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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 18:21

Déclaration de François Fillon, Premier ministre, à l'occasion du séminaire intergouvernemental franco-russe le vendredi 27 novembre 09 à Rambouillet.

Je voudrais redire combien je suis heureux au nom du Gouvernement français d'accueillir à Rambouillet le Premier ministre Vladimir Poutine et une importante délégation représentant le gouvernement russe et beaucoup d'entreprises russes pour ce qui est la 14e session du Séminaire gouvernemental franco-russe.

 

C'est évidemment un moment très important de notre relation bilatérale et nous avons pu mesurer, tout au long des échanges que nous avons eus ce matin, combien les progrès dans la coopération économique entre la France et la Russie étaient réels. Beaucoup des sujets sur lesquels nous nous interrogions à Sotchi l'année dernière ont fait l'objet, à l'instant même d'ailleurs, de signatures d'accords qui consacrent la place très importante que tient désormais la France dans l'économie russe, puisque nous sommes désormais devant les Etats-Unis s'agissant des investissements réalisés en Russie.

 

Les consultations que nous avons eues ce jour se situent également dans un contexte exceptionnel puisque nous allons, l'année prochaine, démarrer une séquence très intense des contacts entre la France et la Russie avec "l'Année de la Russie en France et de la France en Russie". Nous serons d'ailleurs à cette occasion très heureux d'accueillir le président Medvedev, qui vient en visite d'Etat au mois de mars. Le Premier ministre Vladimir Poutine lui-même, reviendra à Paris au mois de mai pour l'inauguration de l'Exposition nationale russe au Grand Palais, et le président de la République française Nicolas Sarkozy se rendra en lui-même en Russie dans cette période.

 

La France est enfin l'invitée d'honneur du Forum économique de Saint-Pétersbourg en juin prochain. Nous aurons donc en 2010 une série très spectaculaire de manifestations qui auront un retentissement populaire dans le domaine de la culture, de la science, de l'éducation, et s'agissant des échanges entre les sociétés civiles et les économies.

 

 

Nous avons ce matin discuté d'abord de l'importance de bâtir un espace économique et humain qui soit commun à l'Union européenne et à la Russie. Notre objectif, c'est de construire, à terme, avec la Russie, un espace fondé sur la liberté complète de circulation des hommes, des biens et des capitaux, et des services. Et de ce point de vue, une adhésion rapide de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce et la conclusion avec l'Union européenne d'un nouvel accord de partenariat renforcé, sont évidemment des étapes indispensables et nécessaires pour réaliser une aussi grande ambition. Je me réjouis d'ailleurs dans ce contexte de la signature à l'instant même d'un accord sur les migrations professionnelles qui doit favoriser une plus grande liberté de circulation des travailleurs entre la France et la Russie.

 

Nous avons également abordé les défis globaux que la France et la Russie doivent affronter ensemble. Je pense d'abord à la question du changement climatique. Nous sommes à quelques jours de la conférence de Copenhague et les échanges très denses que nous avons eus de matin sur ce sujet nous ont permis de constater que la France et la Russie avaient des positions extrêmement proches sur la manière dont la conférence de Copenhague doit se dérouler, et surtout sur l'accord auquel nous devons aboutir.

Ces positions sont proches, s'agissant des principes, s'agissant de la méthode que nous voulons employer pour arriver à un accord à Copenhague. Mais elles se traduisent aussi par des actes très concrets puisque, comme vous venez de le constater, nous avons ce matin assisté à la signature d'un accord entre une entreprise russe et une entreprise française, en l'occurrence BNP-Paribas, pour l'application du protocole de Kyoto. C'est un signal très positif de notre engagement commun de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

La discussion de ce matin a également montré à quel point la relation bilatérale entre la France et la Russie était extrêmement riche et continuait de se diversifier. Je disais à l'instant à Vladimir Poutine que à chaque séminaire franco-russe, je souhaite que la séance de signature d'accords soit de plus en plus longue, parce qu'elle est la traduction des partenariats que nous mettons en place. Je veux en citer quelques-uns :

 

- S'agissant de l'amélioration de l'efficacité énergétique, sur lequel nous savons qu'il y a beaucoup de progrès à faire en Russie, il y a les projets de Dalkia.

 

- Pour la diversification de nos sources et de nos voies d'approvisionnement dans le domaine du gaz, ce qui d'ailleurs va contribuer à renforcer la sécurité énergétique de l'Union européenne, je veux évoquer l'entrée d'EDF dans le projet de gazoduc South Stream. Et la perspective d'entrée à laquelle nous travaillons de GDF-Suez dans le consortium North Stream.

