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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 18:23

François Fillon, Premier ministre, fait le point sur le plan de relance à l'occasion de son déplamcent à Mulhouse le lundi 27 avril 09.

Messieurs les Ministres, Mon cher Jean Marie,
Patrick DEVEDJIAN et Laurent WAUQUIEZ,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président du Conseil Régional, mon cher Adrien - je le cherche des yeux, mais je ne le trouve pas -,
Monsieur le Président du conseil général du Haut-Rhin,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,

Dans la crise que nous traversons, au fond, le plus important, c'est d'être rassemblés. C'est d'être rassemblés au-delà de nos différences politiques. Nous avons besoin de faire preuve de responsabilité. Nous avons besoin de faire vivre le dialogue social. Nous avons besoin de courage, et nous avons besoin de solidarité.

Dans l’épreuve, la force de nos valeurs républicaines doit s’affirmer, et je suis heureux de le dire ici, à Mulhouse, où je sais, cher Jean-Marie, que les valeurs de l’unité et du civisme ont du sens. 
Nous sommes dans un moment difficile, mais notre pays a pris les décisions nécessaires.
Avec le plan de relance que nous avons mis en place, dont je viens aujourd'hui, comme presque chaque semaine, illustrer la mise en œuvre sur le terrain, nous avons pris les mesures qui vont nous permettre de tenir le choc de la crise. Mais surtout, ce que nous voulons, c'est que les mesures que nous sommes en train de prendre pour relancer notre économie, servent surtout à rendre notre pays plus performant quand on sortira de la crise. Surmonter cette crise, c'est une chose, sortir de la crise en n'étant pas à terre comme le seront sans doute un certain nombre d'économies dans le monde, c'est évidemment un défi très important à relever.

La ville de Mulhouse, monsieur le Maire, joue le jeu de la relance
Vos projets sont dignes d’une ville qui parie à fond sur son développement, et d’abord sur ses infrastructures, pour devenir une des portes de l’Europe.

Plusieurs chantiers sont emblématiques de la relance nationale, mais aussi de la relance alsacienne. Je veux en féliciter tous les élus qui ont affronté avec beaucoup de détermination les exigences des derniers mois.
L’Alsace a en effet ressenti très tôt les contrecoups du ralentissement économique allemand et elle n’a pas hésité à réagir.
Ses deux conseils généraux ont voté leurs propres plans de relance, la ville de Colmar également. Quant au plan de relance du Conseil régional, il prévoit 273 millions d’euros de dépenses, soutenant un milliard d’euros d’investissements. Je sais évidemment tout ce que ce volontarisme exceptionnel doit à l’engagement d’Adrien ZELLER.
Grâce à lui et grâce à vous tous, je crois que l'on peut dire que l’action de l’Alsace est exemplaire.

Ce plan de relance, Arlette GROSSKOST le connaît à la perfection, puisqu’elle a en a été le rapporteur à la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Je veux à cette occasion saluer le travail précieux qu’elle a fourni.

Ce plan est un plan massif. Avec 26,5 milliards d’euros, il représente 1,3% de notre produit intérieur brut. On a beaucoup entendu, même si on l'entend un peu moins depuis quelques semaines, que ce montant était insuffisant, au regard des plans étrangers. D'abord c’est faux ! Parce qu'on ne compare pas des choses qui sont comparables. Nous avons dans notre pays un système de protection sociale très complet et nous avons une fiscalité qui est très élevée. Et lorsqu'on aborde une période difficile comme celle que traverse notre économie, il y a deux conséquences immédiates, une baisse très forte des recettes fiscales et une augmentation très forte des dépenses sociales ; c'est ce que l'on appelle les amortisseurs sociaux, qui représentent aujourd'hui près de 30 milliards d’euros supplémentaires, c'est-à-dire de dépenses publiques supplémentaires qu'il faut ajouter naturellement à notre plan de relance. D'ailleurs c'est assez curieux d'entendre parfois comparer notre plan de relance à celui des Etats-Unis, comme si le modèle américain tout d'un coup se mettait à séduire, ceux qui pourtant en général étaient assez critiques à son égard. Aux Etats-Unis il n'y a pas de contrat de travail. Aux Etats-Unis, il y a 6 semaines de chômage ; aux Etats-Unis il n'y a pas de revenu minimum d'insertion. Et encore moins naturellement de revenu de solidarité active ; quant au système de protection sociale, chacun sait qu'il laisse de coté des millions de gens. C'est un peu curieux de vouloir que notre plan de relance, finalement, ressemble à celui de ce pays. Chacun a ses spécialités, chacun a fait ses choix. Nous nous avons un plan de relance qui est un plan de relance massif, et, dont l'essentiel de l'effort est consacré à la modernisation des infrastructures publiques de notre pays. Et donc, plus que le débat sur le volume, au fond, ce qui est absolument essentiel, c'est le débat sur la mise en œuvre. Un beau plan de relance qui sera mis en œuvre en 2010 ou en 2011, cela ne servira pas à grand-chose, pour nous sortir de la crise dans laquelle on se trouve aujourd'hui. C'est pourtant le cas d'un certain nombre de plans de relance d'autres pays européens aujourd'hui.

