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31 mai 2004 1 31 /05 /mai /2004 23:00
Mesdames et messieurs,
Mes amis et chers compagnons,

Le 13 juin, nous avons rendez-vous avec l’Europe.

Une Europe qui ne ressemble pas à celle de nos aînés. Elle compte 25 nations, 453 millions de citoyens, elle est la première puissance commerciale du monde, elle est appelée à être coiffée par une constitution. En somme, c’est un continent entier qui s’organise pour bâtir un espace de paix et de prospérité.

Jamais dans l’Histoire du monde, on a ainsi vu tant d’Etats et de peuples converger librement et pacifiquement les uns vers l’autres. Les empires d’autrefois étaient édifiés par la force et scellés par la peur. Notre Europe s’assemble, elle, sur des valeurs radicalement contraires : celle de la coopération et de la fraternité.

On peut tout penser de la question Européenne et de cette élection… Mais il y a une chose qu’on ne peut pas dire : c’est que son enjeu soit anodin ou médiocre.

Il n’est ni anodin, ni médiocre, parce qu’il nous renvoie aux grandes mutations de notre temps.

La première mutation est d’ordre géopolitique : le monde est désormais lié, global comme on dit. Ce qui se passe à l’autre bout du monde peut avoir une forte incidence sur notre propre pays. Ceux qui sous estiment cette interdépendance, placent la France en situation de marginalisation.

La seconde mutation est d’ordre stratégique. Nous assistons à la fin d’un cycle historique qui a vu les anciennes puissances industrielles, dont nous sommes, dominer de tout leur poids économique, scientifique et militaire, le système international. Désormais de nouveaux Etats, dont la Chine et l’Inde, puis un jour le Brésil ou la Russie, entrent sans complexe dans un jeu dont nous avons pendant plusieurs siècles fixé les règles.

Face a cette nouvelle donne, il est évident que les schémas d’hier sont dépassés.

Les nations faibles et frileuses, ne résisteront pas à l’accélération de l’histoire. En revanche, le temps des nations fortes, unies et décidées n’est pas clos.

Plus que jamais nous aurons besoin de la France.

Une France fière et parlant haut !

Une France qui croit en son avenir ! Qui modernise ses atouts et non qui sacralise ses conservatismes ! Qui remet ses finances en ordre et non qui subventionne à crédit leur désordre ! Qui noue des alliances avec ses partenaires et non qui s’abrite derrière une illusoire ligne Maginot.

Bref, les temps appellent à une France qui se tient droite.

Une France animée par un patriotisme éclairé destiné à servir la cause d’une Europe qui doit être respectée et indépendante et non le ventre mou d’une mondialisation débridée et d’une américanisation déplacée !

Mes amis,

Cette élection, certains tentent de la dévoyer pour des raisons tactiques.

Dans la bouche de nos opposants, qu’importe l’Europe, il s’agit «  de sanctionner le gouvernement et sa majorité ». Pour ce faire, tous les moyens sont « bons »…

La gauche oublie tout ce qu’elle à fait de l’Europe et qu’aujourd’hui elle dénonce sans scrupule.

Elle oublie toutes les directives qu’elle a accepté en son temps comme celles de la libéralisation du secteur des télécommunications, de l’énergie ou des transports, mais fustige sans complexe les conséquences de tout cela…

Elle stigmatise l’Europe prétendue « ultra libérale » pour mieux vanter les mérites d’une Europe socialiste qu’aucun Etat européen - notamment ceux gouvernés par la gauche ! - n’appelle de ses vœux.

Dans son projet, le parti socialiste propose d’étendre la réduction du temps de travail … Il faut être obtus pour proposer de généraliser à tous les pays une mesure qui a échoué là où elle a été testée.

Croyez-moi, Tony Blair, Gerhard Schroëder ou José Luis Zappatero, ne courent pas après le projet de François Hollande. Ils ont même plutôt tendance à le fuir de peur qu’il puisse porter la poisse économique à leur pays.

Oui, cette élection n’est pas aisée car la démagogie y est à son aise.

Qu’importe, je vous propose d’aborder ce rendez vous avec passion et hauteur de vue.

Avec passion, parce que nous devons être fidèles au formidable événement que l’élargissement représente. L’Histoire est bien là sous nos yeux : 10 pays, hier emprisonnés, martyrisés, rejoignent notre communauté.

Ne faisons pas la fine bouche !

Nous avons gagné notre pari contre le totalitarisme, contre cette division idéologique et militaire qui brimait l’unité de l’Europe. Dans sa tombe, le Général de Gaulle doit sourire devant cette revanche de l’Histoire qu’il pressentait, mais que personne n’envisageait il y a quinze ans à peine.

