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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 14:53

François Fillon, Premier ministre, fait le point sur la situation économique (version vidéo et version écrite intégrale) à l'occasion d'un déplacement à Chaumont le vendredi 17 avril 09

Monsieur le ministre, mon cher Luc, mesdames et messieurs. Je voudrais, d’abord, remercier Luc CHATEL, le remercier pour son accueil, le remercier pour les propos qu’il vient de tenir mais le remercier, surtout, pour l’action qui est la sienne au gouvernement. Je ne vais pas donner les bons points et les mauvais points. Je vais simplement dire que Luc est un ministre extrêmement efficace, extrêmement travailleur, qui a déjà à son actif des réussites exceptionnelles, comme le Plan automobile extrêmement difficile à mettre en œuvre, qui suit l’industrie de  notre pays avec beaucoup d’imagination et avec beaucoup de volonté et qui a accomplit, en même temps, la tâche si difficile d’être le porte-parole du gouvernement. Je suis heureux de le voir, ici chez lui, à Chaumont. Je disais tout à l’heure aux salariés des Forges de Bologne avec lesquels nous discutions, qu’il me rappelait le jeune maire que j’étais il y a longtemps à Sablé-sur-Sarthe, faisant visiter sa ville en expliquant, naturellement, que c’était la plus belle du monde et vivant avec son regard et son cœur les projets d’avenir et les projets de développement. Permettez-moi de saluer tous les élus qui sont présents ici, Monsieur le président du Conseil régional, Monsieur le président du Conseil général, l’ensemble des élus, et dire un petit mot particulier à mon ami François CORNUT-GENTILLE, auquel me lie une longue histoire, une longue amitié, beaucoup de combats conduits ensemble, pas toujours gagnés mais, enfin, les combats perdus, parfois, forgent aussi les caractères. Et puis, vous me permettrez de faire une exception pour l’une de vos conseillères municipales, celle que vous avez comparé, tout à l’heure, au ministre de l’Intérieur. Il se trouve que je la connais bien parce qu’elle a été un grand préfet de la Sarthe, pas seulement par la taille, mais aussi par le caractère. Et il se trouve que, aujourd’hui, ce sont les préparatifs des 24 Heures du Mans Moto et Elisabeth ALLAIRE a été la première représentante de l’Etat dans le département de la Sarthe à dire que ça suffisait, les morts et les accidents terribles qui avaient lieu en raison des batailles rangées qui se produisaient la nuit autour du circuit et elle a, avec le sourire qui est le sien mais la poigne de fer qui est aussi la sienne, mis un terme à quelque chose qu’aucun des préfets hommes, depuis des années, n’avait réussi à éradiquer.
Je reviens à Chaumont et à Luc en vous disant que, ce déplacement, il s’inscrit aussi, naturellement, dans le cadre de la crise que nous traversons et c’est, pour moi, l’occasion, chaque semaine, de venir dans des villes, dans des territoires, dans des départements, dans des régions, voir comment les plans que nous avons mis en œuvre se mettent en place, voir comment il faut, le cas échéant, les corriger pour répondre exactement aux besoins mais aussi pour expliquer ce que nous essayons de faire. Ici, à Chaumont, depuis un an, Luc a su proposer une politique fondée sur une vision responsable et dynamique de la politique de la gestion locale. Il a engagé une collaboration active avec le tissu économique, la mairie, l’Etat, les fonds européens. Le Fonds européen de développement régional  a retenu le projet urbain de Chaumont pour un montant de 5,3 millions d’euros. Il y a, ici, des chantiers qui sont tout à fait emblématiques des défis que notre pays relève : la défense des implantations industrielles sur le sol français, le réaménagement urbain avec 16 millions d’euros investis à terme dans les quartiers de la gare du Cavalier ou de la Rochotte, le développement durable, l’action culturelle avec le financement du Centre international du graphisme à hauteur de 15 millions d’euros, dont cinq seront apportés par l’Etat. Je sais, cher Luc, que tu fourmilles de nouveaux projets. Il y a, d’ailleurs, tous les jours, une demande qui vient de Chaumont sur le bureau du Premier ministre, qu’il s’agisse de l’installation d’un complexe de cinéma multisalles ou du regroupement des services municipaux de la ville dans le nouveau quartier dont tu m’as montré les projets. Je veux te dire que l’Etat t’accompagnera dans ces projets comme il l’a toujours fait jusqu’à présent. Je disais, il y a juste un instant, que nous sommes dans une crise d’une gravité sans précédent. Pourquoi sans précédent ? Parce que c’est la première fois, dans l’histoire du monde, que toutes les économies mondiales sont quasiment à l’arrêt en même temps. Ca ne s’est jamais produit. Nous avions