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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 17:26

François FILLON rappelle que le nucléaire doit rester le cœur de notre production électrique à l'occasion de sa visite de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) le lundi 19 décembre. 2011


Madame la présidente de l’IRSN,
Mesdames et Messieurs,

Avant de répondre aux questions de la presse, je voudrais vous dire quelques mots sur les raisons de ma venue dans ces locaux de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et avec Eric BESSON.
Au mois de mars dernier, l’ensemble des personnels de cet Institut se sont mobilisés avec beaucoup de dévouement et beaucoup d’efficacité à l’occasion de la catastrophe de Fukushima pour fournir heure par heure des éléments sur la situation au Japon à partir des données disponibles.
Des experts ont été dépêchés sur place et je veux dire la gratitude qui est la mienne, au nom du Gouvernement, pour l’engagement de tous les personnels de l’IRSN qui a été exemplaire.

Nous avons compris très vite que cette catastrophe serait longue et, pour reprendre des termes de l’Autorité de sûreté nucléaire, que le retour d’expérience s’étalerait sur l’échelle d’une dizaine d’années.
Pour autant, la France a décidé de réagir vite, parce que nous avons le devoir d’assurer la sécurité maximale de nos installations nucléaires.

C’est un objectif qui n’est pas négociable et c’est une obligation que nous avons vis-à-vis des Français.

Nos concitoyens doivent savoir que nous nous sommes dotés du dispositif de surveillance et d’information sans doute le plus sûr au monde avec la loi de 2006.
Nous nous appuyons sur une autorité indépendante, l’ASN, et sur l’expertise que lui apporte l’IRSN.
Mais nous avons besoin aussi de vigies comme le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire.
Les organismes de relais que sont les Commissions locales d’informations constituent également un élément majeur du fonctionnement de notre démocratie.
Et c’est pour les aider à jouer ce rôle de témoin que le Gouvernement vient de doter ces commissions de subventions accrues puisqu’elles augmenteront en effet de 70% en 2012 dans un contexte que chacun sait contraint.

A l’heure où la question nucléaire est débattue de façon souvent caricaturale, à l’heure où 40 années de recherche et d’efforts industriels sont fragilisées par des négociations électorales sur lesquelles je ne m’étends pas, je veux saluer l’engagement des personnels de notre filière nucléaire, je veux rappeler que leur compétence est reconnue dans le monde entier.

Si le nucléaire n’était plus envisagé comme une énergie d’avenir, nous réduirions notre indépendance énergétique, nous réduirions les savoirs et l’expertise qui est la nôtre, nous affaiblirions aussi nos capacités à faire partager par d’autres pays nucléaires notre niveau d’exigence.

Il a fallu plusieurs décennies pour que l’exploitation française soit portée par des opérateurs internationalement reconnus : le CEA, EDF, Areva.
Et dans un contexte comme celui que nous connaissons après l’accident de Fukushima, le plan stratégique qui a été annoncé la semaine dernière par Areva témoigne du modèle stratégique intégré que le Gouvernement souhaite préserver et souhaite développer.
Ce plan nécessitera une amélioration des coûts opérationnels et il nécessitera aussi des cessions d’actifs hors du cœur de métier d’Areva.

Ce secteur ne pourrait être un tel emblème du savoir-faire français si nous n’avions pas fait le choix d’une politique de sûreté maximale.
La conception par l’IRSN d’un simulateur du réacteur EPR montre combien l’investissement public en faveur de cette sûreté est exigeant, évolutif et permanent.
Le développement simultané de ce dispositif et du chantier mené par EDF à Flamanville pour bâtir le réacteur de troisième génération témoigne de notre volonté d’anticipation, tant sur le plan technologique que sur celui de la sûreté.

Il y a quelques jours, une association a mené une action coordonnée à l’encontre de plusieurs de nos installations nucléaires.
Plusieurs personnes ont pénétré sur des sites nucléaires.
Même si ces tentatives d’intrusion ont été détectées rapidement et même si elles ont pour la plupart été empêchées, l’intégrité des installations nucléaires n’a à aucun moment été mise en péril. Mais nous devons tirer toutes les conséquences de ces actions, au-delà de celles que la justice retiendra pour ces individus qui se sont montrés irresponsables.
Nous avons décidé de lancer une inspection interministérielle de la sécurité de tous les sites, et en particulier un audit de ses dispositifs anti-intrusion.
Dans la foulée de cet audit, nous devrons certainement envisager de durcir les mesures de protection passive : les systèmes d’alarme, les clôtures, la vidéoprotection.
Nous serons sans doute amenés à revoir la directive nationale de sécurité pour l’ensemble des secteurs d’activité d’importance vitale dont le nucléaire et à améliorer la coordination entre les différents intervenants : les opérateurs, la gendarmerie, les forces d’intervention, l’ASN.
Notre vigilance doit être constamment en alerte.
Et pour cela, nous devons nous inscrire dans une logique d’évaluation constante et nous devons savoir remettre en cause nos méthodes et nos procédures.

