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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 09:32

 

François Fillon s'exprime devant la communauté française de Jakarta lors de sa Visite officielle en République d’Indonésie, le Jeudi 30 juin 2011.

 

 

Mes chers compatriotes,

Je voudrais vous dire que c’est un très grand plaisir pour moi de passer cette première soirée de ma visite en Indonésie avec vous et je voudrais d’abord remercier notre ambassadeur, Monsieur Philippe ZELLER et son épouse d’avoir organisé cette rencontre, et j’en profite, puisque chacun sait qu’il est sur le départ, pour le remercier pour le travail qui a été le sien, ici en Indonésie, au service de notre pays et à votre service.

Vous êtes de plus en plus nombreux à vous installer à Java, à Bali, et aussi désormais à Kalimantan, et au-delà des apparences, qui font souvent rêver nos compatriotes, je sais que la vie n'est pas toujours aussi simple dans une mégalopole comme Jakarta, ni même à Bali. Mais vous avez choisi un pays qui sera sans nul doute l'un des grands acteurs du XXIème siècle. La communauté française en Indonésie est une communauté jeune, elle est active et je crois qu’elle est solidaire. En venant travailler dans l’archipel, vous avez voulu saisir toutes les opportunités qui s’offrent ici, et je veux saluer cet esprit d’initiative qui vous honore et qui honore notre pays.

La France n’a pas suffisamment, dans le passé, fait attention à l’Indonésie. Et le fait que ce soit, avec ma visite, la première visite d’un Premier ministre français en Indonésie, tout simplement, et que la dernière visite d’un de nos chefs d’Etat remonte à 1986, illustrent cette situation. Avec le Président de la République, nous avons voulu changer les choses. Et nous avons voulu élever le niveau de nos relations bilatérales avec l’Indonésie.



Je suis venu accompagné de plusieurs ministres : Frédéric MITTERRAND, Ministre de la Culture et de la Communication, Thierry MARIANI, le Ministre des Transports, Pierre LELLOUCHE, le ministre chargé du Commerce extérieur.

Valérie PECRESSE, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, aurait dû m’accompagner, mais comme certains d’entre vous le savent peut-être, nous avons procédé, hier, à un remaniement ministériel pour remplacer Christine LAGARDE qui a pris la direction générale du Fonds monétaire international et Valérie PECRESSE est devenu ministre du Budget. Quant à son successeur, il était un peu court en temps pour pouvoir m’accompagner dans ce voyage, mais c’est l’occasion pour moi de vous dire l’immense fierté qui est la nôtre d’avoir pu permettre que le nouveau directeur ou la nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international soit une Française, soit Christine LAGARDE, soit une femme qui a désormais deux records au moins à son actif : celui d’avoir été la première femme ministre des Finances en France, et sans doute celle qui aura été le plus longtemps à ce poste, et aujourd’hui la première femme directrice générale du Fonds monétaire international.



Je suis aussi venu accompagné de nombreux parlementaires, Serge GROUARD, qui est député du Loiret et qui est maire d’Orléans, Nicolas FORISSIER, qui est député de l’Indre, Chantal BRUNEL, députée de Seine-et-Marne, Catherine PROCACCIA, qui est sénateur du Val-de-Marne et Ambroise DUPONT, qui est sénateur du Calvados. J’espère que je n’en oublie aucun parce qu’après ils vont m’en vouloir terriblement. Et enfin, je crois qu’il y a un peu plus de vingt-cinq chefs d’entreprise qui m’accompagnent dans ce déplacement.





L'Indonésie, c’est aujourd'hui un pays démocratique et vous qui vivez ici, vous avez été témoins de la formidable évolution qui a caractérisé l’Indonésie depuis dix ans. Et dans le contexte des « printemps arabes », l’exemple indonésien nous donne à voir une transition politique réussie dans un pays qui abrite la plus grande communauté musulmane au monde.

L’Indonésie est aussi l'un des nouveaux grands pays émergents, avec une croissance exceptionnelle, dont certains prédisent qu’elle pourrait devenir la plus rapide au monde d’ici dix ans. Membre du G20 et promoteur actif de l'ASEAN, l’Indonésie est engagée avec sa population, qui est la 4ème au monde, dans un grand essor économique et social. Si elle reste encore confrontée aux difficultés propres à un pays en développement, elle est entraînée dans la dynamique du continent asiatique tout entier.

