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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 09:51

François Fillon rencontre les militants et les sympathisants de l’UMP à Pons en Charente Maritime.

 

 

Merci, merci mes amis,

 

Comment ne pas commencer, après cet accueil chaleureux, par vous dire le plaisir que j’ai de retrouver les militants et les sympathisants de notre majorité en Charente Maritime ; et je voudrais commencer en remerciant Dominique BUSSEREAU pour son invitation, et en le remerciant surtout pour la qualité du travail qu’il accomplit ici, au service de son département, dont il a vanté les mérites tout au long de cet après-midi et dont il m’a présenté toutes les revendications avec l’humanisme et le talent de gestionnaire que je lui ai connu lorsqu’il était au Gouvernement. Dominique BUSSEREAU a servi l’Etat avec beaucoup de conscience, avec beaucoup d’efficacité et j’ajoute - parce que ça ne gâtait rien - toujours avec beaucoup de bonne humeur.

 

Je voudrais saluer les parlementaires de la majorité qui sont parmi nous : Jean-Louis Léonard, Didier Quentin, Daniel Laurent, Michel Doublet, Claude Belot, Michel Becot, et je voudrais dire à monsieur le maire de Pons toute ma gratitude pour l’accueil qu’il m’a réservé tout à l’heure et pour les paroles qu’il a prononcées.

 

Je voudrais vous remercier tous d’être venus en nombre, à une heure qui n’est pas forcément très pratique, en ce début de semaine ; nous sommes à la veille d’une échéance électorale qui est très importante et il est absolument indispensable que notre famille politique regroupe ses forces et que nous partagions ensemble nos valeurs pour préparer cette échéance.

 

Dans une période où chaque journée qui passe apporte son lot de bouleversements, jamais nous n’avons eu besoin autant d’engagement politique, de rassemblement, d’unité, de cohérence.

 

Nous vivons depuis quatre ans au rythme d’une crise financière et économique internationale qui aurait pu balayer la France si nous n’avions pas su, avec le Président de la République, avec la majorité parlementaire, prendre les bonnes mesures.

Et depuis six mois, alors que nous pensions être sortis de ces épreuves, nous sommes menacés à nouveau par la crise des dettes souveraines, c'est-à-dire par la crise de la dette des Etats.

 

Tout ce quinquennat aura donc été marqué, marqué au fer rouge par des crises successives que nous avons dû enrayer, que nous avons dû gérer, et que nous avons dû surmonter.

 

Certains responsables politiques pourraient trouver prétexte à cette situation pour s’excuser de ne pas avoir tout réussi dans de telles conditions.

Moi, je ne veux pas me dérober, et je veux vous dire que je vois dans les épreuves que notre pays traverse, la confirmation d’une conviction : le XXIème siècle sera un siècle dur pour les nations insouciantes, ce sera un siècle dur pour les nations qui croient que le progrès économique et social est un acquis, alors qu’en réalité c’est un combat incessant. Ce sera un siècle dur pour les pays qui ne veulent pas prendre le risque du changement, de la réforme, de la modernisation.

 

Au nom de cette conviction, je veux vous dire que je ne regrette rien de ce que nous avons fait. Bien sûr nous avons pris des coups, nous avons subi des revers, bien sûr nos espérances n’ont pas toujours été au rendez-vous, mais nous avons agi avec audace et avec sincérité.

 

Et d’ailleurs, quand on regarde ce que nous avons accompli depuis quatre ans, de quoi devrions nous rougir ?

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir enfin réformé les universités de notre pays en leur donnant l’autonomie qui va leur permettre de combattre à armes égales avec toutes les grandes universités européennes, avec toutes les grandes universités nord-américaines, alors même que depuis des décennies, tout le monde à gauche comme à droite faisait le constat de la nécessité de cette réforme de l’université mais personne n’osait l’engager en raison des risques politiques qu’elle représentait ?

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir instauré le service minimum dans les transports, en mettant fin à une particularité française, qui permettait à une minorité, parce qu’elle faisait grève et qu’elle paralysait l’économie du pays, d’empêcher une majorité élue par les Français, de mettre en œuvre les réformes pour lesquelles cette majorité avait été choisie ?

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir réformé les retraites pour sauver notre système social de la faillite ?

 

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir engagé la mutation du développement durable avec le Grenelle de l’environnement ?

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir interdit la burqa au nom de la République que nous aimons, et qui est une république où l’on ne peut pas cacher son visage ?

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir redonné du souffle à la valeur du travail en assouplissant le carcan des 35 heures ? Certains disent que nous ne l’avons pas fait assez, peut être faudra-t-il aller plus loin ; mais en défiscalisant les heures supplémentaires nous avons apporté de la souplesse à un système qui étouffait progressivement l’économie française.

Est-ce que nous devrions rougir d’avoir sauvé en 2007 l’Europe de la paralysie institutionnelle dans laquelle l’avait plongé le « non » au référendum ?

Ou encore d’avoir aidé le peuple libyen à se libérer de la dictature ?

D’avoir protégé les Français, d’avoir protégé leur épargne, d’avoir protégé leurs emplois, dans la pire bourrasque financière et économique que le monde ait connue depuis la seconde guerre mondiale ?

