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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 10:38

François Fillon, Premier ministre, s'exprime sur la politique énergétique de la France (version vidéo et version écrite intégrale) après une visite du chantier de l'usine d'enrichissement d'uranium G.Besse II le lundi 18 mai à Tricastin.

Monsieur le Ministre, mon cher Eric,
Mesdames et Messieurs les parlementaires
Mesdames et Messieurs les élus
Monsieur le président et monsieur le directeur de la Société d'enrichissement du Tricastin,
Madame la présidente, chère Anne,
Mesdames et messieurs,


C’est avec beaucoup de plaisir et avec un très grand intérêt que je découvre le site du Tricastin, qui témoigne d'une politique nationale extraordinairement audacieuse en matière d’énergie. Cette audace est la nôtre depuis près d’un demi siècle, et il faut aujourd’hui impérativement la prolonger.
La crise mondiale que nous traversons n’est pas seulement une crise économique. C’est aussi une période de doute et de questionnement pour tous les pays développés.
Est-ce que nous sommes encore capables de financer, sur notre territoire, des grands projets industriels ?
Est-ce que nous sommes capables de défendre notre avance technologique et scientifique ?
Est-ce que nous sommes capables d’assurer notre indépendance énergétique, à l’heure de la raréfaction des ressources ?
Est-ce que nous sommes capables, quand l’évolution du climat, de l’emploi, de la concurrence internationale inquiète notre avenir, d’explorer ensemble les voies d’un développement durable ? 
Eh bien, je crois qu'à toutes ces questions, le chantier de l’usine Georges-Besse II apporte des réponses positives, et vous comprendrez qu’au moment de l’inaugurer, je ressente un mélange d’admiration, de fierté, mais aussi d’émotion.

Emotion, parce que le nom de Georges Besse associé à cette réalisation témoigne d'une figure exceptionnelle, celle d’un ingénieur exceptionnel, incarnation de la clairvoyance et du courage qui ont guidé la filière nucléaire française.
L’hommage qu’Areva a choisi de lui rendre – en France, depuis sa mort, et peut-être bientôt aux Etats-Unis, avec le projet Georges-Besse II – est un gage mérité de reconnaissance.
Admiration et fierté, parce que tout annonce le nouveau chantier du Tricastin comme un projet remarquable.
Je sais bien qu'au Tricastin, les projets remarquables se succèdent depuis une quarantaine d’années – et les visites de chefs d’Etat ou de Gouvernement avec eux. D’une certaine manière, dans cette partie du département, la performance technologique est devenue la norme ! Mais cela ne doit pas faire oublier l'importance de cette performance et la somme d'énergies et de compétences nécessaires pour l'atteindre.
Les caractéristiques exceptionnelles de la nouvelle usine d’enrichissement d’uranium méritent d’être soulignées.

La première, c’est évidemment le volume du projet.
Nous parlons ici d’un chantier de 3 milliards d’euros, comprenant la construction de plusieurs dizaines de milliers de centrifugeuses ! C'est, vous l'avez rappelé, Anne, l'un des premiers investissements industriels en France.

C’est le genre de défi que très peu d’opérateurs au monde peuvent relever – de la conception à l’exploitation - et nous avons le privilège  d'avoir, parmi ces quelques opérateurs, Areva.

La deuxième caractéristique remarquable, c’est la parfaite maîtrise du projet : maîtrise de ses coûts, maîtrise de ses délais, puisque la pleine capacité de production devrait être atteinte avec deux ans d'avance.
Il y a des explications à ce coup d’accélérateur : la renaissance du nucléaire civil dans le monde, la fermeture annoncée de centres de production moins performants, qu’il va falloir relayer ; l’arrêt de la fourniture d’uranium militaire en 2013… autant de défis auxquels Areva doit répondre.

Mais il y a aussi le talent des ingénieurs, des ouvriers, des sous-traitants, et c’est le troisième point que je voudrais mettre en valeur.
Ces hommes et ces femmes sont aujourd’hui 400 sur le chantier, ils seront plus de 1.600 à terme, 2.500 en comptant les fournisseurs. Plus de 60% des contrats de sous-traitance reviennent directement ou indirectement à des entreprises locales. Grâce à la mobilisation de l'ensemble de ces entreprises, la France sera au rendez-vous de la nouvelle demande mondiale, et la Drôme sera au rendez-vous de l’emploi.
En démarrant, les nouvelles installations du Tricastin sécurisent pour de longues années l’avenir d’une plateforme industrielle de plus de 3.500 emplois directs.

