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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 09:45

 

 
François Fillon visite l'usine de PSA Peugeot Citroën à Sochaux le 10 septembre 2010.
 

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

D’abord, je voudrais vous dire que c’est avec beaucoup de joie et beaucoup d’émotion que je viens pour la première fois ici dans ce qui est pour moi le temple de l’automobile. J’ai déjà eu l’occasion de dire que j’ai eu une longue histoire avec PEUGEOT. Mon grand-père travaillait dans la concession PEUGEOT du Mans ; il avait été engagé aux 24 heures du Mans sur une PEUGEOT dans les années 30. La première voiture dans laquelle je suis monté était une 203 et puis, ensuite, une 403 et puis, une 404 et puis j’ai même roulé sur le toit avec une 304 16 soupapes qui n’avait pas la tenue de route des voitures que j’ai essayées tout à l’heure et enfin, j’ai eu l’immense privilège de faire quelques tours du circuit du Mans il y a quelques mois au volant de ce prodige de technologie qu’est la 908. Je sais que vous n’avez pas gagné les 24 heures du Mans cette année, mais c’est pour mieux les gagner l’année prochaine et comme vous me l’avez proposé, si vous avez besoin d’un pilote remplaçant, je suis toujours disponible !

Si j’ai tenu à venir ici, évidemment, c’est pour rendre hommage à cette usine PEUGEOT de Sochaux, qui appartient à l’histoire de notre industrie automobile, et même à l’histoire de toute l’industrie française. Ce site a longtemps été le plus grand site industriel en Europe. Avec 12.000 salariés, il reste aujourd’hui le plus important de France. Ici, sont sortis des modèles de voiture qui ont marqué les grandes heures de la production nationale, depuis la 201 dans les années 30. Le site de Sochaux aura bientôt 100 ans. PEUGEOT, cette année, célèbre ses 200 ans. Je pense que ceux qui travaillent ici, y compris ceux qui viennent d’être recrutés, perpétuent la noblesse d’une tradition dont ils peuvent être fiers.



Le pays de Montbéliard a connu les moments fastes, mais aussi ces moments terribles que traverse toute grande aventure industrielle.

L’usine PEUGEOT avait surmonté la crise de 29 grâce au succès de la 201. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, il a fallu la rebâtir en profondeur. Et tout récemment encore, vous vous êtes mobilisés pour la faire repartir au plus vite après l’épisode dramatique de grêle du mois de juin, qui a endommagé verrières et toitures.

Je sais que certains de vos élus souhaiteraient que cet épisode soit reconnu comme catastrophe naturelle. La loi ne permet pas de prendre un arrêté de catastrophe naturelle dans ce cas, parce que la grêle est un risque assurable. Cet arrêté ne changerait d’ailleurs pas de manière significative les conditions d’indemnisation des victimes. Mais je veux vous dire que le gouvernement est conscient du fait que la population de votre région a été choquée par la gravité de cet épisode. Et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de nommer un médiateur, Monsieur BOARETTO, qui a été médiateur à l’occasion de la grande catastrophe qu’ont connue les Landes, qui a été médiateur à l’occasion de la tempête Xynthia et qui va pouvoir répondre à beaucoup des questions que vous vous posez et faire en sorte que le niveau d’indemnisation soit le meilleur.

Je ne suis pas seulement venu pour saluer un passé glorieux, mais je suis aussi venu pour vous dire que l’industrie automobile reste déterminante pour notre présent et notre avenir. Avec plus de 500.000 salariés chez les constructeurs et chez les sous-traitants, l’automobile, c’est l’un des secteurs industriels les plus importants de notre pays, à la fois pour la valeur ajoutée et pour l’emploi. En France, 10% des emplois sont liés à la vitalité de l’automobile. Il était donc absolument essentiel, absolument décisif d’aider le secteur à passer le cap de la crise exceptionnelle qui a frappé, à la fin de 2008, et qui fut pour l’industrie automobile une des épreuves les plus rudes de son histoire.

Cette crise a d’abord été une crise de la demande. Au dernier trimestre 2008, les ventes étaient en recul de plus de 20% et l’année 2009 s’annonçait catastrophique. C’était aussi en même temps une crise financière puisque les entreprises ne trouvaient pas les liquidités dont elles avaient besoin.

Toute la filière était menacée. Nous avons décidé d’agir, nous l’avons fait vite. Face à la crise de la demande, nous avons instauré la prime à la casse, dès le mois de décembre 2008. Cette prime à la casse, tout le monde aujourd’hui peut le constater, elle a nettement enrayé la chute des ventes. Elle a d’ailleurs inspiré d’autres grands pays industrialisés qui, après avoir hésité, ont adopté sur notre exemple une mesure similaire. Je pense naturellement à l’Allemagne. Cette prime était destinée à être temporaire; mais en même temps, nous avons voulu que la sortie hors de ce dispositif se fasse de façon très progressive au cours de cette année.



