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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 11:36

 


 

François FILLON a prononcé un discours à l’occasion de la XIXème Conférence des Ambassadeurs le Jeudi 1er septembre 2011 à 9h15 au Centre de Conférences Ministériel.

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Ministre d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, 
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs.

Je voudrais d’abord vous dire le regret que j’ai de ne pas pouvoir vous accueillir pour la cinquième fois dans le parc de Matignon, comme c’est la tradition. Ceci est dû notamment à l’évènement très important qui va réunir cet après midi à l’Elysée tous ceux qui vont participer à la renaissance, à la reconstruction de la Libye. Sans doute aussi un peu aux inquiétudes de mes collaborateurs  sur la météorologie. C’est sans doute un des résultats du réchauffement climatique qui fait qu’au mois d’août on ne peut plus se réunir dans le jardin de Matignon.
En tout cas l’année qui vient de s’écouler a été rythmée par des évènements de portée historique au plan international.  Sous l’autorité d’Alain JUPPE, soutenu par Henri de RAINCOURT, Jean LEONETTI et David DOUILLET, notre diplomatie a été fortement sollicitée, et elle a parfois même  été bousculée par les fulgurances de l’Histoire.
Ces fulgurances rappellent la nécessité de nous prémunir contre les préjugés, les présupposés, bref le prêt-à-penser et le conservatisme qui nous empêchent de saisir les évolutions du monde.
Je veux tirer trois enseignements de 2011. D’abord, la puissance de la liberté est plus forte que la peur. Aucun pays, aucun peuple, n’est éternellement condamné à subir le joug de régimes totalitaires. Côte d’Ivoire, Tunisie, Egypte, Libye, Syrie : les aspirations à la démocratie, au respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit sont universelles.
Le réalisme politique fait partie de l’action diplomatique parce que les relations d’Etat à Etat ont leur logique. Mais le souffle de ces valeurs universelles ne doit plus être sous-estimé. C’est l’honneur de la France que d’avoir pesé sur le cours des évènements en Côte d’Ivoire et en Libye.
Le deuxième enseignement concerne la régulation de la mondialisation.  La crise a eu le mérite d’accélérer la prise en charge de la globalisation par les responsables politiques. Entre le culte de la mondialisation heureuse et le repli illusoire et suicidaire du protectionnisme, nous sommes progressivement en train de fixer les règles d’un monde interdépendant.   Le temps nous est compté parce que les peuples ont le sentiment que la mondialisation est plus une menace qu’une chance.
A Cannes, nous souhaitons que le G20 achève les chantiers déjà engagés pour s'attaquer aux racines de la crise économique et financière.  Au-delà de la réforme de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, il faut poursuivre les réformes en matière de régulation financière et poser les bases d'un Système monétaire international qui soit plus stable et plus robuste.
Sous notre impulsion, le G20 et le G8 ont su innover en traitant d’enjeux  qui n’avaient jamais été abordés dans ce format. La régulation d’internet, la lutte contre le trafic de drogue, la promotion des normes de sûreté nucléaire plus exigeantes, l’appui aux transitions arabes ; Et dans le cadre du G20, une plus forte prise en compte des normes sociales et un meilleur encadrement des marchés agricoles.
Je veux d’ailleurs faire remarquer que si certaines des recommandations du plan d’action approuvé par les Ministres de l’agriculture du G20, à Paris à la fin du mois de juin, avaient pu être adoptées plus tôt, et notamment la constitution de réserves humanitaires d’urgence, la communauté internationale aurait été mieux armée pour faire face à la crise alimentaire que connaît aujourd’hui la Corne de l’Afrique.
