiers.

Nous connaissons les atouts de notre système, mais aussi ses points faibles. Je pense aux milliers de jeunes qui sortent du système scolaire sans réelle qualification. Je pense à la reproduction de certaines inégalités sociales que notre système éducatif n’arrive pas toujours à briser. Je pense à la violence, au racket, à la drogue. Je pense aux phénomènes de communautarisme et de racisme qui se répercutent au sein de certains établissements. Je pense à ces inacceptables relents d’antisémitisme devant lesquels le Président de la République s’est fortement élevé. En la matière, il ne faut rien laisser passer. Je pense à la formation des maîtres dont on me dit qu’elle peut être en certains endroits formidable et en d’autres insatisfaisante. Je pense à cette absence de confiance que je ressens chez nombre d’adolescents. Je pense enfin à notre fonctionnement administratif qui peut conduire à un manque de réactivité, voire de transparence, au regard des élèves et des parents, mais aussi pour vous qui êtes sur le terrain, enserrés dans une gestion pressante, parfois trop complexe.

Tout ceci, vous le vivez, vous le gérez et devez le surmonter au quotidien.

Tout cela doit être examiné avec lucidité, de façon ouverte et constructive afin de nourrir la loi d’orientation prévue pour l’année prochaine. A l’évidence, cette loi ne peut être abordée avec un esprit de système. Elle ne peut être une loi de rupture, mais une loi qui relance nos objectifs fondamentaux et réajuste les méthodes et les pratiques pour y parvenir.

Qu’attendons-nous, au fond, de notre école ?

Le premier des objectifs doit être que tous les enfants acquièrent un bagage commun. Face aux connaissances, il faut l’égalité des chances. Tout enfant qui entre en 6ème doit savoir lire, écrire, compter. Si cette priorité n’est pas assurée, alors le collège ne peut, en aval, tenir pleinement son rôle. Dans cette perspective, la poursuite à l’école primaire du plan de prévention de l’illettrisme doit être approfondie et évaluée sur le moyen terme.

Le second objectif est que chacun puisse choisir, au terme d’un tronc commun, la voie qui lui est la plus appropriée. Je refuse d’entrer dans les débats un peu théorique sur le collège unique ou multiple, « indivisible » ou « bicéphale »… Il faut que le collège soit pour tous ! C’est à dire un collège qui donne les moyens à chacun d’acquérir des savoirs fondamentaux - c’est la notion de « socle » - et qui offre en parallèle une ouverture sur des filières professionnelles qui doivent être motivantes et valorisantes. Pour cela, il faut cesser de hiérarchiser et d’opposer les filières. Parce que l’excellence peut être plurielle, Il faut de la diversité, il faut des passerelles. C’est dans cet esprit que nous finalisons le projet d’adaptation de la 3ème , qui devrait notamment intégrer un nouvel enseignement de « découverte professionnelle ». Cette adaptation de la 3ème se mettra en place l’année prochaine dans les collèges qui y sont prêts, puis sera généralisée de façon progressive. Je sais qu’elle suscite parmi vous des interrogations… Je veux vous préciser que cette « nouvelle 3ème » ne s’apparente pas à une pré-orientation. J’exclue cette perspective, mais, en revanche, je défends avec conviction l’idée d’une sensibilisation d’un grand nombre de collégiens à l’entreprise et à ses métiers.

D’une façon plus générale, nous devons donner leurs lettres de noblesse à tout ce qui mène vers des expériences pratiques et des qualifications professionnelles.

