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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:22

 


 François Fillon explique sur TF1 les mesures du plan d'équilibre des finances publiques présentée à Matignon le 7 novembre 2011.

 

 

Laurence FERRARI

Notre invité est donc François FILLON, bonsoir Monsieur le Premier ministre.

François FILLON

Bonsoir.

Laurence FERRARI

Merci de répondre à nos questions. Vous persistez et signez : la France est proche de la faillite selon vous.

François FILLON

Non, ce que j’ai dit à plusieurs reprises, c'est que la faillite d’un pays est possible et on le voit avec ce qui se passe en Grèce.

Et vous savez, Madame FERRARI, au fond ce qu’on est en train de faire, c’est difficile, et je comprends toutes les critiques qui sont formulées par les uns ou par les autres, et il n’y a pas beaucoup de Gouvernements qui, à quelques mois des élections, auraient eu le courage de prendre les mesures qu’avec le Président de la République, nous avons décidées de prendre.

Mais nous l’avons fait parce que nous pensons que c’était notre devoir.

Notre devoir, c’est de protéger les Français des difficultés très graves auxquelles sont confrontés beaucoup de pays européens, qui justement n’ont pas pris à temps les décisions nécessaires, qui n’ont pas fait les réformes nécessaires et qui sont aujourd’hui obligés d’imposer à leur population des sacrifices qui sont extrêmement violents et qui n’ont rien à voir avec les mesures que nous prenons : la baisse des salaires, la baisse des retraites, des diminutions drastiques du nombre des emplois publics, la diminution de tous les investissements dans les grandes infrastructures. Toutes ces décisions-là, nous nous refusons à les prendre et parce que nous avons engagé des efforts, le plan du mois d’août, les efforts de réduction du budget 2011 et 2012, eh bien nous pouvons éviter cette situation.

Laurence FERRARI

Alors concernant les deux grandes mesures : la hausse de la TVA de 5,5 à 7%, on l’a vu, les professionnels du secteur vous disent que vous allez étouffer l’emploi. Que leur répondez-vous ?

François FILLON

Il ne faut pas exagérer les choses. S’agissant de la restauration, la TVA était à 19,6% jusqu’à maintenant. Nous avions pris l’engagement de la mettre au taux réduit, le taux réduit était à 5,5…

Laurence FERRARI

Est-ce que c’était une erreur justement de la ramener si bas ?

François FILLON

Non, la preuve, c’est qu’on la laisse au taux réduit. Le taux réduit désormais passe de 5,5% à 7% en France, ce qui d’ailleurs nous mettra au même niveau que l’Allemagne.

Je rappelle que nous avons aussi engagé un effort de convergence avec l’Allemagne, avec d’autres pays européens de la zone euro et je crois que, dans les difficultés que nous connaissons, un taux de TVA réduit de 7%, c’est parfaitement raisonnable.

Et toutes les catastrophes qui sont annoncées par les uns ou par les autres ne sont pas crédibles. Ce sont des discours qui ne sont pas crédibles. Alors que ce ne soit pas ce que souhaitaient les restaurateurs ou les métiers du bâtiment, que ce soit difficile, je le comprends. Mais il faut que tout le monde participe à l’effort pour permettre à notre pays à la fois de continuer à avoir une croissance – si on prend des mesures trop brutales, j’entends beaucoup d’économistes qui disent « ce n’est pas suffisant, c'est trop peu, il faut un plan plus lourd » mais à ce moment-là, c’est la croissance qui risque d’être cassée – ou alors faire ce qu’ont fait beaucoup d’autres, c'est-à-dire repousser les réformes à plus tard.

Je crois vraiment qu’aujourd’hui, dans la situation qui est celle de la France, nous n’avons pas le droit de choisir l’immobilisme.

Laurence FERRARI

Vous êtes au deuxième plan en trois mois ; est-ce que finalement il n’y a pas trop d’augmentations d’impôts sur celui-là et pas assez de réduction de dépenses ? C’est un des grands reproches qu’on vous fait.