Vous le savez, juste après Fukushima, j’ai confié à l’ASN un audit de sûreté des centrales nucléaires.
L’ASN doit rendre ses conclusions le mois prochain, et elle prendra les décisions qu’elle jugera nécessaires.
J’ai toute confiance dans cette autorité, dans sa rigueur, dans son indépendance, pour que les décisions prises pour nos installations nucléaires soient des décisions justes.
Quelles qu’elles soient, je veux dire que le Gouvernement les respectera !

J’ai également demandé à la Cour des comptes, en mai dernier, de mener une expertise sur les coûts liés au démantèlement des installations nucléaires, au recyclage des combustibles usés, au stockage des déchets, à la recherche et développement ainsi qu’au contrôle de la sûreté nucléaire.

La Cour rendra son rapport public à la fin du mois prochain, et je ne doute pas que son éclairage sera utile aux débats.

Comme nous venons de le voir ici, toutes les mesures, toutes les techniques et toutes les compétences humaines sont mises en œuvre pour assurer en France une sécurité maximale.

Dans ces conditions, je suis convaincu que le nucléaire doit rester le cœur de notre production électrique.
Le développement actuel des énergies renouvelables ne permet pas une sortie du nucléaire qui passerait par autre chose qu’un recours accru aux énergies fossiles fortement émettrices de CO2 et un recours accru aux importations, comme le dit le rapport publié jeudi de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques – et je le dis ici sous le regard des sénateurs et notamment du sénateur Bruno SIDO.
Une sortie précipitée du nucléaire ne peut pas être financièrement et écologiquement neutre; elle ne peut donc qu’être irresponsable.

Comme nous le faisons depuis le Grenelle de l’Environnement, c’est en favorisant le développement des connaissances et des savoir-faire liés aux énergies renouvelables et c’est en améliorant notre efficacité énergétique que nous pourrons avancer vers une diversification de la production d’électricité française.
Nos objectifs sont d’accroître la part des énergies renouvelables dans notre consommation d’électricité. Mais je dois rappeler que malgré nos efforts en faveur de l’efficacité énergétique, la consommation augmente chaque année !


Le développement du nucléaire est donc d’actualité et la réussite de l’EPR de Flamanville est une nécessité.
C’est un chantier de long terme dans lequel il faut persévérer en dépit des obstacles rencontrés.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les réflexions que m’inspire cette visite. Je voulais une nouvelle rendre hommage à l’IRSN, à ses personnels ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs de cette filière nucléaire qui fait la fierté de notre pays.
Naturellement, si la presse a des questions à poser, je m’efforcerai d’y répondre, à condition naturellement qu’elles soient de ma compétence.


Questions – Réponses

Journaliste : Je voulais vous demander, sur votre proposition sur un audit de sécurité, pensez-vous qu’on va voir les vigiles armés sur les sites EDF ? Et puis, j’avais un deuxième sujet : il paraît que les propos de Madame la ministre de l’Ecologie sur l’avenir de la centrale de Fessenheim ont été mal interprétés la semaine dernière. Pouvez-vous profiter de cette occasion pour préciser la relation entre la décision de l’ASN et les actions éventuellement du Gouvernement par la suite ?

François Fillon : Je vous remercie Madame. Comme je viens de le dire à l’instant, nous respecterons scrupuleusement les décisions qui seront proposées par l’ASN. Si nous nous sommes dotés d’une Autorité de sûreté indépendante, ce n’est pas pour interpréter ses décisions, choisir parmi les propositions qui sont faites celles qui nous conviendraient et celles qui ne nous conviendraient pas. Donc, c’est l’ASN qui travaille, c’est une structure indépendante, elle fera ses propositions et nous nous conformerons strictement aux propositions de l’ASN. C’est exactement ce que Madame KOSCIUSKO-MORIZET a dit il y a quelques jours, voulant par la phrase qu’elle a employée, indiquer que quelles que soient les conséquences, y compris si ces conséquences étaient la fermeture d’une centrale, nous nous y conformerons. Mais c’est une décision qui sera prise au vu des conclusions de l’ASN, et de personne d’autre. Sur le deuxième sujet, on va mener les audits et on mettra en place les systèmes de sécurité nécessaires pour que ces intrusions ne se reproduisent plus.

Journaliste : Première question : êtes-vous favorable à l’instauration d’un service minimum dans les transports aériens et, deuxièmement, Eva JOLY propose la semaine de 32 heures, qu’en pensez-vous ?

François Fillon : Quant à l’affaire du service minimum dans les transports aériens, nous avons vu que le service minimum dans les transports terrestres a parfaitement fonctionné. Il y a une réflexion qui est engagée. Il y a notamment un texte législatif qui pourrait être examiné par le Parlement, au moins pour qu’il y ait une visibilité pour les opérateurs et pour les passagers. On y travaille.

