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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 01:26
Lundi 15 décembre 2008, François Fillon était à Orléans. Il y a visité le quartier de La Source, qui a connu ces dernières années une vaste opération de rénovation, et y a insisté, dans le discours suivant, sur l'importance de la rénovation urbaine et du logement dans le plan de relance de l'économie.

Mesdames et Messieurs les ministres
Monsieur le député-maire, Mon cher Serge,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais avec Patrick Devedjian qui a la responsabilité du plan de relance, avec Christine Boutin, et avec Fadela Amara vous dire la joie qui est la nôtre d’être ce matin ici à Orléans.

Bon, je vais commencer par des reproches, votre propos n’a pas été totalement objectif, vous avez fait comme les journalistes, vous avez choisi les informations que vous vouliez mettre en avant, vous avez parlé du basket, vous auriez parlé du football, évidemment cela aurait été moins à l’avantage d’Orléans et plus à celle du Mans. Tout ceci pour dire qu’il y a une grande proximité entre le Mans, Orléans. Et lorsque j’étais étudiant à la faculté de droit du Mans, c’était l’époque où on créait les régions, et je défendais à l’époque l’idée d’une région Tours-Orléans-Le Mans. Mais il y avait un homme qui s’appelait Olivier Guichard qui était plus fort que le jeune étudiant que j’étais, et qui avait dessiné la région autrement.


Mesdames et Messieurs, pendant cette période de crise, comme dans le temps normal, le rôle du Gouvernement c’est d’être à l’écoute, et c’est d’être sur le terrain. Et dans cette période de crise, il faut redoubler l’effort d’écoute, il faut aussi redoubler l’effort explication, il faut redoubler les efforts pour mobiliser toutes les énergies. Et c’est la raison pour laquelle chaque semaine, comme l’ensemble des membres du Gouvernement, je me rends sur le terrain. Et j’ai choisi aujourd’hui de venir à La Source, parce que nous sommes ici dans un quartier qui est à l’image de la France qui se transforme, qui corrige les erreurs du passé, et qui dans l’épreuve, se bat, construit et innove.

Nous sommes en face d’un phénomène de dégradation brutale de la situation économique de notre pays, comme de celle de toute l’Union européenne et de tous les pays développés. Face à ce phénomène, la priorité c’est de mobiliser les énergies. Et la priorité c’est de chercher ensemble comment réagir à cette crise, non pas seulement pour la passer, mais pour faire en sorte qu’à la sortie de la crise, on soit plus forts qu’à l’entrée de la crise. Car le risque, si on se trompe de politique, le risque si on a une vision à courte vue des choses, le risque si on veut simplement satisfaire les demandes immédiates, c’est de se trouver à la fin de la crise plus affaiblis qu’à l’entrée de la crise, alors que d’autres pays auront fait durant cette crise un effort de modernisation, qui les placeront devant nous.

Cette crise, elle a d’abord été financière : nous y avons répondu en sauvant notre système bancaire. Mais elle est maintenant économique, et ce sont nos entreprises et nos emplois qui sont en première ligne.
Pour les aider à tenir le choc, nous avons pris depuis plusieurs semaines, toute une série de décisions extrêmement ambitieuses, la première a été de créer un fonds stratégique qui va intervenir au capital des entreprises qui sont les plus importantes pour l’avenir de notre pays, pas en fonction de leur taille, mais en fonction de leur activité, ce fonds a été doté de 20 milliards d’euros, et il commence déjà à agir.

Nous avons décidé d’exonérer tous les nouveaux investissements de toutes les entreprises quelles qu’elles soient, de taxe professionnelle, de réduire les délais de paiement, d’accélérer le remboursement des créances du Trésor public sur les entreprises, d’augmenter les moyens d’OSEO pour soutenir les PME et d’ouvrir davantage ses dispositifs aux plus petites d’entre elles.

Nous avons aussi décidé de baisser le coût du recrutement dans les entreprises de moins de 10 salariés, à travers la suppression totale des charges patronales.