Il faut agir vite. Il faut agir de manière ciblée. Sur les mesures de soutien à l’activité, le plan de relance vient épauler une baisse générale des prélèvements obligatoires, qui a été accentuée par la deuxième loi de finances rectificative, qui s’élèvera à plus de 11 milliards d’euros pour la période 2008-2009. C'est-à-dire que l'Etat va prélever sur les contribuables 11 milliards d'euros de moins en 2008 et 2009.
Au total, c'est plus de 50 milliards d’euros qui seront dirigés vers le soutien de l’activité et vers les revenus les plus modestes.

Au moment d'affecter ces moyens, le Gouvernement a fait le choix de privilégier l’investissement.
Pourquoi ? D'abord parce nous sommes un pays très endetté, et ce  n'est pas une  nouveauté, nous sommes endettés depuis, j'allais dire presque toujours ; cela fait  34 ans ou 35 ans aujourd'hui que notre pays n'a pas été en mesure de voter un budget en équilibre. Eh bien, si nous avions fait le choix d'accroître cet endettement pour des dépenses immédiates, pour des dépenses qui n'auraient en rien amélioré la compétitivité de notre pays, alors nous serions irresponsables. Parce que nous ferions payer aux générations qui vont nous suivre, en les mettant elles-mêmes devant de grandes difficultés économiques, des mesures, allez disons-le, assez démagogiques, destinées plus à la gesticulation politique qu'à la gestion réelle de la crise que nous rencontrons. Nous avons accepté d'accroître l'endettement de notre pays, mais en consacrant tous nos efforts à des investissements publics, à des investissements dans la recherche, à des investissements dans les infrastructures de transports, à des investissements dans les infrastructures en matière de formation, pour faire en sorte que, quand nous sortirons de la crise, certes nous aurons accru notre endettement, mais nous aurons aussi un territoire plus compétitif, qui nous permettra de mieux affronter la sortie de crise et de mieux saisir les souffles de la relance.
Sur les 10,5 milliards d’euros qui vont aller à l’investissement, 4 sont réservés à des secteurs aussi essentiels que les infrastructures, les universités, les industries, et le patrimoine. Et ce montant sera doublé par 4 milliards d’euros d'investissement des entreprises publiques qui ont déjà démarré.

Je veux évidemment  souligner ici, devant vous, l’apport considérable des collectivités locales.
Depuis sa mise en place, le remboursement anticipé de la TVA a rencontré des résultats très très supérieurs à nos prévisions.
Aujourd’hui, 13.600 collectivités ont déjà signé une convention, pour un total de 35 milliards d'euros.
Toutes se sont engagées à accroître leurs investissements en 2009, dans des proportions qui représentent une augmentation de 55% par rapport à la moyenne des années 2004-2007.

Derrière ce chiffre, il faut évidemment considérer les commandes adressées aux entreprises de toutes tailles, les emplois qui sont maintenus, les nouveaux services qui sont offerts…

Je vais évidemment illustrer mon propos avec l'exemple alsacien, puisqu'au 17 avril, 361 conventions y avaient été signées, pour un montant total d’1 milliard d’euros – c'est 1 milliard d'euros d'investissements. Aux 273 millions d’euros du Conseil régional s’ajouteront prochainement les 220 millions d’euros du Conseil général du Haut-Rhin et les 260 millions du Conseil général du Bas-Rhin. Et nous allons dans quelques minutes améliorer ce score en paraphant deux nouvelles conventions.

Il y avait 21 collectivités qui étaient prêtes à signer aujourd’hui. Cela aurait peut-être  été un peu long de procéder à 21 signatures, et donc par commodité, et pour des raisons symboliques, nous en avons choisi deux : Mulhouse, 112 000 habitants, et Hecken, 467 habitants, dont je salue le maire. Je pense que l’écart entre ces deux villes est le signe que notre plan de relance se diffuse à tous les échelons de notre territoire.

Alors où est-ce qu'il en est, ce plan de relance, dans sa mise en œuvre ?

