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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 11:12

 

François Fillon prononce un discours lors des rencontres de l'export à Bercy le 10 février 2010.

 

 

Mesdames et Messieurs,

Nous avons depuis 2007 entrepris de transformer notre pays avec un objectif qui est de soutenir le dynamisme de notre économie. Nous devons faire face à la redistribution des cartes de la puissance économique à l’échelle du monde et ce qui doit dans cette révolution qui est en train de changer profondément tous nos repères, nous guider, ça n’est pas le fatalisme, ça n’est pas l’illusion que nous pouvons rester insensibles au monde extérieur, c’est la lucidité et la volonté.

Le commerce extérieur d’une nation donne une image finalement assez fidèle de ses forces et de ses faiblesses. Pendant trop longtemps, notre pays a négligé d’analyser les siennes et surtout il a négligé d’y remédier en prenant les mesures qui s’imposaient, en particulier pour relancer nos performances à l’exportation. Et de ce point de vue, les 35 heures témoignaient d’un aveuglement sur les réalités commerciales du monde où nous vivons.

De quelle manière se traduisent concrètement dans la politique que nous menons aujourd’hui, nos ambitions pour notre compétitivité, pour l’innovation, pour la régulation des marchés mondiaux ? C’est la question à laquelle je veux tenter de répondre aujourd’hui devant vous. Les derniers résultats de notre commerce extérieur et Pierre LELLOUCHE les a commentés avant-hier, témoignent d’une forte reprise des exportations françaises en 2010, avec une augmentation de 13,5% par rapport à 2009. Mais cette reprise n’a pourtant pas suffi à empêcher la dégradation de notre déficit commercial, qui passe dans le même temps de 44 milliards d’euros à 51 milliards d’euros. C’est une tendance qui est malheureusement ancienne. La France reste bien sûr, malgré ces chiffres, une grande puissance commerciale mais nous devons prendre garde au tassement de nos positions.

Nous comme aujourd’hui le cinquième exportateur mondial, le deuxième au niveau européen, mais depuis vingt ans notre part de marché mondiale diminue. Bien entendu il faut noter que l’ensemble des pays développés voient leurs parts de marché se réduire plus ou moins. Ce qui est au fond assez logique, puisque tout cela traduit essentiellement la montée en puissance des économies émergentes. Il y a trente ans, la Chine c’était 1% des exportations mondiales, aujourd’hui c’est grosso modo 10%. Elle est devenue en 2009 la première puissance exportatrice dans le monde. Mais là où la situation est plus préoccupante pour la France, c’est quand nous nous comparons aux autres pays développés, et en particulier à notre premier partenaire dans la zone Euro, je veux bien sûr parler de l’Allemagne. Nos exportations ne représentent plus que 40 % de celles de l’Allemagne contre 55% en 1999. Sur la même période, notre part dans le total des exportations de la zone euro a reculé de près de 4 points, de 17,7 % à 13,5 %, pendant que celle de l’Allemagne passait de 29,5% à 32%. Si nous nous étions maintenus au même niveau – à 17,7% – nous aurions aujourd’hui 100 milliards d’euros d’exportations supplémentaires.

C’est au début des années 2000 que le solde commercial de la France, qui était encore positif a commencé à se creuser. Et on estime que depuis lors cette diminution de notre compétitivité nous a fait perdre environ 200.000 emplois dans le secteur industriel. Cela coïncide avec le moment où nous avons subi les effets de la réduction du temps de travail, tandis que l’Allemagne, entre 2003 et 2007 engageait une politique à contre-courant de la nôtre, c’est-à-dire une politique de compétitivité extrêmement ambitieuse. Les entreprises qui ont répercuté les surcoûts des 35 heures sur leurs clients en augmentant les prix, ont perdu des parts de marché. Celles qui ne l’ont pas fait ont dû diminuer leurs marges, ce qui a pesé sur leurs investissements et leurs efforts de Recherche et de Développement.

