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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 07:34

Tribune publiée aujourd'hui dans le Figaro à l'occasion des 20 ans du Traité de Maastricht.


 

Vingt années ont passé depuis la ratification du traité de Maastricht, mais chacun garde encore en mémoire le grand débat provoqué par Philippe Séguin qui précéda le verdict des Français. Je crois utile de revenir sur les termes de ce débat, non pour donner raison à tel ou tel, mais parce que l’Europe vit une situation semblable à celle qui inspira le traité de Maastricht.


C’est une crise profonde qui donna naissance à l’Euro. Les nations européennes vivaient alors sous la pression lancinante de l’inflation et des crises monétaires. C’est pour s’en libérer que les dirigeants de l’époque proposèrent aux peuples européens d’unir leurs destins en se donnant une monnaie commune. Mais faute d’une vision partagée de l’avenir, faute de consensus sur les contours d’une Europe politique, ils ne purent bâtir les institutions pourtant indispensables pour garantir la solidité de l’Euro et prendre ensemble les décisions qui les engageaient tous.


La monnaie unique sans l’Europe politique : ce déséquilibre en forme de compromis bancal fut au cœur du référendum sur le traité de Maastricht. J’étais alors de ceux qui, aux côtés de Philippe Séguin, dirent « non » à ce traité imparfait qui, à nos yeux, traduisait un renoncement à l’action politique à l’échelle européenne.


Pourtant, la création de l’Euro fut un succès incontestable, un succès qui fit de l’unité européenne une réalité tangible pour des millions d’hommes et de femmes. Mais la force du symbole n’a pas suffi à effacer les déséquilibres que portait en lui le compromis de Maastricht. Le choc économique que nous connaissons aujourd’hui en est la meilleure preuve. Certes, l’Euro nous a protégés des crises monétaires, mais nous a fait oublier que la solidité de l’Euro se mesurait à la solidité budgétaire et financière des nations européennes. Protégés par leur monnaie unique, nombreux ont été les Etats - et la France en fit malheureusement partie – qui pensèrent qu’ils pouvaient sans risque laisser filer leurs déficits et creuser leurs dettes. Faute d’un gouvernement économique de la zone Euro, nous avons ainsi affaibli notre monnaie commune et, à travers elle, l’Europe tout entière.


Pour autant, il ne convient pas de condamner la monnaie unique. Sans l’Euro, la crise de 2008 aurait emporté toutes les économies européennes dans la spirale d’une récession profonde et durable. Maintenant, pour sortir de la tourmente, nous avons besoin de plus de nation et plus d’Europe encore !


Plus de nation car la résolution des maux qui guettent la France - endettement, manque de compétitivité, dislocation du modèle républicain – ne dépend que de nous ! Ne rejetons pas nos responsabilités sur d’autres, n’attendons pas tout de l’Union. Le destin économique et social de la France exige un effort national sans précédent. 


Plus d’Europe car l’avenir de la France ne s’écrira pas seul. Je mesure parfaitement les imperfections de l’Union européenne et sais les doutes qu’elle a fait naitre chez mes concitoyens. Mais ne cédons pas à la démagogie. Depuis Maastricht, j’ai vu concrètement ce que signifie la montée en puissance de la mondialisation. Chine, Inde, Brésil, le XXIème siècle bascule en faveur de ces milliards d’habitants épris de réussite. Face à cela, la France et l’Europe sont devant un choix existentiel : le déclin ou le sursaut ! 


Ce sursaut commande un nouveau souffle européen. L’heure est venue de voir plus loin que le traité de Maastricht et ses traités successeurs.


Dans mon projet pour la présidence de l'UMP, j’ai proposé que nous mettions en place un pacte pour l'Europe. Nous avons besoin d’un gouvernement économique européen, celui-là même dont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont lucidement jeté les fondements au cœur de la crise. Ce gouvernement doit désormais trouver une réalité institutionnelle stable et pérenne.