François FILLON

Il y a sur la durée pluriannuelle, qui a été évoquée tout à l’heure c'est-à-dire jusqu’en 2016, il y a 55% de réduction de dépenses contre 45% d’augmentation d’impôts.

Les réductions de dépenses sont des réductions structurelles, c’est notamment le cas avec l’avancement de la réforme des retraites ou avec le fait d’indexer sur la croissance un certain nombre de prestations sociales. Je précise d’ailleurs au passage que la critique sur le fait que ces mesures frappent les plus modestes est une critique qui est polémique, qui est politicienne, qui est fausse…

Laurence FERRARI

C’est le Parti socialiste qui le dit…

François FILLON

puisque nous avons évidemment soigneusement protégé les minima sociaux, les retraites qui ne sont pas concernées par cette mesure et s’agissant de la TVA qui passe de 5,5 à 7%, nous avons évidemment protégé les produits de première nécessité, les produits alimentaires, l’énergie qui n’est pas concernée non plus par cette hausse de TVA. Donc ce sont à la fois des efforts qui sont demandés à tous les Français pour éviter une situation catastrophique que connaissent d’autres pays mais en même temps, ce sont des efforts qui sont justes.

Laurence FERRARI

Le volet social, la maîtrise des dépenses de santé : certains estiment que c’est une atteinte au modèle français.

François FILLON

Pas du tout, c’est au contraire pour le conserver.

Comment le modèle français pourrait-il survivre à des déficits qui se creuseraient ?

Nous allons réduire en deux ans de moitié le déficit de la Sécurité sociale. Nous choisissons de fixer à 2,5% le montant de l’augmentation des dépenses de santé - les dépenses de santé ne sont pas en baisse dans notre pays, elles vont continuer d’augmenter – simplement il faut maîtriser cette augmentation et s’agissant des mesures que j’ai proposées ce matin, elles vont surtout porter sur les médicaments, sur l’industrie pharmaceutique qui devra faire des efforts et sur la gestion globale du système de santé.

Laurence FERRARI

Il y a aussi des mesures assez symboliques, Monsieur le Premier ministre : le gel du salaire du Président, le vôtre, ainsi que des ministres… il est déjà effectif depuis deux ans puisque le gel d’indice des fonctionnaires était gelé.





François FILLON

Ce que j’ai indiqué, c'est que ce gel est désormais décidé jusqu’au retour à l’équilibre complet des comptes de notre pays.

Je rappelle que les comptes de la France n’ont jamais été en équilibre depuis 1975.

C’est donc une mesure qui a une vraie signification et qui ne porte naturellement que sur les membres du Gouvernement et le Président de la République, mais j’ai souhaité aussi que les parlementaires – c’est leur décision – s’appliquent la même mesure.

Et je pense que si les patrons des grandes entreprises françaises pouvaient faire la même chose, ce serait un bon exemple donné à nos concitoyens.

Laurence FERRARI

Et plutôt qu’un gel, pourquoi pas une baisse des salaires ?

François FILLON

Si on était amenés demain, et je pense que nous ne serons pas amenés à cette extrémité grâce aux mesures que nous prenons, mais si nous étions comme en Grèce ou comme au Portugal ou comme en Espagne, dans une situation où les salaires diminuent, où les retraites diminuent, bien sûr nous aurions pris cette décision. Ce n’est pas aujourd’hui cohérent avec la politique que nous conduisons.

Laurence FERRARI

Tout de même, les Français ont le sentiment que les efforts de l’Etat sont un peu disproportionnés par rapport à ceux qu’eux vont faire puisqu’il y aura quand même globalement des hausses d’impôt qui vont toucher un certain nombre de ménages.

François FILLON

Mais ce n’est pas exact parce que le budget de l’Etat va diminuer pour la première fois. J’ai dit à plusieurs reprises que c’était, le budget 2012, le budget le plus rigoureux depuis 1945…

Laurence FERRARI

Mais c’est 500 millions par rapport à 7 milliards !