Ce n’est pas de la provocation que de dire ça, ce n’est pas la recherche de bouc-émissaires, c’est juste la réalité. Et tant qu’on ne veut pas regarder la réalité en face, on s’abrite derrière des chiffres bidons qui sont brandis en permanence par tous ceux qui prétendent commenter l’actualité économique, comme ce chiffre fantaisiste sur le fait qu’on travaille moins en Allemagne qu’en France, en oubliant juste de faire la différence entre le temps partiel et les emplois à temps complet, alors naturellement on ne se donnera jamais les moyens de réformer notre système économique pour lui donner les performances qu’on est en droit d’en attendre.

Les exportateurs français qui ont dû par la force des choses, s’aligner sur les prix de leurs concurrents les plus performants n’ont plus eu les moyens financiers de développer la qualité et l’attractivité de leurs produits, à travers des investissements en R&D, des efforts commerciaux et des renouvellements de gamme. Bref, nous avons perdu en compétitivité sur les coûts. Nous avons tant bien que mal préservé notre compétitivité sur les prix, mais avec pour contrepartie très lourde un relâchement des efforts sur l’innovation et sur la qualité, qui conditionnent ce qu’en économie on appelle la compétitivité « hors prix ». Eh bien c’est justement cela que nous devons aujourd’hui rattraper. L’affaiblissement de notre compétitivité n’est pas inéluctable et nous pouvons regagner les parts de marché perdues. C’est l’enjeu des réformes que nous avons réalisées et de celles qu’il nous faut impérativement poursuivre.

La première piste, c’est d’inciter nos entreprises à innover. Dès 2007, çà a été l’objet d’une réforme très importante, la réforme du crédit impôt-recherche, qui nous a dotés d’un dispositif d’incitation très puissant pour l’investissement dans la Recherche et le Développement. Ses effets d’ailleurs se sont déjà concrétisés et ils vont s’amplifier à mesure que nos entreprises proposeront des produits innovants avec lesquels elles pourront à terme, reconquérir des parts de marché. Je souhaite simplement que nos amis parlementaires restent bien mobilisés pour défendre ce crédit impôt-recherche. Parce qu’une des grandes caractéristiques de la France c’est de faire des réformes intelligentes et de les détruire dans les deux années qui suivent, toujours pour de bonnes raisons.

En 2009, en supprimant la taxe professionnelle, nous avons levé un frein majeur à l’investissement, pour rendre nos entreprises plus productives et plus performantes. En tout cas pour ne plus pénaliser celles qui investissaient. L’industrie a été le premier bénéficiaire de cette réforme et on sait évidemment toute l’importance de ce secteur dans nos exportations. Sur l’ensemble de l’année 2010, l’investissement en produits manufacturés a enregistré une croissance significative. Cette évolution positive devrait se poursuivre, si j’en crois l’évolution des crédits à l’investissement qui sont en forte progression au cours des trois derniers mois. Le net redressement dans les enquêtes des anticipations des industriels sur leur programme d’investissements pour 2011 est aussi un signe que je juge favorable.

Nous avons lancé les «investissements d’avenir» pour miser sur l’économie de la connaissance. Parce que la compétitivité se construit aussi sur le long terme et c’est de ce point de vue qu’il faut considérer ce programme très ambitieux qui va nous conduire à investir un peu plus de 35 milliards d’euros sur tous les secteurs les plus stratégiques pour l’avenir de l’économie française. Je sais que parfois certains s’interrogent sur cette habitude française d’investir de façon un peu volontariste dans des secteurs stratégiques. Je voudrais simplement faire remarquer que notre balance commerciale serait aujourd’hui bien plus dégradée si nous n’avions pas investi il y a 40 ans dans l’aéronautique, qui est notre premier excédent commercial avec un peu plus de 18 milliards d’euros en 2010. Je vous demande ce que serait notre balance énergétique si nous n’avions pas investi dans le programme électronucléaire ?

Il serait paradoxal aujourd’hui de couper nos efforts, comme nous l’avons trop souvent fait au cours des dernières décennies, alors même que s’engage une course de vitesse pour produire les technologies qui s’imposeront dans les décennies à venir et que partout dans le monde, les gouvernements – quoi qu’ils en disent – participent directement à cet effort d’investissement. Enfin, nous avons lancé une nouvelle phase de soutien aux pôles de compétitivité qui renforcent les capacités technologiques de nos entreprises, essentiellement de nos entreprises industrielles, grâce aux partenariats qu’elles établissent entre elles et avec les laboratoires publics. Tous ces efforts portent leurs fruits, même si naturellement leur diffusion dans l’ensemble de notre tissu productif prendra du temps.

