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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 13:04

François Fillon s'exprime devant la communauté d'affaires coréenne à Séoul le vendredi 21 octobre 2011.

 

Monsieur le Président de la Fédération des industries coréennes,

Monsieur le Président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne,

Mesdames et Messieurs,



Je voudrais vous remercier d’avoir organisé cette rencontre qui me permet de dialoguer avec la communauté d’affaires franco-coréenne de Séoul.

J’ai souhaité venir à la veille du G20 à Séoul parce que je suis convaincu que la Corée a des messages extrêmement forts à nous délivrer et à délivrer au monde dans le contexte de la mondialisation.

La Corée est la preuve qu’un pays qui s’engage intelligemment dans cette mondialisation, loin de chercher à s’en soustraire, a tout à y gagner. En misant sur son intégration dans les échanges internationaux, la Corée s’est classée parmi les pays les plus industrialisés. En investissant massivement dans l’éducation, dans la recherche, dans l’économie numérique, elle prépare activement la compétition de demain.

Elle est passée du statut de pays en développement à celui de donateur et elle entend assumer toutes ses responsabilités internationales.

Aujourd’hui, nous sommes à un moment de vérité pour l’avenir de l’économie et de la gouvernance mondiale. Le monde connaît des turbulences économiques majeures, auxquelles l’Europe est aujourd’hui largement exposée, mais qui en réalité concernent le monde entier et concernent aussi l’Asie et la Corée.

Depuis un peu plus d’un an, vous entendez que l’Union européenne est une zone menacée, que l’euro va éclater, que l’Europe est divisée, que le continent européen est traversé par des forces centrifuges et que la Grèce pourrait sortir de l’euro.

C’est un fait, la zone euro vient de traverser la crise la plus grave de son histoire.

Pour autant, la construction européenne n’a jamais été un long fleuve tranquille et d’ailleurs, pourrait-il en être autrement ? Les débats que nous avons à 27, l’originalité de la construction que nous avons engagée, l’histoire même de l’Europe font que cette construction ne peut pas être un long fleuve tranquille. Mais les débats que nous engageons autour de la gouvernance économique, loin d’être un indice de division, sont en réalité l’expression d’une construction européenne qui progresse sans cesse.

Le projet européen n’a jamais visé à l’uniformité, et nous lui avons toujours préféré le consensus démocratique, au bénéfice de tous. Et c’est précisément ce consensus qui fait la force de notre union.

Alors, aujourd’hui, l’Europe est face à un nouveau défi. Comme elle l’a toujours fait par le passé, elle surmontera les épreuves et elle en sortira renforcée.

Ma conviction - et j’ose le dire ici, au cœur d’une Asie en pleine croissance ! – c’est qu’avec sa cohésion démocratique et sociale, avec sa richesse, avec la qualité de sa formation, de sa technologie, de ses infrastructures, avec sa culture, l’Europe de demain peut incarner un des espaces parmi les plus stables, parmi les plus prospères et parmi les plus influents du XXIème siècle.



Les bénéfices de l’Europe dépassent de loin les difficultés qu’elle affronte.

Depuis plus de 60 ans, l’Europe nous garantit un espace de paix et de prospérité que nous n’avions jamais connu dans notre histoire. Elle est le modèle le plus achevé d’intégration régionale au monde, et elle est le plus grand marché développé avec 500 millions de consommateurs, qui représentent 30% du PIB mondial. Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que la crise de la dette souveraine de certains Etats de la zone euro a éclaté alors qu’elle était encore insuffisamment organisée sur le plan économique.

Et cette crise a révélé des oublis de notre union monétaire.

D’une part, nous avons construit la monnaie européenne sans bâtir en même temps de gouvernance économique commune, sans harmoniser nos budgets et les fiscalités de nos pays. C’était insuffisant, car partager une même monnaie suppose une plus grande convergence. D’autre part, nous avons laissé filer l’endettement public de la plupart des pays, et avons laissé se creuser les écarts de compétitivité.