Grâce à l’impulsion de Patrick DEVEDJIAN, il est pleinement entré dans sa phase opérationnelle. Au jour d'aujourd'hui, plus de 6 milliards d’euros d’autorisations d’engagement ont été mis à la disposition des ministères et des très nombreux opérateurs qui sont chargés de sa mise en œuvre.
Par leurs différents canaux, c'est plus de 3 milliards d’euros de crédits de paiement  qui ont déjà été délégués, et 1,4 milliards qui ont déjà été payés.
C’est un chiffre qui évidemment doit progresser encore, mais qui se manifeste déjà par des démarrages de chantier sur tout le territoire national.

J'avais annoncé le 2 février dernier, à Lyon, 1.000 projets sélectionnés pour leur capacité à démarrer immédiatement.

Ils apportent en Alsace plus de 90 millions d’euros, au titre des seuls investissements publics.
47 iront aux infrastructures de transports ; 29 à l’enseignement supérieur et à la recherche ; 12 au patrimoine. S'agissant de l’immobilier d’État, une enveloppe de 4,2 millions d’euros est dévolue à l’Alsace, enveloppe sur laquelle 9 opérations devraient démarrer avant la fin du mois de mai.

Je me réjouis de voir ces projets entrer dans une phase opérationnelle.
Je vais prendre l'exemple du calendrier de la ville de Strasbourg, qui est particulièrement parlant :
à partir de mai, restauration du massif occidental de l’église Saint-Paul ;
à partir de juin, restauration des vitraux de la cathédrale et travaux de couverture du palais du Rhin ;
et à partir de septembre, début des acquisitions foncières nécessaires à l’aménagement de la rocade sud, dont les études sont en cours.

Je sais combien les élus alsaciens portent avec beaucoup de foi ces projets d’infrastructures.
Je veux vous dire que le Gouvernement met tout son poids pour faire en sorte qu'ils soient menés à bien dans les délais qui sont prévus.

Strasbourg n’est qu’un exemple de ce qui s’organise à travers toute l’Alsace.
En 2010, débuteront les travaux pour la deuxième phase de la LGV Est-européenne qui mettra Paris à 4h30 de Munich. Les négociations financières qui la concernent devront aboutir le mois prochain sous l’égide du missionnaire que nous avons mandaté, Claude LIEBERMANN.
RFF pourra alors engager avant l’été les appels d’offres pour le génie civil, et débuter les travaux au second semestre 2010.
En 2011, la première phase de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône entrera en fonction. L’accélération du volet ferroviaire des contrats de projet ouvrira les crédits nécessaires à la création du raccordement court de Mulhouse, qui est inscrit au contrat de projet 2007-2013 de la région. Elle améliorera de manière très significative la capacité du nœud ferroviaire de la ville.
Quant à la deuxième phase de cette branche Est, je vous annonce, après le maire de Mulhouse, que Monsieur Philippe PEYRONNET, ingénieur général des Ponts et chaussées, vient d’être désigné par le Gouvernement pour élaborer un plan de financement entre l’Etat, RFF et les collectivités locales.
Il sera naturellement appuyé par Claude LIEBERMANN, afin d’assurer une parfaite coordination entre les deux projets.

J'ai lancé ici même, les travaux pour l’ouverture d’une ligne nouvelle du tram-train ; en tous cas, j’ai visité avec beaucoup d'intérêt le chantier.
Ils seront aussi engagés dans quelques semaines pour la réfection des façades du musée de l’Automobile.
Mulhouse a le privilège d’accueillir plusieurs grands établissements culturels : la Cité de l’Automobile, qui figure parmi les temples mondiaux pour les amateurs de belle mécanique et dans les allées desquelles j’ai passé quelques moments trop brefs ; la Cité du Train, principal musée ferroviaire français ; le musée de l’EDF, le premier du pays et le musée de l’Impression sur étoffes...
Je sais que Mulhouse a reçu l’an dernier le label « Ville d’Art et d’Histoire ». Cela est mérité et cela doit être plus largement connu de nos concitoyens.

Je reviens aux grands investissements du plan de relance, qui ne seraient pas complets évidemment sans la contribution essentielle des entreprises publiques.

Dans le Haut-Rhin, EDF réalise des travaux sur les sites hydroélectriques de Kembs et d’Ottmarsheim, ainsi que sur la centrale nucléaire de Fessenheim.
A Altkirch, la Poste rénove son centre de distribution du courrier.
A Bischheim, la SNCF accélère des opérations de rénovation et d’entretien à mi-vie sur la ligne TGV pour plus de 100 millions d’euros.
Partout, la bataille s’organise pour réinjecter du carburant dans l’économie française, tout en restaurant la compétitivité de ses équipements.