engagé, avec le président de la République, avec le gouvernement, une bataille pour la croissance et nous nous retrouvons, aujourd’hui, dans une situation qui est celle de mener une bataille pour la relance et, cette bataille, elle se gagne à Chaumont comme elle se gagne à Paris. Dans l’épreuve, le rôle du gouvernement, la responsabilité du gouvernement, c’est, d’abord, de tenir le cap mais, en même temps, sans être enfermé dans ses certitudes. Et c’est la raison pour laquelle, le président de la République, moi-même, les membres du gouvernement, nous essayons de venir sur le terrain le plus possible pour écouter, pour expliquer, pour entendre, pour convaincre. Il y a des doutes, il y a des peurs et elles sont naturelles compte tenu de la gravité de cette crise mais, par delà les doutes et les peurs, j’en appelle au sens des responsabilités et au sang froid des Français. Au-delà des sensibilités partisanes, j’invite chacun de nos concitoyens à se rassembler sur l’essentiel. L’Etat, les collectivités locales, les entrepreneurs, les salariés, le patronat, les syndicats, nous sommes tous face à la même tempête et nous sommes tous dans le même navire. Moi, j’ai foi dans l’esprit républicain qui caractérise notre pays et je crois à la justesse de la stratégie que nous avons choisie, et je voudrais m’en expliquer.
D’abord, notre plan de relance. Notre plan de relance, contrairement aux polémiques dont je sens, d’ailleurs, qu’elles sont en train de s’affaiblir, parce que elles ne reposaient sur aucune réalité, est un plan massif et c’est un plan ciblé. Notre objectif, c’est d’accélérer, dans cette période de creux économique, les investissements pour apporter du carburant à l’économie française et, en même temps, pour permettre à cette économie d’être plus performante quand on sortira de la crise. Il y a eu des débats sur l’ampleur du plan de relance français au regard des autres plans de relance des grands pays développés. Nous avons eu l’occasion, notamment avec le G20 à Londres, de démontrer à nos partenaires, et en particulier à nos partenaires américains, que le plan français était parfaitement comparable aux autres plans des pays développés. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes dans un pays avec un système de protection sociale extrêmement développé que n’ont pas beaucoup d’autres économies, et notamment l’économie américaine. Et donc, lorsque nous sommes dans un ralentissement grave comme celui que nous rencontrons, il y a, d’une part, l’argent supplémentaire qu’on met sur les investissements dans le plan de relance mais il y a, en même temps, toutes les dépenses sociales qui augmentent de façon très importante et les recettes fiscales qui baissent de façon également importante, ce qui, au global, se traduit par une injection d’argent public supplémentaire, qui est un des facteurs de relance, et par une diminution du prélèvement sur nos concitoyens. Nos amis américains, lorsque ils ont une crise grave comme la nôtre, ils n’ont aucun système d’amortissements économiques et d’amortissements sociaux. Aux Etats-Unis, c’est six semaines d’indemnisation du chômage et aucun contrat de travail. Licenciement immédiat du jour au lendemain. Donc, quand on compare les plans de relance des uns et des autres, il faut comparer ce qui est comparable. Pourquoi est-ce que nous avons choisi de cibler notre plan de relance sur l’investissement ? Parce que nous sommes un pays très endetté et, pour ma part, je considère que, le rôle des gouvernants, c’est de dire la vérité aux citoyens. Ce n’est pas de leur faire croire que tout est possible. Nous sommes un pays très endetté et nous ne sommes pas un pays très endetté depuis peu de temps, nous sommes un pays très endetté depuis 33 ans. Ca fait 33 ans qu’aucune majorité n’a réussi à voter un budget en équilibre dans notre pays. Tous les jeunes Français de moins de 33 ans pensent que ça marche comme ça et tous ceux qui ont plus de 33 ans se disent « Si ça a duré 33 ans, ça va bien durer encore quelques années ». La vérité, c’est qu’on accumule une dette qui est une dette qui est handicapante pour l’économie française et, si, dans une période de crise comme celle-là, il est naturel de faire appel à la dette, de faire appel à l’emprunt pour investir, il serait, en revanche, absolument irresponsable de faire appel à l’emprunt pour distribuer du pouvoir d’achat et de la consommation. Parce que, ce pouvoir d’achat et cette consommation, on demanderait, ensuite, à nos enfants de le rembourser à notre place alors même qu’on ne leur aurait pas donné les moyens de moderniser l’économie française, d’acquérir des infrastructures supplémentaires. Il vaut mieux construire des TGV, il vaut mieux construire des autoroutes, il vaut mieux moderniser nos campus universitaires, il vaut