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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 09:41

 


 

François FILLON s'adresse à la presse lors de sa visite à Jakarta le vendredi 1er juillet 2011.

 

C’est la troisième fois que je viens en Indonésie, mais c’est la première visite, dans ce pays, d’un chef de gouvernement français.

Il s’agit donc d’un moment très important dans notre relation bilatérale et ce moment est d’autant plus important que le président YUDHOYONO a accepté que cette visite soit l’occasion d’adopter le partenariat stratégique dont le principe avait été arrêté lors de son entretien à Paris en décembre 2009 avec le Président de la République, Nicolas SARKOZY.

Ce partenariat stratégique signifie que nous plaçons l’Indonésie sur le même plan que les autres grandes puissances asiatiques, qu’il s’agisse de la Chine, du Japon ou de l’Inde, avec lesquels nous avons négocié ce type d’accord.

L’Indonésie est un très grand pays ; c’est un pays qui a réussi sa transition démocratique ; c’est un pays qui est en plein essor économique et qui joue un rôle moteur dans le processus d’intégration régionale qui est à l’œuvre en Asie du Sud-est.

Enfin, et ça n’est pas le moins important pour nous, l’Indonésie est un pays qui a adopté un comportement exemplaire dans la gestion des grands problèmes de notre temps. Il était donc naturel que la France et l’Indonésie, dont les relations ne sont marquées par aucun différend, dont les économies sont à bien des égards complémentaires, et qui coopèrent aujourd’hui très activement dans le cadre du G20, il était naturel que nos deux pays se rejoignent et décident de rehausser l’intensité de leur relation.

Pour reprendre une formule dont on me dit qu’elle est souvent utilisée par le Président YUDHOYONO, je vous cite, Monsieur le Président : « si l’Indonésie veut avoir zéro ennemi et un millier d’amis », et bien moi, je vous dis que la France aspire à être aujourd’hui l’un des tout premiers amis de l’Indonésie.


Ce partenariat stratégique devra être la base d’un renforcement de nos relations dans tous les domaines.

D’abord l’économie où nous avons des marges très importantes pour accroître nos échanges, puisque la France n’est que le 12ème ou le 13ème fournisseur de l’Indonésie. Nous nous sommes fixé aujourd’hui un objectif très concret qui est de multiplier par deux les échanges commerciaux entre la France et l’Indonésie dans les cinq ans qui viennent.

Les accords qui viennent d’être signés dans le domaine de l’énergie, des matières premières, du tourisme offrent deux exemples de secteurs dans lesquels nos entreprises, du fait de leur complémentarité, du fait de leur ressource et du fait de leur savoir-faire respectif, ont tout à gagner à travailler ensemble.

Plus généralement, le développement durable, sous tous ses aspects, énergie faiblement carbonée, la question tellement importante en Indonésie de la gestion des eaux, le développement des infrastructures qui se fait en respectant l’environnement, et la biodiversité, tous ces domaines dans lesquels les entreprises françaises disposent d’une très grande expertise, doivent être un axe majeur du rapprochement de l’économie indonésienne et de l’économie française.

Le gouvernement français soutiendra ces partenariats, comme il l’a fait aujourd’hui, d’ailleurs, en proposant son soutien financier à des projets qui répondent aux besoins de l’Indonésie, notamment dans le domaine du transport urbain, ou de celui de la sécurité du transport aérien.

Je veux également évoquer la coopération en matière de défense et de sécurité, qui a été au cœur de nos discussions et qui est au cœur de notre partenariat stratégique

Nous voulons échanger de façon beaucoup plus systématique et beaucoup plus régulière sur les questions de la lutte contre le terrorisme, sur la question de la sécurisation des voies maritimes face à la piraterie et dans ce domaine, l’Indonésie a une expérience considérable, une expérience qui est celle de la réussite et du succès que nous devons utiliser ensemble pour la transposer dans des régions du monde où aujourd’hui, la piraterie crée un climat d’insécurité qui est extrêmement préjudiciable au développement des échanges.

Nous avons aussi évoqué la possibilité de développer nos industries de défense, et enfin notre engagement en commun dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Je pense que peu de Français savent que les Forces indonésiennes sont, depuis longtemps, aux côtés des Forces françaises au sud du Liban pour assurer le maintien de la paix dans cette région, entre les Forces libanaises et les Forces israéliennes.

