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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 13:06

 

François Fillon s'exprime lors de son voyage à Riyad en Arabie Saoudite le 12 février 2011.

 

 

François Fillon répond aux questions de la presse à l'occasion de son déplacement à Riyad en Arabie Saoudite le samedi 12 février 2011.
 

Mesdames et Messieurs, je voudrais d’abord vous dire le plaisir qui est le mien d’effectuer ma première visite en Arabie saoudite en tant que Premier ministre. C’est aussi la première visite d’un chef de gouvernement français depuis 1994.

Après m’être rendu sur le CHARLES DE GAULLE au large de Djeddah, j’ai pu m’entretenir ici à Riyad avec le prince héritier, avec le ministre de l’Intérieur et avec celui de la Défense. Les liens qui unissent la France et l’Arabie saoudite n’ont cessé de se renforcer au cours de ces dernières années dans tous les domaines : politique, économique ou culturel et c’est tout le sens que le Président de la République, qui est venu trois fois en Arabie Saoudite et qui a rencontré sa Majesté le Roi Abdallah à New York en janvier dernier, et moi-même souhaitons donner à notre partenariat stratégique, partenariat que nous voulons encore aujourd’hui renforcer.

 

Sur le plan politique d’abord, ce partenariat s’exprime par une concertation très étroite sur toutes les questions régionales dans un environnement fragile, dans un environnement complexe. Je pense évidemment à la situation au Proche Orient où il y a toujours urgence à agir, au Liban, à l’Iran. Dans le cadre du G20 aussi puisque l’Arabie saoudite est un acteur majeur de la mondialisation et un partenaire privilégié pour la France, notamment à travers notre volonté d’apporter plus de régulation et plus de stabilité.

 

Dans le domaine de la défense ensuite où nous avons noué des liens très étroits . La tenue de l’exercice conjoint « White Shark » à Djeddah en ce moment même, en est une illustration éclatante et nous avons évoqué beaucoup des projets qui sont en cours de discussion sur ce sujet.

 

Sur le plan économique, je me félicite de l’accroissement de nos échanges avec une progression de 75% de nos exportations au cours des trois dernières années.  Je rappelle que l’Arabie saoudite est notre premier partenaire commercial dans le Golfe. AIRBUS pour ne citer qu’un exemple a largement participé ces dernières années au renouvellement de la flotte civile saoudienne avec des contrats portant sur l’acquisition d’A320 et d’A330.

 

Sur le plan éducatif et universitaire puisqu’en quelques années, le nombre des étudiants boursiers saoudiens en France a été multiplié par dix. J’ajoute que, depuis la première visite du Président de la République en janvier 2008, ce sont plus de 50 accords qui ont été signés dans le domaine universitaire et dans celui de la formation technique et professionnelle.

 

A mes interlocuteurs saoudiens, j’ai redit notre totale détermination pour faire franchir un nouveau cap à nos relations bilatérales, j’ai notamment évoqué aujourd’hui avec les autorités saoudiennes les grands contrats, notamment le TGV des lieux saints, à la construction et à l’exploitation duquel candidatent ALSTOM et la SNCF avec leurs partenaires saoudiens. ALSTOM a produit plus de 600 TGV, exportés dans de très nombreux pays, récemment au Maroc. Nos entreprises sont totalement mobilisées pour réussir ce contrat.

Nous avons abordé également notre coopération en matière d’industries d’armement – je pense en particulier au projet d’acquisition d’un satellite d’observation, à la modernisation des systèmes de défense antiaériens et à la rénovation et au renforcement des capacités navales du Royaume

 

Sur le plan de la coopération dans le domaine de la sécurité, nous sommes convenus de la nécessité de poursuivre notre bonne coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

 

Un mot enfin de la situation dans les pays arabes et notamment en Egypte que nous avons naturellement évoquée avec mes interlocuteurs saoudiens. Comme je l’ai dit ce matin, le départ du Président MOUBARAK ouvre une nouvelle page pour l’Egypte. Au-delà de la satisfaction des attentes légitimes du peuple égyptien, dont la détermination et le courage forcent l’admiration, je souhaite que l’Egypte conserve le rôle clé qu’elle a toujours joué au service de la paix et de la stabilité au Proche et au Moyen-Orient et je veux dire que la France, ami de toujours de l’Egypte, est plus que jamais aux côtés des Egyptiens dans cette nouvelle phase de leur histoire.

Voilà, je suis maintenant à votre disposition pour répondre à quelques questions.

 

 

Questions et Réponses

 

 

Journaliste

Monsieur le Premier ministre, comment est-ce que vous évaluez la coopération militaire entre la France et l’Arabie Saoudite ?

 

François FILLON

Ecoutez, cette coopération militaire est excellente, elle est très ancienne, elle remonte aux années 50. Elle s’est traduit par d’abord une coopération industrielle importante, mais elle se traduit aujourd’hui surtout par une coopération très intense en matière de formation des officiers et des ingénieurs saoudiens . Il y a un peu plus de 500 officiers ingénieurs saoudiens qui ont été formés en France et par des exercices répétés entre nos forces navales, nos forces aériennes pour améliorer notre capacité à travailler ensemble. J’ai indiqué aux autorités saoudiennes notre disponibilité pour engager la modernisation de la flotte saoudienne, pour assurer la modernisation des capacités de défense antiaériennes saoudiennes et également, comme je le disais tout à l’heure, pour aider l’Arabie saoudite à se doter de capacités d’observations spatiales qui sont aujourd’hui indispensables à une bonne maîtrise des questions de sécurité.