La deuxième piste que nous avons suivie, en parallèle, c’est celle de l’allègement des contraintes qui pèsent sur l’économie française et l’aide aux entreprises pour maîtriser leurs coûts. Evidemment, la réforme du crédit impôt-recherche et la suppression de la taxe professionnelle y ont contribué. En 2007, avec l’exonération et la défiscalisation des heures supplémentaires, nous avons atténué l’impact des 35 heures sur le coût du travail, tout en faisant en sorte que les salariés puissent en bénéficier pleinement à hauteur de 3,5 milliards d’euros par an, pour 9 millions d’entre eux. En ne cédant pas pour la première fois pratiquement depuis le début de notre Histoire récente, à la facilité de ce qu’on appelait les «coups de pouce» sur le SMIC, nous avons mis fin à une habitude qui avait pour conséquence d’exclure les salariés les moins qualifiés du marché du travail.

Les performances du commerce extérieur ne reposent pas d’abord sur la politique qui est conduite par les Pouvoirs publics, elles reposent d’abord sur la compétitivité des entreprises. Mais elles doivent aussi être soutenues par une volonté politique. Et pour 2011, notre politique de l’export s’articule autour de trois grands axes.

Le premier, c’est l’ouverture des marchés et la régulation du commerce international. Nos entreprises doivent pouvoir accéder à des marchés étrangers plus ouverts. Durant la crise, nous avons grosso modo réussi à éviter l’écueil du protectionnisme, qui est en général la réponse immédiate dans ce genre de situation, et je crois qu’on peut dire d’ailleurs que nous avons ainsi contribué à limiter l’ampleur de la récession. Mais pour que nous puissions pleinement profiter de la reprise, il faut maintenant faire tomber les barrières inutiles. Je souhaite que l’Union européenne puisse signer en 2011 deux nouveaux accords de libre-échange, à condition naturellement qu’ils soient équilibrés et qu’ils soient pleinement conformes au principe de réciprocité qui a enfin été approuvé par le Conseil européen, à l’initiative de la France. Je souhaite aussi que la Russie puisse adhérer cette année à l’Organisation Mondiale du Commerce. Par ailleurs la France est prête à soutenir un accord ambitieux sur la conclusion du cycle de Doha, pour autant bien entendu que cet accord préserve les intérêts agricoles européens.

L’Europe doit être moins naïve et beaucoup plus exigeante que par le passé vis-à-vis de ses partenaires. L’ouverture des frontières ne peut pas se faire dans un seul sens. Et si certains pays ferment leurs marchés publics à nos entreprises, il n’y a aucune raison pour que nous, nous ouvrions le nôtre aux leurs. Je me réjouis d’ailleurs que la Commission Européenne - et là aussi c’est une demande que j’avais formulée quasiment depuis 2007 - ait annoncé son intention de présenter cette année une proposition législative sur cette question de la réciprocité sur l’ouverture des marchés publics. La politique commerciale européenne doit aussi mieux tenir compte de l’évolution du monde. Aujourd’hui, on ne peut plus consentir aux grands pays émergents les mêmes avantages que ceux qui sont accordés aux pays les moins avancés. Et je souhaite donc que soit engagée cette année une révision des critères d’accès au système européen de préférence généralisée. Pour que nos entreprises puissent lutter à armes égales, il faut faire en sorte que les règles soient partagées par tous ; il faut éviter que soient récompensés le moins-disant social, le moins-disant environnemental et la contrefaçon. C’est une nécessité économique et j’ajouterai une nécessité morale, conforme à l’idée que nous nous faisons de nos valeurs.

Les négociations commerciales sont l’occasion d’obtenir de nos partenaires des engagements concrets. Je pense que c’est un très beau combat pour l’Europe. C’est un combat économique, mais c’est aussi un grand combat politique qui permet à l’Europe de se rassembler autour des valeurs qui la constituent. Cette nouvelle diplomatie commerciale ne produira tous ses résultats que si elle peut s’appuyer sur des outils de dissuasion suffisamment efficaces. Les nouvelles procédures européennes de défense commerciale applicables à partir du 1er décembre 2012 faciliteront les ripostes au dumping et aux subventions illégales. Et je me réjouis que la France ait su convaincre ses partenaires d’avancer sur ce sujet.

