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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 18:59

 


François FILLON s'est rendu dans le Rhône visiter la police technique et scientifique le lundi 2 mai 2011.

 

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

 

Ce matin, à l’aube, nous avons appris la mort d’Oussama BEN LADEN, tué au Pakistan lors d’une opération américaine.

Cet événement marque la fin de dix ans de traque, de celui qui était l’instigateur des attentats du 11 septembre 2001 et de tant d’autres actions terroristes dans le monde.

C’est une victoire pour tous ceux qui luttent contre le terrorisme, c’est une victoire pour tous ceux qui en furent les victimes.

La fin de la traque du leader d’Al Qaida montre une chose : pour les terroristes, dont l’arme est le mépris de la vie, il n’y a ni refuge, ni impunité.

Elle nous encourage à continuer nos efforts contre tous ceux qui visent des innocents et qui veulent imposer leur loi par la terreur.

 

A un moment où un vent de démocratie souffle sur les pays arabes, nous devons rappeler que les musulmans sont les premières victimes de ceux qui se réclament d’Oussama BEN LADEN.

 

Une étape vient d’être franchie, mais le combat contre le terrorisme n’en est pas pour autant terminé et notre vigilance doit être renforcée.

La France, qui paye un lourd tribut à cette lutte, par le nombre de ses soldats tués ou blessés en Afghanistan, et par le nombre de ses ressortissants pris en otages dans diverses parties du monde où agissent justement des émules d’Oussama BEN LADEN, la France continuera à se battre pour le respect de la vie humaine, pour la paix et pour la démocratie

 

Mesdames et messieurs,

J’ai voulu, avec le ministre de l’Intérieur, Claude GUEANT, ce déplacement à Ecully pour rendre hommage au travail de la Police Technique et Scientifique, et pour dire aux Français que leur sécurité demeure une priorité du Gouvernement.

Ca n’est pas une priorité partisane, ça n’est pas une priorité d’un jour, c’est une priorité quotidienne qui commande de la continuité et de la ténacité.

Chaque jour, en matière de lutte contre l’insécurité, est un combat. Et c’est toute la chaîne qui garantit la tranquillité publique qui doit être mobilisée : la dissuasion, la répression, la sanction, la prévention, l’éducation, ce sont tous ces maillons qui doivent former une digue légale et morale face à la violence.

Les policiers et les gendarmes sont en première ligne, mais je veux dire que c’est toute notre société qui doit se sentir responsable et qui doit se sentir mobilisée face à ces dérives les plus sombres.

 

La volonté de Nicolas SARKOZY, ministre de l’Intérieur puis Président de la République, a permis d’engager une lutte à arme égale, en donnant à la Police et à la Gendarmerie Nationale les moyens de traquer la délinquance et de s’attaquer à toutes ses formes.

 

Depuis 2007, l’action des policiers et des gendarmes - votre action - porte ses fruits.

La délinquance qui avait augmenté fortement avant 2002 a diminué de plus de 16% depuis cette date.

Le taux d’élucidations, qui était de 26% en 2002, est aujourd’hui de 34%.

Sur cette même période, les infractions révélées par l’action des services ont augmenté de plus de 40%, ce qui confirme l’engagement sans faille de nos forces de sécurité.

Pour ne prendre qu’un exemple, le nombre de cambriolages, entre 2002 et avril 2011, a baissé de 32%, et l’élucidation de ces cambriolages a progressé de plus d’un tiers.

L’apport de la Police Technique et Scientifique y est évidemment, et on vient de le voir tout au long de cette visite passionnante, pour beaucoup.

 

Ces chiffres ne signifient pas que le combat est gagné.

Mais après des années de dégradation, nul ne peut sérieusement contester les résultats des dix dernières années.

Ces résultats ne sont pas les fruits du hasard.

 

Ce qui a changé depuis 2002, c’est d’abord notre doctrine.

La présence de policiers ou de gendarmes aux seules heures de service, sans prise en compte des mutations de la délinquance, c’est une situation qui appartient au passé.

