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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 09:33

François Fillon, Premier ministre, s'exprime devant l'Institut des relations internationales du Cameroun à l'occasion de sa visite en Afrique les 20, 21, 22 et 23 mai 09.


François Fillon, Premier ministre, fait le point à la presse de sa visite au Cameroun le jeudi 21 mai 09


François Fillon, Premier ministre, répond aux questions des journalistes lors de sa conférence de presse, à Yaoundé, au Cameroun le Jeudi 21 mai 09.


- Intervention de François Fillon, Premier ministre, devant l'Institut des relations internatinales du Cameroun à Yaoundé le jeudi 21 mai 09 (version écrite intégrale)

Monsieur le secrétaire général de la présidence
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le directeur de l’IRIC,
Mesdames et Messieurs, et si vous me le permettez, chers amis,


Je voudrais vous dire le très grand plaisir que j'ai de pouvoir m'exprimer à l’Institut des relations internationales du Cameroun, si je peux la qualifier ainsi, cette « doyenne » des écoles de diplomatie au sud du Sahara, qui contribue depuis 1971 à former l’élite du corps diplomatique camerounais, mais aussi de nombreux diplomates étrangers de toute la région.

C’est pour moi une grande joie et un grand honneur d’effectuer au Cameroun mon premier déplacement en Afrique subsaharienne depuis ma nomination à la tête du Gouvernement français.

Je viens de le dire au Président BIYA durant le long entretien que nous avons eu, il y a entre nos deux pays une relation ancienne, mais une relation ancienne qui ne cesse de s'enrichir, de gagner en maturité, parce qu'elle est faite de proximité, d’amitié et de respect. Et mon déplacement est l’occasion de développer et de renouveler cette relation.

J’ai été heureux de pouvoir participer hier à la célébration de la fête nationale du Cameroun, avec le Président BIYA. Et nous avons ensemble assisté, il y a quelques instants, à la signature de plusieurs accords importants, entre nos deux pays, en matière de sécurité, en matière de santé, de flux migratoires et de co-développement.

L’Afrique est un continent d’avenir : c’est une évidence, c'est pour moi une intime conviction. Dans la mondialisation, dans le mouvement du monde, l’Afrique est loin d'être restée inerte. Depuis quelques années, elle change à une très grande vitesse. Dans tous les domaines, elle innove, elle expérimente, elle évolue.

La France a toujours cru en l’Afrique, la France croit en l'Afrique. Elle veut s’engager avec elle dans un nouveau partenariat, qui prenne en compte les évolutions de la société africaine.

L’Afrique est aujourd’hui un moteur de la croissance mondiale. Depuis dix ans elle a connu une croissance économique spectaculaire, supérieure à 5 % en moyenne. Elle est aujourd’hui relativement moins frappée par le cataclysme financier qui a fragilisé les économies développées.

L’endettement des Etats africains diminue : le service de leur dette est passé de 28 % du PIB à 8 % en moins de dix ans.

Le continent va garder une croissance moyenne relativement élevée dans les prochaines années, alors même que l’Europe et les Etats-Unis sont en récession.

Le revenu moyen par habitant, après avoir diminué dans les années 80 et stagné dans les années 90, progresse désormais. Dans un nombre croissant de pays, la vie quotidienne de millions d’Africains s’améliore.

Les télécommunications, pour ne prendre que cet exemple, connaissent un essor fantastique : dans les pays les moins favorisés, le taux d’équipement en téléphonie mobile est désormais de 25 %, alors que toutes les prévisions étaient encore, il y a quelques années, à 1 %. La conséquence de tout cela, c’est l’émergence d’une véritable classe moyenne, qui représente environ un tiers des 900 millions d’Africains.

Le continent connaît un élan démographique extraordinaire. Et pour la première fois, cet élan n’est plus considéré comme un handicap mais au contraire comme un atout pour le continent. La population africaine va doubler en une génération : d’ici 2050, son poids dans la population mondiale va augmenter de façon très nette. Elle représentera 21 % de l’humanité contre 14 % aujourd’hui.

Bien sûr, il ne s’agit pas de dresser un tableau idyllique de la situation. Il ne s'agit pas de céder à une sorte d'optimisme qui serait complètement déconnecté des réalités difficiles qu’il faut encore surmonter.

L’Afrique reste fragilisée par de graves conflits qui entretiennent pour une large part la pauvreté et le malheur. Elle se trouve au carrefour des nouveaux dangers de la mondialisation, les risques sécuritaires, les trafics de tous ordres, les risques environnementaux.

Mais je crois qu'on peut dire, on peut affirmer que fondamentalement, l'Afrique est dans une dynamique positive.
La démocratie se développe. Les instances régionales sont en train de se renforcer. Ce sont des atouts considérables pour la pacification et pour le développement.
Et l’Afrique dispose toujours, en plus de son inestimable richesse humaine, dont je parlais à l’instant, de richesses naturelles immenses.

Cette dynamique positive, acquise grâce à des réformes difficiles, eh bien nous devons faire en sorte qu'elle ne soit pas brisée par la crise économique mondiale que nous connaissons.

