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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 12:22

François Fillon répond à la presse sur son voyage en Jordanie le 21 Février 2010. (en version vidéo et version écrite intégrale)



François Fillon intervient devant la Convention d'affaires à Amman en Jordanie le 21 février 2010. (en version vidéo et version écrite intégrale)



François Fillon répond à la presse sur son voyage en Jordanie le 21 Février 2010. (en version vidéo et version écrite intégrale)

point presse du Premier ministre

 

Monsieur FILLON, le ministre des Affaires étrangères Monsieur KOUCHNER s’est dit favorable à la reconnaissance d’un Etat palestinien par la communauté internationale, avant même la définition des frontières par les négociations. Est-ce que cette idée pourrait être concrétisée en proposition française au Conseil de Sécurité ou avec les partenaires de la France ? Et une question à Monsieur RIFAÏ : est-ce que la Jordanie a des conditions particulières pour participer à la conférence de paix internationale proposée par la France ? Merci.

 

FRANÇOIS FILLON :

Ecoutez, je ne peux que répéter ce que je viens de dire, il est vraiment urgent de reprendre les négociations. Je ne crois pas que le temps qui passe joue en faveur de la paix. Et ces négociations ont un objectif, c’est la création d’un Etat palestinien viable, moderne, indépendant, démocratique, qui doit vivre en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres, des frontières reconnues, sur la base des décisions du Conseil de Sécurité et des Nations Unis et sur la base de l’initiative arabe de paix. Evidemment pour que ces négociations puissent reprendre et surtout qu’elles puissent déboucher sur des résultats qui soient des résultats convaincants, après tellement d’années de déception, il faut proposer des termes de référence, il faut proposer un calendrier et il faut proposer des objectifs clairs. Et la France soutient de ce point de vue les efforts américains qui ont été entrepris dans ce sens. Nous allons recevoir demain à Paris, le président de la République et moi-même, le président Mahmoud ABBAS, donc nous discuterons de nouveau avec lui de ces questions. La suggestion qui a été faite par le ministre français des Affaires étrangères Bernard KOUCHNER témoigne de cette volonté, qui est la nôtre au fond, d’accélérer le processus, de prendre des initiatives qui permettent d’enclencher une négociation qui tarde trop à commencer.

 

(…) Réponse de Samir al-RIFAÏ

 

JOURNALISTE JORDANIEN :

Monsieur le Premier ministre, on a commencé à parler d’une reprise prochaine des pourparlers de paix. Quels sont les contacts entrepris par la France avec l’ensemble des parties concernées ? Et y’a-t-il des pressions françaises ou autres sur les palestiniens pour relancer un processus de négociations de paix notamment sans la condition d’arrêt des colonies ?

 

FRANÇOIS FILLON :

Ecoutez, la France parle avec Israël, le président de la République française, vous vous en souvenez, a prononcé devant la Knesset un discours très important, très courageux, très clair, dans lequel il a dit ce que je viens de dire sur les conditions qui sont celles de l’établissement de la paix dans la région, sur les frontières palestiniennes, sur l’arrêt de la colonisation, sur Jérusalem qui doit être la capitale des deux Etats. Nous avons ce dialogue permanent avec Israël. Nous dialoguons avec les autorités palestiniennes, je vous disais que Mahmoud ABBAS sera de nouveau à Paris demain. Nous avons entrepris de grands efforts pour aider l’autorité palestinienne à développer son économie, notamment en lançant le projet d’une zone industrielle, d’une zone d’activité à Bethléem. Nous avons pris l’initiative, il y a deux ans, de rétablir nos relations avec la Syrie, parce que nous pensons que la Syrie doit jouer un rôle essentiel dans le rétablissement de la paix dans la région, et ma visite d’hier en Syrie n’a fait que confirmer le bien-fondé de cette décision. Nous parlons avec la Turquie qui a un rôle à jouer, à la demande de plusieurs acteurs régionaux, dans le rétablissement du processus de paix. Le président de la République aura bientôt l’occasion de rencontrer le président OBAMA, c’est dire si nous sommes mobilisés auprès de l’ensemble des acteurs pour rétablir les liens du dialogue. Enfin, j’ajoute que même si c’est du long terme, l’initiative dont la France a pris la responsabilité de lancer l’Union Pour la Méditerranée s’inscrit dans cette perspective de mettre en œuvre les instruments d’une paix durable dans la région, à partir de réalisations concrètes, à partir de programmes de coopération qui doivent rééquilibrer le développement sur les deux rives de la Méditerranée. Au fond, un peu à l’image de ce que, au lendemain de la seconde guerre mondiale, nous avons nous-mêmes réalisé entre des pays européens dont on pensait qu’ils ne parviendraient jamais à établir la paix entre eux.

