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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:17

François FILLON assure qu'il n'y aura pas de 3ème plan de rigueur au journal de 20H de France 2 le Mardi 6 décembre 2011.

 


 

 

  Interview du Premier ministre François FILLON

Invité de David PUJADAS au journal de 20H de France 2

 

Mardi 6 décembre 2011

 

 

David PUJADAS

Pour vous, c’est fait, la France est dégradée ou elle peut encore y échapper ?


François FILLON

Non pas du tout ! Vous savez, d’abord les agences de notation, c’est très important. Les gouvernements doivent en tenir compte. Elles donnent au fond un avis technique sur ce que pensent les marchés de la dette d’un pays. Mais ce n’est pas le seul élément qui doit conduire un gouvernement dans ses choix.


David PUJADAS

Mais ça veut dire que vous avez bon espoir que la France échappe à une dégradation de sa note ?


François FILLON

D’abord, la première chose, c’est qu’on fait tout pour conserver notre triple A et pour cela, le plus important, c’est de respecter la trajectoire financière qu’on s’est fixé. On a pris des engagements vis-à-vis de l’Europe, un déficit à 4,5 % en 2012, un déficit à 3 % en 2013. On fait tout ce qu’on peut pour que ceci soit respecté. Mais je veux dire aussi que le Gouvernement ne prendra pas de mesures qui seraient des mesures qui viendraient contrarier la croissance, ou qui seraient des mesures qui seraient totalement injustes, simplement parce qu’une agence de notation aurait menacé de dégrader notre pays.


David PUJADAS

Vous êtes en train de nous dire qu’il n’y aura pas de 3ème plan de rigueur, c’est décidé ?


François FILLON

Il n’y aura pas de 3ème plan de rigueur pour d’abord une première raison, c’est que l’agence qui vient de prendre des décisions de mise sous surveillance de tous les pays de la zone euro - qui a d’ailleurs plutôt adressé un message à la zone euro en disant à la zone euro au fond, les marchés ne comprennent pas comment vous fonctionnez, ils ne comprennent pas comment les décisions sont prises en Europe et ce qu’on vous demande, c’est de faire vite dans la mise en œuvre de réformes, de réforme de la gouvernance européenne et puis de réforme permettant de protéger l’euro - c’est vraiment le message principal de cette agence. Elle a adressé un 2ème message à chacun des pays et notamment…


David PUJADAS

Oui parce que nous sommes menacés de 2 crans de dégradation…


François FILLON

et notamment à la France, et au fond ce que nous dit cette agence, c’est qu’elle doute que les hypothèses de croissance sur lesquelles nous avons construit notre budget – que nous avons déjà réduit, 1 % pour l’année prochaine – se réalisent.


David PUJADAS

On parle de 0,3 ou 0,5 %, maintenant. C’est aussi ce sur quoi vous tablez ?


François FILLON

Il y a un consensus des experts autour de 0,5 %, mais l’agence indique aussi dans le même document que le Gouvernement français a montré jusqu’à maintenant une grande réactivité pour s’adapter à la situation. Et de fait, c’est ce que nous avons fait ! En août, il y a eu une baisse de la croissance, on a fait 12 milliards d’économie. En novembre, on a eu des informations sur la baisse de la croissance 2012, on a fait un 2ème plan de 7 milliards. Et j’ai mis 6 milliards en réserve dans le budget 2012, c’est-à-dire 6 milliards d’euros qui ne seront pas dépensés par les administrations et qu’on peut annuler si…


David PUJADAS

Si la croissance est encore plus faible…


François FILLON

la croissance est faible. Six milliards, c’est à peu près…


David PUJADAS

Ca suffira.


François FILLON

six milliards, c’est à peu près la différence entre une croissance à 1 % et une croissance à 0,5 %. S’il faut aller plus loin, s’il y a d’autres mesures qui doivent être prises, le Gouvernement français les prendra ! Simplement…

David PUJADAS

Ce n’est pas exclu.


François FILLON

Ce n’est pas exclu ! Simplement, nous ne les prendrons pas maintenant sur la foi de prévisions de croissance. On a fait, je crois, ce qui était juste et ce qui était nécessaire. S’il doit y avoir de nouveaux ajustements, ce sera sur la réalité de la croissance 2012 ! Et donc ça sera quand on connaîtra la croissance du 1er trimestre 2012, la croissance du 2ème trimestre, comme on a fait, d’ailleurs, cette année en 2011.


David PUJADAS

Nicolas SARKOZY, ce matin, dit : « La situation est grave ». Vous, vous avez parlé depuis des mois et des mois d’une « France en faillite ». Vous diriez quoi aujourd’hui ? Elle est préoccupante ? Elle est alarmante ?


François FILLON

Non, elle est grave…


David PUJADAS

On est au bord du précipice ?


François FILLON

Elle est grave parce que l’Europe connaît la crise la plus sérieuse depuis sa création. Puisque pour la première fois depuis que l’Europe a été créée, on se pose des questions sur le risque d’éclatement, non seulement de la zone euro, mais au fond de l’ensemble de la construction européenne.