Cette bataille, nous la livrons aussi en faveur des entreprises et de la solidarité nationale. Pour dynamiser notre soutien à l’activité, nous avons rapproché OSEO et l’Agence de l’Innovation Industrielle, et nous avons considérablement renforcé les moyens de cet ensemble. Depuis peu, OSEO offre aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire, un nouveau régime de garantie bancaire, qui peut couvrir jusqu’à 90% du montant de leurs financements.
Chaque fois que cela est possible, nous essayons de faire en sorte que l'aide de l'Etat ne couvre pas une entreprise ou des entreprises, mais l’intégralité d'une filière.

Je veux prendre l’exemple du secteur automobile.
Aujourd’hui, les équipementiers et les sous-traitants représentent 70% de la valeur des véhicules qui sont produits sur notre territoire. Ils méritent donc notre soutien au même titre que les grands constructeurs.
Ce raisonnement est à la base du Pacte automobile que nous avons annoncé en février dernier, et qui mobilise tous les leviers disponibles, à commencer par des prêts participatifs de 6,5 milliards d’euros, et par un fonds sectoriel de 600 millions d’euros, particulièrement destiné, exclusivement destiné, aux petites et moyennes entreprises.


A la fin du mois de mars, 34 millions d’euros ont déjà été versés aux particuliers et aux concessionnaires, au titre de la prime à la casse, que plusieurs de nos partenaires européens, après nous avoir regardés avec un peu d'étonnement, sont en train d’adopter avec empressement.
Compte tenu du délai entre la vente et le remboursement, il est probable que le chiffre de 100.000 primes soit d’ores et déjà dépassé, avec des conséquences positives évidemment pour les ventes des industriels français, mais aussi pour les économies d’énergie, puisqu'on remplace des véhicules par des véhicules moins polluants, et pour la sécurité de nos routes. Pour la seule région Alsace, plus de 6.500 de ces primes ont déjà été versées.

Nous avons mis en place un Fonds stratégique d'investissement, doté de 20 milliards d’euros, et qui est désormais opérationnel.
Il a déjà à son actif 5 interventions auprès d’industriels français, pour lesquelles 490 millions d’euros ont été versés. Adrien ZELLER, qui n’est jamais en retard d’une initiative pour défendre le tissu économique de sa région, réfléchit - je le sais, parce qu'il me l'a dit - à une déclinaison de ce Fonds à l’échelon régional.
Il souhaite que le Conseil régional puisse prendre des participations dans les fonds propres des entreprises. C’est une idée séduisante, que je l’invite naturellement à approfondir et pour laquelle je mets à sa disposition tous les moyens d'expertise dont il aura besoin.
Enfin, le remboursement aux entreprises de leurs excédents d’impôts ou du crédit impôt recherche s’accélère. Depuis le 1er janvier, l'ensemble de ces mesures fiscales qui visent à réinjecter de la trésorerie dans les entreprises françaises a déjà  dépassé les 6 milliards d’euros.

Nous tenons, Mesdames et Messieurs, l’équilibre entre l'effort sur les investissements productifs et la solidarité, la solidarité que nous devons à nos concitoyens qui sont touchés par cette crise économique. Elle s’exprime au travers du logement et au travers de l’emploi.

Cette année les collectivités du Haut-Rhin et du Bas-Rhin financeront 600 Pass fonciers en faveur de l’accession à la propriété. Les comités régionaux de l’habitat ont été réunis en février et en mars, pour répartir leurs objectifs par territoire de compétence. Celui de l’Alsace est désormais de 3.500 logements.
Pour créer un effet d’accélération, une prime de 1.000 euros sera versée aux 15.000 premiers logements sociaux créés en France avant le 30 juin.

Depuis le 15 janvier, le prêt à taux zéro doublé est en place et nos premiers échanges avec les organismes de crédit montrent que ce prêt à taux zéro contribue de façon très importante à redynamiser les achats dans le neuf.
Dans l’ancien, l’Agence Nationale d’Amélioration de l’Habitat a engagé une vingtaine de millions dans des opérations immédiatement visibles. Et une dotation supplémentaire de 3,45 millions d’euros sera versée pour dynamiser ses opérations  programmées dans votre région.