Cette crise n'est pas née en Afrique. Vos banques sont moins exposées. Mais naturellement le continent est durement touché par la baisse brutale de ses exportations et des entrées de capitaux.

Eh bien ensemble, nous devons tout faire pour éviter que cette crise ne provoque un retour en arrière, retour en arrière qui lui-même provoquerait une remise en question des réformes qui ont été accomplies ou qui sont en cours d'être réalisées.

Mesdames et Messieurs,

Le monde change, l’Afrique change. La France change aussi, je voudrais même vous dire que depuis deux ans elle change beaucoup. Et il est donc naturel que la relation entre la France et ses amis africains change elle aussi.

Cette nouvelle relation, nous voulons, avec le président de la République, qu'elle soit fondée d'abord sur la vieille amitié qui nous unit. Mais nous voulons aussi qu'elle se débarrasse des scories du passé, pour que nous puissions avancer ensemble, pour enrichir notre confiance réciproque.

Dans ce monde qui émerge, notre relation est un atout pour construire un avenir meilleur.

Nous voulons sortir des malentendus, nous voulons sortir des clichés, nous voulons sortir des caricatures. Nous voulons, entre la France et l'Afrique, une relation qui soit franche et qui soit respectueuse.

La France aime l’Afrique ! Cette relation affectueuse, nous la considérons comme un trésor, nous voulons l’entretenir, nous voulons la faire vivre, nous voulons la faire grandir.

Nous ne voulons pas nous ingérer dans les affaires africaines. Mais nous n’avons pas l’intention non plus de nous désengager, de fuir nos responsabilités, de trahir la confiance dont l’Afrique nous honore.
En Afrique, nous sommes toujours entre deux risques : quand la France se montre présente, on la juge omniprésente ; quand elle se veut discrète, on fustige son désengagement. Eh bien, c'est à nous de lever cette contradiction parce que, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, nos destins sont liés.

Nous voulons aider l'Afrique à se doter des moyens qui lui permettront d'abord de résoudre les conflits qui la déchirent. Et nous voulons ensuite que l'Afrique joue tout son rôle dans la mondialisation.

Il faut, par exemple, faire de l’Union pour la Méditerranéen une chance pour le rapprochement entre l’Afrique et l’Europe. Parce que l'une des clés de la construction de la paix dans le monde, c'est l'établissement d'ensembles régionaux qui sont capables de mettre en œuvre des politiques de stabilité.

Au fond, c'est ce que nous avons fait, nous, Européens. Après nous être entretués pendant des siècles et des siècles, après la Seconde guerre mondiale, nous avons fini par comprendre que c'était en créant les conditions d'une grande coopération économique qu'on pourrait bâtir les conditions de la paix en Europe.

Eh bien c'est ce schéma-là, naturellement adapté aux conditions historiques, culturelles, politiques de chaque continent que nous voulons reproduire avec l'Union pour la Méditerranée.

Nous voulons, dans le même esprit, que l’Afrique soit représentée parmi les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. C'est un combat que la France mène. La France considère que l'ensemble de la gouvernance mondiale doit évoluer pour tenir compte de la réalité du monde. Une grande partie de la gouvernance mondiale est inspirée de la situation qui prévalait au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Franchement, il s'est passé du temps et des choses depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Eh bien l'Afrique doit être représentée parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Quand le G8 se transforme en G14, ce qui est naturel, puisqu'il faut bien prendre en compte les puissances émergentes, il faut qu'il y ait, parmi les membres du G14, au moins un pays qui parle au nom de l'Afrique. Et quand c'est le G20 qui se réunit, naturellement nous devons faire en sorte qu'on donne une voix à l'Afrique au sein du G20.

La France veut ensuite aider la jeunesse africaine. Je veux vous dire qu'il n'y a jamais eu autant d'étudiants africains dans les universités françaises ; ils sont aujourd'hui 100.000 à faire des études supérieures en France.

65 % des 200.000 étrangers qui s’installent chaque année dans notre pays viennent de votre continent. C’est un atout pour nous et c'est un atout pour eux. Mais dans l’intérêt de tous, il faut que l’immigration soit mieux régulée, il faut qu’elle ne soit pas anarchique, il faut qu’elle respecte les droits fondamentaux de chacun. Et c'est le sens de l’accord que nous avons signé ce matin dans ce domaine.

Nous prônons un nouveau partenariat en matière de développement.
Nous avons obtenu un accroissement très substantiel des ressources du Fonds monétaire international qui va profiter à l’Afrique. Et qui sera un des instruments lui permettant de surmonter la crise que nous rencontrons.

Nous maintiendrons quant à la politique du gouvernement français, notre engagement financier en faveur du développement. Il faut que cet engagement contribue à l’émergence d’entreprises africaines fortes, qui créeront des emplois.

Le Cameroun, au sein de cet ensemble, est l’un des pays qui reçoit le plus d’aide publique au développement en Afrique sub-saharienne.
En 2006, il a bénéficié d’une annulation de dette de 3,4 milliards de dollars de la part des créanciers du Club de Paris.
Dans cette opération, la France, qui détient 40 % de la dette camerounaise, a mis en oeuvre un dispositif nouveau, dont chacun s'accorde à reconnaître qu'il est un grand succès : c'est le contrat de désendettement pour le développement, qui permet de réinjecter dans l’économie camerounaise environ 100 millions d’euros par an.
L’accord que nous avons signé ce matin en matière de santé, s’inscrit justement dans le cadre de ce dispositif qui est le plus important de cette nature que nous n'ayons jamais mis en œuvre en Afrique.

