Ce site n'est plus à jour

Découvrez Fillon2017.fr
12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 19:03

François Fillon s'adresse aux soldats français en Afghanistan le jeudi 11 février 2010.


François Fillon avec les soldats français en Afghanistan le 11 février 2010.

Monsieur l’ambassadeur,

Mon général,

Mesdames et Messieurs les officiers généraux

Mesdames et Messieurs,

 

J’ai souhaité venir en Afghanistan, et venir tout spécialement ici, au cœur de la région de Kapisa, pour vous rencontrer, vous les soldats français de la Task Force La Fayette.

 

L’engagement militaire français, dans cette région en conflit, est ancien. Vous avez repris le flambeau au service de la Paix, et vous assurez votre mission avec valeur et avec honneur.

Je suis fier de pouvoir vous rencontrer, de pouvoir vous écouter et de pouvoir vous porter témoignage du soutien et de la reconnaissance de la France pour votre action.

 

Depuis ce matin, j’ai visité vos deux principales emprises. J’y ai vu des soldats entraînés, des soldats motivés qui accomplissent avec détermination leur mission dans des conditions rustiques.

Que vous soyez chasseurs alpins du 13ème bataillon, cavaliers du 4ème chasseurs, artilleurs du 93ème Régiment d’artillerie de montagne, ou légionnaires du 2ème régiment étranger du Génie, et vous, combattants indispensables du soutien des forces, vous êtes ici les représentants de l’Armée française dont vous incarnez le prestige et l’efficacité.

 

Je veux vous dire que j'ai confiance en vous, que j'ai confiance en votre chef en opération le général DRUART.

Cette confiance, elle entoure tous les militaires français des trois armées déployées en Afghanistan. Elle va aussi aux soldats et aux gendarmes qui encadrent et qui forment l’armée et la police nationales afghanes.

 

Vous avez choisi de porter les armes et de servir la France, en opérations, loin du territoire national.

Ce service comporte des contraintes, je pense ici à celles subies par vos familles et par vos proches, dont vous êtes séparés pour de longs mois. Il comporte aussi des risques, que vous assumez avec abnégation et avec sang froid. L’intensité de votre engagement fait votre fierté et votre haute réputation militaire.

 

A quelques kilomètres d’ici, je veux me souvenir que deux de vos camarades, le capitaine ROULLIER et le sergent-chef TOINETTE, ont payé de leur vie cet engagement au service de la Paix.

Je veux me souvenir du soldat de 1ère classe LIBAERT, du 13ème bataillon de Chasseurs Alpins, tué avant-hier à l'entrée de la vallée d'Alasay.

Le sacrifice de vos camarades n’est pas vain. La France honore leur mémoire et elle n’oublie pas ceux qui tombent et se battent pour elle.

Dans la région de Kapisa et de Surobi, vous conduisez, comme eux, des opérations militaires pour y restaurer la sécurité.

 

Vous êtes ici pour reconstruire un pays meurtri, un pays meurtri par trente années de guerre, un pays déchiré, un pays ruiné par une violence endémique. Vous êtes ici aussi pour défendre des valeurs universelles qui sont chères à la France : la démocratie, les droits de l’homme, qui commencent par le droit de vivre en paix et en liberté.

Vous êtes ici pour aider à rétablir la pleine souveraineté du peuple afghan. Vous êtes ici afin que ce pays ne redevienne pas le sanctuaire du terrorisme international.

 

Pour tout cela, je veux vous dire que vous servez une cause juste et une cause noble.

Juste parce que votre mission repose sur un mandat des Nations Unies, renouvelé chaque année.

Juste parce que la force internationale, au sein de laquelle vous servez, marque la volonté des nations coalisées de ramener la paix dans ce pays, et de garantir la liberté de son peuple. Juste parce que vos règles d’engagement vous prescrivent, conformément au droit international humanitaire, un usage proportionné de la force, une maîtrise rigoureuse dans les opérations militaires que vous conduisez, et un respect absolu des populations civiles.

Juste enfin parce que le Parlement français, confirmant ainsi la solidarité de la Nation, a approuvé le 22 septembre 2008 votre engagement.

 

La France reste fidèle à la voie qu’elle a toujours suivie en Afghanistan, qu’elle a cherché à promouvoir auprès de ses partenaires depuis de longues années, et qui se voit aujourd’hui reconnue.

 

La France donne la priorité de son action au soutien de la population et à la reconstruction du pays. Notre stratégie, c'est celle de la démocratie et de la réconciliation de l’Afghanistan.

Notre défi consiste, simultanément, à sécuriser et reconstruire ce pays en souffrance.

Cette approche est la seule qui permette de réduire le nombre des insurgés, qui permette d’éviter qu’ils n’obtiennent le soutien des villageois, qui permette de faire comprendre les raisons de notre présence à la population.

 

Cette stratégie, je l’exposais déjà en 2008 devant l’Assemblée nationale, elle est toujours d’actualité et c’est bien celle du général McCHRYSTAL avec qui j’ai partagé ces convictions, lorsque nous nous sommes rencontrés ce matin.

 

C’est pourquoi je veux vous dire combien nous soutenons résolument les projets de reconstruction au profit des populations, que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la santé ou encore de l’agriculture, comme cette plantation d’arbres fruitiers que je viens de visiter dans la vallée de Nijrab.

