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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 15:29

François Fillon, Premier ministre, rencontre le Secrétaire général des nations unies Ban Ki-moon (version en vidéo et version écrite intégrale) le vendredi 3 avril 09

Monsieur le Secrétaire général des Nations unies
Mesdames et Messieurs
Je voudrais d’abord vous souhaiter la bienvenue et vous dire que c’est un honneur pour Paris et pour la France d’accueillir la rencontre semestrielle des chefs d’agence des organisations du système des Nations unies. Cette réunion intervient au lendemain du G20 de Londres dont nous venons longuement de parler avec Monsieur Ban KI-MOON et qui marque notre volonté de répondre à la plus grave crise depuis près d’un siècle, cette crise qui ne frappe pas seulement de plein fouet le système économique et financier ; c’est aussi un coup de tonnerre dans le ciel tourmenté mais pourtant prometteur de la mondialisation.
Est-ce que nous allons être capables de repenser le système ?
Est-ce que nous allons être capables d’agir ensemble ?
Est-ce que nous allons être capables de faire de cette épreuve un tremplin pour poser les bases d’une coopération internationale renouvelée ?
Face au scepticisme, face à l’inquiétude légitime des peuples, face aux tentions de repli sur soi, aux tentions protectionnistes, voilà les questions Monsieur le Secrétaire général, qui se posent à nous.
Il y a quelques semaines, il y a même encore seulement quelques heures, beaucoup d’observateurs doutaient de la pertinence du sommet de Londres et en tout cas de ses chances de succès. Aujourd’hui chacun souligne ses avancées. Je crois qu’ensemble nous avons délivré un message d’action et de coordination international sur la relance de l’économie mondiale. Nous avons défini une orientation claire en matière de régulation financière internationale ; aucun acteur, aucun produit, aucun marché d’importance systémique ne pourra plus à terme échapper à la surveillance ou à la supervision et en particulier vous savez combien nous y étions attachés, les centres offshores et les paradis fiscaux ; nous avons en même temps marqué notre refus du protectionnisme ; enfin nous avons marqué notre volonté de solidarité envers les pays en développement et en la matière il y a eu des avancées majeures : l’augmentation, Monsieur STRAUSS-KAHN, massive, des moyens du Fonds monétaire international ; l’augmentation de cent milliards de dollars des prêts des banques de développement y compris vers les pays les plus pauvres et le lancement d’une initiative internationale pour le financement du commerce mondial.
Mesdames et Messieurs, la période que nous vivons constitue à mes yeux la seconde grande césure de ce début de 21e siècle, la première a déjà vingt ans : avec la chute du mur de Berlin, nous avons connu une transformation politique et idéologique majeure ; cette transformation a ouvert un processus d’unification du monde fondé sur l’économie de marché, sur l’extension de la démocratie, sur l’explosion des technologies de l’information et de la communication. Cette unification, Monsieur le Secrétaire général, est allée de paire avec l’affirmation du respect du droit international et d’une éthique universelle dont vous êtes le garant.
Aujourd’hui et c’est la seconde césure, nous connaissons la première crise globale de cette mondialisation. Les événements actuels confirment l’analyse déjà ancienne de la France à l’égard du système international, la mondialisation doit être mieux régulée, elle doit être mieux équilibrée, elle doit être plus équitable. Et dans ce cadre, les Nations unies et leurs agences jouent évidemment un rôle fondamental, le rôle de premier plan.
Quelle est l’ambition française ?
D’abord que les objectifs du millénaire pour le développement soient atteints ; la réalisation de ces objectifs est nécessaire en elle-même, c’est une question de dignité, mais elle l’est aussi parce que le développement de l’économie mondiale n’est plus dissociable  du développement  global de l’humanité. Nous devons poursuivre les efforts de réduction de la pauvreté face à l’urgence d’abord, grâce à la réactivité du programme alimentaire mondial ou du Haut commissariat pour les réfugiés, mais aussi dans la durée – la conférence de Doha de novembre 2008 a été une étape très importante pour consolider les engagements passés et pour encourager de nouvelles sources de financement du développement – il faudra aussi renforcer notre action pour une plus grande efficacité de l’aide.