En avril 2009, face à la crise de financement, nous avons proposé des prêts exceptionnels aux constructeurs: 6 milliards d’euros répartis à égalité entre PSA et RENAULT. Au moment où il était devenu extrêmement difficile d’emprunter sur les marchés, ces prêts ont rendu possible la poursuite des programmes d’investissements et – ce qui est absolument fondamental pour l’avenir de nos entreprises - la conception de modèles. Je pense à la DS4 ou à la 3008 Hybrid4 chez PSA. Ces prêts ont permis aux constructeurs de préparer l’avenir. Quand la crise est survenue, nous avons choisi une politique de relance de l’investissement. Certains ont critiqué la pertinence de ce choix. Je pense en réalité que c’était le choix qu’il fallait faire. Quand on soutient des secteurs essentiels pour notre économie, quand on préserve leur avenir, je pense qu’on peut dire que l’argent des contribuables est utilisé à bon escient.

Ces prêts, l’Etat ne les a pas accordés gratuitement et l’Etat ne les a pas accordés non plus sans espoir de retour. Il les a accordés contre une juste rémunération et contre des contreparties et je veux saluer le fait que les constructeurs ont respecté les engagements auxquels ils avaient souscrit en échange de ces prêts.



Aujourd’hui, nous signons une convention de remboursement anticipé. Qui aurait imaginé, il y a un an et demi, au cœur de la crise, que dans un délai aussi court, les constructeurs puissent rembourser les prêts qui leur avaient été faits alors que tous les constructeurs, dans tous les grands pays, faisaient face à des difficultés qui ont conduit certains, vous le savez, à la faillite ?



En 2009, le marché européen a légèrement baissé, de 1,6%, mais en France, il a progressé de plus de 10% ! Et cette dynamique s’est prolongée au premier semestre 2010, avec une croissance du marché des véhicules particuliers de plus de 5% par rapport au premier semestre 2009. Quand la crise s’est déclenchée, on redoutait des fermetures d’usines. Cela ne s’est pas produit. Au premier semestre 2010, la production automobile en France a progressé de 27% par rapport au premier semestre 2009 et ce chiffre atteint 35% si on prend les seuls constructeurs français. Je remarque d’ailleurs que leur production en France progresse plus vite que leur production mondiale. C’est le cas chez PSA : +29% pour la production mondiale, +36% pour la production en France. Je pense que ça s’explique par le succès de modèles comme la 308, comme la 3008, comme la 5008, produits justement sur le site de Sochaux, avec des cadences qui ont augmenté depuis plusieurs mois. Et du coup, 250 nouvelles embauches en CDI ont été annoncées au mois de juin sur le site de Sochaux, auxquelles s’ajoutent les nouveaux recrutements qui viennent d’être décidés. Je veux saluer cet engagement de PSA.



Ces signes de bonne santé concernent aussi Renault, ce dont je me réjouis. Le redressement des constructeurs français est une réussite collective. Et même si nous savons que le contexte demeure difficile, ce redressement n’est pas un redressement artificiel. C’est un redressement qui provient de la mobilisation de tous, qui provient avant tout du travail de chacun d’entre vous, de votre compétence, de votre capacité d’innovation et qui montre les ressources de notre industrie.

Je veux dire que, pendant trop longtemps, on a présenté la désindustrialisation comme une fatalité pour notre pays et pour la plupart des pays développés. Bien sûr, nous avons des défis terribles qui nous sont lancés par des continents entiers qui n’ont pas la même organisation sociale que nous, qui n’ont pas le même niveau de vie, mais je crois que nous pouvons tenir le choc. Nous pouvons tenir le choc si nous avons une politique industrielle. C’est un enjeu absolument essentiel pour notre puissance nationale. Par rapport aux chiffres de 1980, l’Allemagne construit 2 millions de véhicules de plus par an. Et en France, nous en construisons 400.000 de moins !

C’est la preuve, puisque l’Allemagne y arrive, qu’un pays comme le nôtre peut le faire. Il faut une politique industrielle ambitieuse, cela passe d’abord par le développement de notre compétitivité. C’est la raison pour laquelle, avec Christine LAGARDE, nous avons réformé la taxe professionnelle l’an dernier. Je sais naturellement que cela a suscité beaucoup d’inquiétudes chez les élus locaux à juste titre puisqu’il s’agit d’une ressource importante pour eux.

