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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 14:40

François FILLON prononce un discours à l’occasion de la 3èmeremise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits Musée du Quai Branly Paris, jeudi 24 novembre 2011

 

 

Monsieur le Président de la République, mon cher Jacques Chirac,

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs,

 

Je veux vous dire que c’est pour moi un très grand plaisir et un très grand honneur de participer à la remise du Prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits.

Cette distinction s’est déjà faite une place remarquée parmi les hommages rendus aux défenseurs des droits de l’homme.

Et le fait que ce prix soit décerné ici, au Musée Branly, dans ce musée qui doit tant, j’ai envie de dire qui doit tout au Président Chirac, et qui incarne les valeurs de tolérance défendues par la Fondation, a une signification particulière.

 

Je veux saluer le choix du Jury d’honorer cette année Marguerite Barankitse et Louise Arbour.

Marguerite Barankitse pourrait être résumée par ses surnoms : elle est la « femme aux 10 000 enfants » ou la « Mère Teresa africaine ».

Mais son œuvre dépasse ces périphrases affectueuses.

En fondant la Maison Shalom au Burundi, elle a su créer les conditions pour réunir des enfants que tout opposait et que la vie, les guerres civiles et les conflits ethniques avaient fragilisés et meurtris.

Ces enfants hutus, tutsis ou twas sont désormais préparés à un avenir meilleur en accédant à l’éducation, aux soins, à la culture, en apprenant un métier, et tout simplement en partageant un destin commun avec leurs semblables.

 

Louise Arbour a quant à elle été l’une des premières à faire de l’idée de justice internationale une réalité concrète.

Successivement premier Procureur du Tribunal Pénal pour l’Ex-Yougoslavie et du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, Louise Arbour a apporté, par ses innovations et par son courage, une contribution majeure à la lutte contre l’impunité.

Ces Tribunaux ont non seulement permis de juger et punir les responsables de génocides, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Mais ils ont aussi envoyé un message sans ambiguïté aux dictateurs et tortionnaires du monde entier : face à l’intolérable, la communauté internationale n’est plus aveugle, elle n’est plus impuissante, et elle a désormais la mémoire longue.

Aujourd’hui, c’est sans doute grâce à l’action de ces deux institutions que la Cour Pénale Internationale fonctionne. Il n’est pas besoin d’être juriste pour mesurer le poids politique et le poids symbolique qu’elle représente au service de la justice internationale.

 

Mesdames et Messieurs,

Au cours de ses deux mandats à la tête de la République française, le Président Chirac a su se faire l’avocat des oubliés.

Il a non seulement posé un diagnostic juste sur les principaux déséquilibres de son temps, le risque d’uniformisation linguistique et culturelle, la contestation du multilatéralisme, l’insuffisance des moyens consacrés au développement, mais il a surtout défendu et promu des politiques pour y répondre.

Je me souviens à cet égard que le Président Clinton lui rendit un bel hommage à la tribune des Nations Unies, un jour de septembre 2006.

 

Malgré d’immenses obstacles, la taxe sur les billets d’avion, destinée à accroître les ressources financières permettant de lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme était adoptée ce jour-là. Et Monsieur Clinton eut cette formule : « C’était impossible, mais Jacques l’a fait ! ».

Aujourd’hui, l’œuvre du Président Chirac se pérennise à travers sa Fondation dont je veux dire que les priorités rejoignent souvent, et parfois inspirent, celles de notre action publique.

Je pense évidemment à la prévention des conflits, à la lutte contre la déforestation, à l’accès à l’eau et à l’assainissement, à la diversité culturelle ou bien encore à l’accès aux médicaments et à une santé de qualité.

Le gouvernement français apporte sa contribution à vos combats, en particulier dans deux directions.

D’une part, la gouvernance démocratique, à travers notamment des projets de formation de journalistes au Liban ou bien encore d’étudiants dans les pays du bassin du Congo.

D’autre part, à la lutte contre les médicaments falsifiés, cette lutte qui a connu une accélération sans précédent après l’appel de Cotonou en 2009, appel lancé à l’initiative de la Fondation, qui vise à organiser la mobilisation internationale pour lutter contre ce fléau.

En France, le gouvernement a fait de la lutte contre les contrefaçons de médicaments une priorité et a adopté un plan d’action pour les combattre.

 

Je voudrais aussi souligner le prix que nous attachons à l’engagement de la Fondation Chirac en faveur de l’accès à l’eau pour tous.

Le forum qu’elle a organisé à Bamako le mois dernier, ce forum dédié à la « solidarité pour l’eau dans les régions du bassin du Niger », a apporté une contribution de premier ordre à la préparation du 6ème forum mondial de l’eau qui se tiendra à Marseille en mars prochain, en vue de favoriser l’accès à tous à l’eau potable.

 

Mesdames et Messieurs,

Le nom même de la Fondation Chirac, pour la prévention des conflits, répond à une nécessité brûlante.