mieux investir sur les grandes infrastructures, pour donner à notre pays, quitte à s’endetter pour relancer l’économie, des moyens d’assurer son développement ultérieur. Vous savez, il ne faut pas qu’au moment où l’économie mondiale redémarrera, ce qui va, naturellement, venir un jour, et j’espère qu’il sera le plus proche possible, la France soit bloquée dans ce redémarrage parce que elle aurait mené une politique qui aurait été une politique irresponsable. Nous avons, à côté de nous, notre voisin allemand… Je disais aux salariés des entreprises que nous visitions que les Allemands sont nos amis, les Allemands sont nos alliés mais, enfin, les Allemands sont aussi nos concurrents sur le plan industriel et quels concurrents ! Ce sont nos principaux adversaires. Et, quand on regarde ce qu’ils font pour préserver la compétitivité de leur industrie, eh bien, naturellement, nous devons nous-mêmes avoir le même souci.
Alors, qu’est-ce que nous faisons ? D’abord, concrètement, nous démarrons mille projets ciblés prêts à prendre une dimension opérationnelle. Ces projets ont été choisis en fonction de leur impact immédiat, en terme de commandes aux entreprises et d’emploi. Tous correspondent à la réalisation d’équipements durables au profit de la compétitivité nationale : quatre lignes de TGV nouvelles, des routes, des canaux, des campus universitaires rénovés, des logements étudiants réhabilités, des lieux de justice mieux équipés, des bâtiments publics plus économes en énergie, comme devront l’être, d’ailleurs, les services municipaux regroupés à Chaumont. Nous accélérons le remboursement aux entreprises de leurs excédents d’impôts et du crédit impôt recherche et tu as bien voulu, tout à l’heure, donner les chiffres pour le département de la Haute-Marne. Pour l’ensemble du territoire national, depuis le premier janvier, c’est six milliards d’euros que l’Etat a réinjectés dans la trésorerie des entreprises. Nous anticipons le remboursement aux collectivités locales du fonds de compensation de la TVA. A ce jour, plus de 1300 conventions ont déjà été signées pour garantir à ces collectivités un apport d’argent frais dès l’exercice 2009. Je vous annonce, d’ailleurs, qu’on va dépasser très largement les 2,5 milliards qui avaient été prévus pour ce remboursement anticipé de la TVA. Et, en Haute-Marne, 115 conventions ont été signées qui représentent 125 millions d’euros, ce qui, ramené à la population, correspond à 670 euros par habitant, investis dès cette année par les collectivités locales au titre du fonds de compensation. Nous soutenons le marché français de l’automobile avec une prime à la casse qui a déjà bénéficié à plus de 70 000 acheteurs et que la plupart des pays européens, après avoir un peu hésité, ont décidé, finalement, d’adopter à leur tour. A chaque instant, nous tenons l’équilibre entre investissements et solidarité. Je pense à l’extension du contrat de transition professionnelle, à la convention de reclassement personnalisé qui prévoit 100 % du salaire net pendant huit mois, à la prime de 500 euros qui va bénéficier à 240 000 personnes dont un très grand nombre de jeunes qui, parce qu’ils n’ont pas travaillé suffisamment, n’ont pas droit à l’indemnisation du chômage, à la prime de solidarité active versée à quatre millions de ménages dans l’attente du Revenu de solidarité active, à la suppression des deux acomptes de l’impôt sur le revenu pour six millions de foyers. Franchement, personne ne peut dire que nous n’avons pas, dans cette crise, veillé, en même temps que nous aidions les entreprises à redémarrer, et donc l’emploi, à ce que notre pacte social soit renforcé.
Au cœur de notre effort, il y a, d’abord, naturellement, les entreprises parce que ce sont elles qui sont ancrées dans l’économie réelle, ce sont elles qui sont créatrices de richesses et d’emplois. Nous avons conduit, depuis deux ans, des réformes structurelles pour améliorer leurs compétitivités. La première de ces réformes, c’est celle qui vise à soutenir l’innovation. Dans un monde où les échanges sont mondialisés, nos entreprises ne sont pas en position d’imposer leur compétitivité sur le terrain des prix et elles doivent donc le faire sur le terrain de la technologie, sur le terrain de l’innovation, sur le terrain des process. Pour garder une longueur d’avance, elles doivent jouer sur l’innovation. Ce matin, aux Forges de Bologne, j’ai constaté que le groupe MANOIR INDUSTRIES l’avait parfaitement compris puisque, dans une période difficile où les carnets de commandes sont plutôt vides, ils investissent dans des laminoirs ou dans des presses à plus de 2,5 millions d’euros chacun. Cet effort rencontre le soutien de l’Europe. Aux Forges de Bologne, deux projets de Recherche & Développement devraient recevoir 900.000 euros du FEDER