 

CHRISTOPHE LURIE - RADIO FRANCE :

AREVA vient de signer un contrat d’exploitation des mines d’uranium en Jordanie. Où en est le projet de vente des centrales nucléaires au Royaume ? Et est-ce qu’à court terme, à moyen terme, est-ce que la Jordanie pourrait maîtriser sa chaîne nucléaire en particulier, je pense notamment à l’enrichissement de son uranium. Enfin une question complémentaire, Monsieur le Premier ministre, avez-vous eu des informations récentes sur l’affaire TREIBER et l’éventuelle responsabilité de l’administration pénitentiaire dans le non empêchement de son suicide ?

 

FRANÇOIS FILLON :

Alors s’agissant de la deuxième question, j’y répondrai sur le sol national, je ne pense pas que Monsieur TREIBER soit si fameux qu’il faille l’évoquer ici, en Jordanie. S’agissant de la coopération en matière nucléaire, nous avons d’abord signé… enfin AREVA a signé aujourd’hui un accord s’agissant de l’exploitation des gisements d’uranium. Nous avons signé un accord qui met en place… qui va permettre la mise en place d’un organisme de formation en matière… pour les ingénieurs et les techniciens dans le domaine du nucléaire et de l’énergie. Et puis naturellement, nous avons discuté des offres des entreprises, s’agissant de la réalisation d’un réacteur nucléaire en Jordanie. Notre souci, notre objectif, c’est d’apporter à la Jordanie un partenariat complet, à la fois sur la formation et sur la maîtrise des technologies, pour que la Jordanie et les autres pays de la région puissent accéder au nucléaire civil, dont chacun s’accorde à reconnaître que ce sera une source d’énergie très importante, pendant une période longue, de transition au fond entre la disparition progressive des énergies fossiles et le recours à de nouvelles formes d’énergie qui restent encore à maîtriser. Nous allons faire la meilleure offre à la Jordanie, et les discussions vont se poursuivre dans les prochaines semaines.

 

JOURNALISTE JORDANIEN :

Monsieur le Premier ministre RIFAÏ, nous savons que la Jordanie essaye d’obtenir le statut avancé avec l’Union européenne. Comment avez-vous trouvé la position de la France ? Et avez-vous abordé également le résultat de l’accord d’association entre la Jordanie et l’Union européenne ?

 

FRANÇOIS FILLON :

Je vous confirme que le soutien de la France est entier parce que nous avons toujours défendu le rapprochement de l’Union européenne avec ses voisins méditerranéens, sur une base plus partenariale. Je sais que c’est une priorité de la présidence espagnole que de faire aboutir ce dossier, et nous ferons tous nos efforts de notre côté pour faire en sorte que cet accord puisse être signé dans les meilleurs délais.


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convention d'affaires

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le Président du JORDAN INVESTMENT BOARD, Excellences, Mesdames et Messieurs, c’est pour moi un grand plaisir que d’ouvrir cette convention d’affaires en compagnie de Christine Lagarde, et c’est l’occasion de rendre hommage aux dirigeants d’entreprises et aux responsables jordaniens et français qui sont ici rassemblés.