Et ce que la France veut aujourd’hui, c’est adapter ses relations à cette réalité que représente l’Indonésie. Le 14 décembre 2009, le Président de la République française a exprimé cette volonté en recevant le Président YUDHOYONO à l'Elysée et en lui proposant de sceller un partenariat stratégique entre nos deux pays, et c'est ce partenariat qui sera adopté demain à l’occasion de la rencontre que j’aurais avec lui.

Nous signerons plusieurs accords qui vont faire progresser notre relation bilatérale, dans le secteur de l’énergie, dans celui des matières premières, du tourisme, de l’enseignement supérieur, de la muséologie.

Bien entendu, je ne prétends pas que nous ne partions pas de rien, s’agissant de notre relation avec l’Indonésie, et je ne veux pas évoquer l’épisode qui vit, il y a deux cents ans, le drapeau français flotter six mois sur Batavia après que NAPOLEON eut décidé de rattacher directement le Royaume de Hollande, et donc ses colonies, à l'Empire. Non, je parle de l’attitude de la France, qui, dès le début de l'année 1950, fut parmi les tout premiers Etats à reconnaître l'indépendance officielle de l'Indonésie, ce qui nous permet aujourd’hui de célébrer soixante ans de relations bilatérales.



En soixante ans, des milliers d'étudiants indonésiens ont été formés en France, devenant pour nous des interlocuteurs privilégiés, comme aujourd’hui le ministre de l'Education, le Gouverneur de la Banque centrale, et bien d’autres responsables publics ou privés.

La France a aussi été aux côtés de l’Indonésie lorsqu’elle a dû affronter l’adversité, je pense à la générosité du peuple français à l'égard des centaines de milliers de victimes du tsunami de décembre 2004.



Aujourd’hui, l'Europe tout entière commence à prendre conscience de l’importance de la dynamique régionale enclenchée en Asie du Sud-est. Et pour affirmer notre présence nous avons à le faire d’une voix commune, comme Européens, partenaires d'une Asie du Sud-est qui se veut au cœur de l'architecture du continent asiatique.

Nous avons un dialogue à développer ; un dialogue à développer au niveau politique, mais nous avons aussi, sur le terrain, à renforcer nos échanges et nos coopérations.



Et mes chers compatriotes, c’est vous, qui êtes les acteurs directs de cette relation. Vous êtes très nombreux à travailler dans des entreprises françaises, franco-indonésiennes ou internationales. La centaine de sociétés françaises présentes en Indonésie porte de nombreux projets qui concernent l’exploitation des ressources minières, la sous-traitance du pétrole, du gaz, les transports, les produits de haute technologie, la grande consommation, le tourisme. Je veux vous dire que le gouvernement français les soutiendra, et au fur et à mesure qu’ils se concrétiseront, nos entreprises accueilleront ici de nouveaux emplois. Je sais que les produits et le savoir-faire français sont reconnus en Indonésie, mais en même temps, je ne peux pas ne pas constater que la France reste le 12ème fournisseur de l’Indonésie.

C’est dire si nous avons une marge de progression.



Pour nous aider à progresser, justement, je salue le travail de la Chambre de commerce franco-indonésienne et des vingt conseillers du Commerce extérieur de la France. Ils sont appuyés par la Mission économique UBIFRANCE que nous avons ouverte le 1er septembre dernier au sein de l'Ambassade pour accompagner nos entreprises sur le marché indonésien.



Notre coopération scientifique est aussi en pleine progression, notamment dans le domaine de la protection de l'environnement.

Cela se traduit par la présence de plusieurs de nos institutions publiques de recherche, dans des partenariats entre universités françaises et universités indonésiennes, et dans l'action de l'Agence Française de Développement.



Je sais aussi qu’il y a parmi vous des personnes qui s’investissent dans des actions sociales et de développement ; comme volontaires de solidarité internationale, comme bénévoles ou membres d’ONG. Je veux saluer votre engagement ; votre engagement au profit d'une population dont une part trop importante est encore exposée à une grande pauvreté.