Le 4 décembre dernier, le président de la République a annoncé à Douai un plan exceptionnel de relance de l’investissement de 26 milliards d’euros, soit 1,3 % de notre PIB, et nous voulons que ce plan de relance de l’investissement soit quasiment en totalité mis en œuvre en 2009, pour qu’il corresponde aux besoins immédiats de l’économie française dans la crise.

Avec ce plan, nous voulons relancer le moteur économique, nous voulons préparer l’avenir en faisant le choix de l’investissement et le choix de la compétitivité.

C’est ainsi que l’Etat investira directement 4 milliards d’euros en 2009 dans les domaines stratégiques : les infrastructures, le développement durable, les transports, le patrimoine, l’enseignement supérieur et la recherche, les industries de défense, le logement, et la rénovation urbaine.
Et dans le même temps, les grandes entreprises publiques augmenteront, elles aussi, leurs investissements de 4 milliards d’euros, ce qui représente une hausse de 35 % par rapport à 2008, pour moderniser et pour développer leurs équipements et leurs infrastructures.

Ce plan sera mis en œuvre sous l’autorité de Patrick Devedjian.
Chaque semaine, je tiendrai avec lui et avec les ministres concernés une réunion de suivi pour m’assurer de la bonne exécution. Nous savons bien qu’il y a dans notre pays des pesanteurs, des habitudes qui risquent de rendre inopérantes des décisions que nous avons prises, eh bien nous voulons en nommant un ministre en charge du plan de relance, en veillant chaque semaine à son exécution, corriger en permanence toutes les dérives qui pourraient apparaître du fait de ces habitudes et du fait de ces traditions.

Enfin, le Parlement sera saisi dès le début de janvier de deux projets de loi : un collectif budgétaire pour intégrer les sommes que je viens d’évoquer, et celles dont je vais parler dans un instant, et puis une loi ordinaire qui regroupera toutes les décisions non financières du plan, et en particulier toutes ces décisions que nous allons prendre, certaines de façon temporaire, d’autres de façon durable pour lever les contraintes administratives qui font qu’il est si difficile dans notre pays d’investir. En tout cas, si long d’investir. Et nous savons tous pour avoir eu des responsabilités dans les collectivités locales, combien il est décourageant de voir les délais de construction, les délais d’investissement dans le secteur public, qui sont souvent près du double de ceux qui existent dans le secteur privé. Eh bien nous allons par exemple, dans le cadre du plan de relance, réduire considérablement les contraintes sur les marchés publics. Nous allons proroger les permis de construire, nous allons autoriser une densification plus importante pendant une période courte, pour permettre à tous les chantiers qui pourraient être lancés de l’être.

Si j’ai voulu venir aujourd’hui à Orléans, c’est parce que au cœur du plan de relance, il y a les quartiers et il y a la politique de la ville. Il y a beaucoup de grands chantiers en cours en France dans ce domaine, nous allons les accélérer. Le visage de nos villes se transforme. De nouveaux équipements sont construits. Des logements insalubres sont détruits. De nouveaux logements sont installés. Le cadre de vie est amélioré. Les structures collectives se multiplient, elles sont réhabilitées, elles sont rééquipées. Et ici, au fond, à la Source, on ne pouvait pas mieux choisir exemple de cette mutation et de ce volontarisme, qui doit animer notre pays.

A La Source, on a su transformer, monsieur le Maire, les contraintes en opportunités, on a su surmonter des retards et des handicaps. On a su, au fond, relever le défi de la rénovation urbaine.
Ici, j’ai vu un quartier vivant, des services publics, des commerces de proximité, un tissu associatif dense et bien présent.

Je sais que la mobilisation de tous les acteurs est efficace, que l’Etat, les collectivités, le 1 % logement, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine travaillent ensemble.
Et c’est justement cette mobilisation, que nous avons décidé dans le cadre du plan de relance, d’amplifier. Il s’agit à la fois de rattraper le retard pris il y a dix ans en matière de construction, il s’agit en même temps de dynamiser immédiatement l’activité d’un secteur-clé, celui logement, et celui du bâtiment, et des travaux publics pour notre économie.