Le deuxième axe, c’est le soutien aux grands contrats. En 2010, ils ont atteint 21 milliards d’euros, soit un accroissement de 38% par rapport à 2009. Mais cette forte progression ne doit pas cacher que nos entreprises sont confrontées à une compétition qui est de plus en plus difficile. Elles font face, dans les grands appels d’offres internationaux, à une nouvelle catégorie de concurrents issus des pays émergents eux-mêmes, qui combinent une maîtrise technologique qui va croissant, des prix de revient extrêmement avantageux et des offres de financement très compétitives.

Cette nouvelle donne conduit parfois à une remise en cause complète des positions acquises par les grandes entreprises françaises, y compris dans nos filières d’excellence comme la production d’énergie, les grandes infrastructures ou les transports terrestres. En 2011, l’Etat renforcera donc ses moyens pour accompagner les entreprises dans la bataille des grands contrats. Les contrats les plus stratégiques pour l’économie française et pour l’emploi bénéficieront d’un accompagnement institutionnel renforcé de la part de l’ensemble des services de l’Etat, et ils accèderont aux mécanismes de financements innovants à l’export, notamment par l’assouplissement de l’assurance-crédit pour aligner quand il le faut, les conditions de financement purement et simplement, les conditions de financement des projets sur les offres de nos concurrents.

L’objectif de ces efforts collectifs, permettez-moi de le rappeler, ça doit être l’emploi en France. Et je demande aux services de l’Etat d’être vigilants sur le respect de cet impératif, donc je voudrais que chacun se souvienne que nos concurrents sont les premiers à appliquer. Il ne s’agit pas naturellement d’imposer aux entreprises de créer tous leurs emplois en France, ce n’est pas le sujet, mais là où l’Etat accompagne les entreprises, là où l’Etat met en place des financements particuliers pour leur permettre d’investir, là où l’Etat met en place des garanties, il est naturel qu’il y ait en retour un effort de créations d’emplois sur le territoire national. Dans le même temps, la France s’engagera pleinement pour une concurrence loyale et équilibrée en matière de soutien public aux grands contrats.

Au deuxième trimestre nous organiserons à Paris une conférence sur ce sujet qui associera l’ensemble des pays du G20. Il est très important à cet égard que les grand pays émergents adhèrent eux aussi aux règles multilatérales qui encadrent les financements export.

S’agissant du secteur aéronautique, au-delà du contentieux qui oppose l’Europe aux Etats-Unis sur le financement d’Airbus et de Boeing, pour lequel le dernier rapport de l’OMC ouvre d’ailleurs la voie à une solution négociée, je souhaite pour l’avenir que la négociation en cours sur les financements export dans l’aéronautique associant les pays de l’OCDE et le Brésil aboutisse rapidement en 2011, et qu’elle contienne une clause d’entrée ultérieure pour la Chine. Mais les grands contrats ne sont pas tout et vous le savez bien. Ils ne représentent en réalité qu’un peu plus de 5% de nos exportations. Parmi les défis que nous avons à relever, le plus important c’est certainement celui qui consiste à amener plus d’entreprises vers l’export. Et c’est le troisième axe de notre politique de l’export. Peut-être davantage que la dégradation de notre solde commercial, c’est la baisse régulière du nombre des entreprises exportatrices qui doit nous interpeller. De 107.000 en 2000, nous sommes passés à environ 91 000 en 2010, alors que l’Allemagne compte 400 000 entreprises exportatrices. On ne peut pas se résigner à ces chiffres. Et il est essentiel que nos entreprises se tournent davantage vers l’international, dans des secteurs plus nombreux. L’export, cela ne concerne pas que les avions, les trains ou l’industrie pharmaceutique. Les PME peuvent aussi y réussir. Elles peuvent… D’ailleurs il y a énormément d’exemples dans ce sens, réussir sur de toutes petites niches. Pour autant qu’elles y excellent.