Quelles que soient vos activités, je veux que vous sachiez que l'Ambassade est à vos côtés. Elle sera d’ailleurs dotée d'ici peu de nouveaux locaux, reconstruits sur le site actuel. Tous les services de l'Etat y seront regroupés, y compris le Centre culturel français de Jakarta, qui porte désormais le nom d'Institut Français d'Indonésie. Dès l'an prochain, ce Centre culturel fédèrera nos 4 Centres en incluant ceux de Bandung, de Yogyakarta et de Surabaya, et il donnera un nouvel élan à la saison culturelle française, ce « Printemps français » qui s'achève cette année dans quelques jours.

Dans un pays aussi vaste, dans un pays aussi dispersé, que viennent d’ailleurs visiter chaque année un peu plus de 150.000 de nos compatriotes, l’action consulaire n'est pas toujours simple.

Mais l’ambassade est là ; elle est là pour vous assister en cas de difficultés, elle est là aussi lorsque votre sécurité en en jeu. Je pense en particulier à nos compatriotes qui habitent à côté du volcan Merapi et dont plusieurs ont dû quitter leur domicile pendant la phase d'éruption, en novembre 2010.



Vous vivez, mes chers compatriotes, dans un pays en pleine évolution ; vous vivez au cœur de ce Sud-est asiatique dont l’essor économique interpelle le monde entier et pour tout dire, le bouleverse. Pour les vieilles nations européennes, c’est un défi vital. Face à la mondialisation des enjeux, nous devons être plus réactifs, nous devons être plus compétitifs pour défendre notre rang. Depuis le début du quinquennat, nous avons, avec le Président de la République, lancé une politique de réformes, une politique de réformes structurelles qui visent à changer en profondeur la société française et qui commence à porter ses fruits.

Je voudrais en prendre quelques exemples devant vous pour que vous mesuriez les changements qui sont en train d’intervenir.



Nous avions une université française qui était en déclin continu depuis quarante ans. Avec ici ou là, naturellement quelques exceptions, mais elle était en déclin depuis que cette université avait été affublée d’un statut qui empêchait toute initiative, toute autonomie, toute possibilité pour les universitaires, de prendre les décisions qu’ils estimaient nécessaires, pour atteindre l’excellence dans la compétition internationale. Tout le monde le savait que l’université française était frappée d’un mal profond et il y a bien eu quelques tentatives pour la réformer ; elles se sont, en général, toujours terminées par le recul du gouvernement devant les manifestations et devant la contestation.

Eh bien nous n’avons pas reculé, nous avons donné aux universités françaises un véritable statut d’autonomie, et nous avons investi fortement dans le développement de l’université et de la Recherche. Ca veut dire que désormais, les universités françaises peuvent recruter leurs enseignants, elles peuvent choisir leur pédagogie, elles peuvent passer tous les accords qu’elles souhaitent avec d’autres universités, françaises ou étrangères, elles peuvent s’associer avec des laboratoires de recherche, publics ou privés, elles peuvent s’associer avec des entreprises ; bref, elles ont le statut d’autonomie qu’on toutes les grandes universités dans le monde ! Bien entendu, il faut un peu de temps pour que les universités françaises, après tellement d’années d’un système égalitaire comme les Français l’aiment tellement, pour que ces universités se saisissent des avantages de cette autonomie, et puis ensuite il faudra un peu de temps pour que les étudiants, formés dans ces universités, sortent dans la vie active pour qu’on voie les résultats de cette réforme profonde. Mais c’est une réforme qui change en profondeur la société française et sur laquelle, naturellement, personne ne reviendra jamais.



Le deuxième exemple que je voudrais prendre, c’est celui du dialogue social.

Notre pays est tellement habitué à un dialogue social violent, à un dialogue social heurté, à un dialogue social qui débouche en général sur des crises qui conduisent beaucoup de gouvernements et beaucoup de majorités à reculer devant les réformes nécessaires.

Eh bien nous avons fait deux réformes structurelles extrêmement importantes.