Notre relation avec l’Afrique, nous voulons aussi la faire évoluer en matière de sécurité. Et je voudrais insister sur cet aspect qui est justement l’objet de l’accord de défense que nous avons signé ce matin.

La paix est évidemment la condition sine qua non de la poursuite du développement africain.
Il n'y aura pas développement africain si nous ne trouvons pas ensemble les moyens de construire une paix durable. Chacun peut le comprendre ; les investisseurs n'aiment pas investir dans les zones qui ne sont pas stables et où la paix n'est pas assurée.
Or aujourd'hui, malgré les progrès qui ont été faits, trop de menaces et trop de déséquilibres perdurent.

Il est vrai que les grands conflits lourds, interminables, ont enfin été résolus, comme en Angola, au Burundi, en Sierra Leone ou au Liberia.
Mais la situation reste fragile dans la région des Grands lacs. La Corne de l’Afrique reste un foyer majeur d’instabilité. Le dramatique conflit du Darfour menace la stabilité régionale ; la bande sahélienne se fragilise d’est en ouest, de la Mauritanie à l’Erythrée. En Somalie, le gouvernement d'union dirigé par Cheik Sharif, tente de rétablir la paix dans des conditions extrêmement difficiles face aux groupes d'extrémismes qui, sur beaucoup de territoires de son pays, ont pris le pouvoir. Enfin, des pays apparemment apaisés comme le Kenya sont affectés par des tensions politiques lourdes.
 
Il y a aujourd’hui 55.000 Casques bleus en Afrique, répartis dans cinq pays. L’Afrique subsaharienne accueille les deux tiers des effectifs des opérations de maintien de la paix dans le monde. Cette région représente 60 % des travaux du Conseil de sécurité. C’est dire l’effort que la communauté internationale consacre à l'Afrique, et c'est dire l'effort qu'il reste à accomplir pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.
 
Nous sommes évidemment déterminés à continuer à prendre toute notre part dans l’effort en faveur de la paix, mais nous voulons le faire dans des conditions profondément renouvelées.

Nous voulons d'abord agir dans la transparence et dans la confiance. Et pour agir dans la transparence et dans la confiance, nous pensons qu'il faut construire notre politique de sécurité en réponse à des demandes qui nous sont adressées par nos amis africains.

Notre but, c'est d’aider l’Afrique à bâtir son propre système de sécurité collective.

Je veux vous dire que nos forces armées n’ont pas vocation à rester éternellement sur le continent africain. Il viendra bien un jour – et il faut souhaiter ardemment que ce jour soit le plus tôt possible – où leur présence ne sera plus utile à l’Afrique.
Ce n’est pas du tout le signe d’une indifférence de notre part, bien au contraire !
Nous avons d'ailleurs réorganisé nos propres forces armées pour les consacrer davantage à la coopération.
Au cours des deux dernières années, les armées françaises ont formé 15.800 militaires africains.
10.200 d’entre eux, issus de 13 pays différents, ont servi dans une opération de maintien de la paix en Afrique. Et 5.600 autres ont été formés au profit de la « Force Africaine en Attente », dans 27 pays.

A cet égard, Monsieur le Premier ministre, je voudrais remercier le Cameroun pour les facilités accordées à notre mission logistique de transit entre Douala et le Tchad et la République centrafricaine. Ce concours est absolument déterminant dans le soutien que nous apportons aux troupes engagées dans ces pays au service de la paix.

Nous avons des accords de défense avec plusieurs pays africains, comme le Sénégal, le Togo, la Côte-d’Ivoire, le Gabon, les Comores, Djibouti, la République centrafricaine, et bien entendu, le Cameroun.

Mais tous ces textes datent d’une époque qui est complètement révolue. Le texte passé avec le Cameroun date de 1974 ! Eh bien il faut adapter ces accords de défense aux défis d’aujourd’hui, et il faut les adapter à notre nouvel état d’esprit commun.

Cette démarche d’actualisation a déjà permis de signer un premier nouvel accord de défense, il y a deux mois, avec le Togo. Et j’ai eu le plaisir d’assister ce matin à la signature du deuxième, avec le Cameroun.

C’était très important pour la France de renouveler cet accord de défense.

D’abord parce que vous êtes notre premier pays de coopération militaire, sur le plan financier comme en nombre d’hommes.
Ensuite, parce que de par son histoire, de par sa situation géographique et sa culture, le Cameroun est un pays clé dans la région, qui, sous l’impulsion du Président BIYA, assume totalement ses responsabilités au niveau régional.
Je veux, dans cet esprit, saluer son implication dans les opérations de maintien de la paix, notamment au sein de la MICOPAX en Centrafrique, seule opération africaine actuellement déployée par une organisation sous-régionale dans un pays en crise.