Nos chefs d’entreprises doivent avoir aujourd’hui le réflexe de regarder hors de nos frontières, pour voir s’il n’y a pas à l’étranger une demande pour leurs produits, et même pour adapter leurs produits à la demande internationale et à ses évolutions.

Pour les PME, l’exportation va de paire avec le franchissement de paliers de croissance, et par conséquent l’augmentation du nombre des entreprises de taille intermédiaire dont on sait qu’il est historiquement trop faible en France. L’augmentation du nombre de ces entreprises est un objectif prioritaire auquel le gouvernement est extrêmement attaché. Et c’est un des enjeux de notre mobilisation pour l’export.

Sous l’impulsion de Christine LAGARDE, d’Anne-Marie IDRAC et à présent de Pierre LELLOUCHE, le Gouvernement a mis en œuvre des réformes profondes pour relever le défi de l’internationalisation de nos entreprises. Nous avons réorganisé nos réseaux à l’étranger en orientant les moyens vers l’accompagnement des entreprises et pas seulement vers les missions régaliennes. L’objectif est d’aider nos entreprises à nouer des contacts et à prendre des marchés sur place.

Il y a deux ans, UBIFRANCE n’était présent que dans 8 pays ; il est désormais, cher Alain, présent dans 46 pays, représentant 90 % des exportations françaises. Dans le même temps, le nombre des entreprises accompagnées chaque année a triplé.

Ce sont de bons résultats, en tout cas sur une période aussi courte, et ce point est très important parce que les enquêtes que nous réalisons auprès des chefs d’entreprises montrent que le principal frein à l’export c’est le plus souvent la difficulté à trouver des partenaires locaux et notamment des distributeurs dans un climat de confiance et de sécurité juridique. Nous allons à présent fixer des objectifs qualitatifs afin de nous assurer que ces accompagnements se traduisent bien en exportations supplémentaires : 70 % au moins des primo-exportateurs à haut potentiel accompagnés devront avoir développé un courant d’affaires vers le pays-cible l’année suivante. Pour accompagner prioritairement les entreprises vers les pays émergents, 60 % des actions d’accompagnement sont désormais en direction du « grand large », au-delà de l’Europe et au-delà du pourtour méditerranéen et nous devons poursuivre dans cette direction. Aller chercher la croissance là où elle est la plus forte, c’est évidemment une nécessité offensive si nous voulons que nos entreprises se développent plus vite. C’est aussi une nécessité défensive, parce que les entreprises qui ne s’implantent pas sur ces marchés risquent fort de voir d’autres entreprises européennes y prospérer et revenir ensuite les concurrencer jusque chez elles. A côté des dispositifs d’accompagnement, l’amélioration de l’accès aux financements export est un enjeu essentiel. Depuis 2007, le nombre d’entreprises ayant bénéficié de l’assurance-prospection de la COFACE est passé d’un peu moins de 5 000 à un peu plus de 7 000. Je souhaite que nous passions à 10 000 à la fin de l’année 2012, tout en simplifiant les dispositifs publics de financement de l’export, qui sont encore trop peu lisibles.

L’export est une question de compétitivité – nous en avons parlé. C’est une question de financements, c’est une question d’innovation, mais c’est aussi une question d’état d’esprit. Avec le dispositif du Volontariat International en Entreprise, nous avons actuellement plus de 6 500 jeunes qui sont en poste à l’étranger, où – et c’est très, très important pour l’avenir – ils apprennent à penser à l’échelle mondiale. J’ai demandé à Pierre LELLOUCHE en liaison avec Luc CHATEL et Nadine MORANO, de me faire des propositions pour qu’on puisse faire bénéficie plus largement ce dispositif aux jeunes diplômés de l’enseignement technique. Tous ces efforts ne porteront leurs fruits que s’ils sont relayés par la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés.

Les grandes entreprises doivent accroître le portage des PME et des entreprises de taille intermédiaire. C’est leur intérêt. Comme leurs homologues d’autres pays d’ailleurs, savent si bien le faire. Là encore, je constate que les mentalités évoluent. La création en 2009 de l’association Pacte PME International est une illustration de ces changements. Dans le même esprit, les grandes entreprises qui bénéficient de soutiens publics dans le cadre des grands contrats seront incitées, à partir de cette année, à faire bénéficier leurs sous-traitants français de ces marchés à l’export.