Enfin le troisième enseignement concerne le rôle des Nations Unies. Souvent décriées, elles ont fait preuve de réactivité et se sont réaffirmées comme l’outil incontournable de l’action collective de la communauté internationale. En mettant en œuvre, pour la première fois, le principe de la responsabilité de protéger, en définissant des mandats robustes de maintien de la paix, et en ayant recours sans hésiter à la justice pénale internationale, l’ONU a été à la hauteur des enjeux de 2011.
La France a été souvent à l’initiative, au Conseil de sécurité mais aussi sur le terrain, pour faire appliquer les décisions de la communauté internationale. Je veux à cet égard rendre hommage à l’engagement du ministre d’Etat Alain JUPPE.
En allant cette année à la rencontre de nos soldats, j’ai vu partout le même engagement et j’ai ressenti la même fierté : sur le Charles de GAULLE à Djeddah, après sa mission au large de l’Afghanistan, en Côte d’Ivoire auprès des soldats de l’opération Licorne, ou encore sur nos bases au Gabon ou aux Emirats Arabes Unis. Et je veux avoir une pensée particulière pour le contingent français de la FINUL au Liban, victime d’un lâche attentat au mois de juillet, ainsi que pour nos forces en Afghanistan.
Je veux dire que nous tiendrons notre objectif de transférer rapidement aux forces de sécurité afghanes la responsabilité du district de Surobi, puis de la province de Kapisa. Le retrait progressif de nos militaires sera engagé cet automne et il s’achèvera en 2014.
Dans ce monde mouvementé où les cartes de la puissance sont redistribuées, les nations européennes doivent plus que jamais être capables d’unir leurs forces. Jamais l’Union européenne n’a été aussi nécessaire, et pourtant jamais elle n’a été aussi suspectée, critiquée, fragilisée par le scepticisme ambiant. Eh bien il faut résister au populisme anti-européen !
Nous avons fait l’Europe pour la paix. Nous poursuivons l’Europe pour protéger notre mode de vie, pour protéger notre prospérité, et plus fondamentalement encore, pour ne pas sortir de l’Histoire.
Plus de la moitié de la croissance économique mondiale, les deux tiers des réserves monétaires et un tiers de la production totale des richesses ne sont plus en Occident, mais dans le monde émergent ou en développement. Selon des projections récentes, la Chine pourrait dépasser les États-Unis en termes de PIB en 2025. Elle ne ferait d’ailleurs que retrouver la place  qui était la sienne avant le XIXème siècle, et l'Inde dépasser le Japon en 2030. Toutes ces données commandent de renforcer et de moderniser l’héritage européen.
Les turbulences financières du mois d’août ont rappelé combien notre solidarité était vitale. La crise financière mondiale de 2008 est venue frapper une Europe encore mal intégrée sur le plan financier. Et depuis trois ans, il a fallu innover et il a fallu construire dans l’urgence.
Alors on peut toujours émettre des réserves sur les difficultés des Européens à se mettre d’accord. On peut toujours pointer ici ou là les retards, les difficultés. On peut aussi voir que face à ces crises l’Europe, parfois dans la douleur, mais à chaque fois, a su trouver les solutions permettant d’éviter  la catastrophe qui se profilait. Les progrès ont été importants : désormais, le sommet de la zone euro se réunit autant que nécessaire pour prendre des décisions, et la rencontre de l’Elysée le 16 août dernier a proposé de renforcer encore son rôle. En réalité, nous sommes en marche vers la mise en place d’un gouvernement économique de la zone euro, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, qui devra se doter d’un secrétariat permanent.
Nous avons maintenant des agences européennes de supervision pour les banques, pour les marchés financiers et pour les assurances. Nous avons un comité européen du risque systémique financier, présidé par la Banque centrale européenne.  Et nous avons créé, pour protéger la zone euro, un Fonds européen de stabilité financière doté d’une capacité d’aide de 440 milliards d’euros, à qui l’on vient de reconnaître la capacité d’agir à titre préventif, d’acheter des emprunts d’Etat sur le marché secondaire et même de participer à la recapitalisation d’établissements financiers.