La première a consisté à changer le mode de représentativité des syndicats dans notre pays. Vous savez, les syndicats en France, ils étaient représentatifs en fonction d’une loi qui avait été votée juste après la Seconde Guerre mondiale. Et puis leur statut et leur représentativité étaient figés pour toujours. Eh bien nous, nous avons décidé que désormais, les organisations syndicales françaises seraient représentatives en fonction des résultats qu’elles obtiendraient aux élections dans les entreprises. Et donc il va y avoir, année après année, des élections de représentativité et on verra le paysage syndical français se modifier. Et on peut penser, parce que nous ne sommes pas génétiquement différents des autres Européens, qu’un jour ou l’autre, il y aura en France, un grand pôle syndical réformiste qui permettra, comme en Allemagne, comme dans les autres pays d’Europe du Nord, de mettre en œuvre un dialogue social plus apaisé, pas forcément plus facile pour le gouvernement et pour le patronat, mais plus apaisé, permettant de réformer le pays sans à-coups, sans violence, et avec la réactivité qui est nécessaire dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui.

Et puis nous avons mis en place, s’agissant toujours du dialogue social, une autre mesure très importante, c’est le service minimum dans les transports. Parce que, autrefois, dans notre pays, quand on voulait réformer dans le domaine du travail ou dans le domaine des affaires sociales, bien souvent, il suffisait qu’une petite minorité bloque les transports, notamment en Région parisienne, pour qu’après quelques jours d’épreuves, le gouvernement renonce et que la réforme soit mise au placard. Eh bien désormais, il y a un service minimum dans les transports et on a vu que dans les grands débats sociaux que nous avons eus ces dernières années et en particulier à l’occasion de la réforme des retraites, 50 % des transports en Région parisienne fonctionnaient et du coup, on ne peut plus prendre en otage un gouvernement et une majorité en bloquant le pays ! Parce que la démocratie, ça n’est pas quelques personnes qui bloquent les trains et les métros pour empêcher la majorité et le gouvernement de mettre en œuvre les engagements qui ont été pris devant les Français. Ca, ce n’est pas la démocratie.

Nous nous approchons de quelque chose qui ressemble plus aux démocraties modernes qui ont permis, en Europe, de faire évoluer la situation des uns et des autres.



Nous avons rationalisé l’organisation de l’Etat. Nous avons réformé nos régimes de retraite. Nous avons triplé le crédit impôt recherche, ce qui fait désormais que les entreprises qui s’installent en France ont un véritable avantage compétitif par rapport à la plupart des autres pays européens en matière de soutien à la Recherche et à l’innovation.



Nous avons lancé enfin le grand programme des investissements d’avenir qui va voir un investissement public de 35 milliards sur les projets du futur, essentiellement sur les universités et les laboratoires de recherche, mais aussi sur les entreprises qui représentent les secteurs les plus porteurs pour l’avenir de l’économie française.



On célèbre cette année, le 100ème anniversaire de la naissance de Georges POMPIDOU.

Georges POMPIDOU avait pris 3 décisions stratégiques qui constituent aujourd’hui les principaux moteurs de la croissance de l’économie française. C’est lui qui a décidé du programme électronucléaire français, le programme nucléaire civil. C’est lui qui a décidé de lancer AIRBUS, et c’est lui qui a décidé de lancer le train à grande vitesse.

Voilà 3 moteurs de l’économie française aujourd’hui, 3 fiertés technologiques que nous exportons, qui sont des décisions qui ont été prises par Georges POMPIDOU il y a maintenant un certain nombre d’années.

Eh bien il faut que nous fassions la même chose, avec naturellement les méthodes qui sont celles du XXIème siècle, dans un monde ouvert, en Europe, ce n’est plus tout à fait de la même façon que l’on peut procéder, mais c’est ce que nous faisons avec les investissements d’avenir et j’étais très fier, la semaine dernière, de visiter le Salon du Bourget qui a été un formidable succès pour l’industrie française et européenne, au cours duquel AIRBUS a pris près de 800 commandes d’avions durant un seul salon, pour plus de 50 milliards d’euros, et nous avons annoncé des programmes publics de soutien à l’industrie aéronautique, par exemple sur les nouveaux matériaux, ou sur les nouveaux moteurs qui consommeront moins, qui pollueront moins et qui permettront à l’industrie aéronautique française et européenne de rester au premier rang mondial.



Enfin, s’agissant de ces investissements d’avenir, je veux ajouter un dernier mot pour dire que, là aussi, nous avons rompu avec une tradition française qui consistait, lorsque l’on mettait en place des systèmes de soutien public, à donner un peu d’argent à tout le monde. Parce qu’il fallait ne vexer personne. Parce qu’il fallait satisfaire tous les parlementaires. Parce qu’il fallait satisfaire toutes les régions.