Nous avons tout fait pour mettre en œuvre les compensations nécessaires, mais enfin, chacun peut comprendre qu’il n’était pas possible de continuer à faire peser sur l’industrie, sur les investissements, des charges qui n’existent pas chez nos voisins. On ne peut pas continuer à accepter que la production d’un véhicule en France coûte 400 euros de plus qu’en Allemagne alors même que l’Allemagne, est un pays développé avec un système social développé, avec des niveaux de salaires qui sont des niveaux de salaires élevés. L’industrie est le principal bénéficiaire de cette réforme, avec un allègement de 32% de cette charge fiscale, soit plus de 2 milliards d'euros par an ! Et pour l’automobile, l’effet de la réforme est en proportion encore plus important, avec une réduction de près de 60 %.



Une politique industrielle ambitieuse, c’est aussi une politique de soutien à l’innovation. C’est un thème qui est cher à PSA, puisque PSA est pour la troisième année consécutive le groupe français qui a déposé le plus de brevets. L’innovation passe aussi par le crédit impôt recherche. Pour favoriser l’investissement des entreprises dans la recherche, nous avons réformé, dès 2007, ce dispositif qui est aujourd’hui considéré comme l’un des plus puissants dans tous les pays développés. Je veux redire devant vous que le Gouvernement est tout à fait déterminé à le maintenir dans la même structure dans le cadre du budget 2010 - 2011.

L’année dernière, Christian ESTROSI a conduit les Etats généraux de l’industrie. Les 23 mesures qui en sont issues sont engagées. Je pense notamment aux prêts verts et au dispositif de soutien à la réindustrialisation. Ces Etats généraux ont souligné l’importance de développer une véritable stratégie de filière, en consolidant le partenariat entre les constructeurs et les sous-traitants. Cela vaut en particulier pour l’automobile. J’ai envie de dire, ça vaut beaucoup pour l’automobile. Aujourd’hui, la situation des constructeurs s’est améliorée, mais nous savons bien celle des sous-traitants reste encore dans certains cas très difficile.



Dès le début de la crise nous y avons été attentifs. Les mesures d’urgence ont bénéficié aux sous-traitants: les prêts consentis aux constructeurs ont contribué pour un tiers au financement des commandes aux équipementiers. La réduction des délais de paiement, prévue par la loi de modernisation de l’économie, a permis d’injecter 2 milliards d’euros dans la filière. Et le Fonds stratégique d’Investissement a joué son rôle. En février 2009, au plus fort de la crise, ce Fonds que nous avons créé a annoncé un investissement de 24 millions d’euros dans Valéo, qui compte près de 15 000 salariés en France. A l’époque, l’entreprise avait perdu 80% de sa valeur par rapport à 2007. Le FSI a eu confiance dans l’avenir du secteur automobile, au moment où les investisseurs privés ne voulaient plus y mettre un seul euro. Et bien, depuis lors, la valeur de la participation du FSI chez Valéo a progressé de 200 %, ce qui montre que l’on peut parfaitement allier politique d’investissement dans nos entreprises stratégiques et en même temps, protection des intérêts de l’Etat.

Mais il n’y a pas que les grands sous-traitants. Pour renforcer les fonds propres des entreprises stratégiques du secteur, nous avons aussi créé le Fonds de Modernisation des Equipementiers automobiles (FMEA), en partenariat avec les constructeurs. Un fonds d’investissement spécifique, dédié aux sous-traitants de second rang a également été mis en place. Enfin, les dispositifs de garanties de prêts mis en place par OSEO, dans le cadre du plan de relance, ont permis de faciliter l’accès au crédit des équipementiers et des sous-traitants. Depuis le début de 2009, plus de 2 000 entreprises de la filière automobile ont bénéficié de ces mesures, pour plus de 825 millions d’euros de prêts garantis.