Cette relance du logement et de la modernisation des villes que nous avons décidée, elle repose sur trois piliers.

D’abord, nous avons décidé de la construction de 100.000 logements supplémentaires en deux ans. Avec ce programme, nous allons à la fois soutenir le secteur de la construction, répondre à la forte demande qui existe dans notre pays de logements à loyers abordables, et en même temps, peser sur les prix, car chacun voit bien que la vraie sortie de cette crise sera quand les prix de l’immobilier auront retrouvé un niveau normal.

Nous avons décidé d’acquérir 30.000 logements vendus en l’état futur d’achèvement. Cette opération qui a été annoncée par le président de la République le 1er octobre dernier se déroule actuellement.
Et j’ai constaté ici, en région Centre, que les choses avançaient bien, puisque vous en êtes déjà à 257 logements en négociation, dont 124 sont en cours de financement.
Mais nous avons décidé dans le cadre du plan de relance d’ajouter à ces 30.000 logements, 30.000 logements sociaux supplémentaires, à la programmation actuelle. Ces nouveaux logements seront en priorité des logements très sociaux à loyers bas.

Enfin, nous allons lancer la réalisation de 40.000 logements intermédiaires, pour répondre à la demande très forte demande des classes moyennes qui ne peuvent pas trouver à se loger, en tout cas dans certaines villes et dans certaines régions de notre pays, en raison des conditions actuelles du marché de l’immobilier

Au total, avec ces 100.000 logements supplémentaires en deux ans. Nous allons anticiper des investissements qui auraient été réalisés, tôt ou tard, pour répondre à la demande non satisfaite de loyers à bon marché.

Je veux préciser que ces 100.0000 logements s’ajoutent à l’objectif que nous avons fixé à Christine Boutin, de construire 120.000 logements sociaux chaque année pendant cinq ans.
Et j’insiste sur le fait que ces 100 000 logements, ce sont des logements neufs ce sont des créations qui vont être engagées en 2009 et en 2010.

Pour financer ces 100.000 logements, il évidemment des moyens supplémentaires. Nous allons mettre en place une enveloppe budgétaire supplémentaire de 340 millions d’euros pour la construction de ces logements sociaux neufs.

Il faut aussi que des terrains soient rendus disponibles, parce que c’est souvent la raison qui retarder la réalisation des opérations si on veut que ce programme soit réalisé en deux ans. Et c’est l’objectif fixé à Christine Boutin, fixé à Fadela Amara, et fixé à Patrick Devedjian.

Et il faut aussi que les bailleurs sociaux, qui n’auraient pas suffisamment de fonds propres pour construire de nouveaux logements sociaux, puissent être soutenus. Nous allons pouvoir le faire, notamment grâce à la péréquation entre bailleurs sociaux, instituée par la loi de mobilisation pour le logement.

Le deuxième pilier de notre plan, c’est l’accélération du programme de rénovation urbaine dans les banlieues. Nous allons amplifier ce programme qui concerne aujourd’hui plus de 4 millions d’habitants et qui mobilise déjà 42 milliards d’euros de travaux.

Il s’agit d’un effort majeur, qui aura un impact considérable pour l’économie.

La rénovation urbaine, c’est la clé du dynamisme dans les quartiers. Et au fond, derrière la question des quartiers et du dynamisme dans les quartiers, c’est la clé de la République pour tous.
Depuis 2003, nous avons engagé un effort sans précédent qui a été illustré à l’instant par les propos du maire d’Orléans, et les résultats sont là : 122.000 logements sociaux construits dans le cadre du plan de rénovation ; 278 000 logements réhabilités ; 130.000 déconstruits, et 306.000 "résidentialisés".

Eh bien, nous allons accentuer cet effort.
Et j’ai demandé à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine de prendre toutes les dispositions pour permettre aux bailleurs sociaux et aux collectivités de mener le plus rapidement possible leurs projets de construction de logements sociaux et d’aménagement.