Eh bien quand on est dans un monde en compétition comme celui que nous connaissons, et que l’argent public est rare, pardon, mais on ne gaspille pas 1 euro à le mettre sur une équipe de Recherche qui est médiocre.

On met tout l’argent qu’on a sur la meilleure équipe de recherche disponible dans un domaine que l’on a décidé de soutenir. Et s’agissant des investissements d’avenir, nous avons mis en place une méthode d’attribution des crédits qui est révolutionnaire dans notre pays puisqu’on prend des jurys scientifiques, des jurys internationaux et on respecte strictement les préconisations qu’ils nous font.

Les élus, les responsables d’université peuvent écrire autant qu’ils veulent au Premier ministre et au Président de la République, nous lisons leurs lettres, naturellement, par égard et par politesse, mais nous nous en tenons aux choix qui ont été faits par des jurys ; c’est encore une rupture par rapport à de vieux défauts qui avaient fait beaucoup de mal à notre pays.



Voilà, toutes ces réformes, évidemment, elles ont besoin de temps pour donner leur pleine mesure. Elles ont provoqué beaucoup de débats, elles ont suscité des crispations. Certaines, naturellement, ont choqué, comme celle qui a consisté à revenir sur l’âge de la retraite à 60 ans, et je comprends qu’elles aient pu choquer.

Ce n’est jamais agréable d’être obligé de modifier ses projets, de changer les perspectives qui sont les siennes en matière professionnelle, mais en même temps comment ne pas regarder autour de nous !

Comment ne pas regarder le fait que les autres pays européens ont tous un âge de départ à la retraite qui est entre 65 et 67 ans !

Et nous, nous pourrions, seuls, rester avec un âge de départ à la retraite à 60 ans ?

Mais au nom de quoi ? Simplement parce qu’on est meilleurs que les autres, plus intelligents ?

Parce qu’on est français ? Parce qu’on est tellement géniaux qu’on doit pouvoir réussir à faire une sorte de barrage aux effets du vieillissement de la population et aux effets de la mondialisation ?

Il y a d’ailleurs un débat formidable en France qui doit, j’imagine, interpeller certains d’entre vous qui vivent au cœur d’un monde de compétition, il y a un débat sur la « démondialisation ». Il y a des gens qui voudraient « démondialiser » notre pays. On verra ce que sera le résultat de ce grand débat.

En tout cas, ces mesures, elles sont en train de porter leurs fruits et je crois profondément que, même si nous avons dû affronter des crises, même si, naturellement, il y a des hommes et des femmes qui sont mécontents de l’action qui est celle du gouvernement, je pense que ces réformes ont fait bouger les mentalités.

Et je pense qu’en quatre ans, il y a une idée qui s’est ancrée, c’est l’idée que le changement est une nécessité, et que l’immobilisme, ça n’est pas une option protectrice face aux enjeux du XXIème siècle.



D’ailleurs l’économie française est entrée dans un cycle positif, après la crise économique et financière que nous avons connue. Nous allons avoir au minimum 2 % de croissance cette année, c’est désormais quasiment acquis, compte tenu des chiffres du 1er trimestre. La création d’emplois a redémarré, on a créé presque deux fois plus d’emplois en 2010 que ce que nous avions prévu nous-mêmes dans nos prévisions, et les chiffres de l’année 2011 seront positifs.

Et enfin, les efforts de maîtrise des finances publiques, auxquels j’ai été très attaché depuis quatre ans, sont récompensés puisque la France a, aujourd’hui, une des meilleures signatures financières en Europe, ce qui nous évite d’avoir à nous refinancer à des taux d’intérêts qui seraient des taux d’intérêts prédateurs pour l’économie française.



Ces résultats encourageants, nous les devons à notre réactivité face à une crise financière qui aurait pu nous mettre à genoux. Et je veux rappeler aujourd’hui que le monde a été à deux doigts d’une crise financière systémique, c’est-à-dire d’une faillite en chaîne des établissements financiers qui aurait causé des dégâts que l’on n’ose pas imaginer sur l’économie mondiale.

Je pense franchement que l’on a été à 48 heures de cette crise systémique.