La création en 2008 de ce qu’on a appelé l’Equipe de France de l’export – et c’est plus facile d’en parler ce matin qu’il y a quelques semaines – illustre cette nécessité de jouer collectif, qu’il s’agisse des services de l’Etat, des collectivités locales, d’UBIFRANCE, d’OSEO ou de la COFACE, des Chambres consulaires, des Fédérations professionnelles ou des conseillers du Commerce extérieur. Elle s’appuie sur votre mobilisation collective que je suis venu aujourd’hui saluer. Ceux d’entre vous qui sont tous les jours au contact des entreprises en région ont un rôle absolument essentiel à jouer pour identifier celles qui peuvent être candidates à l’export et pour les orienter vers les dispositifs d’accompagnement adéquats. Cela suppose que les rôles de chacun soient clarifiés, dans le respect de leurs compétences, avec l’ambition d’améliorer le service proposé aux entreprises. Nous allons expérimenter cette année dans 3 régions un « point de contact unique pour l’export » qui sera capable d’orienter les entreprises vers l’ensemble des offres d’accompagnement. Par ailleurs, nous avons décidé de renforcer les collaborations entre UBIFRANCE et OSEO, afin que les entreprises avec lesquelles OSEO est quotidiennement en contact puissent se voir en même temps proposer de façon systématique les offres d’UBIFRANCE.

Nous avons des entreprises créatives, nous avons beaucoup d’atouts à déployer, nous avons beaucoup d’énergie à exercer. Il faut simplement que nous nous en saisissions. Le déficit de notre solde commercial n’est pas une fatalité. Et je dois dire d’ailleurs que si c’était une fatalité ça serait une condamnation à termes pour notre économie et pour notre modèle social et pour notre mode de vie. En misant principalement sur l’innovation pour regagner en compétitivité, nous ne nous contentons pas de combler un retard, nous cherchons aussi à reprendre de l’avance, à anticiper sur les secteurs porteurs de l’économie future et au fond, à sortir par le haut d’une situation a priori nous est défavorable. Les réformes que nous avons engagées commencent à porter leurs fruits et je pense que nous en tirerons de plus en plus de bénéfices. Mais nous n’allons pas relâcher l’effort. Nous n’allons négliger aucune piste pour améliorer nos performances à l’export parce que l’enjeu c’est celui de notre puissance économique et c’est évidemment celui des emplois que nous devons créer en plus grand nombre. Il faut que nous agissions avec plus d’ambition pour contrecarrer une tendance ancienne, que l’on a trop longtemps laissée s’installer sans réagir suffisamment. Cette tendance qui au fond consistait à penser que nous étions les meilleurs et que donc nous n’avions pas besoin de faire d’efforts. Quand on entend régulièrement ceux qui nous disent : Oui c’est vrai on travaille moins dans notre pays mais on est plus compétitifs, plus productifs, plus le temps passe moins c’est vrai. Et plus le temps passe plus nous avons en face de nous des concurrents sérieux et plus nous avons en face de nous des partenaires qui savent analyser nos faiblesses, s’en servir, en jouer dans la compétition internationale. Alors tout cela ne se fera pas en un jour, mais je veux croire que nous y parviendrons et que l’avenir établira toute la portée des mesures que nous sommes en train de prendre.

En tout cas, je voulais vous dire que le combat que vous menez est peut-être l’un des combats les plus essentiels pour la puissance économique française ; pour l’emploi en France ; pour le rayonnement de notre pays. Et donc pour notre nation tout entière qui compte sur votre volonté et sur votre engagement.

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

hadj hamou 06/03/2011 12:49



Bonjour,


Je m'interroge comme bon nombre de français sur notre situation économique et sur le comportement ethique de nos politiques.


Je fais partie de ces francais de couche moyenne qui se pauperisent d'une façon gravissime.


Je voudrais que nos hommes politiques posent la question de l'étique et de la responsabilite.