 

Depuis plusieurs années, la France suit très attentivement le mouvement de modernisation et les grands projets qui ont été lancés par Sa Majesté le Roi Abdallah II. Je veux vous dire que nous sommes décidés, plus que jamais, à nous engager durablement aux côtés du Royaume pour l’aider à relever les défis de son développement. Ce matin, nous avons eu avec Monsieur le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement jordanien une discussion très riche, qui s’est conclue par la signature de conventions qui témoignent de l’ampleur de notre partenariat.

 

Et je voudrais ce matin, avec vous, partager trois messages. Le premier, c’est un message d’optimisme, l’optimisme que nous sommes sans doute en train de voir la fin de la crise économique et financière. Dans la zone euro, l’activité progresse depuis le troisième trimestre 2009 ; cette année encore, elle continue à s’améliorer. Et pourtant, nous restons vigilants : la reprise est fragile, elle est vulnérable et nous devons poursuivre les plans de soutien tant que les bases d’une croissance autoentretenue ne sont pas suffisamment solides.

 

Optimisme ensuite parce que, à l’échelle mondiale, nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de construire un cadre de croissance équilibré et durable, un cadre de croissance qui ne doit plus être fondé sur la spéculation et sur l’économie de bulle. Nous en avons posé les principes lors du Sommet du G20 à Washington, puis à Londres puis Pittsburgh.

 

Optimisme enfin parce que les pays de la rive Sud et de rive Est de la Méditerranée – et tout particulièrement la Jordanie – ont bien résisté à la crise et présentent des opportunités de croissance réelles, pour le commerce comme pour l’investissement. Certes, il y a eu un ralentissement inévitable consécutif à la récession dans les pays occidentaux. Mais grâce aux plans de relance ciblés mis en œuvre par les gouvernements, les taux de croissance sont restés positifs dans la région : plus de 3% pour la Jordanie en 2009, c’est évidemment un chiffre qui peut faire des envieux… vous avez fait beaucoup mieux, Monsieur le ministre, que Madame LAGARDE, s’agissant de la croissance en 2009.

Mon deuxième message, c’est un message de confiance envers la Jordanie, confiance d’abord, dans le potentiel du Royaume. Les progrès qui ont été réalisés au cours des dix dernières années, sous l’impulsion de Sa Majesté, sont remarquables, et d’ailleurs ils sont cités comme tel par le Fonds Monétaire International et par l’OMC. Le climat des investissements est aujourd’hui très favorable en Jordanie, il l’est d’autant plus que les infrastructures sont en amélioration constante. Alors que la Jordanie a peu de ressources naturelles, elle est devenue un exemple de croissance, de modernité et de stabilité dans une région qui reste troublée. Confiance ensuite dans l’ambition du Souverain pour son pays. Le premier domaine dans lequel la Jordanie a choisi d’investir, c’est la jeunesse. Depuis longtemps, l’éducation et la formation font ici l’objet d’une attention particulière. Et les résultats s’en font ressentir, en Jordanie même et à l’étranger, où le savoir-faire des Jordaniens est particulièrement apprécié. La France souhaite participer à cet effort de formation en accueillant plus d’étudiants et chercheurs jordaniens. J’ai ainsi assisté, ce matin même, à la signature d’une lettre d’intention franco-jordanienne, qui prévoit la création – conformément aux vœux du Roi – d’un centre d’excellence pour l’énergie et pour les grands projets. Ce centre d’excellence pourra favoriser les échanges d’étudiants et les échanges de chercheurs entre nos deux pays ; il contribuera à la naissance d’une filière jordanienne dans le domaine de l’énergie et, en particulier, dans le domaine de l’énergie nucléaire. Il pourra constituer un pôle de formation qui aura vocation à rayonner dans toute la région.

 

Confiance, encore, dans les grands projets du Royaume auxquels la France est heureuse de s’associer. Ce sont des projets qui sont à la fois vitaux pour l’avenir de la Jordanie, mais qui sont aussi essentiels pour la région tout entière. Votre pays a des atouts incontestables, sa situation de carrefour entre la Mer Rouge, la Méditerranée et le Croissant Fertile ; la richesse de ses ressources humaines ; la qualité de ses relations avec tous ses voisins. En relevant les défis nationaux de l’eau et de l’énergie, en modernisant les réseaux de transport et de communication, la Jordanie deviendra un pôle de développement au cœur de toute la région, et elle sera aux avant-postes du Proche-Orient de demain.

