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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 18:50

 


 

François FILLON prononce la déclaration du Gouvernement sur l’intervention des forces armées en Libye à l'Assemblée Nationale, le mardi 12 juillet 2011.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Messieurs les Présidents des Commissions des Affaires étrangères et de la Défense,

 

Le 22 mars dernier, j’informais la représentation nationale des raisons et des conditions de l’engagement militaire français en Libye. Et depuis, Alain Juppé et Gérard Longuet ont été constamment à la disposition du Parlement pour répondre à ses questions.

Aujourd’hui, en vertu de notre Constitution, vous avez la responsabilité de décider la poursuite des opérations.

 

Il faut d’abord revenir quelques mois en arrière parce que nul ne doit oublier les origines de notre intervention.

 

Quelle était la situation au début du mois de mars ?

Manifestations sauvagement réprimées à Tripoli, bombardements à l’arme lourde sur des civils désarmés, déplacements massifs de population, bilan faisant état, selon la commission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, de plus d’un millier de morts en quelques semaines seulement.

 

Tous les faits attestaient de la fuite en avant d’un régime qui n’était plus dirigé par la raison.

En février, sur toutes les ondes, Kadhafi qualifiait les manifestants de «rats» et de «drogués».

L’un de ses fils promettait des «rivières de sang» aux habitants de Benghazi.

 

C‘est dans ces circonstances dramatiques qu’un pas décisif a été franchi par la communauté internationale : pour la première fois, le principe de la «responsabilité de protéger», adopté en 2005 par l’ONU, a été mis en œuvre dans une situation concrète.

 

De fait, le Conseil de Sécurité s’est expressément appuyé sur l’échec des autorités libyennes à remplir leur responsabilité de protéger leur population pour assurer lui-même une telle protection, en prenant des mesures dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui autorise le recours à la force.

 

Certains ont prétendu que notre intervention avait été décidée pour contrebalancer notre surprise face aux révoltes tunisienne et égyptienne.

C’est faire injure au Gouvernement. La France n’engage pas ses forces à la légère.

Lorsque le Président de la République a envoyé nos premiers aviateurs au-dessus de Benghazi, les chars de Kadhafi entraient dans ses faubourgs.

La France ne prend pas davantage ses décisions seule.

Plus d’une vingtaine de pays occidentaux et arabes et d’organisations internationales ont participé au Sommet de Paris du 19 mars, rassemblant ainsi dans l’urgence tous ceux désireux de tout mettre en œuvre pour sauver la Libye libre et appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité.

Et au premier rang d’entre eux, le Royaume-Uni sous l’impulsion déterminée de David Cameron.

 

Notre décision a été mûrie, elle a été pesée, et elle ne fut prise qu’à l’issue de plusieurs semaines de pressions diplomatiques et d’avertissements, délibérément ignorés par Kadhafi.

La résolution 1973 du 17 mars autorisant le recours à la force avait, en effet, été précédée de la résolution 1970 du 26 février dans laquelle le Conseil de Sécurité exigeait la fin des violences, saisissait le Procureur de la Cour Pénale Internationale et adoptait un premier régime de sanctions.

 

Le colonel Kadhafi a ignoré ce message.

Comme il a ignoré, tout au long des mois de février et de mars, les multiples appels, ceux du Conseil européen, du G8, de l’Union Africaine, de la ligue des Etats arabes, de la conférence des Etats islamiques condamnant les violations des droits de l’homme et soulignant la légitimité des demandes du peuple libyen.

 

C’est ce jusqu’au-boutisme qui a contraint la communauté internationale à intervenir militairement et en dernier recours.

 

En revanche, il est tout à fait vrai que le vent de liberté qui soufflait sur le monde arabe en ce printemps 2011 a imprégné notre décision.

S’il n’y avait pas eu ce souffle de liberté, si prometteur pour la région, il est possible que la France et la communauté internationale eurent limité leur action à la seule dénonciation de la répression.

Il est possible que le réalisme le plus froid et l’attachement prudent à la stabilité, si coutumiers dans les relations internationales, auraient eu raison de notre audace.

 

Oui, le contexte régional a pesé sur nos choix.

 

Et il a pesé en ce sens, qu’à nos yeux, la victoire de la répression aurait signifié que la démocratie dans le monde arabe n’était qu’un feu de paille, étouffé par le premier dictateur venu.

