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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 01:10
Le 15 janvier 2009, François Fillon a présenté ses voeux à la presse, à Matignon, en prononçant le discours suivant.

Mesdames et messieurs les journalistes, Madame,

J’ai été très sensible aux vœux personnels que vous venez de m’adresser et je m’empresse de les mettre au bénéfice de notre pays parce qu’un Premier ministre n’est véritablement heureux que si la France l’est aussi. Depuis 18 mois, je vis au rythme d’une charge qui laisse peu de place aux félicités de la vie. Je ne m’en plains pas. Je fais mon devoir.

J’ai mesuré le tact subtil qui était le vôtre dans l’évocation de mon exposition médiatique que vous jugez trop parcimonieuse. Vous regrettez de ne pas m’entendre et de ne pas me voir plus fréquemment... Je prends cela pour un compliment !

Vous me peignez sous les traits d’un "romantique ombrageux". Avec ce portait flatteur, je pense que je peux bien rester encore quelques temps en fonction. L’année dernière, vous me donniez quelques mois de sursis ; aujourd’hui il est plus sage, si toutefois la sagesse est une vertu compatible avec votre métier, de laisser l’avenir et les circonstances politiques en décider. Quoi qu’il en soit, je veux vous dire que j’ai été touché par les mots affectueux que vous avez prononcés, et je vous adresse en retour, à vous même comme à tous les journalistes ici présents, une très bonne année 2009. Cela va être une année riche pour vous comme pour nous.

Votre rôle d’observateur, de décrypteur, d’éclaireur sera, plus que jamais, mis à l’épreuve puisque nous sommes dans des moments où des mutations très profondes sont en train de se dessiner. Avec l’élection présidentielle, la politique et le contenu du débat public avaient déjà changé, faisant sauter au passage une bonne partie des anciennes grilles de lecture.

Et, dans la foulée, la société française, elle aussi, a commencé à changer. Des valeurs qui étaient autrefois négligées sont revenues en force, des réformes qui étaient considérées comme impossibles ont été engagées sans difficultés majeures. Je crois que tout ceci est le signe d’une transformation profonde.

Mais la crise que nous sommes en train d’affronter va occasionner une nouvelle configuration politique, intellectuelle et morale.

Cette crise mondiale, qui a surgi des Etats-Unis, je dois avouer que nous ne l’avions pas prévue lorsque, avec Nicolas Sarkozy, nous élaborions le projet politique que les Français ont choisi. Est-ce qu’elle vient pour autant contrarier notre diagnostic et remettre en cause notre projet ? Ma réponse est catégorique : "non" !

Bien entendu, certains de nos objectifs sont bousculés par la violence de la crise, en particulier ceux du plein emploi et ceux du rééquilibrage des comptes en 2012. Mais je pense que les Français sont suffisamment clairvoyants et sages pour entendre et pour comprendre cette vérité.

Le cap, qui est celui que le chef de l’Etat a choisi et que le Gouvernement met en oeuvre est bon, et dès le retournement de la conjoncture, je crois à notre capacité de rebond ; je crois même qu’elle pourrait surprendre les plus sceptiques d’entre-nous. Entre ce que nous avons réalisé depuis 18 mois en faveur du travail, en faveur de la recherche, en faveur de l’innovation et ce que nous allons faire avec le plan de relance, il y a un potentiel de croissance qui se révèlera avec beaucoup de force.

Avant la crise, la France devait impérativement se réformer pour améliorer sa compétitivité, pour sécuriser son modèle social ; dans la crise la France doit continuer de se transformer. L’esprit de la réforme, l’esprit de l’effort, du changement est plus légitime que jamais. Et le volontarisme politique l’est tout autant.

J’ai bien vu, la semaine dernière, que certains peignaient le président de la République sous les traits de Bonaparte. Je veux dire que cette caricature grinçante est injuste et totalement déplacée. Le temps n’est pas à l’inauguration des chrysanthèmes, et d’ailleurs, si c’était le cas, vous seriez les premiers, naturellement, à vous en offusquer. Et vous auriez parfaitement raison ! Le volontarisme ne saurait être assimilé à je ne sais quel autoritarisme, dont d’ailleurs toute l’action du Gouvernement depuis dix-huit mois démontre le contraire.

