Ce site n'est plus à jour

Découvrez Fillon2017.fr
28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 15:36


François Fillon, Premier ministre, fait le point à la presse de sa visite en Tunisie le vendredi 24 avril 09.


François Fillon, Premier ministre, clôture le Forum économique de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, le vendredi 24 avril à Tunis


François Fillon, Premier ministre, intervient à la Cité des sciences de Tunis le jeudi 23 avril 09.


François Fillon, Premier ministre, fait le point sur les accords signés entre la France et la Tunisie à l'occasion de sa visite à Tunis le jeudi 23 avril 09.

version écrite du propos liminaire de la conférence de presse

Messieurs, Je veux vous rendre compte, en quelques mots du résultat de la visite que je viens d'effectuer en Tunisie et qui se situait dans le prolongement de la visite du président de la République française il y a un an. Il s'agissait pour moi avec le Premier ministre tunisien, de faire en sorte que tous les engagements qui ont été pris à l'occasion de cette visite d'Etat soient tenus. Et je vous indique c'est le cas puisque nous avons hier signé des accords très importants sur la coopération universitaire, sur la coopération dans le domaine du transport aérien, dans le domaine ferroviaire. Nous avons signé les accords qui vont permettre d'enclencher la coopération dans le domaine du nucléaire civil et concrétiser ainsi, l'offre qu'a faite la France de partager ses compétences qui sont parmi les meilleures du monde dans ce domaine avec la Tunisie pour lui permettre d'accéder à l'énergie nucléaire qui est pour longtemps une énergie qui préserve l'environnement et en même qui est une solution, une réponse au problème de la raréfaction des sources d'énergie fossile.Nous avons signé hier un accord très important pour permettre de clarifier le financement d'une école d'ingénieur que nous voulons réaliser ensemble avec le gouvernement tunisien à Bizerte. J'ai eu l'occasion il y a quelques instants, dans le cadre de l'entretien que j'ai vu avec le président Ben ALI de concrétiser la mise en place d'un accord pour la fourniture de rames de matériel ferroviaire pour le métro de Tunis pour un montant de 65 millions d'euros. Enfin je vous indique que la Tunisie a décidé de demander la livraison anticipée de deux AIRBUS A-320 sur ceux qui avaient été commandés lors de cette visite d'avril dernier que je viens d'évoquer. Nous avons évoqué avec le Premier ministre comme avec le président Ben ALI, la coopération franco-tunisienne pour l'avenir. La coopération franco-tunisienne dans le long terme et cette coopération franco-tunisienne, elle s'inscrit pour nous dans une large part dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée et ça n'est pas parce que l'Union pour la Méditerranée rencontre des difficultés liées à la situation à la suite de la crise de Gaza, que nous pensons qu'il faut baisser les bras. Nous pensons que l'Union pour la Méditerranée n'est pas un problème mais que c'est une solution. Et nous avons avec le président Ben ALI ce matin, nous sommes tombés d'accord sur l'idée qu'il fallait poursuivre le processus, mettre en place les comités techniques qui permettent de faire émerger les projets concrets pour que, sur les deux rives de la Méditerranée, on constate que l'Union pour la Méditerranée ce n'est pas des problèmes institutionnels, ce ne sont pas seulement des discussions pour savoir où se tiennent les réunions et avec qui. Ce sont des projets qui profitent d'abord au peuple. La dépollution, les autoroutes de la mer, le développement de l'énergie solaire, ce sont bien des projets dont ont besoin les deux rives de la Méditerranée. Enfin nous avons évoqué la crise économique qui frappe évidemment la Tunisie comme elle frappe l'ensemble du monde, j'ai indiqué au Premier ministre comme au président Ben ALI que cette crise économique ne conduirait pas le gouvernement français à réduire les financements qu'il apporte au projet tunisien. Et nous avons également évoqué ensemble, la réforme des institutions financières, la réforme de la gouvernance mondiale. La France jouant un rôle de premier plan pour modifier cette gouvernance mondiale et faire en sorte en particulier, qu'elle soit beaucoup plus ouverte aux pays émergeants. Donc le bilan d'une visite que je juge extrêmement fructueuse, c'est un lieu commun de dire que les relations franco-tunisiennes sont excellentes, je n'ai pas besoin de le dire devant vous, elles se manifestent à travers l'intensité de la coopération économique, de la coopération culturelle, de la coopération dans le domaine de l'éducation et de la recherche. C'est donc sur ce terrain déjà excellent que nous allons poursuivre nos efforts pour la développer encore. Je suis naturellement maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

version écrite du discours de la Cité des sciences

Monsieur le ministre de l’Enseignement supérieur,
Monsieur le directeur général de la Cité des Sciences,
Messieurs les présidents d’universités,
Mesdames et messieurs les professeurs,
Mesdames et messieurs les étudiants,

Je voudrais vous dire que c’est avec un immense plaisir que je viens aujourd’hui à votre rencontre, près de ce planétarium dont la sphère bleue symbolise, au cœur de Tuni,s la présence du savoir et du rayonnement intellectuel.

Dans notre monde contemporain où semble s’étendre une forme d’utilitarisme désincarné, où l’uniformisation des mœurs nous guette et où le retour de certaines barbaries ébranle l’idée même du progrès, je crois profondément à la sagesse des savoirs, qui est au cœur de la condition humaine.

