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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 17:40

Répondant à une question de M. Jean LEONETTI, le chef du Gouvernement a fait ce 2 décembre devant l'Assemblée nationale la déclaration suivante :


Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,

Je voudrais d’abord remercier Jean Leonetti, Olivier Jardé, Gaétan Gorce et Michel Vaxès pour un rapport qui fait honneur au Parlement, sur un des sujets les plus difficiles, auquel nous, responsables politiques, soyons confrontés.


Je veux vous dire que le Gouvernement partage l’essentiel du diagnostic et des propositions que vous faites. Et je voudrais retenir trois points essentiels, que vous évoquez dans ce rapport.

• D’abord, la méconnaissance extrêmement inquiétante de la loi, à la fois de la part du corps médical et du grand public; cette loi qui permet, qui autorise de soulager toutes les souffrance d’une personne en situation grave et incurable, même si ce soulagement doit écourter la vie, cette loi n’est connue que de 10 % des médecins et elle est largement inconnue du grand public.

La première mission que je confie à Madame Bachelot, c’est de mettre en œuvre tous les moyens pour faire en sorte que le corps médical connaisse la loi, applique la loi et qu’elle soit connue des Français.

• Ensuite, je considère comme vous, qu’il est fondamental que nous accordions la même valeur et le même accompagnement au début de la vie et à la fin de la vie. Il n’est pas acceptable que l’on soit empêché d’accompagner à domicile un proche vers la mort pour n’avoir pas pu ou pour n’avoir pas osé, ou pour n’avoir pas réussi à arrêter temporairement son activité professionnelle.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé que nous mettrions en œuvre les recommandations de votre rapport sur la mise en place de la rémunération du congé d’accompagnement à domicile pour les parents en fin de vie.

• Enfin, troisièmement, vous soulignez la nécessité d’aller plus vite - même si vous indiquez que notre pays est un des plus en avance sur ce sujet - en matière de développement de soins palliatifs.

Nous allons tenir l’engagement qui a été pris par le président de la République de doubler le nombre des personnes prises en charge d’ici 2012, grâce à la mobilisation de 230 millions d’euros supplémentaires.


Mais je voudrais dire, monsieur le député, mesdames et messieurs les députés, que ce rapport, comme vous l’avez vous-même souligné, ne clôt pas le débat. Et qu’il est nécessaire que le Parlement, en permanence, réfléchisse à l’adaptation de nos règles, de nos prises en charge, de notre législation aux évolutions de la société française.

C’est une de ses principales missions et je suis sûr qu’il saura la conduire.

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commentaires

Jean-Marc 06/12/2008 22:49

bonjour, je dis oui à la prise en charge a domicile, souvent de nombreuses personnes decedent loin de leur famille et amis (ou animal familier). ils decedent souvent seuls dans une chambre d'hopital d'un service qui ne dit pas son nom mais dont chaque chambre a connu un deces .il faut de la presence: voici deux semaines une femme de 42 ans me dit je suis foutue mais j'ai le bonheur de savoir que ma fille a un travail, je vais vendre ma boulangerie.elle tiens fort ma main, me regarde droit dans les yeux, je reste environ une demie heure avec elle cette nuit là, a l'autre bout du couloir une autre femme en fin de vie elle aussi dans une chambre immense avec tout le confort, mais a quoi bon "ce luxe"! elle me parle de son fils qui as un travail a un tres haut poste mais "il dit qu'il ne travaille qu'avec des vieilles de 43 ans" on se sourit puis son regard s'embue de larmes.ma main epouse son oreille et sa joue , elle fait le signe que ça va! que je dois continuer mon tour! la semaine suivante lorsque je reviens ces deux femmes ne sont plus présentes! la vraie vie est à l'hopital ! les vraies questions aussi ?j'ai foi dans votre politique. il y a beaucoup a faire dans le domaine de la santé? creation d'emploi +++ ! ne faudrait-il pas se dépecher et le faire avant qu'obama s'en occupe et surtout profiter de la présidence Francaise aux commandes de l'europe.

Aurélie 05/12/2008 22:25

Et qu'en est-il du droit à mourir dans la dignité selon sa volonté ?Certains traitements palliatifs sont inefficaces, pourquoi nous laisser mourir dans les pires souffrances physiques et psyniques d'une maladie incurable ?Un peu de courage  !  Nous ne sommes plus au Moyen-Age !

Caroline Morard 05/12/2008 18:42

La loi Léonetti d'avril 2005 a été une avancée considérable en faveur du respect des droits des patients. Elle a mis la question du sens des actes médicaux au coeur de son dispositif en reconnaissant à chaque patient le droit de refuser toute forme de traitement et en permettant aux médecins de ne pas prolonger sans raison la vie artificielle de certains patients condamnés. Pour soulager les souffrances, elle autorise l'utilisation de traitements pouvant avoir pour effet secondaire d'abréger la vie. Le problème majeur de cette loi soulevée par ce dernier Rapport est qu'elle est sa méconnaissance par nos concitoyens et même par une partie importante des professionnels de santé. Combien de personnes à ce jour ont désigné une personne de confiance ? Combien de personnes ont rédigé des directives anticipées permettant, en cas d'inconscience, de faire connaître leurs souhaits en matière de limitation ou d'arrêt des traitements ? Combien de patients se heurtent aujourd'hui au refus de certains médecins d'appliquer la loi ? Combien de familles, de proches, ne peuvent obtenir une délibération collégiale pour examiner la question d'une éventuelle situation d'obstination déraisonnable pour un patient en état végétatif chronique ? Combien de patients cancéreux acquiescent à une énième ligne de chimiothérapie "palliative" par crainte d'un abandon en cas de refus ? … Malgré les opinions fort divergentes sur la nécessité de faire ou non évoluer la loi, une nécessité et une urgence s’imposent : l’évaluation rigoureuse des conditions dans lesquelles se déroulent les fins de vie en France. A quelques exceptions près, les études en ce domaine sont trop rares pour ne pas laisser la place à des convictions assénées avec passion plutôt qu'à l'analyse rationnelle de la réalité. Certes ce dernier rapport a été mené par un comité de pilotage pluridisciplinaire à parité de genres et de sensibilités réunissant des parlementaires avec des professionnels de médecine, de biomédecine, de droit, de philosophie ou d’éthique mais la réflexion et la confrontation aussi large et riche soient elles ne peuvent se substituer l’évaluation. Seule, la mise en place d’un véritable observatoire national des pratiques médicales en fin de vie précise semble pouvoir permettre d'éclairer le nécessaire débat citoyen et politique qui s'impose. Sa mission pourrait être de faire connaître auprès des professionnels et du grand public la loi et les droits des patients, mais aussi de promouvoir et soutenir des recherches pluridisciplinaires sur ces sujets. Il pourrait être un outil de médiation et de recours pour tous ceux qui se sentent éventuellement concernés par une situation d'obstination déraisonnable, voire, si nécessaire, exercer des missions d'expertise de manière à éviter tout risque de judiciarisation de ces questions éminemment partiales et morales.

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