Le président de la République et le Gouvernement sont à l’origine du plus conséquent rééquilibrage des pouvoirs en faveur du Parlement depuis le début de la Ve République. L’opposition préside déjà la plus importante commission de l’Assemblée nationale. Jamais les partenaires sociaux n’ont été autant sollicités que ces dix-huit derniers mois. Quant à la réforme de la procédure pénale, elle a précisément pour but de dissiper des pratiques, jugées souvent arbitraires, du système inquisitoire, pratiques - vous me permettrez cette remarque et j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur - que vous n’êtes pas les derniers à dénoncer quand elles vous choquent, à juste titre, comme la garde à vue récente d’un des vôtres. Ce mauvais procès fait aux prétendues atteintes aux libertés publiques, je vous le dis, est tout simplement ridicule et vaudra à ses auteurs un jugement assez ironique de l’histoire. La France a besoin d’être présidée ; elle a besoin d’être gouvernée, elle l’est ! Et voila tout.

C’est vrai que la situation de notre pays exige non seulement de l’audace et de l’autorité, mais aussi, en raison de la fragilité que la crise crée dans la société française, une très grande écoute. La crise bouscule notre société.
Je ressens bien que nos concitoyens sont à la fois inquiets, mais en même temps, je trouve qu’ils sont lucides et qu’ils sont responsables. Il faut donc continuer à avancer avec résolution parce que le statu quo serait le plus sûr moyen d’être étouffé par la crise et en même temps d’être méprisé par l’opinion.

Le Gouvernement à un cap. Il doit être réactif et en même temps, il doit être mobile. Il doit savoir éviter les crispations et les tensions. Il y a des sujets, il y a des moments où le rythme de l’action gagne à créer des espaces de respiration et des espaces d’explication.

C’est le cas pour la réforme du Lycée, qui a besoin d’être débattue, qui a besoin d’être éclairée pour être mieux réalisée. Et c’est le cas en règle générale pour la jeunesse qui, à juste titre, est la première inquiète des conséquences de la crise parce que c’est la première qui est frappée par les portes qui se ferment du fait du ralentissement de l’économie. Il ne faut pas de démagogie en la matière, mais il faut des solutions pour l’emploi, pour la formation, pour la lutte contre la précarité des jeunes, pour l’autonomie.

Cette crise ne doit pas nous conduire à ralentir notre effort de modernisation de la société française. La relance économique sans les réformes structurelles conduirait à augmenter la dette sans nous donner les moyens de la rembourser lorsque la crise serait passée. Ce serait un comportement irresponsable. Ce n’est naturellement pas celui que nous avons choisi.

Nous allons donc poursuivre sans changer de rythme notre programme de réforme :

Dès que la loi organique aura été votée par le Parlement, nous allons soumettre à l’Assemblée et au Sénat une réforme ambitieuse du logement, la réforme de l’hôpital, dont les récents évènements ont montré à quel point elle était nécessaire.
Puis ce sera au tour de la proposition de loi sur le commerce le dimanche, le projet de loi relatif à l’outre mer, la loi de programmation militaire, la loi pénitentiaire, la loi d’orientation et de programmation sur la sécurité intérieure, le Grenelle 2, le projet relatif à la formation professionnelle, qui reprendra, naturellement, largement les éléments de l’accord des partenaires sociaux, en tout cas celui qu’ils sont en train de construire. Et, à l’été ou au début de l’automne, si la commission présidée par Edouard Balladur trouve le chemin étroit de cette réforme des collectivités territoriales, un projet de loi sur la modernisation de l’organisation du territoire. Dans le courant de cette année, la réforme constitutionnelle va entrer pleinement en vigueur, et alors vous pourrez, chacun d’entre vous, vous apercevoir que cette réforme, que certains jugeaient cosmétique, modifiera profondément les relations et les équilibres entre le Gouvernement et le Parlement.

La maîtrise partagée de l’ordre du jour va conduire à une négociation permanente entre l’exécutif et le législatif, que l’on a plus connue dans notre pays depuis très longtemps. La discussion des textes issus des débats en commission, lesquels débats en commission auront duré beaucoup plus longtemps que précédemment puisque désormais il y a des délais incompressibles pour l’examen des textes, c’est-à-dire que les procédures d’urgence vont quasiment disparaître, cela veut dire moins de textes de loi et cela veut dire naturellement beaucoup plus de force et de poids pour les commissions parlementaires qui défendront en séances leur texte et non pas celui initial du Gouvernement.