Enfin, l’innovation technique signe une nouvelle fois les grands projets d’Areva.
La filière française d’enrichissement procédait par diffusion gazeuse. Elle procèdera désormais par centrifugation, procédé plus modulaire, moins coûteux, et encore plus discret dans son empreinte environnementale.
J’attache évidemment une importance particulière à ce dernier point, parce que je sais que la critique ne désarme pas contre la filière nucléaire. Il faut rappeler régulièrement que les opérateurs comme Areva partagent le souci public d’adopter des procédés durables, économes, respectueux des sites et des milieux.

Hier, le procédé par diffusion gazeuse réclamait un important refroidissement par eau. Demain, le procédé par centrifugation va supprimer totalement les pompages dans le Rhône ; et sa consommation en énergie sera 50 fois plus basse, ce qui libérera 3 des 4 tranches du réacteur nucléaire du Tricastin pour d’autres usages !
Nous ne détenons pas encore, et on ne le détiendra sans doute jamais, le secret de l’énergie idéale, mais nous progressons régulièrement vers des productions moins coûteuses, mieux sécurisées. Et cela mérite un vrai coup de chapeau à tous les acteurs de la filière !

Pour parvenir à ces résultats, il faut que la France conserve la tête de la recherche et de l’innovation dans le domaine nucléaire.

Et de ce point de vue, Georges-Besse II est un investissement stratégique, et le Gouvernement s’est engagé à ce qu’Areva dispose de tous les moyens nécessaires, quelles que soient les difficultés du contexte économique, pour poursuivre les programmes qui entoureront ou qui prolongeront celui-ci.

La condition du succès, c’est aussi que la vigilance et la transparence restent des règles absolues sur tous les sites sensibles.
Tout le monde sait que le Tricastin a connu pendant l’été 2008 une fuite d’une solution contenant de l’uranium et de carbone 14. A cette occasion, chacun – et je veux le souligner -a fait preuve d’une réaction exemplaire : les pouvoirs publics, la préfecture, l'Autorité de Sûreté Nucléaire, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, dont je salue les représentants ; et AREVA, qui a mis en place, dans les délais les plus brefs, les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du site, et pour renforcer la surveillance de l’environnement concerné.

L’entreprise a annoncé – vous venez de le confirmer - fin août un programme d’investissement de 20 millions d’euros pour tirer les conséquences de l’incident.

Je dois dire que nous jouissons aujourd’hui d’un cadre réglementaire unique au monde. Il doit être appliqué, il doit être complété, révisé si cela est nécessaire, pour qu’en toutes circonstances, il continue de garantir la sécurité des Français.

Sur le plan technique, sur le plan industriel, sur le plan réglementaire, la France est au meilleur niveau dans le monde, mais, je veux le dire, la France est résolue aussi à partager l’expérience acquise avec ses partenaires étrangers.
Cette position concerne naturellement les différents services du cycle d’enrichissement, qui doivent s’ouvrir largement à l’export, et Georges-Besse II sera, de ce point de vue, une plateforme pilote, dans un marché stratégique.

Vous savez que quatre concurrents seulement se partagent le marché mondial de l’enrichissement, dont Areva détient à elle seule le quart. Depuis 2008, la société a proposé d’ouvrir le capital de l’usine du Tricastin à des électriciens français et étrangers, japonais et coréens. L’objectif, c’est évidemment de contribuer à rassembler l'ensemble des capacités financières pour des investissements futurs, mais aussi de régulariser l’écoulement de la production en nouant des partenariats de long terme. Je souhaite naturellement que ces démarches se poursuivent, s'amplifient et aboutissent.

De même, la France est prête à accompagner, partout dans le monde, l’effort des pays décidés à appuyer leur développement sur le nucléaire civil.
Je veux dire que, sur ce chapitre, évidemment, nous ne transigerons pas avec les critères les plus rigoureux de la vigilance et de la responsabilité politique. Mais en même temps, nous ne refuserons pas notre concours à des régions du monde où les besoins en énergie sont chaque jour plus élevés, dans un contexte de raréfaction générale des ressources fossiles.

Et c'est la raison pour laquelle nous avons créé l’Agence France Nucléaire International, comme un outil d’appui institutionnel de l’offre industrielle de nos entreprises.
 
Le nucléaire, Mesdames et Messieurs, c'est une chance historique pour notre pays.
D’abord, parce que nous maîtrisons aujourd’hui l’ensemble du cycle. Au Tricastin, nous pratiquons les deux étapes essentielles de la conversion et de l’enrichissement de l’uranium. A La Hague, nous gardons la tête de la recherche mondiale sur le retraitement. C’est justement cette maîtrise complète qui rend nos opérateurs particulièrement compétitifs sur le plan international.