Je vous rassure ne cherchez pas, nous avons la solution à porte de main :


Nous avons un outil de regulation merveilleux, coutant une petite fortune,que l'on commente ,  qui nous donne tous les details  des gabegies de nos politiques,  ........sans aucune
reaction, surtout aucune responsabilité !!!! il s'agit du rapport de la cour des comptes!!!!!!!!!!!


En tant que citoyenne je demande que ce rapport soit suivi d'une mise en responsabilité et d'une réponse juridique  car il s'agit de nos impots et que l'on ne plus admettre une telle depense
de fonds publics.


D'autre part quel politique aura le courage de supprimer le cumul des mandats et des retraites de nos politiques.


On ne peut continuer à demander des efforts d'un côté sans donner l'exemple.


Je crois profondemment qu'il y a un besoin de verite et de d'ethique de la chose POLITIQUE.


Il faut savoir anticiper


 



Ubu 20/02/2011 18:15



Exporter quoi ?


Nos 20 millions d'inactifs de 18 à 65 ans dont la moitié est étrangère, sans papier ? !


Il est un peu tard pour y penser ! Toutes les usines ont été délocalisées malgré les 70 milliards d'aides publiques puisées dans les poches des classes moyennes !


Nous avons deux catégorie de jeunes, les privlégiés surdiplômés qui partent en Asie pour gagner plus que le smic et les autres sans diplômes qui vivent  avec des jobs précaires et des
salaires misérables et une  liste des allocations pour un assistanat à vie !


Vous savez pourquoi les français font des gosses ? C'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour arrondir leur feuille de paie ou la liste des aides de l'Etat pour leur statut de chômeur !


 


 



MARIANE 14/02/2011 13:43



C'est possible, seul problème comme pour la semaine des 4 jours dans l'éducation nationale, j'ai l'impression que vous souhaitez aller trop vite et pour beaucoup de réformes. Vous faites un
pas en avant et deux en arrière ou les réformes sont des demi-réformes. Le président parle de l'échec du multiculturalisme, c'est la réalité, et que compte faire le gouvernement ? La France
continue la distribution des aides à des personnes qui ne veulent pas s'intégrer et qui nous imposent le voile, l'égorgement des animaux, les prières dans les rues et ce n'est pas en
construisant des mosquées supplémentaires que l'échec du multiculturalisme s'estompera. C'est dommage car beaucoup de français sont déçus par la politique de l'UMP. A 1 an des élections j'attends
beaucoup de vous pour ne pas sombrer dans le chaos.



Abdel76 12/02/2011 11:57



Bonjour Monsieur Fillon


Au vue du dispositif de l'autorité Algerien a Alger, pourquoi n'intervenez vous pas pour avertir l'Algerie contre une repression policiere ?


Ne craignez-vous pas que le debordement eventuel de violence de la part de la police Algerienne, pourrait cree un mouvement de revolte populaire et violent de la part du grand nombre de la
jeunesse Algerienne en france ??


Le retard que vous prendriez eventuellement vis a vis de ce risque, risque d'etre a votre desavantage, sachant que sur internet, certains Algerien promettent d'incendier les rues en france si le
gouvernement francais fermait les yeux sur la situation Algerienne


 


Bon courage



Le Tollec eugène 11/02/2011 12:28



Monsieur le Premier Ministre


L'amélioration "à l'export" passe par une véritable culture "à l'export",enseignée dans toute nos facs ,"grandes écoles",MEDEF, Syndicats. Toutes écoles de commerce.


Passe aussipar ce que j'écrivais,sur un commentaire ,précédemment,soit


Un maillage total de nos filières,débouchant sur des ambassades économiques de nos savoirs faire au plus profond des espaces de "marchés".Le parfait exemple est l'assaut de la chine,etc.


J'ai vu ,en Amérique latine,les Japonais mettre en place les réseaux "automobiles",du Grand travail!


Nous le pouvons,Nous le devons!


Nous ne devons plus raisonner XXSiècle!


Monsieur je vous présente mes sincères salutations



COCHIN 11/02/2011 12:13



Exporter, notre entreprise le faisait depuis plus de 30 ans, dans le monde entier, à raison de 90% à 100% de son chiffres d'affaires (machines de soufflage des matières plastiques).