Bousculée par une mondialisation qui est toujours en quête de repères et dont l’actuelle crise financière et économique signe, de façon combien forte le malaise, notre génération, et plus encore la vôtre, a le devoir d’imaginer un nouvel humanisme. Un humanisme exigeant, un humanisme que je ne dissocie pas d’une vie engagée ! D'une vie où le choix de la raison, le choix de la responsabilité, le choix du cœur fonde la dignité de l’Homme.

Dans une célèbre formule, A. Malraux disait : «On peut fabriquer des trains, on peut fabriquer des voitures, on peut fabriquer des fusées, mais la question centrale demeure la suivante : quel type d’homme on y met dedans ?».

La question de la condition humaine est plus actuelle que jamais, et je ne la dissocie pas de nos efforts communs en faveur de l’éducation et de la recherche.

Les accords que nous venons de signer représentent au fond ce que nos deux pays, la France et la Tunisie peuvent offrir de meilleur à leur jeunesse.

Ils représentent la coopération technique, ils représentent l’ouverture scientifique et humaine, ils représentent la confiance que nous plaçons dans les forces de l’intelligence.

Ces accords sont le symbole d’une coopération réussie, entre deux pays que leur histoire conduit à projeter les mêmes analyses et les mêmes espoirs sur le monde.

Je suis heureux que nos ambitions aboutissent ici, dans ce haut lieu de la connaissance, ouvert à tous les publics.

Parmi vous, il y a certainement des géographes qui savent que l’espace nous rapproche. Il y a moins de distance entre Marseille et Tunis qu'entre Marseille et Lille. En réalité, loin de nous séparer, la Méditerranée est, entre nous, une zone d’échanges continue, parcourue par les cargos, par les avions, par les migrants, mais aussi - et c’est une promesse majeure pour notre avenir - par les flux invisibles de la connaissance.

La Méditerranée est un terrain de collaboration intense pour nos deux pays, et l’un des cœurs battants du monde. Mais je crois qu'elle est aussi un laboratoire d’un avenir qui la dépasse.
Ce que nous allons bâtir en Méditerranée, en termes de développement de l’énergie, en termes de protection des ressources et des espaces naturels, en réalité c'est le monde entier qui en profitera demain, comme le monde entier a profité, hier, de la culture qui est née sur les deux rives de ce Bassin méditerranéen.

Pour imprimer cette marque au futur de la planète, nos atouts sont communs.

Nous partageons, l'un et l'autre, les uns et les autres, l’expérience de pays carrefours : la Tunisie, entre Méditerranée et Sahel ; la France, entre Méditerranée et Atlantique. Les uns comme les autres, nous savons ce que signifie la diversité, ce que signifie l’accueil, le dialogue.

Nous n’avons pas attendu que la mondialisation nous y force, pour concilier des cultures différentes, pour nous enrichir de leurs différences. Vous avez, en Tunisie, donné les preuves d’une tolérance séculaire envers toutes les religions. Nous avons, en France, développé cette forme de laïcité républicaine qui nous permet, au sein d’une communauté nationale indivisible, d’organiser la coexistence des cultes.

Entre nos deux pays eux-mêmes, l’histoire donne ses racines à une très ancienne entente. En 1577, la France fut le premier pays à nouer des relations diplomatiques avec la Régence ottomane de Tunisie. Et au XVIIème siècle, des étudiants tunisiens étudiaient déjà à la Sorbonne. Au moment de l’indépendance, le président Bourguiba faisait le choix courageux de l’amitié indéfectible entre nos deux pays.

Depuis cette époque, l’écoute et la confiance scellent nos relations. En juillet 2007, puis en avril 2008, le président de la République français a effectué ici deux visites qui ont confirmé de façon spectaculaire leur vigueur.

Ma propre visite est le signe de la vitalité exceptionnelle des liens qui rapprochent nos deux peuples : liens d’Etat à Etat, mais aussi - et ce sont les plus importants - liens humains, illustrés par les 600.000 Tunisiens ou Franco-Tunisiens vivant sur le sol français, et par les 25.000 Français résidant en Tunisie.

Pour éclairer l’avenir, nous avons accordé une très large priorité aux chantiers de coopération axés sur l’éducation, sur l’enseignement supérieur et sur la formation.
Et c'est au nom de cette priorité, que j’ai voulu m’adresser à vous, étudiants et étudiantes de Tunis, qui préparez l’essor d’un des premiers pays émergents d’Afrique.

Depuis son indépendance, la Tunisie a fait le choix du savoir et de la modernité.
A partir de 1956, le président Bourguiba a mis tout son poids dans un combat visionnaire : celui de l’émancipation de la femme.

Aujourd’hui, et vous venez M. Le ministre de le souligner, l’Université tunisienne compte plus d’étudiantes que d’étudiants. Ce qui d'ailleurs signifie qu'un jour, il faudra que le gouvernement tunisien compte plus de ministres femmes que de ministres hommes, monsieur le Premier ministre. Et votre avancée ne s’arrête pas à ce succès.