Mais ça, c’était des mesures d’urgence et il faut maintenant que nous soyons en capacité de construire une véritable stratégie de filière. La mise en place d’une relation partenariale avec l’ensemble des sous-traitants était l’un des engagements que les constructeurs avaient pris en échange des prêts accordés par l’État. La pression sur les prix est nécessaire, mais elle ne peut tenir lieu de seule stratégie d’achat. Il faut aussi préserver la solidité et la capacité d’innovation de chaque maillon, parce que au bout du compte, c’est l’ensemble de la chaîne qui en bénéficie ! En juin 2009, nous avons créé la Plateforme de la filière automobile pour renforcer la relation entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants et la rendre plus partenariale. Nous avons nommé un médiateur de la sous-traitance, Monsieur Jean-Claude VOLOT. Nous avons créé des comités pour les filières stratégiques, pour 11 filières stratégiques, dont naturellement l’automobile, pour consolider la relation entre tous les acteurs. C’est absolument essentiel parce que la capacité d’innovation qui fait la force de notre industrie, et en particulier de notre industrie automobile, repose certes sur les constructeurs, mais elle repose aussi de façon importante sur les sous-traitants. Et cette capacité à innover est essentielle pour l’avenir de la filière, au moment où cette filière doit négocier un tournant absolument décisif. Ce tournant décisif, c’est un tournant technologique. Dans les années 50, l’innovation, c’était de créer des modèles économiques, des modèles qui soient accessibles au plus grand nombre; dans les années 60, l’innovation, c’était essentiellement d’améliorer les performances; dans les années 70, c’était la fiabilité; et dans les années 80, la sécurité. Le défi, à présent, même si tous les autres restent d’actualité, c’est la diminution à grande échelle des émissions de CO2.

C’est évidemment un défi environnemental. C’est un défi stratégique, parce que nous avons le devoir anticiper l’augmentation des tensions sur les ressources pétrolières, qui risquent de créer, un jour ou l’autre, des situations de pénurie, et qui risquent aussi de se répercuter sur la facture des consommateurs. Et puis, enfin, c’est un défi économique, parce que c’est l’occasion pour l’industrie automobile française de conquérir des nouvelles parts de marché avec la production de véhicules propres. Si nous sommes les premiers à sortir les meilleurs véhicules propres, nous prendrons des parts de marché sur les autres constructeurs. Et enfin, c’est un défi technologique, dans lequel nous devons mettre en avant notre tradition de savoir-faire, notre tradition d’innovation, qui nous donne des avantages compétitifs pour réussir cette transition historique.



Le véhicule du futur, c’est pour une part le véhicule électrique ; c’est aussi le véhicule thermique à faible émission de CO2 ; c’est le véhicule hybride (comme la 3008 Hybrid4 que vous m’avez donné l’occasion d’essayer tout à l’heure et qui est le premier hybride diesel au monde), et c’est le véhicule hybride rechargeable. Il faut, en effet, travailler en même temps dans toutes les directions. L’objectif que nous avons avec nos partenaires, c’est que ces véhicules propres représentent 20% du marché européen du neuf en 2020. Il faut soutenir l’émergence de ce marché, et c’est ce que nous avons commencé à faire dès 2007, avec l’instauration du bonus malus qui est l’une des premières mesures issues du Grenelle de l’environnement et qui a eu un effet extrêmement puissant sur les choix des consommateurs. Au total, plus de 1,2 million de véhicules immatriculés en 2009 ont bénéficié d’un bonus. C’est 55% des immatriculations. Et on voit déjà les effets de cette politique et du travail que vous avez conduit dans vos entreprises puisqu’en en France, en trois ans, le niveau moyen d’émission de CO2 des véhicules a diminué de plus 15 grammes au kilomètre. Et je veux rappeler que, dans ce registre, les constructeurs français sont parmi les plus performants.



Il faut soutenir aussi l’effort d’innovation. C’est ce que nous sommes en train de faire avec le programme d’investissements d’avenir. 750 millions d’euros sont destinés à des projets de R&D qui concernent le développement des véhicules propres : je pense aux batteries de nouvelle génération, aux chaînes de traction électriques, à l’optimisation des moteurs thermiques qui vont pouvoir bénéficier de ce grand emprunt.



Le véhicule électrique requiert des mesures spécifiques car le marché est encore à l’état naissant. Et nous avons besoin d’action publique pour accélérer son émergence. En effet, les consommateurs attendent d’être rassurés sur un certain nombre de questions : les infrastructures de recharge, la définition des normes. C’est la raison pour laquelle depuis maintenant près de 18 mois, je réclame inlassablement, et je pense que nous allons finir par être entendus, à l’Union européenne d’engager une grande politique de mise en œuvre de ces infrastructures, de ces normes pour faire en sorte que l’Union européenne soit le premier continent à développer de manière large, de manière massive ce marché. J’ai demandé dans cet esprit au sénateur Louis NEGRE, de préparer un livre vert sur le sujet afin qu’avec Jean-Louis BORLOO et Christian ESTROSI la France soit au rendez-vous de cette nouvelle donne technologique et pour que nos entreprises soient en mesure d’y jouer un rôle pionnier.