Elle utilisait de temps à autres les services d'Ubifrance ou du CFCE mais comptait essentiellement sur elle pour assurer son développement commercial, sur sa R & D, sur sa prospection
commerciale. 420 machines ont été exportées dans plus de 70 pays.


Pourtant, elle a été liquidée en janvier 2009, malgré un carnet de commandes lui assurant près de deux ans d'activité. Raison, plus de trésorerie. Donc cessation des paiements, dépôt de bilan et
une tentative de redressement massacrée par un administrateur judiciaire qui n'entendait rien aux subtilités du commerce international (il nous a imposé une banque qui ne travaillait pas à
l'international!)


En effet, l'essentiel du paiement de ces exportations était assuré par crédit documentaire. La crise de confiance inter-bancaire de la fin 2008 a stoppé net la confirmation inter-bancaire de ces
c.d.. Notre banque a même refusé un c.d. émis par HSBC! Les c.d. n'étant pas confirmés, les acomptes à la commande n'étaient plus versés. Donc plus de fonds de roulement, impossibilité de payer
les fournisseurs et donc de produire etc...


Quand la confiance inter-bancaire a été restaurée, il était trop tard. Grâce à Yvon Jacob, nous avons pu redémarrer en avril 2009. L'entreprise a été immédiatement rentable , grâce au service
après-vente. Mais les deux-tiers d'un effectif hautement qualifié a été licencié et nombre de sous-traitants ont été mis à mal.


Nous ne retrouvons que maintenant notre part de marché antérieure, nos clients nous ayant fait confiance et conservé leurs commandes de 2008/2009. 


De longue date, nous étions fragiles, sans réserves financières. Plus nous nous développions (2 MF de C.A. en 1993, 10 M€, en 2008), plus nos besoins en fonds de roulement s'accroissaient. La
raison en est simple. Il faut de 3 à 6 mois pour produire une machine et les fournisseurs n'ont cessé de réduire leurs délais de paiements. La faiblesse de nos résultats n'attirait aucun
investisseur et nous devions donc nous auto-financer totalement.


La mesure qui nous aurait sauvés a été prise courant 2009, la possibilité de négocier les c.d. irrévocables et confirmés auprès de nos partenaires bancaires qui le font, c.d. considérés comme des
créances quasi certaines. Nous commençons à l'utiliser et cela change radicalement la situation. Nous ne craignons plus de prendre des commandes.


Cependant, le principal handicap que nous avons est la taille de nos entreprises par rapport à nos concurrents, allemands en particulier. Et donc nos moyens de prospection et promotion
commerciale. Il n'est que de visiter un salon en Allemagne ou même en France pour se rendre compte de la différence de taille entre les stands. Là où nous pouvons investir dans quelques m², nos
concurrents ont des stands de plusieurs centaines de m².


Tout va de pair. A quelques exceptions près, nous ne jouons pas dans "la même cour". 


Je ne crois pas que nous soyons inférieurs à nos concurrents en qualité des produits, R & D, motivation et qualité des commerciaux. Nous avons même l'avantage de la réactivité et de
l'inventivité grâce à des ingénieurs et des techniciens excellents. Mais nous n'avons pas de puissance financière.


Vous en connaissez les raisons. Les prélèvements collectifs excessifs sur notre valeur ajoutée et le coût du travail. Cela a aussi une incidence sur l'emploi. Cette situation nous a amené à ne
créer que des postes à haute valeur ajoutée et à supprimer les emplois peu ou non qualifiés pour les sous-traiter hors de France.


Le ratio valeur ajoutée/coût du poste de travail est beaucoup plus favorable pour un ingénieur que pour un employé non qualifié. Et ce ne sont pas les allégements de charges sociales qui peuvent
modifier sensiblement ce rapport.


Le redressement de nos exportations et le développement de notre économie passent d'abord par la réduction des prélèvements sur la valeur ajoutée que nous produisons. Nous vivons au-dessus de nos
moyens et nous n'ajustons pas nos dépenses collectives à nos ressources.


Serait-ce une "révolution" que de considérer que l'Etat et les collectivités locales sont au service de la France et, non pas, l'inverse?


 


 



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