 

Confiance enfin dans l’engagement de la Jordanie en faveur de l’Union Pour la Méditerranée, cette Union Pour la Méditerranée qui doit devenir le catalyseur des grands projets dans les secteurs de l’eau, de l’environnement, de l’énergie et des transports. Depuis le début, la Jordanie fait preuve d’un dynamisme exemplaire au service de l’Union Pour la Méditerranée, et vient en témoigner la nomination récente de Monsieur Ahmed MASSADEH à la tête de son Secrétariat Général. Ce projet de l’Union Pour la Méditerranée est un projet fondamental pour la paix et la prospérité de la région, il faut qu’il se distingue des projets précédents qui ont été des échecs ou des semi échecs. Et il ne peut s’en distinguer que par le lancement rapide de projets concrets, qui permettront de convaincre l’ensemble des pays méditerranéens que ce projet est bien celui qui permettra le rééquilibrage du développement entre les deux rives de la Méditerranée. En facilitant les échanges et les investissements, la Jordanie doit aujourd’hui aider à fédérer les efforts pour une meilleure intégration régionale entre les pays du bassin méditerranéen. Enfin, mon troisième message est un message d’engagement. Je suis venu ici, à Amman, pour développer entre la France et la Jordanie un partenariat global ambitieux, un partenariat commercial, un partenariat d’investissement et un partenariat technologique. A vrai dire, si les investissements français sont importants en Jordanie, les exportations françaises vers la Jordanie sont encore modestes. La France était en 2008 le 3eme exportateur européen en Jordanie, derrière l’Allemagne et l’Italie, mais seulement le 13e en général. Tout cela pour un montant relativement faible, de l’ordre de 353 millions d’euros. Et ces exportations sont encore beaucoup trop dépendantes des grands contrats.

 

De la même manière, les exportations – et vous me l’avez dit ce matin Monsieur le Premier ministre, jordaniennes à destination de la France restent insuffisantes. En revanche, la France est au premier plan pour les investissements, elle est le 1er investisseur étranger en Jordanie hors pays arabes et le 3e globalement, avec des investissements directs évalués aujourd’hui à plus de 1,3 milliard de dollars. Une trentaine d’entreprises françaises ont investi ici et contribuent au développement de l’économie jordanienne. Nous en avons un très bel exemple aujourd’hui même, avec le lancement des services de technologie 3G en Jordanie par ORANGE. Et vous me permettrez de vous dire que je suis particulièrement heureux de pouvoir assister aujourd’hui au lancement de ces services, car j’ai été le ministre des Télécommunications qui a engagé la privatisation de FRANCE TELECOM, qui a abouti à la création de cette entreprise mondiale qui a aujourd’hui un aussi grand succès. Avec le centre technologique régional d’Orange implanté à Amman, avec l’accord minier qui vient d’être signé avec AREVA, avec les projets en cours dans les secteurs de l’énergie nucléaire et de l’eau, un partenariat technologique de grande très grande ampleur est en train de voir le jour entre la France et la Jordanie. Ce partenariat a besoin de nos grandes entreprises, mais il a aussi besoin de nos petites et moyennes entreprises, dont je voudrais saluer les dirigeants qui m’accompagnent aujourd’hui. Les PME jordaniennes ont montré leurs talents sur le marché régional, voire sur le marché mondial, et nous l’avons vu avec la réussite du moteur de recherche « Maktoub ». A présent nous devons travailler ensemble à des alliances entre les PME de nos deux pays. Les entreprises françaises qui sont présentes en Jordanie dans le domaines de l’eau, de l’énergie, de l'environnement des transports suivent avec beaucoup d’intérêt tous les grands projets à venir, je pense évidemment en premier lieu au projet nucléaire, aux projets portuaires et ferroviaires et au canal Mer Rouge-Mer Morte. Je souhaite que nous puissions développer de nouveaux partenariats pour contribuer à les réaliser.