Enfin, l’Agence nationale de rénovation urbaine a finalisé l’affectation des 350 millions d’euros supplémentaires apportés par le plan de relance. Ces crédits vont relancer des opérations qui étaient bloquées jusqu’ici par manque de financements.
Ils ont de ce fait un effet de levier très important, puisque 4 milliards d’euros de travaux supplémentaires devraient être engagés grâce à cet apport de l'ANRU. Les premiers avenants sont signés, et l’Alsace bénéficie d’une dotation de 6,5 millions d’euros supplémentaires.

Naturellement, dans l’épreuve, nous devons renforcer notre pacte social.

Les mesures qui avaient été annoncées par le Président de la République à l'issue du sommet social du 18 février dernier sont désormais traduites dans le collectif budgétaire pour 2009, qui a été voté par le Parlement, avec une dotation de plus de 2 milliards d’euros. Au 1er juillet, 800 millions d’euros vont aller à la mise en place du Revenu de solidarité active.
Beaucoup a été fait depuis mai 2007 pour améliorer le fonctionnement de notre marché du travail : la réhabilitation de la valeur travail dans le cadre de la loi TEPA, la fusion de l’ANPE et de l’Unedic, la loi de juin 2008 sur la modernisation du marché du travail.

Ces démarches, ces mesures, ces décisions dans une conjoncture qui était évidemment plus favorable ont permis de ramener le taux de chômage à son niveau le plus bas dans notre pays depuis 25 ans.
Alors, bien sûr, depuis l’été, la crise a entraîné une dégradation brutale de la situation qui impose une nouvelle mobilisation autour de trois objectifs qui sont au cœur de l’action que conduit Laurent WAUQUIEZ.

Le premier de ces objectifs, c’est la prévention des licenciements.
Nous devons mettre en œuvre tous les moyens à notre disposition pour faire en sorte que les difficultés temporaires d’une entreprise, liées à la baisse de son marché, et en particulier de son marché international ne se traduisent pas en conséquences irréversibles pour les salariés.
Aux mesures de soutien que j'ai déjà évoquées, nous avons ajouté un dispositif efficace de médiation du crédit, puisque déjà 9.500 entreprises l’ont saisi, avec des résultats positifs dans plus de 64% des cas. Nous améliorons aujourd’hui le recours au chômage partiel, en relevant les plafonds horaires et en majorant l’aide financière de l’État.
Cette démarche n’a évidemment rien d’une panacée, mais elle n’est pas sans coût. Elle permet de franchir un cap difficile. Sa valeur est une valeur inappréciable au regard de la survie d'entreprises qui sont aujourd'hui confrontées à des baisses de marché d'une extrême brutalité. Les partenaires financiers ont parfaitement joué le jeu, en revalorisant le 15 décembre un plancher d’indemnisation qui n’avait pas été revalorisé depuis 1993.
Nous avons décidé d’aller plus loin encore, en portant l’indemnisation à 75% du salaire brut. L’Unedic vient d’accepter de participer au financement de cette mesure, à hauteur de 150 millions d’euros.

La défense de l’emploi réclame ensuite l’amélioration de notre formation professionnelle.

Nous avons proposé, avec le Président de la République, la création d’un Fonds national de sécurisation des parcours professionnels.
La négociation qui a été menée avec les partenaires sociaux a débouché sur un accord. Je voudrais d'ailleurs signaler au passage que nous sommes dans un pays où le dialogue social n'a jamais été aussi intense, si j'en crois le nombre d'accords qui sont signés par les partenaires sociaux depuis une année. Sur presque tous les sujets, les partenaires sociaux sont arrivés à trouver des accords, y compris sur des sujets extrêmement difficiles, comme c’est d'ailleurs le cas de la formation professionnelle. La négociation qui a été conduite va se traduire par la possibilité de former 700.000 personnes supplémentaires, avec une vraie priorité pour les personnes les moins qualifiées, pour les jeunes et pour les demandeurs d’emploi.


Nous présenterons au Conseil des ministres un projet de loi qui transpose cet accord des partenaires sociaux mercredi prochain, et le Parlement en sera saisi dans les toutes prochaines semaines. C'est évidemment un point très très important, puisque vous voyez bien qu'avec le chômage partiel, avec la formation professionnelle, on peut prendre en charge un très grand nombre de salariés, qui sont menacés dans leur emploi par la crise, faire en sorte, soit qu'ils ne quittent pas l'entreprise, dans le meilleur des cas, soit lorsque cela est inévitable, qu'ils utilisent les mois de rupture d'emploi pour acquérir des compétences nouvelles, le cas échéant même pour se réorienter professionnellement, de façon à être parfaitement disponibles pour une reprise économique dont on sait déjà que, pour un certain nombre de secteurs industriels, elle posera des problèmes de recrutement et des problèmes de compétences.