mais ils reposent, d’abord, sur la mobilisation de l’Etat, de ses agences et des collectivités locales. Pour maintenir et pour développer la compétitivité de l’industrie française, vous savez que nous avons décidé, dès l’été 2007, de simplifier et de renforcer très puissamment le crédit impôt recherche. Nous pouvons, aujourd’hui, nous enorgueillir – après tout, ce n’est pas si fréquent – d’être, en Europe, désormais, le pays le plus attractif en matière de soutien de l’Etat à la recherche des entreprises. L’effort de soutien public à la recherche privée a été multiplié par trois pour atteindre les trois milliards d’euros par an. Les liens entre la recherche publique et la recherche privée ont été renforcés. Nous poussons à de nouvelles formes de coopération entre elles, comme celles qui se nouent au sein des pôles de compétitivité. J’ai lancé, en septembre dernier, la deuxième phase de cette politique des pôles de compétitivité à laquelle 1,5 milliard d’euros seront alloués sur trois ans. La deuxième idée forte, c’est l’investissement. On ne peut pas rester le seul pays d’Europe qui pénalise l’investissement des entreprises industrielles. C’est une situation qui est suicidaire sur le long terme pour l’industrie de notre pays. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de réformer en profondeur la taxe professionnelle. Cette réforme doit déboucher sur un allègement net des charges des entreprises de huit milliards d’euros au profit de leurs capacités d’autofinancement. L’Etat compensant, naturellement, intégralement ce manque à gagner auprès des collectivités locales. La troisième idée forte, c’est que notre aide doit toucher l’intégralité des filières concernées. Notre industrie est organisée en filières et, trop souvent, on aide un bout ou l’autre de la chaîne mais rarement la chaîne toute entière. Aujourd’hui, les équipementiers, les sous-traitants représentent 70 % de la valeur des véhicules, s’agissant par exemple de l’automobile, produits en France. Ils ont donc droit à notre soutien autant que les constructeurs eux-mêmes. C’est ce raisonnement qui a été à la base du pacte automobile annoncé en février dernier et qui mobilise tous les leviers disponibles, des prêts participatifs de 6,5 milliards d’euros aux constructeurs, un fonds de garantie jusqu’à 90 % porté par OSEO, un fonds sectoriel de 600 millions d’euros et des aides au chômage partiel. Le même raisonnement s’applique à l’aéronautique. Que serait AIRBUS sans le savoir-faire des Forges de Bologne, seul capable de maîtriser la fabrication de certaines pâles de réacteurs en alliage. Et, inversement, qu’est-ce que seraient les Forges de Bologne sans la SNECMA qui représente jusqu’à 30 % de leurs commandes ? Quand un secteur est en difficulté, c’est donc toute la filière que nous devons restructurer pour faciliter l’émergence d’entreprises de taille intermédiaire et pour restaurer le tissu de la sous-traitance qui est, naturellement, le premier touché par les difficultés économiques. Enfin, quatrième et dernière idée forte, ce sont les petites et moyennes entreprises qui représentent le gisement d’emploi le plus fort. Elles doivent donc être soutenues en priorité. C’est le sens de la réforme des délais de paiement introduits à l’occasion de la Loi de modernisation de l’économie pour soulager leur trésorerie. C’est aussi le sens du rapprochement entre l’Agence de l’innovation industrielle et OSEO. On a fait une seule structure qui, désormais, est dotée de moyens considérables pour, notamment, aider à l’accroissement des fonds propres des Petites et moyennes entreprises. Nous avons décidé de permettre aux Français qui paient l’Impôt sur la fortune de déduire une partie de leur fortune, de leurs revenus, lorsqu’ils l’investissent dans des PME. Et nous avons, de cette façon, réinjecté,  l’année dernière, plus de un milliard d’euros dans les PME françaises. Enfin, avec Luc CHATEL, nous avons mis en place le Fonds stratégique d’investissement dont l’objectif est de financer le développement de PME qui sont en croissance, d’aider des entreprises de taille moyenne à émerger, à franchir une étape pour être plus compétitives sur les marchés internationaux ou à stabiliser leur capital. C’est un instrument extrêmement puissant qui est doté de vingt milliards d’euros, dont six milliards de liquidités. Il a déjà examiné près de 80 dossiers d’investissements potentiels et a déjà pris, en quelques semaines, des participations chez DAHER, chez VALEO, chez le métallurgiste FARINIA ou chez le spécialiste de l’éclairage LED TO LITE, pour un montant de 125 millions d’euros et je crois que ce n’est pas trahir un secret que de dire qu’une entreprise de cette région, que nous avons visitée ce matin, est candidate pour une participation du fonds stratégique.