 

Quand on fera le bilan de l’action qui a été celle des gouvernements que j’ai eu l’honneur de conduire, ce bilan, on pourra le comparer sans rougir à beaucoup d’autres bilans de la Vème République.

 

 

En ayant dit cela, je veux vous rassurer en vous affirmant que je mesure aussi parfaitement les difficultés, les inquiétudes que ressentent nos concitoyens parce que depuis quatre années ils subissent les effets de la crise économique. Je mesure parfaitement les espoirs que nous n’avons pas pu satisfaire.

Et j’ai envie de vous dire que je n’ai pas besoin de l’opposition pour le mesurer !

Ce quinquennat qui aurait dû se dérouler dans un contexte de croissance internationale, s’est déroulé dans un contexte d’orages permanents.

J’assume ce que nous avons fait, parce qu’un chef de Gouvernement qui n’assume pas ses responsabilités ne mérite pas d’être aux responsabilités !

 

Maintenant, face aux doutes qu’expriment nos concitoyens, des doutes qui sont légitimes dans la situation que nous connaissons, il y a trois attitudes possibles :

 

La première c’est celle du conservatisme qui suggère de tout stopper comme si la crise, comme si la mondialisation, n’étaient que des phénomènes passagers. C’est l’attitude d’une grande partie de la gauche, qui critique toutes les réformes que nous faisons, qui ne veut rien changer, et qui sur toutes les réformes stratégiques propose des moratoires, l’immobilisme, « on attend de voir », « on essaye de satisfaire aux revendications immédiates des uns et des autres » en se cachant la réalité. En refusant de moderniser notre pays nous l’enfonçons un peu plus dans la crise et dans l’endettement ;

 

La deuxième attitude possible, c’est celle du populisme, ceux qui ambitionnent de tout balayer comme si la France pouvait trouver son salut dans le repli, dans la révolte, comme si la France avait un avenir en s’opposant au reste du monde ;

 

Et puis il y a l’attitude des réformistes, des réformistes que nous sommes, qui savent que l’avenir de notre nation repose sur ses capacités de changements, et repose surtout sur sa capacité à regarder la vérité en face.

 

Et la vérité, mes chers amis, elle a aujourd’hui un nom : c’est la dette !

Cette question de la dette publique n’est pas une question nouvelle, ce n’est pas une question qui est née avec les agences de notation.

Cette question de la dette, elle devait tôt ou tard rattraper tous les Etats qui depuis trente ans vivent à crédit dans l’espoir de repousser à plus tard les efforts de gestion qu’ils auraient dû consentir depuis longtemps.

 

Cet été, devant le monde stupéfait, une agence de notation a osé mettre en doute la crédibilité financière de la première puissance du monde, la crédibilité financière des Etats-Unis, parce que l’endettement des Etats-Unis est considérable.

Que la première puissance mondiale soit ainsi contrainte de rassurer les investisseurs sur sa solidité, ce n’est pas le signe que le monde ne tourne pas rond, c’est le signe que le monde a décidé de ne plus faire comme si l’endettement des Etats était une chose normale.

 

Et depuis quelques semaines, c’est l’Europe qui est dans l’œil du cyclone.

 

Les inquiétudes, plus ou moins fondées, grandissent devant la situation de la Grèce. Vous entendez chaque jour des experts toujours aussi péremptoires vous dire que l’euro est en danger de mort et peut-être même que l’Europe elle-même est finalement en danger.

 

 

Rarement l’économie et la politique ont été aussi étroitement imbriquées.

Le problème financier, posé par l’endettement des Etats, est devenu un problème politique.

Ce qui est en jeu, c’est pas de la technique, c’est pas l’avenir des banques et c’est pas l’avenir de la finance, c’est le sort de notre souveraineté nationale, c’est le sort de notre indépendance, c’est le sort de l’Union Européenne, c’est le sort des efforts qui ont été accomplis depuis un demi siècle par plusieurs générations pour faire de l’Europe la terre la plus pacifique et la plus prospère sur la surface de la planète.

Il n’est plus temps aujourd’hui de déplorer l’irrationalité des marchés, de s’en prendre aux spéculateurs, même si, naturellement, oui les marchés sont irrationnels, oui il y a des spéculateurs, mais il est surtout temps de tirer les leçons des choix passés que nous avons faits et qui nous placent dans la situation que nous connaissons aujourd’hui.

 

 

Comment les pays européens ont-ils pu s’endetter indéfiniment sans penser aux lendemains ?

Comment ont-ils consenti à entretenir un niveau de vie qui était de plus en plus déconnecté de la réalité de leurs richesses ?

L’addition douloureuse qui nous est tendue aujourd’hui doit être l’occasion d’une prise de conscience, pour que nous puissions introduire des changements profonds dans notre manière de construire l’avenir.

Nous avons manqué de courage. Nous avons vécu à crédit parce que nous avions peur des réformes. Nous avons attendu d’être au pied du mur avant d’engager les changements qui étaient nécessaires.

Et maintenant, cette crise, comme toutes les crises, vient élever le seuil de responsabilité des hommes publics.

 

Notre premier devoir, en effet, c’est d’affronter la réalité, d’affronter la réalité sans démagogie, d’affronter la réalité sans chercher d’excuses ou de faux-fuyants.