 

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs, cette convention d’affaires doit marquer un progrès dans nos relations économiques. Et je remercie de tout cœur les nombreux chefs d’entreprise jordaniens qui sont aujourd’hui parmi nous. Je veux aussi rendre hommage aux entrepreneurs français installés en Jordanie, et à ceux qui ont choisi de m’accompagner au cours de cette visite. Nous mettons en œuvre avec nos gouvernements les meilleures conditions pour que vos entreprises puissent se développer, nouer des partenariats et investir dans nos deux pays. Mais maintenant, c’est à vous qu’il revient de jouer le ballon, ce sont vos initiatives et vos énergies qui permettront à nos deux pays d’agir ensemble pour le développement, mais aussi pour la prospérité et pour la paix de la Jordanie, du Proche-Orient tout entier.

 

Permettez-moi de conclure en disant, comme c’est notre tradition : Vive la Jordanie ! Vive la France et vive l’amitié franco-jordanienne.

 

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rencontre avec la communauté française

 

 

Madame l’Ambassadeur, mes chers compatriotes, je voudrais vous dire combien, avec les membres du gouvernement qui m’accompagnent et les parlementaires, je suis heureux de vous retrouver pour vous remercier, pour vous rendre hommage, à vous qui incarnez la France et qui êtes les acteurs de ses succès en Jordanie et au Proche-Orient. Je suis venu accompagné d’une délégation importante, de membres du gouvernement, de parlementaires et de près d’une trentaine de chefs d’entreprise. Cela a un sens parce que la Jordanie est un pôle de stabilité, de modernité, de croissance dans la région. Et la France accorde, vous le savez, une grande importance aux liens qu’elle entretient avec ce pays.


Ces liens sont forts, mais nous avons constaté tout au long de notre séjour aujourd’hui qu’ils peuvent connaître de nouveaux développements. La Jordanie est en train de mettre en œuvre de grands projets auxquels la France entend contribuer et au fond c’est cette dynamique que je suis venu lancer. Nous sommes le premier investisseur étranger du Royaume, hors pays arabes: plus d’1,3 milliards de dollars d’investissements directs. La France a pleinement soutenu le mouvement de modernisation lancé par le Roi ABDALLAH II. Nos entreprises ont su profiter des mesures de privatisation qui ont été adoptées il y a dix ans et je crois qu’on peut dire qu’elles ont contribué très activement au dynamisme de l’économie jordanienne. Aujourd’hui, les grands projets où s’engage la Jordanie concernent justement des secteurs où la France a des compétences reconnues : l’eau, l’énergie et en particulier l’énergie nucléaire, les transports ou encore les télécommunications.

Bien sûr, la concurrence sera forte, la Jordanie est un pays attractif. Alors notre rôle, c’est d’être compétitifs, c’est de réagir vite, c’est de mettre en valeur nos savoir-faire. Et c’est naturellement la mission de la ministre des Finances et de l’Economie qui se bat chaque jour pour que l’économie française soit plus compétitive, soit plus réactive et qu’en particulier elle sache se saisir de toutes les opportunités qu’offre la mondialisation. Mais la relation franco-jordanienne ne repose pas seulement sur l’excellence de nos liens politiques et économiques. Elle se développe et elle s’approfondit aussi grâce à nos échanges culturels et scientifiques. A Jerash, en quinze minutes montre en main, j’ai voulu saluer la confiance qui marque – ce n’est pas parce que je voulais le faire en quinze minutes, vous avez bien compris – la confiance qui marque depuis trente ans notre coopération en matière de sciences humaines et d’archéologie grâce à l’Institut français pour le Proche-Orient. Henri LOYRETTE, le directeur du musée du Louvre, et Dominique BAUDIS, le président de l’Institut du Monde Arabe qui m’accompagnent, peuvent témoigner des relations culturelles déjà étroites qui existent entre nos deux pays. Et Frédéric MITTERRAND a eu ce matin l’occasion de les renforcer en signant, notamment avec les autorités jordaniennes, un accord en faveur de la coproduction cinématographique.