Le deuxième objectif objectif, c’est l’accompagnement des restructurations.
Lorsque ces restructurations sont inévitables, elles doivent être suivies d’une réaction rapide et efficace auprès des salariés. Nous avons désormais, avec Pôle emploi, un seul interlocuteur et un seul lieu pour l’indemnisation et pour le placement. Je voudrais d'ailleurs à cette occasion saluer l’exemple de Mulhouse ; j'aurais l'occasion de visiter tout à l’heure le Pôle emploi ; il a joué dans cette évolution un rôle pionnier, puisqu'il a accueilli dès 2006 une expérimentation de guichet unique.
Et puis, nous avons jeté les bases d’un outil nouveau, le Contrat de Transition Professionnelle qui permet un accompagnement personnalisé. Il a été appliqué aux licenciés économiques de sept bassins d’emploi avec des résultats très encourageants, avec un taux de reclassement de l’ordre de 60%, et une indemnisation proche de 80% du salaire brut.
Nous l’avons d’ores et déjà étendu à 8 autres bassins d’emploi en difficulté, dont celui de Mulhouse, grâce à la mobilisation de tous vos élus.
Pour l’heure, 6.000 de nos concitoyens bénéficient de ce contrat. Le Président de la République annoncera dans les jours à venir 10 autres bassins d’emploi concernés.
Il faut plus généralement que tous les licenciés économiques profitent de dispositifs similaires. A notre demande, les partenaires sociaux ont conclu un accord qui améliore très significativement la Convention de reclassement personnalisé. Cet accord, qui est applicable depuis le 1er avril, constitue à mes yeux un point très positif et un instrument très très utile dans la crise que nous traversons.

Enfin, il faut améliorer notre régime d’assurance chômage.
Nous avons, depuis le 1er avril, une convention plus simple et plus lisible, et qui devrait rendre l’assurance chômage accessible à 200.000 personnes supplémentaires, qui jusqu'à maintenant n'étaient pas indemnisées.
L’État a pris ses responsabilités pour accompagner cet effort en direction des plus précaires : il verse depuis cette date à tous les chômeurs ayant travaillé entre 2 et 4 mois une prime de 500 euros.

Enfin, troisième et dernier objectif, notre politique de l’emploi doit favoriser l’embauche. Nous avons d’ores et déjà débloqué, pour 2009, une enveloppe de 100.000 contrats aidés supplémentaires, assortis d’un accompagnement renforcé des bénéficiaires, pour éviter qu’ils ne se retrouvent sans solution en fin de contrat.
Avec Laurent WAUQUIEZ, notre objectif, ce n’est pas de créer des « stages parking », ce n'est pas de mettre des demandeurs d'emploi en dehors du circuit du travail, c'est au contraire de maintenir les personnes les plus fragiles au contact de l’emploi.

Mais nous devons aussi proposer des solutions pour relancer les embauches dans les PME. Nous accordons, pour l’embauche dans une entreprise de moins de 10 salariés, une aide qui est équivalente à l’exonération totale des charges patronales pour l’année 2009. A ce jour, 150.000 personnes ont déjà bénéficié de cette mesure.

A tous les niveaux, nous avons décidé de concentrer les efforts vers les jeunes, simplement parce que les jeunes sont les moins armés lorsqu'ils arrivent sur le marché du travail, et ce sont donc les premières victimes du retournement de ce marché. Le Président de la République a présenté vendredi des mesures d’urgence en leur faveur :
- un meilleur soutien des formations en alternance;
- une mobilisation pour l’embauche en CDI des stagiaires, avec 50.000 contrats aidés supplémentaires dans le secteur marchand, et 30.000 dans le secteur non marchand ;
- enfin, un déploiement accéléré des écoles de la deuxième chance et des contrats accompagnant la formation.