 

Quand on a plus de 1.500 milliards de dette, quand on n’a jamais connu l’équilibre budgétaire depuis plus de trente cinq ans, il est totalement vain de s’en prendre au voisin, de s’en prendre aux agences de notation, avec tous les défauts qu’elles ont, de s’en prendre aux banquiers, de s’en prendre aux traders.

Il faut avoir le courage et la lucidité de se reprendre soi-même en main. Si nous n’étions pas si endettés nous ne dépendrions pas des marchés. Et cette constatation, c’est une constatation de bon sens que chacun d’entre vous peut faire dans sa vie personnelle. Quand vous êtes en situation difficile, vous n’accusez pas les spéculateurs, les agences de notations, ou les traders, vous vous en prenez à vous-même. Eh bien nous devons nous en prendre à nous même.

 

Notre deuxième devoir, c’est d’agir avec sang-froid, d’agir avec sang-froid pour réparer les erreurs et pour préparer l'avenir.

Devant les marchés qui ont perdu leur boussole, devant des investisseurs qui ne savent plus sur qui compter, les responsables politiques ont un devoir, le devoir absolu, celui d’être solides, d’être solides dans leur parole et d’être surtout résolus dans leurs actes.

 

 

Notre troisième devoir, c’est d’avoir toujours la présence d’esprit d’agir collectivement, d’agir collectivement avec l’Europe et pour l’Europe.

En temps de crise, malheureusement le premier réflexe, c’est souvent le mauvais réflexe, c’est celui de se replier sur soi-même.

«D’abord moi, et puis, tant pis pour les autres». Contre l’Europe, contre l’euro, cette musique suicidaire commence à se faire entendre dans notre pays.

 

Dans les mois qui viennent, nous allons avoir besoin d’entendre votre voix, celle des acteurs politiques que vous êtes, celle des militants, celle des hommes et des femmes engagés, pour contrer justement le discours de ceux qui viennent attiser les peurs de nos concitoyens, qui essayent de gonfler leurs inquiétudes et qui tentent de nous faire croire que l’histoire pourrait s’écrire à reculons. L’histoire ne recule pas. Nous avons construit l’Europe en réaction à des décennies, à des siècles, de conflits entre les Européens. C’est un bien qui est tellement précieux qu’il dépasse chacun d’entre nous, qu’il dépasse le destin politique des uns et des autres, qui ne peut pas être mis en danger, simplement parce que tel ou tel veut se faire élire et qu’il pense qu’il est plus facile de se faire élire en disant du mal des autres, en accusant les autres de tous les maux et de toutes les responsabilités.

 

Non, avec le Président de la République, nous ne renoncerons pas aux acquis de l’Europe ; nous ne renoncerons pas à l’esprit de fraternité qui unit les peuples européens depuis 60 ans ; nous ne renoncerons pas à ce destin commun qui permet aujourd’hui à 500 millions d’européens de tenir leur rang dans un océan de compétition, dans un océan de compétition qui est peuplé de 6 milliards d’habitants, et bientôt de 9 !

 

Bien sûr la crise que nous traversons a révélé des lacunes dans l’organisation européenne, elle a révélé des lacunes en particulier dans notre union monétaire.

Nous avons construit la monnaie européenne sans bâtir en même temps le gouvernement économique commun, et donc sans harmoniser les budgets, la fiscalité des pays de la zone euro. C’était une erreur, chacun pouvait comprendre qu’il ne serait pas possible indéfiniment de faire fonctionner la même monnaie dans une zone où certains travaillent 45 heures et d’autres 35, dans une zone où certains partent à la retraite à 68 ans et d’autres à 57, dans une zone où certains paient beaucoup d’impôts quand d’autres en payent moins.

 

Nous avons conçu une zone monétaire qui a laissé se creuser des écarts de compétitivité, une zone monétaire qui a laissé filer l’endettement public de la plupart de ses membres, parce qu’à un moment ou à un autre cela nous arrangeait tous de ne pas condamner le laxisme de certains Etats dont on voyait bien qu’ils étaient en train de s’endetter.

 

Oui nous avons vu la Grèce s’endetter, oui nous avons vu d’autres pays d’Europe s’endetter, mais chacun étant concentré sur ses propres contraintes, c’était plus facile de faire semblant de ne pas voir pour pouvoir nous même ne pas respecter les règles de bonne gestion que les traités européens avaient prévus. Mais il ne faut pas tirer de ces difficultés de la monnaie européenne des mauvaises conclusions.

 

 

Et certains, dans leur panique, envisagent de couvrir ou d’exclure tel ou tel pays incapable d’assumer les contraintes de la monnaie unique.

 

Je veux dire que ces propos sont des propos irresponsables.

Ceux qui jouent avec l’idée que l’Europe puisse renoncer au remboursement des prêts consentis à la Grèce, bref que l’Europe «prenne ses pertes», comme je l’ai entendu dire hier, est-ce que ceux-là ont vraiment réfléchi aux conséquences de ce type de décision ?

 

Laisser l’Europe renoncer au remboursement des prêts consentis à la Grèce, cela signifie que le laxisme budgétaire d’un Etat est financé par les autres. Cela signifie des pertes pour tous les pays qui ont prêté à la Grèce.