Nous lui avons substitué une conception réactive et volontariste de la sécurité, qui implique d’analyser les formes de la délinquance, d’identifier les réseaux, d’encourager l’initiative, de mesurer les résultats pour les améliorer et pour agir avec plus d’efficacité.

 

Cette action déterminée, qui est aujourd’hui pilotée par Claude GUEANT, se poursuit méthodiquement, et en particulier à travers les sept plans d’action qui ont été élaborés et appliqués depuis 2010, pour lutter contre les cambriolages, contre les violences scolaires, contre les bandes, contre les hooligans, contre les trafics de stupéfiants, contre l’insécurité dans les transports, contre les atteintes aux personnes âgées.

 

Ce qui a changé, c’est aussi la qualité renforcée des moyens d’action des policiers et des gendarmes.

 

Depuis 2002, la Police Technique et Scientifique a été sollicitée comme jamais.

Elle a apporté un soutien inestimable à l’élucidation des affaires. Elle a fait l’objet d’investissements très importants et des moyens supplémentaires ont été alloués à la modernisation de ses outils, qu’il s’agisse des grands fichiers d’identification et de procédure, du relevé et de la numérisation des empreintes, de l’analyse des données informatiques et de téléphonie mobile. En quatre ans, les effectifs des personnels scientifiques de la DGPN ont progressé de plus de 30 %  et le nombre des policiers dédiés à la Police Technique et Scientifique a progressé de près de 6 %.

 

Grâce à tous ces efforts, la Police Technique et Scientifique n’est plus réservée aux grandes affaires criminelles.

Nous avons démocratisé cette technique pour la mettre au service de toutes les victimes, pour permettre de mieux lutter contre la délinquance du quotidien, qui est faite d’agressions, de vols, de cambriolages.

 

Enfin, ce qui a changé, c’est la confiance placée dans les femmes et les hommes qui s’investissent dans la lutte contre la délinquance. Je me souviens d’un temps, pas si ancien, où les forces de l’ordre et leur autorité étaient parfois dénigrées, caricaturées, déconsidérées. Cette injustice a été réparée et chacun, désormais, mesure le prix de la sécurité sans laquelle il n’y a pas de liberté, et chacun sait que chaque policier, chaque gendarme représente une part de la République dans laquelle il s’incarne.

 

Un plan sans précédent de recrutements, de qualification, de professionnalisation, a été mené pour la Police à partir de 2004.

Le protocole des corps de carrières, avec ses aménagements successifs ; la requalification des officiers de Police de catégorie A, celle des gradés et gardiens en catégorie B ; l’extension de la réforme aux gendarmes ; la définition du rôle de conception et de direction des commissaires de police, la reconnaissance du rôle d’encadrement des officiers : tout cela a profondément modifié la physionomie des forces de sécurité dans notre pays. La Police Nationale et la Gendarmerie sont plus modernes, elles sont plus réactives, elles ne sont plus ce qu’elles étaient il y a dix ans !

 

Notre sécurité n’est plus assurée par des corps d’exécution, mais par des fonctionnaires et des militaires recrutés et formés pour être responsables, pour prendre des initiatives dans les enquêtes, pour être à l’écoute des territoires dans lesquels ils évoluent.

 

Je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée de m’adresser à vous pour rendre un hommage particulier à tous les policiers et à tous les gendarmes.

En 2010 et en 2011, 27 policiers et gendarmes ont trouvé la mort en service et beaucoup d’entre eux ont été blessés dans l’accomplissement de leurs missions.

Les Français ne doivent jamais oublier que leur sécurité a parfois un prix très douloureux.

 

La cohérence de notre politique de sécurité impliquait des évolutions législatives fortes, qui puissent prendre en compte en particulier les évolutions technologiques. Depuis le 15 mars, Monsieur le ministre de l’Intérieur, la LOPPSI 2 donne à nos forces de sécurité des moyens nouveaux. Les fichiers de police et de gendarmerie ont été mis au service de l’élucidation. Les opérateurs doivent désormais bloquer les téléphones portables qui ont été volés. En Ile de France, depuis l’entrée en vigueur de la loi, le Préfet de police a déjà ordonné le blocage de 5.000 téléphones. Quant au déploiement de la vidéo protection, il se poursuit, avec l’objectif de porter à environ 45.000 le nombre de caméras avant la fin 2011.