 

- Sur le développement des infrastructures, le projet d'autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg qui vient de faire l'objet d'une signature avec le groupe Vinci.

 

- Ou encore dans la promotion de nos partenariats industriels et technologiques, avec Safran et Thalès, ou dans le domaine de l'innovation thérapeutique avec Sanofi.

 

 

Je veux ajouter, monsieur le Premier ministre, que ce matin même, la France et la Russie ont permis, par leur proximité, par le travail en commun que nous avons accompli, en particulier depuis deux ans, nous avons permis l'adoption par le conseil des gouverneurs de l'AIEA d'une très importante résolution sur l'Iran. Nous avons porté ensemble, avec nos partenaires, ce projet de résolution et son adoption à une très large majorité illustre à la fois, la grande préoccupation de la communauté internationale sur la crise nucléaire iranienne, mais en même temps les progrès que nous pouvons enregistrer lorsque, justement, la France et la Russie conjuguent leurs efforts pour la résolution des grandes crises internationales.

 

Voilà, c'est un séminaire gouvernemental franco-russe qui est extrêmement positif, qui nous a permis de montrer que le projet que le président de la République française a lancé, d'un grand espace économique et humain entre l'Union européenne et la Russie, n'est pas une utopie, c'est un objectif que nous pouvons atteindre, et dans lequel, naturellement, la France va jouer un rôle moteur, comme l'y autorise la qualité et l'ancienneté de ses relations avec la Russie.

 

 


Conférence de presse conjointe de François Fillon et Vladimir Poutine à l'occasion du séminaire intergouvernemental franco-russe le vendredi 27 novembre 09 à Rambouillet.

Question de Christian Chesnot : Monsieur le Premier ministre, la France a signé un projet d’accord. La vente d'un navire de type Mistral à la Russie. La Géorgie est extrêmement inquiète de ce développement, elle craint que ce navire ne soit utilisé contre elle. Monsieur Fillon, est-ce que vous avez reçu des garanties ou des assurances russes, que ce ne sera pas le cas ? Et monsieur le Premier ministre Poutine, est-ce que vous avez discuté de ce dossier avec le président Sarkozy, hier au téléphone, et est-ce que vous n'êtes pas un peu déçu, vous qui aimez les tête-à-tête d'homme à homme, de ne pas été reçu par le président Sarkozy ? Merci.

 

François Fillon : Je vais d'abord répondre en indiquant que s'agissant des tête-à-tête d'homme à homme, nous en avons eu un hier soir, si je peux me permettre, monsieur Chesnot. Le président Sarkozy était tout à fait désolé de ne pas pouvoir être présent, et il s'en est ouvert à Vladimir Poutine au téléphone mercredi. Chacun comprend bien que l'imminence de la négociation de Copenhague nécessite, compte tenu du rôle que la France a décidé dans cette négociation, un déploiement de l'ensemble des autorités françaises et en particulier, le voyage du président de la République à Manaus, et ensuite pour le sommet du Commonwealth. La vérité c'est que convaincre Vladimir Poutine et le gouvernement russe de défendre avec nous les mêmes positions à Copenhague, ça n'a pas été difficile, et c'est donc sur d'autres terrains que le président de la République est en ce moment lui-même en train de batailler. S'agissant de la vente d'un bâtiment de type Mistral, c'est-à-dire d'un navire logistique à la Russie, je vous confirme que nous examinons actuellement une demande officielle du Gouvernement russe visant l'achat d'un de ces types de bâtiment. Je veux dire que nous avons engagé avec la Russie une coopération complète. On ne peut pas à la fois dire que l'on veut un espace économique et humain entre la Russie et l'Union européenne, on ne peut pas dire que l'on veut une négociation sur la sécurité en Europe, que nous avons décidée ensemble d'engager, notamment dans le cadre de l'OSCE, et en même temps, avoir des réflexes qui n'ont plus rien à voir avec la réalité de la situation. Donc, en respectant parfaitement la Géorgie, dont je voudrais rappeler d'ailleurs que la France et le président de la République française ont joué un rôle particulier dans la résolution de cette crise, la France est ouverte à cette coopération avec la Russie, y compris dans le domaine de la défense.