Grâce à la mobilisation franco-allemande exemplaire, nous avons répliqué rapidement avec l’ensemble des pays européens depuis le début de cette crise. En quelques mois, je voudrais vous faire remarquer que l’Europe a fait plus de progrès qu’en 20 ans en matière de régulation.

L’Europe s’oriente résolument vers la mise en place d’un gouvernement économique de la zone euro, ce même gouvernement économique dont on ne pouvait même pas prononcer le nom il y a encore quelques mois tant il suscitait de divisions à l’intérieur de l’Europe.

L’Europe appliquera bientôt de nouvelles règles plus exigeantes pour contrôler la dette, pour surveiller les déséquilibres macro économiques et pour améliorer les cadres budgétaires. Nous avons institutionnalisé le sommet de la zone euro pour une concertation plus efficace. Nous avons créé, pour protéger la zone euro, un Fonds européen de stabilité financière qui est désormais doté d’une capacité d’aide de 440 milliards d’euros, un fonds qui pourra agir à titre préventif, qui pourra acheter des emprunts d’Etat sur le marché secondaire et qui pourra participer à la recapitalisation d’établissements financiers. En 2013, ce Fonds deviendra permanent, à travers le mécanisme européen de stabilité.

Ainsi, en moins de trois mois, tous les Parlements des 17 pays de la zone euro ont ratifié les mesures de réforme de ce Fonds qui va donc pouvoir désormais donner sa pleine efficacité.

A présent, il faut structurer une réponse globale de l'Europe.

Après-demain et puis jusqu’au milieu de la semaine prochaine, le Conseil européen et le Sommet de la zone euro vont se réunir. Nous nous sommes fixés pour cette réunion qui est une réunion décisive, qui est une réunion capitale trois objectifs.

D’abord, nous voulons un plan de recapitalisation des banques européennes qui en ont besoin. Il s’agit de mettre en place un mécanisme de recapitalisation qui soit ordonné, qui soit cohérent, qui obéisse aux mêmes règles sur l’ensemble du territoire européen.

Nous voulons aussi et c’est notre deuxième objectif définir une stratégie pour la Grèce qui tienne compte des circonstances nouvelles et une amélioration de la gouvernance de la zone euro. Il y a deux semaines, la Banque centrale européenne a annoncé des mesures pour faciliter le refinancement des banques.

En Europe, nous sommes d'accord pour renforcer la structure du capital des banques, conformément aux accords que l’on appelle les accords « de Bâle III », conclus pour tirer les conséquences de la précédente crise financière. D’ores et déjà, les banques françaises se sont engagées à détenir 9% de fonds propres dès 2013. Au niveau européen, pour renforcer le capital des banques, il faudra d’abord réinvestir les revenus des banques, puis, le cas échéant, recourir aux capitaux privés des actionnaires et des investisseurs, et seulement en ultime recours mobiliser des capitaux publics. S’agissant des banques françaises, je veux vous dire que je suis confiant dans leur capacité à mobiliser leurs bénéfices et leurs ressources nécessaires pour renforcer leurs fonds propres.

Aujourd’hui, tous les pays européens ont fait de l’assainissement de leurs finances publiques leur première priorité. Les déséquilibres macroéconomiques vont désormais être surveillés par des instruments collectifs de surveillance des budgets nationaux. Et les pays seront soumis à des sanctions financières précoces, quasi-automatiques, et d'un montant très dissuasif. Pour faire converger nos fiscalités, la Commission européenne a fait des propositions pour consolider une assiette commune de l’impôt sur les sociétés. Nous nous dirigeons vers un impôt sur les sociétés commun à l’ensemble des pays de la zone euro.

Mais sans attendre cet objectif, la France et l’Allemagne ont décidé de s’engager dans un effort historique d’intégration fiscale puisque nous avons pris l’engagement de mettre en place un impôt sur les sociétés commun à la France et à l’Allemagne dès 2013.

Après-demain, et au début de la semaine prochaine, le deuxième défi des Chefs d’Etat et de Gouvernement, ce sera aussi de dynamiser la croissance.