Ce nouvel accord que nous venons de signer constitue un grand progrès.
D'abord, mesdames et messieurs, c’est un texte intégralement public : cela prouve la transparence que nous voulons dans ce domaine.
Et d'ailleurs, cet accord, contrairement aux précédents, sera validé par le Parlement français.
Il synthétise en un seul document divers dispositifs qui étaient autrefois fragmentés.
Il implique une véritable réciprocité entre le Cameroun et la France. On y parle désormais de « partenariat ». Eh bien, je vais vous dire que ce n’est pas un détail sémantique, c’est la traduction d’un véritable changement d’état d'esprit.
Et enfin, il s’inscrit directement dans la volonté de la France d’être en appui des dispositifs régionaux que les pays africains mettent eux-mêmes en place.

Je voudrais insister sur ce point, parce qu'il est absolument fondamental.
Je crois qu'aujourd’hui, la priorité, c’est d’aider les pays africains à s’organiser pour faire face ensemble aux défis de sécurité qui les concernent. Les mécanismes de sécurité collective sont plus nécessaires que jamais.
Je pense en particulier aux progrès qui ont été réalisés par l’Union africaine, qui a su se doter d’instruments efficaces en faveur de la paix.
L'Union africaine joue maintenant systématiquement un rôle clé dans la gestion des crises. Et son action est complétée par celle des organisations infrarégionales, qui jouent aussi un rôle en matière de maintien de la paix, comme on l'a vu, en Sierra Leone ou en Centrafrique.
Signe extrêmement positif et prometteur : désormais, le Conseil de Sécurité de l’ONU agit en lien étroit avec l’Union africaine et avec ses organisations sous-régionales.

De plus en plus, ce sont donc des solutions politiques africaines qui sont recherchées et non pas des solutions politiques imaginées ailleurs et imposées à l'Afrique ; ce sont des solutions politiques qui s’imposent naturellement, ce sont des solutions adaptées, ce sont des solutions qui sont spécifiques à chaque situation.
La voie de l’avenir, c’est donc une véritable « africanisation » du règlement des conflits.
Hier, en Côte d’Ivoire et au Kenya, demain au Darfour, aux Comores, au Zimbabwe : ce sont aux acteurs régionaux et aux Etats voisins de faire la différence ; et c'est à eux de trouver la voie de la concertation et de la paix.

Eh bien, mesdames et messieurs, cette tendance de fond, la France veut l’accompagner et elle veut la soutenir.
Nous voulons contribuer à renforcer les capacités africaines, notamment en insistant sur la formation et sur l’entraînement.
Nous soutenons par exemple les 14 écoles nationales à vocation régionale ou continentale situées dans 8 pays africains, dont votre Cours Supérieur Interarmées de Défense (CSID) est l’un des fleurons.

Je veux en profiter pour saluer l’initiative du Cameroun de créer une Ecole internationale des forces de sécurité (EIFORCES) qui permettra de développer le potentiel d’intervention des forces africaines.
La France soutient totalement cette initiative, comme elle soutient la volonté du Cameroun de contribuer au développement des outils africains de gestion de crise.

Un des domaines clés d'ailleurs, où nos deux pays peuvent aller beaucoup plus loin dans la coopération militaire, c'est celui de la sécurité en mer.
On a beaucoup parlé, ces derniers temps, de la piraterie au large de la Somalie. Mais vous savez bien que des problèmes préoccupants se développent aussi le long des côtes camerounaises et dans l’ensemble du Golfe de Guinée.

Le Cameroun est victime d’un pillage illégal de ses ressources halieutiques, de phénomènes de banditisme, de contrebande, de trafics d’armes et de drogues par voie de mer.
Avec, comme conséquence, des coûts de sécurisation non négligeables, et une menace pour de la compétitivité de son industrie pétrolière, qui représente 50 % de ses exportations.
Vous avez donc un intérêt vital à sécuriser vos eaux territoriales et votre zone économique exclusive.

Je pense que le Cameroun peut être un acteur de premier plan pour la sécurité dans le Golfe de Guinée.
Et d'ailleurs, à l’initiative du Président BIYA, il a déjà été mis en place des instruments utiles, notamment avec vos partenaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale.
Le Cameroun dispose d’une législation complète dans le domaine de l’action de l’Etat en mer.

De notre côté, nous avons une expérience et des outils reconnus que  nous sommes prêts à mettre à votre disposition.
La France veut travailler avec le Cameroun, par exemple dans le domaine des moyens de communication, de formation dans le domaine des transmissions, de la maintenance des équipements, de la constitution de moyens d’audit et d’assistance. Nous ne pouvons pas laisser se développer des zones de non droit au regard de nos côtes. On a trop longtemps fermé les yeux sur la piraterie au large de la Somalie. C'est la raison pour laquelle c'est aujourd'hui aussi difficile de la combattre. Si elle avait été combattue depuis longtemps, elle n'aurait pas pris l'ampleur qu'elle a prise, et surtout, il ne se serait pas développé au large de la Somalie, une sorte d'économie parallèle qui ne fonctionne qu'avec la piraterie.