Ce n'est pas du tout une leçon que je vous donne, parce qu'on n'est pas, nous non plus, exemplaires de ce point de vue-là, je vous rassure.

Plus d’un tiers du budget tunisien est consacré à l’éducation. Les taux de scolarisation dans le primaire, dans le secondaire et dans l’enseignement supérieur sont comparables désormais ici à ceux des pays de l’OCDE.

Vous êtes 360.000 étudiants tunisiens cette année. Et vous serez sans doute, en 2013, plus de 500.000.

Dans cette formidable aventure, je veux vous dire que la France tient à se tenir aux côtés de la Tunisie et de sa jeunesse.

La France applaudit votre dynamisme, elle applaudit votre appétit de modernité. Mais si la France veut épauler les initiatives tunisiennes, c’est aussi parce qu’elle est convaincue que les chantiers de l’éducation et de la formation décideront, en France comme en Tunisie, de nos trajectoires économiques dans la mondialisation.

Nous avons en France refusé d’attendre la fin de la crise dans la résignation et dans l’immobilisme. Nous avons engagé un train de réformes intenses, non seulement pour raccourcir la durée de cette épreuve qui nous est imposée par l'économie mondiale, mais aussi pour en ressortir plus réactifs et plus compétitifs.

Sur le plan proprement universitaire, mon Gouvernement répète depuis le premier jour que l’avenir exige un effort exceptionnel de notre part. Nous avons, dès l'installation du Gouvernement, garanti une hausse des budgets universitaires de 50% sur les cinq années du quinquennat du président de la République.

Nous avons fait voter, en 2007, une loi sur l’autonomie des universités, qui vise à élargir considérablement leurs compétences, et à faire en sorte au fond que les universités françaises, comme toutes les grandes universités du monde aient cette puissance, ce rayonnement, cette capacité de financement qui leur permet de générer leur propre progrès.

Nous avons, en février dernier, lancé avec Valérie PECRESSE, une opération de modernisation des campus universitaires, avec un choix stratégique assez original au fond, qui a consisté à vendre une partie de la participation publique dans Electricité de France, pour engager 5 milliards d’euros dans la rénovation complète de dix grands pôles universitaires français, pour en faire dix grands pôles qui soient au meilleur niveau international.

En mars 2008, nous avons réformé notre Agence nationale de la Recherche pour simplifier ses procédures, pour renforcer ses liens avec les équipes qu’elle finance, et en particulier sur les projets de long terme.

Et nous avons créé les conditions d’un nouveau partenariat entre les établissements d’enseignement supérieur, les entreprises et les organismes de recherche, parce que c'est de cette cohabitation des universités, de la recherche fondamentale, de la recherche appliquée, des entreprises que naît en réalité le progrès de la connaissance, et en même temps, le progrès économique qui apporte à chacun l'amélioration de ses conditions de vie.

Nous avons, en 2009, malgré la crise économique, augmenté de plus de 17% le budget qui est consacré aux grandes infrastructures de recherche. Il s’agit de financer par exemple des équipements de calcul, mais aussi le grand centre de recherche international ITER sur la fusion nucléaire, qui va conduire la communauté internationale à essayer, dans les dix ans qui viennent, de reproduire le fonctionnement du Soleil pour en tirer des conséquences qui pourrait nous amener à révolutionner complètement la vision que nous avons de notre situation énergétique.   

Nous avons décidé, dans le plan de relance de l'économie, de consacrer plus de 700 millions d'euros à la Recherche. Il s'agit de rénover des établissements d'enseignement supérieur, de construire des logements étudiants. Et enfin, nous avons décidé d'augmenter le budget de la Recherche et de l'Enseignement supérieur de 26 % sur un an. Aucun autre budget dans l'action publique que j'ai l'honneur de conduire ne bénéficie d'un tel engagement.

Pour nous, défendre le rang d’un pays dans un monde globalisé, toujours plus concurrentiel, passe par l'amélioration des ressources humaines qui sont finalement désormais plus décisives que les ressources naturelles.

Aujourd’hui, vous le savez, 10.000 jeunes Tunisiens étudient dans notre pays. Ils représentent le quatrième contingent étranger sur notre sol, et ils sont même majoritaires parmi les étudiants étrangers de l’Ecole Polytechnique ! Après une préparation effectuée dans votre pays, 150 jeunes Tunisiens entrent chaque année dans nos grandes écoles d’ingénieurs. En 2008, 3.250 nouveaux visas d’études ont été délivrés, ce qui constitue un record historique.

Dernier exemple en date de cette coopération, les trois universités d’Aix-Marseille vont conclure ou ont conclu il y a quelques instants un partenariat avec quatre universités tunisiennes ; et l’Ecole nationale supérieure des techniques avancées, avec l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis.

Ces accords sont des accords très originaux par leur démarche, parce qu'ils prévoient un cursus intégré entre, d'un côté, l'ENSTA, et de l'autre côté, l'ENIT. Ils établissent le contact entre entreprises et universités : l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise avec l’université de Tours ; la RATP avec l’Université de Sousse.

Ils répondent à une triple ambition : l'excellence des formations ; la codiplômation ; et la professionnalisation des cursus de l’enseignement supérieur, qui est absolument indispensable à l’harmonie de l’offre de formation avec les attentes du marché du travail.