Avec passion, parce que le monde a besoin de l’Europe. Face aux défis planétaires le système international réclame une force d’équilibre et d’expérience. Cette force, si nous le voulons, c’est l’Europe ! C’est elle qui pourra équilibrer la puissance américaine qui, comme lors de la guerre en Irak, n’est pas toujours des mieux inspirée.

A ce sujet, on n’insiste pas assez sur la vision du Président de la République. Le large consensus politique autour de l’action de la France pour empêcher cette guerre ne peut masquer le fait que Jacques Chirac a rompu avec une attitude bien plus suiviste qui prévalait depuis 20 ans… Pour tout dire, je ne suis pas sûr que la gauche française eut, dans des conditions identiques, agit avec autant de courage et de clairvoyance. Pas contre, je suis convaincu que sans ce refus gaullien, l’Europe aurait toute entière basculé du coté des Etats-Unis et n’aurait ainsi pas pris date pour l’avenir. Le monde multipolaire que nous appelons de nos vœux aurait alors subi un revers fondamental. Jacques Chirac a évité à la France comme à l’idéal européen, de sombrer dans cette impasse.

Enfin, il faut aborder cette élection avec passion parce que nos concitoyens attendent, je le crois, qu’on leur parle de politique autrement, c’est à dire qu’on leur parle de la France différemment.

A l’occasion de notre défaite aux régionales, j’ai dit avec franchise que c’était un « 21 avril à l’envers ». Je persiste et signe !

Quand un pays zappe à chaque élection, c’est que ses ambitions nationales ne sont plus perçues avec acuité.

Les Français sont un grand peuple qui a pris l’habitude, au cours des siècles, d’être confronté à la grande Histoire. Notre nation a besoin d’un horizon politique transcendant l’hexagone. Un horizon qui explique pourquoi nous nous réformons, pour quels buts, pour quelle civilisation.

C’est cette passion, cette hauteur de vue, que je vous propose, avec Roseline Bachelot et ses colistiers, d’incarner. Au Parlement européen, je sais que la voix de Roseline et de son équipe ne passera pas inaperçue. Je sais qu’avec eux, on entendra parler de notre pays et de notre région.

Dans cette campagne, l’UMP est le parti de ceux qui veulent l’Europe sans défaire la France.

Une Europe plus politique, dotée d’une stratégie militaire et diplomatique indépendante et non à la solde de quiconque.

Une Europe de la sécurité qui face au terrorisme, aux réseaux internationaux du grand banditisme et des trafics de drogues, recoupe ses informations et ses moyens d’action.

Une Europe de la croissance, dotée d’une meilleure coordination économique ; une coordination qui ne soit pas ligotée par les seuls critères financiers ou monétaires et qui nous permets de repousser les assauts des grands groupes étrangers.

Une Europe de la connaissance qui structure son potentiel industriel, scientifique et culturel. C’est ici l’Europe d’Airbus qui a vendu plus d’avions que Boeing en 2003 ; c’est l’Europe de la fusée Ariane et du projet ITER qui pourrait être situé à Cadarache et qui serait destiné à découvrir, à travers la technique de la fusion, une source d’énergie inépuisable ; c’est enfin l’Europe de la diversité culturelle et des échanges universitaires…

Savez-vous que dix sept ans après le lancement du programme d’échange que l’on appelle ERASMUS, 1,2 millions d’élèves ont pu faire des études dans des pays européens autre que le leur, dont 20.000 jeunes français. A l’avenir, se seront tous nos enfants qui pourront enrichir leur cursus scolaire par des séjours en Europe.

Voilà, mesdames et messieurs, l’Europe que nous voulons et que nous devons continuer de construire.

Alors bien sûr, il y a des difficultés et des interrogations à l’égard de l’Europe et j’en ai moi-même soulevées un certain nombre dans ma carrière.

Cela est naturel. Croyez-vous qu’il soit simple de faire vivre 15,20,25 nations ensemble ? Non, cela n’est pas simple.

Seuls les idéalistes ou les cyniques peuvent être tentés de faire croire que l’aventure européenne est, ou devrait-être, un chemin parsemé de pétales de roses. Comme dans toute famille, il y a des incompréhensions, des grincements… Pour autant, la famille européenne doit elle en conclure qu’il vaut mieux vivre divisé qu’uni ? Naturellement non !