David PUJADAS

Et plus grave pour l’Europe que pour le France, c’est ce que vous nous dites…


François FILLON

Ce ne serait pas grave pour la France si l’Europe n’était pas elle-même emportée dans cette tourmente ! Bien sûr que tous les pays européens sont trop endettés. La France fait partie de ceux qui sont particulièrement endettés, moins que d’autres ! Regardez aujourd’hui par exemple, la Grande-Bretagne a un déficit bien plus élevé que le nôtre, elle a une situation économique qui est très dégradée. Pourtant, elle ne subit pas, en tout cas pas pour le moment, la pression des agences de notation et c’est…


David PUJADAS

Parce qu’elle a une banque centrale qui est réactive…


François FILLON

Parce que les marchés comprennent comment fonctionne la Grande-Bretagne. Et donc les marchés ont grosso modo confiance dans la capacité de la Grande-Bretagne à rembourser ses dettes. S’agissant de la zone euro, les marchés considèrent qu’il n’y a pas de pilotage, il n’y a pas de gouvernement économique, en tout cas jusqu’à maintenant. Et surtout on a pris, au moment de l’affaire grecque, une décision qui était nécessaire pour la Grèce mais qui a paniqué les marchés, qui a consisté à dire « le secteur privé, les investisseurs privés, les épargnants qui ont acheté de la dette grecque, ils ne seront pas complètement remboursés ».

David PUJADAS

Le défaut partiel…

François FILLON

Et ça, c’est une des décisions qui ont été prises par le président de la République et par madame MERKEL hier, et qui est absolument fondamentale, qui n’est d’ailleurs pas été, à mon avis, assez mise en lumière, parce que c’est vraiment la décision qui pourra sauver les marchés…


David PUJADAS

On a dit « la Grèce restera un cas unique »…


François FILLON

C’est-à-dire qu’en fait l’Allemagne a accepté de renoncer à la mise en cause du secteur privé, des investisseurs privés en cas de restructuration d’une dette souveraine, et ça, c’est un élément de confiance très important.


David PUJADAS

On y revient, sur cet accord franco-allemand annoncé hier. Je vous propose d’écouter Jérôme CAHUZAC, pour le Parti socialiste, président de la Commission des Finances à l’Assemblée.


Jérôme CAHUZAC, Président (PS) de la Commission des finances à l’Assemblée nationale

Bonsoir, Monsieur le Premier ministre.  Au terme de sa mandature, le bilan de Nicolas SARKOZY est désolant : 1 million de chômeurs en plus, 75 milliards d’euros de déficit commercial, 500 milliards d’euros de dette de plus, 600.000 Français de plus qui vivent sous le seuil de pauvreté. Ce bilan, les Français le vivent et nos partenaires en Europe, les marchés, les agences de notation le connaissent. Que proposez-vous d’autre, Monsieur le Premier ministre, qu’un nouveau traité qui n’est qu’exclusivement punitif ? Que proposez-vous d’autre aux Français qu’un projet de traité qui n’annonce ni plus ni moins qu’un 3ème plan de rigueur ?


David PUJADAS

« Exclusivement punitif », vous répondez…


François FILLON

Ce qui est désolant, surtout, c’est le refus du Parti socialiste d’accepter qu’il y a une crise européenne. Le Parti socialiste voudrait démontrer que les difficultés sont françaises pour essayer d’affaiblir le président de la République et le gouvernement en vu des élections présidentielles. Tout le monde voit bien qu’on est dans une crise européenne majeure et pour résoudre cette crise européenne, il faut montrer aux marchés que nous avons pris la mesure de la gravité, que nous allons prendre les décisions nécessaires dans tous les pays européens pour réduire les déficits et on ne peut pas le faire sans un nouveau traité. Je rappelle d’ailleurs que ce nouveau traité faisait partie des engagements qui avaient été pris par tous les pays européens lors du dernier Conseil européen.


David PUJADAS

Monsieur le Premier ministre, la question est : on a l’impression que la France défendait beaucoup la solidarité, c’est-à-dire on se met tous ensemble pour affronter la question de la dette et aider les plus mal lotis. L’Allemagne défendait surtout la discipline, on a l’impression que ce traité, c’est surtout des règles de discipline et pas beaucoup de solidarité. C’est en ce sens qu’on se dit « l’Allemagne a imposé ses vues ».


François FILLON

J’ai entendu votre présentation hier soir, et pardonnez-moi, mais je trouve qu’elle n’est absolument pas exacte ! D’abord parce que’on ne compte pas les points ! Je veux dire, ce qui est en cause, c’est vraiment l’avenir de l’Europe, c’est l’avenir de notre monnaie commune ; donc il ne s’agit pas de compter les points entre la France et l’Allemagne ! La victoire, c’est si on sort de la crise, la défaite c’est si la zone euro éclate. Mais surtout, Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL ont – et d’ailleurs la presse allemande le saluait, et une partie de la presse française aujourd’hui – ont réussi depuis quelques mois, confrontés à la crise, à développer une capacité de compromis qui est absolument fondamentale pour l’avenir de l’Europe.