Sans dépenser plus dans les circonstances financières actuelles, l'Europe doit cibler ses efforts sur l'activité économique et les secteurs d'avenir. Cela passe par une dynamique en faveur du capital risque, par une stratégie commune de valorisation des brevets, par un encouragement de l'économie numérique et par un financement européen ciblé sur les infrastructures les plus indispensables à l'innovation et à la compétitivité.

Dimanche prochain et en début de semaine prochaine puisque nous avons choisi d’étaler le prochain sommet européen sur plusieurs jours, je suis certain que l’Europe saura prendre les décisions qui s’imposent pour dessiner l’union monétaire de demain.

Ce que je veux retenir des tensions récentes, c’est que nos efforts de coordination internationale sont plus importants que jamais. Et ces efforts valent bien au-delà du continent européen.

Si nous voulons apporter une réponse concertée aux turbulences économiques, le G20 me paraît aujourd’hui le forum le plus adapté.

Les 3 et 4 novembre prochains, le G20 de Cannes devra offrir des solutions pour restaurer la confiance et pour soutenir la croissance. Nous attendons beaucoup d’un plan d’action pour une croissance forte, durable et équilibrée, qui réponde aux enjeux économiques actuels et à l’inquiétude des marchés financiers.

L’objectif c’est à la fois de traiter les facteurs de vulnérabilités à court terme, et de consolider les fondements de la croissance à moyen terme.

Les pays du G20 à l’origine des principaux déséquilibres économiques mondiaux devront prendre des engagements concrets à la hauteur de la situation. Dans certains États industrialisés, il existe en effet des marges pour soutenir la demande globale, soit via un développement de la demande intérieure pour les pays qui sont en excédent, soit en adaptant le rythme de consolidation budgétaire. Ceux, en revanche, qui présentent un déficit courant élevé devront mettre en œuvre des politiques destinées à accroître leur épargne nationale. Et au fond, ce sont ces mouvements équilibrés qui doivent permettre de retrouver les conditions d’une croissance mondiale durable.

De la part de certains grands pays émergents, nous attendons une contribution accrue à la croissance mondiale et nous attendons notamment qu’ils accélèrent leur évolution vers une croissance davantage tirée par la demande intérieure.

Cela suppose des réformes structurelles, cela suppose une flexibilité accrue des taux de change pour refléter vraiment les fondamentaux économiques. Je n’ignore pas que ces réformes sont difficiles à conduire, mais je veux dire très solennellement qu’elles sont absolument indispensables si nous voulons que prévale une approche coopérative face aux enjeux économiques internationaux.

Enfin, nous souhaitons que les États du G20 puissent s’engager collectivement à ce que le FMI dispose toujours des ressources nécessaires à l’exercice de ses missions. Et pour cela, il faudrait que nous réfléchissions dès que possible aux modalités qui permettront de doter le FMI de moyens accrus en cas de besoin. De nouvelles ressources pourraient être envisagées sous forme de nouveaux prêts bilatéraux de la part d’États volontaires, qui pourront être mobilisables rapidement.

La deuxième mission du Sommet de Cannes, c’est de poursuivre les réformes en matière de régulation financière.

Aucun marché, aucun acteur, aucun produit ne doit échapper à des règles et à une surveillance appropriées.

Nous devrons nous accorder pour mieux réguler le système bancaire parallèle et les dérivés de matières premières. Nous devons nous doter d’un cadre permanent pour vérifier que les engagements du G20 sur les bonus des opérateurs de marché soient effectivement respectés dans la durée.

Nous devrons rendre le système financier moins dépendant des agences de notation, et faire en sorte qu’il réagisse de manière moins disproportionnée à leurs moindres jugements, même si je suis le premier à rappeler que les États, par leur politique budgétaire, sont les premiers responsables des notes qui peuvent leur être attribuées.

La troisième ambition du G20 de Cannes, c’est de poser les bases d'un Système monétaire international qui soit plus stable pour résister aux chocs de liquidité, mais qui soit aussi plus adapté au nouvel équilibre entre les pays du G7 et les grands émergents.