Dans l’élaboration des projets de loi, dans les nominations, dans l’exercice de notre politique étrangère, c’est une nouvelle façon de travailler qui va s’instaurer. Je suis convaincu que lorsqu’on assistera au premier débat public sur les nominations aux hautes responsabilités de l’Etat, on verra tout de suite à quel point les procédures vont se transformer. Ce sera très difficile de choisir quelqu’un qui ne sera pas capable de passer l’épreuve de l’oral devant les parlementaires, et à travers les parlementaires, devant l’opinion publique. Dans cette reconfiguration institutionnelle, il me reviendra plus que jamais d’assumer la responsabilité du Gouvernement devant le Parlement.

Cet état de crise, mesdames et messieurs, je pense qu’il élève le seuil de notre responsabilité politique.

Nous avons un devoir d’exemplarité et de solidité. La force et la complémentarité de l’exécutif ne faisant désormais plus de doute pour personne, j’entends, plus que jamais, assurer, sous l’autorité du Président, la cohérence absolue du Gouvernement. Je suis fier de l’équipe que je conduis. Dans les circonstances actuelles, elle devra donner le meilleur d’elle-même, et donc il ne pourra y avoir de place pour les improvisations des uns ou pour les états d’âme des autres.

L’unité de la majorité devra, pour sa part, être notre exigence permanente. Comme vous l’avez indiqué Madame, les Français ne supporteraient pas les "bisbilles" inutiles et les divisions internes. Cette unité de la majorité, elle doit être équilibrée par notre volonté d’ouverture, qui est une façon utile en temps de crise de tempérer et de rassembler la société française. Je ne parle pas seulement ici de l’ouverture au sein du Gouvernement, mais de notre volonté de solliciter les compétences de personnalités extérieures, comme le Président de la République vient de le faire en désignant Marin Karmitz pour piloter le Conseil pour la création artistique ou Richard Descoings pour la réforme des lycées.

Je crois, et ce n’est pas la première fois que je le dis devant vous, qu’au-delà des clivages, nous devrons constamment rechercher le rassemblement des Français, et je suis convaincu que nos concitoyens y sont beaucoup plus sensibles que certains voudraient le croire. Certes, il existe dans le pays, et c’est naturel, particulièrement dans le climat de crise que nous rencontrons, une somme de revendications, parfois une expression de colère, mais je suis sûr qu’il y a majoritairement une gravité et un bons sens qui transcendent les étiquettes partisanes.

Ce rassemblement, nous devons le faire concrètement, en sollicitant tous les talents, en continuant de miser sur la responsabilité des partenaires sociaux, en respectant l’opposition, c’est-à-dire en lui répondant sur le fond. Je pense qu’en temps de crise, l’opposition a aussi des devoirs, et ceux-ci ne peuvent pas se limiter à mettre de l’huile sur le feu.

Le regard que les Français portent sur nous est très exigeant. La vie ordinaire de nos concitoyens n’a rien à voir avec les success stories. Nous avons, à leur égard, un devoir d’authenticité et de vérité. Je vais reprendre une expression que j’affectionne : "nous ne sommes pas des vedettes, nous ne sommes pas des stars, nous sommes des Français comme les autres", qui ont simplement reçu, pour cinq ans, la mission de conduire notre pays.

Nous avons le devoir d’agir en fonction des réalités. Nous avons un devoir d’humilité. Et nous avons aussi le devoir d’élargir les horizons de notre avenir, parce qu’il faut absolument chasser cette très dangereuse tentation de repli et de frilosité qui frappe naturellement tout pays en situation de crise. Vous l’avez rappelé, au printemps, un rendez vous politique majeur nous attend : c’est celui des élections européennes.

Je forme le vœu que cette élection soit, pour une fois, l’occasion de débattre réellement des grands enjeux européens et de réconcilier nos concitoyens avec la cause de l’Europe, et je pense qu’en ce début d’année, on peut dire que tous les espoirs sont permis...

Les six mois de la Présidence française de l’Union européenne ont permis de redonner ses lettres de noblesse à l’Europe politique. Et à cette occasion, Nicolas Sarkozy a démontré que l’intérêt national pouvait parfaitement se confondre avec l’intérêt européen. C’est cette Europe-là que la majorité a vocation à promouvoir lors de la campagne électorale de juin prochain.

Enfin, sur le plan économique et social, deux objectifs majeurs vont commander toute notre énergie.

Il faudra assurer une exécution rapide et intégrale du plan relance.