Cette force de la filière nucléaire française est aussi un atout majeur pour la compétitivité de l'économie française. Elle nous est d'ailleurs enviée de par le monde. Et le Gouvernement entend bien conforter cette avance de la France, en s’appuyant sur les organismes et sur les entreprises qui composent la filière, et au premier rang desquels Areva.

En cette période de renaissance du nucléaire, Areva devra participer en quelque sorte à une nouvelle croissance. C’est une chance exceptionnelle en ces temps de crise. Nous devons la saisir et je suis particulièrement confiant, parce que je sais qu’Areva a tous les atouts pour réussir, et je veux dire devant vous aujourd'hui que le Gouvernement veillera à ce qu’elle les fasse valoir pleinement.

L’Etat prendra totalement ses responsabilités. Les décisions nécessaires, en particulier pour conforter le modèle d'Areva et son assise, serviront une stratégie offensive en particulier à l’international. Et je veux dire devant vous que l'Etat sait pouvoir compter sur l’engagement sans réserve de l'ensemble de l'entreprise, et tout particulièrement de la direction d'Areva et de sa présidente, pour écrire ainsi un nouveau chapitre de l’aventure du nucléaire français, menée avec succès depuis près d'un demi siècle.

C’est une chance aussi parce que le nucléaire est la clé de notre indépendance énergétique.
En 1973, la France, avec une clairvoyance exceptionnelle, a opté pour un développement nucléaire massif.

Pendant les années 1990, la pertinence de ce choix est peut-être parfois passée au second plan. Depuis la remontée des prix pétroliers, la France redécouvre l’intérêt du compromis coût/rendement/souplesse offert par la filière nucléaire.
Et elle le redécouvre d’autant mieux que le débat environnemental confirme et encourage les orientations qui ont été celles de notre pays.
Hier, la totalité des écologistes rejetaient le nucléaire.
Aujourd’hui, certains d’entre eux commencent à penser qu’une énergie sans gaz à effet de serre, une énergie sans rejets de particules, une énergie avec une empreinte réduite sur les paysages, c’est sans doute une solution d’avenir !
Plus que jamais, mesdames et messieurs, le nucléaire apparaît comme un levier majeur pour une politique énergétique globale, pragmatique et ambitieuse.

Les mécanismes de la mondialisation rehaussent chaque jour le niveau des besoins à satisfaire : besoins des transports, besoins des communications, de la dépollution, de la désalinisation ; besoins de la production industrielle ; besoins quotidiens d’une population mondiale toujours croissante ; besoins immenses de la future voiture électrique…

Pour répondre à toutes ces attentes, notre politique dispose de plusieurs outils, et l’un d’eux, c’est la maîtrise de la demande.

Dans le prolongement du Grenelle de l’environnement, nous avons engagé des efforts considérables pour réduire la consommation énergétique des logements et des bâtiments publics. Le bonus-malus et la prime à la casse emportent des effets comparables dans le domaine de l’automobile, en incitant à l’achat de véhicules plus économiques. L’amélioration des transports et de l’urbanisme, l’apprentissage par chaque citoyen des gestes qui s’inscrivent dans cette logique, participent à cet effort de maîtrise de la demande.

Un autre outil, c’est le développement des énergies renouvelables.
Nous avons fait, en direction du solaire, de l’éolien, de la géothermie des pas importants, soit qu’ils prennent la forme d’encouragements à la recherche, soit de dispositifs d’incitation économique. Ces énergies ouvrent la voie de la croissance verte et nous sommes convaincus que tous ceux qui s'engageront, notamment sur le plan industriel, dans cette direction, verront s'ouvrir devant eux des potentiels de croissance considérables.

Voilà ! Consommer moins d’énergie, la puiser à des sources diversifiées, c’est essentiel pour la protection de la planète et pour le maintien de la compétitivité de l'économie française !

Mais je veux vous dire, pour terminer, que  ces pistes n’empêchent pas qu’aujourd’hui, le nucléaire reste le pilier de notre politique énergétique ; et qu’au Tricastin, avec le site Georges-Besse II, nous sommes en train de conforter la position de la France, comme le premier acteur mondial dans l’ensemble de ses métiers.

La Drôme est l'un des rares endroits au monde où le nucléaire s’inscrit dans une histoire locale. Ainsi, le développement du Tricastin, plus qu’une simple implantation industrielle, c’est une tradition de recherche, une tradition de performance et une tradition de service public qui continue de se déployer ici.

Je veux vous dire, qu'au nom du Gouvernement, je suis fier de ses succès et je veux adresser à ses représentants tous les encouragements d’une France qui compte sur eux pour pérenniser son savoir-faire et son indépendance.

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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mirambeau 17/06/2009 00:56

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