Nous avons déjà progressé sur plusieurs fronts : le développement de l’utilisation des monnaies locales pour l’émission des dettes souveraines, la définition de principes communs pour encadrer les relations entre le Fonds monétaire international et les accords régionaux de financement, et enfin, la détermination d’un cadre pour la gestion des flux internationaux de capitaux.

A présent, nous voulons que le Sommet de Cannes puisse contribuer à renforcer les filets internationaux de protection financière, en favorisant un mécanisme nouveau qui devrait assurer la fourniture de liquidités à court terme aux pays dont les politiques économiques et les fondamentaux sont sains, mais qui sont confrontés à un choc.

Nous voulons aussi renforcer les outils et l’efficacité de la surveillance macroéconomique des pays par le FMI.

Enfin, nous devons progresser sur la question de l’inclusion des devises de nouveaux pays dans le panier de monnaies qui définit les droits de tirage spéciaux sur la base des critères existants.



Depuis le Sommet de Séoul, le développement figure parmi les priorités du G20 et de la Présidence française.

Concrètement, il s’agit d’identifier les projets d’infrastructures à soutenir, parmi ceux qui permettraient de mieux renforcer le potentiel de croissance à long terme des régions concernées. En juin dernier lors de la première réunion des ministres de l’Agriculture du G20, un plan d’action en cinq points sur la sécurité alimentaire a été adopté.

C’est un premier succès qu’il va falloir maintenant mettre en œuvre.

Je suis convaincu que le financement de certains biens publics mondiaux comme l’environnement et même la stabilité financière nécessite que l’on mobilise des ressources nouvelles.

Vous le savez, la France a proposé à ses partenaires la mise en place d’une taxe sur les transactions financières au niveau international, car nous voulons que les pays du G20 aient le choix entre différents outils pour financer leurs engagements pour le développement.

L’année dernière, la Corée a su avec beaucoup de talent porter plus haut l’action du G20 et amener le monde vers une globalisation mieux maîtrisée et qui profite au plus grand nombre.

Les propositions de la France s’inscrivent dans le prolongement de la réussite du G20 de Séoul.

Nous avons décidé de poursuivre la démarche que vous avez engagée l’an dernier et nous avons en particulier souhaité réunir un « B20 » qui regroupe les organisations patronales et les entreprises des pays du G20. Dès le début de l’année, nous les avons associées très étroitement aux travaux du G20, ce qui a permis un dialogue sur tous les sujets de notre agenda.



Mesdames et Messieurs,

Au-delà de notre coopération au sein des instances internationales, nos deux pays sont liés par des échanges qui sont appelés à être intensifiés.

La Corée est notre 4ème partenaire commercial en Asie, avec près de 7 milliards d’euros d’échanges annuels. Après sept années de déficit commercial, l’année 2010 a marqué le retour à l’excédent pour la France vis-à-vis de la Corée, une tendance qui se confirme en 2011, eh bien, je veux voir dans ce quasi-équilibre atteint aujourd’hui le signe positif de la maturité de nos relations commerciales.

L’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et la Corée, le 1er juillet dernier, doit être l’occasion d’aller encore plus loin et de poursuivre le processus d’intégration de nos économies.

Quand nous nous sommes rencontrés à Paris en mai dernier, votre Président m’a proposé un objectif ambitieux puisqu’il s’agit de tripler nos échanges en cinq ans. C’est un objectif auquel je souscris entièrement.

Vous qui dirigez des entreprises, vous êtes les premiers invités à saisir les nouvelles opportunités offertes par l’accord de libre-échange pour renforcer nos relations commerciales et partenariales.

De leur côté, les pouvoirs publics garantiront son application en ouvrant leurs marchés respectifs, sans obstacles qu’ils soient de nature tarifaire ou réglementaire, et en multipliant les encouragements en direction de nos exportateurs. Concrètement, nous devrons veiller au démantèlement progressif des barrières tarifaires et à la mise en place des facilités commerciales.



Ces dernières années, les coopérations entre la France et la Corée se sont multipliées dans les secteurs à très fort contenu technologique.

