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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:06

François FILLON rappelle que nous avons besoin d'une Europe forte à l'occasion d'une visite républicaine à la mairie de Saint-Dizier (Haute-Marne) le lundi 12 décembre, à la suite d'une cérémonie militaire sur la base aérienne de Saint-Dizier.


Mesdames et Messieurs
Cher Gérard Longuet,

Je voudrais d’abord remercier François CORNUT-GENTILLE de son accueil, et le remercier des mots qu’il vient de prononcer. C’est vrai que nous sommes liés par une très très longue amitié, une amitié qui a été scellée par des combats communs, et qui a été scellée surtout au fond par une même inspiration politique. Nous sommes, pardon Gérard, François et moi des gaullistes…

Et nous sommes des gaullistes qui avons su, je crois, en tout cas qui avons essayé de renouveler le gaullisme, c’est-à-dire, de nous inspirer d’une façon d’agir, nous inspirer d’une éthique de vie pour l’adapter à une situation que le général de Gaulle, lui, n’a pas connue. Et je dis cela parce que notre gaullisme, à François et à moi,  ça n’est pas une simple posture, ce ne sont pas simplement des mots qui claquent « pour faire comme » le  général de Gaulle. C’est une inspiration de principes, d’une façon de vivre, d’une façon de concevoir l’engagement public que nous essayons d’adapter à une situation qui est complètement nouvelle. Le général de Gaulle n’avais pas imaginé, en tout cas il n’a pas connu la fin de l’Union Soviétique, il n’a pas connu la mondialisation. Je pense que si on lui avait dit que la Chine serait bientôt la deuxième puissance économique du monde, je ne sais pas s’il l’aurait cru même si c’était un historien, et que donc il savait les potentialités de ce pays. 

Il faut nous adapter à la réalité du monde d’aujourd’hui et essayer de mettre en application des principes, une façon d’agir,  une façon d’envisager l’engagement public pour être fidèle à cet héritage, et je pense que François et moi nous partageons pleinement cette vision d’un gaullisme renouvelé.

Je veux juste signaler au passage que, en 1999, si je n’étais pas ministre, c’était parce qu’on était dans l’opposition.

La deuxième chose que je voudrais souligner, c’est la réussite de François CORNUT-GENTILLE à la tête du Conseil municipal de Saint-Dizier, c’est son engagement pour Saint-Dizier. Il suffit de le voir présenter ses projets comme il vient de le faire à l’instant où nous en parler lorsqu’il est à Paris, pour mesurer qu’il est pleinement le maire de Saint-Dizier, totalement engagé dans cette mission, passionné par cette mission, avec le souci de faire réussir sa ville. Et il obtient de ce point de vue des résultats qui sont remarquables. Je sais que va être mis en place un projet d’enseignement supérieur en partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers de Reims, dans le cadre d’un partenariat entre la ville et l’Etat. Après les efforts considérables que vous avez faits de rénovation des quartiers, avec le soutien d’ailleurs de l’ANRU, vous vous lancez maintenant dans un grand projet de remise en valeur du centre-ville, pour lequel naturellement nous allons nous mobiliser pour vous aider.

Et ce qui est particulièrement frappant dans ce projet, c’est la vision d’avenir, c’est la vision d’ensemble que je veux souligner. Et puis il y a ce projet de nouveau centre culturel pour lequel, là aussi, nous allons trouver les moyens de soutenir votre engagement. 

En tout cas, je voudrais à travers ces projets saluer cette vision de l’avenir, cet engagement au service du développement de Saint-Dizier, qui caractérisent François et naturellement tous ceux qui, ici, au Conseil municipal l’accompagnent.

À travers nos relations, à travers ce dialogue qui se noue aujourd’hui à nouveau, je voudrais dire qu’il y a deux conceptions des relations entre l’Etat et les collectivités locales qui s’expriment. Au fond, il y a deux façons de voir la relation entre les collectivités et le pouvoir central. Il y a la méfiance ancestrale entre les pouvoirs locaux et le pouvoir central ; il y a l’Etat qui sait tout mieux que tout le monde et qui se méfie de tout ce qui peut agir en dehors de lui. Et puis il y a aussi les collectivités, qui se méfient de l’Etat, qui ne lui font pas confiance, et qui d’une certaine manière n’assument pas leurs responsabilités, se dégageant, se défaussant sur l’Etat chaque fois qu’elles sont confrontées à des difficultés qu’elles n’arrivent pas à résoudre.