Parallèlement, je souhaite, et je salue le président du conseil d‘administration de l’ANRU, je souhaite que ce conseil d’administration prenne la décision d’augmenter le montant de ses avances forfaitaires pour les maîtres d’ouvrage les plus dynamiques. Ceci, afin d’aider ces entreprises à passer les moments difficiles que nous connaissons.

D’autre part, il est indispensable de relancer les projets de construction de logements qui sont aujourd’hui au point mort.

Il arrive, en effet, et vous le savez bien, que des projets qui sont prévus dans les conventions de rénovation urbaine soient bloqués, parfois pour des raisons techniques ou administratives, mais le plus souvent pour des raisons financières parce que le coût réel des travaux est sensiblement supérieur aux prévisions initiales, et que les plans de financement ne peuvent pas être bouclés.

Ce sont des situations absurdes, dans un contexte économique et social comme celui que nous connaissons : une partie de l’effort a déjà été réalisée mais personne n’en tire le moindre bénéfice !

En bien l’esprit de notre plan de relance, c’est de débloquer les choses, c’est de remettre du carburant là où les projets sont en panne.

Le plan de relance prévoyait déjà 200 millions d’euros de crédits de paiements supplémentaires. Je vous annonce que j’ai décidé d’aller plus loin en ouvrant à l’ANRU une dotation nouvelle de 350 millions d’euros de capacité d’engagement en 2009, afin d’abonder les subventions accordées à de tels projets.

Il y a des ministres qui sont heureux de la situation économique difficile, qui amènent à des arbitrages plus favorables que ceux qui avaient été décidés. Mais je crois que c’est ça, au fond la clé de la réussite, c’est la capacité de s’adapter à la réalité des situations que nous connaissons.

Je demande donc au président de l’ANRU de réunir un conseil d’administration exceptionnel, immédiatement, dans les tout prochains jours, pour débloquer les opérations concernées, puisqu’il a maintenant les crédits qui lui permettent de le faire.

Naturellement, nous avons fixé des principes clairs pour encadrer ce processus.

Toute opération prise en compte devra être exemplaire en termes de qualité urbaine et environnementale.

Les projets devront faciliter la mixité sociale, à la fois d’un point de vue géographique et au sein même des immeubles reconstruits.
Le complément de subvention devra être réparti de manière égale entre l’ANRU et les autres cofinanceurs locaux que sont le maître d’ouvrage lui-même et les collectivités territoriales, en particulier les régions et les départements.
Enfin, le complément de subvention de l’ANRU ne pourra être accordé que si les travaux peuvent être lancés en 2009.

Cette dotation de 350 millions d’euros - je veux le préciser - n’est pas une "substitution" qui viendrait compenser un quelconque "désengagement de l’Etat". C’est un engagement supplémentaire, qui s’ajoute aux 12 milliards d’euros prévus pour l’ANRU, qui sont financés par l’Etat et par le 1% logement.

Ça me permet de dire un mot du 1 % logement, dont la réforme est indispensable pour clarifier sa gouvernance, pour améliorer sa gestion, et pour recentrer ses emplois sur les priorités de la politique du logement.

Nous avons beaucoup progressé, et la réforme ne sera pas remise en cause. Car le logement constitue l’une des priorités des Français, et parce que l’urgence l’impose, il faut améliorer le fonctionnement du 1% logement. Nous ne pouvons pas nous permettre un manque d’efficacité.
Un euro pour la rénovation urbaine, c’est un euro utile.
Il faut continuer de construire, il faut continuer de réhabiliter les quartiers anciens, pour accroître l’offre de logements, pour réduire les tensions qui ont poussé à la hausse des prix immobiliers.

C’est une nécessité. Et le 1%, naturellement, doit y contribuer, ce qui implique qu’il recentre ses interventions.

C’est la raison pour laquelle, l’Etat a demandé au 1 % logement de participer davantage à l’ANRU en 2009 - à hauteur de 320 millions d’euros supplémentaires - et à l’Agence nationale de l’habitat - à hauteur de 480 millions d’euros.