Dans cette élection, il y a finalement, face à nous, trois options :

    * 1 ère option : celle de l’Europe socialiste qui est une supercherie, dans la mesure ou aucun de nos partenaires européens, y compris ceux de gauche, n’aspirent à rejoindre les lubies de François Hollande et de ses amis ;

    * 2 ème option : celle de l’Europe fédérale qui est une triste utopie puisqu’elle part du principe que la France n’a plus les ressorts nécessaires pour exister par elle même et pour elle même ;

    * 3 ème option : c’est l’Europe des souverainistes. Vous le savez, j’ai partagé plusieurs batailles avec certains d’entre eux, comme celle qui m’opposa au traité de Maastricht. Mais aujourd’hui, je veux leur dire que l’Europe élargie édulcore une partie de leurs craintes. Dans cette Europe à 25 et un jour à 30, la politique devrait, plus que par le passé, retrouver ses droits naturels. Les règles les plus uniformes céderont la place à la souplesse dans l’action. Les principes de la géométrie variable et des coopérations renforcées vont progressivement devenir réalité. S’il en était autrement, alors l’Union européenne serait condamnée au surplace. Les griefs adressés par les souverainistes à la future constitution européenne ne sont pas tous erronés… Je les mesure. Mais soyons sincères : cette constitution est à l’évidence un compromis. Dans ce compromis institutionnel, il y a des marges de manœuvres que nous devrons saisir pour donner un relief plus politique aux initiatives européennes. Cette constitution, l’UMP – sous l’impulsion avisée d’Alain Juppé – a souhaité qu’elle fasse l’objet d’un référendum. A titre personnel, j’y suis favorable !

Mesdames et messieurs,

Cette Europe du XXIème siècle, c’est à la France de l’impulser. Mais soyons clairs : notre volonté européenne ne peut être convaincante que si notre pays est en position de force.

On revient là à la politique nationale ; à la nécessité de poursuivre la modernisation de notre pays ; de libérer son potentiel économique ; de former notre jeunesse ; de rétablir l’autorité et la fraternité du pacte républicain.

Réforme des retraites, réhabilitation de la valeur du travail, rétablissement de la sécurité, recadrage de nos finances publiques, réaffirmation de l’intégration républicaine avec par exemple l’interdiction du voile à l’école, réforme de l’assurance maladie… Depuis deux ans, le gouvernement travaille au redressement de la France. Il n’est pas peut être pas toujours bien compris, il se peut qu’il se montre parfois maladroit, mais nul ne peut nier qu’il répare les dégâts du passé et qu’il se montre plus audacieux que ses prédécesseurs.

Je sais bien, ce qu’il nous faudrait pour être populaires : avancer l’âge de la retraite, passer aux 33 heures, multiplier sans compter les emplois dans la fonction publique, faire mine d’interdire les licenciements, légaliser les drogues douces…

J’arrête ici la liste, qui n’est pas si caricaturale que cela, puisque bon nombre de tout cela inspire la gauche. François Hollande court derrière l’agitateur Noël Mamère, qui lui-même galope derrière Marie Georges Buffet, qui elle-même cavale derrière le jeune mais très préhistorique Besancenot, qui lui-même chasse sur les terres en jachères de José Bové. Et pour clarifier les choses, revoilà Lionel Jospin qui, après avoir sombré dans la bataille, revêt les habits du stratège électoral.

Cette course azimutée de la gauche, ne facilite pas le débat démocratique car la réforme de notre pays est la cible permanente de ce sprint aux allures de surenchères.

Qu’importe. Nous devons faire avec.

L’avenir ne se négocie pas. Il y a ceux qui voit la France en haut de l’affiche et ceux qui l’utilise en bas d’un tract.

Nous n’avons pas été élu pour renoncer à la modernisation de notre pays.

Cette modernisation est vitale. Dans notre monde ouvert, compétitif, nous devons nous adapter, nous réinventer. On ne peut avoir l’un des meilleurs systèmes de santé des pays développés, l’un des régimes de retraites les plus généreux, l’un des dispositifs d’assurance chômage les plus protecteurs, l’Ecole et l’université gratuite pour tous, sans – en contrepartie – nous retrousser les manches.

On ne peut avoir un pacte social fort en étant faible !

On ne peut recevoir de son pays que si on lui donne le meilleur de soi-même !

C’est cette France valeureuse et moderne qui fera battre le cœur de l’Europe.

Mes amis,

Après les élections régionales qui ont été pour nous comme un coup de tonnerre, il n’y a pas d’autre voie possible que celle de l’audace intellectuelle et du courage politique.

Le moment venu, les Français nous jugeront, non sur l’habilité de nos reculs, mais sur la sincérité de nos actes.

Abordons cette élection avec nos convictions. Traçons notre route.

Au sein du parlement européen, la parole de la France doit être forte, cohérente et respectée.

L’opposition ne rêve que de « sanctionner » la majorité. C’est un songe de rez-de-chaussée.

Je vous invite à un autre idéal : celui d’une France, dans la lumière de son histoire doublement millénaire, avançant fièrement dans l’Europe élargie ; cette Europe de paix que nous construisons sous les yeux des enfants européens, qui, un jour, se diront que leurs aînés n’avaient pas tort de croire à cet idéal.

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Publié par Francois Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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