Et cette crise systémique, elle a été stoppée par une décision, par une réunion qui a eu lieu à l’Elysée, à l’initiative du Président de la République française et du Premier ministre britannique Gordon BROWN, où les principaux chefs de gouvernement européens, à la suite de cette réunion, ont dit publiquement : « Il n’y aura pas de faillite de banques en Europe parce que les Etats apporteront leur soutien aux banques ».

Et la crise s’est arrêtée. Parce que la garantie était suffisante. Il n’y aurait pas eu cette décision (je rappelle que les Américains avaient laissé filer la faillite de la banque LEHMAN BROTHERS, ce qui a d’ailleurs occasionné le début de cette crise systémique) si les Européens et si singulièrement, Nicolas SARKOZY et Gordon BROWN n’avaient pas pris cette décision, je pense que nous serions rentrés dans une crise d’une tout autre ampleur.



Voilà.

Les échéances politiques approchent, mais je veux vous dire que ces échéances politiques ne vont pas modifier notre volonté d’adaptation nationale.

Nous n’allons pas faire, de cette année 2011 ou de ce qu’il en reste, une année électorale. Nous n’allons pas en faire une année où, comme si souvent dans notre pays, on ouvre les vannes de la Dépense publique, on ouvre les vannes des subventions, on arrête de réformer, on se tient immobile dans la crainte de ce que pourraient penser les électeurs à la veille des élections présidentielles et des élections législatives.

Nous ne le ferons pas ; parce que ça n’est pas notre conception de l’intérêt national, parce que ce n’est pas la conception que je me fais de mon devoir, en tant que chef du gouvernement.



Dans le débat qui s’ouvre sur la mondialisation, où certains jouent beaucoup sur les peurs que cette mondialisation engendre, nous devons être à l’offensive.

La France accentue sa compétitivité, et elle avait beaucoup d’efforts à faire et elle en a encore beaucoup ; la France mise à fond sur l’innovation et sur la Recherche ; la France rénove son pacte social ; et enfin la France joue sans état d’âme la carte de l’Europe politique, parce que l’Europe, aujourd’hui, nous protège et nous devons chaque jour comprendre à quel point elle est nécessaire à notre protection.



Et je voudrais juste, pour finir, dire un mot sur ce point.

Vous lisez sûrement dans les journaux d’articles de commentateurs très pessimistes sur l’avenir de l’Europe, qui expliquent que la crise grecque, la difficulté de se mettre d’accord à 27, tout ça fait peser sur l’Europe une sorte de menace sur son avenir. On peut évidemment regarder les choses comme ça.

Mais on peut aussi les regarder de façon beaucoup plus positive.

On peut dire que, depuis le début de la crise, l’Europe, malgré tous ses défauts, a toujours réussi à surmonter les difficultés. C’est elle, je le disais à l’instant, qui a donné le coup d’arrêt à la crise systémique qui était en train d’emporter le système financier.

Lorsqu’il s’est agi de sauver le Portugal, qui était en situation de quasi faillite, on a eu des discussions difficiles mais on l’a fait.

Quand il s’est agi de sauver l’Irlande dont les établissements financiers avaient commis des erreurs considérables, on a eu des débats difficiles, mais finalement, on a sauvé l’Irlande.

Et aujourd’hui, alors qu’il s’agit de sauver la Grèce, nous avons, une première fois, pris nos responsabilités en apportant à la Grèce le soutien financier dont elle avait besoin ; on est en train de le prendre une deuxième fois, et ce sera effectif dans les prochains jours, pour peu que les Grecs fassent les efforts nécessaires pour assainir leurs finances publiques et nous savons que, depuis hier soir, leur Parlement en ayant décidé ainsi, l’Europe et le FMI vont pouvoir continuer à aider la Grèce.



Voilà, malgré toutes nos difficultés, l’Europe avance.

Nous avons désormais un Fonds de garantie qui a été mis en place pour venir en aide aux pays qui seraient en difficulté à l’avenir. Nous avons mis en place, après beaucoup de difficultés, des règles beaucoup plus strictes, beaucoup plus rigoureuses pour sanctionner les Etats qui ne respecteraient pas les critères nécessaires au maintien d’une monnaie européenne forte.

