Ce site n'est plus à jour

Découvrez Fillon2017.fr
18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 10:59

François Fillon, Premier ministre, rend hommage au Général de Gaulle à l’occasion du 69ème anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940, (version vidéo et version écrite intégrale+audio de l'appel du 22 juin 40 sur la BBC) le jeudi 18 juin 2009 à Matignon.


extrait de l'appel du Générale de Gaulle le 22 juin 1940 (très proche de celui du 18 juin 40 qui n'a pas été enregistré)


Monsieur le Ministre,
Monsieur le Chancelier de l’Ordre de la Libération,
Monsieur le Président de la Fondation de la France Libre, cher Yves Guéna,
Monsieur le Président de la Fondation Charles de Gaulle, cher Pierre Mazeaud,
Cher Jean de Gaulle,
Mesdames et messieurs,

Le 10 juin 1940, un mois après la percée de Sedan, 100.000 de nos soldats sont déjà tombés au combat, et 6 millions de Français sont jetés sur les routes de l'exode.
Le 14 juin, les armées allemandes occupent Paris, et 9 jours plus tard, Adolf Hitler pose devant la Tour Effeil.
Le 17 juin, le Maréchal Pétain commande aux Français de cesser le combat et engage les tractations de l’armistice.
Renoncement, abdication, collaboration, tout, en apparence, est en place pour anéantir notre pays.
Mais le 18 juin 40, en fin de journée, une voix brouillée mais ferme ranime l’espoir d’une nation brisée.

C’est la voix du Général de Gaulle, cet officier presque inconnu au nom prédestiné, ce rebelle visionnaire, ce patriote inflexible qui va entraîner, contre vents et marées, souvent seul contre tous, l’âme de la France.

Il faut imaginer ces heures sombres et sans aucun espoir apparent, ces heures de déroute où l’étendard de la croix gammée se confond au ciel de Paris, pour mesurer à sa juste valeur l’appel éclairant du 18 juin 1940.

Comme une flamme lointaine, le message du Général de Gaulle vient transpercer la nuit et le brouillard qui se sont abattus sur la France.
Cet appel, c’est le cri de l’honneur cinglant l’esprit de capitulation.
C’est le cri de la liberté jeté au visage de l’oppression.
C’est le cri de l’indépendance nationale.

C’est aussi celui de la clairvoyance devant les perspectives d’un conflit aux résonances  mondiales.
Peu de Français entendent ce message qui fut suivi de beaucoup d’autres durant quatre années.
Mais son souffle se propage d’écho en écho, de chuchotements en graffitis, de tracts en affiches, de réseaux en maquis.

Au coin des rues, sur les places des villages, dans l’intimité des foyers où les rideaux sont tirés, il se dit qu’«un Général Français est à Londres, et il affirme que rien n’est perdu !».

Au fond de l’abîme, l’esprit de résistance naît.
Malgré la débâcle, malgré la peur, le mensonge, la répression, des hommes et des femmes se dressent, et les voici disant «non» à l’occupation, «non» à l’humiliation, «non» à l’étranglement de la souveraineté nationale, «non» au mépris de nos valeurs les plus sacrées.
Tous n’étaient pas des héros, et pourtant tous prirent le risque de s’engager, malgré les dangers, malgré le poteau d’exécution.
Arrêté à l’âge de 15 ans, Pierre Benoit écrit dans sa dernière lettre à ses parents : «c'est la fin ! On vient nous chercher pour la fusillade… mais le rêve des hommes fait événement».

Face à la réalité implacable de l’occupation, le rêve de ces hommes s’élance vers les chemins de la liberté et éclaire le passage aux actes.
Résister, ce n’est pas seulement survivre, c’est choisir de vivre debout ! Et ce choix, en 1940, dans ce champ de ruines où nul ne sait plus à quel point se fixer, ce choix se noue ou se délite dans le coeur chacun. 

Au plus profond de soi-même, résister, c’est avoir tranché une question suprême : faut-il prendre le risque de mourir pour la liberté ou faut-il accepter la certitude de vivre enchaîné ?
C’est la foi en un idéal, c’est la force de l’espérance qui sont à l’origine de la Résistance, elle qui ne rassemble dans ses premières heures qu’une poignée de Français.

Certains sont de droite, d’autres de gauche, certains sont croyants, d’autres ne le sont pas.
Qu’importe, ils sont tous patriotes, tous unis pour le parti de la  révolte.
N’écoutant que leur audace, ils rejoignent Londres et s’engagent dans les Forces Françaises Libres.
Parmi les premiers d’entre eux, figurent les 120 pêcheurs de l’Ile de Sein qui prennent la mer les 24 et 26 juin.
Soldats, aviateurs, marins de la France Libre, ils sont en juin 40, 7000 hommes, seulement 7000, mais plus décidés et plus ardents que 7 divisions réunies, et leur nombre ne fera que croître durant les cinq années suivantes.
Parmi eux, il y a des tankistes du 501ème Régiment de chars de combat, qui est le gardien des traditions du 507ème régiment qui fut commandé par le colonel de Gaulle, et dont un détachement est ici présent.