 

Il a pesé en ce sens qu’après la Tunisie et l’Egypte, les chances de voir le monde arabe traversé par des changements démocratiques nous sont apparues crédibles et porteuses d’avenir pour tout le bassin méditerranéen. Il a pesé car pour nous la Libye ne devait pas être l’hiver du printemps arabe !

 

Il a pesé en ce sens que la France croit que la cause de la liberté et des droits de l’homme est en mesure de progresser dans le monde, comme l’atteste l’évolution en Côte d’Ivoire, et comme le confirme l’arrestation de Ratko Mladic.

Les dictateurs, les tyrans, les bourreaux, sont peu à peu mis en demeure de rendre des comptes à la communauté internationale, et ce progrès, qui est un formidable espoir pour les peuples martyrisés, ne devait pas se briser à Benghazi.

 

Comme je l’ai précisé la semaine dernière en réponse au courrier que m’a adressé le Président Ayrault, 4.400 hommes et femmes sont engagés, à un titre ou à un autre, dans l’opération Harmattan, dont 800 en métropole sur un certain nombre de bases aériennes.

Avec 40 avions de combat, 6 avions de soutien, 8 navires et 18 hélicoptères d’attaque engagés, la France est le premier pays contributeur, aux côtés de ses partenaires de l’Otan et du monde arabe.

 

A cette tribune, je veux avec l'Assemblée Nationale rendre hommage au professionnalisme, au courage de nos soldats, de nos aviateurs, de nos marins et de nos équipages d’hélicoptères, qui se battent avec une grande maîtrise pour une cause juste.

 

Depuis le lancement de l’intervention le 19 mars, la situation militaire n’a cessé d’évoluer dans la bonne direction.

Le tout premier objectif, qui était d’éviter un bain de sang à Benghazi, a été atteint.

La région orientale du pays est aujourd’hui presque entièrement à l’abri des assauts de Kadhafi.

Ce dernier n’en est pas moins décidé à continuer sa guerre contre le peuple libyen dans l’Ouest du pays.

 

Mais là aussi, sa stratégie est en train d’échouer.

Partout, les Libyens libres gagnent du terrain; et c’est désormais sur Kadhafi, dont l’aviation et la marine ont presque entièrement été détruites, que l’étau se resserre.

Les capacités militaires du régime ont été très sérieusement dégradées : 2500 objectifs ont été touchés au cours des quatre mois d’opérations, parmi lesquels 850 sites logistiques, 160 centres de commandement, 450 chars, 220 véhicules et 140 pièces d’artillerie.

 

Les soutiens du régime ne cessent de s’effriter.

 

Les défections se multiplient et Kadhafidoit recourir à des voyous et à d’anciens prisonniers pour poursuivre sa répression.

Beaucoup de ces mercenaires ne sont d’ailleurs plus payés.

 

Que les choses soient claires : nous n’avons jamais dit ou pensé que l’intervention en Libye allait être facile et se conclure en quelques jours.

Kadhafi, on le sait depuis le début, dispose d’importants moyens et il n’est tenu par aucun scrupule pour continuer de martyriser son peuple.

Kadhafi est acculé et il se dit lui-même «dos au mur».

Certes, le point de rupture n’est pas encore atteint. Mais c’est maintenant qu’il faut être plus ferme et c’est maintenant que la communauté internationale doit se montrer inflexible.

 

Certains parlaient d’enlisement dès les premiers jours de l’opération.

A cela, je veux leur répondre constance et détermination.

Si les mots ont un sens, alors le terme d’enlisement devient sans objet pour qui regarde une simple carte de la Libye libre, qui ne cesse de s’étendre depuis la fin mars.

 

A partir de Benghazi, les forces du CNT ont pu reconquérir l’ensemble de la Cyrénaïque jusqu’à Brega.

 

Ces dernières semaines, l’étau sur Misratah a été desserré et les rebelles ont progressé de plusieurs kilomètres à l’ouest de la ville.

L'aéroport en particulier a été reconquis.

Dans le Djebel Nefoussa, les unités de Kadhafi perdent chaque jour un peu plus de terrain sur l’axe stratégique qui mène à Tripoli.

Dans le sud du pays, plusieurs villes sont depuis la fin du mois de juin, aux mains des forces du CNT.

 

Devant vous, mesdames et messieurs les Députés je ne veux occulter ni esquiver aucun des débats.

Oui, il y a eu des dommages collatéraux. L’OTAN a reconnu deux erreurs survenues les 18 et 19 juin. Et rien ne peut justifier la mort de civils innocents.