L’ambition de notre système scolaire se situe dans la perspective des 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat, et j’espère que dans les prochains jours, le « millésime » de cette année sera bon… Mais derrière ce chiffre ambitieux et symbolique, il y a, nous le savons tous ici, des réalités plus complexes, des nœuds à délier, des revers silencieux mais douloureux… Face à cette réalité, il faut enrichir notre horizon en visant les 100% d’élèves atteignant une qualification, en trouvant leur voie, leur épanouissement. On est là au cœur de la question de l’orientation. Elle se pose au collège, comme elle s’impose à l’Université. On est là également face aux choix difficiles d’affectation des moyens : nous devons prioritairement les cibler sur les zones difficiles, car l’égalité des chances n’a pas le même prix que l’on soit scolarisé dans les beaux quartiers ou les quartiers populaires. Dans la République, la réussite scolaire est un droit qui doit être offert à tous.

Enfin, le troisième objectif renvoie aux valeurs partagées qui doivent animer l’institution scolaire.

Parmi celles-ci, il y a la laïcité.

Dès ma nomination, je me suis attelé à la rédaction de la circulaire destinée à encadrer la loi du 15 mars. J’ai fortement milité à l’époque en faveur de cette loi car j’estimais que le gouvernement devait prendre ses responsabilités. Il m’apparaissait inconcevable de vous laisser vous « débrouiller » seuls, sous le regard attentiste des pouvoirs publics. Cela n’est pas dans ma conception de la République et de l’Etat.

Cette circulaire n’a pas été aisée à écrire. Les pressions furent fortes. Je n’y ai pas cédé. Entre ceux qui désiraient sur-réglementer la loi et ceux qui escomptaient la dévitaliser, j’ai cherché à définir un axe républicain qui ne soit ni angélique, ni arbitraire. Ni angélique car les velléités de contournement ne peuvent être écartées ; ni arbitraire car l’application de la loi ne doit pas être vécue par toute notre jeunesse comme un carcan abusif, ni perçue comme un instrument grossièrement tourné contre la liberté de conscience.

Cette circulaire a ses lignes de force :

celle, tout d’abord, de la fermeté républicaine sur l’essentiel : c’est à dire l’interdiction des signes religieux les plus évidemment ostensibles. Cette règle simple et nette devra s’appliquer partout et pour tous ;

cette fermeté sur l’essentiel va de pair avec une part de pragmatisme et de responsabilité laissée aux acteurs de terrain pour faire respecter la règle commune et évaluer et sanctionner ses éventuels contournements. La plupart des chefs d’établissement que j’ai pu rencontrer, si soucieux soient-ils du caractère exhaustif de la circulaire, m’ont indiqué qu’ils étaient attachés à cette responsabilité de terrain. Je mise donc sur votre autorité et celle de vos équipes ! J’ai confiance dans votre discernement pour cibler la portée religieuse qui pourrait être attachée à certaines tenues vestimentaires, et plus encore lorsque leur port contreviendrait au règlement intérieur, comme cela est indiqué dans la circulaire. J’ai confiance dans votre capacité à organiser, avec tact, le dialogue avec l’élève, et dans votre aptitude à définir les conditions dans lesquelles il doit être scolarisé dans l’établissement durant cette phase. Certains auraient souhaité inscrire dans cette circulaire le rôle de médiateurs extérieurs, d’autres voulaient multiplier les procédures... J’ai dit non ! Dans l’Ecole de la République, les responsables, c’est vous !

Voilà l’esprit de cette circulaire. Nul ne prétend qu’elle puisse tout régler, car chacun sait que derrière la question de la laïcité il y a des problématiques et des enjeux plus larges. Mais nul ne pourra cependant me convaincre que la résolution de ces enjeux, et notamment celui de l’intégration, passe par le recul des principes républicains !

Faire en sorte que ce qui nous rassemble soit plus fort que ce qui peut nous diviser : c‘est ce message d’union qui est sous-jacent à cette circulaire. Ce message fraternel, je vous demande de le faire partager et de le faire respecter !

A la rentrée, le rectorat, avec un correspondant désigné par ses soins, sera prêt à appuyer ceux d’entre-vous qui le souhaiteraient. Sachez que je serai à vos côtés pour faire appliquer la loi de la République.