Voilà pour les réformes structurelles. Voilà les réformes qu’il fallait faire pour donner aux entreprises les moyens de rebondir demain. Mais, en attendant l’heure de la reprise, nous avions aussi le devoir d’agir avec pragmatisme et c’est la raison pour laquelle nous avons pris toute une série de mesures conjoncturelles pour éviter que des difficultés temporaires n’aient des conséquences dramatiques sur l’existence d’entreprises, en particulier de PME. La priorité, lorsqu’on est confronté à la chute brutale de son chiffre d’affaires, c’est la gestion de sa trésorerie. C’est particulièrement vrai pour les sous-traitants qui peuvent subir, en plus de la chute de marchés, des déstockages de leurs donneurs d’ordre et c’est la raison pour laquelle  nous ne nous sommes pas contentés de réduire les délais de paiement. Nous avons pris un très large éventail de mesures pratiques. Dès octobre, nous avons affecté au financement des PME une part supplémentaire des ressources collectées sur les livrets d’épargne réglementés. Et nous avons voulu qu’aucune entreprise ne reste seule face à sa banque en cas de difficultés de financement. En octobre, nous avons placé René RICOL à la tête d’un réseau national de médiation du crédit. Près de 500 entreprises s’adressent à lui chaque semaine et, dans les deux tiers des cas, le résultat de leurs démarches se solde par une décision positive de financement des banques. Nous avons également pris en compte les tensions de trésorerie qui sont créées par les assureurs-crédits lorsqu’ils diminuent leurs garanties. A la fin de novembre, nous avons inclus l’assurance-crédit dans le champ d’intervention du médiateur. Nous avons mis en place un complément d’assurance crédit publique. Il est en train de monter en puissance. En mars, il garantissait déjà 100 millions d’euros de crédits interentreprises. Nous avons décidé de le renforcer par un nouvel instrument qui est destiné aux entreprises dont l’encours d’assurance-crédit aurait été entièrement supprimé. Ces entreprises-là vont avoir droit à un complément d’assurance crédit publique qui sera opérationnel au début du mois de mai. Nous avons également été vigilants sur les conséquences sociales de la crise. Le recours au chômage partiel a été facilité. En mars, aux FORGES DE BOLOGNE, il a touché cent quarante et un salariés sur six cent trente. Son indemnisation a été relevée d’abord, dans un premier temps, à 60 % du salaire brut. Nous avons souhaité, à l’occasion du sommet social qui s’est tenu le 18 février dernier à l’Élysée, que ce taux soit porté à 75 % par le biais d’une convention ad hoc. L’UNEDIC a signé mercredi avec l’État une convention de financement dans ce sens. Le chômage partiel sera donc désormais financé à hauteur de 75 % du salaire brut, c'est-à-dire de 90 % du salaire net.
Enfin dernier chantier essentiel, c’est celui de la formation professionnelle. La formation professionnelle, elle ne décide pas seulement de notre compétitivité, elle sécurise les parcours professionnels des salariés français et elle offre une seconde chance à ceux qui ont rencontré les difficultés les plus graves. Au fond, qu’est-ce qu’on veut faire avec la formation professionnelle ? On veut non seulement qu’elle soit utilisée par les entreprises qui en ont besoin pour mieux former leurs salariés mais on veut aussi qu’elle soit utilisée pour permettre à un salarié qui perd son emploi d’être immédiatement placé en formation professionnelle avant d’en retrouver un autre plutôt que de rester pendant des mois et des mois à la recherche d’un emploi, démobilisé, avec toutes les conséquences que cela peut avoir à la fois sur son moral, sur son comportement mais aussi sur la compétitivité de l’économie française. Au fond, c’est un énorme gâchis d’avoir des millions de salariés qui sont en attente d’une reprise d’emploi du fait de la situation économique et qui ne peuvent pas profiter de ce temps qui leur est donné pour améliorer leurs compétences ou, le cas échéant pour certains d’entre eux, changer de métier.