François FILLON

Non, non, c’est la première fois depuis 1945 que le budget de l’Etat diminue, Madame FERRARI.

C’est la première fois, sans doute que c’était difficile à réaliser.

Et ce budget va diminuer de 1,5 milliard d’une année sur l’autre malgré les charges, malgré les contraintes qui sont celles de l’Etat et chaque année d’ici 2016, il diminuera d’un milliard d’euros. Je ne connais pas beaucoup de structures qui supportent des baisses aussi importantes.

Et je vous assure que s’agissant du train de vie de l’Etat, tout est regardé. Nous agirons sur tous les postes de dépenses pour faire en sorte que les engagements soient tenus.

Laurence FERRARI

Que répondez-vous au Parti socialiste qui dénonce notamment une opération de mystification ?

François FILLON

Je dis au Parti socialiste – bon, l’opposition est dans son rôle, elle critique et c’est normal – simplement quand on est un parti qui propose le retour à la retraite à soixante ans, ce qui déjà dans une situation économique normale est une mesure incompréhensible compte tenu de l’allongement de la durée de la vie - mais dans la situation économique qui est celle de la France aujourd’hui, par rapport aux autres pays européens où la retraite est à 65 ans, à 67 ans, c’est une mesure totalement irresponsable - quand on est dans un parti qui propose de recruter des fonctionnaires dans cette situation économique ou dans un parti qui est en train de marchander avec les Verts une espèce de vraie fausse sortie du nucléaire qui aurait comme conséquence immédiate l’augmentation du prix de l’énergie et qui aurait une autre conséquence tout aussi grave, c’est de ruiner un secteur qui est un secteur d’excellence de l’industrie française, franchement, on n’a pas de leçons à donner au Gouvernement.

Laurence FERRARI

Est-ce que vous ne craignez pas une montée du souverainisme, du nationalisme dans notre pays avec cette hostilité face à l’Europe ?

François FILLON

J’ai été souverainiste et je suis toujours extrêmement attaché à l’idée de l’indépendance de la nation française. Je pense qu’aujourd’hui dans la situation qui est celle du monde, alors que les années 2008-2012 seront sûrement dans l’histoire les années du basculement de l’économie vers l’Asie, les années qui marqueront la fin de la suprématie occidentale ; je pense vraiment que la défense de l’intérêt national, la défense de la nation française, la défense de la civilisation européenne passent par une très grande solidarité des pays européens et notamment de la zone euro. Et moi j’appelle aujourd’hui à plus de coopération, à une union plus forte notamment entre la France et l’Allemagne pour renforcer l’euro et pour que nous soyons capables de continuer à faire entendre notre voix dans un débat sur la mondialisation qui est un débat qui est naturel, qui va dans le sens de l’histoire mais qui en même temps est dangereux pour l’avenir de notre société.

Laurence FERRARI

On parle de l’Europe et on pense bien sûr à l’Italie qui a été à nouveau dans la tourmente avec beaucoup de rumeurs sur la démission de Silvio BERLUSCONI, il a démenti. Vous pensez qu’un nouveau Gouvernement aurait un impact favorable pour lutter contre la crise ?

François FILLON

Je ne veux pas m’immiscer dans les affaires intérieures de l’Italie. Je note simplement que l’Italie est dans une situation très très difficile, qu’il faut qu’elle agisse, qu’elle agisse vite. Le Gouvernement italien nous l’a promis, notamment à l’occasion du G20. Je fais confiance au Gouvernement italien quel qu’il soit pour tenir ses engagements.

Laurence FERRARI

Avant vous, il y a eu trois Premiers ministres – Raymond BARRE, Pierre MAUROY, Alain JUPPE – qui ont été des Premiers ministres qui ont annoncé des mesures de rigueur ; ce n’est pas l’idéal comme on veut se présenter comme vous, vous souhaitez le faire, en juin 2012 aux législatives.