Ceux qui mettent en avant cette solution pensent qu'il s'agit d'une recette miracle, d’une recette qui viendrait alléger la contrainte qui pèse aujourd’hui sur la Grèce. Mais je veux dire que rien n'est moins certain !

Si la Grèce faisait défaut sur ses engagements, ce serait à court terme plus de difficultés pour ce pays avec une récession encore plus sévère, avec un chômage encore plus élevé, avec des difficultés supplémentaires pour trouver à l'extérieur les sources de financement dont il a besoin pour se redresser.

 

 

Quant à ceux qui suggèrent de laisser tomber la Grèce ou qui réclament sa mise à l’écart de la zone euro, est-ce qu’ils ont bien mesuré les risques de leurs propos ? Faire cela, cela reviendrait à remettre en cause le périmètre de la zone euro et cela entraînerait une déstabilisation générale dont personne ne sortirait gagnant.

Si la Grèce devait quitter l’euro, tous les experts lui prédisent une dépréciation massive de sa monnaie pouvant aller jusqu’à 50% de sa valeur, et une très longue récession.

Pour le reste de l’Europe, la facture aussi serait une facture salée : un affaiblissement immense de la monnaie unique, une onde de choc qui frapperait nos entreprises et notre secteur financier. Et surtout une contagion périlleuse aux pays déjà fragilisés. Qui peut penser un instant que si les pays de la zone euro décidaient de laisser tomber l’un des leurs, les mêmes marchés, les mêmes spéculateurs ne s’en prendraient pas immédiatement aux autres pays de la zone euro fragilisée ?

 

L’euro en réalité nous protège, et douter de cette protection ce serait une grave erreur.

L’euro protège notre niveau de vie, il nous protège directement d’une guerre des monnaies, dont personne n’est jamais sorti renforcé.

C’est d’ailleurs la leçon des années 30, où chaque pays utilisait sa monnaie comme une arme pour essayer de gagner en compétitivité mais de manière factice.

C’est la leçon des années 70 et des années 80 où beaucoup de pays ont conduit des dévaluations dites compétitives. Menées sous le signe de l’égoïsme, ces dévaluations ont infligé aux nations des périodes d’inflation sans croissance.

 

Agiter enfin comme le fait l’extrême droite la menace d’une dévaluation, c’est ignorer les implications d’une décision monétaire qui engagerait non pas la France seule, mais toute la zone euro.

Ceux qui promettent de résoudre tous les problèmes que rencontre notre économie, nos pays développés, par le retour au Franc et par la simple dévaluation de la monnaie pourraient aussi bien vous promettre la lune. Parce que la crédibilité d’une nouvelle monnaie ne se décrète pas !

Je veux vous demander de méditer sur l’exemple de l’Argentine, qui après avoir misé en 2002 sur une baisse imperceptible de son taux de change avec le dollar pour gagner en compétitivité par rapport à son voisin nord américain, s’est retrouvée avec une monnaie réduite de 75% de sa valeur ; cet exemple devrait suffire à nous mettre en garde.

La vérité, c’est que personne ne peut définir à sa guise le taux de change d’une nouvelle monnaie. Si nouvelle monnaie il y avait, son prix serait tout simplement ce que décideraient les marchés.

Alors ne croyez pas tous ceux qui murmurent que le scénario d'une sortie en douceur de l’euro est une possibilité parmi d’autres. Ce serait une catastrophe économique, ce serait un désastre financier et ce serait surtout une débâcle sociale dont l’Europe ne se relèverait pas.

En réalité, pour répondre à cette crise, il ne faut pas moins d’Europe mais il faut plus d'Europe, il faut plus d’Europe politique, il faut plus de cohérence économique, il faut plus d'harmonisation fiscale, et il est grand temps que l’Europe reprenne le contrôle de ses finances publiques et qu’elle se dote d’un vrai gouvernement économique.

Alors nous nous rapprochons lentement, trop lentement, mais nous nous rapprochons du but. En matière de régulation et de supervisions financières, l’Europe a plus avancé en quelques mois, sous la contrainte des événements, qu’en vingt ans.

Et on peut dire que, grâce en particulier aux initiatives du Président de la République et de la chancelière Allemande, le lancement d’un véritable gouvernement économique de la zone euro est enclenché.

 

 

Mais pour que cela fonctionne il faut un leadership plus fort, il faut une solidarité plus forte entre les Etats de la zone euro et singulièrement entre la France et l’Allemagne.

 

L’année 2011 a montré une nouvelle fois le rôle absolument essentiel, vital du couple franco-allemand pour faire évoluer l’Union Européenne.

Nos deux pays ont prouvé qu’ils étaient prêts à se lancer en pionniers dans une plus grande convergence budgétaire et fiscale. Lorsqu’au mois d’août, Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL ont pris l’engagement d’engager un processus pour qu’en 2013 la France et l’Allemagne aient la même fiscalité sur les entreprises, que l’impôt sur les sociétés soit commun à la France et à l’Allemagne. Ce serait un exemple extraordinairement fort, un symbole extraordinairement fort de cette convergence qui nous permettrait enfin de donner à la zone euro cette capacité de lutter contre la compétition internationale, de lutter contre la compétition avec les pays asiatiques, avec les pays d’Europe du nord, sans avoir à gérer, en plus, une compétition interne à l’Europe entre la France et l’Allemagne, entre l’Allemagne et l’Italie, entre la France et l’Espagne, du fait des différences de niveau de salaire, de charges sociales, de fiscalité.