David PUJADAS

Mais est-ce que ça ne penche pas quand même plus dans un sens ?


François FILLON

Non pas du tout ! La discipline n’est pas allemande ! La révision générale des politiques publiques que beaucoup critiquent, qui a consisté à réduire le nombre d’administrations, le fait de ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite, le gel des dotations aux collectivités locales qui fait crier et qui fait grincer des dents beaucoup d’élus locaux, c’est bien de la discipline ! On est bien, depuis la fin de la crise financière de 2008, on est dans une phase qui est une phase de rigueur, de discipline budgétaire. Il n’y a pas une discipline allemande et une discipline française. Par ailleurs, on a, avec le Traité de Maastricht, qui, je le rappelle avait été négocié par François MITTERRAND, on a accepté des contraintes, on a accepté une discipline. Il faut la respecter ! Et c’est ce qui a été décidé hier par Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY, c’est-à-dire mettre en place un système de…


David PUJADAS

De sanctions…


François FILLON

sanctions quasi automatiques pour les pays qui ne respectent pas les règles, parce qu’ils mettent en cause…


David PUJADAS

Mais sanctionner la Grèce avec des amendes financières alors que déjà, elle ne peut plus…


François FILLON

Vous voyez bien que ça a un effet dissuasif !


David PUJADAS

financer son propre budget !

François FILLON

Ca aurait eu un effet dissuasif si ce dispositif avait été mis en place lorsqu’on a mis en place le Traité de Maastricht, ça aurait eu un effet dissuasif et la Grèce ne serait certainement pas dans la situation où elle est aujourd’hui.

David PUJADAS

Deux questions précises si vous le voulez bien, pour terminer. D’abord la règle d’or, elle aussi elle est contenue dans ce traité ; est-ce que la décision est prise de réunir le Parlement en congrès pour faire adopter cette règle d’or dans notre Constitution ?

François FILLON

Pour le moment, les socialistes continuent de s’opposer à cette règle d’or. François HOLLANDE était en Allemagne hier avec des socialistes qui ont adopté, eux, alors qu’ils sont dans l’opposition, une règle d’or dans leur pays. Mais manifestement ils n’ont pas réussi à le convaincre. Donc c’est le premier obstacle qu’on doit surmonter.

David PUJADAS

Donc c’est non pour l’instant.


François FILLON

C’est non pour l’instant. Mais je vais ajouter un point. C’est que la décision qui a été prise hier par la France et par l’Allemagne, et qui j’espère va être adoptée par l’ensemble des pays européens, c’est d’adopter une règle d’or identique dans tous les pays de la zone euro. Donc il va falloir une discussion entre les pays de la zone euro pour élaborer une règle d’or qui sera peut-être un peu différente de celle que nous avions nous-mêmes élaborée. Qui amènera peut-être les Allemands à modifier la leur. Et ensuite il y aura un traité et ce traité imposera la mise ne œuvre des règles d’or dans tous les pays de la zone euro.

David PUJADAS

Dernière question. C’est la vie quotidienne, mais beaucoup attendent sans doute votre réponse. Les prix du gaz : est-ce que là aussi, le Gouvernement a pris sa décision concernant l’augmentation de ces prix, sachant que le Conseil d’Etat réclame une augmentation ?


François FILLON

D’abord le Gouvernement doit respecter la décision du Conseil d’Etat. C’est le droit. Mais en même temps, je ne peux pas me résoudre, je ne me résous pas à une augmentation de 10 % du prix du gaz au mois de janvier, comme le prévoit la formule qui avait été mise en place pour le calculer. Donc je le dis clairement : je ne l’accepterai pas. Je considère que c’est une augmentation qui est excessive, qui n’est pas supportable par nos concitoyens. Donc on est en train de négocier avec…

David PUJADAS

Ca pourrait être de combien ?

François FILLON

les différents partenaires pour faire en sorte que le droit soit respecté naturellement, mais que le pouvoir d’achat de nos concitoyens soit préservé. Et donc je vous le dis, ça sera très inférieur à cette somme de 10%.

David PUJADAS

 

La moitié ?

François FILLON

Je souhaiterais même que ce soit en dessous de la moitié.


David PUJADAS

 

Merci, Monsieur le Premier ministre, d’avoir accepté notre invitation. Une dernière question, qui n’a rien à voir. Vous êtes plutôt musique classique ou rock ?


François FILLON

Je suis plutôt rock mais j’aime bien la musique classique, la musique baroque, mais enfin j’écoute beaucoup de rock.

 

 

 

 

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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commentaires

BURG 07/01/2012 22:15


Ayons une pensé pour Philippe SEGUIN.

Labesse André 18/12/2011 09:50


Je partage vos idées mais je ne comprends pas pourquoi vous ne prenez pas la décision ( même unilatéralement ) de taxer dès à présent les transactions financières, en particulier les opérations
de spéculation boursière.


J'espère votre réussite.

François Fillon 23/12/2011 16:10



Nous avons demandé à la commission européenne de préparer un texte sur la taxation des transactions financières pour une mise en oeuvre dès 2012



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