Parce que l’intégration rapide à 27 n’est pas réaliste, revenons au coeur de l’action !


D’abord, il faut concentrer nos efforts sur le tandem franco-allemand, dangereusement malmené par le Président Hollande.


Il faut ensuite concentrer nos efforts sur la zone euro et accepter de mettre en partage nos intérêts économiques et financiers. Acceptons l’idée d’un haut responsable des finances européen ayant pouvoir d’élaborer une stratégie commune et d’assurer un contrôle sur les pratiques des Etats concernés. Ce pouvoir doit être équilibré par des représentants du Parlement européen et de chacun des parlements nationaux. Ceux-ci doivent eux aussi s’assurer que les politiques budgétaires de chaque Etat et la politique monétaire européenne marchent enfin d'un seul pas.


Sortons les institutions européennes des méandres bureaucratiques et des procédures kafkaïennes qui échappent au peuple. Je crois qu’il est temps de proposer la fusion du Président de la Commission et du Président du Conseil. Parce que la bataille de la mondialisation nous interdit toute naïveté, le droit de la concurrence au sein de l’Union ne doit plus sacrifier toute possibilité de créer des géants industriels en Europe; les importations qui ne respectent pas les contraintes européennes doivent être taxées; la réciprocité dans les échanges doit être véritablement assurée; dans chaque Etats les grands investissements du futur doivent être ciblés et fédérer au niveau européen. 


Ce renforcement de l’Union, je l’associe à une vision sur l’avenir de notre continent. Et sur ce continent, il y la Russie, immense, peu peuplée, riche en ressources naturelles, soumise à ses frontières à la pression de la Chine. Sachons, le moment venu, imaginer un partenariat efficace.


Cette Europe politique se confond avec le patriotisme éclairé que j’appelle de mes vœux. Ce patriotisme, je le hisse au niveau de l’Europe car c‘est la seule solution pour ne pas être déclassé par l’Histoire. Si la crise a ravivé les vieilles lunes d’un nationalisme étriqué, elle a aussi fait naître un sentiment d’urgence européen. L’urgence peut être salutaire.


 

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2012/09/16/10001-20120916ARTFIG00161-depasser-le-compromis-de-maastricht.php

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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gilles 19/09/2012 18:04


J'ai voté pour Maastricht et j'ai voté pour aussi en 2005. L'idée de l'Europe bancale est fausse et dangereuse, rien que le simple fait de l'employer. L'Europe de Monnet était bancale, l'Europe
de l'Acte unique de M Delors était bancale, tout est bancale parce que tout se fait pas à pas et qu'il suffit qu'on ne soit pas content de ce qui n'existe pas encore pour que cela soit imparfait.


L'acte unique nous a débarrassé des contrôles douaniers tatillons aux frontières, quelle plaie c'était avant, rien que pour passer un PC portable vu sa valeur, il fallait 4 ou 5 feuillets carbone
de couleur, placer son PC portable - je l'ai vécu !- sous douane au centre douanier le plus proche (à 40 kms en ce qui me concerne) puis faire tamponner le premier feuillet à la frontière
française, passer dans l'autre bureau, faire tamponner le 2e feuillet par le douanier étranger, puis faire tamponner le feuillet suivant au retour par le douanier étranger, puis faire tamponner
le feuillet suivant par le douanier français, et enfin lever la mise sous douane au centre douanier proche du domicile.


La monnaie unique a permis une diminution des couts financiers et une économie estimée à quelques points de PIB, le commerce s'est intensifié et a créé de la richesse quoi qu'on en dise.


Le problème n'est pas Maastricht, l'euro ni un autre traité. Les anglais qui nous font la leçon ont une dette cumulée privée+publique estimée à plus de 900 % de PIB. ils ont dévalué leur
monnaie, ce qui a diminué leur pouvoir d'achat mais préservé dans un premier temps les emplois en diminuant de facto les salaires réels. Mais leur situation n'est pas préservée.