Je pense enfin au rapprochement de nos sociétés et de nos concitoyens avec un instrument privilégié qui est celui de l’éducation et de la culture. J’ai eu la chance de rencontrer, ce matin, les étudiants de l’Universitas Indonesia et nous avons signé, cet après-midi, un accord pour favoriser le développement de projets concrets entre les universités françaises et nos jeunes chercheurs.

Un autre accord signé aujourd’hui porte sur la coopération dans le domaine de la muséologie ; j’espère qu’il permettra de mieux faire connaître toutes les facettes de la très ancienne et très belle culture indonésienne en France, au-delà des 150.000 Français qui visitent, chaque année, l’Indonésie.


C’est sur tous ces sujets que nous avons eu le plaisir d’échanger avec le Président YUDHOYONO. Bien entendu, nous avons également évoqué l’ordre du jour du G20, sur lequel nos vues sont extrêmement proches.

Je veux redire que la France entend faire de sa présidence du G20, une étape très importante dans le sens de la régulation de la mondialisation. Il s’agit de mettre en place des règles en matière de contrôle des institutions financières.

Les institutions financières ne peuvent pas faire n’importe quoi, elles ne peuvent pas mettre en œuvre des produits financiers qui se traduisent comme on l’a vu en 2008, par des catastrophes qui touchent le monde entier et qui se traduisent par du chômage, par de la misère.

Ces institutions financières doivent être contrôlées.

De la même façon, nous voulons que l’on avance sur la question des monnaies. Les grandes monnaies qui assurent les échanges dans notre monde doivent correspondre à la réalité des économies qu’elles représentent.

Et puis nous voulons agir sur les prix des matières premières. Il n’est pas sain pour l’économie mondiale que les cours des matières premières soient aussi variables et il n’est surtout pas sain que certains spéculent sans prendre aucun risque sur les matières premières, et en particulier sur les matières premières agricoles.

Il se trouve que sur tous ces sujets, nous avons, avec le président YUDHOYONO, une identité de vue absolue.

Nous avons enfin parlé des grands sujets régionaux et internationaux, des processus d’intégration régionale en Europe et en Asie, des révolutions dans les pays arabes ou encore du processus de paix au Proche-Orient, et j’ai saisi naturellement cette occasion pour informer le président YUDHOYONO de l’initiative de la France qui avait décidé de prendre pour organiser une conférence qui permette de mettre autour de la table les Israéliens, les Palestiniens, les Européens et tous les acteurs qui peuvent participer au règlement du conflit palestinien, et ceci dans les meilleurs délais, avant même que la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien soit posée à la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Enfin, je me suis réjouis que dans le cadre de la présidence française du G20 et de la présidence indonésienne de l’ASEAN, nous ayons des occasions de dialogue multiples autour des prochains mois.

La France sera très honorée d’accueillir le président YUDHOYONO à l’occasion du Sommet du G20 à Cannes, en novembre prochain, et au-delà, je pense que le partenariat stratégique que nous venons d’adopter va nous permettre de multiplier les rencontres et de faire vivre ce dialogue et cette coopération renforcée dans la durée.

 

 


 

François FILLON répond à la presse lors de sa visite à Jakarta, vendredi 1er juillet 2011.

 

Bonjour, je suis du JOURNAL DE JAKARTA. Je voudrais parler de la crise financière qui est vécue par un certain nombre de pays membres de l’Union européenne ; je voudrais savoir ce que le gouvernement français fait pour éviter cette crise. Et deuxièmement, qu’est-ce qui peut être fait pour que l’Indonésie n’ait pas à subir les effets d’une pareille crise si elle devait se développer.

Ce que traverse la Grèce, c’est une crise de la dette souveraine, c’est-à-dire que la Grèce est un pays qui est trop endetté, qui a commis un certain nombre d’erreurs dans le passé et qui est aujourd’hui en difficultés financières.

La Grèce appartient à la zone Euro et donc nous avons décidé, d’un commun accord avec le Fonds monétaire international, de venir en aide à la Grèce, c’est-à-dire de lui apporter les liquidités dont ce pays a besoin pour ne pas avoir à aller emprunter sur les marchés, puisque aujourd’hui, la Grèce emprunte sur les marchés à des taux qui sont incompatibles avec son redressement économique.