Il faut sortir de cette alternative parce que les collectivités et l’Etat forment une seule et même communauté. En réalité, il n’y a qu’un seul Etat, il n’y a qu’une seule nation française. Et c’est l’addition des collectivités locales et de l’Etat qui fait cette Nation française. C’est absurde d’opposer en permanence Etat et collectivités locales. Et c’est la collaboration entre ces niveaux d’administration qui a été à l’origine de la construction de la Nation française,  de son unité, de ses réussites.

Je veux dire que, dans cet esprit, pour moi les collectivités locales doivent évidemment prendre leur part du redressement des finances publiques. On ne peut pas imaginer que le redressement des finances publiques ne soit que de la responsabilité de l’Etat. Il est de la responsabilité de l’Etat, des collectivités locales, et du secteur social et de l’assurance maladie. C’est l’ensemble des dépenses de l’Etat qui doivent être contenues à l’avenir. C’est une obligation qui s’impose à nous. D’ailleurs chacun d’entre nous est capable de la comprendre.

Depuis 30 ans nous avons accumulé des déficits, depuis 30 ans avons refusé d’accepter l’idée que, en raison, notamment de la mondialisation, nos ressources étaient moindres, ou en tout cas notre richesse ne progressait pas aussi vite que par le passé, et nous avons continué à dépenser exactement comme avant,  nous avons continué à vivre exactement de la même façon, et nous l’avons fait à crédit.

Aujourd’hui, on est au bout de cet exercice. En soi, ce n’est pas un drame, il suffit de réagir, mais enfin il faut réagir maintenant. Et il faut réagir en veillant à ce que chacun assume sa part de l’effort. L’Etat doit réduire ses dépenses, il a d’ailleurs commencé à le faire. Les collectivités locales doivent se concentrer sur l’essentiel, elles doivent réduire leurs dépenses de fonctionnement, elles ne peuvent pas continuer à embaucher des personnels supplémentaires au rythme où elles l’ont fait ces dernières années. Et en revanche elles doivent chercher avec l’Etat à concentrer leurs efforts sur les investissements et en particuliers sur les investissements qui sont nécessaires à la croissance, qui sont nécessaires au développement  de l’économie, et qui nous permettront de retrouver des ressources qui, avec la réduction de nos dépenses publiques nous permettront de réduire notre déficit.

Cette recherche de la croissance, cette recherche de l’équilibre entre  la réduction des dépenses et le soutien à la croissance, c’est exactement ce que le Gouvernement cherche à faire depuis plus de quatre ans maintenant, mais notamment, surtout, depuis la crise économique et financière de 2008.

Nous nous sommes engagés devant nos partenaires européens de la façon la plus solennelle qui soit. Et je veux dire que cet engagement vaut pour tout le monde.  Il vaut pour nous aujourd’hui. Il vaut pour toute majorité qui gouvernerait notre pays demain, parce que c’est l’engagement de la France vis-à-vis de l’extérieur, vis-à-vis de l’Union européenne. Nous nous sommes engagés à revenir à l’équilibre en 2016, pas en 2017, pas en 2018, en 2016. Parce que nous pensons que c’est la pente qui permet de réduire le déficit tout en respectant nos priorités en matière de croissance, tout en continuant à soutenir le développement de notre économie.

Alors, nous nous sommes donné les moyens de ce retour à l’équilibre. C’est ce qu’on appelle « la révision générale des politiques publiques » si souvent décriée, mais enfin qui est quand même la seule façon de réduire la dépense et de réorganiser l’Etat, c’est de rassembler des directions qui fonctionnaient de façon séparées ; c’est de réduire le nombre des directions sur le territoire.

C'est douloureux, c'est parfois difficile à vivre, ça n'est pas toujours extrêmement intelligent, mais, ça aboutit en tout cas à un résultat, c'est que pour la première  fois en 2012 les dépenses de l'Etat vont baisser dans notre pays, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les dépenses de l'Etat vont baisser.