C’est vrai du secteur automobile, de l’électronique, des énergies renouvelables, de l’environnement et des transports. C’est vrai aussi de l’aéronautique, avec le programme Airbus A350 sur lequel nous avons noué un partenariat avec des industriels coréens, et avec le développement franco-coréen de l’hélicoptère de transport militaire léger qui va équiper l’armée coréenne.

Ces partenariats industriels sont extrêmement prometteurs, et je forme le vœu qu’ils ouvrent la voie à d’autres réussites communes entre des entreprises françaises et des entreprises coréennes.

En matière d’investissements, les entreprises françaises se sont montrées plus volontaires dans leur politique d’implantations en Corée que leurs homologues coréennes sur le marché français.

Pourtant, je veux vous dire que la France a toutes les raisons d’attirer les investisseurs.

Depuis 2007, nous avons renforcé la compétitivité de notre pays. Nous avons défiscalisé les heures supplémentaires pour que ceux qui le souhaitent puissent travailler davantage. Nous avons rendu nos universités autonomes, libres de développer leurs partenariats avec les entreprises. Nous avons encouragé les liens entre l’entreprise et les secteurs d’excellence scientifique, technologique et industrielle : aujourd’hui, nous avons mis en place 71 « pôles de compétitivité » qui réunissent des chercheurs et des industriels d’une même filière sur un même territoire. Nous avons supprimé la taxe professionnelle, un impôt qui pesait sur l’investissement des entreprises installées en France et pour encourager les entreprises à investir dans la recherche, nous avons considérablement réformé notre système fiscal puisque la France est devenue aujourd’hui l’un des pays les plus attractifs de l’OCDE pour les investissements de recherche, à tel point que nous sommes aujourd’hui le premier pays européen pour l’accueil de centres de Recherche & Développement d’entreprises étrangères.

Nous avons créé des instruments dédiés au financement de la Recherche & Développement, y compris en faveur des petites entreprises. En mai dernier, notre principal organisme public de soutien à l’innovation des PME, OSEO, a signé un accord de partenariat avec le Korea Institute for Advancement of Technology et je souhaite que les premiers projets conjoints puissent être financés extrêmement rapidement.

Enfin, en 2009, nous avons lancé un grand programme d’investissements dans des secteurs de pointe qui devraient tirer notre croissance de demain. Nous avons en effet en pleine crise financière, et malgré un effort considérable de réduction de nos dépenses, affecté 35 milliards d’euros à l’enseignement supérieur, à la recherche, à l’industrie, au nucléaire de 4ème génération, aux réseaux à haut débit. Avec l’effet de levier que représentent ces crédits publics, c’est environ 60 milliards d’euros qui vont être investis en trois ans sur les secteurs de pointe, les secteurs d’avenir de l’économie française.

Je sais que la Corée a également adopté un plan d’investissement ambitieux qui est un peu similaire dans plusieurs de ces domaines et donc j’y vois une raison supplémentaire de plus de renforcer nos coopérations.

Au-delà de nos relations bilatérales, notre coopération économique doit pouvoir s’exprimer dans le cadre de nos responsabilités globales en matière de changement climatique et de développement durable.

La France et la Corée se sont engagées dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et nous avons tout à gagner à accompagner ensemble la mutation de nos économies vers un modèle plus durable et plus protecteur de l’environnement. Je pense au développement du véhicule électrique, aux infrastructures de recharge, à la mise en place d’un marché de crédits carbone, dans lequel nous avons l’un et l’autre une expérience à faire partager.

Sur tous ces sujets, nous avons encore de grands champs pour développer notre coopération.

Maintenant que la Corée est devenue un pays donateur, nous avons aussi intérêt à renforcer notre dialogue bilatéral avec certaines régions, comme l’Afrique subsaharienne, et à agir ensemble dans un nombre croissant de pays, notamment via l’Agence française de développement et la Kexim Bank. Ceci serait en ligne avec les engagements communs que nous avons pris dans le cadre du G20.



Le renforcement de nos relations, Mesdames et Messieurs, ne doit rien au hasard. Il s’inscrit dans une amitié, dans une amitié qui a été scellée il y a soixante ans sur les champs de bataille. Il s’ancre dans des intérêts convergents et dans un même désir de prendre nos responsabilités pour une mondialisation qui soit mutuellement profitable.