Au cours de cette visite, j’ai aussi parrainé la signature d’un accord de coopération qui prévoit la création d’un centre d’excellence scientifique. Il s’agit de former des étudiants et des chercheurs dans les domaines stratégiques du nucléaire, des transports, de l’eau et des télécommunications. Vous voyez qu’entre la France et la Jordanie, la dynamique de ce dialogue est remarquable.

Il y a, dans le royaume, un engouement pour la langue française. Elle est enseignée dans 180 établissements secondaires. Deux mille étudiants sont inscrits dans notre centre culturel de Djebel Webdeh. Et l’Ecole française d’Amman va doubler d’ici deux ans ses capacités d’accueil, tant sa croissance est forte.

Mes chers compatriotes, tous ces succès, tous ces liens d’amitié entre nos deux pays, c’est très largement à vous que nous les devons. La vitalité des liens franco-jordaniens vient d’abord de celle de votre communauté, qui ne cesse de se développer : les Français sont de plus en plus nombreux à vivre en Jordanie ; notre communauté s’est accrue de près de 60% en dix ans. C’est vous qui contribuez au rayonnement culturel de notre pays. C’est vous qui incarnez ici une tradition française d’écoute, de compréhension du pays et de sa région. C’est vous évidemment qui faites le succès de nos chantiers. Mener une campagne d’exploration minière en trois ans – là où d’habitude il en faut six ; transformer en deux ans l’aéroport d’Amman en une plate-forme régionale de premier plan ; installer la téléphonie de troisième génération dans un délai de six mois, voilà quelques exemples des réussites françaises que les uns et les autres vous avez portées.

Ces réussites témoignent de l’esprit de défi qui vous lie à ce pays d’avenir. Et je veux vous dire que la croissance de la communauté française et l’importance du rôle qu’elle joue nous rendent très attentifs à la qualité de ses conditions de vie. Je pense en particulier aux questions qui touchent à la scolarité et aux études. L’Ecole française d’Amman devrait devenir, d’ici la rentrée 2012, un grand lycée français, situé au sud de la ville, dans un environnement agréable et à proximité des établissements les plus prestigieux du royaume. Et pour que nos bacheliers puissent poursuivre leurs études à la fois en France et en Jordanie, nous avons enfin obtenu le principe d’une reconnaissance mutuelle des diplômes et ouvert en outre la négociation d’un accord sur l’équivalence des notes.



Je veux également vous dire que nous avons décidé de répondre à une demande très ancienne, qui concernait la représentation au Parlement des Français vivant à l’étranger. Vous étiez jusqu’alors représentés très bien par des sénateurs et par des sénatrices mais pas par des députés. Eh bien, nous avons changé cela et dès les prochaines législatives, vous élirez onze députés parce que je crois qu’il était normal, qu’il était important que les Français de l’étranger puissent ainsi exercer leur citoyenneté de façon pleine et entière.

Enfin, mes chers compatriotes, vous ne m’en voudrez pas si je vous donne quelques nouvelles de votre pays, vous qui vivez dans un pays qui se modernise, dans un pays qui se lance dans de grands projets, dans un pays dont la croissance est forte, vous savez mieux que quiconque ce que signifie la mondialisation. Vous savez qu’aucune nation ne peut plus se reposer sur d’anciennes prééminences. Nous devons sans cesse ressourcer notre inventivité. Nous devons à chaque instant faire la preuve de notre valeur. Sous l’impulsion du Président de la République, nous avons engagé la France dans un processus de réformes dont le principal objectif est au fond très simple : c’est de renforcer le rang de la France dans la compétition internationale.

Plus de 80% des réformes promises ont été engagées. La première année du quinquennat, nous l’avons consacrée à libérer les énergies. Nous avons desserré les carcans, desserré le carcan des 35 heures en défiscalisant les heures supplémentaires ;desserré le carcan de l’imposition , que nous avons ramenée dans la moyenne des pays européens ; desserré le carcan qui paralysait nos universités en leur accordant l’autonomie.