François FILLON

Ce n’est vraiment pas ma préoccupation aujourd’hui. Je pense que ma conception de l’action publique, c’est de faire mon devoir et aujourd’hui, ce qui serait scandaleux, c’est que le Gouvernement laisse les choses filer, que le Gouvernement, parce qu’il y a des élections, considère que les problèmes peuvent être reportés après les élections.

Vraiment nous n’en avons pas le droit. Quand on voit les conséquences que les peuples subissent dans d’autres pays qui ont commis ces erreurs, qui ont été immobiles, on se dit que les décisions que nous prenons en ce moment, ce sont vraiment des décisions qui sont à l’honneur du Président de la République et du Gouvernement.



Laurence FERRARI

Vous pensez qu’elles vont convaincre les agences de notation et nous garder le triple A ? Les marchés aujourd’hui n’ont pas sanctionné très positivement le plan puisque la Bourse s’est repliée de 0,64%.

François FILLON

Oui, vous savez, on n’est pas, contrairement à ce que j’entends, obsédés par les agences de notation. La question, c’est moins les agences de notation que le volume d’emprunts que nous avons faits depuis trente ans. Si nous n’avions pas une dette aussi lourde, nous n’aurions pas à être préoccupés par les agences de notation et par les marchés. Donc je crois vraiment que l’effort que nous engageons – 65 milliards d’euros de réduction de notre dette publique d’ici 2016 sur les seules mesures que j’ai annoncées ce matin, un peu plus de 18 milliards pour 2012-2013 - ce sont des plans qui sont plus importants que beaucoup d’autres pays européens. L’Allemagne qui se porte mieux parce qu’elle a fait des efforts de manière plus précoce, va annoncer un plan d’une vingtaine de milliards d’euros d’économie, la Grande-Bretagne qui se porte moins bien, a annoncé un plan de l’ordre de 70 milliards ; vous voyez qu’avec 65 milliards d’économie, on est en train de faire des choses très importantes qui vont, j’en suis convaincu, rassurer les investisseurs sur les capacités de la France qui par ailleurs sont immenses, avec les richesses qui sont les nôtres, avec le savoir-faire qui est le nôtre, avec les atouts qui sont les nôtres.

Laurence FERRARI

Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, d’avoir réservé vos explications à TF1.

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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bourbon 16/11/2011 08:23



Bonjour Monsieur FILLON,


à l'heure de vérité, comment nous protéger aujourd'hui de la pieuvre GOLDMAN SACHS ?


Cette banque a-t-elle intégré comme elle le fait dans toute l'Europe (BCE, Grèce, Italie, Espagne, Irlande, ...) l'establissement financier voire politique français ?


Comment pouvez-vous accepter que cette banque qui a conseillé puis spéculé sur la dette grecque pour rémunérer ses actionnaires puisse mettre ses pions au sein des gouvernements et des
institutions européens ?


Comme vous le dites, vous et Nicolas Sarkhosy, agissons alors qu'attendez-vous pour nous protéger d'une telle pieuvre ?


J'apprécie le travail que vous effectuez.


J'attends du gouvernement plus de pugnacité et de courage.


Avec tous mes encouragements.



roiné 14/11/2011 11:14



Bonjour, vous dites proteger, je suis tout a fais d accord, alors pourriez vous nous aidez? dans l ecole de mes enfants, il y a un enfant qui n est pas a sa place, il devrait etre dans un centre
pour lui, cette enfant tape sur ses camarades, ses professeurs, casse des portes, ... L inspecteur de l academy est venu a mis une personne a sa disposition et cela ne fait rien, la a ce jour un
enfant est alle a l hopital pour des clotusions des cervicales, que faire ? Nous, parents demandons a ce que l enfant ne soit plus dans cette ecole, cette enfant a deja ete vire a 2 reprises d
ecole, je crois qu il est vraiment tant de reagir, aidez nous !!!



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