J'entends autour de moi énormément de donneurs de leçon, qui m'expliquent qu'il faudrait faire beaucoup mieux, et que ça devait pas être si facile, puisque jusqu'à maintenant ça n'a jamais été fait, de réduire les dépenses de l'Etat. Deuxièmement, nous avons depuis quatre ans, décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Ca n'est pas une décision facile, c'est une décision qui va à contre-courant de toute la manière que nous avions de gérer l'Etat depuis si longtemps, mais c'est absolument indispensable à la réduction des déficits. On est aujourd'hui pratiquement en Europe le pays qui a les dépenses publiques les plus élevées. Si on avait un niveau de dépense publique dans la moyenne des pays européens, on serait excédentaire, on n'aurait pas de déficit. Il ne s'agit pas de se comparer à des pays lointains, il s'agit juste de regarder ce qui se passe autour de nous en Europe.

On a gelé les dotations aux collectivités locales, je sais que c'est difficile, et que c'est un vrai changement d'état d'esprit par rapport à ce que nous connu pendant longtemps, et, on a engagé une politique très sévère de réduction des niches fiscales. Il faut tenir ces engagements : en 2011, le déficit de l'Etat sera réduit de 28 milliards d'euros. Et on continuera ainsi en 2012, en 2013 jusqu'à atteindre l'équilibre en 2016.

Et puis, parallèlement, on a fait un certain nombre de réformes structurelles, qui représentent à terme des économies considérables et qui permettent d'assurer la viabilité de notre système public, de notre Etat, de notre système social. Je pense en particulier à la réforme des retraites, qui va permettre une économie de 26 milliards d'euros d'ici 2020, et qui, comparée à toutes les réformes des retraites qui ont été faites en Europe, et, comment dirais-je plutôt plus raisonnable, va moins loin que celles qui ont été conduites dans la plupart des pays.

On a fait des réformes difficiles en redessinant la carte judiciaire qui ne l'avait pas été depuis si longtemps, avec je sais, beaucoup de critiques ici et là, mais il fallait bien le faire. On a redessiné notre carte militaire. Qui pouvait  penser un instant que la France pouvait garder exactement la même organisation militaire que lorsque nous avions à faire face à la menace du pacte de Varsovie ?! Enfin, il faut adapter les choses, on ne peut pas se réjouir d'entretenir un appareil de défense qui n'a plus aucune correspondance avec la réalité des menaces auxquelles nous devons faire face aujourd'hui. Aujourd'hui on a besoin, et je voudrais remercier Gérard LONGUET qui dirige le ministère de la Défense avec beaucoup d'autorité, et beaucoup de clairvoyance, on a besoin d'une armée moins nombreuse, totalement professionnelle, pour être capable d'intervenir très vite dans des conditions de grand professionnalisme, comme on vient de le voir en Libye.

Je viens de passer une matinée sur la base de Saint-Dizier, parce que je suis venu remercier les personnels de l'armée de l'air qui ont été les fers de lance de notre action militaire en Libye.  Seuls des professionnels, aussi entrainés que les nôtres, pouvaient conduire pendant sept mois des opérations sans qu'il n'y ait aucun dommage collatéral, aucune bavure comme on dit, et permettre à la France de tenir ses engagements dans le monde, de conduire à un changement de régime dans un pays dans lequel les droits des personnes étaient bafoués, dans lequel la démocratie était bafouée. C'est grâce à cette armée, c'est grâce à son professionnalisme. Et, pour obtenir cet outil militaire il fallait le réformer.

Je pense aussi à la réforme de l'offre de soins.

Ces efforts ne doivent pas être remis en cause, et, je veux dire que, le débat présidentiel qui s'ouvre est évidemment libre, chacun peut s'exprimer comme il l'entend, avoir les projets qu'il souhaite, mais, il y a une chose qui nous dépasse tous, c'est la France. Il y a une chose qui nous dépasse tous c'est la solidarité européenne, c'est la capacité de notre pays à tenir ses engagements. A l'instant, François CORNUT-GENTILLE a évoqué les marchés, a évoqué cette crise de confiance.

Là aussi les choses sont assez simples, on emprunte beaucoup d'argent, on l'emprunte à qui ? À des gens qui veulent bien nous le prêter. Si ces gens tout d'un coup, ont le sentiment qu'on ne va pas leur rembourser, eh bien, ils ne veulent plus nous le prêter, ou alors ils nous le prêtent à des niveaux de taux d'intérêts qui sont très élevés. C'est juste ça le problème qui se pose aujourd'hui. On vous enfume avec des histoires d'agence de notation, avec des histoires de marché, on a l'impression qu'il y a des gros banquiers avec des gros cigares cachés dans tous les coins pour nous vouloir du mal. 

