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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 17:09

François Fillon reçoit les personnels civils militaires et humanitaires ayant porté secours aux sinistrés d'Haïti à Matignon le lundi 8 février 2010.

Mesdames et Messieurs, je voudrais vous dire que c’est un honneur pour moi, et les membres du Gouvernement qui m'accompagnent, de recevoir ceux qui se sont portés les premiers au chevet du peuple haïtien.

J’ai conscience que le cadre de l’Hôtel Matignon tranche peut-être de façon un peu insolente avec le théâtre sur lequel vous êtes intervenus.

Mais je pense qu’une des meilleures façons pour la République de vous rendre hommage, c'est de vous réserver son meilleur accueil.

Qu'est ce que je pourrais dire de ce séisme, moi qui n’étais pas sur les lieux du drame, à ceux qui en reviennent ?

Je n’ai vu que les images de ce pays dévasté.

Contrairement à vous qui avez été confrontés à la réalité, j’ai vécu l’événement, comme la plupart des Français à travers les bilans, à travers les décomptes des morts, des blessés, des sans-abri, des orphelins.

Mais pour autant, je pense que nous avons tous été sidérés par la violence de l’évènement et au fond, nous avons tous été touchés au cœur. Port-au-Prince restera inscrit dans la mémoire collective.

Face à l’horreur, face à ce chaos, le peuple s’est tout de suite mobilisé pour sauver ce qui pouvait l’être.

J’ai en mémoire quelques images, celles à la fois irréelles et en même temps bien concrètes, d’un Conseil des ministres impromptu, tenu dans un jardin, autour de chaises et de tables en plastique, mais un Conseil des ministres quand même, qui prend les premières décisions en faveur des sinistrés, alors même que l’Etat est décapité, que les ministères sont détruits, et les administrations, déjà si fragiles, démembrées.

J’ai en mémoire cette image de centaines d’hommes et de femmes remerciant le ciel de les avoir épargnés, et se tournant corps et âmes vers l’avenir de leur pays. Un pays pourtant si durement frappé par l’histoire.

 

Et, monsieur le Chargé d’affaires, vous nous faites l’honneur de votre présence, je voudrais dire à travers vous au Président Préval et au Premier ministre Bellerive qu’avant même de ressentir de l’affection, c’est de l’admiration que nous ressentons pour les Haïtiens, pour leur courage, et pour leur dignité.

La France, en raison de nos histoires si souvent entremêlées, se devait d’être aux avant-postes de cette bataille de sauvegarde et de secours.

Dans les 24 heures du séisme, un détachement d’intervention- catastrophe de la Sécurité civile fut engagé, avec 60 sapeurs-pompiers des Antilles et 3 maîtres-chiens.

Dans les 48 heures, est arrivé de Brignoles un renfort de 130 pompiers, sauveteurs et déblayeurs spécialisés, et des Antilles françaises une première équipe du SAMU.

Dans les sept jours, ce sont au total 687 personnels Français qui sont arrivés sur le terrain.

Et, en tout, ce sont près de 1.200 Français qui ont pu se rendre en Haïti pour secourir les populations. 

300  y sont d'ailleurs encore, après les relèves.  

Notre pays a réalisé un déploiement sans précédent de moyens et de compétences, qui se résume en quelques chiffres.

25 millions d’euros ont été versés par l’Etat en première urgence.

Plus de 40 millions d’euros ont été collectés par nos ONG pour venir en aide à la population.

1.600 tonnes de matériels humanitaires ont été mobilisées.

Sept avions de transport de l'armée de l'air ont fait la liaison pour acheminer les sauveteurs et l'aide, depuis les Antilles et depuis la métropole.

110 tonnes de fret ont été acheminées.

2.770 personnes ont été évacuées grâce aux rotations aériennes entre Haïti et les Antilles françaises, dont 1.221 Français, 1.216 Haïtiens, 47 Européens et 57 ressortissants de nationalités tierces.

Deux bâtiments de la Marine nationale ont apporté des moyens lourds, et des engins de déblaiement, de l’eau potable, des vivres.

Plus de 9500 consultations et plus de 25 interventions chirurgicales quotidiennes, ont été réalisées par les équipes médicales françaises.