Nous avons commencé à poser les bases d’un gouvernement économique européen. Oh, c’est très difficile, il faut y aller avec beaucoup de prudence, il y a beaucoup de résistance et c’est bien normal, compte tenu du nombre de pays qui composent la zone euro, mais souvenez-vous simplement – et je reviens à Georges POMPIDOU – qu’avant Georges POMPIDOU, les chefs de gouvernements européens ne se réunissaient jamais.

Il n’y avait jamais de contacts entre les chefs d’Etat de l’Union européenne ! De ce qu’on appelait à l’époque, la Communauté économique européenne ! Il y avait des réunions de ministres – je ne veux pas dire que les ministres, ce n’est pas grand chose mais enfin les ministres, ce n’est pas eux qui décident tout – il y avait la Commission ; il n’y avait jamais de réunion des chefs de gouvernement.

C’est Georges POMPIDOU qui, le premier, a eu l’idée de créer une réunion régulière des chefs de gouvernement pour piloter l’Europe, la Communauté européenne. Puis c’est devenu le Conseil européen. Et puis le Conseil européen dans le Traité de Lisbonne, s’est vu coiffé par un président de l’Union européenne qui est désormais élu pour cinq ans. Voilà, tout cela est long, tout cela est difficile, mais en même temps, on voit bien que l’Europe sort renforcée de toutes les crises qu’elle a eu à affronter.

Voilà ce que je voulais, ce soir, vous dire, Mesdames et Messieurs, vous qui êtes au contact de cette Asie qui est en pleine effervescence.

Vous offrez de la France, un visage innovant, un visage ouvert sur le monde. et c’est pour que vous ayez toute votre part à la représentation nationale que nous avons décidé, avec le Président de la République et la majorité, de répondre à une demande formulée depuis trente ans, en faisant en sorte que désormais, les Français vivant à l’étranger aient une représentation à l’Assemblée Nationale, puisque, à partir des prochaines élections législatives, vous serez représentés non seulement par des sénateurs des Français de l’étranger, mais vous serez aussi représentés à l’Assemblée nationale par 11 députés, et vous aurez même la possibilité de voter par le biais d’Internet, ce qui est une exception.



Enfin, depuis hier, innovation du remaniement, vous avez même un Secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger, en la personne d’un champion olympique de judo, David DOUILLET, qui aura pour mission de venir vous rencontrer, d’écouter les demandes qui sont les vôtres et d’apporter les réponses que l’Etat français doit apporter.

Cette réforme, Mesdames et Messieurs, c’est une marque de reconnaissance à l’égard de votre action et c’est le signe que nous sommes fiers que la France soit représentée en Indonésie par des citoyens audacieux.



Et je ne peux pas terminer ce propos avec vous sans avoir une pensée pour les deux otages français qui ont été libérés, qui sont arrivés ce matin sur le sol français, sur la base de Villacoublay où ils ont été accueillis par le Président de la République et son épouse, par leur famille, par tous leurs amis. Depuis plus de 580 jours je crois, le gouvernement français se battait pour essayer d’obtenir leur libération.

C’était une manœuvre extrêmement difficile, sur un territoire, le territoire afghan, fort complexe, complexe par sa géographie, mais complexe surtout par l’éclatement des groupes politiques, des groupes ethniques qui le dirigent, pour assurer la libération de ces deux journalistes, je veux dire devant vous que nous n’avons reculé devant aucun effort. Les diplomates, naturellement, étaient mobilisés, les militaires français étaient mobilisés, mais surtout – et je voudrais une nouvelle fois leur rendre hommage – ce qu’on appelle les hommes et les femmes de l’ombre, ceux qui œuvrent pour la sécurité de nos concitoyens sans qu’on les connaisse, ce qu’on appelle les « Services », ont pris beaucoup de risques. Beaucoup de risques pour aller au contact des ravisseurs, beaucoup de risques personnels, beaucoup de risques physiques pour essayer d’établir un dialogue avec ces ravisseurs, et puis ensuite pour négocier avec eux la libération de ces otages et je voudrais avoir une pensée pour ces hommes et ces femmes qu’on ne voit jamais et qu’on ne remercie jamais, comme je voudrais avoir une pensée pour les Français qui restent encore otages, que ce soit au Sahel, que ce soit au Proche-Orient, que ce soit au Yémen ou en Somalie.

Il y a encore des Français qui sont en danger, et je veux vous dire que le gouvernement est mobilisé pour obtenir leur libération.



Vive la République, vive la France.

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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