 

Sur tous les dossiers, je voudrais que, en laissant passer le tumulte, les commentaires irréfléchis qui sont notre lot quotidien lorsque l’on allume la télévision ou la radio, vous regardiez avec le recul nécessaire, qui a joué un rôle clé depuis le début de cette crise économique et financière pour protéger l’Europe, pour faire en sorte que la crise qui avait commencé aux Etats-Unis ne mette pas par terre l’ensemble du système financier mondial, et aujourd’hui pour faire en sorte que l’euro continue de protéger la Grèce, et à travers la Grèce l’ensemble de l’effort de construction européenne. Sur tous ces dossiers je veux dire que le président de la République, Nicolas Sarkozy, a été à chaque fois une force de proposition et une force de réaction rapide. Et, à travers lui, la France est écoutée, et c’est la France qui tient la barre depuis le début aux côtés de l’Allemagne.

Et, franchement, quand je regarde le débat sur les élections présidentielles, je ne vois pas d’autre candidat qui puisse présenter la même expérience, la même combativité, la même capacité de gérer les crises graves auxquelles sont soumis les pays de l’Union Européenne.

 

Face à cette crise il y a une réponse européenne, je viens de l’évoquer, mais il y a aussi une réponse nationale.

D’un côté, nous devons réduire nos déficits, et de l’autre nous devons continuer d’aller chercher la croissance. Réduire les déficits en étouffant l’économie c’est prendre le risque d’une récession ; il nous faut donc à la fois réduire les déficits, c’est une question de crédibilité, et en même temps aller chercher la croissance.

 

Nous nous sommes engagés à ramener nos déficits en dessous de 3% en 2013 et à 2% en 2014 pour aller sur une trajectoire qui nous conduit à l’équilibre. Eh bien, je voudrais vous dire que nous nous donnons les moyens d’atteindre ces objectifs. Nous avons engagé dès 2007 une révision générale des politiques publiques, qui a souvent suscité bien des critiques. Il s’agit de faire quoi : il s’agit de revoir l’architecture de l’administration de l’Etat pour l’adapter à la fois à la vie d’aujourd’hui, aux contraintes qui sont celles de la société moderne, mais aussi pour l’adapter à nos capacités financières. Nous avons grâce à cette révision générale des politiques publiques, qui a pu ici ou là vous faire souffrir ou en tout cas susciter de votre part des critiques, grâce à cette révision générales des politiques publiques nous avons réalisé 15 milliards d’euros d’économies ; et au terme du quinquennat, nous aurons supprimé 150.000 postes de fonctionnaires d’Etat. Nous ne le faisons pas de gaieté de cœur, nous ne disons pas que, si d’autres situations étaient possibles, si nous en avions les moyens, d’autres politiques ne seraient possibles, mais nous sommes dans un pays qui a sans cesse accru depuis 40 ans le nombre des emplois publics. Nous sommes aujourd’hui le pays en Europe qui a le record, le record d’emplois publics, le record de dépenses publiques et le record d’impôts. Il fallait donc bien engager cet effort de réduction du nombre des postes de fonctionnaires.

 

Nous avons gelé depuis deux ans les dépenses de l’Etat et nous avons gelé, cela allait de soit, en même temps, les dotations aux collectivités locales.

Nous avons restructuré notre carte militaire. Je suis venu aujourd’hui à La Rochelle pour signer, avec les collectivités locales, le contrat qui permet à l’Etat d’aider les territoires à compenser la perte des unités militaires par la création de nouveaux emplois ; mais enfin, quel que soit l’attachement que l’on puisse avoir dans une région à ses unités militaires, quelle que soit la nostalgie que l’on puisse avoir quand un régiment est dissout, qui peut penser un instant que la France aurait pu continuer à faire comme si elle était toujours menacée d’invasion par le pacte de Varsovie et à entretenir une armée de 500.000 hommes répartis sur tout le territoire comme dans les années 60 ou dans les années 50, qui peut le penser un instant ? Si nous n’avions pas enclenché la modernisation des armées qui a commencé avec la professionnalisation, nous aurions aujourd’hui une armée d’un demi million d’hommes que nous n’aurions absolument pas les moyens d’entretenir et dont l’utilité pour la nation serait faible compte tenu des menaces qui pèsent sur nous. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui ce n’est pas de 500.000 hommes, c’est d’une armée capable de se projeter loin pour aller défendre les intérêts de la France là où ils sont menacés comme, on l’a vu encore, avec quelle efficacité, lorsque nous avons mené des opérations militaires pour soutenir les rebelles libyens qui luttaient pour leur liberté. Je suis heureux de profiter de l’occasion que vous me donnez pour rendre une nouvelle fois hommage au courage, au professionnalisme et à l’efficacité des soldats de nos armées.

 

 

Nous avons rationalisé notre organisation judiciaire, nous avons engagé la rationalisation de notre réseau de santé parce qu’il faut lutter contre l’éparpillement des structures.