Ce plan de relance - contrairement à ce que j’entends dire parfois - est l’un des plus conséquents d’Europe. Il comporte des mesures puissantes en faveur de la consommation. Les baisses d’impôts de l’été 2007, qui ont donné leur plein effet en 2008, expliquent pour une part la bonne tenue de la consommation par rapport aux autres pays européens. La prime à la casse qui s’ajoute au Bonus pour l’achat de véhicules propres, l’anticipation du revenu de solidarité active et la hausse des minima sociaux y participent. Il comporte des outils puissants pour maîtriser les restructurations industrielles, que la crise va immanquablement accélérer, et notamment le Fonds stratégique. Et enfin, il permet d’injecter sans délai les ressources financières dont l’économie a besoin pour éviter une rétractation meurtrière pour l’emploi.

Il sera, bien entendu, adapté en permanence aux circonstances, et notamment avec des mesures sectorielles qui seront déclinées au fur et à mesure des prochaines semaines, comme celles que nous sommes en train de préparer pour le secteur l’automobile, qui comportera, comme je l’ai dit plusieurs fois, des aides massives, pour un secteur qui représente une part très importante de l’économie française. Je mettrai tout en œuvre pour que les décisions et les projets ne s’ensablent pas, et dans cet esprit, chaque semaine, je réunirai les principaux ministres pour faire le point sur l’avancée de ce plan.

Ce plan de relance ciblé sur l’investissement et la modernisation du pays, est adapté à la situation, il est responsable. Il s’agit, au fond, pour notre pays, de sortir plus fort de l’épreuve de la crise que lorsque nous y avons été plongés. Toutes les crises économiques ont rebattu les cartes. A la fin de chaque grande crise économique, il y a eu des pays perdants et des pays gagnants, et au fond, tout l’enjeu pour nous aujourd’hui, c’est de savoir dans quelle catégorie on sera à la sortie. Naturellement, nous avons fait notre choix.

Combien de temps durera la crise ? A cette heure, aucun expert n’est en mesure de nous le dire. La vérité, c’est qu’ils oscillent entre une année et trois années. Mon sentiment - mais ce n’est qu’un sentiment -, c’est que l’effet de masse des différents plans de relance - et nous attendons naturellement avec impatience que le plan américain soit mis complètement en œuvre, et nous sommes heureux de voir que, finalement, un plan de relance a été décidé en Allemagne, qui va venir ajouter sa puissance au plan britannique, au plan français, aux plans des autres pays européens - mon sentiment, c’est donc que l’effet de masse des différents plans de relance ne sera effectif qu’a l’été prochain. Et c’est donc à cette date que nous pourrons réellement sentir l’évolution du paysage.

Enfin, le deuxième objectif, c’est la bataille que nous allons devoir mener contre le chômage.

L’année sera difficile, je ne le cache pas. Dès l’été, nous aurons achevé la fusion de l’ANPE et de l’Unedic. Nous aurons donc cet instrument qui nous manquait tellement par le passé pour mieux accompagner les demandeurs d’emploi.

Nous aurons à assurer la mise en œuvre de la convention d’assurance chômage ; nous aurons à assurer la transposition de l’accord sur la formation professionnelle, qui est l’un des principaux outils pour mettre en œuvre ce que l’on appelle la "flexsécurité", c’est-à-dire tous les instruments permettant de faire en sorte que les interruptions dans un parcours professionnel soient utilisées à améliorer la formation. Nous aurons à mettre en place le contrat de transition professionnelle et la convention de reclassement professionnel.

La crise nous somme d’aller plus loin et d’amplifier notre réflexion sur la flexibilité et la sécurité des parcours professionnels. Je veux vous dire qu’aucune idée ne sera a priori écartée et qu’aucun tabou ne devra nous dissuader.

Enfin, plus que jamais, le dialogue social se devra d’être permanent. Dans la crise, il y a des espaces de consensus pour innover. On le voit d’ailleurs avec la capacité qu’ont les partenaires sociaux, sinon à se mettre d’accord unanimement, mais au moins à dégager les voies d’accord sur des sujets aussi fondamentaux que l’assurance chômage ou la formation professionnelle. Dans quelques semaines, les partenaires sociaux seront reçus par le président de la République et moi-même pour établir l’agenda social de l’année.

Enfin, mesdames et messieurs, cette année 2009 devra être celle de la refondation de la mondialisation. Ou bien la communauté internationale se montre à la hauteur de ses devoirs, ou alors nous allons entrer dans un cycle historique qui sera terriblement périlleux. Les suites de la réunion de Washington ne devront pas rester sans applications.

