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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 10:58
François Fillon rencontre Salam Fayyad, Premier ministre de l'Autorité palestinienne à Matignon le 3 février 2011.
François Fillon et Salam Fayyad répondent à la presse à l'occasion de leur rencontre à Matignon le 3 février 2011.

 

Mesdames et messieurs,

Je voudrais vous dire combien je me réjouis d’accueillir pour la première fois en France dans le cadre d’une visite officielle, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam FAYYAD, c’est en réalité notre cinquième rencontre, la quatrième ici à Matignon, la première ayant eu lieu en 2006 à Ramallah. A travers l’accueil que l’ensemble des institutions politiques françaises ont réservé au Premier ministre de l’Autorité palestinienne, la France souhaite lui manifester son plein soutien et en particulier lui dire toute notre admiration devant le travail remarquable qu’il a effectué depuis bientôt 4 ans, sous l’autorité du président ABBAS, en faveur de l’édification d’un Etat palestinien. Et c’est pour moi l’occasion de réaffirmer au nom de la France l’objectif que nous poursuivons de la création d’un Etat palestinien d’ici la fin de l’année 2011. Sur ce sujet la position de la France est constante, la solution des deux Etats est la seule qui soit à même d’apporter une stabilité durable dans la région et de faire droit aux aspirations nationales et légitimes du peuple palestinien, comme aux attentes tout aussi légitimes d’Israël en matière de sécurité. Depuis la première Conférence de Paris, et avec le soutien des donateurs, Salam FAYYAD a engagé avec beaucoup de détermination un processus de réformes et de consolidation des institutions palestiniennes. Les territoires palestiniens ont renoué avec la croissance économique, au moins en Cisjordanie la sécurité a été rétablie, avec le président Mahmoud ABBAS le Premier ministre a réalisé ce tour de force et nous en parlions à l’instant d’engager la construction de l’Etat avant même son accession à l’indépendance. La France entend continuer à apporter tout son soutien à l’Autorité palestinienne. Un premier cycle vient de s’achever. 3 ans après la Conférence de Paris, il s’est concrétisé par le versement, sur 3 ans, de l’intégralité des 7,7 milliards de dollars promis par la Conférence. La France elle-même a contribué à hauteur de 68 millions d’euros chaque année en faveur de l’édification de l’Etat palestinien. Comme le Président de la République française l’a indiqué, la France est prête à organiser une deuxième Conférence des donateurs, à une condition, et elle est pour nous très importante, c’est que cette Conférence ait une véritable dimension politique et qu’elle s’inscrive bien dans une dynamique conduisant à la création du futur Etat palestinien. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons la relance immédiate du processus de paix, nous pensons qu’une nouvelle approche s’impose, une méthode plus collective, une méthode plus volontariste, une méthode qui associe davantage le quartet, c'est-à-dire outre les Etats-Unis, l’Union Européenne, l’ONU et la Russie, et nous disons clairement que l’Europe ne peut plus continuer à payer et à être tenue à l’écart des discussions politiques. Nous avons passé en revue avec le Premier ministre l’ensemble de nos relations bilatérales, notre coopération est active et elle est très diversifiée, puisqu’elle concerne des sujets aussi variés que la question de l’eau, le développement économique – je pense à la création de la zone industrielle de Bethléem, ou l’apprentissage du français. J’ai indiqué à Salam FAYYAD que la France entend maintenir son soutien global à l’Autorité palestinienne, nous n’oublions pas non plus Gaza et sa population civile à laquelle nous consacrons 30% de notre aide bilatérale. Salam FAYYAD m’a invité à Ramallah pour tenir le premier séminaire gouvernemental franco-palestinien et j’ai accepté avec beaucoup de plaisir cette invitation. Nous avons évidemment évoqué ensemble la situation en Egypte, nous sommes extrêmement préoccupés de la dégradation de la situation, et nous condamnons toutes les violences. Il faut une transition rapide et ordonnée, vers un gouvernement à représentation élargie, qui seul permettra à l’Egypte de surmonter les défis que le pays doit affronter. Le souhait de la France c’est de pouvoir travailler avec une Egypte démocratique, pluraliste et stable, et une Egypte qui doit continuer de contribuer à la stabilité et à la paix au Proche et au Moyen-Orient.





QUESTIONS-REPONSES



Question

C’est une question à monsieur FAYYAD et à monsieur FILLON, je voudrais savoir quelle est votre appréciation des répercussions de ce qui se passe aujourd’hui en Egypte, hier en Tunisie et dans d’autres pays également sur ce processus de déclaration d’un Etat palestinien et sur la position de la partie palestinienne dans ce jeu-là ? Et est-ce que vous allez être en mesure demain de faire ce que vous venez de dire, à savoir la déclaration de la constitution d’un Etat palestinien si toujours le processus politique est arrêté, on dirais même inexistant ? Merci pour tous les deux.