Je voudrais faire remarquer que depuis le début de la crise financière, l’Europe a toujours trouvé des solutions aux problèmes qui lui étaient posés.

La première décision qui a été prise par l’Europe, c’est juste après la chute de la banque LEHMAN BROTHERS, lorsque, dans une réunion qui s’est tenue à Paris, à l’Elysée, nous avons décidé -l’ensemble des pays européens- d’annoncer qu’aucune banque européenne ne ferait faillite parce que les Etats avaient décidé de garantir les liquidités des banques européennes.

En faisant cela – je mesure mes mots – nous avons stoppé la crise systémique qui était partie des Etats-Unis, qui était partie d’une décision américaine de laisser une banque déposer son bilan, décision qui était une décision très hasardeuse.

C’est donc l’Europe qui, d’une certaine manière, a empêché que cette crise économique et financière, qui a commencé aux Etats-Unis, ne devienne une crise systémique qui mette à plat l’ensemble du système financier international.

Ensuite, nous avons eu à traiter la question du Portugal, qui était un pays qui avait des déficits importants et qui avait des difficultés à trouver des financements sur les marchés internationaux. Nous avons réglé la question du Portugal en faisant jouer la solidarité européenne.

Ensuite, nous avons été confrontés aux difficultés de l’Irlande, qui était en situation complexe, en raison des erreurs commises par les banques irlandaises. Nous avons trouvé des solutions à la crise irlandaise en faisant preuve de solidarité européenne.

Et aujourd’hui avec la Grèce, nous faisons exactement la même chose. Nous avons d’ailleurs déjà apporté une aide à la Grèce il y a quelques mois ; nous allons en apporter une nouvelle dans les tout prochains jours ; nous attendions simplement, avec le Fonds monétaire international, que la Grèce accepte de mettre en œuvre un certain nombre de mesures pour assainir son économie et en particulier, qu’elle mette en œuvre un programme très ambitieux de privatisation dans un pays où la quasi-totalité ou en tout cas une très, très grande partie de l’économie est propriété de l’Etat.

Pendant cette crise, l’Union européenne a fait des progrès.

On ne voit toujours, lorsque l’on observe l’Union européenne de l’extérieur, que la difficulté qu’il y a à mettre d’accord 27 pays, et c’est vrai que c’est une difficulté qui est très grande. Mais on ne voit pas les progrès que chaque crise nous fait réaliser.

Depuis la crise financière de 2008, nous avons mis en place un fonds de garantie pour aider les Etats en difficulté, c’est un instrument, qui désormais, existe. Nous avons mis en place des sanctions beaucoup plus sévères pour les Etats, membres de la zone euro, qui ne respectent pas les engagements qu’ils ont pris en matière macroéconomique, et enfin, nous avons commencé à bâtir ce qu’on appelle un gouvernement économique de la zone Euro qui va nous permettre, demain, d’harmoniser la fiscalité, en tout cas d’avancer vers l’harmonisation des économies des pays de la zone euro.

Donc je suis, moi, très optimiste sur le fonctionnement de l’Union européenne. J’en mesure chaque jour les complexités, mais je vois aussi qu’à chaque crise, l’Union européenne a su répondre présente et elle répondra présente à l’occasion de la crise grecque, et donc l’Indonésie n’aura pas à subir les conséquences des difficultés que connaît aujourd’hui la Grèce.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, depuis de nombreuses années, le sort de Michaël BLANC et de Serge ATLAOUI, tous deux condamnés dans des affaires de trafics de stupéfiants, pèse sur les relations entre la France et l’Indonésie. Est-ce un sujet que vous avez évoquez ? Et je pense particulièrement au cas de Serge ATLAOUI qui est condamné à mort ? 

 

J’ai évoqué avec le Président YUDHOYONO, le cas ou les cas de ces deux personnes et leur développement récent, et je veux dire que le Président YUDHOYONO a déjà eu l’occasion de démontrer l’attention qu’il portait à ces dossiers et aux sentiments des familles.

J’ai notamment rappelé que les procédures lancées par nos compatriotes et par leurs avocats, se font et se feront naturellement dans le plein respect de la législation indonésienne. Je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée pour dire que notre Ambassade à Jakarta continuera de suivre au quotidien, comme elle le fait actuellement, la situation de nos compatriotes incarcérés, comme celle des membres de leur famille qui ont fait le choix de venir vivre au plus près d’eux en Indonésie, c’est le cas notamment de la mère de Michaël BLANC que j’ai eu l’occasion de rencontrer hier soir.