Nous avons décidé de rendre ce Fonds permanent, en créant à partir de 2013 le Mécanisme européen de stabilité.  Il faut qu’avant la fin du mois de septembre, tous les pays de la zone euro aient adopté les mesures de réforme de ce Fonds, comme la France et l’Allemagne s’y sont engagées le 16 août dernier. Tous ces progrès n’ont été possibles que grâce à un retour aux bases de la construction européenne, la prise de conscience de nos intérêts communs face à l’adversité, la création de structures communes, et bien sûr, l’impulsion décisive franco-allemande.
Quand tout semblait compromis, c’est une fois de plus l’entente entre nos deux nations qui a permis à l’Europe d’avancer.  Et avancer, c’est aujourd’hui œuvrer pour une plus grande intégration budgétaire et fiscale au sein de la zone euro.
Le retour à des finances publiques saines est désormais la priorité pour tous les pays en Europe. Les déséquilibres macroéconomiques seront désormais collectivement surveillés par des instruments de surveillance des budgets nationaux qui sont en train d’être sensiblement renforcés. L’adoption par tous de ce qu’on appelle « la règle d’or», telle que proposée par la France et l’Allemagne, viendra crédibiliser l’ensemble de l’édifice. Notre pays doit montrer l’exemple, et, pour cela, je souhaite que l’opposition trouve le courage de dire qu’elle est prête à soutenir cette règle qui n’est ni partisane, ni exclusivement hexagonale.
En matière de fiscalité, les propositions de la Commission pour une assiette commune consolidée de l’impôt sur les sociétés doivent rapidement aboutir.  Et de leur côté, la France et l’Allemagne s’apprêtent à franchir une étape historique en matière d’intégration fiscale européenne en proposant de mettre en place un impôt sur les sociétés commun aux deux pays à compter de 2013.
A côté de la discipline budgétaire, nous devons créer les conditions du retour à une croissance durable.  L’Europe doit favoriser la recherche, l’innovation, la formation et l’enseignement supérieur, conformément d’ailleurs aux objectifs du Pacte «euro plus».
Ca signifie que les investissements doivent être dirigés vers l’économie numérique, les énergies décarbonées, l’électromobilité, l’aéronautique, le spatial, les biosciences, les nanotechnologies.
Il ne s’agit pas pour l’Europe, dans cette période où elle doit réduire ses déficits, de dépenser plus, mais de se concentrer sur les secteurs d’avenir, en associant au maximum les capitaux privés, en diminuant le coût administratif des programmes européens de recherche, et en mettant en œuvre notamment les idées françaises concernant un fonds européen de capital risque et un fonds européen de brevets. Au-delà des fonds européens, l’ensemble des politiques européennes doit viser la croissance économique.
Je note qu’il y a déjà des progrès visibles, la politique commerciale cherche  désormais à intégrer le concept de réciprocité, en particulier pour les marchés publics ; la législation européenne s’efforce désormais de développer ces facteurs de croissance que sont le commerce électronique et la création d’entreprises numériques ;  et enfin, la politique de concurrence elle-même semble mieux prendre en compte la réalité du contexte international et la nécessité de développer les secteurs d’avenir.
Si la priorité européenne est clairement aujourd’hui économique et financière, l’Europe doit aussi continuer de se renforcer en matière de sécurité. L’efficacité de Schengen doit être améliorée. Les décisions prises par le Conseil européen de juin vont dans ce sens et elles doivent être appliquées de façon rigoureuse. Ces décisions prévoient une évaluation plus crédible des mesures prises par les Etats en matière de sécurité aux frontières, des moyens européens accrus pour aider les Etats confrontés à des difficultés de gestion de leurs frontières, ainsi qu’une clause de sauvegarde à actionner en cas de défaillance manifeste d’un Etat vis-à-vis de ses obligations dans le cadre de Schengen.
Nous devons poursuivre dans cette voie. Il est très important  pour l’avenir de l’Europe de ne pas laisser accréditer l’idée que l’Europe serait laxiste, sous peine de fragiliser le principe même de la liberté de circulation.