François FILLON

Un vent de changement est un vent de démocratie et de liberté qui souffle en particulier sur la Tunisie et l’Egypte, il faut saisir cette occasion pour faire avancer le processus de paix. Il faut saisir cette occasion pour faire en sorte que les idéaux démocratiques puissent être défendus partout dans toute la région et il n’y a évidemment aucune contradiction entre ces idéaux et le projet de constituer un Etat palestinien indépendant et un Etat palestinien démocratique et respectueux des droits des citoyens. Evidemment nous souhaitons que ces processus et en particulier celui qui est en cours en Egypte, compte tenu du rôle que l’Egypte joue dans cette région et compte tenu du rôle que l’Egypte joue dans le processus de paix, nous souhaitons que la transition qui est en train de s’amorcer se fasse rapidement, mais qu’elle se fasse dans la paix, qu’elle se fasse dans la sérénité et qu’elle se fasse dans le respect d’un processus ordonné qui doit aboutir à un gouvernement élargi et qui doit aboutir à des élections libres et transparentes. Comme le Premier ministre, Salam FAYYAD, je pense qu’il faut saisir cette occasion pour accélérer un processus qui par ailleurs était – on le sait bien – encalminé depuis bien trop longtemps.



Question

Monsieur le Premier ministre, vous avez évoqué la situation en Egypte, est-ce que le processus de transition démocratique auquel vous appelez ainsi que le Président de la République, est-ce qu’il peut se faire, est-ce qu’il peut s’allier avec un maintien d’Hosni MOUBARAK au pouvoir ? Est-ce que les derniers évènements qui ressemblent à une guerre civile, au vu des images d’hier, n’exigent pas son départ comme le demande la rue ? Et cette question s’adresse également à votre homologue palestinien ? Merci.







François FILLON



Je vais d’abord répondre. Cela n’est pas au gouvernement français de dicter au peuple égyptien la voie qu’il doit emprunter vers cet objectif partagé de démocratie et de respect des droits de l’homme. C’est au peuple égyptien et je l’ai dit depuis le début de cette crise, de décider, de choisir les voies et les moyens d’aboutir à un objectif que par contre ensemble nous partageons et que nous fixons. Nous sommes extrêmement préoccupés des violences qui ont eu lieu notamment hier au Caire. Chacun voit bien les risques de guerre civile qui sont en germe dans l’utilisation de la violence, alors même que tous les éléments sont réunis pour que s’engage un processus de transition auquel personne ne semble plus vouloir désormais s’opposer et qui doit conduire dans un délai rapide, à cette ouverture du gouvernement et à la mise en place du processus qui conduira à des élections libres et transparentes. Et c’est le sens de la déclaration commune qui a été signée ce matin par le Président de la République française, la Chancelière allemande, le Premier ministre britannique, le Premier ministre italien et espagnol, qui montre bien d’ailleurs qu’il y a une unité de la position des Européens, qui sont aux côtés des peuples qui se battent pour la liberté et pour le respect des droits de l’homme et qui en même temps souhaitent accompagner ce processus de façon à ce qu’il se passe de façon pacifique et raisonnée.



Question

Est-ce que vous craignez, vous voyez plutôt que craignez le risque de contagion dans le monde arabe à des régimes qui sont vos amis ? Et est-ce que vous repensez la diplomatie française dans le sens de plus de conditionnalité avec certains régimes qui sont vos amis et qui sont des dictatures ? Monsieur le Premier ministre palestinien, monsieur FAYYAD pensez vous qu’il y aurait un danger que ces vents de liberté arrivent aussi en Palestine et dans des pays voisins.



François FILLON



S’agissant de la politique étrangère de la France elle est fondée depuis très longtemps sur des principes qui n’ont pas varié, et qui ne varieront pas. C’est d’abord le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat. Si la France ne devait pas parler avec les régimes qui ne sont pas des régimes démocratiques, cela signifierait que nous ne parlerions pas avec plus de la moitié des pays sur la surface du globe, et s’agissant du monde arabe avec la quasi-totalité des pays du monde arabe. Et donc évidemment c’est une vue de l’esprit que d’imaginer que nous pourrions avoir une attitude comme celle-là. Deuxièmement, nous cherchons dans les relations que nous avons avec l’ensemble de nos interlocuteurs, nous cherchons à défendre et à faire avancer les idées auxquelles nous tenons. Mais sans vouloir les imposer. Et en particulier nous avons un dialogue plus approfondi avec les pays qui nous aident à faire avancer des causes qui sont des causes aussi importantes que celles de la solution du problème israélo-palestinien. Et je dois dire que l’Egypte a été un pays qui a fait avancer la cause du dialogue pour trouver une solution au problème israélo-palestinien. Cela n’est pas le cas de tous les Etats de la région. Et c’est une des raisons pour laquelle on doit d’ailleurs dire que l’Egypte joue un rôle si important dans la stabilité de la région et dans l’engagement de ce processus. Voilà donc la politique étrangère de la France, elle continuera de façon tout à fait immuable en défendant les valeurs universelles qui sont les nôtres, en cherchant à encourager les Etats à avancer sur la voie du progrès démocratique et du respect des droits de l’homme mais en ne cherchant jamais à nous ingérer dans les affaires intérieures et en ne cherchant jamais à vouloir imposer un modèle qui est le nôtre, dont nous pensons qu’il a une valeur universelle, et c’est à chaque peuple d’en décider.