Je vous encourage à développer des projets communs qui serviront d’exemple aux générations qui nous suivront.

Je vous encourage à voir dans la France votre partenaire et votre amie.

Et je vous invite à avoir confiance dans le destin de l’Europe, comme j’ai confiance dans la force de votre pays et de votre avenir.



Question de MonsieurYoung-Doo YOO, président et CEO de la société ASIANA AIRLINES



Monsieur le Président,

Je pense qu’en tant que pays démocratiques et puissances économiques, nous avons des valeurs et des responsabilités communes.

Nous avons montré à travers les Présidents successifs du G20 une très grande similitude au fond sur notre approche de la régulation du commerce international des échanges et de la mondialisation. Votre Président, je l’ai dit tout à l’heure, lorsqu’il est venu à Paris avec un volontarisme remarquable a dit : « en cinq ans, il faut tripler les échanges ». Maintenant que cette «instruction » nous a été donnée, il faut obtenir des résultats.

Alors comment peut-on les obtenir ?

D’abord, je pense que le plus important, c’est le développement de partenariats industriels entre des entreprises françaises et des entreprises coréennes. Nous avons des exemples avec l’automobile, nous avons des exemples avec les chantiers navals, nous avons des exemples dans le domaine de l’aéronautique.

Je pense que ce sont ces exemples qu’il faut multiplier en développant des projets communs à des entreprises françaises et des entreprises coréennes. J’ai quelques thèmes prioritaires que je veux évoquer devant vous à titre d’exemple : la mobilité électrique, le partenariat dans le domaine de l’aéronautique, ce que nous avons commencé à faire sur l’AIRBUS A350 peut trouver des prolongements importants.



La deuxième piste, me semble-t-il, pour améliorer les échanges, c’est d’augmenter les investissements coréens en France. J’ai dit tout à l’heure qu’il y avait pas mal d’investissements français en Corée mais encore assez peu d’investissements coréens en France. Je crois qu’aujourd’hui, si l’on met STX et les Chantiers de l’Atlantique à part, il doit y avoir 1 400 emplois en France qui dépendent d’entreprises coréennes contre 63 000 qui dépendent d’entreprises japonaises.

Donc il y a, je crois, un champ de progression considérable et j’ai indiqué tout à l’heure toutes les raisons pour lesquelles il était intéressant pour des entreprises coréennes d’investir en France au cœur du marché européen avec une compétitivité de l’économie française qui s’est accrue et avec en particulier des dispositifs fiscaux en matière de soutien à la recherche et au développement qui sont aujourd’hui beaucoup plus performants que par le passé.

Et puis, troisièmement, il faut mettre en place vraiment l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Corée. On attend 20 milliards sur les vingt prochaines années de progression dans les échanges Union européenne / Corée grâce à cet accord, mais vous savez bien qu’il faut qu’ils passent des textes, des principes qui ont été décidés, à la réalité.

La réalité, c’est les blocages sur les marchés publics chez les uns ou chez les autres, c’est toutes les questions de normalisation. Je prends l’exemple du véhicule électrique. Si nous ne sommes pas capables de mettre en place des dispositifs de recharge des véhicules électriques qui soient standardisés entre la France et la Corée -nous sommes en train d’essayer de le faire à l’intérieur de l’Union européenne- alors bien sûr, nous aurons des difficultés à pratiquer les échanges dans ce domaine.

Je ne voudrais pas négliger dans ma réponse les projets dans le domaine culturel et dans le domaine éducatif parce que ces projets sont susceptibles de nourrir le développement et la coopération économique.

Nous allons avoir des saisons culturelles croisées, la Corée en France en 2015 et la France en Corée en 2016. Nous avons un projet de création d’une maison à la Cité internationale universitaire de Paris qui pourrait être un très beau symbole permettant de rendre plus attractive la France pour les étudiants coréens et qui aura le moment venu, je le dis parce qu’il y a beaucoup de chefs d’entreprises coréens et français ici, qui aura besoin du soutien des entreprises coréennes. Je veux dire d’ailleurs au sujet des universités qu’il existe actuellement 200 accords entre des universités françaises et coréennes et que nous accueillons un peu plus de 6 500 étudiants coréens.