Ces accords s’ajoutent à une liste prestigieuse d’établissements français de très haut niveau, qui ont établi des coopérations étroites avec la Tunisie. Je pense à l’Institut que l’Université de Paris-Dauphine est en train de créer à Tunis.

Et je veux vous dire qu'ils seront bientôt complétés par d’autres projets, d'autres très beaux projets, dont celui d’une école d’ingénieurs à Bizerte, pour laquelle nous avons signé il y a quelques instants un protocole d'accord qui prévoit la répartition de ses financements et qui va nous permettre d'enclencher ce projet qui avait été proposé par le président de la République lors de sa visite en avril dernier.

L’enjeu de tels accords pour la France et la Tunisie, au fond, c’est évidemment d’aboutir à une véritable circulation des élites entre nos deux pays.

La Tunisie a besoin de conserver ses forces vives. Elle a besoin de sa jeunesse, elle a besoin de ses experts. Mais elle a aussi besoin de leur donner une expérience, de leur donner une ouverture internationale. Et nous bénéficions sur ce point, pour réaliser ensemble ce défi, d'un instrument exceptionnel, d'un privilège qui est celui de la francophonie.

La francophonie entretient notre fidélité. Elle enrichit notre regard sur le monde et elle enrichit le monde de notre regard.
Nous partageons avec plus de 50 pays une langue d’échanges et de connaissance dont la mondialisation ne démode en rien l’originalité.

Le Français est une grande langue des sciences, une grande langue des technologies, de l’économie et de la culture. Elle conservera ce statut, qui est un statut porteur d’avenir.
Après tout, si on y réfléchit bien, la Francophonie, c’est peut-être la seule structure de dialogue nord-sud qui fonctionne vraiment depuis des années. Je veux qu’elle continue de s’inscrire dans le respect et dans la promotion de la diversité des cultures.
Les étudiants tunisiens, parce qu'ils sont francophones, ont une facilité particulière pour réussir leur arrivée en France. Je veux que tout soit fait pour que nous nous assurions qu’ils conservent le lien avec leur pays d’origine, et qu’ils lui apportent en retour le bénéfice de leur savoir-faire.

L'accord que nous avons signé en avril 2008 sur la gestion concertée des migrations et sur le développement solidaire, a été justement conçu par nos deux Gouvernements dans ce sens.
La création de doubles diplômes délivrés en Tunisie enrichit encore les formes de cette mobilité. A terme, elle donne à l’étudiant diplômé en Tunisie les mêmes facultés de séjour qu’à l’étudiant diplômé en France.
L’idée, c’est que nos rapports puissent régulièrement gagner en symétrie.
L’accord passé entre l’École Nationale Supérieure des Techniques Avancées et l’École Nationale d’Ingénieurs de Tunis va même plus loin, puisque cet accord prévoit qu’en 2e et 3e année, les étudiants effectuent chaque année un semestre de leur scolarité en France.
Je souhaite d’ailleurs que ce dispositif soit étendu aux étudiants français qui sont désireux d’effectuer une partie de leur scolarité en Tunisie.
Nous pensons que la réciprocité la plus poussée doit être, au fond, l’horizon de nos travaux.
A titre d’exemple, je voudrais remarquer avec vous que le premier laboratoire européen sur la recherche en sciences de l’environnement, le CEREGE de l’Université Paul-Cézanne à Aix, est en train de mettre sur pied son laboratoire « miroir » en Tunisie avec l’université de Sfax.

Le cadre de cette collaboration est bilatéral, et il comporte un échange permanent d’enseignants-chercheurs, de doctorants en double diplôme et de post-doctorants, mais aussi de transferts de technologie et de savoir-faire dans le domaine des géosciences de l’environnement.
Le premier chantier d’étude partagé a été choisi.
Il s’agit du golfe de Gabès, qui représente un enjeu majeur pour le développement de la Tunisie, à la fois du point de vue de la pêche, du tourisme, des ressources en eau douce et de l’agriculture.

Mesdames et messieurs,
Les grands défis du siècle semblent au fond se concentrer sur les deux rives de la Méditerranée : la réduction des écarts de développement ; la maîtrise des conséquences du changement climatique ; le dialogue des cultures et des religions, au sein d’une région qui n’ignore rien des affrontements sanglants auxquels des croyances divergentes peuvent donner lieu.
La Méditerranée, c’est un condensé des problèmes que l’époque nous soumet ; mais c’est aussi l’espace où le potentiel de développement apparaît le plus fort, et où l’effet d’une solidarité étroite peut être le plus rapide et le plus visible.

Sur ce constat, le président de la République française a fondé le projet d’Union pour la Méditerranée, auquel la Tunisie a été parmi les tout premiers partenaires à apporter son appui.

Je dois vous dire que l’écho rencontré par cette proposition en Tunisie ne nous a évidemment pas surpris.
Nos deux pays sont profondément conscients de l’immense apport des civilisations méditerranéennes, en termes de science, en termes de richesse des arts, d’organisation des sociétés. Ils partagent les mêmes ambitions d’une Méditerranée qui unit au lieu d’une Méditerranée qui divise, qui favorise les initiatives constructives au lieu de creuser le fossé des écarts de richesse et des incompréhensions.