Ces actions, qui s’appuient sur les populations locales et qui répondent aux besoins qu’elles expriment, nous permettent de gagner leur respect et leur amitié. La paix ne se gagne pas seulement par l’usage des armes, elle se gagne aussi par la confiance des populations.

 

2009 aura été une année éprouvante, aussi bien pour les populations que pour les forces armées afghanes et coalisées.

 

Mais 2009 a aussi porté les germes d’un renouveau.

A l’issue d’un processus difficile, un nouveau mandat a été donné au Président KARZAI.

Les alliés se sont de leur côté dotés d’une stratégie renouvelée qui correspond à nos aspirations.

A Londres, il y a deux semaines, répondant à l’initiative lancée à l’automne dernier par le président de la République, par la Chancelière allemande et le Premier ministre britannique, plus de 70 nations réunies ont soutenu la volonté du Président KARZAI de voir l’Afghanistan prendre en mains son destin et assurer sa propre défense, dans une gouvernance intègre, pleine et entière.

Des engagements précis ont été pris par toutes les parties sur tous les sujets qui conditionnent l’avenir de l’Afghanistan: le combat pour la sécurité, la réconciliation nationale, la gouvernance, la lutte contre la corruption, le développement et la coopération régionale.

 

L’ONU, l’OTAN, l’Union Européenne et tous les pays de bonne volonté qui souhaitent la stabilité et la reconstruction de l’Afghanistan, doivent désormais travailler ensemble pour que ces engagements soient tenus et qu'ils se traduisent dans les faits sur le terrain.

 

Je ne veux en aucun cas minimiser les défis qui nous restent à relever. Mais il y a une vision claire et consensuelle des objectifs que nous devons atteindre et des moyens pour y parvenir.

 

L’un des points essentiels de cette approche, c’est «l’afghanisation».

Il s’agit de créer les conditions pour que les autorités afghanes reprennent le contrôle effectif du pouvoir, et assurent une gouvernance efficace et transparente.

C’est ce que nous avons été capables de faire l’an passé à Kaboul qui doit servir de modèle pour être étendu progressivement à l’ensemble de l’Afghanistan.

C’est dans cet esprit que nous nous sommes notamment engagés à maintenir et à renforcer la formation et l’encadrement de l’armée nationale afghane.

Depuis 2008, la France a ainsi augmenté ses effectifs de 1.300 hommes, principalement affectés à cette tâche.

 

Le Président de la République l’a rappelé récemment : nous sommes en Afghanistan parce que cela est conforme à nos principes et à nos valeurs, mais aussi parce qu’il en va de notre sécurité.

Un Afghanistan qui serait livré brutalement à lui-même précipiterait la région tout entière dans la spirale du malheur, de la violence et de la ruine. Cela nous ramènerait à l’époque où les réseaux terroristes avaient fait de ce territoire leur base arrière pour préparer leurs actions dans nos pays.

La situation difficile à laquelle est aujourd’hui confronté le gouvernement du Pakistan dans les régions qui jouxtent la frontière de l’Afghanistan, constitue pour tous un avertissement.

 

La France restera en Afghanistan pour que le succès de ce processus - sécurisation, afghanisation, reconstruction - soit assuré.

Elle restera engagée aux côtés du peuple afghan, en pleine solidarité avec les Alliés, aussi longtemps que cela sera nécessaire.

 

Comme l’a souligné le général GEORGELIN, cet objectif ne se réduit nullement à une victoire militaire.

Nous cherchons à obtenir une stabilité suffisante pour que les Afghans prennent en charge leur avenir et leur sécurité, et soient en mesure de réaliser les politiques de développement dont ce pays a tellement besoin. Cet objectif est raisonnable, et nous l’atteindrons.

Les sirènes du renoncement, nous ne les écouterons pas !

Les défaitistes n’ont rien d’autre que le chaos afghan en perspective.

Je sais que votre mission est difficile, elle est courageuse, elle est constructive, elle est à l’honneur de votre engagement et des valeurs qu’incarne la France.

 

Puisque je viens de citer le général GEORGELIN dans ses œuvres, je veux, au moment où il va quitter ses fonctions de chef d'état-major des Armées, lui dire toute la gratitude qui est la mienne, qui est celle du Gouvernement français. Il a pendant trois ans et demi servi les armes de la France. Il l'a fait avec brio et avec honneur. Aussi bien s'agissant de la vie quotidienne de nos armées, qui sont de sa responsabilité, qu'en conduisant l'une des plus grandes mutations et donc une des plus difficiles, que les Armées françaises aient eu à connaître. Je veux lui dire toute la gratitude qui est la nôtre.

 

Enfin, je vous exprime, Mesdames et Messieurs, la satisfaction du Président de la République et du Gouvernement pour la dignité avec laquelle vous remplissez votre mission.

 

Je vous exprime aussi la reconnaissance de la nation toute entière pour les actions que vous menez avec efficacité et avec humanité.

 

Permettez-moi, avec vous, de dire "Vive les armées françaises ! Vive la République ! Et vive la France !".

 



Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article

commentaires

bayrak satınal 15/02/2010 11:03


Merci pour le partage. Félicitations pour un très beau design


Mes vidéos

Fil Twitter

Recherche