Mais ce drame qui est survenu à Tripoli doit être envisagé au regard des milliers de sorties aériennes effectuées par l’OTAN depuis le début de son engagement.

Dois-je en outre rappeler que nous sommes confrontés à un régime qui n’hésite pas à opérer depuis des zones habitées, jusque dans les écoles, les hôpitaux ou les mosquées, et qui s’agissant des populations civiles, ne cherche pas à les épargner.

 

La France, depuis le début de l’intervention, s’en tient strictement au mandat défini par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et ce mandat n’est pas d’éliminer Kadhafi.

 

L’action de l’OTAN vise des cibles d'intérêt militaire, et en aucun cas des individus.

 

Au début du mois de juin, nous avons livré des armes légères dans le Djebel Nefoussa.

Ces livraisons ont suscité des interrogations.

Nous y avons répondu en rappelant que ces opérations respectent la résolution 1973 du Conseil de sécurité qui autorise les Etats-membres des Nations Unies à prendre toutes les mesures nécessaires, malgré l’embargo sur les armes, pour protéger les populations civiles menacées.

Cette décision a été prise de manière ponctuelle et dans un contexte très particulier, en raison des menaces graves et imminentes que courrait alors la population du Djebel Nefoussa.

 

Dès lors que toute intervention au sol est exclue pour aider la résistance, qu’aurait-il fallu faire lorsque ces populations civiles ont été bombardées à leur tour à l’arme lourde ?

Laisser les massacres se poursuivre ? Rester les bras croisés ?

Telle n’était pas notre conception.

Le respect du droit international est l’un des fondements de notre intervention et doit le rester.

Mais nous avons en face de nous un homme qui est accusé par le Procureur de la Cour pénale internationale de crimes contre l’humanité.

 

L’usage de la force n’est pas une fin en soi.

La solution politique en Libye est plus que jamais indispensable et, d’ailleurs, elle commence à prendre forme.

Les conditions de la suspension des opérations militaires sont connues: un cessez-le-feu authentique et vérifiable qui, suppose notamment le retour des forces de Kadhafi dans leurs casernes; la fin des exactions contre les populations civiles, le libre accès de l’aide humanitaire; et enfin le retrait du Colonel Kadhafi du pouvoir.

 

La France défend une vision claire de l’avenir du pays: celui-ci ne peut appartenir à personne d’autre qu’aux Libyens eux-mêmes.

Et pour la France, si l’avenir de la Libye ne peut pas s’écrire avec Kadhafi ou avec ceux qui ont du sang sur les mains, il doit pouvoir l’être autour du Conseil National de Transition.

 

A l’initiative du Président de la République, notre pays a été le premier à reconnaître ce Conseil.

Certains ont cru bon de critiquer cette initiative française. En réalité, cette initiative a ouvert la voie !

Puisque trois mois plus tard, près d’une trentaine de pays, sur tous les continents, considèrent le CNT comme leur interlocuteur politique privilégié, sinon unique, en Libye.

 

Pourquoi, mesdames et messieurs les Députés ?

Parce que le CNT est la seule autorité légitime sur place, qui regroupe des représentants de l’ensemble du pays et qui a un projet crédible pour édifier la future Libye libre et démocratique.

Parce que le CNT manifeste une réelle volonté de mettre en place un Etat de droit, dans le respect de l’unité du pays et dans le respect de l’intégrité du territoire, avec Tripoli comme capitale.

 

Dès lors que la chute de Kadhafi sera avérée, la feuille de route du CNT prévoit successivement la formation d’un gouvernement provisoire, la tenue d’un Congrès national rassemblant l’ensemble des représentants de la Libye, la formation d’une assemblée constituante, l’adoption d’une Constitution par referendum, sous la supervision des Nations Unies, avant des élections générales.

Eh bien nous soutenons cette feuille de route, et demain, nous serons vigilants dans sa mise en œuvre.

 

Naturellement, l’avenir de la Libye sera difficile.

Faut-il pour autant ne voir que les risques et jamais les chances offertes par le changement ?

Car, enfin, de quoi parle-t-on ?

De la fin de 42 ans de dictature en Libye.

Il appartient aux Libyens d’écrire leur histoire car il s’agit de leur révolution, pas de la nôtre ! Mais la France, avec ses partenaires, est prête à y apporter toute sa contribution.

 

C’est l’enjeu du groupe de contact, qui est chargé du pilotage politique et de la coordination de l’action internationale en faveur de la Libye et qui ne cesse de s’élargir depuis sa création en particulier à des Etats africains ou arabes.