 

Aujourd’hui, nous devons aller encore plus loin.

Nous devons aller plus loin, parce que les délinquants ne désarment pas et nous savons qu’ils ne désarmeront jamais. C’est un combat sans fin, que nous devons conduire, que nous avons le devoir de conduire. Parce que la puissance publique doit en permanence adapter ses ripostes, parce que nos concitoyens attendent de nous des progrès constants et des progrès qui soient toujours plus tangibles.

 

Et ils ont raison d’être exigeants Peu importe les statistiques si au fond nos concitoyens ressentent l’insécurité. Nous ne prônons pas une politique du chiffre, comme je l’entends si souvent critiquée, mais une politique du résultat ! Au-delà de notre bilan, nous avons le devoir de convaincre et de rassurer, dans les quartiers, dans les cités, dans les campagnes.

 

Et pour cela je voudrais, cet après-midi devant vous, fixer plusieurs lignes d’action.

D’abord, nous devons prendre en compte l’attente de la population, qui souhaite une police plus présente et plus visible sur la voie publique. C’est tout le sens de l’instauration des patrouilleurs, que Claude GUEANT va déployer dans les zones urbaines. La présence accrue des policiers sur la voie publique est une réponse parmi d’autres à certaines formes de délinquance. Elle complète le travail d’investigation de fond mené par les brigades spécialisées.

 

Ces patrouilleurs contribueront à renforcer les contacts et le lien de confiance avec la population, mais dans le cadre d’une affirmation claire de leur autorité et du cœur de leurs missions, c’est-à-dire l’application des lois et le maintien de l’ordre public.

Bien connaître le terrain, connaître ceux qui y vivent, être connu par eux, c’est évidemment très important pour accomplir ces missions. Mais ce lien est une condition de l’application des lois. Il ne doit pas conduire à substituer la convivialité à l’autorité, comme on pouvait le voir dans la philosophie et dans la pratique de la police de proximité. Pour créer ce lien, il faut du temps. Il faut fidéliser davantage certains policiers dans les quartiers.

 

Il faut aussi que les policiers s’investissent dans la sécurité du quotidien, contre les faits de petite délinquance, contre les incivilités qui exaspèrent les Français, que ce soit l’occupation illicite des halls d’entrée d’immeuble, la mendicité agressive, ou l’usage de motos ou de cyclomoteurs débridés.

 

En deuxième lieu, il faut revoir les fondamentaux de notre politique pénale - Michel MERCIER s’y emploie avec résolution et avec un sens du dialogue tout à fait lyonnais.

 

Nous vivons actuellement une réforme importante. Je veux parler de celle de la garde à vue. Je sais que c’est une réforme qui inquiète les enquêteurs. Et je veux dire que je peux comprendre certaines de leurs appréhensions, parce qu’il s’agit d’une évolution brutale de la conduite de l’investigation, une évolution qui, vous le savez, nous est imposée par des décisions du Conseil Constitutionnel et de la Cour de Cassation. Elle implique un changement des modalités de l’interrogatoire, des stratégies de l’enquête, de la recherche de la preuve. L’aveu ne peut plus être la seule solution à toute enquête. Son statut de preuve, à elle seule déterminante et irréfutable a vécu. Même si son importance dans le déroulement de l’enquête et dans l’analyse des charges restera évidente.

 

Nous évoluons vers un système dans lequel la preuve matérielle devient essentielle. Et c’est pour cela que tous les investissements réalisés dans la Police Scientifique et Technique sont tellement importants aujourd’hui. J’ai confiance dans la capacité des policiers et des gendarmes à faire évoluer leurs modes d’intervention et leur savoir-faire professionnel pour s’adapter à cette réforme qui était devenue inévitable.

 

Et je veux dire que je serai très attentif aux résultats et aux recommandations de l’audit que j’ai demandé à Michel MERCIER et à Claude GUEANT pour évaluer l’impact des nouvelles dispositions et, le cas échéant, si cela était nécessaire, les aménager.