Enfin, je veux vous dire un mot sur l’Europe de la politique étrangère et de la défense. Il est trop tôt pour juger de l’efficacité des nouvelles structures, en particulier le Haut Représentant – Vice-président de la Commission et le Service européen d’action extérieure,  instituées par le Traité de Lisbonne.
Mais pour trouver sa légitimité, cette nouvelle mécanique doit rapidement apporter aux Etats européens des analyses nouvelles et pertinentes, des options justifiant une action en commun, bref une vraie plus-value européenne.
En Libye, c’est surtout l’action franco-britannique qui a été le fer de lance de l’action européenne et même de l’action internationale.   D’ailleurs depuis le Sommet de novembre 2010, la coopération entre Paris et Londres est à l’avant-garde des évolutions en matière de défense européenne. On sait que nos deux pays totalisent à eux seuls la moitié du budget européen de la défense et les deux tiers des dépenses de recherche militaire. Si cette coopération franco-britannique est absolument nécessaire, elle ne peut pas suffire à l’Europe toute entière. Et c’est la raison pour laquelle la France soutient les efforts de la Présidence polonaise pour relancer la politique européenne de défense, sans dogmatisme et sans exclure personne.
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, le nouveau monde qui se dessine sera implacable pour les nations faibles et insouciantes. Depuis 2007, nous avons choisi de réformer notre pays en tenant un discours de vérité. Vérité sur la croissance qui ne va pas sans compétitivité accrue et donc sans réforme. Vérité sur la solidarité qui ne va pas sans efforts partagés.  Vérité enfin sur nos déficits publics.  Quand on a plus de 1.500 milliards de dette, quand on n’a jamais connu l’équilibre budgétaire depuis plus de trente cinq ans, quand chaque année, on doit verser 45 milliards d’euros d’intérêts, il est dérisoire de s’en prendre aux agences de notation parce que c’est la souveraineté nationale  en réalité qui est mise en cause.
Nous avons défini une trajectoire de finances publiques intangible, qui prévoit le retour à un déficit de 5,7% cette année,  de 4,5% en 2012,  de 3 % en 2013, et de  2 % en 2014.  Pour la première fois en 2010, les dépenses d’assurance-maladie sont strictement restées dans les limites fixées en début d’année. La réforme des retraites a largement contribué à  consolider nos comptes sociaux sur le long terme. Depuis 2008, nous avons réduit le nombre de fonctionnaires, nous avons rationalisé nos structures publiques, nous avons strictement gelé les dépenses de l’Etat et les dotations aux collectivités locales.
Cette discipline permet aujourd’hui à notre pays de conserver l’une des meilleures signatures financière. Et je veux dire que cette signature financière c’est un atout pour notre indépendance que je ne suis pas prêt à sacrifier. Des efforts supplémentaires sont nécessaires. Le ralentissement de l’économie américaine et la crise des dettes souveraines nous ont obligés à revoir nos perspectives de croissance et à prévoir 11 milliards d’euros d’économies supplémentaires.  Cet effort doit être équitablement réparti et intelligemment ciblé afin de ne pas étouffer les moteurs de la reprise économique.
Malgré le contrecoup de la crise, nous cherchons sans cesse, avec le Président de la République, à redonner du souffle à notre économie et de l’élan à notre compétitivité. Comme aucun gouvernement par le passé, nous avons  investi sur la recherche, sur l’université,  sur l’innovation, sur la technologie, ou encore sur la croissance verte. 14 milliards d’euros supplémentaires ont été dégagés pour l’enseignement supérieur, pour la recherche et pour la modernisation de nos campus.  Les 35 milliards d’euros des investissements d’avenir soutiennent déjà 300 projets et 1700 entreprises ;  avec l’autonomie des universités, avec les investissements d’avenir ; avec l’instauration du service minimum qui a changé profondément le climat social dans notre pays ; avec la réforme de la représentativité syndicale qui donne lieu, notamment depuis dix huit mois, à un dialogue social extrêmement fécond, puisque même si ça n’est pas un détail que les commentateurs soulignent  volontiers, il n’y a jamais eu autant d’accords signés entre les partenaires sociaux que depuis les deux dernières années ; avec la réforme de la taxe professionnelle ; la défiscalisation des heures supplémentaires, nous avons, au fil de ces quatre ans, cherché à remettre la société française en mouvement.