La deuxième année, nous avons dû faire face à une crise économique et financière qu’évidemment personne n’avait prévue. Nous avons résisté à cette crise. Nous y avons mieux résisté que la plupart de nos grands partenaires et je crois que c’est pour une très large part grâce à la réactivité de notre plan de relance et au mouvement de réforme qui a été engagé.

Dans cette troisième année, nous mettons tout en œuvre pour élever notre niveau de compétitivité pour faire en sorte que notre pays profite le mieux possible de la reprise qui s’annonce. En effet, vous le constatez sans doute encore mieux que nous, la crise économique et financière a accéléré le mouvement de transfert des richesses des vieux pays développés vers les pays émergents. En 2010, la zone euro connaîtra une croissance de l’ordre de 1%. La France est créditée pour le moment de prévisions de l’ordre de 1,4 ou 1,5%, elles sont donc les meilleures de la zone euro ; mais dans le même temps, la croissance de la Chine dépassera 10%, celle de l’Inde sera de plus de 7%  et la croissance mondiale sera entre 4 et 5%.

Nous ne sommes en réalité qu’au début des bouleversements que la mondialisation nous réserve. Et face à ce défi considérable que nous devons relever, nous avons la responsabilité de mobiliser toutes nos forces si nous ne voulons pas connaître de déclin. Ce tournant historique, il faut le négocier maintenant. C’est maintenant qu’il faut aller chercher la croissance. Il faut aller chercher la croissance d’abord en misant sur l’investissement – notre pays n’a pas assez investi ces vingt dernières années. Depuis 2007, avec le crédit impôt recherche, nous avons soutenu les efforts de recherche et développement des entreprises. Aujourd’hui, dans le grand emprunt, nous allons affecter 35 milliards d’euros à des projets d’avenir dans le domaine de l’aéronautique – l’avion du futur – la voiture électrique, les lanceurs spatiaux de demain, les biotechnologies ou encore les réseaux à très haut débit. Au fond, nous voulons refaire ce qu’avaient fait le Général de GAULLE et Georges POMPIDOU dans les années 60, lorsque quasiment dans la même année, ils avaient lancé le programme électronucléaire français, le programme aéronautique qui a abouti à AIRBUS et le programme qui s’était traduit par la construction des trains à grande vitesse.

Ensuite, la croissance, nous la saisirons en développant notre compétitivité. Nous avons en 2010 supprimé la taxe professionnelle, cet impôt qui pesait sur les investissements des entreprises et grâce à cette suppression, nous allons réinjecter en 2010, 12 milliards d’euros supplémentaires dans le circuit économique, au moment où nos entreprises ont le plus besoin de ces moyens pour profiter de la croissance.

Enfin, notre troisième priorité, pour être au rendez-vous de la reprise et de la compétitivité, c’est la maîtrise de nos finances publiques. Vous savez bien que ça fait trop longtemps que l’Etat est en déficit, plus de trente-cinq ans. Nous ne pouvons pas continuer à courir après le remboursement des emprunts que ce déficit nous oblige à entretenir. Nous avons, dès 2007, pris des mesures pour réduire nos dépenses publiques en les rationalisant. En trois ans, nous avons réduit de 100.000 postes les effectifs de la fonction publique, en décidant de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Ce n’est pas une décision facile, mais c’est une décision qui est indispensable si nous voulons réduire la dépense publique qui se traduit dans notre pays par deux chiffres simples que tout le monde est capable de comprendre : d’un côté, les prélèvements obligatoires qui sont parmi les plus élevés du monde, sont à 41% de notre richesse nationale, 41% de ce qui est produit par les Français est prélevé par l’Etat, par les collectivités locales ou par le système social ; mais de l’autre côté, nous dépensons dans le secteur public 55% de la richesse qui est produite par nos compatriotes. C’est une situation qui ne peut plus durer. Nous avons l’obligation de rationaliser l’organisation de l’Etat. Nous allons maintenant réfléchir ensemble pour préserver notre système de retraite et notre protection sociale, en cherchant à les rendre compatibles avec l’amélioration de nos finances publiques. Et puis nous devons rationaliser notre organisation territoriale et c’est la raison pour laquelle nous débattons actuellement au Parlement d’une réforme des collectivités territoriales qui vise à en simplifier l’organisation.