 

*********

 

Question de la presse française, AFP : Messieurs les Premier ministre, vous avez beaucoup évoqué la question du commerce et de l'économie, une autre question se pose, celle des droits de l'homme. Il y a en Russie monsieur Poutine, un avocat qui est mort récemment en prison, une défenseure des droits de l'homme qui a été enlevée et assassinée. Est-ce que ce sont des actes qui vous choquent ? Ça choque en Europe, ça nuit à l'image de la Russie. Est-ce que ça vous choque ? Est-ce que vous avez l'intention de lutter contre ces évènements ? Et monsieur François Fillon, monsieur Khodorkovski vous a appelé à ne pas négliger cette question en disant que ce n'était pas un problème périphérique. Est-ce que vous l'avez évoquée avec votre homologue aujourd'hui ?

 

François Fillon : Je voudrais ajouter pour répondre à la question qui est posée que la France est très attentive à la question des droits de l'homme, partout dans le monde. Et je veux dire que nous mesurons aussi le chemin qui a été parcouru par la Russie depuis vingt ans. La Russie est aujourd'hui une démocratie et j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, à la fois le discours du président Medvedev du 12 novembre et le discours de monsieur du 21 novembre, qui tous les deux, indiquent leur volonté d'accélérer la diversification de l'économie, de renforcer l'Etat de droit, de renforcer la sécurité juridique et le respect des libertés publiques et économiques. Et justement, le choix que nous avons fait, le choix de la France, qui est d'ailleurs le choix de l'ensemble des pays de l'Union européenne, c'est d'accompagner la Russie, c'est d'être au côté de la Russie, c'est de multiplier les accords, les échanges, les accords économiques, les échanges humains pour arriver à cette harmonisation à laquelle nous aspirons tous sur l'ensemble du territoire de la Russie et de l'Europe, qui permettrait cette libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes, c'est-à-dire constituer un grand ensemble qui serait à la fois un lieu de liberté et qui serait ne même temps un instrument extrêmement puissant pour infléchir le cours d'une mondialisation qui n'est pas toujours respectueuse, non plus, des droits de l'homme. Voilà la politique qui est celle de la France, voilà la politique que nous continuerons à conduire. Et je me réjouis, de ce point de vue, de l'ensemble des évènements qui vont se produire en 2010, entre la France et la Russie, parce que ce sera une bonne occasion de multiplier ces échanges et des permettre aux citoyens russes, comme aux citoyens français d'avoir un autre regard sur le pays partenaire.

 

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Question de la part des médias russes, Interfax : Est-ce que vous avez abordé les questions liées à la situation dans l'économie mondiale, à la lumière des dernières nouvelles en provenance de Dubaï ? Et quel est votre commentaire concernant les pronostics de certains experts, qu'il s'agit de la deuxième vague de la crise ?

 

François Fillon : Il ne s'agit pas d'une deuxième vague, il s'agit d'une conséquence de la crise, de celle que nous venons de connaître, et qui n'est pas terminée. Nous le savons bien, même si beaucoup d'indicateurs montrent qu'une stabilisation de la situation, puis une relance de l'économie mondiale sont désormais des phénomènes que l'on constate. Je pense que nous devons faire très attention à maintenir nos efforts de relance pour ne pas casser la reprise timide qui est en cours, et en même temps, on voit bien que ces efforts de relance ne doivent pas conduire à des endettements excessifs des Etats qui peuvent eux-mêmes se trouver dans une situation difficile. C'est à cela que la France appelle depuis le début de la crise, à une gestion fine et rigoureuse des moyens publics consacrés à la relance. Il faut naturellement se doter d'instruments pour éviter à l'avenir de passer de bulles immobilières en bulles financières ou en bulles technologiques. On a de l'expérience puisque qu'on vient d'affronter plusieurs crises, dont celle que nous connaissons est la plus grave, et qui doivent nous permettre de mettre en œuvre des instruments permettant d'éviter ces crises. Pour le reste, nous allons regarder la situation, mais je pense qu'il y a dans cette région un certain nombre de moyens financiers qui devraient permettre de faire en sorte qu'il ne s'agisse pas d'une deuxième vague d'une crise financière que nous souhaitons voir derrière nous.

 

Voilà, je vous remercie de votre attention.

 

 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

Gaetan 05/12/2009 19:34


Les russes font ch.... avec leur intimidation constante et leur esprit post colonial des années Brejnev.
Une véritable manoeuvre de division avec leurs tribunes pour tenter de sapper l'OTAN.
Franchement, ils auraient intérêt à comprendre définitivement que l'Europe n'est pas leur jardin.
La Géorgie est là pour nous rappeler qu'ils sont pourtant toujours dans cette ligne.
Vive le haut commissaire européen aux affaires étrangères et vivement, une armée européenne avec un pouvoir central puissant.


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