Enfin, nous attachons beaucoup d’importance à l’enseignement des langues. Nous avons ouvert les premières classes de lycée avec le coréen en troisième langue en France à Bordeaux et à Paris et on va poursuivre dans cette voie et il nous faut aussi agrandir notre lycée ici à Séoul et nous avons pour cela besoin d’un soutien fort de la municipalité de Séoul. Je suis sûr que nous l’obtiendrons.

Voilà, je pense que la feuille de route pour le développement des échanges entre la France et la Corée est parfaitement tracée. Il suffit maintenant que chacun se retrousse les manches et ait à cœur de tenir les engagements qui ont été pris.



Question de PARC Dae-Shik, secrétaire général de la Federation of korean industries.



Sur le Gouvernement économique européen, nous avons avec l’euro créé une monnaie qui est sans équivalent dans l’histoire puisqu’il s’agit d’une monnaie qui est partagée par 17 pays, mais qui ont chacun leur autonomie, leur souveraineté dans la conduite de leur politique économique.

Alors bien sûr, nous avions dans le cadre du traité qui a mis en place l’euro prévu un certain nombre de règles communes pour assurer la crédibilité de cette monnaie.

Ces règles n’ont pas suffisamment été respectées et en particulier, nous n’avons pas réussi à mettre en place les institutions suffisamment réactives pour intervenir dès les premières dérives dans les Etats qui ne respectaient pas les critères permettant la convergence des économies.

Et donc nous sommes en train de remédier à cela.

Nous sommes en train de remédier à cela d’abord en créant un Gouvernement économique. Le Gouvernement économique, ce sera d’abord la réunion des chefs d’Etat et de Gouvernement de la zone euro. Ce conseil des chefs d’Etat et de Gouvernement de la zone euro devra pouvoir se doter d’une petite structure permanente qui en liaison avec la Commission européenne aura pour mission d’appliquer strictement les décisions, les orientations qui auront été prises en matière de politique économique.

Donc l’une des premières missions de ce Gouvernement économique, ce sera d’organiser selon un calendrier qui naturellement prendra du temps une convergence relative des économies de la zone euro. Et c’est vrai qu’il faudra pas à pas rapprocher les règles sociales, les règles fiscales des principaux pays de la zone euro, enfin de l’ensemble des pays de la zone euro, si nous voulons donner à la monnaie européenne dans la durée la solidité qui est aujourd’hui la sienne.

Sans doute aurait-il fallu créer ce Gouvernement économique avant de créer la monnaie. Nous avons fait les choses dans l’autre sens et la monnaie, au fond, a été une sorte de stimulant qui a conduit à une plus grande cohésion de la zone euro.

En tout cas, je n’ai pas de doute sur l’avenir de cette monnaie et je n’ai pas de doute sur l’avenir de la zone euro parce que cette monnaie, c’est le symbole le plus fort de 60 ans de construction européenne. Donc renoncer à ce symbole, ce serait en réalité renoncer à l’ensemble de la construction européenne.

C’est évidemment quelque chose qui n’arrivera pas, parce que ce serait aller complètement à contre-courant de l’Histoire.

Vous avez évoqué la Grèce.

Il est incontestable que la Grèce non seulement n’a pas respecté les règles de convergence qui étaient prévues par le traité mais il est aussi incontestable qu’elle n’a pas fourni aux instances européennes les bonnes informations sur la réalité de son économie. Et donc les dispositifs que nous sommes en train de mettre en place vont être beaucoup plus contraignants et permettront de donner des injonctions précises aux États qui s’écarteraient des stratégies, des lignes qui ont été fixées collectivement.

C’est difficile de répondre en un mot sur la question que vous posiez sur la Chine et le G20, je pense que chacun aura compris dans mon intervention préliminaire que nous attendons beaucoup de la Chine.