Plus de 40 % des pays ayant connu un conflit replongent dans la violence au cours de la décennie suivante. Le coût annuel des guerres dépasserait les 100 milliards de dollars, sans compter leur terrible prix humain, social, politique. 

Les responsables publics ont le devoir de prendre en considération ce que l’on pourrait appeler le « coût de l’inaction », et ils ont le devoir de renforcer les moyens mis au service de la prévention structurelle des crises.

Cette année, l’Organisation des Nations Unies a fait sa part du chemin en parvenant, sous l’impulsion de quelques Etats dont la France, à donner une traduction concrète au concept de « responsabilité de protéger ».

L’intervention de la communauté internationale en Libye a ainsi permis d’éviter les « rivières de sang » promises aux populations civiles par le clan Kadhafi.

La France, elle-même, a mis au rang de ses priorités la prévention des crises et des conflits dans le Livre Blanc sur sa politique étrangère et européenne adopté en 2008.

Nous y avons défini trois objectifs pour y parvenir.

D’abord, la création d’un environnement favorable à la dissuasion des crises et le règlement pacifique des différends grâce à des institutions de sécurité adaptées. 

C’est tout l’enjeu de notre diplomatie conduite dans un cadre multilatéral qui, seul, donne aux décisions de la communauté internationale leur légitimité et donc l’autorité nécessaire. C’est ainsi dans le cadre de l’AIEA, de l’UE ou de l’ONU que la France agit avec ses partenaires afin d’accroître la pression internationale sur l’Iran et de mettre un terme à la menace que son programme nucléaire représente pour le monde entier.

 

Le deuxième objectif est l’action en amont des crises, à travers notamment l’aide publique au développement.

Il nous sera toujours reproché de ne pas en faire assez, mais je veux rappeler que la France est l’un des tout premiers contributeurs dans le monde avec une aide publique au développement de près de 10 milliards d’euros en 2010.

La forte impulsion du Président de la République a permis en outre d’aboutir à un consensus des membres du G20 sur l’urgence de créer de nouvelles sources de financement pour le développement.

Ainsi, l’idée d’une taxe sur les transactions financières fait, petit à petit, son chemin. Cette taxe qui, d’une certaine manière, est ou serait la fille de celle que vous aviez défendue avec la taxe sur les billets d’avion. J’ai bon espoir que l’Union Européenne adopte le principe de cette taxe, dans le courant de l’année 2012.

 

La rapidité des interventions, avant que les crises ne se cristallisent, doit enfin contribuer à la diplomatie préventive.

Et je veux ici citer deux exemples.

Notre mobilisation et celle de la communauté internationale ont évité une véritable guerre civile en Côte d’Ivoire.

 

C’est aussi tout le sens de nos initiatives sur le Processus de Paix au Proche-Orient et notamment celle qu’ont portée la France et le Président de la République à l’ONU en septembre dernier, qui rejoint le combat incessant du Président Chirac sur ce même sujet.

Nous devons éviter une confrontation stérile entre deux aspirations parfaitement légitimes qui n’auront d’autre choix que de cohabiter : le droit de l’Etat palestinien à exister, et le droit d’Israël à vivre en paix et en sécurité.

 

Mesdames et Messieurs,

Toute l’histoire de l’humanité est traversée par la tension incessante entre le bien et le mal, entre la violence et la paix.

Les cyniques et les défaitistes diront qu’il n’ y a rien à y changer. Je pense au contraire que la morale comme le réalisme conduisent à penser que le progrès est une conquête inséparable de l’Homme, une conquête permanente.

Chaque bataille pour la justice mérite d’être menée parce que la volonté peut être plus forte que la fatalité.

Certes, le mal triomphe devant l’irrésolution des hommes de bien, mais il échoue devant leur sursaut.

C’est là le cœur du message de la Fondation Chirac qui, cette année encore, en honorant deux femmes d’exception, nous donne à tous une raison d’espérer et surtout d’agir.

 

 

 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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MARTIAL 27/11/2011 13:48


Bonjour à tous, je suis très fière de cette assistance en caractère humanitaire que la fondation CHIRAC a apporté aux enfants victimes de la guerre. Cette assistance qui a porté fruit et portera
encore des bons fruits m'a donné une forte émotion quant je suivai pour la première fois cette remise de prix de la fondation CHIRAC pour la prévention de conflit. j'ai été marqué beaucoup plus
par cette maman que je prefaire l'appeller par ce nom qui a été donné par le numero 1 de tous les jeunes( François Fillon): Mère Teresa africain. Elle restera comme une maman africaine pour la
generation future dont elle est à la base de leur éducation. J'invite toutes les mamans du monde à suivre son exemple car les enfants victimes de differents conflits dont ils sont innocents de
tout ont besoin de leur chaleur maternelle. Comme le dit Fraçois Fillon, le mal échoue devant le sursaut des hommes de bien, nous sommes tous concernés et tous invités à l'action du bien, merci à
tous. Bye.

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