L’appui au CNT sera le premier sujet à l’ordre du jour de la réunion du Groupe de contact, auquel Alain Juppé a pris une part prépondérante, à Istanbul vendredi prochain.

Le moment venu, comme l’a proposé le président de la République, une grande conférence des amis de la Libye, au service de sa reconstruction, de sa reconstruction politique, économique, humanitaire pourra être organisée.

 

Dans ce contexte, les efforts de médiation se multiplient pour trouver une issue politique à la crise, dont ceux conduits par la Russie, par l’Union Africaine, dont la France appuie l’engagement croissant.

Lors de son dernier Sommet, l’Union Africaine a confirmé que Kadhafi ne saurait prendre part à la négociation de la transition politique.

On voit bien que les positions respectives des uns et des autres sur les modalités de cette transition sont en train de se rapprocher.

L’envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies doit jouer un rôle central pour coordonner les différentes initiatives de médiation et faciliter la mise en place, le plus tôt possible, d’un processus politique inclusif et représentatif autour du CNT.

 

Indépendamment des opérations militaires, la communauté internationale a décidé de mettre en place un mécanisme financier pour assurer les dépenses d’urgence humanitaire de la Libye libre.

L’Italie, le Koweït, le Qatar, l’Espagne, la Turquie, les Etats-Unis, ont annoncé qu’ils y contribueraient.

La France, quant à elle, a annoncé le dégel de 290 millions de dollars d’avoirs libyens jusqu’à présent sous sanction.

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

On ne peut évoquer la Libye en faisant abstraction de ce qui se passe dans le monde arabe depuis le début de l’année.

Pourquoi agir en Libye et pas dans d’autres Etats où sévissent meurtres et massacres d’innocents ? Cette interrogation est aussi ancienne que les relations internationales et je ne la balaye pas d’un revers de main.

 

Nous ne voulons pas de «deux poids, deux mesures», car nous soutenons toutes les aspirations des peuples à la liberté et à la dignité.

Mais c’est ainsi: il y a des lieux, des moments, des circonstances qui font que ce qu’il est possible de faire pour un peuple n’est malheureusement pas possible de le faire ailleurs parce qu’il n’y a pas de consensus international.

 

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que notre exigence morale se heurte souvent à des réalités géopolitiques empêchant le Conseil de Sécurité de jouer tout son rôle.

 

Ceux qui nous disent «pourquoi la Libye et pourquoi pas partout ailleurs ?» ne sont pas seulement candides, ils sont en vérité pour l’inaction.

Ce n’est pas parce que l’on ne peut ni ne veut intervenir partout que l’on ne doit intervenir nulle part !

Entre l’aventurisme et le renoncement, il y a un choix et c’est le choix de la responsabilité.

 

J’ai entendu les critiques qui dénoncent les prétendues visées impérialistes des pays conduisant la coalition en Libye.

C’est une vieille rengaine qui n’a pas de sens et qui surtout néglige l’essentiel.

Face au bombardement de populations civiles désarmées, il y a ceux qui veulent faire quelque chose et il y a ceux qui assistent aux massacres sans réagir.

Eh bien, la France se range dans la première catégorie, et c’est à son honneur.

Et, pour être franc, j’aurais aimé que certains pays, davantage prompts à critiquer ce qu’ils perçoivent comme une ingérence qu’à agir pour défendre une cause qui le mérite, en fassent autant.

 

Aujourd’hui, les villes de Benghazi, Misratah, Zentan ou Brega sont connues dans le monde entier.

C’est dans ces villes que se joue une partie de l’avenir des valeurs universelles qui sont les nôtres depuis longtemps.

C’est dans ces villes que sera battu en brèche le prétendu choix binaire des pays arabes entre régimes autoritaires et régimes islamistes.

Et c’est la responsabilité des chefs d’Etat de la région de se montrer courageux et visionnaires pour répondre aux aspirations de leurs peuples.

 

A cet égard, quel contraste entre le Maroc et la Syrie !

Au Maroc, des réformes pacifiques sont en train de se faire jour sous l’impulsion du Roi Mohamed VI.

En Syrie, les massacres continuent tandis que des centaines de milliers de citoyens continuent de braver les fusils et les chars pour réclamer le droit de vivre dignement.

Eh bien, je veux leur rendre hommage.

Je veux leur dire que la France ne déviera pas de sa route, qu’elle continuera de condamner sans faiblesse la répression.