Alors bien sûr, aucune de ces réformes n’a été facile.  Mais j’ai une conviction, c’est que leur légitimité va s’imposer, parce que les Français sentent  bien que la nouvelle donne mondiale sera sans complaisance pour les nations qui choisissent la facilité.
Pour faire connaître cette France qui se transforme, cette France qui innove, nous avons besoin de vous.  Certes, les entreprises étrangères implantées en France contribuent déjà à hauteur de 40% aux exportations françaises et réalisent plus de 20% de la recherche et du développement dans notre pays. Mais l’attractivité de notre territoire n’est jamais acquise ! Nous avons fait un progrès considérable avec le crédit impôt-recherche, nous avons  rendu l’implantation des centres industriels et de recherche en France plus intéressante et nous en avons déjà touché les bénéfices, mais il y a des préjugés qui sont souvent  tenaces. Avec l’appui de l’Agence française pour les investissements internationaux, vous devez rester mobilisés pour relayer auprès des décideurs économiques le message d’une France qui a changé.
Vous devez aussi continuer à soutenir  notre effort d’exportation. Les exportations françaises ont beau avoir connu un rebond en 2010, les chiffres de notre commerce extérieur sont médiocres. Nos exportations ne représentent plus que 40 % de celles de l’Allemagne alors qu’elles en représentaient  55% en 1999. Sur la même période, notre part dans le total des exportations de la zone euro a reculé de plus de 4 points pendant que celle de l’Allemagne en gagnait 2,5.
Nous devons aider nos entreprises à réagir. L’essentiel de l’effort porte sur les réformes permettant d’améliorer la compétitivité  de l’économie française, mais nous avons aussi, et vous avez aussi un rôle à jouer. D’abord pour  renforcer le soutien aux grands contrats.  Ces grands contrats ont atteint  21 milliards d’euros en 2010, c’est un accroissement de 38% par rapport à 2009.  Mais c’est une progression qui ne doit pas faire oublier la compétition sévère à laquelle nos entreprises doivent faire face.  Partout, les appels d’offre remplacent le gré à gré et une nouvelle catégorie de concurrents, issus des pays émergents, est apparue. Ce sont des concurrents qui combinent une maîtrise technologique croissante, des prix de revient extrêmement avantageux et des offres de financement très généreuses.
L’Etat va encore renforcer ses moyens pour accompagner les entreprises dans la bataille des grands contrats, avec des mécanismes de financement innovants à l’export et avec l’assouplissement de l’assurance-crédit pour nous aligner, quand il le faut, sur les offres des autres pays.
Mais le rôle des ambassades restera indispensable en particulier pour nous informer sur l'offre des concurrents et sur les véritables attentes des  clients.  Il faudra aussi continuer à soutenir les PME et les Entreprises de Taille Intermédiaire à l’international. Nous avons donné à UBIFRANCE  les moyens d’être présent dans 46 pays qui représentent  90 % de nos exportations. Et en février dernier  j’ai présenté avec Pierre LELLOUCHE un plan d’action pour l’export qui crée une chaîne cohérente pour l’accompagnement des PME, allant de chaque région française aux missions UBIFRANCE à l’étranger, et qui regroupe dans un catalogue unique les offres de financements d’ UBIFRANCE, d’ OSEO et de la COFACE.
Je compte sur vous, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, pour être les promoteurs incessants d’une France qui continue de se réformer, d’une France sérieuse, d’une France qui tient ses engagements, d’une France qui réduit ses déficits sans ligoter sa croissance, d’une France qui entend donner à l’Europe la puissance qui lui fait parfois défaut, d’une France qui ne craint pas la mondialisation mais qui est bien décidée à mieux l’organiser.