Et avec la réforme des retraites, nous sommes parvenus à sauvegarder notre modèle social.

 

 

Cet été, nous avons dû, en raison du ralentissement de la croissance dans tous les pays développés, annoncer un plan supplémentaire qui vient s’ajouter à tous les efforts que je viens d’évoquer de 11 milliards d’euros d’économies.

Ce plan ce n’est pas un changement de cap, ce n’est pas une nouvelle politique, c’est simplement un ajustement pour faire en sorte qu’à la fin de l’année les engagements que nous avons pris de réduction des déficits soient bien tenus. Je me suis engagé à ce qu’à la fin de l’année le déficit de notre pays ne dépasse pas 5,7%, nous tiendrons cet engagement. Et l’année prochaine nous nous sommes engagés à ce que le déficit de notre pays soit inférieur à 4,5%, nous tiendrons cet engagement. C’est comme ça que nous pourrons ramener le budget de l’Etat français à l’équilibre sans tuer la croissance. Bien sûr on pourrait aller plus vite, on pourrait faire conduire des politiques, comme en ont conduit en d’autres temps certains pays, fermer la moitié des services publics, licencier les fonctionnaires, baisser les traitements, mais alors, non seulement nous provoquerions un mécontentement social profond et justifié, et surtout nous asphyxierions le moteur de la croissance de l’économie française.

 

Avec ce plan, nous demandons plus aux grandes entreprises qu’aux petites, nous demandons plus aux ménages fortunés qu’aux autres Français. Alors bien sûr il suscite des critiques et ce n’est pas avec plaisir que le Premier ministre que je suis, le gouvernement, la majorité, sous l’autorité du Président de la République, propose de supprimer des avantages fiscaux, d’augmenter un certain nombre de taxes ou de réduire certaines dépenses. Naturellement chacun préférerait être dispensé des efforts, mais je veux vous dire que ces efforts ne sont rien par rapport à ceux que nous serions obligés d’assumer si le laxisme était au pouvoir. Parce que grâce à la discipline que nous mettons en place, grâce à la discipline budgétaire que nous nous sommes imposée, la crédibilité de la France reste forte au regard des investisseurs. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France peut continuer à financer sa dette à un taux qui est très bas parce que les marchés ont confiance dans la crédibilité de la France, parce qu’ils ont confiance simplement dans la politique économique et budgétaire qui est conduite.

 

Dans l’intérêt de tous les Français, ces efforts doivent être constants. Et je veux dire qu’ils ne doivent pas être prisonniers des échéances électorales.

Parce que la question des déficits, ce n’est pas une question de droite ou une question de gauche, c’est juste un problème national !

 

J’ai regardé jeudi soir avec intérêt l’émission télévisée qui était consacrée aux primaires du parti socialiste. Je ne fais pas partie de ceux qui portent un jugement critique sur l’exercice. Après tout, c’est un exercice qui était utile à notre démocratie. Mais en revanche je suis atterré par les propositions qui émanaient de ce débat. Ceux qui veulent sortir du nucléaire en laissant notre pays complètement désarmé face à l’augmentation massive du prix de l’énergie, ceux qui veulent dépénaliser le cannabis, ceux qui veulent régulariser les immigrés clandestins. Mais il y a un élément qui m’a paru fondamental, c’est que l’essentiel de l’émission a tourné autour de la question des déficits. Et donc ça veut dire au moins une chose positive c’est que cette question qui a longtemps été taboue à gauche, ignorée à gauche - d’ailleurs on entend encore une partie de la gauche française, à l’extrême gauche, dire que le déficit ça n’a aucune importance - que ce sont des questions liées aux agences de notation et aux banques, qu’on peut continuer à s’endetter indéfiniment, cette question, le parti socialiste en a enfin pris conscience.

 

Mais s’il en a pris conscience, ça ne signifie pas pour autant qu’il ait conscience des efforts que réclame la résolution de notre déficit.

À mon sens, les Français, à l’issue de ce débat, ne savent toujours pas où, comment et en taxant qui, le parti socialiste compte dégager des économies pour réduire nos déficits. Les candidats ont eu recours à tous les artifices habituels : la croissance - il suffit de décréter la croissance et la croissance permettra de rembourser les dettes -, « on va faire payer les riches ». Naturellement, on peut toujours continuer à augmenter les impôts, simplement il y a des limites ; et il y a une limite qui est très simple, c’est la limite de la crédibilité de la politique fiscale. Quand on exagère la taxation, et en particulier la taxation de ceux qui investissent, la taxation des entrepreneurs, qu’est-ce qu’ils font ? Eh bien ils vont entreprendre ailleurs ! Et c’est de plus en plus facile dans le monde d’aujourd’hui. Et c’est de plus en plus facile dans l’espace européen que nous avons construit.

 

En revanche, on a parfaitement compris, à écouter les candidats socialistes, que la promesse d’un retour à la retraite à 60 ans, la promesse de recruter 60.000 enseignants supplémentaires, 10.000 policiers supplémentaires, la promesse d’accueillir 300.000 emplois jeunes dans les structures publiques pour des emplois précaires, que toutes ces promesses allaient coûter très cher.