Le 10 avril, nous avons installé, avec les partenaires sociaux, le Fonds d’Investissement Social. C'était d'ailleurs une idée, au fond, qui était née des partenaires sociaux et de leurs réflexions.
Ce fonds, il a pour vocation de coordonner les efforts en faveur de l’emploi et de la formation professionnelle.
Nous nous sommes engagés – l'Etat - à y apporter d'ores et déjà 1,5 milliards d’euros, l’Unedic, 150 millions sur les fonds de la formation professionnelle. Les collectivités locales, et notamment les régions, pourront le soutenir dans le cadre de leurs compétences liées à la formation professionnelle et sur la base de conventions que nous mettrons en place
 .
Voilà, mesdames et messieurs, les dispositifs que nous avons mis en œuvre pour affronter la crise que nous rencontrons. Naturellement, il est difficile aujourd'hui de dire quand on sortira de cette crise. Nous n'avons aucune référence, et si nous n'avons aucune référence, c'est pour une raison bien simple, c'est que jamais dans l'histoire du monde, l'ensemble des économies de la planète a été arrêté en même temps. C'est la première fois que cela se produit. Nous n'avons donc pas beaucoup de moyens de regarder ce qui s'est passé dans les crises précédentes pour essayer de le modéliser pour celle que nous rencontrons. Et donc naturellement, au fur et à mesure de l'évolution de cette crise, nous sommes en mesure d'inventer, de mettre en place des dispositifs nouveaux. Mais aujourd'hui ce qui compte, c'est d'avoir les réponses qui sont adaptées à la situation telle qu'elle est et non pas des réponses qui engageraient les finances de l'Etat de façon irresponsable, sans résultat pour l'économie française. On nous a beaucoup reproché de ne pas avoir imité nos amis britanniques qui ont baissé la TVA pour relancer la consommation ; j'aimerais simplement que ceux qui nous font ce reproche veuillent bien constater, et peut-être s'excuser puisque c'est à la mode, que la consommation tient mieux en France qu'en Grande-Bretagne. Il y a donc sans doute dans les structures de notre plan de relance quelques points positifs qui conduisent la consommation à mieux tenir dans notre pays que dans celui qu'on nous montre en exemple comme ayant pris des mesures spectaculaires de baisse de la fiscalité.

Naturellement, dans cette crise, il est très important que le dialogue social soit maintenu au meilleur niveau. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de rendre hommage aux partenaires sociaux pour leur grand sens des responsabilités. Ce n'est pas la violence qui résoudra  les difficultés de la crise, même si parfois, naturellement, chacun d'entre nous peut comprendre le désespoir auquel sont acculés des salariés qui voient tout d'un coup leurs perspectives d'avenir s'effondrer. C'est en leur apportant, ensemble, le soutien auquel ils ont droit, y compris le soutien matériel pour leur permettre de passer ces moments difficiles, que nous apporterons des réponses solidaires à la crise. Les partenaires sociaux, de ce point de vue, ont une attitude parfaitement exemplaire. Je veux les en remercier et leur dire à quel point leur rôle est essentiel dans le maintien de la cohésion nationale

Voilà, Mesdames et Messieurs et mon cher Jean-Marie, le message d’union et de mobilisation que je voulais simplement partager avec Mulhouse. Je l'ai dit au début de mon propos, il existe en Alsace une tradition de dynamisme et une tradition de civisme. Vos solidarités sont très puissantes, et elles sont également exemplaires s'agissant de votre attachement au pacte républicain.
Eh bien, je vous remercie de donner l’image d’une France qui ne néglige aucun effort pour sa relance, qui sait se rassembler et qui sait aussi tendre la main à ceux qui en ont besoin.
Vive Mulhouse, vive l’Alsace, vive la France !

















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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

fagnoni 07/05/2009 13:58

Trouvez-vous normal qu'une banque tel que la BNP , 1er banque nationale ne soit pas capable au jour d'aujourd'hui 7 mai de répondre à la demande de prêt à taux 0 sous pretexte qu'elle n'a pas le logiciel informatique.

Bruno 03/05/2009 09:56

Que pensez vous Monsieur le premier Ministre de la montée actuelle du chomage ?

alain 03/05/2009 09:52

Commentaire par rapport à la personne qui recherche en emploi ( Bac + 2 force de vente), monsieur le Ministre je suis intervenu bénévolement dans des projets d’aides au retours à l’emploi (méthode parcours être acteur de son intégration professionnelle, également en développent l’emploi transfrontalier Belgique/France )., nos projets ont eu des résultats bien supérieurs à ceux de l’ANPE, le dernier groupe « formation et accompagnement de conducteur de ligne automatisée dans l’agroalimentaire » à permis de placer plus de 70% des participants, la recette caler les besoins des industriels et cela marche, mais au lieu de rebondir sur des expériences bénévoles les institutions s’enferment dans leur confort.
Les milliards déversés par l’état dans la formation et l’aide au retour à l’emploi, en mesure t on le retour ??? Je ne le crois pas. Si par hasard vous souhaitez des informations précises sur nos projets à votre disposition !!
 