Non, c'est un peu plus simple que ça, je ne dis pas que les banquiers n'ont pas de tort, je ne dis pas les agences de notation n'en n'ont pas, mais le vrai sujet c'est que si on n'empruntait pas autant, on ne serait pas soumis à cette pression. C'est nous qui sommes les premiers responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et si l'Euro aujourd'hui est menacé, si il y avait une menace sur l'Europe, c'est parce que la plupart des pays européens sont trop endettés, et, parce qu'il y a un doute sur le fonctionnement de l'Union européenne.

Donc, les engagements qui nous avons pris, les engagements de retour à l'équilibre notamment en 2016, ce sont des engagements qui sont intangibles, qui doivent être respectés par tous. Et je suis triste lorsque j'entends un candidat à l'élection présidentielle, ce matin même, expliquer que, s'il avait la responsabilité du Gouvernement alors ce ne serait plus 2016 le retour à l'équilibre, mais 2017. C'est un élément qui déjà introduit dans l'esprit de nos partenaires un doute sur notre volonté et sur notre capacité.

C'est la même chose lorsque j'entends les circonvolutions de l'opposition sur la retraite à 60 ans. Pendant le débat sur la réforme de la retraite, on a entendu la gauche nous expliquer que s'ils revenaient au pouvoir ils reviendraient sur cette réforme. Donc, retour à la retraite à 60 ans pour tout le monde. Et puis au fur et à mesure que le temps passe, ça devient moins clair et ça a d'abord été le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et qui ont des métiers pénibles. Ce matin c'était le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont travaillé 18 ans et qui ont cotisé 42 ans.
La vérité, c'est que cette modification de la réforme, c'est l'annulation du gain de la réforme de 2010. C'est 8 milliards d'euros supplémentaires en 2018, donc c'est juste impossible.
Vouloir faire croire aux Français que, on va pouvoir sauver la monnaie européenne, respecter nos engagements de déficit, retrouver de la compétitivité, sur le plan économique pour que nos produits soient vendus dans le monde, et en même temps, revenir sur des réformes aussi structurelles que celle-là, c'est tout juste pas responsable, c’est tout juste manquer d'égard vis-à-vis des Français et d’une certaine façon de ne pas totalement les respecter, parce que, la vérité, c'est que ceux qui s'expriment comme cela, savent que ils ne tiendront pas leurs engagements.

Mais à côté de ces efforts de réduction de dépenses, nous avons aussi engagé des efforts et des réformes pour soutenir la croissance. François a bien voulu en évoquer plusieurs, dont le crédit impôt recherche, qui est un immense succès. Beaucoup critiqué au début, y compris parfois par les parlementaires de la majorité. C'est un immense succès. La France aujourd'hui c'est le pays de tous les pays développés qui est le plus attractif pour les investissements en matière de recherche.

Moi, qui ai été Ministre de la Recherche, il y a très longtemps, je peux vous dire que c’est une situation totalement nouvelle. Autrefois, on était toujours à la traîne sur ces sujets là parce que la recherche était difficile à financer dans notre pays, parce que souvent la première chose que faisaient les gouvernements pour essayer de retrouver un peu de marge de manœuvre financière, c’était de baisser les dépenses en matière de recherche. Nous, nous avons fait tout le contraire avec le président de la République. On a mis la priorité sur la recherche et on a mis en place le dispositif de crédit impôt recherche. Vous pouvez aller dans toutes les entreprises qui investissent dans la recherche, toutes vous diront que c’est un énorme avantage aujourd’hui pour notre pays.

La réforme de la taxe professionnelle, cela ne fait pas plaisir à tout le monde, je sais.  Il y en a qui trouvent qu’ils en paient trop, ceux qui en paient moins, évidemment, se gardent bien de le dire mais la vérité c’est que c’était fait pour aider l’industrie. Les activités qui ne sont pas en concurrence avec le monde entier, si elles paient un peu plus d’impôts, ce n’est pas formidable, on peut toujours s’en plaindre, mais enfin cela n’a pas de conséquences ni sur l’emploi, ni sur la compétitivité de l’économie.