Ils savent aussi que la construction d’un espace commun de développement sera longue, qu'elle sera semée d’imprévus. Mais au fond, si ce n'était pas le cas, cela signifierait qu'il ne s'agit pas d'un vrai projet parce que tous les vrais projets comportent les mêmes embûches et les mêmes difficultés.

Notre ambition, c’est justement de démentir toute impression d’impuissance, toute impression de découragement.
C’est de mettre en place un cadre accepté par tous, dans lequel des coopérations souples et inventives deviendront possibles.
La souplesse des participations, la souplesse des financements, la convergence des fonds publics et privés ; tous ces objectifs qui semblaient hier utopiques sont désormais à notre portée, en particulier grâce à la structure de coopération méditerranéenne que nous sommes en train de mettre en place.

Face aux menaces de la crise économique mondiale, face à la menace du changement climatique, à celui de la dégradation de l’environnement ou de la montée de l’intolérance, l’Union pour la Méditerranée dessine une réponse qui est une réponse collective et qui est une réponse pragmatique.
Ce projet n’apporte pas de solution toute faite à ces menaces ; mais il construit le cadre dans lequel nous allons les affronter ensemble.
Les évènements qui se sont produits à Gaza ont – et c'était naturel -ralentit sa mise en œuvre de ce projet. Je veux vous dire que loin de nous bloquer, ces difficultés confirment au contraire l'urgence, l’importance de mettre en œuvre des projets concrets qui soient capables de cimenter une véritable solidarité entre les peuples.
Au moment même où nous parlons, et où nous allons dialoguer ensemble, ici, à Tunis, une réunion dans le cadre de l'Union européenne et de l'UPM se tient sur le dialogue politique. J'espère qu’elle va ouvrir la voie à une relance des travaux et que les réunions ministérielles pourront se tenir dans les prochains mois.
Il est en effet grand temps, de se consacrer aux projets concrets de coopération, dans les six domaines prioritaires que nous avons identifiés : la dépollution ; les autoroutes maritimes et terrestres ; le développement de l’énergie solaire ; l’enseignement et la recherche ; la protection civile et le développement des PME.

Nous avons déjà lancé une multitude de chantiers nouveaux sur les deux rives de la Méditerranée, à l’initiative, la plupart du temps, de la société civile, notamment en Tunisie, dans le cadre du plan solaire méditerranéen. Les financements commencent à être identifiés. Je crois que ces dossiers témoignent de la force des énergies qui entourent cette nouvelle approche de nos relations et je suis convaincu de la capacité de la Tunisie à conduire ces projets.

Je veux vous dire que je fais confiance à votre jeunesse pour en être l’animatrice, avec le soutien et avec l’amitié constante de la France.
A vous qui serez demain les acteurs du XXIème siècle, je vous demande de croire à l’union méditerranéenne.
Face aux hésitations, face aux habitudes, je vous invite à porter les idéaux d’un monde méditerranéen ouvert, moderne et fraternel.
Je vous invite à imaginer et à bâtir ce symbole d’unité et de respect mutuel qui démentira tous les extrémistes qui misent, au contraire, eux, sur le choc des civilisations.
Si nous le voulons, entre l'Occident et l'Orient, nous poserons les bases d’une nouvelle histoire méditerranéenne.  
L’amitié et la grandeur de nos deux nations légitiment ces espoirs.

Je veux vous dire que dans le présent comme dans l’avenir, nous sommes ensemble.

Vive la Tunisie et vive la France !