Autant vous dire que j’ai laissé tombé ce genre de bénévolat car nous voyons les décideurs au début et au bilan du projet entre deux et après rien NADA le désert.
Mon épouse a été au chômage 3 années, de l’ANPE nous n’avons jamais eu une seule offre, pourtant mon épouse envoyait régulièrement des courriers, en tout et pour tout sur 3 années de courriers nous avons eu que 15 réponses, que l’administration a jugé insuffisant et nous a puni 3 mois de versements Assedic à -30%...
Je termine à la personne à la recherche d'un emploi, il y a des méthodes, un parcours d'apprentissage pour arriver à ouvrir les portes des RH, de vendre ses services, et de décrocher un contrat temporaire qui te permettra de te faire connaitre, mais une fois entrée dans l'entreprise tout n'est pas gagné, au contraire c'est là que tout débute, tu devras analyser, décoder les us et coutumes, t'intégrer dans ce modéle, faire la différence, c'est à ce prix que d'un contrat précaire tu pourras passer un un CDD et pourquoi pas à un CDI en tout cas je te souhaite bonne chance et surtout ne compte pas trop sur l'ANPE pour te décrocher un emploi, par contre utilise leurs moyens et leurs compétences en terme d'analyse de ton profil professionnel (colle t il au marché de ta région ?, si non est ilplus porteur dans d'autres région, tn niveau ne nécessite t il pas un complément ? ....., tes recherches sont elles faites dans tous les gisements d'emplois ... voir les offres cachées...).En tout cas ne baisse pas la garde, la recherche d'emploi est un combat et il faut que tu disposes des bons outils.... Cdt

alain 03/05/2009 09:21

Lettre ouverte à M Fillon...Vous n’êtes pas directement responsable de la situation, mais votre responsabilité est de ne pas l’avoir vu venir et là c’est manifestement de l’incompétence.
 
Depuis des années nous régressons, bien sur nous sommes encore bien lotie par rapport aux pays du Sud, mais pensez vous que nos enfants doivent vivre avec 3000 € , un prêt immobilier pour une modeste maison de rangée à 900 € par mois ( donc d’emblée endettement maximum), vos enfants auront ce vécu ?
 
Les mesures que vous avez prises pour que les banques survivent sont nécessaires, mais nous qu’avons-nous ? Je fais parti des classes moyennes, vous savez celles qui n’ont jamais rien, celles que l’on vient ponctionner pour calmer les plus pauvres, à force vous allez avoir qu’une classe de pauvre en France, vous savez ceux qui ne vont jamais au restau, jamais au cinéma, jamais en vacances.
 
Sarkozy aurait pu être un formidable président car il a l’énergie et le charisme, mais il lui manque l’essentiel pour être un rassembleur l’exemplarité !!! vous savez lorsque j’entends dans la presse ( et si ce n’est pas vrai il doit y avoir démenti, pas de démenti c’est donc VRAI) que Sarkozy fait de l’abus de pouvoir … abus de pouvoir pour le traitement de l’affaire CLAVIER en Corse ( avec sur la presse Belge une protection jour et nuit pour le pote Clavier !!), abus de pouvoir lorsque je lit un livre sur les liens ambiguë entre Tapie et Sarkozy qui aurait permis d’obtenir une jugement sur mesure aboutissant à une indemnisation de 45 000 000 €, avec je pense 2 000 000 € de préjudice moral,  alors qu’une femme ( d’en bas celle là ) avait obtenu moins de 10000 € suite au décès de son mari à cause de l’amiante , donc sa peine , son préjudice serait donc  200 fois moins important que celui de TAPIE, c’est cela la France égalitaire ?.
 
Vous savez la France vue d’en bas est excessivement injuste, je suis certains que vous le savez mais vous êtes dans votre monde.
 
Avant de voter une loi essayez svp de la vivre pour en prendre la pleine mesure sur votre propre personne, sur votre propre famille.
 
Un français déçu ….
 

delafaye 29/04/2009 12:22

Mr Le premier ministre j'ai bac +2 force de vente j'ai de l'experience et malheureusement je suis au chomage depuis septembre 2008 fin de cdd ! depuis j'enchaine les entretien régulier a hauteur de 3 ou 4 par mois mais nous sommes tres nombreux au entretien je suis mobile sur plusieurs departements et regions mais rien pas de débouché ! de plus le nombre d'offre a l'anpe est en chute libre quand au formation en contrat de professionnalisation inéxistante ! bref l'assedic ce rempli et pour la premiere fois le site d actualisation aujourd'hui explosepar le nombre de connexion ! si rien n'ai fait d'ici la fin de l'année je suis le mois prochain au Rmi ! je crains une explosion social je n'ai jamais vu aussi peut d'offre soit a l'anpe ou sur les site d emplois ! on va droit dans le mur si un réel electroc choc ne vient pas !

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