Ce sera d’ailleurs le sens des visites que je compte effectuer d’ici la fin de l’année, en Corée, au Brésil et en Inde.
Au cours des dernières années, monsieur le Ministre d’Etat, le Quai d’Orsay s’est modernisé en s’engageant dans la Révision générale des politiques publiques. Des efforts considérables ont été consentis, mais votre ministère a consolidé son rôle pilote dans la conduite de la politique extérieure de la France.  Il a renforcé ses capacités d’analyse et de gestion des crises, et je veux à cet égard saluer l’action menée ces derniers mois par le Centre de crise, en lien avec nos ambassades.
Il s’est doté d’outils au service de notre diplomatie d’influence.  Je pense au lancement de l’Institut français présidé par Xavier DARCOS ou à la prochaine mise en place du nouvel opérateur Campus France pour favoriser la mobilité étudiante vers la France.
Je sais que certains d’entre vous ont exprimé des inquiétudes concernant leurs moyens d’action.  Comme tous les autres, votre ministère doit participer à l’effort de réduction de nos déficits publics. Et pas plus qu’Alain JUPPE, je ne dispose d’une baguette magique budgétaire.
Pour autant, s’agissant des réductions d’effectifs qui vous sont demandées entre 2011 et 2013, j’ai veillé à prendre en compte le poids des efforts déjà menés dans le passé et à préserver le cœur du réseau diplomatique et consulaire.  Les crédits pour notre réseau scolaire et éducatif à l’étranger seront consolidés en 2012. De même que ceux dédiés à la venue en France d’étudiants et de jeunes chercheurs étrangers, et ceux qui concernent notre aide au développement. Quant aux financements affectés à la sécurité de nos personnels et de nos implantations, ils seront, une fois encore, augmentés.
Enfin, après un long travail interministériel coordonné par le Quai d’Orsay à ma demande, la réforme des indemnités de résidence à l’étranger entre en vigueur. C’est une réforme qui, permettra d’instaurer plus d’équité et plus de cohérence dans la rémunération des 15.000 agents expatriés de l’Etat.
Les événements de ces derniers mois ont rappelé combien votre tâche est décisive. Les conditions dans lesquelles vous accomplissez votre mission sont parfois très difficiles, y compris pour vos familles. C’est la raison pour laquelle je veux les associer, ainsi que tous vos collaborateurs, aux remerciements que je veux vous adresser aujourd’hui.
Récemment, certains se sont interrogés sur le fait de savoir si la France avait encore les moyens de sa politique étrangère et de défense. Eh bien vous avez la réponse. Oui, elle conserve les moyens de parler, elle conserve les moyens d’agir sur le monde, et surtout elle en conserve la volonté. Telle est mesdames et messieurs les Ambassadeurs la France, la France fière et ardente que vous servez, et dont nous défendons les intérêts et les valeurs.

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

drye 04/09/2011 17:39



Je vous approuve entièrement sur les dernières dispositions concernant notre déficit,


et notamment sur l'augmentation de la TVA sur les Parks à Thèmes, par contre  la barre de l'imposition supplémentaire sur les hauts revenus me parait nettement trop élevée, le seuil de
300.000 euros me semble de beaucoup préférable. Il y aurait également beaucoup d'économies à faire sur les "Cures" qui ne profitent qu'aux plus aisés. Ce dernier sujet mériterait un débat
national.


Sincèrement vôtre.
J.M. DRYE


 



thizy 04/09/2011 14:33



MR LE PREMIER MINISTRE


j ai lu avec interet  , continuez  !!!!!!!!!!!


LES exportations sont vitales  pour la FRANCE!!!!!!!!!!!!!!!!


CORDIALEMENT



Baron 04/09/2011 13:02



Merci Monsieur le Premier ministre pour votre excellent discours de clôture dans lequel j'ai reconnu toutes mes valeurs républicaines.


Avec tout mes encouragements pour la campagne qui sera rude. Merci encore.


Une simple citoyenne.



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