Nous devons ensuite maintenir la dynamique de négociation sur le climat et être prêts à aboutir à un accord solide en décembre prochain à Copenhague. C’est évidemment la perspective de cet accord qui a été le principal moteur de la conclusion de l’accord ambitieux qui a été négocié par l’ensemble des pays européens en décembre dernier ; votre appel, Monsieur le Secrétaire général, en faveur d’un new deal écologique a recueilli un très large écho et tout particulièrement dans notre pays.
Enfin les Nations unies doivent aussi accompagner l’indispensable réorganisation du système financier international engagée avec le G20 ; vos agences, Mesdames et Messieurs, disposent d’une compétence technique mais aussi d’une grande légitimité qui justifie leur implication  sur ce sujet. Je souhaite que la réunion le 27 avril prochain du Conseil économique et social des Nations unies, qui associera les institutions de Bretton woods, la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement et l’OMC, permette l’émergence d’un consensus sur une nouvelle gouvernance économique mondiale.
Mais pour que le débat soit utile et fructueux, nous devons aussi renforcer – et c’est je le sais, l’un des objets de votre réunion – l’efficacité du système multilatéral. Si  les formats comme le G8 ont vocation à s’élargir en G14 ou en G20, se sont développés, c’est parce qu’ils répondent mieux que d’autres à l’exigence de réactivité. Il faut donc réfléchir à la manière de combiner l’action de ces groupes et la légitimité et l’universalité que vous incarnez. Nous devons y parvenir sans créer de nouvelles structures bureaucratiques. La rationalisation de la gouvernance dans le domaine de l’environnement ou dans le domaine de la santé est impérative, les expériences de coordination entre les institutions spécialisées de l’ONU qui existent aujourd’hui, doivent être poursuivies et amplifiées.
Je tiens aussi à saluer le partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire lancé par la France lors de la Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui s’est tenue à Rome ; c’est un exemple de mobilisation générale et rapide coordonnée par les Nations unies.
Enfin Mesdames et Messieurs, la France reste convaincue – et nous en avons longuement parlé avec le Secrétaire général – que la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies est essentielle ; il faut le rendre plus représentatif du monde d’aujourd’hui, il n’en sera alors que plus légitime et plus efficace pour traiter  les grands enjeux de notre siècle.
L’assemblée générale des Nations unies vient de lancer des négociations pour faire avancer cette réforme, c’est une excellente initiative ; il ne faut pas craindre les débats ; il ne faut pas craindre de se libérer du statu quo. Je sais que nous devrons surmonter des blocages, ceux-là même que nous avons connus par le passé ; cela nécessitera un engagement politique des Etats membres au plus haut niveau. Il faudra aussi faire preuve de pragmatisme et d’imagination et dans cet esprit, la France et le Royaume Uni ont proposé lors du sommet franco-britannique de mars dernier la mise en place d’une réforme intérimaire qui est sans doute la solution pour arriver à l’objectif que nous poursuivons.
Mesdames et Messieurs, au-delà de la crise actuelle, nous sentons tous que nous sommes en train d’assister à une recomposition marquée par de nouveaux défis, défis en matière de sécurité, défis en matière économique, défis en matière écologique et défis en matière sociale. La plupart de ces défis ne peuvent plus être traités efficacement qu’au niveau international. Plus que jamais nos nations doivent être animées par une conscience et par une responsabilité universelle. Nous avons besoin d’une volonté collective, d’une volonté politique et au cœur de cette volonté, c’est le sort de la condition humaine qui doit guider nos pensées et nos actes.
Monsieur le Secrétaire général, votre tâche est élevée, elle est exigeante mais vous savez que vous pouvez compter sur la France et j’ai la certitude que l’enceinte de l’UNESCO va offrir à vos débats l’inspiration nécessaire à la réussite de vos travaux pour laquelle tous mes vœux et à travers mes vœux, ceux du peuple français tout entier  vous accompagnent.

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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