Soyez assurés que je suis attaché au maintien d’une enveloppe suffisante pour répondre aux priorités de la politique du logement et aux engagements que nous avons pris dans le cadre du Programme national de rénovation urbaine. Il faut réaliser les opérations programmées, et non seulement il faut les réaliser mais il faut les accélérer pour qu’elles soient en même temps source de travail pour les entreprises et pour les salariés de notre pays.

A travers cette nouvelle capacité d’engagement que je viens d’annoncer devant vous de 350 millions d’euros, nous voulons parvenir à débloquer 2 milliards d’euros de travaux, dont 1 milliard peuvent, d’après les études que nous avons faites, être réalisés dès 2009. Ces 2 milliards s’ajoutent aux 3 milliards de travaux prévus en 2009, et aux 600 millions d’euros de travaux supplémentaires qui pourraient démarrer par l’accélération des programmes.

Le désenclavement des quartiers, Mesdames et Messieurs, est à Orléans, comme partout ailleurs, une attente forte des habitants. Il n’y a pas seulement les logements, il n’y a pas seulement l’organisation des quartiers, il y a le désenclavement.

A La Source, ce désenclavement est une réalité, grâce au tramway qui vous relie au centre.

Je suis heureux de voir, Monsieur le maire, que la ville d’Orléans va s’inscrire, à travers la construction de la seconde ligne de tramway et du projet d’Ecoquartier des Groues, dans le plan "villes durables" présenté par Jean-Louis Borloo.

Le projet de construction de cette seconde ligne de tramway, auquel l’Etat accorde un financement de 10 millions d’euros dans le cadre du contrat de projets, va dans le sens des objectifs du Grenelle de l’environnement. J’invite donc, Monsieur le maire, l’agglomération à présenter avant le 30 janvier 2009, un dossier de candidature pour un complément de financement dans le cadre de l’appel à projets qui a été lancé par le Gouvernement, et dont les résultats seront connus fin mars. Quant au projet d’écoquartier, il s’inscrit dans une nouvelle façon de concevoir la cité, et il recevra bien entendu notre soutien.

Rendre la ville plus belle, faciliter la mobilité ; faire des quartiers une chance de la ville et non pas une périphérie perdue ; restaurer un climat de sécurité, comme vous le faites de façon exemplaire, voilà la dynamique "Espoir Banlieues" qu’a initiée Fadela Amara, qu’elle suit d’ailleurs avec la plus grande attention sur le terrain, et que nous voulons impulser.

Cette nouvelle politique de la ville, qui mobilise 500 millions d’euros pour le désenclavement, pour les seules opérations de désenclavement, produit des résultats, elle doit être poursuivie avec la plus grande détermination.

Et puis, il y a l’accession sociale à la propriété. Nous en avons parlé tout à l’heure en parcourant le quartier de La Source.

Nous allons doubler le prêt à taux zéro 0 en 2009 pour l’achat de logements neufs.
Cela permettra à 100.000 ménages primo-accédants de réaliser leur projet d’accession en 2009, dans une période où, chacun le voit bien, les conditions d’accès au crédit sont extrêmement difficiles.

Le montant du prêt passera à 30 % du prix du logement, contre 20% aujourd’hui. Et les montants de plafonds de prix des logements seront augmentés de 35 % en moyenne.

Avec cette mesure nous répondons directement aux difficultés d’accès au crédit immobilier des ménages, en particulier ceux qui n’ont pas d’apport personnel et qui n’ont donc aucune chance de pouvoir emprunter.

Je voudrais prendre deux exemples.

Pour une famille d’Orléans, avec deux salaires, qui gagne environ 3 000 euros par mois et qui achète pour la première fois un appartement de 190.000 euros dans le centre-ville, le prêt à taux zéro doublé sera de 47.700 euros, ce qui apporte à cette famille 7 500 euros de plus pour son logement, et lui permet soit d’acheter plus grand, soit d’économiser 500 euros par an.

Je prends un deuxième exemple : une personne seule gagnant 1.200 euros par mois, avec un petit apport personnel, pourra, grâce au prêt à taux 0 doublé, emprunter 84.000 euros sur 26 ans, et donc acheter soit une surface plus importante, soit réduire la part de ses dépenses de logement dans ses revenus globaux.