Avec la politique voulue à la création de l'Euro par les allemands, l'euro reste stable ce qui préserve le pouvoir d'achat de ceux qui ont un emploi, mais crucifie les entreprises face àun
mouvement déflationiste général, et fait monter le chomage. A terme, la situation sera meilleure en zone euro par les efforts de productivité qui sont demandés aux entreprises, alors qu'en
Angleterre, les efforts de productivité ne sont pas entrepris et la productivité est obtenue par la baisse relative des salaires. Mais il arrivera un moment, où faute d'investissement,
l'Angleterre s'apercevra qu'elle doit investir pour rattraper avec douleur le retard.


 Le problème est qu'il reste en Europe une inégalité fiscale et une inégalité sociale sur le travail.


Les impots ne sont pas les mêmes en Irlande, en Allemagne, ou en France, idem pour le temps de travail et la protection sociale. Les états peuvent donc se faire concurrence pour attirer les
consommateurs, les investisseurs et les entreprises, c'est ce qui se passe.


Cela renvoie à ce qui s'est passé en 1930 aux USA, où les Etats se faisaient concurrence entre eux sur les impots. Jusqu'à ce que F Delano Roosevelt impose un impot sur les sociétés fédéral et
non plus par état, à un taux élevé qu'il redistribuait ensuite. Aujourd'hui, l'IS aux USA est proche de 40 % ! PAs mal pour un état ultra libéral.


Nous en sommes à peu près au même stade, sauf qu'il est possible que se produise entre l'Europe du Sud et l'Europe du Nord, ce qui s'est passé entre les Etats du Sud et du Nord aux USA en 1865.


Toutes les règles d'or, règle de stabilité de l'euro et autres respects budgétaires sont inspirés par l'Allemagne qui a besoin de ces règles avec une population vieillissante et une
productivité élevée. Notre démographie est encore positive et à ce que je sache, on ne peut pas imposer de la productivité à un nouveau né. Au contraire, il y a besoin d'un investissement, d'un
taux d'intérêt sur l'avenir, bref d'une inflation qui mise sur la force de travail à venir. Pas facile à évaluer, mais on voit la différence.


Il faut donc maintenant un traité sur le fiscal et le social.

Belkacem 18/09/2012 18:13


Monsieur Fillon


Bonjour monsieur Fillon pour le traité de maastriche j'ai voté contre, sachant qu'avec la suppression des frontières l'europe est devenue une passoire, nous en avons la preuve aujourd'hui. Je
suis un professionel qui travaille sur deux pays européens l'Italie et l'Espagne. nous subissons un dumping sur les prix de transport par les pays de l'Est. Que faire de nos salariés demain? Il
faudrait un homme de votre trempe pour renégocier le traité .

Yu Fung LAM 17/09/2012 23:07


Une analyse tient la route. Mais doit-t-on supprimer la présidence de la République comme aux US et élire un président de l'Europe? Accepterions nous donner des milliards et des milliards aux
PICS?

exercice 17/09/2012 14:58


Merci pour ce blog et bon courage pour la suite.

zeghache 17/09/2012 13:08


Bonjour Monsieur Le Premier Ministre,


Tout d'abord, je note que vous avez une belle plume et vous avez raison de faire un hommage au traité de Maastricht, l'euro a été une bonne chose pour les pays européens, samedi, j'ai visité
l'hôtel de Matignon et j'ai vu votre arbuste, très joli et hier, je suis allée à la Cour des comptes et j'ai vu un portait de Philippe Seguin, j'ai été très émue de le revoir, il marque de son
emprunte cet endroit majestueux, je vous souhaite de remporter votre duel sur jean-françois Copé, j'en suis-sûre les militants seront faire le bon choix. Bien à vous, caméliazeghache

Alexandre P 17/09/2012 09:15


"Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve"


 


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