Je veux d'ailleurs faire remarquer qu'il y a peu de temps que la Communauté internationale a choisi de réagir à ces actes de piraterie. La France y a pris une part importante. Mais nous avons dû convaincre, y compris les armateurs, qu'il était nécessaire d'intervenir militairement et de ne pas laisser se développer cette situation. C'est comme si, au fond, chacun avait admis un mode de fonctionnement illégal pour lequel tout le monde avait trouvé des moyens de vivre avec.

Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, le nouvel accord que nous avons signé hier sera un outil très précieux pour rendre notre coopération militaire encore plus efficace.

Mesdames et Messieurs,

Dans la renaissance africaine, le Cameroun a un rôle clé à jouer.
Je veux vous dire que la France sera heureuse d’y contribuer, en apportant tout son soutien à votre pays.
Le dynamisme, l’énergie, le talent que j’ai perçus, ici au Cameroun, sont vos atouts. C'est à vous de les valoriser, mais c'est à nous de les reconnaître.
Alors, ensemble, je vous propose que nous rassemblions nos forces, que nous unissions nos idéaux, que nous mettions notre amitié au service de l’Afrique.

Et permettez-moi de dire :
Vive l’Afrique, vive le Cameroun, vive la France !


- conférence de presse de François Fillon, Premier ministre, à Yaoundé à l'occasion de sa visite au Cameroun le jeudi 21 mai 09

François FILLON, Premier ministre

nt public, il sera soumis à lMonsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, mesdames et messieurs, je voudrais dire une nouvelle fois combien je suis heureux d’être au Cameroun, premier pays d’Afrique subsaharienne que j’ai l’honneur de visiter en tant que chef du gouvernement français. Je ressens d’autant plus fortement cet honneur que j’ai débuté, monsieur le Premier ministre, ce séjour en prenant part à la célébration de la fête nationale camerounaise à l’invitation du président BIYA. Vous savez que la France et le Cameroun sont liés par une très longue histoire, par une culture commune, ils entretiennent de longue date des liens très étroits. Le premier objet de ma visite c’est justement de rappeler l’attachement de la France au continent africain et tout particulièrement au Cameroun et la foi que la France a dans l’avenir de l’Afrique et du Cameroun. La France est et restera l’un des tous premiers fournisseurs d’aide au développement, notre coopération bilatérale s’élève à près de 700 millions d’euros sur 5 ans au Cameroun, je veux dire que nous maintiendrons cet effort vis-à-vis du Cameroun comme vis-à-vis du reste de l’Afrique malgré la crise économique et financière que nous rencontrons.
Au-delà de l’aide au développement nous croyons surtout dans la vitalité des économies africaines et des entreprises africaines, la France est aujourd’hui le premier investisseur au Cameroun, et nos entreprises dont beaucoup sont dans la délégation qui m’accompagne ont confiance dans le Cameroun et souhaitent s’y développer. C’est d’ailleurs toute l’ambition de l’initiative de soutien et de croissance que le président de la République a annoncé l’an dernier au Cap, grâce à de nouveaux instruments, des instruments de garantie, de prise de participation, de mise en place de prêts, l’agence française de développement va engager deux milliards et demi d’euros sur cinq ans, qui permettront de mobiliser jusqu’à 8 milliards d’euros de fonds pour les petites et moyennes entreprises de l’Afrique Subsaharienne.
La France continuera par ailleurs de se faire l’avocat de l’Afrique au sein de l’Union européenne, au sein des organisations internationales, au sein des organisations financières, ou du G20. Dans l’immédiat, pour que la crise économique ne remette pas en cause les acquis d’une décennie de réformes très courageuses engagées en Afrique et tout particulièrement ici au Cameroun, nous devons tout faire pour que soit mis en œuvre sans délai les décisions qui ont été prises au G20 et en particulier l’augmentation du soutien du fonds monétaire international et de la banque mondiale aux pays en développement. Nous voulons construire un partenariat renouvelé avec les pays du continent, avec lesquels nous entretenons depuis toujours des relations fortes. Ma visite vise aussi à faire vivre ce partenariat, c’est dans cet esprit que nous avons signé un accord de partenariat de défense, vous savez que nous avons décidé sous l’impulsion du président de la République de renégocier tous les accords de défense qui lient la France à l’Afrique. L’accord qui a été signé aujourd’hui est le deuxième, ainsi renégocié il est totaleme’approbation du Parlement français, il traduit le changement d‘approche de notre relation et l’adaptation de cette relation au monde d’aujourd’hui et à une Afrique où les mécanismes de sécurité collective sont en train de s’affirmer. Cet accord vise notamment à appuyer la constitution de forces de sécurité africaines qui doivent à terme être en mesure d’assurer la sécurité du continent.
Nous avons ensuite signé un accord de gestion concertée des flux migratoires et de codéveloppement. C’est un accord qui est très favorable pour les étudiants, c’est un accord qui prévoit l’ouverture aux ressortissants camerounais de 66 métiers. Et c’est enfin un accord qui comprend un volet de codéveloppement qui s’élève Monsieur BESSON à 12 millions d’euros.
Enfin nous avons signé un accord en matière de santé de 35 millions d’euros. Cet accord se situe dans le cadre du contrat de désendettement pour le développement qui a été signé en 2006. Ce contrat qui fait, je crois, l’unanimité à la fois de notre côté et du côté du gouvernement camerounais représente 537 millions d’euros sur 5 ans, monsieur JOYANDET, et c’est un mécanisme très innovant qui permet de transformer des échanges de remboursement de la dette du Cameroun à l’égard de la France en projet de développement. C’est donc un outil partenarial dont l’efficacité est reconnue.
Enfin, ma visite a permis d’aborder la problématique de l’intégration régionale et tout spécialement celle de la sécurité dans le Golfe de Guinée. C’est une question qui doit faire l’objet d’abord d’une approche régionale et les efforts qui sont faits en ce sens par la communauté des Etats d’Afrique Centrale sont très positifs et très encourageants, notamment – je veux le citer – le projet de création d’un centre opérationnel commun. J’aborderai d’ailleurs à nouveau cette question demain lors de mon déplacement au Nigeria. Comme je l’ai dit au président BIYA nous sommes prêts à aider le Cameroun à renforcer ses capacités notamment maritimes, qu’il s’agisse de la formation, qu’il s’agisse de coopération en matière d’équipements, ou encore qu’il s’agisse d’exercices conjoints. Le Cameroun est le premier bénéficiaire de la coopération militaire française, eh bien avec son accord, à sa demande, nous allons réorienter en partie cet effort pour accroître les capacités de l’action en mer de l’Etat camerounais.
Voilà je voudrais enfin dire pour terminer combien je me réjouis de recevoir, avec le président de la République, le président BIYA au mois de juillet à Paris pour une visite que nous sommes en train d’organiser et qui j’en suis sûr sera couronnée de succès. Voilà je suis maintenant prêt à répondre, ou en tout cas essayer de répondre à vos questions. Je vous en prie.

