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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 17:37

 


 

François FILLON rencontre la Communauté française du Cambodge à Phnom Penh le samedi 2 juillet 2011.

 

 

 

Mesdames et messieurs,



C’est un immense plaisir de vous rencontrer, en ouverture de la visite officielle que j’effectue au Cambodge. Et je voudrais tout d’abord remercier notre ambassadeur, Monsieur Christian CONNAN, et son épouse, pour son accueil et pour l’organisation de cette visite.

J’aurai l’occasion dans quelques instants de m’entretenir avec le Premier ministre HUN Sen, et d’être reçu en audience par sa majesté le roi NORODOM Sihamoni et par sa majesté le Roi-père NORODOM Sihanouk.

Je serai demain à Siem Reappour célébrer la fin des travaux de restauration du temple de Baphuon, un chantier titanesque, de plus de 15 ans, dont je m’enorgueillis d’avoir été en tout cas au moins à l’origine de la signature, il y a 15 ans, du document qui a lancé la coopération pour son financement, mais dont les origines remontent bien plus loin : au début du 20esiècle et à la création de l’Ecole Française d’Extrême-Orient. Cette grande entreprise archéologique est une très belle illustration des liens d’amitié anciens qui unissent la France et le Cambodge, et je veux dire que ces liens ne sont pas près de s’éteindre.

Dans cette ville de Phnom Penh, le Général De GAULLE avait prononcé en 1966 un discours historique, qui appelait à une résolution politique de la guerre du Vietnam, mais qui exhalait aussi – et on l’a souvent oublié – la profondeur et la richesse des relations franco-cambodgiennes.

« L’amitié, la confiance entre le Cambodge et la France, disait-il, quelle que soit la diversité des origines et des latitudes, que d’affinités ! De part et d’autre, une histoire chargée de gloire et de douleur, une culture et un art exemplaires, une terre féconde, aux frontières vulnérables, entourée d’ambitions étrangères et au-dessus de laquelle le péril est sans cesse suspendu. »

Quarante-cinq ans plus tard, ces périls ne sont heureusement plus aussi grands, ni pour la France ni pour le Cambodge, mais l’amitié, la confiance et les affinités évoquées par le Général De GAULLE, elles, restent entières. Elles s’enracinent dans des relations vieilles de plusieurs siècles, des relations préservées, notamment grâce au lien maintenu avec la France par des milliers de Cambodgiens, et par sa majesté NORODOM Sihanouk, même dans les périodes les plus sombres de l’histoire du Cambodge, et grâce à l’attachement personnel de ce souverain au développement de la francophonie.



Des relations qui aujourd'hui sont tournées vers l’avenir du Cambodge. Ce n’est pas, je le disais à l’instant, la première fois que je viens au Cambodge : j’y étais venu en 1994, j’étais alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et cette visite est donc pour moi aussi l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis cette date.

Au milieu des années 90, le Cambodge se remettait lentement des séquelles de la barbarie khmère rouge.

La situation n’était pas encore stabilisée, l’insécurité était forte en ville et sur une grande partie du territoire ; les populations, longtemps maintenues dans une extrême pauvreté, s’interrogeaient sur leur avenir immédiat. Beaucoup d’entre vous étaient déjà présents à l’époque et pourraient évoquer cette période bien mieux que moi.



Je vois aujourd'hui un pays transformé et une société en mouvement.

 

D’abord, parce que la paix est là. C’est essentiel, parce que dans leur histoire récente, les Cambodgiens ont rarement connu une telle stabilité ; ils ont rarement connu une telle liberté de circuler, sans craindre pour sa vie ou celle de ses proches. Ensuite, le Cambodge est en plein essor économique, avec toutes les tensions que cela peut impliquer. C’est un pays qui est entré de plain-pied dans la modernité, et qui sortira au cours des prochaines années de la catégorie des pays les moins avancés.

C’est un pays qui attire les entreprises, et en particulier les entreprises françaises, dont la présente se renforce. C’est un pays dont la jeunesse se forme, et la France y contribue, à travers des bourses d’études et des appuis aux universités locales.

Et c’est un pays qui enfin peut à présent envisager de jouer un rôle plus important sur la scène internationale. Il y a vingt ans, le Cambodge devait bénéficier de la protection d’une opération de maintien de la paix de l’ONU ; désormais, il participe lui-même à ces opérations. Ce pays qui a payé un lourd tribut au fléau des mines anti-personnelles, a été, aux côtés de la France, parmi ceux dont les efforts ont permis l’adoption de la Convention d’Oslo sur l’interdiction des armes à sous-munitions, même s’il lui reste encore aujourd'hui à y adhérer.

En 2012, il succédera à l’Indonésie à la présidence de l’ASEAN, et sera pour la première fois candidat à un siège de membre non-permanent du Conseil de Sécurité.


Ces évolutions, la France veut continuer à les promouvoir, et elle va le faire en adaptant son dispositif de coopération à la réalité nouvelle du Cambodge. C’est d’ailleurs ce qui a conduit, en octobre dernier, à l’adoption d’un nouveau document d’orientation pour la coopération entre la France et le Cambodge.

Ces succès récents de l’histoire du Cambodge, vous y avez, pour la plupart d’entre vous, largement contribué.

Et la première chose que je veux faire en arrivant ici à Phnom Penh, c’est vous rendre hommage. Beaucoup d’entre vous, installés ici dans les années 90, ont pris toute leur part au développement de ce pays à travers leurs investissements, à travers leurs activités professionnelles, à travers leur appui aux institutions cambodgiennes, ou leur engagement au sein des organisations gouvernementales ou non-gouvernementales. Vous l’avez fait dans des conditions souvent difficiles, et vous avez ouvert la voie à d’autres, de telle sorte qu’à présent, si j’en crois les chiffres de notre consulat, la population résidente française connaît une progression remarquable.