La lutte contre les déficits, au fond c’est une question de morale, parce que ce n’est pas aux générations futures de payer nos factures. Mais c’est aussi une question d’efficacité économique, parce que le fardeau des déficits pèse dès aujourd’hui sur la croissance. Et enfin c’est une question sociale, parce que le remboursement de la dette, c’est autant d’argent qui ne peut pas aller à la solidarité. Et puis c’est une question politique, c’est une question d’indépendance parce que quand un pays passe son temps à emprunter et à rembourser, alors il est moins libre de ses choix. Et au fond, la compétition mondiale, c’est d’abord une compétition économique, mais c’est aussi plus profondément une compétition existentielle. Et si nous réformons notre pays, c’est d’abord parce que nous voulons préserver notre pouvoir de décision. Nous réformons pour que la voix de la France continue d’être entendue dans le monde. Nous réformons pour que notre pays puisse porter haut et fort les valeurs de justice, de démocratie et de progrès dont il a héritées tout au long de son histoire.

Vous qui vivez hors de France, vous savez souvent mieux que ceux qui vivent sur le territoire national, qu’être Français, cela signifie quelque chose. Il y a une histoire, il y a un message, il y a une certaine idée de la France, et bien souvent les expatriés sentent qu’ils incarnent tout cela aux yeux des habitants du pays qui les accueillent. Eh bien pour moi, il faut rappeler la richesse de cette idée française qui n’est ni de droite ni de gauche. Etre fier de son identité pour être plus ouvert sur les horizons internationaux ; rassembler nos concitoyens autour de ce qu’il y a de grand dans le destin et dans le projet de notre pays ; donner à la République autant qu’elle nous donne : voilà ma conception de la France.

Le monde a besoin d’une France forte, il a besoin d’une France qui ait confiance en elle parce que je crois que les positions que nous soutenons sont des positions qui sont justes. Nous voulons que la gouvernance mondiale soit équitable, nous voulons qu’elle prenne en considération les pays émergents et c’est la raison pour laquelle nous avons été à l’origine de la création du G20 qui va supplanter ce G8 qui au fond prétendait gouverner le monde en ignorant les pays émergents. Nous voulons qu’elle fasse progresser le dialogue entre le Nord et le Sud et c’est pour ça que nous avons lancé l’Union pour la Méditerranée dans laquelle la Jordanie joue un rôle remarquable. Nous voulons que la gouvernance mondiale soit raisonnable et c’est la raison pour laquelle la France a été aux avant-postes de la définition des nouvelles règles qui doivent encadrer les excès de la finance mais sans mettre la croissance en péril. Et puis nous voulons que la gouvernance mondiale soit durable et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes battus à Copenhague, pour que soit créée une instance internationale chargée de l'environnement. Nous n’avons pas obtenu gain de cause mais je suis confiant sur le fait que nous allons gagner cette bataille, parce que c’est une évidence que le monde a besoin aujourd’hui, comme il avait besoin des Nations unies pour assurer l’établissement de la paix et le respect des relations internationales, le monde a besoin aujourd’hui d’une organisation internationale qui soit chargée de faire respecter les règles et d’assurer que les programmes que les nations mettent en œuvre pour le développement durable concourent bien à lutter contre les changements climatiques.

Voilà, Mesdames et Messieurs, mes chers amis, je pense que l’avenir du Proche-Orient passera par la Jordanie parce que la Jordanie est dans la région un carrefour, un pôle de développement, un centre de stabilité. Et en témoignant ici des talents et des valeurs de la France, vous contribuez grandement au développement d’une relation stratégique, d’une relation déjà forte, mais d’une relation qui est je crois encore promise à un plus bel avenir.

Alors je voudrais du fond du cœur vous remercier et dire avec vous : vive la République et vive la France !

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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