Par contre, le fait qu’une voiture française soit beaucoup plus chère à produire en France qu’en Allemagne, cela c’est un énorme problème parce que c’est ce qui cause aujourd’hui la désindustrialisation de notre pays ; en tout cas, c’est une des causes et en supprimant la taxe professionnelle pour les entreprises industrielles, on a fait un pas en avant très important.

Et enfin, la politique qu’on a conduite sous l’autorité de Nicolas SARKOZY avec les investissements d’avenir est un autre exemple de ce choix du Gouvernement de réduire les dépenses d’un côté, mais en même temps de continuer à investir sur l’avenir.  Puisque dans cette période où nous réduisons les dépenses de l’Etat, nous investissons 35 milliards d’euros sur tous les secteurs qui sont les secteurs qui feront les emplois de demain.

De la même façon que le général de GAULLE et Georges POMPIDOU avaient lancé le TGV, les centrales nucléaires, le Concorde, l’Airbus, qui ont été à l’origine des principaux succès industriels de notre pays - même le Concorde d’une certaine façon parce que c’est de la technologie qui a servi à faire décoller l’industrie aéronautique française et européenne - et bien de la même façon, nous sommes aujourd’hui en train d’aider les meilleurs laboratoires, les meilleures entreprises en matière de nanotechnologies, en matière d’électronique, en matière d’énergie, en matière d’informatique et nous sommes en train de semer les graines qui feront la croissance de notre pays demain.

Je veux le souligner parce que d’abord on en parle évidemment très peu parce qu’on ne parle que des choses qui vont mal, cela c’est normal, mais surtout ce sont des investissements dont on ne peut pas voir aujourd’hui les résultats mais qui seront à l’origine des emplois de demain et en particulier des emplois qui permettront à nos enfants de ne pas nous reprocher d’avoir complètement gâché l’avenir.

Alors c’est dans ce contexte que nous avons besoin d’une Europe forte, d’une Europe puissante, d’une Europe qui puisse nous aider à protéger notre savoir-faire, notre culture, notre mode de vie.

Et je voudrais pour terminer dire un mot de l’accord européen de vendredi dernier, pour dire que c’est un accord très très important. Vous avez entendu, à chaque accord qu’il était important et naturellement ils l’étaient tous. Mais celui-là marquait une vraie rupture dans la mesure où sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY et d’Angela MERKEL, au fond ce qui a été décidé, c’est de dessiner une nouvelle Europe qui est l’Europe qui avance, qui est l’Europe qui est la plus exigeante, qui est l’Europe qui est la plus volontaire, alors qu’on avait l’habitude jusqu’à maintenant de s’aligner sur le moins-disant pour essayer d’obtenir un accord à l’unanimité. Cette fois-ci, il y a un pays qui n’a pas voulu suivre, il y en avait plusieurs au début de la journée de vendredi, il y en avait plus qu’un samedi matin, tant pis, on avance quand même. On avance quand  même parce qu’il faut protéger l’Euro, parce qu’il faut protéger l’acquis de la construction européenne.

Et cela me permet de revenir à l’inspiration gaulliste qui est celle de François et la mienne. Je pense qu’aujourd’hui, je vais peut-être m’avancer beaucoup, le général DE GAULLE serait très européen. Il serait très européen, pourquoi ? Parce qu’au fond, le combat pour protéger la Nation française, c’était un combat pour protéger notre identité, pour protéger la place de la France dans le monde, pour protéger la culture française, pour protéger notre mode de vie. Aujourd’hui dans un monde de sept milliards d’habitants, bientôt neuf, la seule façon de protéger ce mode de vie, la seule façon de protéger la civilisation européenne qui est si différente des autres civilisations, asiatiques ou des civilisations nord-américaine, c’est de défendre l’Europe. Et en particulier de faire en sorte que nous ayons une monnaie forte, une monnaie européenne et que nous ayons une intégration européenne qui nous permette de nous défendre, qui nous permette de protéger nos marchés, qui nous permette de faire respecter par exemple des règles de réciprocité.