 

Nous, nous avons une stratégie : cette stratégie c’est la réduction des dépenses de l’Etat, c’est le non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, c’est la réforme de l’Etat. C’est une stratégie qui peut être critiquée, mais c’est une stratégie qui conduit à réduire le déficit de notre pays alors que la stratégie que j’ai entendue jeudi soir c’est une stratégie qui conduit à accroître le déficit de notre pays.

 

Cette stratégie est nécessaire pour réduire nos déficits, mais elle ne serait pas complète si elle n’était pas épaulée par une stratégie pour aller chercher la croissance.

Nous sommes dans une phase de reprise économique, de reprise économique fragile, qui exige de bien cibler nos efforts sur la productivité et sur l’inventivité.

 

 

Comme aucun gouvernement par le passé, nous avons investi sur la recherche, nous avons investi sur l’université, parce que c’est dans l’université que se créent les métiers et les emplois de demain. Nous avons investi sur l’innovation, sur la technologie, sur la croissance verte. Il est d’ailleurs tout à fait symbolique que, parallèlement à l’effort de réduction des dépenses publiques, nous ayons engagé le programme des investissements d’avenir, qu’on avait appelé à un moment le « grand emprunt ». 35 milliards d’euros destinés à soutenir les secteurs de pointe, les secteurs d’avenir de l’économie française, de la recherche française, de l’innovation française.

Ces 35 milliards d’euros viennent déjà soutenir aujourd’hui 300 projets et 1 700 entreprises, et, tout à l’heure, en visitant la SOGERMA dans votre région, nous avons pu constater déjà les effets de ce programme d’investissement d’avenir avec des axes de recherche qui vont permettre demain à cette entreprise, comme beaucoup d’autres dans notre pays, de rester à la pointe de la technologie mondiale.

 

Nous avons réformé la taxe professionnelle ; cela n’a pas été facile et cela a suscité bien des critiques que je comprends compte tenu de la fragilité de la situation des finances des collectivités locales. Mais c’était nécessaire, c’était nécessaire d’enlever une charge qui pesait sur l’entreprise française et sur aucune autre dans le monde et qui était une charge qui était indexée sur leur capacité d’investissement. Plus une entreprise investissait, plus elle payait d’impôt alors que ça devrait être le contraire. Nous devrions, par notre fiscalité, favoriser les entreprises qui investissent et grâce à cette reforme, c’est près de 5 milliards d’euros qu’on a remis entre les mains des entrepreneurs pour qu’ils investissent sur des nouveaux produits, pour qu’ils aillent conquérir de nouveaux marchés.

 

 

Nous avons puissamment encouragé l’innovation en triplant le crédit impôt recherche, et j’ai toujours beaucoup de satisfaction lorsque je visite une entreprise, comme la SOGERMA tout à l’heure, en entendant les chefs d’entreprise dire « grâce au crédit impôt recherche nous avons pu accroître la part que l’entreprise consacre à la recherche de nouveaux produits ». Parce qu’une entreprise qui ne consacre pas de financement à la recherche de nouveaux produits, c’est une entreprise qui tôt ou tard est condamnée.

 

Et d’ailleurs cela fonctionne en France puisque notre pays, malgré la crise économique, est aujourd’hui le premier pays en Europe pour l’accueil de centres de recherche et de développement, et pour la première fois, depuis 2003, l’engagement des entreprises françaises, du secteur privé français en matière de recherche, a augmenté alors qu’il chutait chaque année.

 

 

Nous avons choisi de récompenser la valeur du travail en autorisant le recours aux heures supplémentaires. Je sais que la gauche est très remontée contre cette politique, qui est une politique qui n’avait pas d’autre objectif que d’atténuer les dégâts des 35 heures sur la compétitivité de l’économie française. Eh bien, 9 millions de salariés ont bénéficié des heures supplémentaires, pour un gain moyen de 450 euros par an.

 

 

Nous avons réformé la formation professionnelle parce que nous voulons qu’elle soit plus accessible à ceux qui en ont le plus besoin, et qu’elle soit plus en phase avec les besoins des entreprises.

 

 

Et pour l’emploi et pour les jeunes, nous sommes en train de généraliser l’apprentissage, nous avons fait le maximum pour faciliter chaque étape, l’hébergement des jeunes en alternance, l’exonération des charges patronales pendant un an pour ceux qui embauchent un jeune en alternance, parce que nous croyons que cette formule de l’alternance est une formule d’avenir pour des jeunes qui aujourd’hui, souvent, sont en situation d’échec.


Sur le chômage, comme sur le pouvoir d’achat, comme sur l’insécurité, ou encore sur l’immigration ou encore sur le financement de la sécurité sociale, j’ai une règle : je m’interdis toute démagogie.

Les combats que nous menons sont des combats de longue haleine, ce sont des combats qui nécessitent d’abord de dire la vérité, de parler vrai.

 

Le plein emploi, l’augmentation des salaires, c’est impossible sans la croissance, et c’est donc sur la croissance qu’il faut placer toutes nos énergies, et pour avoir de la croissance il faut produire plus, il faut produire mieux, il faut être capable de vendre nos produits dans le monde, il faut être compétitifs par rapport à nos voisins, par rapport à nos concurrents immédiats que sont les Allemands, les Britanniques, les autres pays européens.