Lors du sommet de Londres du 2 avril prochain, il va falloir adopter des mesures très concrètes : la soumission des activités de crédit aux réglementations qui ont été définies à Bâle, la régulation des hedge funds, l’encadrement de la titrisation, la régulation des agences de notation et des pratiques de rémunération... Et puis, il faudra, pour que ces mesures ne soient pas contournées, mettre un terme aux paradis fiscaux, c’est-à-dire les soumettre aux mêmes règles que l’ensemble des places financières, ainsi qu’à des règles communes de coopération fiscale.

Au fond, la position que défend la France depuis plusieurs mois est extrêmement claire : aucune entreprise, aucune institution, aucun agent économique, aucun acteur du marché ne saurait se soustraire à la régulation ou à la supervision et faire peser un risque irresponsable sur l’ensemble de la collectivité.


Autre rendez vous crucial : c’est le sommet de Copenhague sur le climat, en décembre 2009. C’est un sommet décisif où il est interdit d’échouer. L’Europe a adopté la règle des trois fois 20, 20% d’émissions de gaz à effets de serre en moins, 20 % de réduction de consommation d’énergie et 20 % d’énergies alternatives en plus. Elle n’entend pas porter seule l’effort contre le réchauffement climatique. Nous nous attendons donc, et nous nous préparons à des négociations très intenses avec les Etats-Unis et avec les nouveaux pays émergents.
Sur ces deux sujets, comme sur ceux de la crise économique, du Proche-Orient ou de l’Iran, naturellement, l’arrivée d’un nouveau Président américain va être - en tout cas, c’est ce que je souhaite et c’est ce que j’espère - l’occasion de redistribuer les cartes brouillées du monde.

Voilà, mesdames et messieurs, les réflexions que je voulais partager avec vous en ce début d’année.

Naturellement, je comprend bien que ces quelques mots n’ont pas dû épuiser votre curiosité insatiable, et vous vous posez sans doute quelques questions. Je ne vais pas recommencer ce que j’avais fait l’an passé, cette auto conférence de presse, mais je voudrais quand même répondre à deux ou trois questions que vous m’avez le plus souvent posées ces dernières semaines.

D’abord, y aura t il un coup de pouce au Livret A ? Non.

Nous suivrons scrupuleusement les recommandations du gouverneur de la Banque de France. Les taux d’intérêts reculent. L’inflation baisse. Ce sont de très bonnes nouvelles pour l’économie française et pour les Français eux-mêmes qui vont pouvoir acheter moins cher et emprunter moins cher. Mais cela signifie aussi que le livret A doit baisser, notamment pour ne pas rendre insupportable le financement du logement social et pour maintenir constant l’avantage financier que le Livret A garantit aux épargnants. Le gouverneur de la banque de France vient de recommander de porter le taux du livret A à 2,5 %. Nous suivrons scrupuleusement sa recommandation et nous avons décidé de ne pas nous en tenir à un seul ou à deux rendez-vous annuels, comme c’était jusqu’à maintenant le cas, mais nous avons décidé de réexaminer le sujet en fonction des évolutions de l’inflation à chaque fois que cela sera nécessaire.

"Deuxième question : à quand le remaniement ?" C’est fait !

"Alors, à quand le grand remaniement ?". Lorsque les circonstances, aux yeux du Président, l’exigeront, et lorsque vous vous y attendrez le moins.

En attendant, je voudrais formuler un souhait qui vaut pour mon Gouvernement, et peut-être pour vous. Que 2009 soit une année créative. Sortons des sentiers battus. Défrichons ! Innovons ! Essayons d’imaginer la France de l’après crise. Ne nous laissons pas entraîner par le conservatisme qui, sous prétexte d’éviter les risques de la nouveauté, nous condamne immanquablement à subir les défauts de l’existant.


Soyons donc, chacun à notre place, réceptifs aux idées nouvelles.

Je crois que c’est un projet qui peut être partagé par tous, dans le respect de l’indépendance de chacun. Parce que même si les idées sont déroutantes, même si elles bousculent les habitudes, il faut les explorer plutôt que d’en avoir peur.

Ceux qui les rejettent, sans même prendre le temps de réfléchir, se condamnent éternellement à être en retard d’une guerre. Alors que le monde qui, lui, est en perpétuel mouvement n’a que faire des lignes Maginot.

Que 2009 soit donc une année créative. Et qu’elle vous apporte à tous, personnellement et aux entreprises, si importantes pour la démocratie, que vous représentez, beaucoup de bonheur et beaucoup de réussite.

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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