Mais, Mesdames et Messieurs, si je vous ai réuni aujourd’hui, ce n'est évidemment pas pour vous dresser un bilan chiffré de l’aide de la France.

C’est d’abord et avant tout pour vous remercier.

J’ai souhaité voir chacun d’entre vous pour lui dire, tout simplement, la gratitude du Gouvernement, et à travers le Gouvernement, du peuple français tout entier qui a vu en vous le symbole du dévouement et du professionnalisme.

Cette gratitude va vers vous, les secouristes, les déblayeurs, arrivés parmi les premiers sur place avec vos outils qui pouvaient parfois paraître dérisoire par rapport à l'ampleur de cette catastrophe, vos chiens, votre courage formidable.

Dans les rues dévastées de Port-au-Prince, parmi une population sous le choc, au milieu des cris, au milieu des larmes, vous avez travaillé de l’aube à la nuit.

Et vous avez sauvé des vies, vous avez rendu parfois la lumière à ceux qui croyaient avoir perdu leurs proches.

Des décombres du "Montana" aux maisons effondrées de Carrefour et de Bel Air, vous avez puisé dans votre générosité et dans votre sens du devoir.

Arno Klarsfeld, qui s’est porté volontaire pour se rendre en Haïti, m’a expliqué le temps qu’il faut pour extraire un corps bloqué sous une dalle de béton quand on n’a pour seul outil que ses mains : ce sont des heures sous le soleil, à respirer un air vicié.

Cette gratitude va également vers vous aussi, sapeurs-pompiers volontaires de cette association niçoise partis dès l’annonce du séisme, vous mettant en permission, payant vous-même votre billet, et emmenant vos quatre chiens.

A Delmas, vous avez travaillé au coude à coude avec les sapeurs-pompiers de la Sécurité civile. Après plusieurs jours d’un travail éreintant, vous êtes parvenus à extraire les corps de nos deux gendarmes ensevelis sous les décombres, l’adjudant-chef Lionel Amar et l’adjudant Laurent Le Briero.

Un hommage militaire leur a été rendu sur le site de notre ambassade à Port-au-Prince, et ils peuvent reposer en paix sur le sol de France. Leurs familles vous en sont reconnaissantes.

Merci aussi à vous, les agents du Quai d’Orsay, arrivés en renfort pour épauler les équipes de l’ambassadeur Didier Le Bret - dont vous avez sûrement pu constater combien il s’est montré à la hauteur des circonstances.

Vous avez été prévenus à peine deux heures avant votre décollage : le temps de faire une valise, et vous étiez déjà à bord.

Voyage long, pénible. Là-bas, vous dormiez à même le sol, parfois sous une tente.

Mais dès l’aube, vous étiez à pied d’œuvre. Il fallait répondre au téléphone, rassurer des proches angoissés, organiser les départs de nos ressortissants, rassembler des enfants, assurer les évacuations sanitaires.

Et toujours des formulaires à remplir, des autorisations à obtenir, des comptes-rendus à envoyer, des décisions à prendre.

Ce travail, vous l’avez accompli avec une attention et avec une disponibilité extrêmes, avec professionnalisme.

À l’autre bout de la chaîne, à la cellule de crise du Quai d’Orsay ou au centre opérationnel de gestion interministérielle des crises du ministère de l’Intérieur, vous vous êtes relayés 24 heures sur 24 pour coordonner l’effort français.

Vous répondiez à des dizaines de milliers d’appels angoissés, souvent désespérés, de personnes sans nouvelles de leurs proches en Haïti.

Sans vous, à la croisée de tous les messages, rien n’était possible.

À la cellule de crise du ministère de la Défense, la planification et la coordination des moyens militaires, engagés dès la première heure, a été menée en liaison avec les autres nations qui apportaient des secours.

 Merci aux médecins, aux infirmières des Samu, des organisations humanitaires, des détachements d’appui projetés par la Sécurité civile.

Je sais que ces heures ont dû vous paraître moralement éprouvantes !

Il n’y avait plus d’hôpital, mais vous avez rendu possible l’ouverture de blocs opératoires réhabilités.