Cette question de la laïcité constitue l’un des aspects d’un problème adjacent, un problème plus large encore, qui est celui de la sécurité dans les établissements. En la matière, je sais que la situation n’est pas facile. Les statistiques démontrent une augmentation de la violence. Cette violence peut littéralement « pourrir » la vie des enfants et la paix des établissements. Sur ce sujet, je crois moins aux grandes déclarations qu’à la ténacité et à la continuité des actes car c’est une bataille de longue haleine. Il faut travailler en réseau, avec les parents, les associations, les autorités municipales, les forces de police et la justice. La mobilisation doit être totale et collective. Il faut agir en amont et sévir en aval.

Mesdames et messieurs,

Derrière ces objectifs, il y a, dans chaque établissement, une organisation, un encadrement dont dépend la qualité du travail éducatif.

Votre responsabilité est forte ; vos activités sont extraordinairement diverses. On vous demande beaucoup. Votre mission est d’être en première ligne, pour une affaire grave comme pour un incident minime, pour un sujet conséquent comme pour intervention mineure. Si vous me permettez ce parallèle, je vois là quelques ressemblances avec mon propre quotidien…

Dans quelques instants, vous évoquerez, au cours de la première table ronde, les questions relatives à votre travail, à la spécificité de votre fonction et de vos missions. J’ai rencontré ces dernières semaines vos représentants syndicaux qui m’ont sensibilisé sur un certain nombre d’entre-elles.

Avec mes équipes, nous avons commencé à y travailler. Permettez-moi de vous présenter un certain nombre de points précis que nos débats pourront utilement enrichir.

En terme de carrière, les éléments que je veux vous livrer sont les suivants :

il me paraît important d’assurer une plus grande fluidité du corps en ouvrant à davantage de personnels la possibilité d’accéder à la hors-classe grâce à un ajustement du pyramidage du corps. C’est un élément de reconnaissance auquel je suis attaché ;

dans le même esprit d’équité, je vous annonce que je fais actuellement étudier la possibilité d’indexer, comme cela se fait pour d’autres corps, vos indemnités ;

enfin, il y a, je le sais, un dossier sensible pour vous et sur lequel je serai intéressé de vous entendre : c’est celui de la fin de carrière. J’y suis attentif car il recouvre une forte dimension humaine. Il témoigne de l’intérêt que porte l’institution à ses personnels. C’est pour cela que la règle de mobilité, qui est pertinente en termes fonctionnels, doit être clairement appliquée avec souplesse et discernement, notamment lorsqu’elle concerne des personnels en fin de carrière. J’ai donné les instructions nécessaires à la direction de l’encadrement ;

dans le même esprit, et pour tenir compte de l’évolution de l’âge de départ en retraite, je veux vous dire qu’il me paraît légitime de pouvoir maintenir, au-delà de 60 ans, le bénéfice de la prime liée à l’établissement d’origine, en cas de mutation dans un établissement de catégorie inférieure.

En termes de gestion quotidienne, l’idée que je me fais de votre responsabilité me conduit à penser que l’efficacité exige plus de clarté.

Votre charge de travail déjà très lourde, ne doit pas être alourdie par une forme de « harcèlement textuel ». D’expérience, je sais qu’on n’avance pas dans un environnement aux allures kafkaïennes. Certes, il est nécessaire que les établissements rendent compte et renseignent l’institution. Mais la multiplication des enquêtes ou des sollicitations rendues plus faciles par le courrier électronique, sont des éléments de perturbation auxquels il faut mettre bon ordre. J’ai donné des instructions précises aux directeurs de centrale, aux recteurs et aux inspecteurs d’académie pour mettre un coup d’arrêt aux sollicitations multiples et désordonnées qui vous sont adressées sans justification impérieuse.