Journaliste : Vous avez employé deux fois le terme « sécurité maximale ». Comment vous définissez cette chose ?

François Fillon : C’est ce que j’avais indiqué après l’accident de Fukushima. Les tests de résistance que nous avons demandés à nos experts consistent à imaginer les pires situations dans lesquelles nos installations nucléaires, et je dis bien « nos installations nucléaires, toutes nos installations nucléaires » pourraient se trouver, y compris des situations qui ne sont absolument pas crédibles, compte tenu de l’environnement de notre pays et de la géographie, du climat, etc. Autrement dit, nous testons nos installations nucléaires dans une situation extrême, comparable notamment à celle qu’a connue la centrale de Fukushima, ce qui va évidemment, comme on l’a vu dans la présentation tout à l’heure du logiciel de simulation, amener à réaliser des investissements importants de sécurité qui sans doute ne serviront jamais, mais dont l’objectif est de nous placer à ce niveau maximal de sécurité.

Journaliste : La semaine dernière, un rapport parlementaire envisageait une sortie du nucléaire à l’horizon 2100, en passant par une transition qui comptait sur les EPR et la 4ème génération. Qu’est-ce que vous pensez du rapport de l’OPECST.

François Fillon : Ecoutez, moi je ne me place pas dans une perspective de sortie du nucléaire. Au fond, les choses sont très simples : ou bien le nucléaire est dangereux et il faut en sortir tout de suite, ou bien nous considérons que nous avons l’expertise nécessaire pour maîtriser cette technologie et alors elle fait partie d’un mix énergétique qui a vocation à durer longtemps. Et c’est bien dans cette perspective-là que nous nous plaçons. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne comprends pas les projets politiques qui consistent à vouloir réduire de 20, de 30 ou de 40 ou de 50 % le nucléaire, en mettant en avant des risques potentiels de cette filière. Encore une fois ou ces risques sont sérieux et, à ce moment-là il faut en tirer les conséquences et sortir tout de suite du nucléaire, en tout cas le plus vite possible, ou ils ne le sont pas. Nous, nous considérons qu’ils ne le sont pas, que nous avons les capacités technologiques pour maîtriser ces risques et nous nous plaçons donc dans une perspective d’utilisation du nucléaire sur le long terme.

Journaliste : Une question sur les propos que vous avez tenus, vous et monsieur NOYER, sur le Royaume-Uni. Est-ce que vous craignez que ces propos pourraient éventuellement nuire aux négociations entre EDF et le Royaume-Uni sur la vente de certains produits nucléaires en Angleterre ?

François Fillon : Vous avez trouvé un habile lien avec le nucléaire, je vous en félicite, mais j’ai eu l’occasion de m’expliquer avec Nick CLEGG il y a 48 heures sur ces propos. Ce sont des propos qui ne visaient en rien la Grande-Bretagne et la qualité de la gestion financière du gouvernement britannique. J’ai simplement voulu une nouvelle fois faire remarquer que la manière dont les agences de notation, dont les marchés, jugent la situation des pays de la zone euro tient plus à la question de la gouvernance de la zone euro, à la difficulté que la zone euro a de réagir à la crise qu’elle rencontre, en raison de son organisation politique qu’au niveau des déficits et au niveau de l’endettement, puisque si seul le niveau du déficit ou le niveau de l’endettement était en cause, alors d’autres pays qui ont des déficits plus importants que nous seraient aujourd’hui menacés. C’était le seul point que j’ai voulu soulever. Je crois que ce différend a été parfaitement aplani. Avec les autorités britanniques. Il n’est pas question de déclencher de réactions en chaîne dans notre relation avec ce pays que par ailleurs, comme chacun le sait, j’aime beaucoup.
Voilà, merci beaucoup.

lien vers la vidéo de François Fillon

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

Alex 30/04/2012 12:23


Très bel article. C'est grâce à des gens comme notre premier ministre que nous en sommes là aujourd'hui. Je rejoins sa position. Il ne faut pas sortir totalement du nucléaire mais réguler au
mieux son utilisation..

JM 27/12/2011 19:09


Question et réponse : en fait grace aux satelittes d'observation nous aurions le temps comprendre qu'il serait impératif de mettre les circuits hors d'atteinte ;)


ouf...


 

JM 26/12/2011 17:04


eh oui toujours aussi tétu le JM a ma question bete en lien avec un autre de vos articles... ce scenario http://www.atlasinfo.fr/Le-soleil-menace-de-paralyser-notre-planete_a24060.html est il envisagé ?
surtout a propos des centrales... il serait "ballot" de ne pas pouvoir remonter les barres de matières radoactives parce le circuit de courant auxiliaire des moteurs (les moteurs eux-memes)serait
HS ... ?


vous n'avez pas résisté au bon mot... :"pas question de déclencher de réactions en chaîne dans notre relation avec avec ce pays..."



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