version écrite du discours de clôture du Forum économique

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de l'UTICA,
Mesdames et Messieurs,
Je n'ai pas besoin de rappeler devant vous et après tout ce qui vient d'être dit, la complicité qui existe entre la France et la Tunisie. Cette complicité qui m'autorise à vous dire que je me sens au fond un peu, ce matin, dans ma famille. Dans les jours fastes comme dans les épreuves, nous avons toujours su lier notre sort et réagir ensemble. Nous sommes dans une épreuve. Nous vivons une crise mondiale majeure et Monsieur le Président ce n'est pas faire preuve de trop de pessimisme que de rappeler que notre monde n'a pas été confronté à une crise de cette ampleur depuis très longtemps. Nous ne savons pas où cette crise nous mènera, nous ne savons pas combien de temps elle durera. Nous ne savons pas quelle est la longueur de la partie basse du "U" que vous évoquiez à l'instant. Mais ce que nous savons c'est que nous devons nous battre ensemble pour apporter les solutions qui permettront à la France, à la Tunisie de sortir renforcées de cette crise. C'est-à-dire, Monsieur le Premier ministre, de jouer à fond l'opportunité, le changement, les réformes que la crise nous donne l'occasion de mettre en œuvre. A l'issue de cette crise, comme dans toutes les crises il y aura des gagnants et des perdants et la hiérarchie des Nations sera substantiellement modifiée. Il y aura des Nations qui auront fait face avec sang froid et volonté ; et puis il y aura celles qui auront cédé à l'illusion du court terme et de la facilité et celles-là paieront cher les décisions qu'elles auront prises ou qu'elles n'auront pas prises pendant la crise. Une chose est certaine, aucune Nation ne peut espérer s'en sortir en faisant cavalier seul. Les liens exceptionnels que nous avons tissés entre la France et la Tunisie au fil des années et la confiance qui nous rassemble peuvent et doivent nous rendre beaucoup plus forts dans l'adversité. C'est en tout cas Monsieur le Premier ministre, le sens de ma visite aujourd'hui en Tunisie. L'amitié si ancienne et si profonde qui existe entre nos deux pays est un atout. L'amitié et le partenariat économique ne sont pas en effet deux réalités distinctes. Mais ce sont deux facettes d'une même volonté de progresser ensemble. Tout rapproche nos pays, nous parlons la même langue, nos populations sont mêlées, nos universités développent de façon spectaculaire les cursus croisés. La France, vous l'avez rappelé, est votre premier client et votre premier fournisseur. Elle est le premier employeur étranger en Tunisie avec 1.200 entreprises qui emploient plus de 100.000 personnes. 600.000 Tunisiens ou Franco-Tunisiens vivent en France. 80.000 visas sont délivrés chaque année. 10.000 jeunes Tunisiens étudient en France et je le dis parce que le ministre tunisien qui m'accompagnait  hier, en était surpris, ce sont les étudiants tunisiens qui sont les étudiants étrangers les plus nombreux dans notre prestigieuse Ecole Polytechnique.
Les échanges commerciaux entre nos deux pays sont supérieurs à 7 milliards d'euros par an. Pour donner un ordre de grandeur, ce sont des échanges qui dépassent de loin ceux de la France avec le Brésil, ou avec l'Inde, ou avec la Corée dont il n'est pas désobligeant de dire que ce sont des pays qui ont plus d'habitants que la Tunisie. Ce partenariat déjà riche, nous avons Mesdames et Messieurs, le devoir de le développer encore et de le développer par une nouvelle stratégie économique commune. Nous voulons insister en particulier sur l'investissement et sur l'innovation qui sont au demeurant les deux axes majeurs du plan de relance que mon gouvernement met en œuvre en France pour lutter contre la crise.
La visite du Président de la République en avril 2008 a donné un nouvel élan à notre collaboration, je veux vous dire que tous les engagements qui ont été pris lors de cette visite ont été tenus. Et j'ai assisté hier avec vous, Monsieur le Premier ministre à la signature de plusieurs accords qui concrétisent ces engagements. Je veux évoquer les deux conventions financières dans le domaine des infrastructures et de l'eau. Je veux évoquer notre accord de coopération dans le domaine nucléaire civil, qui a été paraphé l'an dernier et qui représente un changement de dimension de la coopération à la fois économique, industrielle et en terme de recherche entre la France et la Tunisie. Au fond, nous mettons en commun nos compétences qui sont parmi les premières du monde, dans ce domaine si essentiel de l'énergie nucléaire. D'ailleurs au passage, c'est l'occasion pour moi de dire combien les dirigeants de notre pays il y a trente ans, ont pris les bonnes décisions s'agissant de miser sur l'énergie nucléaire dont chacun reconnaît aujourd'hui qu'elle est pour longtemps une solution d'avenir tant sur le plan environnemental que sur le plan du développement économique et énergétique.
Et puis Monsieur le Premier ministre, il y a quelques instants, le Président de la République tunisienne Zine El Abidine BEN ALI, a donné son accord pour que soit mis en place un protocole pour la fourniture de seize rames de métro, pour un montant de quatre-vingt cinq millions d'euros. J'ajoute un accord qui a été signé hier, qui n'était pas non plus tout à fait prévu dans l'ordre du jour de notre visite, il s'agit de l'accord de financement et de préfiguration de l'Ecole d'Ingénieurs de Bizerte qui avait été annoncé par le Président de la République. Le gouvernement français s'est engagé sur un financement de quinze millions d'euros ; nous allons mettre en place dans les prochains jours, ensemble, les moyens techniques pour construire ce projet et faire en sorte qu'il sorte de terre le plus rapidement possible.
Nous avons signé hier un partenariat global dans le domaine des transports urbains et ferroviaires. Et enfin, un accord a été signé pour la livraison anticipée de deux AIRBUS A.320 sur ceux qui avaient été commandés à l'occasion de la visite du Président de la République il y a un an.