Cette mesure sera également très efficace pour ceux qui veulent construire une maison.

L’impact pour l’activité est là encore, absolument majeur : nous soutenons ainsi directement l’achat et la construction de 100.000 logements neufs en 2009 qui n’auraient sans doute pas été acquis, ni construits, compte tenu des conditions du crédit, compte tenu des conditions du marché, sans une telle aide.

Mesdames et Messieurs, c’est avec des réponses directes et avec des réponses pragmatiques que nous pourrons surmonter cette crise.

Nous avons décidé dans cet esprit d’étendre le Pass Foncier. Nous voulons favoriser ainsi l’accession sociale à la propriété de 30.000 ménages supplémentaires. Le Pass Foncier avait été mis en place pour les maisons individuelles. Dès 2009, il bénéficiera aussi à l’achat d’un appartement. Ce sera une des mesures de la loi de "mobilisation pour le logement", que Christine Boutin a présentée au Conseil des ministres, qui l’a adoptée, et qui va bientôt être débattue par le Parlement.

Nous allons inciter les collectivités locales à proposer ce dispositif aux ménages modestes. D’abord en diminuant la contribution obligatoire des communes. Ensuite, en versant 50 millions d’euros supplémentaires de subventions aux collectivités qui s’engagent dans ce dispositif. Cette enveloppe sera inscrite dans la loi de finances rectificatives qui sera votée par le Parlement au début de 2009.

Au-delà de toutes ces mesures, nous mobilisons tout un ensemble de dispositifs qui vont tous dans la même direction.

Nous mettons en place un fonds exceptionnel de 200 millions d’euros géré par l’Agence Nationale de l’Habitat, pour financer les travaux de rénovation des ménages modestes et la résorption de l’habitat indigne.

En matière de lutte contre l’exclusion, nous avons décidé d’affecter 160 millions d’euros supplémentaires pour l’hébergement et pour la réalisation des structures d’accueil spécifiques, ou pour améliorer les structures existantes et développer de nouvelles formes d’accueil.

Enfin, partout où c’est possible, nous simplifions, nous accélérons les procédures, pour débloquer les situations figées et pour donner toutes ses chances à la relance. Je l’ai dit, nous allons alléger les règles des marchés publics, notamment en nous alignant sur les seuils prévus par le droit communautaire. Au fond, pourquoi est-ce qu’il y a une différence entre les marchés publics en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Hollande ? Franchement, ceux qui critiquent cette mesure ont des élus locaux une piètre opinion, qui n’est pas la mienne et à laquelle je ne m’associe pas.

Nous allons simplifier le droit de l’urbanisme pour faciliter l’accélération de la construction de logements. Nous allons proroger d’un an tous les permis de construire pour donner une nouvelle chance à des opérations qui auraient tardé et qui ne seraient pas aujourd’hui réalisables.

Nous allons prendre de nouvelles mesures pour lutter contre l’étalement urbain.

Enfin, nous allons alléger la réglementation des installations classées, pour mieux concilier la protection de l’environnement et la nécessité de ne pas freiner inutilement les investissements des entreprises. Pour cela, nous avons décidé d’anticiper les réformes qui étaient prévues dans la loi sur le Grenelle II, et de les faire figurer dans le projet de loi prévu pour modifier le code des marchés publics, qui sera présenté au Parlement dès le 6 janvier prochain.

Voilà, mesdames et messieurs, l’un des pans essentiels du plan de relance qu’avec le président de la République nous avons décidé d’engager.
L’ensemble de programmes que je vous ai présentés représente un effort exceptionnel, un surcroît de ressources et non pas une « compensation » d’une baisse qui aurait été programmée.
Et je voudrais sur ce sujet être précis, parce que j’ai entendu beaucoup d’approximations et beaucoup de fables sur notre politique du logement.
Le budget du logement défendu dans le cadre du PLF 2009 n’était pas prévu pour être en baisse en 2009, comme je l’ai si souvent entendu dire.