On voit bien que notre système de formation professionnelle n’est pas du tout fait pour ça. Il a beaucoup vieilli, il n’est pas adapté à ce besoin-là alors même qu’il représente 1,5 % de la production intérieure brute. On consacre à la formation professionnelle dans notre pays 1,5 % de toute la richesse qui est produite dans le pays. Nous avons engagé une réforme : il s’agit d’affecter ces moyens de façon plus juste et plus efficace. Plus juste, ça veut dire qu’ils doivent aller en priorité vers les jeunes sans qualification et vers les demandeurs d’emploi. Et plus efficace, ça veut dire qu’il doit y avoir plus de transparence et plus de garantie sur la qualité des formations. Pour parler clairement, plus de transparence, on veut savoir à quoi sert l’argent et plus de garantie, on ne veut plus de ces stages parkings qui ne servent à rien si ce n’est à dépenser l’argent de la formation professionnelle mais qui ne débouchent sur aucune réelle valeur ajoutée pour les salariés.
Alors pour mener cette réforme, nous avons choisi de donner toute sa place au dialogue social. Il y a un accord qui a été conclu le 7 janvier dernier par tous les partenaires sociaux. Je veux d’ailleurs faire remarquer que cet accord, dans une situation économique qui est difficile, où notamment, naturellement, il y a des tensions sociales, cet accord est le signe de la responsabilité des partenaires sociaux qui ont trouvé un terrain d’entente. Cet accord, il témoigne de la vitalité d’une concertation qui a débouché, depuis deux ans, sur d’autres accords majeurs : l’accord sur le marché du travail, l’accord sur la modernisation du dialogue social, l’accord sur l’assurance chômage ou encore l’accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Vous reconnaîtrez avec moi que pour un pays où le dialogue social ne fonctionnerait pas, c’est étrange qu’il y ait autant d’accords qui aient été signés. Ça montre bien que les partenaires sociaux sont en réalité en situation de responsabilité et qu’ils contribuent à gérer les conséquences de cette crise pour en faciliter la sortie.
Avec le projet de loi qui va être présenté au Conseil des ministres le 29 avril prochain et qui va traduire l’accord des partenaires sociaux sur la formation professionnelle, nous allons nous donner les moyens de former, chaque année, cinq cent mille salariés supplémentaires parmi les moins qualifiés et deux cent mille demandeurs d’emploi de plus que ce que nous faisons aujourd'hui. Ce sont, au total, au moins huit cents millions d’euros qui seront mobilisées à cette fin spécifique dans le cadre du nouveau fonds de sécurisation des parcours professionnels.
Je veux insister sur l’importance du dialogue social qui a présidé à cette réforme malgré des différences de vue qui sont inévitables, malgré les tensions qui sont naturelles. Ce dialogue social est capital. Une crise grave appelle une capacité à dégager des compromis sociaux. Elle réclame, de la part des acteurs économiques, une grande exigence éthique et, de la part des acteurs syndicaux, une haute responsabilité. Elle appelle la solidarité et pas la défiance. Elle appelle l’écoute et pas la pression violente. Et je voudrais, à ce sujet, redire une nouvelle fois l’inquiétude qui est la mienne, qui est celle du gouvernement, qui est celle de beaucoup de Français devant certaines manifestations de violence qui n’ont rien à voir avec le dialogue social. Je pense naturellement à la séquestration de certains dirigeants d’entreprise, je pense aux coupures de courant sauvages qui ont eu lieu ces derniers jours. C’est du sabotage, ce n’est pas la grève, ce n’est pas de l’action sociale. L’action sociale, elle est garantie par la Constitution. Le droit de grève, il est garanti par la Constitution. Le sabotage des installations, lui, ne l’est pas. C’est une faute, c’est une faute pénale et c’est une faute qui appelle la violence et la violence appelle la violence. Et nous devons tous avoir à cœur, les uns et les autres, dans les responsabilités qui sont les nôtres, à faire très attention à ce que cette situation de crise ne débouche pas sur ce recours à la violence qui peut frapper chacun d’entre nous. Aucune des professions que vous représentez ici n’est à l’abri, un jour, de la manifestation de violences à son égard, les élus les premiers, les enseignants. Le jour où les parents d’élèves viendront vous réclamer des comptes sur les résultats de vos enfants parce qu’ils estimeront que c’est le seul moyen de recours qu’ils ont. Tout cela est extraordinairement dangereux. Et dans une société aussi attachée que nous au respect des droits de la personne, au dialogue social, à la concertation, nous devons veiller à ce que ces manifestations de violence soient les plus réduites possible.