Question



C’est une question qui s’adresse plutôt au Premier ministre français. Il y a eu des manifestations violentes en Egypte ce matin, faut-il rapatrier les Français ? Et par ailleurs des accusations ont été portées contre la ministre française des Affaires étrangères, qu’elle a démenties. Doit –on considérer que la voix de la France est affaiblie, est-ce que madame ALLIOT-MARIE peut encore rester au gouvernement ?



François FILLON



Je vais commencer tout de suite par cette question. C’est une polémique très politicienne qui n’est pas à la hauteur des enjeux et d’une certaine façon d’ailleurs en l’évoquant ici après les sujets que nous venons d’évoquer et devant le Premier ministre Salam FAYYAD, chacun s’en rend bien compte. J’ai vu, comme tous les Français hier, enfin beaucoup de Français hier, madame ALLIOT-MARIE sur les écrans de télévision, elle s’est expliquée avec beaucoup de sincérité et je veux dire que la ministre des Affaires étrangères a toute la confiance du Premier ministre et du Président de la République. Alors s’agissant maintenant de la situation des Français en Egypte, il n’y a aucune agressivité en Egypte à l’égard des Français, et donc nous n’avons pas préconisé le retour massif de tous les Français qui vivent en Egypte. En revanche chacun voit bien que les conditions de sécurité se dégradent et nous avons indiqué que nous étions disponibles pour aider tous ceux qui souhaitent rentrer, qui n’ont pas de raison impérative de rester en Egypte de le faire, nous avons évidement pris des mesures avec les tours opérators s’agissant des touristes pour une période que nous espérons la plus courte possible, mais comme nos partenaires européens je veux dire très clairement que nous n’envisageons pas – à cette heure en tout cas – d’évacuation de nos concitoyens en Egypte. Il n’y a pas d’hostilité, il n’y a pas de menace spécifique à l’encontre des étrangers en Egypte, et singulièrement des Français. Naturellement nous nous tenons informés minute après minute de la situation et si elle venait à se dégrader nous prendrions les mesures nécessaires.



Question



Monsieur le Premier ministre cette conférence des donateurs vient dans le sillage de la première conférence et personne ne doute du bienfait pour la population palestinienne. Mais il y a de plus en plus d’idées qui disent que ce genre de conférence contribue à financer l’occupation et bloque et contribue à bloquer les négociations politiques puisqu’il n’y a plus de négociation depuis un certain moment. Merci beaucoup.



François FILLON

C’est la raison pour laquelle nous tenons absolument, et c’est aussi la raison pour laquelle je n’ai pas donné de date tout à l’heure sur la tenue de cette conférence, nous tenons absolument à ce que cette conférence ne soit organisée que si il y a un accord pour lui donner un caractère politique au-delà même de l’aide financière et économique, c'est-à-dire pour en faire vraiment une étape majeure sur la voie du processus qui conduit à la création d’un Etat palestinien en 2011. Et nous sommes en train de nous donner les moyens de ce résultat en négociant avec nos partenaires et notamment avec nos partenaires américains pour que ce soit bien la signification de cette conférence. Nous ne voulons pas d’une conférence des donateurs qui ne serait que la reconduction du programme d’aide absolument indispensable par ailleurs à l’Etat palestinien. Nous voulons qu’elle soit en même temps un acte fondateur du futur Etat palestinien que nous voulons voir émerger cette année parce que nous ne voyons aucune raison objective de retarder une décision dont tout le monde a reconnu qu’elle était absolument d’abord juste, mais absolument nécessaire, nécessaire pour le peuple palestinien, nécessaire pour le renforcement de la sécurité d’Israël.

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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Le Tollec eugène 07/02/2011 12:44



Monsieur le Premier Ministre


Soit,c'est le premier pas,indispensable.


Dans un deuxième élan, j'irai jusqu'à exiger,l'osmose de ces deux entités en une Fédération(point de liaison entre intérêts dominants dans l'espace,et résolution de nombreux problèmesde type
iranien,turc,etc).


Cela peut être une vaste action "Onusienne" avec souvenance d'un Moyen Orient "français"


Je vous présente toutes mes salutations



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