 

Mais nous ne devons pas en rester à cette seule question de la réforme de la garde à vue. La garde à vue, ça n’est qu’un élément d’une réforme beaucoup plus ambitieuse, qui est la réforme globale de la procédure pénale. Bien sûr, nous avons dû anticiper la mise en œuvre de la réforme de la garde à vue, pour éviter de nous mettre dans une situation d’inconstitutionnalité. Mais dans les prochaines années, la réforme globale de la procédure pénale sera plus que jamais d’actualité, et les professionnels de l’enquête que sont les officiers de police judicaire doivent y être très étroitement associés.

 

J’attache également beaucoup d’importance au bon fonctionnement de la chaîne pénale.

Trop de peines prononcées par les tribunaux sont exécutées tardivement. Nous avons commencé à nous attaquer à ce problème, avec des résultats encourageants, et nous allons continuer à le faire. Notre objectif, c’est aussi de mettre fin aux agissements d’un petit nombre de multi-réitérants, malheureusement souvent mineurs. C’est aujourd’hui la mission qui revient aux états-majors de sécurité qui sont présidés par les Préfets et par les Procureurs, que nous avons mis en place il y a un an et demi et qui doivent maintenant donner pleinement leur mesure.

 

La lutte contre la délinquance n’est pas seulement le fait des forces de sécurité et de justice. Elle s’appuie, sur le terrain, sur toute une chaîne d’acteurs dont l’engagement mérite la plus grande considération.

 

C’est la raison pour laquelle, en troisième lieu, je veux que nous continuions à promouvoir le rôle des élus dans la sécurité des Français, parce que leur connaissance des quartiers et des habitants en font des acteurs et des interlocuteurs incontournables.

 

La loi de mars 2007 place le maire au centre du dispositif comme «animateur et coordonnateur de la prévention de la délinquance». Eh bien il faut que nous soyons en mesure de mieux faire appliquer cette loi. Et je souhaite pour cela que nous diffusions l’exemple des actions qui, partout sur le territoire, ont donné de bons résultats. Elles peuvent changer de manière décisive la physionomie d’un quartier et améliorer la qualité de la vie.

 

J’avais décidé, fin 2009, la création d’une mission nationale d’évaluation de la prévention et de la délinquance. Plusieurs rapports parlementaires viennent de m’être été remis. Nous allons en tirer toutes les conséquences.

 

Enfin, il faut utiliser à plein le formidable potentiel humain dont nous disposons au sein de nos forces de sécurité. Le temps des plans nationaux rigides, qui tombent comme des instructions valables sur tout le territoire, pour toutes les régions, les zones urbaines comme les territoires ruraux, eh bien ce temps-là est révolu.

 

Les commissaires et les officiers de Police, les officiers de Gendarmerie, chacun dans leur département, dans leur circonscription ou dans leur brigade, savent mieux que quiconque où est l’adversaire et comment on le traque. Je demande donc qu’une plus grande place soit donnée, dans nos dispositifs de lutte, à l’initiative et à la responsabilité locale. Il faut davantage s’appuyer sur l’expertise, sur l’expérience de terrain des policiers et des gendarmes. Il faut sortir d’une stricte logique de décompte de l’activité des services, pour préserver une logique de résultat. Et pour moi, le résultat, c’est une notion très simple : c’est la capacité de nos services de sécurité à faire reculer les formes de délinquance qu’ils ont identifiées dans leur secteur d’activité. C’est aussi évidemment les témoignages de satisfaction qu’ils reçoivent de la part de nos concitoyens.

 

La délinquance est mouvante, elle est évolutive. Les policiers et les gendarmes, avec l’aide du puissant appareil de recherche et d’expertise apporté par la police scientifique, améliorent sans cesse la qualité de la riposte et l’élucidation. Pour accomplir leur mission, ils ont une capacité d’initiative et d’intervention sans précédent.

 

Je voulais vous dire cet après-midi que si la Police et la Gendarmerie ont le soutien de la population, s’ils ont le soutien du Président de la République et du Gouvernement, ils ont aussi, je veux vous le dire, toute notre confiance et toute notre estime.

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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