 

Une autre question, c’est de savoir en quoi le choix de Madame LAGARDE comme nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international peut favoriser l’intérêt des pays en développement. Une autre question, c’est sur le rôle de la France en Libye, la France qui aide sous la forme d’armements, les personnes et les groupes qui résistent au Colonel KADHAFI.

 

Sur la question du choix de Madame LAGARDE pour diriger le Fonds monétaire international, c’est évidemment, pour la France, un grand honneur que de voir Madame LAGARDE qui était ministre des Finances, qui était d’ailleurs la première femme ministre des Finances en France, qui est sans doute l’un des ministres des Finances qui ait eu le mandat le plus long dans notre pays, prendre la Direction générale du Fonds monétaire international.

C’est à Madame LAGARDE de s’exprimer sur la politique qu’elle conduira.

Je crois d’ailleurs l’avoir déjà entendue dire toute son attention pour les pays en développement et pour les déséquilibres qui constituent aujourd’hui autant de menaces pour la stabilité du monde ; je veux quand même ajouter que la politique du Fonds monétaire international est une politique qui est définie par son Conseil d’administration et donc par les Etats qui en sont membres.

Enfin sur la Libye, je veux vous dire que la France, avec d’autres pays européens et arabes, est intervenue à la demande des Nations unies, d’abord pour empêcher monsieur KADHAFI de bombarder avec ses avions et ses hélicoptères des populations civiles, et ensuite pour assurer un soutien aérien aux forces rebelles qui étaient sur le point d’être écrasées par l’armée du Colonel KADHAFI.

Nous n’avons cessé de lancer, dans le cadre du mandat des Nations unies qui nous a été confié, des appels à monsieur KADHAFI et à ceux qui l’entourent pour que les combats s’arrêtent, pour que l’on se mette autour d’une table pour décider d’une solution politique, mais chacun voit bien que plus le temps passe, plus cette situation devient difficile et plus il est clair que monsieur KADHAFI n’a pas sa place pour diriger la Libye aujourd’hui.

Il est coupable de trop de crimes contre son peuple pour pouvoir être encore légitime pour diriger la Libye.

Nous espérons que dans les tout prochains jours, les contacts pourront s’établir entre le Conseil de transition et un certain nombre de responsables politiques libyens de Tripoli pour que des solutions pacifiques soient trouvées.

Ca n’est pas à la France, ça n’est pas aux pays de la coalition de se mêler des affaires intérieures de la Libye et de décider de la manière dont la Libye doit être gouvernée. Mais c’est aux Nations unies et à la coalition, dont nous faisons partie, de faire en sorte qu’un gouvernement ne puisse pas massacrer avec des moyens militaires lourds, ses populations civiles.

C’est une situation qui était moralement inacceptable, et qui nous a conduits à intervenir.

Maintenant, nous souhaitons que le plus vite possible, le dialogue reprenne, que ce soit la politique qui l’emporte sur les armes et que la Libye puisse, comme c’est le cas en Tunisie, comme c’est le cas en Egypte, trouver les chemins de la démocratie, trouver les chemins du respect des Droits de l’homme et trouver les chemins de la justice.

 

Ma collègue indonésienne parlait du FMI. Il y a quelques semaines, vous évoquiez devant la majorité le fait que si les faits reprochés à Dominique STRAUS-KAHN étaient avérés, ils seraient extrêmement graves. Comment est-ce que vous réagissez aujourd’hui si, comme l’affirme le NEW YORK TIMES, ces faits sont faux et si toutes ces accusations s’écroulent ? Est-ce que pour vous, ça ouvre la voie, son retour en politique française est possible ?

 

Ecoutez, comme vous venez de l’indiquer à l’instant, je me suis bien gardé de faire des commentaires précipités au début de cette affaire. Et donc je vais me garder aujourd’hui de la même manière de tout commentaire précipité sur ce rebondissement annoncé qui n’est, pour le moment, qu’une rumeur.

Dominique STRAUSS-KAHN a droit au respect de la présomption d’innocence, et je pense que nous devons attendre sereinement que la justice américaine fasse son travail.

Je pense que c’est la seule conduite à tenir dans cette affaire. Ca a été la mienne au début, c’est la mienne aujourd’hui.

 

 

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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