 

Journaliste

Monsieur le Premier ministre, Antonin ANDRE, EUROPE 1. Après la Tunisie, l’Egypte, un mouvement populaire semble aujourd’hui se dessiner en Algérie et en particulier à Alger. Y voyez-vous… anticipez-vous un mouvement qui se généraliserait à tout le Maghreb et au-delà au monde arabe, avec quelles répercussions pour la France en particulier s’agissant de l’Algérie ?

 

François FILLON

Bien sûr, nous suivons avec beaucoup d’attention et beaucoup d’espoir les mouvements qui se sont déroulés en Tunisie et en Egypte. J’ai eu l’occasion de m’entretenir longuement il y a deux jours avec le Premier ministre tunisien auquel nous allons apporter une assistance notamment en matière économique, qui permettra de consolider les avancées qui ont été obtenues. Je pense que nous devons faire preuve de prudence et en particulier nous devons réfléchir au fait qu’aucun observateur, aucune chancellerie, aucun pays quoi qu’en disent les uns et les autres, n’ont été en mesure de prévoir ce qui vient de se passer. Donc tout ceci doit nous amener à faire preuve d’une très grande modestie face à ce qu’on pourrait peut-être appeler une accélération de l’histoire. Il faut donc éviter de penser des situations nouvelles avec des formules préconçues, avec des formules anciennes . Le fait qu’il y ait des aspirations communes entre les peuples ne doit pas nous conduire à faire des raccourcis et à ignorer les spécificités et les différences qui existent par ailleurs entre les pays. Notre politique est et restera fondée sur deux principes : un, la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats – et je pense que c’est plus que jamais une règle que chacun devrait s’imposer – et en même temps l’attachement à des valeurs universelles qui sont ancrées dans notre histoire et qui fondent notre identité et qui sont les valeurs de respect des droits de l’homme, les valeurs de liberté, les valeurs de démocratie. Et il convient de trouver un équilibre entre ces deux principes : la France n’est pas là pour donner des leçons mais en même temps il importe que tous les systèmes politiques, que tous les gouvernements réfléchissent à ce qui vient de se produire et soient à l’écoute des attentes de leur population.

 

Journaliste

Bonjour. Je voudrais savoir votre commentaire en général sur la situation actuelle au Liban ?

 

François FILLON

La situation au Liban est évidemment aussi suivie avec beaucoup d’attention par le Gouvernement français ; nous avons pris note de la désignation du Premier ministre MIKATI par le Président de la République libanaise pour former un nouveau gouvernement. Nous voulons aussi et nous l’avons fait par la voix du Président de la République, saluer le travail du Gouvernement d’union nationale conduit par Saad HARIRI après des élections démocratiques exemplaires . Je voudrais rendre hommage aussi à la dignité et à la détermination avec lesquelles Saad HARIRI a conduit sa mission dans un contexte qui était particulièrement difficile.

Il y a maintenant un processus de formation du gouvernement qui est engagé, ce qui est important c’est que ce processus s’inscrive bien dans le cadre de la Constitution et dans le cadre des accords de Taëf et qu’il reflète le choix indépendant et souverain des Libanais, à l’abri de toute ingérence extérieure.

Avec l’Union européenne, nous avons appelé le futur gouvernement à respecter les engagements internationaux qui ont été pris par le Liban et notamment s’agissant du tribunal spécial pour le Liban, juridiction indépendante créée par une résolution du Conseil de sécurité qui a donc force obligatoire pour le Liban et qui doit pouvoir continuer son travail sans obstacle et avec la coopération entière et totale du gouvernement libanais.

La France aime le Liban, la France aime cet exemple de cohabitation de communautés différentes dans un cadre démocratique et nous sommes totalement mobilisés pour aider les Libanais à rechercher le consensus politique nécessaire à l’existence du Liban dans le respect de l’indépendance et de la souveraineté de ce pays.

 

Journaliste

Virginie LEGUAY, PARIS-MATCH. Est-ce que comme Michèle ALLIOT-MARIE, vous avez des regrets d’avoir passé vos vacances de fin d’année en Egypte et si c’était à refaire, le referiez-vous ?

 

François FILLON

Il ne s’agit pas, s’agissant de l’Egypte et de la France, de questions de relations personnelles, Madame ; il s’agit des relations entre la France et l’Egypte. Et depuis de nombreuses années, la France et l’Egypte ont des relations politiques intenses ; le Président MITTERRAND s’est rendu à de nombreuses reprises en Egypte à l’invitation du Président MOUBARAK ; le Président CHIRAC s’est rendu à de nombreuses reprises en Egypte à l’invitation du Président MOUBARAK ; le Président SARKOZY s’est rendu en Egypte à l’invitation du Président MOUBARAK et il m’a semblé que le Président OBAMA avait misé sur le Président MOUBARAK et sur l’Egypte, notamment lorsqu’il est allé au Caire prononcer son discours à l’adresse du monde arabe. Et lorsqu’au mois de septembre dernier, à la Maison blanche, il avait choisi de s’entourer du Président MOUBARAK et du roi de Jordanie pour tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien, malheureusement sans succès. Nous sommes dans une relation entre Etats avec l’Egypte et nous continuerons à avoir avec tous les dirigeants égyptiens légitimes les mêmes relations que par le passé, Madame. Voilà, je vous remercie beaucoup.





 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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Le Tollec eugène 18/02/2011 10:45



Monsieur le premier Ministre


OK pour vos deux discours.


La situation qui se met en place dans cet espace doit inciter la Farnce à reprendre pied dans ces divers pays,surtout en Arabie où la royauté ne doit pas trop apprécier la politique
américaine(rappelonsq nous que les US nous ont "volé" quelques beaux contrats.


Je dis donc ,bonne chance pour une reprise de contact fructueux.


Toutes mes salutations,Monsieur.



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