Sur leur uniforme râpé, tous ces volontaires portent la croix de Lorraine.
Leur fougue et leur bravoure répondent au serment de Koufra : «nous ne déposerons pas les armes avant que le drapeau français flotte sur Paris et sur Strasbourg !».
De Bir Hakeim à El-Alamein, de Cassino à Toulon, de Ouistreham à Paris, de Paris à Strasbourg, de Strasbourg à Berchtesgaden, ils ont tenu parole !

En ce sinistre printemps de 1940, d’autres s’engagent dans l’armée des ombres.
Ils n’ont alors que leur audace pour seule arme.
Malgré l’emprise d’un pouvoir qui partout resserre ses chaînes, ils sont en règle avec leur conscience. Et c’est en elle que se forge d’abord, le glaive de l’honneur.
Mois après mois, ces résistants anonymes aux identités codées s’organisent et s’étoffent.
Ils récupèrent et utilisent des armes qui leur sont parachutées, publient des journaux et distribuent des tracts, établissent des faux papiers, récupèrent et transmettent des informations, cachent des juifs, protègent des agents traqués.

Dans la clandestinité, chacun, selon ses réseaux, selon ses moyens, ses aptitudes, résiste.

Tous connaissent le sort qui leur est réservé en cas d’arrestation.

Héroïque comme Jean Moulin, Brossolette, d’Estienne d’Orves, et tant d’autres dont les corps furent démolis sous les coups de leurs geôliers, Fred Scamaroni, de peur de parler, se tranche la gorge et écrit sur le mur de sa cellule, de son propre sang : «Vive la France, vive de Gaulle ».
Après quatre années de combats et de sacrifices, le 5 juin 1944, à 21h15, 200 messages filent vers les groupes de résistants. Parmi eux, «les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d’une langueur monotone».

Le jour J est là.

Trains détruits, lignes de communications coupées, embuscades, partout la résistance entre en action.
« La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France et c’est la bataille de la France ! ». Ce sera l’un des derniers messages du Général de Gaulle prononcé hors du territoire national.

Le 26 août, dans l’immense clameur populaire, le Général rallume la flamme du soldat inconnu, descend les Champs Elysées et se rend à Notre Dame, embrassant ainsi l’histoire millénaire de la France.

Le 9 septembre 1944, il préside ici, à l'Hôtel de Matignon, le Conseil des ministres du Gouvernement provisoire de la République française. C’est le premier à se tenir en France, dans Paris libéré.
Cette date consacre le retour de la République en ses murs.
Elle scelle la victoire de notre démocratie.

Entre l’appel du 18 juin et ce premier Conseil des ministres, une immense bataille militaire et morale fut livrée contre la barbarie.
Le pouvoir des armes l’emporta, mais rien n’aurait été possible sans la force des âmes.
En décidant d’apposer une plaque sur les murs de Matignon, j’ai voulu honorer l’âme de la France combattante sans laquelle notre souveraineté et notre liberté seraient mortes.

69 ans après les faits, quel sera le regard des passants ?
Certains s’arrêteront pour relire cet Appel qui entraîna des jeunes de vingt ans à braver la mort.
Ils se souviendront d’un homme, qui à deux reprises, eut rendez-vous avec l’Histoire  en 1940 pour sauver la France, en 1958 pour la redresser.
D’autres, sans doute, jetteront un regard furtif, mais un jour, au détour d’une épreuve, une voix intérieure parlera en eux.
Ce sera celle du courage et de la dignité.

Cette voix est celle qui inspire tous les peuples que l’on méprise, que l’on bâillonne, que l’on réprime.
C’est la voix des nations libres.
Et c’est aussi celle des hommes de bien.
Le mal triomphe devant leur inaction. Mais il échoue toujours devant leur sursaut.

Mesdames et messieurs,

Pour l’appel du 18 juin, pour notre drapeau qui flotte au dessus de cette cour, beaucoup se sont battus pour que nous n’ayons pas à nous battre à notre tour.
Beaucoup sont tombés pour que nous vivions dans un pays libre et démocratique. Leur mort serait vaine si elle ne continuait pas de l’inspirer aujourd’hui.

La France que nous aimons, la France de la liberté et de la dignité humaine, cette France là nous oblige.
Elle nous oblige au rassemblement national lorsque l’essentiel est en jeu, car il n’y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche, il n’y a que le peuple Français, capable dans son unité de toutes les grandeurs.
La France que nous aimons nous oblige au goût de la vérité plutôt que celui des illusions, au choix de la droiture plutôt que celui de l’esquive.

Elle nous oblige à ne pas emprunter les chemins de complaisance qui, de compromis en compromission, conduisent inéluctablement à la déroute.
Elle nous oblige à ne jamais sacrifier nos idéaux.
Elle nous oblige au souvenir.