S'agissant des transports urbains et ferroviaires, il s'agit de partager l'expérience et les coopérations industrielles. Il s'agit de valoriser la bonne coopération entre l'opérateur tunisien FRASTU et les entreprises françaises dont beaucoup sont présentes aujourd'hui, ici. Les financements français, qu'ils soient concessionnels ou non, sont largement mobilisés pour soutenir les grands projets tunisiens et comme je vous l'ai dit, dans le cadre même du plan de relance, que mon gouvernement à mis en place, nous avons affecté une enveloppe de sept milliards d'euros, au financement des grands projets qui permettent aux entreprises françaises, dans cette période difficile, de faire les offres les plus attractives possibles en termes de financement.
Mais nous voulons aller plus loin et nous voulons bâtir dans la durée, en misant sur l'éducation, sur la formation et sur l'innovation. Hier, nos ministres de l'Education, nos présidents d'Universités et plusieurs dirigeants d'entreprises ont signé de très nombreux accords. Nous nous donnons ainsi les moyens d'offrir à nos jeunes les compétences professionnelles et culturelles qui renforceront la compétitivité de nos pays. Et en même temps la fraternité entre nos peuples.
Nous avons décidé pour cela de mobiliser par anticipation les quarante millions d'euros de subventions prévus pour la formation professionnelle dans l'accord de gestion concerté d'immigration et de développement solidaire qui sera ratifié dans quelques jours par le Parlement français. La Tunisie a été le premier pays émergent avec lequel nos pôles de compétitivité ont noué des relations très étroites, notamment dans le domaine des nouvelles technologies, dans celui du textile et dans celui de l'agro-alimentaire. Ces partenariats sont féconds, ils s'enrichissent chaque jour, comme en témoignent les nouveaux textes qui ont été signés hier en ma présence, ou ceux qui seront signés plutôt, cet après-midi, au pôle
El-Rasala. Ce sont des coopérations très concrètes. Il s'agit de nous rendre plus forts, ensemble, sur les marchés asiatiques ou sur les marchés américains, en conjuguant nos forces, en conjuguant nos spécificités, comme l'illustrent les succès de TELNET, que j'aurai l'occasion de visiter cet après-midi.
Je suis heureux qu'à côté de nos grandes entreprises, les PME françaises et tunisiennes trouvent de plus en plus leur place dans ces accords. Aujourd'hui, près de mille PME françaises sont installées en Tunisie. Neuf mille y exportent. Et dans le même temps, deux mille cinq cents entrepreneurs tunisiens sont actifs en France. Pour accompagner ce formidable potentiel, nous avons mis en place hier, une ligne de crédit de quarante millions d'euros pour l'achat de produits français, par des PME tunisiennes exportatrices. C'est la première fois que la France met en place un programme de ce type. J'ai la conviction qu'il sera un succès.
Mesdames et Messieurs, cette crise mondiale exige de nos gouvernements, des politiques raisonnables et des politiques responsables. La Tunisie, grâce à une gestion prudente, grâce à des fondamentaux solides, présente des résultats impressionnants. Elle cherche à préserver un équilibre entre l'accélération des réformes, l'intégration dans l'espace euro-méditerranéen, l'amélioration des ressources humaines et le respect des équilibres économiques et sociaux. C'est ce qui lui vaut une bonne notation sur les marchés internationaux des capitaux, comme auprès des investisseurs étrangers même si, Monsieur le Premier ministre, il faut prendre avec beaucoup de réserve les « ratings » des agences de notation après les grands succès qui ont été les leurs ces dernières années.
Pour autant, aucun pays n'est épargné par les retombées de la crise financière sur l'économie réelle, et nous avons eu l'occasion de nous en entretenir ensemble. Partout se fait sentir le ralentissement des exportations et le tarissement des entrées de capitaux. Nous avons pris face à cela, des initiatives en Europe lorsque la France présidait l'Union européenne et encore maintenant au sein du G.20, à l'occasion de la réunion de Londres et dans la préparation des prochains rendez-vous. Tout au long de ces débats, tout au long de ces initiatives, la France n'a jamais cessé de consulter ses partenaires et notamment ceux d'Afrique et du Maghreb et singulièrement, la Tunisie. La France continuera à le faire parce que nous sommes convaincus que dans cette crise c'est aussi une certaine idée du monde, de son organisation, de sa gouvernance, de sa prospérité globale qui est en train de se jouer. Qu'est-ce que nous voulons ? Nous voulons d'abord une nouvelle régulation financière internationale. Et nous nous sommes battus à Washington, à Londres, parfois vous avez pu le constater, avec des difficultés considérables pour qu'on n'oublie pas cette crise. C'est trop facile de dire : pour le moment il y a la crise, alors il faut se concentrer sur la crise et puis on parlera plus tard de la régulation financière internationale, alors que nous savons tous ici par expérience que quand la crise sera terminée, personne ne voudra plus parler de la régulation financière internationale.
Alors c'est vrai que les établissements financiers de nos pays se sont plutôt mieux tenus que d'autres. Bon, je peux peut-être faire sourire une seconde l'assistance Monsieur le Premier ministre, en racontant l'explication que donne le Président BERLUSCONI, de cette solidité des établissements bancaires du Sud de l'Europe. Il dit : "on a été meilleurs parce qu'on ne parle pas l'anglais". Il faut en effet remettre au cœur du marché ces principes qui n'auraient jamais dû être oubliés : la transparence, la responsabilité et je sais que la Tunisie est autant attachée que la France à ces principes. Ensuite nous voulons un pouvoir mieux réparti, qui prenne mieux en compte la voix des pays émergents. Et je voudrais souligner devant vous le combat qui est celui de la France et qui est particulièrement celui du Président SARKOZY, depuis deux ans, pour obtenir la réforme des institutions internationales. Nous ne pensons pas que le monde doive continuer à être géré comme il l'était au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, comme s'il ne s'était rien passé depuis la Seconde Guerre Mondiale, comme si le monde n'avait pas changé ; comme s'il n'y avait pas de nouveaux pays émergents. Comme si les cartes n'avaient pas été redistribuées par la mondialisation. C'est un combat que la France mène, c'est un combat personnel du Président SARKOZY, c'est un combat que nous devons ensemble réussir à gagner.