Nous attendons beaucoup de la Chine sur la question des monnaies, sur la question de l’évolution de la monnaie chinoise, de son évaluation et nous attendons beaucoup de la Chine qu’elle mène une politique qui permette de relancer la consommation à l’intérieur de son territoire pour mettre en place les stabilisateurs dont l’économie mondiale a besoin.

Je pense que cette idée progresse. Naturellement, chacun a ses contraintes.

Les systèmes politiques et économiques des uns et des autres ne sont pas les mêmes mais on voit bien que dans une économie qui est désormais totalement mondialisée, personne ne peut tirer son épingle du jeu tout seul.

Si la zone euro ou si les Etats-Unis étaient durablement en panne, l’ensemble des économies asiatiques en subiraient très rapidement les conséquences. Et à l’inverse, les difficultés, désormais, dans la zone asiatique ont des répercussions immédiates sur l’économie mondiale.

Donc nous avons vraiment besoin de cette coordination confiante, sincère, régulière.

Les réunions du G20 ne doivent plus être simplement des forums où l’on échange des idées. Ce doit être des lieux de décision où l’on met en place des stratégies qui sont des compromis et où l’on veille à ce que ces stratégies soient appliquées.

C’est tout simplement l’avenir de l’économie mondiale qui est en cause. Si l’on veut que la mondialisation réussisse, il faut qu’elle soit maîtrisée. Si la mondialisation n’est pas maîtrisée, le monde connaîtra de nouvelles crises, de nouveaux soubresauts qui conduiront à des politiques de repli, à des politiques nationalistes, à des politiques comme on en a connues après toutes les grandes crises du XXème siècle et on sait que ces politiques ont toujours conduit à des catastrophes.

Nous avons une responsabilité qui est une responsabilité historique.

On ne peut pas se contenter de laisser l’économie mondiale fonctionner comme elle fonctionne aujourd’hui ; on a besoin de règles, on a besoin d’équilibre, on a besoin de politiques économiques complémentaires entre la zone euro, les Etats-Unis et l’Asie et c’est vraiment tout l’enjeu du Sommet de Cannes dont j’espère qu’il sera une réussite.



 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

descamps martine 17/11/2011 12:45



Monsieur le Premier Ministre,


les salariés et les professions libérales en ont marre des cadeaux aux fonctionnaires. A quand un grand coup de rabot ?


Pourquoi avez vous augmenté le délai de carence à 4 jours pour le secteur privé alors que les fonctionnaires en auraient qu'un seul ? Vous savez bien que les 1ers à se mettre en arrêt
maladie sont les fonctionnaires, alors qu'est ce que cela va changer... quelles économies allez-vous faire ?


Vous vous rendez compte de l'injustice de votre plan ? pourquoi est ce toujours les gentils salariés qui renfloueraient les caisses de l'Etat ?


Vous avez fait beaucoup, mais là nous sommes affligés.


 


 



Liliane beillon 06/11/2011 11:50



Vous allez annoncer demain les "nouvelles économies"


Compte-tenu de la situation économique, celà est"obligé" - et les français s'en rendent compte. Mais de là à tout accepter c'est autre chose. Celà dépend, il me semble, de la répartition des
efforts. Et là tout le monde doit participer - nos élus les premiers - l'exemple doit venir d'en haut.


Je vous souhaite bien du courage !!!


une mamie de 71 ans



jouffrain 05/11/2011 10:20



Dans le plan d'austérité annonçé avez vous pensé , pour donner l"exemple ,à diminuer ne serait ce 20 °/O les emoluments des elus du premier aux derniers des deux chambres


Très respectueusement


Jouffrain



Bruno Deschamps 25/10/2011 00:12



Cher Monsieur Fillon,


Je ne suis pas de Droite, je suis en désaccord quasi total avec la politique du gouvernement, et pourtant j'admire votre droiture et votre engagement, et suis fier rassuré de vous savoir aux
commandes de notre pays. 


Je vous souhaite bonne chance et j'attends, comme beaucoup, que votre jour arrive...


Avec mes respectueuses salutations,


B Deschamps



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