«Soldats tombés dans les déserts, les montagnes ou les plaines; marins noyés que bercent pour toujours les vagues de l’océan; aviateurs précipités du ciel pour être brisés sur la terre; combattants de la Résistance tués aux maquis et aux poteaux d’exécution. Votre exemple est aujourd’hui la raison de notre fierté. Votre gloire sera, pour toujours, la compagne de notre espérance ».

C’est là, mesdames et messieurs, l’hommage du Général de Gaulle rendu à tous ceux dont le dernier souffle se mêla au destin de la France.















Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article

commentaires

André+Guidi 22/06/2009 10:27

M. le Premier Ministre de la France, merci pour ce vibrant hommage au Général De Gaulle et par delà à la résistance.L'appel du 18 Juin 1940 reste gravé dans nos mémoires et je me réjouisqu'une plaque le retrace, à votre initiative dans l'hôtel Matignon. Veuillez agréer, M. le Premier Ministre, l'expression de mes salutationsrespectueuses et dévouées.

cliff 19/06/2009 07:10

salut françous. chouette l'idée du blog ;) engage un rédacteur si tu n'as pas le temps toi-même, un blog serait un très bon moyen de communiquer auprès de geeks leaders d'op. mais après hadopi vous avez du chemin à faire pour apprivoiser l'internaute, là par exemple en t'écrivant si sincèrement, j'ignore s'il n'y aura pas comme il y en a beaucoup ces dernières années, quelqu'un d'un peu trop zêlé qui mettra mon adresse IP de côté parce qu'on ne tutoie pas le premier ministre. t'inquiète, toi, je sais que ça ne te dérange pas. bises Cliffordle grand chien rougeattention changement d'adresse à partir du 09/06/19:

Caroline Morard 18/06/2009 16:49



69 ans plus tard, la résonance de cette date frappe les cœurs de bon nombre de nos compatriotes avec la même ardeur au fil des ans et en amont des générations avec la volonté de ne pas oublier, de respecter, de revendiquer et de transmettre un héritage qui nous fait sens. Au-delà de l’ancrage historique, la pensée gaulliste ne commence ni ne s’arrête le 18 juin 1940, même si cet appel contre l’infâme renoncement pétainiste, symbolise l’essence même de cette pensée. Oser proclamer depuis Londres, alors que la guerre fait rage, que la bataille essentielle est celle des idées, ce fut d'une témérité vertigineuse, mais notre salut en fut gré ! 
Être gaulliste en 2009  n’est ni un angélisme, ni la nostalgie d’un monde révolu, ni un référentiel obsolète ; c’est au contraire le signe d’un engagement d’un extrême modernité, dès l’instant que ce qui est en jeu c’est l’avenir de la nation, dans le contexte d’une coopération européenne et mondiale.
De Gaulle n’a pas tout dit sur tout, mais il nous a laissé en héritage la certitude de l’efficacité de l’action politique et de l’exigence de repères éthiques.Lorsque de Gaulle parlait, il parlait une langue universelle, en particulier celle de l’identité, de la solidarité, de la citoyenneté, celle des peuples, du soit à la différence et eu respect. De Gaulle pouvait parler à la nation car il avait un projet de société fondé sur la réduction de la fracture sociale ; il pouvait parler au monde, car il avait un projet de paix universelle fondé sur la réduction de la fracture mondiale.
Le gaullisme est de toute évidence un humanisme par son aspiration à résister à toutes les idéologies totalitaires à vocation planétaire, qu’elles soient politiques, économiques ou religieuses qui concourent  à l’asservissement de l’homme, ce qui est le cas de la mondialisation dans sa forme actuelle. Il nous offre une grille de lecture particulièrement pertinente et efficace pour nous permettre de dire ce qu’il convient de maîtriser d’une mondialisation endémique pour en assurer une finalité humaniste.Il nous invite à défendre que le moins d’Etat, le moins de réglementations, le plus de flexibilité, le moins de solidarités collectives pour plus de protections privés n’est pas notre idéal de civilisation. L’économie libérale est compatible avec la dignité humaine, le marché avec la nation et le capitalisme financier avec socle moral.Le gaullisme nous invité à refuser de faire le choix entre Porto Alegre et Davos, entre antimondialisation indisciplinée et mondialisation débridée.
Agir en fonction des circonstances adoubé par l’unité nationale dans le seul intérêt de la France et des Français, tel est le gaullisme. Je prends avec vous le parti d’une pensée gaulliste hermétique à toutes les idéologies, nécessairement contingentes, plaidant pour la France et les Français sans nostalgie passéiste ni démagogie électoraliste.L’obsession gaullienne est là : préserver le point de vue de l’Homme, par l’Homme, pour l’Homme.
Nous savons que c’est précisément ici que votre éthique politique prend racine et innerve une nouvelle génération de citoyens engagés pour porter nos valeurs républicaines au-delà des âges et des clivages.


Mes vidéos

Fil Twitter

Recherche