Ca veut dire quoi ? Ca veut dire la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ca veut dire la réforme de la gouvernance des Institutions financières internationales. Ca veut dire que le G.8 n'a plus de sens et qu'il doit désormais s'élargir pour faire en sorte que toutes les grandes régions du monde soient rassemblées dans les forums où l'on essaie d'imaginer des règles nouvelles pour l'organisation économique de notre planète.
Nous refusons de toutes nos forces le protectionnisme et le repli sur soi parce que nous savons que le protectionnisme et le repli sur soi ont été les grands accélérateurs de la crise des années 30. Ce sont des tentations récurrentes qui sont parfois compréhensibles, qui empruntent des voies de plus en plus détournées et inavouées. Ce sont en général les pays qui sont les plus vigoureux dans la dénonciation du protectionnisme qui sont les plus aptes à mettre en œuvre des réglementations discrètes pour faire en sorte que ce protectionnisme soit le plus étanche possible. Mais il faut être lucide. Le protectionnisme, quelles qu'en soient les modalités, ne peut qu'aggraver la crise.
Enfin, il nous faut ensemble lutter contre le tarissement des financements internationaux qui sont si cruciaux pour le développement des pays émergents. Le G.20 de Londres a pris de ce point de vue des décisions majeures. Nous avons décidé de tripler les moyens du Fonds monétaire international pour aider les pays confrontés à des crises de financement extérieur. Nous avons obtenu l'augmentation de cent milliards de dollars, des engagements des banques régionales et multilatérales de développement ; et la mobilisation des banques de développement et des agences de crédit à l'exportation pour maintenir le financement du commerce international.
La France, je vous le confirme, malgré les difficultés financières que la crise fait peser sur son propre budget, maintiendra intégralement son effort financier pour le développement économique et social de la Tunisie. Votre pays est le premier bénéficiaire au monde, des prêts de l'Agence française de développement. Eh bien au moment où les marchés de capitaux deviennent plus incertains, la Tunisie doit savoir qu'elle peut compter sur cette ressource.
Et puis nous continuerons de plaider auprès de nos collègues européens pour maintenir et pour augmenter les flux financiers communautaires vers la Tunisie. Mais la crise, Mesdames et Messieurs, ne doit pas nous empêcher de nous projeter vers l'avenir. Je dirai même qu'elle rend plus nécessaire que jamais une réflexion sur le monde que nous voulons construire. La vraie priorité c'est une mondialisation plus équilibrée, c'est une mondialisation plus multilatérale. Et dans cet esprit, il faut que les grandes régions du monde renforcent leur cohérence pour que ce monde multilatéral puisse fonctionner. Le Maghreb ne peut pas échapper à cette règle. La France est prête à accompagner la Tunisie dans l'approfondissement de ses relations avec l'Europe. Les négociations qui s'ouvrent sur la libéralisation des services et du commerce agricole et sur le partenariat renforcé, doivent en être l'occasion. L'Union pour la Méditerranée avec ses projets à géométrie variable est aussi un instrument très important de cette intégration régionale à l'échelle des défis que recouvre notre mer commune. Alors bien sûr, la crise de Gaza rend plus compliquée la mise en œuvre de l'Union pour la Méditerranée mais, je viens d'ailleurs de m'en entretenir avec le Président BEN ALI, nous partageons l'idée qu'on ne doit pas s'arrêter à cette crise car l'Union pour la Méditerranée ce n'est pas le problème, c'est la solution. Et c'est bien en mettant en œuvre cette solution parmi d'autres, que nous pourrons surmonter toutes les crises du Bassin méditerranéen et à commencer par celle qui a la responsabilité la plus lourde dans les difficultés, dans les violences, dans les conflits, qui ont si longtemps perturbés le développement de ce Bassin méditerranéen.
La Tunisie s'associe au plan solaire méditerranéen, elle s'associe au projet d'autoroutes de la mer ; à l'interconnexion des réseaux électriques. Le Président BEN ALI a parfaitement ressenti l'utilité et la légitimité de cette aventure commune qu'il nous faut conduire et concrétiser.
Il y a des siècles, la Méditerranée a été l'un des foyers les plus éblouissants de la civilisation humaine. Eh bien aujourd'hui, il nous faut justement penser, déjà, le monde de la deuxième moitié du XXIème siècle. Il nous faut le construire nous-mêmes si nous ne voulons pas subir la marche des évènements. La France et avec elle l'Europe, a fait le choix d'amplifier sa relation prioritaire avec ses voisins du Sud. A nous, Monsieur le Premier ministre, de faire de la Méditerranée un nouveau pôle de stabilité, de partenariats, d'innovations et de progrès. A nous de faire converger nos prodigieuses ressources naturelles, culturelles, intellectuelles pour construire un destin commun. Je vais vous dire, Mesdames et Messieurs, que la France croit profondément à ce projet. Elle s'y engage pleinement et elle est heureuse de trouver dans la Tunisie un partenaire de choix, un partenaire fidèle, un partenaire audacieux, avec lequel nous pouvons progresser dans le respect mutuel et dans l'amitié.
Je vous remercie.

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article

commentaires

Mes vidéos

Fil Twitter

Recherche