La France appelle à la mise en œuvre de réformes profondes à Damas. Elle milite pour le renforcement des sanctions, elle tente inlassablement de mobiliser le Conseil de sécurité.

Nous ne relâcherons pas nos efforts parce qu’il est intolérable que le Conseil de Sécurité reste muet sur une telle tragédie.

De même, il est intolérable qu’avec l’évident assentiment des autorités syriennes, des ambassades soient violemment attaquées.

Ce qui s’est produit à Damas autour des ambassades de France et des Etats-Unis contrevient à toutes les règles diplomatiques.

Nous ne céderons pas aux intimidations, et nous tenons les autorités syriennes pour responsables de la sécurité de nos représentations et de leurs agents en Syrie.

 

Mesdames et messieurs les Députés,

Tous les peuples de la région peuvent être assurés de notre soutien dans leurs efforts d’affranchissement et de progrès.

Par le «partenariat de Deauville» adopté à l’occasion du Sommet du G8, par la mobilisation de 40 milliards de dollars sur trois ans, la communauté internationale a tracé le cap de son action pour les prochains mois: appui aux transitions démocratiques et à l’Etat de droit, ouverture et renforcement des sociétés civiles, développement économique et intégration régionale.

 

C’est dans le même esprit d’exigence et de rejet du fatalisme que la France multiplie les initiatives pour sortir de l’impasse le Processus de Paix au Proche-Orient.

Je veux redire que le statu quo n’est pas une option et que l’heure n’est pas à l’immobilisme.

 

L’heure doit être aux négociations, afin que Palestiniens et Israéliens puissent vivre enfin côte à côte dans deux Etats souverains, aux frontières internationalement reconnues et en pleine sécurité.

Tel était le message porté par Alain Juppé il y a quelques jours dans la région.

 

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

L’usage de la force armée est toujours lourd de conséquences, et cela serait inquiétant pour notre démocratie si un tel acte ne soulevait pas des questions.

Mais que vaudraient aujourd’hui toutes nos interrogations, toutes ces critiques, si Benghazi était tombé, et si, sous nos yeux impuissants, des milliers de civils supplémentaires avaient été exécutés ?

Ceux qui aujourd’hui nous reprochent notre activisme auraient sans doute été les premiers à nous reprocher notre passivité.

Souvenons-nous de Srebrenica.

Comme vous et avec vous, je préfère le risque de l’action plutôt que la certitude de la défaite morale !

 

Avec le Président de la République, avec Alain Juppé et Gérard Longuet, nous avions quelques jours pour prendre nos responsabilités.

Nous les avons prises !

 

Notre pays a été au rendez-vous de ses valeurs.

Avec la communauté internationale, nous devons rester mobilisés pour soutenir le peuple libyen et pour l’aider à réaliser son rêve, qui n’a rien d’irréaliste : une Libye libre, une Libye démocratique, dotée d’un Etat de droit.

 

Je me tourne vers la majorité et l’opposition avec la certitude qu’il existe sur tous les bancs la même volonté de faire plier le régime libyen.

Notre cause est juste, et c’est parce que cette cause est juste que le Gouvernement et le Parlement ne tremblent pas devant leurs responsabilités.

 

Comme le veut notre Constitution, vous êtes les codécideurs et les gardiens de nos actions militaires.

En application du troisième alinéa de son article 35, j’ai l’honneur de vous demander l’autorisation de prolonger l’intervention de nos forces armées françaises en Libye.

 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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Eric Loic Thierion 18/07/2011 20:54



Monsieur,


Vous avez écris que la France peut supporter la vérité, mais de quelle vérité voulez vous que les Français et françaises soit les supporters, celle des mensonges de son histoire ou celle des
contre vérités des gouvernemants de ces derniéres années ?


A moins que vous ne parliez d'autres choses... dans les emplois de ce mot en sens de devoir supporter, mais quoi ? Les points de ma phrase du dessus ? Celà serait il, si insupportable que la
France, puisse enfin voir ses réalités qui sont plus dans la barabarie d'un certain sadisme que dans l'humanisme bien veillant.


Alors je serais moins catégorique que vous et moi, je poserais la phrase dans une question, ainsi :


La France pourrait elle supporter ses réalités ?


Nous vivons dans le méme pay, mais pas vraiment dans le méme monde, d'une certaine maniére.


Bonne Journée tout de méme.


Et bon apétit.


EL'.T


 



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