 

Contre la délinquance - où la fermeté de notre majorité reste infiniment plus grande que celle de la gauche – je veux dire que la lutte que nous menons ne dépend pas que des forces de l’ordre, elle ne dépend pas que de l’efficacité de la justice, elle ne dépend pas que de l’argent public investi dans la politique de sécurité.

Elle dépend aussi des élus locaux, des enseignants, des familles qui doivent s’engager pour faire barrage à la culture de la violence qui imprègne notre société.

 

Sur l’immigration, il est injuste et détestable d’ériger les étrangers en boucs émissaires de tous nos maux, mais je veux dire qu’il est en revanche légitime d’exiger de leur part le respect des lois de la République et des devoirs qui sont ceux de tous les citoyens.

Et il est au surplus parfaitement raisonnable, en période de crise, de penser qu’il faut réduire le flux de l’immigration régulière.

 

 

Sur la sécurité sociale, je veux dire que, là aussi, la maîtrise des comptes, ça ne relève pas seulement des administrations et des partenaires sociaux, c’est aussi l’affaire de tous les citoyens que nous sommes qui doivent être responsables dans l’usage de leurs droits. Ceux qui fraudent, ceux qui abusent, ceux qui en demandent toujours plus, pénalisent en réalité tous les autres. Alors moi j’en appelle, tout simplement, mes chers amis, sur tous ces sujets, à l’esprit républicain.

 

En République, nous sommes comptables de l’avenir de notre pays. Et chacun doit se demander ce qu’il peut faire pour la France, avant de se demander ce que la France peut faire pour lui.

 

Dans une république, chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice commun. Personne n’est inutile, personne n’est condamné à rester sur le bord du chemin, mais personne ne peut non plus se dispenser des efforts que fournissent tous les autres.

C’est ensemble que nous sommes forts !

L’individualisme, le corporatisme, le communautarisme, le scepticisme, voilà les adversaires éternels de la France rassemblée et de la France gagnante.

 

Alors moi je suis venu vous dire, autour du Président de la République, vous détenez l’une des clés de notre réussite.

Parce que la bataille des convictions, elle ne se gagne pas seulement sur les plateaux de télévision, elle se gagne sur le terrain, et ce que je vous demande ce soir, ici, c’est d’être unis, d’être unis pour défendre nos valeurs.

D’être déterminés face aux conservateurs de tous bords, à tous ceux qui vont vous dire qu’il faut renoncer à réformer la France, à tous ceux qui vont proposer des palliatifs pour faire en sorte que la douleur soit moindre, mais qui ne règlent en rien les problèmes de notre pays. Je veux dire à ceux-là que leur pessimisme s’apparente à une forme de désertion.

 

 

Soyez aussi déterminés face aux extrémistes, aux extrémistes de tous horizons, aux extrémistes qui n’ont toujours qu’un seul ressort : exacerber les pulsions les plus sombres. Leur démagogie est une trahison de l’esprit.

 

Voila, mes chers amis,

Pour qu’une équipe gagne, il faut deux choses : il faut avoir fait de belles choses ensemble, et il faut avoir envie d’en faire encore.

Eh bien, je crois en l’avenir de notre politique de réforme.

Je crois que nous n’avons pas fini notre travail.

Et je crois en vous pour continuer d’entraîner la France avec fierté et avec réalisme.

Vive la République, et vive la France !

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

germe jocelyne 30/09/2011 15:00



Monsieur Le Premier Ministre


Ce discourt mérite d'être largement diffusé dans son intégralité, et non par morceau de phrase que vont faire les journalistes,les reformes que vous avez engagées aucun autres parti les
enléveras,eux ils n'ont pas eu le courage de les faire, je suis d'accord sur de nombreux points,j'aurais aimé voir noté la fin des cumuls des mandats pour permettre à de simple citoyen d'
apportés leur pierre a cet édifice,démontré a tous que comme nous sommes au quotidien dans les quartiers on entend on comprend on sent la colère monté de ceux qui travaille envers son voisin
qui lui ne travaille pas elle est là la montée du FN, en 2012 il y auras une triangulaire (UMP, PS,FN),il serais souhaitable que vous posiez la question à tous vos ministres et secrétaires
d'états(  le PS où UMP ) demanderons t'il un report des voix comme avec Mr Chirac,aujourd'hui vu les conversations je peux vous dire que le FN fait son trou,il reste 6mois au Président
de la République et vous même et votre gouvernement pour faire basculé cette situation,nous pouvons en discuté pendants des heures,là n'est pas le lieu je vous souhaite d'avoir beaucoup de force
morale et physique pour ce combat recevez mes salutations.



quoineaud 30/09/2011 14:26



Bonjour Monsieur le premier Ministre,


Réduction de la dette, ISF : c'était un bel impot !il touchait surtout les plus favorisés.


Harmoniser un nouvel impot sur le Patrimoine. Environ 20% des Français sont imposables, que tout le monde à partir de 1500 E. de revenus participe "meme modestement pour les petits revenus"


Cumul des mandats, d'accord à condition d'en restituer qu'un seul.


Trop timide sur les Niches Fiscales.


 



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