Au fond, nous sommes avec cette révolution technologique, avec la conception de ces nouveaux véhicules devant une nouvelle révolution industrielle. Une nouvelle révolution qui a pour enjeu la préservation du monde, alors que la première révolution industrielle – celle que symbolisent la machine à vapeur et le moteur à explosion – était liée à la conquête du monde. Cette révolution est en train de créer de nouvelles sources de croissance et de nouvelles sources d’emploi. Elle demande un haut niveau de technologie pour lequel les industries françaises sont particulièrement compétitives. Les industriels, les ingénieurs, les ouvriers français ont marqué l’histoire de l’automobile, en produisant, à toutes les époques, des modèles innovants et, parfois, des modèles révolutionnaires. Et bien, cette histoire, il faut que vous continuiez de l’écrire. Et comme je le disais tout à l’heure à votre président, faites des voitures efficaces, faites des voitures confortables, faites des voitures qui émettent peu de CO2, faites des voitures sûres, mais faites aussi des voitures belles. L’achat automobile n’est pas complètement objectif et ceux qui pensent que l’on peut totalement rationaliser les comportements des consommateurs, se trompent. Nous avons besoin aussi de rêver et la gamme des constructeurs français doit être une gamme complète à l’image de celle de nos voisins, pour faire en sorte que dans le monde entier, l’industrie automobile française ait une image de qualité, une image de confort, une image d’efficacité et une image en matière de protection de l’environnement.

Voilà, Mesdames et Messieurs, j’ai été avec Madame LAGARDE et Monsieur ESTROSI heureux et fier de vous rencontrer. Je sais qu’ici, les ouvriers et les ingénieurs contribuent aux succès de la France. Chacun ici est utile ; chacun doit être respecté. Je ne sous-estime pas les difficultés que vous traversez ; je ne sous-estime pas les défis que vous devez relever en permanence. La France, comme tous les grands pays développés, est plongée dans une immense bataille économique, et ce serait irresponsable de promettre des lendemains faciles.

En défendant devant vous notre industrie, en militant pour la compétitivité de notre pays, en invitant nos concitoyens à se mobiliser pour faire face à la compétition internationale, je défends au bout du compte notre modèle social.

Il faut dire la vérité parce que la vérité est au cœur de la justice sociale. Et la vérité, c’est que pour continuer à avoir l’une des meilleures santés du monde, pour continuer à avoir l’école et l’université gratuites, pour pouvoir continuer d’assurer des retraites pour tous, nous devons être plus compétitifs et nous devons faire preuve de courage et réformer.



Nous avons, avec le président de la République, engagé la réforme des retraites. On peut être contre cette réforme, on peut la juger incomplète, mais on ne peut pas nous accuser de faire notre devoir. Nous aurions pu laisser à nos successeurs le soin de gérer le problème ; nous pourrions laisser aux générations futures le soin de régler nos factures, mais cela n’est pas notre conception du service de la République.

Aujourd’hui déjà, 10% des retraites des Français ne sont pas financées. En 2020, il manquera 45 milliards d’euros pour payer les retraites. Ne pas agir serait irresponsable.

Je mesure parfaitement les inégalités, les imperfections de notre système de retraite, qui est pourtant si on le compare à beaucoup d’autres dans le monde l’un des plus justes. Et je suis naturellement conscient des efforts qui sont demandés aux Français, mais quelle serait la crédibilité d’un gouvernement qui prétendrait qu’il ne faut pas toucher à l’âge de la retraite alors que nous avons gagné 15 ans d’espérance de vie ? Chacun d’entre-vous a sans doute son opinion personnelle sur cette réforme, et c’est donc à vous, en conscience, d’analyser ce qui est utile et crédible pour sécuriser nos retraites. J’ai confiance dans le bon sens de nos concitoyens et je pense que le goût de la vérité est finalement dans le cœur de chacun.



Ce que j’ai vu aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, me conforte dans l’idée que la France a des atouts, que la France a des atouts pour aller chercher la croissance. Avoir des états d'âme maintenant alors que le pire de la crise est derrière nous n’a pas de sens. Nous avons résisté à la récession, avec des résultats qui, comparés à ceux de nos partenaires, ont été souvent à notre avantage. Nous devrions avoir une croissance d’au moins 1,5% sur l’année 2010 et pour 2011, nous faisons une prévision de croissance de 2%. Le chômage a diminué au cours des deux premiers trimestres de cette année, après presque deux ans de hausse consécutive.

Rien évidemment n’est définitivement acquis, et il serait dangereux de relâcher nos efforts. Mais je suis convaincu que nous sommes sur le chemin de la reprise économique. Et sur ce chemin, je veux vous dire pour conclure, que je crois aux valeurs de l’unité, aux valeurs du travail, aux valeurs de la solidarité, ces valeurs que ici dans cette entreprise, à Sochaux, vous incarnez si fidèlement et qui sont l’honneur de notre pays.



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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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