Raphaël MVOGO, le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune
Merci monsieur le Premier ministre. Monsieur le Premier ministre vous avez beaucoup évoqué l’accord de coopération dans le domaine de la Défense, il est heureux de savoir ce qui a été fait par le passé, et pour savoir quel est le coût obtenu réel du nouvel accord qui vient d’être signé ? Merci. Parce que justement le Cameroun n’habitait pas de base militaire française, et maintenant le contenu des accords passés.

François FILLON
L’accord vous allez le connaître puisque comme je le disais tout à l’heure il sera public. C'est donc un accord qui sera à la disposition de chacun, c’est la transparence que nous voulons. C'est un accord qui pour l’essentiel est destiné à faciliter le soutien des forces françaises à la formation, à l’entraînement, à l’équipement des forces armées camerounaises, qui comprend des modalités d’exercices communs, qui comprend des modalités d’interventions communes et qui est un accord qui en aucun cas ne conduit à stationner naturellement des forces ou à s’ingérer de quelque façon que ce soit dans les affaires du Cameroun et c’est ça que nous voulons mettre en œuvre dans tous les pays africains pour l’avenir.

Question
Je voudrais me permettre de poser trois petites questions, monsieur le Premier ministre. Vous avez parlé en répondant à la question de mon confrère que l’accord de Défense revu et corrigé sera mis à disposition de la presse, mais on aimerait bien savoir que va-t-il se passer avec les victimes disons collatérales des imperfections ou de ce que vous avez appelé les « scories du passé » qui étaient contenues dans le précédent accord ? Et je pose la question parce que des ONG estiment qu’il y a plusieurs nationalistes camerounais notamment qui sont tombés, qui ont été assassinés par l’armée française. Alors que va-t-il se passer par exemple avec ceux là et les conséquences des imperfections des précédents accords de défense ? Ma deuxième question c'est au niveau de l’accord de coopération monétaire dénoncé par certains universitaires. Il y en a qui ont adressé une lettre ouverte au président français pour dénoncer le contenu de cet accord qu’ils estiment désavantageux et meurtrier pour les économies africaines. Est-ce que, comme pour l’accord de défense militaire, on peut s’attendre à une révision de l’accord de coopération monétaire dans un futur proche ?

François FILLON
Alors sur le premier sujet, je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun, tout cela c’est de la pure invention. Et naturellement lorsque je parlais de « scories » ce n’est pas à ça que je pensais. Quand je parlais de « scories » je pensais à une période pendant laquelle la coopération était une coopération, comment dirais-je, qui venait d’en haut, qui venait des pays développés vers les pays africains, qui n’était pas un partenariat, qui n’était pas partagée, qui ne faisait pas l’objet au fond d’une sorte de codécision pour prendre une expression que les parlementaires européens aiment beaucoup, d’une codécision entre l’Afrique et l’Europe. Voilà ce que nous voulons changer. Quand nous avons décidé avec le président de la République de lancer l’initiative de l’union pour la Méditerranée, c’est parce que nous pensons que les pays de la Méditerranée doivent se prendre en charge et constituer un ensemble régional comme l’a constitué en son temps l’Union européenne. Eh bien de la même façon désormais tous les accords de défense que nous aurons avec des pays africains, ce seront des accords qui correspondront, d’abord qui seront transparents, et qui correspondront à la demande de ces pays et qui respecteront naturellement intégralement leur souveraineté. Sur le deuxième sujet qui concerne le fonctionnement – si j’ai bien compris – de la monnaie et donc de la zone du franc CFA, c’est aux pays africains de prendre leur responsabilité. La France n’impose aucune règle. Et si des décisions monétaires doivent être prises elles doivent être prises par les pays de la zone. Il n’y a aucune tutelle, aucun contrôle de la France sur cette politique monétaire qui est une politique qui est conduite par l’ensemble des Etats qui partagent la même monnaie avec les instruments de la régulation. Et je pense que ceux qui émettent ces jugements d’abord le font un peu à l’emporte pièce mais surtout se trompent d’interlocuteur. Ce sont les chefs d’Etats africains qui ont la maîtrise de cette décision.