Il faut promouvoir un autre mode de relations entre les établissements et les autorités académiques, reposant sur la proximité. Il est nécessaire que vous puissiez nouer avec le recteur, l’inspecteur d’académie, des rapports plus étroits reposant sur la connaissance et la pratique du terrain par les autorités académiques. Je sais que recteurs et inspecteurs sont attachés à la qualité de ce lien de terrain, mais l’alourdissement de leurs tâches administratives peut les dissuader d’aller au contact. Je leur demande, quelles que soient leurs charges, de veiller à maintenir ce lien indispensable à la qualité du travail de l’encadrement.

Dans cette perspective, nous devons réfléchir ensemble aux fonctions de l’encadrement administratif de vos établissements pour que soit, à vos côtés, pleinement reconnue et identifiée cette fonction essentielle  dans la vie de l’établissement. Enfin, vous êtes responsables de l’organisation du temps de travail dans l’EPLE. Vous avez en charge, en particulier, l’organisation des services de vacances. Compte tenu des évolutions survenues ces dernières années la circulaire de 1996 sur les congés est aujourd’hui dépassée. Je sais que sa révision est difficile, mais je la crois nécessaire.

D’autres sujets vous préoccupent. Je pense, par exemple, à la formation. Elle est un élément capital de votre métier ; elle accentue votre capacité à maîtriser les situations complexes auxquelles tout personnel de direction est appelé à être confronté. Cette formation doit être optimisée et pleinement reconnue. Je suis, parmi d’autres sujets, particulièrement attentif à la valorisation des acquis de la formation sous des formes qu’il nous faudra ensemble préciser. Nous pourrions, par exemple, approfondir l’idée d’une reconnaissance universitaire.

De même, l’évaluation est pour tout personnel de direction un moment fort de sa carrière, mais aussi dans la relation qu’il entretient avec sa hiérarchie. Il est important que l’évaluateur connaisse personnellement le personnel évalué et son établissement. J’y veillerai et cela rejoint la nécessaire relation de proximité qui doit s’établir entre vous et l’autorité académique.

Sur tous ces sujets, un groupe permanent de concertation et de suivi sera mis en place auxquelles vos organisations syndicales représentatives seront invitées à participer étroitement. J’attends aussi de ce groupe une forme d’expertise sur l’action du service public au jour le jour.

Confiance, clarté, proximité… Tous ces termes que j’ai évoqués renvoient vers un principe qui doit être sans doute réactualisé : celui de l’autonomie de l’établissement. L’autonomie, ça n’est pas la liberté de faire n’importe quoi ; ça n’est pas détricoter l’Education Nationale qui a ses règles communes. L’autonomie, c’est et ce doit être davantage encore, la contrepartie naturelle de la responsabilité, qui est elle même à la source de l’efficacité ; une efficacité qui vise à une meilleure adaptation de l’action aux réalités et aux besoins du terrain.

Ce thème devra être traité dans le cadre de la loi d’orientation sur l’école.

Mesdames et messieurs les Proviseurs, Principaux et Adjoints,

Voilà ce que je voulais dire, ici, à Lille, à votre intention, et, à travers vous, à celle de tous vos collègues de France .

Je réunirai à la rentrée de septembre, l'ensemble des personnels de direction nouvellement intégrés dans le corps. C’est un symbole, mais je veux qu’ils sachent que je suis à leur côté dès leur entrée en fonction.

Nous le savons, notre pays est confronté à un double défi : un défi extérieur avec la constitution d’un monde ouvert et concurrentiel auquel nous devons répondre, et un défi intérieur marqué par la nécessité de recomposer des repères collectifs. Au cœur de ce double défi, j’ai l’intime conviction que le nerf du progrès économique et social et de l’unité nationale se situe dans notre stratégie éducative.

Notre mission commune est donc importante, elle est même vitale.

Vous pouvez compter sur ma détermination et je compte sur vous.

Cette rencontre doit nous permettre de croiser nos réflexions pour mieux conjuguer nos efforts.

Merci pour votre accueil et votre engagement.

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Publié par Francois Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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