On entend beaucoup en cette période de campagne électorale des combattants qui vous explique au micro que avec leur sabre de bois, ils vont faire reculer la Chine, l’Inde et tous ces acteurs de la mondialisation en imposant les produits français et la manière de les faire. Tout cela n’a aucun sens s’il n’y a pas une Europe puissante qui peut dire à la Chine, qui peut dire à l’Inde, qui peut dire aux Etats-Unis voilà les conditions que nous acceptons. Nous sommes vos clients, nous sommes des clients très importants pour vous, alors nous n’acceptons pas que vous inondiez notre marché de produits qui sont par exemple produits dans des conditions en matière de protection de l’environnement qui sont tout à fait inacceptables. Mais pour cela il faut être fort, il ne faut pas seulement soixante millions de Français tout seuls au milieu de cet océan de sept milliards d’habitants.

C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de plus d’intégration européenne, nous avons besoin de plus d’intégration de la Zone Euro, nous avons besoin de plus de cohérence dans cette Zone Euro. J’avais choqué en disant, il y a quelque temps, que il faudrait aller vers une Zone Euro dans laquelle on ait le même temps de travail, grosso modo les mêmes règles en matière de retraite, la même fiscalité. Cela ne veut pas dire évidemment que nous devons nous aligner sur tel ou tel pays. Cela veut dire qu’on doit ensemble réfléchir les pays membres de la Zone Euro pour voir quelles sont les conditions de la compétitivité de l’économie européenne.

Mais vous voyez bien qu’une monnaie - d’ailleurs on était quelques uns à l’avoir dénoncé il y a 12 ans - une monnaie ne peut pas fonctionner sur un territoire où il y a des gens qui travaillent 35 heures et d’autres qui travaillent 42, parce que ce n’est pas possible, ce n’est juste pas possible, parce que ceux qui travaillent 42, ils ont l’impression qu’ils travaillent en partie pour financer les RTT des autres. Donc cela ne peut pas durer. Donc, il faudra bien que nous trouvions ensemble le moyen de faire converger en faisant chacun un effort, chacun un pas vers l’autre notre temps de travail, notre système social, notre fiscalité si nous voulons assurer la pérennité de l’Euro.

Voilà et dans ces conditions, je redis à nouveau qu’il n’est pas responsable de dire que si il y a une alternance politique, on renégociera les accords européens. D’abord parce que cela n’est pas vrai. Il y a 26 pays européens qui se sont mis d’accord, 26 pays européens qui sont dirigés les uns par la gauche, les autres par la droite, ce n’est d’ailleurs vraiment pas le sujet. Il faut aujourd’hui que nous fassions preuve face aux marchés, face à ces attaques contre la Zone Euro, face à tous les dangers qui pèsent sur nous, il faut qu’on fasse preuve d’unité nationale.

Alors faire preuve d’unité nationale cela ne veut pas dire que tout le monde doit penser pareil, naturellement. Chacun a son approche idéologique des choses, chacun doit avoir son projet, son projet politique mais il y a quelques sujets sur lesquels on doit faire bloc. Et moi j’attends et j’attendais en particulier du candidat à l’élection présidentielle socialiste qu’il dise à propos de l’accord européen, même si il n’est pas parfaitement d’accord avec tous les éléments de cet accord, qu’il le soutiendra. Qu’il le soutiendra parce c’est la crédibilité de la France qui est en cause, parce qu’on ne peut pas dire aux marchés « il y a un accord européen en novembre, en décembre mais on ne sait pas si en avril ou en mai, il sera toujours valable ». Cela c’est tout à fait irresponsable par rapport aux difficultés que nous rencontrons.

Voilà, nous avons besoin d’unité, nous avons besoin de retrouver une fierté nationale dans le cadre de cette construction européenne et je voudrais terminer en disant qu’ il suffit de passer, comme je viens de le faire ce matin trois heures sur la base de Saint-Dizier, pour ressentir cette fierté nationale.


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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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Ribes guy 17/01/2012 15:59


Monsieur le premier ministre 


je voulais saluer pour votre courage 


vos capacités indégniables à faire face à la situation actuelle de notre pays 


vous avez toutes les qualités requises d'un grand président de la république qui marquerai l'histoire de la France 


ne perdez pas votre courage et que Dieu soit avec vous 


 


 

burberry sport 21/12/2011 06:01


Si vous n'avez rien, souvenez-vous, vous devez avoir une croyance.

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