Question
Monsieur le Premier ministre, ma question concerne un autre pays d’Afrique, est-ce que vous avez des précisions sur l’état de santé du président gabonais Omar BONGO ?

François FILLON
Ecoutez, pas plus que vous. Je sais que le président est soigné, je sais que hier soir encore, ce matin, sa santé était satisfaisante. Je formule des vœux de prompt rétablissement au président BONGO en espérant naturellement qu’il sera remis sur pied le plus vite possible.

Bruno JEUDY, le FIGARO
Monsieur le Premier ministre. Bonjour. On entend ici un peu de déception de la part des Camerounais du fait que Nicolas SARKOZY n’ait pas honoré une de ses promesses de venir ici dans ce pays à l’occasion de ses différentes tournées. Est-ce que vous pouvez nous dire s’il viendra ou pas ?

François FILLON
Je pense monsieur JEUDY que la déception c’est d’abord la votre. Il me semble d’ailleurs que la semaine dernière ou il y a quinze jours, alors que je me déplaçais en Slovénie, vous m’avez posé la même question. Donc vous devez avoir les oreilles qui sont un peu déformées parce que vous entendez des déceptions partout que moi je n’entends pas. Je n’ai pas du de déception autour de moi tout au long de cette journée. Naturellement j’imagine que le peuple du Cameroun, le Premier ministre du Cameroun, le président BIYA seront très heureux d’accueillir le moment venu le président de la République française, pour l’instant c’est le président BIYA qui viendra en visite officielle à Paris au mois de juillet et nous allons tout faire pour lui donner un accueil qui est l’accueil qu’il mérite parce que le Cameroun est un grand pays, c’est un pays stable, c’est un pays qui a fait beaucoup d’effort dans la construction d’institutions démocratiques, d’institutions stables, c’est un exemple qui est à suivre, et nous ferons tout pour le montrer au président BIYA. Pour le reste essayez d’être moins déçu, faites preuve de moins de déception monsieur JEUDY parce que ça doit vous gâcher la vie d’être déçu tout le temps.

Monsieur BIJOKA ,radio
Monsieur le Premier ministre nous savons que la lutte contre l’immigration clandestine passe par la création au Cameroun prioritairement d’un environnement social viable. Alors des chefs d’Etats africains ont été mis en cause chez vous en France pour avoir pillé les biens de leur peuple, pourquoi est-ce que votre Etat a demandé que la procédure soit arrêtée ?

François FILLON
Non, l’Etat français ne se mêle pas du fonctionnement de la justice, il y a des instances qui sont en cours, le parquet est amené à juger de chaque plainte pour vérifier que ces plaintes sont fondées, il le fait s’agissant des plaintes qui ont été formulées à l’encontre de certains chefs d’Etats africains, de la même façon qu’il le fait lorsqu’il traite n’importe quelle autre plainte. Quand les plaintes sont fondées il y a des poursuites, quand les plaintes ne sont pas fondées, quand elles ne sont pas fondées en droit je veux dire il n’y a pas de poursuite. Pour le reste c’est la justice française qui est indépendante qui conduira le cas échéant ces instructions et le gouvernent français n’y prendra aucune part.

Blaise TESTELIN NANA, post national, radio télevision camerounaise
Je suis intéressé par l’un des trois accords que vous avez signé ce matin avec le Cameroun, que la France et le Cameroun ont signé ce matin, précisément l’accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires. Tout à l’heure dans votre intervention à l’amphi, vous avez dit que la France voudrait aider la jeunesse africaine en parlant par ailleurs du chiffre, du nombre de jeunes africains qui font en ce moment, qui poursuivent en ce moment leurs études au niveau supérieur en France. Ils sont 100 000 disiez vous. Par ailleurs au sein de la jeunesse camerounaise précisément, on a comme des inquiétudes par rapport à la signature d’un accord de gestion concerté des flux migratoires. On voit ça comme étant un accord de limitation en fait des flux migratoires. Que pouvez vous dire par rapport à la mise en application de cette loi du 25 novembre 2007 pour rassurer cette jeunesse ?