La médecine de crise oblige à des choix redoutables que vous avez assumés.

Aux hôpitaux de Dikini, au lycée français, à l’hôpital Sacré-Cœur, vous avez organisé dans l’urgence les services médicaux, vous avez mis en place des pharmacies de fortune, vous avez sauvé vie sur vie, apaisé souffrance sur souffrance.

Vous avez également renforcé, notamment en pédiatrie et en chirurgie, les moyens des Antilles pour soigner les blessés évacués.

Merci à vous, les jeunes du service militaire adapté de Guadeloupe ou de Martinique.

Vous dormiez sous les tentes à l’entrée de l’ambassade.

Vous avez donné le meilleur de vous-mêmes pour procurer aux milliers de familles place du Champ de Mars, au cœur de Port au Prince, un abri un peu plus décent.

Vous avez travaillé de concert avec les forces américaines, dont on sait la mobilisation exceptionnelle.

Je sais que la population de Port-au-Prince vous en est extrêmement reconnaissante.

Merci à vous, les militaires des escadrons de transport, de l’escale de transit de Fort-de-France, de l’état-major des armées, qui avez mis en place le pont aérien avec les Antilles.

Merci à vous, qui étiez à bord du "Francis-Garnier" et du "Sirocco", aidiez la Marine nationale à livrer des tonnes de vivres et les véhicules dont on avait tellement besoin pour les transporter.

Merci à vous qui, sous l’uniforme de la gendarmerie, réalisiez dès les premières heures un travail irremplaçable d’identification des victimes, et notamment de nos 25 compatriotes décédés, et apportiez votre concours aux forces de sécurité haïtienne.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les quelques mots de gratitude et de fierté que j’avais envie de vous dire, naturellement ils résument tellement mal; l'importance, l'intensité de l'émotion que vous avez ressentie.

Je pense que la vocation humanitaire de la France fait partie de son âme.

Et en vous portant fraternellement aux côtés du peuple haïtien, vous avez fait bien plus que votre devoir, vous avez honoré la plus belle part d’humanité qui est en nous.

Beaucoup d’entre-vous reviennent sûrement avec le cœur serré de ne pas avoir pu en faire davantage.

Je veux que vous sachiez que tous ici, vous avez été dignes des valeurs les plus essentielles de notre pays, et vous avez le droit à sa gratitude.

Je vous remercie.



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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

Desfrançais Roger 07/03/2010 19:54


Suite à la tempête en Vendée, et si nous croyons les météorologues avec la hausse du niveau des océans cela devrait se reproduire?
Que pouvons nous faire pour sécuriser ces maisons de plein pied sans étage.et
pour un coût modeste afin que ces propriétaires puissent encore bénéficier de leur bien.
Chaque maison de plein pied sans étage devrait être équipée d'un escalier coulissant escamotable fixé dans le plafond coût 200.00 € permettant l'accés aux combles. Au dessus sur le toit mettre
une fenêtre type vélux 78x55 cm coût 300.00 € qui permettra avec une petite échelle d'accéder au toit, dans l'attente des secours. On pourrait même imaginer un petit canot pneumatique gonflable
prix 75,00€ afin de quitter la toiture lorsque le niveau de l'eau c'est enfin stabilisé.
Un investissement de 575.00€ à 700.00€ qui permet de préserver l'habitat, d'assurer une réelle sécurité, par l'évacuation par le toit puisque la pression de l'eau bloque les portes et les fenêtres
et de suaver les vies.
Cette proposition vaut tous les grands discours avec une mise en oeuvre rapide.
Roger Desfrançais 07.03.2010


JM 01/03/2010 03:39


Le triste bilan humain lors de la tempête xinthia ne doit -il pas inciter les acteurs de la sécurité civile à mettre en place des capteurs "de resitance" sur les digues" et selon une altitude
définie  placer des balises d'alerte inondation ,estimation des débits vers les téléphones mobiles ou non en emettant un signal (type de sonnerie continue etc.) afin d'alerter les population
sur un risque imminent ?
idem vers la télévision numérique: bandeau d'annonce?


bayrak 10/02/2010 11:58


Merci pour le partage. Très bien conçu félicitations site


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