Je voudrais donner des chiffres précis.
En 2000, l’effort de la Nation en faveur du logement était de 28,34 milliards d’euros.
En 2008, il était de 32,27 milliards.
En 2009, hors plan de relance que je viens d’annoncer, il sera de 34,3 milliards d’euros, soit, mesdames et messieurs, une augmentation de 21 % en dix ans, et de près de 7 % entre 2008 et 2009.
Si on ajoute le plan de relance et les chiffres que je viens d’évoquer, c’est 1,8 milliard d’euros en plus ! L’effort que la Nation consacrera au logement, en 2009, représente plus de 2 % du PIB. Voilà la réalité de la politique du logement que conduit Christine Boutin et que nous sommes fiers de présenter aujourd’hui devant vous.

Voilà, mesdames et messieurs, en venant à Orléans, monsieur le Maire, je voulais partager avec vous cette détermination gouvernementale.

Vous dire que cette crise nous place dans des circonstances exceptionnelles.
Face à ces circonstances exceptionnelles, nous avons le devoir d’agir, d’agir avec pragmatisme, mais d’agir avec le sens de l’intérêt général.

J’ai déjà eu l’occasion de dire combien il aurait été dommageable pour notre pays de s’engager dans une seule relance pour la consommation, qui n’aurait abouti qu’à diminuer la compétitivité de l’économie française et à faire en sorte que, au sortir de la crise, cette économie continue de détruire des emplois quand les autres recommenceront à en mettre en œuvre.

Nous devons avoir le souci permanent d’investir pour soutenir les entreprises, pour soutenir les emplois, pour soutenir le pouvoir d’achat des Français, mais avec la détermination d’améliorer à terme notre compétitivité et la vie de nos concitoyens.

Et en réalisant des infrastructures nouvelles, en investissant dans nos universités, en investissant dans le logement, en investissant dans les infrastructures de transport qui désenclaveront les quartiers, nous allons faire les deux, nous allons relancer l’économie, nous allons créer des emplois et en même temps, nous allons améliorer la compétitivité de notre pays, et les conditions de vie sur le territoire national.
C’est notre responsabilité.

Je voudrais vous dire pour finir que dans ces circonstances difficiles, nous essayons, avec le président de la République, avec le Gouvernement, d’agir avec la plus grande honnêteté et d’agir avec le plus grand sang-froid.
Il n’y aurait rien de pire pour notre pays que de prendre des décisions hâtives, des décisions à courte vue, des décisions à court terme, des décisions pour régler le problème du moment, sans se préoccuper de l’avenir de notre pays. Nous savons que nous devons réduire notre dette, nous savons que nous devons réduire, à terme, nos dépenses publiques pour donner plus d’efficacité et de compétitivité à l’économie française. Eh bien, ce sont tous ces buts que nous poursuivons en même temps dans une crise qui n’est pas facile, mais qui est un nouveau défi pour notre pays
à relever.

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Publié par Francois Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

Busson/Trans-vidéo72 17/12/2008 09:09

Bonjour François,Voila deux choses qui me chiffonne La première c'est d'avoir retirer la pub sur les chaines publics grave erreure car c'est en définitif monsieur tout le monde qui paiera par le biais des fournisseurs d'accès qui vont s'empresser d'augmenter leur tarifs pour ne pas baisser leur big margesLa Deuxième: l'ouverture des magasins le Dimancheje suis un petit magasin du centre ville du Mans dans (ton département cher François) et je ne pourrais jamais suivre la grande distribution sur ce terrain et nous sommes tous concerné par ce décret qui va favoriser la grande distibution périphérique au détriment des petits magasin des centre villesSur ces deux sujet je vois que ton choix à été vite fait entre nous les petits magasin et les gros qui n'apporte rien a la nation car je sais comment cela fonctionne j'ai moi meme été dans cette grande distributionJ'aimerais cher François que tu passes me voir au centre ville du Mans pour en discuter de vive voixEspérant que tu prendras connaissance de ce message....M.Busson Trans-Vidéo72 Le Mans

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