Il ne faut pas laisser la crise devenir un prétexte d’affrontement quand l’ampleur de ces enjeux exige, au contraire, du civisme et du sang-froid. L’ensemble de nos mesures économiques et sociales doit nous permettre de tenir le choc de la crise. Prétendre qu’il n’y aura pas de choc, ce serait évidemment un mensonge. Chacun doit savoir que le gouvernement fait tout ce qui est en son possible pour aider les Français à passer le cap de cette crise. Je me refuse de me livrer au jeu des prédictions concernant la fin de la crise. Avancer une date, créer de faux espoirs, en décevoir d’autres, c’est s’engager à l’aveugle dans un pari périlleux. Mais je ne veux pas ignorer certaines analyses et certains indices positifs. Il y  a des tendances encourageantes : après plusieurs mois d’effondrement, la Bourse dessine une première remontée tandis que les cours du pétrole, ceux des matières premières, se maintiennent à un niveau bas et donc à un niveau accessible qui favorise la reprise de l’activité économique. Dans plusieurs pays, des secteurs qui symbolisaient la crise interrompent leur déclin. Je pense aux ventes de logements qui ont été à l’origine de la crise mondiale aux États-Unis qui reprennent à hauteur de 5 % en janvier dans ce même pays. Je pense aux ventes d’automobiles qui reprennent 8 % en France. Je pense à ce qui se produit en Chine où l’investissement à très grande échelle annonce un redémarrage de la production industrielle. En France, l’inflation est à un niveau historiquement bas, les taux d’intérêt sont aussi à un niveau historiquement bas et nous venons de voir que la production manufacturière s’est quasiment stabilisée au mois de février. Contrairement à toutes les prévisions, catastrophistes des premiers mois, on constate que le secteur bancaire français est, de tous les pays développés, pratiquement celui qui tient le mieux le choc. Il a conservé la confiance des épargnants et il continue, même si c’est difficile, à assurer le financement de l’économie.
D’ici l’automne, on va voir l’ensemble des plans de relance européens donner des résultats sur l’activité en Europe de façon concrète. Alors nous n’avons pas atteint la fin de la crise et il y aura encore des périodes difficiles mais je pense qu’il est temps que nous nous libérions des réflexes qui consistaient à tout voir en noir. Progressivement, nous sommes, avec nos principaux partenaires, en train de desserrer l’étau de la crise. Eh bien il ne faut pas relâcher nos efforts, il faut continuer à agir de façon collective et notamment agir de façon collective en Europe. Il faut, chez nous, se serrer les coudes, continuer à adapter nos structures et nos politiques. Il ne faut pas choisir le repli, il ne faut pas choisir le conservatisme, il ne faut pas choisir la fuite en avant, il faut choisir la réforme, la réforme tranquille, la solidarité. Regardez d’ailleurs les exemples que nous donnent les entreprises qui se battent pour faire face à cette compétition. Je reviens sur celle que j’ai visitées ce matin : on sent bien, dans cette entreprise, combien les personnels, la direction de l’entreprise, l’ensemble des acteurs sont solidaires pour essayer de trouver les meilleures solutions pour sortir d’une crise difficile.
Enfin permettez-moi, dans ce département où se situe son mémorial, d’avoir, pour finir, une pensée pour le Général de GAULLE. Une pensée qui peut s’appliquer parfaitement à l’actualité qui est la nôtre aujourd'hui. Dans l’épreuve, qu’est-ce que le Général de GAULLE nous a appris ? Il nous a appris une chose, il nous a appris à croire toujours dans la France. Son exemple nous invite à nous rassembler, il nous invite à nous dépasser, il nous invite à surmonter nos différences politiques ou sociales. Nous sommes collectivement responsables de la République que nous aimons tous de la même façon et que nous voulons tous voir plus forte, plus prospère et plus juste. Eh bien c’est ce message de vérité, c’est ce message d’unité et c’est ce message d’espoir que je voulais, avec Luc CHATEL, partager aujourd'hui avec vous ici à Chaumont.