François FILLON
Ce que je veux dire d’abord c’est que notre objectif, notre devoir, c’est d’accueillir les jeunes africains qui veulent venir faire leurs études dans notre pays, ou les africains qui veulent venir s’établir dans notre pays, les accueillir dans des conditions qui soient des conditions dignes. C’est le devoir de chaque Etat. Et c’est la raison pour laquelle il est impératif de maîtriser les flux migratoires. C’est d’ailleurs une décision qui n’a pas seulement été prises par le gouvernement français mais vous savez que l’ensemble des pays de l’Union européenne ont adopté en décembre dernier un accord commun visant à mettre en œuvre les mêmes règles en matière de régulation des flux migratoires. Alors ça ne veut en rien dire que nous voulons réduire ces flux, nous voulons les maîtriser, et je vais vous donner quelque chiffres qui montrent que nous ne sommes pas dans une perspective de réduction de l’accueil en particulier des jeunes africains, des étudiants africains. Si je prends l’exemple des visas nous avons entre 2001 et 2008 nous sommes passés d’un taux de refus de visas qui était d’acceptation de visas qui était de 30 % en 2001 à un taux d’acceptation qui est à plus de 75 % en 2008. Nous avons fait d’énormes efforts pour améliorer les conditions de délivrance de ces visas. Nous voulons en particulier qu’ils puissent être délivrés dans un délai - Que le rendez vous se fasse dans un délai de 48 heures et la délivrance dans un autre délai de 48 heures - Nous avons signé, dans l’accord que j’évoquais tout à l’heure, un partenariat qui permet d’ouvrir des nouveaux métiers, 66 nouveaux métiers à l’immigration venue, ouverts aux ressortissants camerounais. Nous avons également délivré des cartes « compétence et talent » qui concernent notamment les entrepreneurs, les enseignants et les chercheurs qui seront octroyées chaque année et qui permettront une circulation plus facile. Voilà. Nous ne sommes pas dans une phase de réduction de l’accueil, nous sommes dans une phase de régulation, nous voulons faire en sorte que ceux qui viennent en particulier faire leurs études dans notre pays, le fassent dans de bonnes conditions, soient accueillis, soient logés, qu’on n’assiste plus à un certain nombre de scandales comme on en a vus dans les années passées parce que les universités recrutaient elles mêmes les étudiants sans jamais se préoccuper des conditions de vie et d’accueil de ces étudiants, et pour avoir été moi-même en charge de l’Education nationale je peux vous dire que j’ai constaté des situations absolument scandaleuses d’étudiants africains qui vivaient sans aucune ressource alors même que l’université leur avait donné les autorisations leur permettant de venir faire leurs études en France. Voilà, c'est la politique que conduit Eric BESSON, c’est une politique généreuse, c’est une politique d’ouverture mais en même temps c’est une politique d’ordre et je crois d’ailleurs que c’est la même politique que le gouvernement camerounais entend conduire sur son propre territoire car nous ne pouvons pas laisser s’organiser les flux migratoires complètement inmaitrisés, incontrôlés qui poseraient des questions de stabilité extrêmement sérieuses dans tous les pays que nous représentons. Voilà mesdames et messieurs. Peut-être une dernière question.

Question
Une dernière question, pardonnez moi je ne voudrais pas parler de déception mais de mauvais souvenir qui est peut-être celui laissé ici en Afrique par le discours du président de la République à Dakar. Qu’est-ce que vous pourriez dire puisque c’est votre première visite ici en Afrique Subsaharienne pour tenter d’effacer ou d’atténuer ce mauvais souvenir ?

François FILLON
D’abord ce n’est pas le sentiment que m’a donné le président BIYA. Ca n’est pas le sentiment que m’avait donné le président MBEKI lorsqu’il avait écrit au président de la République française pour le féliciter du discours de Dakar. Je pense que le discours de Dakar a été mal lu par un certain nombre d’observateurs qui en ont extrait une phrase et qui ont essayé de faire de cette phrase, de donner avec cette phrase la couleur d’un discours qui était très différent. C’est sans doute de tous les chefs d’Etat français, Nicolas SARKOZY est celui qui a dénoncé avec le plus de clarté et le plus de vigueur dans le discours de Dakar le colonialisme et la pratique de l’esclavage. Et donc je pense que ce discours a été amputé d’une grande partie de son sens, que beaucoup d’Africains ne l’ont pas ressenti comme vous venez de l’indiquer. Pour ceux qui l’auraient ressenti comme cela, je les invite à le relire et à constater que c’est au contraire un discours qui propose à l’Afrique enfin un vrai partenariat. Parce que c’est ça la réalité. La réalité c’est que nous voulons construire avec les pays africains un partenariat d’égal à égal. Chaque pays africain est souverain, il a des dirigeants qui sont des dirigeants désignés par les peuples des pays africains, et c’est avec eux que nous voulons construire l’avenir. Pour autant nous n’oublions pas l’histoire, Nicolas SARKOZY l’a rappelé dans ce discours et je constate, des entretiens que j’ai eus avec monsieur le Premier ministre, avec le président BIYA, que chacun a très bien compris l’état d’esprit dans lequel est le président de la République française. Nous voulons renouveler les relations de la France avec l’Afrique, nous voulons construire avec l’Afrique, et c’est à cela que nous nous employons. Merci beaucoup.





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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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John 27/05/2009 01:05

Monsieur le Premier ministre, j'ai suivi avec une grande attention votre séjour au cameroun je vous en félicite. mais pouvez vous me donner lr contenu des 3 accords  surtout que vous l'avez promis ( d'être tranparent) surtout le 66 métiers reservés au camerounais.il m'a semblé que vous vous êtes intéresséé seulement au 18-35 ans et les autres alors

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