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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

GAGNOT joseph 01/05/2009 10:39

bonjour Mr FillonEn matiere d'économie je soutiensque l'ere du pétrole viens de terminer ce mois ci pour soutenir cette affirmation je vous conseille d'aller sur PESWIKINEWS et de vous interesserau moteur magnétique (MYLOWS) , LUTEC en australie , Perendev .power en Allemagne , Steorn Orbo en Irlande , Akoil En Russie , ehttp://www.millennialmotorsinc.com/ aux USA L'energie electrique va devenir trés bon marche et il faut organiser de toute urgence cette mutationbonne journée

gaetan 22/04/2009 11:08

J'aimerais bien débattre d'un point qui me semble important car je ne crois pas que l'on soit allé au fond du problème : Il y a encore 4000 milliards d'actifs toxiques dans le circuit bancaire d'après le FMI. Même si on peut taxer notre ami DSK d'exagérer les montants du problème, le problème est là, reconnaissons le. Il y eu la crise des subprime, connaissant les jeunes consomamteurs américains, il y a aussi en gestation, la crise des sub credit card et autres crédits revolving à la consommation qui ne seront pas honorés.D'abord, 4000 milliards de dettes, essentiellement sur les banques des pays EUrope +USA, cela represente combien par rapport aux PIBs habituels de ces pays. BEaucoup ? peu  ? Enormément ? Bref, combien de temps pour purger ces dettes ?Sans traitement approprié de ces milliards d'actifs qui ne seront jamais remboursés, cela veut dire qu'aujourd'hui, les banques les purgent discrètement par petite dose dans le système financier dès qu'une embellie temporaire apparait. Autant dire que la richesse qui est créée en définitive directement ou indirectement par les travailleurs s'envolent en fumée pour purger progressivement le système et c'est d'autant moins pour les salaires (voire pour diminuer le chomage). Est-ce la bonne méthode pour restaurer cette confiance indispensable ? Si non, pourquoi ne met on pas de plan de purge institutionnels ?Et quand on pose cette question, vient immédiatement le doute "les pays occidentaux USA+Europe ont ils les moyens de financer cette purge en une seule fois ?"Alors, nous arrivons sur l'autre alternative, les plans  de relance jugés toujours insuffisants mais nombreux. A part la Chine et quelques autres qui ont des excédents colossaux au service de cette relance et qui ne sentiront que peu d'effet sur leur richess nationale, tous les autres pays dont le notre font de la relance par déficit budgétaire et pas en demi mesure si on a en mémoire nos pauvras critères de Maastricht. Cela veut dire, il ne faut pas se le cacher que l'on devra augmenter les impôts pour compenser ce manque de richesse ou les déficits, et comme le gouvernement ne veut pas les impôts, ces déficits seront portés sur le dos de la zone euro et comme l'Allemagne ni l'Italie ni les autres ne sont pas mieux lotis que nous, cela veut dire que ce sont les marchés financiers qui décideront de la valeur de notre monnaie par rapport aux autres, notamment les monnaies qui appartiennent à des pays qui sont en excédents et qui achètent beaucoup de matières premières (comme la Chine avec l'acier, l'uranium, le silicium et le pétrole par exemple). COmpliqué ? non très simple, cela veut dire que nous paierons plus cher nos matières premières, donc nous aurons de l'inflation sur tous les produits qui en dépendent et pas qu'une petite.Tout cela pour dire que prétendre ne pas augmenter les impôts l'année prochaine pour boucher les déficits, cela veut dire clairement que c'est l'inflation qui va réduire les déficits (cela arrange peut être les gouvernements mais ce sont les consommateurs, les retraités, les jeunes et leur pouvoir d'achat qui vont sérieusement trinquer si je ne me trompe). Monsieur le premier ministre, vous êtes un politique, cela veut dire que vous devez expliquer, répéter dans les médias pour que ceux ci se mettent à vulgariser, et nous devons débattre à mon avis sur ce qui va se passer.Soyons clairs, ce sont les actifs qui devront travailler plus pour compenser cette perte de richesse nationale (et quand je pense aux actifs, je pense aussi aux retraités qui devront compléter leur retraite voire la reculer et les jeunes qui devront se contenter de petits boulots mal payés faute de travail disponible mieux rémunérés, bref, ce sont tous les fournisseurs de main d'oeuvre que nous sommes qui devront s'y mettre)Je pense également à l'impression de voir la classe moyenne de notre pays continuer à s'atrophier dans ce pays et vivre de plus en plus de petits boulots.Donc que proposez vous ?Parce qu'en définitive, impôt supplémentaires, inflation, c'est le même combat, c'est de la richesse nationale en moins où si vous voulez de la perte de pouvoir d'achat, et du chomage en plus, non ? Pas facile à expliquer après le coup du président du pouvoir d'achat. Remarquez bien qu'à la décharge de NS que s'il n'avait rien fait, la dégringolade aurait été pire.Que demandez vous à notre pays ? Et que lui proposez vous en échange et quand ?C'est l'essentiel.

Jean-Marc 21/04/2009 15:15

A propos de la santé :
Bon alors ? ben ca va mieux: madame Roselyne Bachelot a bien travaillé! Au départ nous a l’hosto, pas faché qu’elle ne s’occupe que de sa région européanisée, mais finalement c’est pas mal!
Mieux certains de ses conseillers compétents dans leur domaine mais pas dans la santé sont partis (ou sont sur le point…)!
 Super c’est la fête ! ben non… il y a encore beaucoup a faire pour nos concitoyens (il s’agit d’etre juste et faire que cela coute le moins possible pour les patients, les citoyens et forcement à l’état ).

rodrigues teixeira sandra 18/04/2009 17:34

mr.le premier ministre  c'est avec beaucoup de plaisir et d'attention que je vous ait ecouter lors de votre passage a chaumont chez mr. luc chatel que j'apprecie également  , ou vous résumer trés clairement la crise que notre pays traverse et vous expliquer trés clairement aussi tout ce qui va etre fait pour que notre pays passe ce cap avec le moins de dègat possible , je suis entierement d'accord avec vous  mais surtout sous le point ou vous dites que le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour  sortir les français de cette crise et je me doute bien que cela n'est pas facile , je ne perd pas confiance loin de la , certes c'est une crise trés dure dans notre histoire mais il faut que les français ait confiance dans leurs dirigeant , dans tout les cas vous avez eté trés clair dans tout ce que vous avez expliquer , merci a vous . 

Jean-Marc 18/04/2009 16:53

a propos des contraintes liees aux deplacements pour les audiences au tribunal il faut generaliser et rendre obligatoire les téléaudiences(donc modifier le decret) et favoriser les tele consultations de psychiatrie.en utilisants les memes moyens de teleconferences.un gendarme m'explique s'etre deplacé de bretagne a la region PACA pour une demie heur d'audience( tgv, hotel mobilisation de moyen sur place , prime etc ) il faut moderniser, mais il faut surtout que les idées ne mettent pas un an ni 6 mois a se mettre en place! Bien à vous. (le 4 juin ? )  

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