Et ce mouvement ne va pas s’arrêter. Plusieurs dirigeants de sociétés françaises m’accompagnent aujourd'hui ; je ne peux que les engager à suivre votre exemple, et à venir investir au Cambodge. Je sais que le contexte n’est pas des plus simples, pour les entreprises qui veulent s’installer ici, et je vais naturellement évoquer, avec le Premier ministre HUN Sen, les efforts qui doivent encore être entrepris par le Cambodge pour fournir aux entreprises un environnement des affaires qui soit plus incitatif, plus transparent et plus protecteur.

Je veux en profiter pour saluer les efforts de la Chambre de Commerce franco-cambodgienne, de son président et de ses membres. Avec plus de 130 membres, c’est le premier club d’affaires au Cambodge, et elle a été à l’origine de deux manifestations remarquables : le Forum des Carrières, dont l’édition 2011 vient de s’achever, et la Première Semaine française de Phnom Penh, qui a été, me dit-on, un très grand succès. Elle sera, je n’en doute pas, la force motrice de la Chambre Européenne qui vient d’être créée.

Je veux aussi rendre hommage aux représentants locaux de notre société civile. Plus de 150 ONG françaises ou francophones ont développé leurs activités au Cambodge ; elles témoignent des liens de cœur qui unissent nos deux peuples, et elles portent très haut nos valeurs de solidarité, en aidant le Royaume du Cambodge sur la voie du développement et de la démocratie.

La tâche est difficile, et je sais que les progrès sont parfois jugés lents, mais lorsque l’on voit le chemin qui a été parcouru en 17 ans, je dis que les efforts de toutes ces ONG sont récompensés, et nous pouvons être confiants dans l’avenir du Cambodge.

Cet avenir, il est pour une grande partie entre vos mains. Et je sais que votre communauté a aussi besoin d’être soutenue dans ses activités. C’est la raison pour laquelle nous avons investi pour réhabiliter l’ensemble des bâtiments du Lycée Descartes ; et nous serons là, aux côtés de votre communauté éducative et de l’association des parents d’élèves gestionnaire de l’établissement, pour faire aboutir le projet d’extension défini par le programme Descartes 2012.


Je voulais vous dire aussi que nous avons décidé de répondre à une demande ancienne, exprimée à maintes reprises, depuis plus de trente ans, qui concerne la représentation au Parlement des Français de l’étranger. Vous étiez jusqu’alors représentés par des sénateurs, qui font d’ailleurs un travail remarquable – je veux saluer ceux qui m’accompagnent ici –, mais vous ne l’étiez pas par des députés ; eh bien, aux prochaines élections législatives, vous aurez la possibilité d’élire vos députés, et vous pourrez même voter par le biais d’internet, ce qui est une exception.

Cette réforme est à mes yeux, et à ceux du Président de la République, évidente et nécessaire, parce qu’elle témoigne de vos activités au service du rayonnement de notre pays.

 

Mesdames et messieurs,

Vous qui vivez dans ce continent asiatique, qui est en train de jouer un rôle de plus en plus puissant sur la scène internationale, vous savez ce que signifie la mondialisation ; et vous mesurez l’ampleur des bouleversements économiques et politiques qu’elle entraîne avec elle.

Beaucoup de nos concitoyens en France continuent de vivre comme si les quelques pays occidentaux développés dominaient toujours le monde. La vérité, c’est qu’aujourd'hui plus de 50 % de la production industrielle est au sud, 80 % des réserves monétaires sont au sud, et 30 % de la capitalisation. C’est justement pour essayer de donner à notre pays les moyens de faire face à ces changements radicaux, que nous avons lancé, avec le président de la République, en 2007, un programme très ambitieux de réformes.

Depuis plusieurs années, la compétitivité de l’économie française stagnait, et dans le même temps, le niveau de nos dépenses publiques ne cessait d’augmenter. Il était urgent de regarder avec lucidité nos forces et nos faiblesses, pour redéployer les unes et pour réduire les autres. Il était urgent de mettre fin à cette tradition qui consistait à gouverner la France comme si elle était à l’abri des évolutions internationales, comme si notre pays était tellement prospère qu’il suffisait de vouloir pour avoir, de demander pour obtenir, et de rêver pour être exaucé.

Trop de décisions nécessaires avaient été remises au lendemain ; nous avons cherché à remettre en mouvement la société française, et nous l’avons fait malgré une crise économique et financière sans précédent, qui a provoqué une récession de l’ensemble de l’économie mondiale.


Nous avons donné l’autonomie aux universités françaises ; ces universités qui, depuis les lois de 1984, reculaient sans cesse dans les classements internationaux, justement parce qu’elles n’avaient ni les moyens ni l’organisation pour faire face aux défis de l’excellence, aux défis du savoir.

Nous avons augmenté de 40 % les moyens de fonctionnement de ces universités et de nos laboratoires de recherche.

Nous avons lancé un programme de 35 milliards d’euros d’investissements d’avenir, pour aider les meilleures équipes de recherche françaises, pour aider les meilleures entreprises françaises dans les secteurs les plus porteurs pour l’avenir de notre économie.

Vous savez, l’économie française aujourd'hui repose sur des moteurs de croissance qui, pour beaucoup d’entre eux, ont été créés il y a trente ou quarante ans. Nous célébrons cette année le centième anniversaire de la naissance de Georges POMPIDOU : c’est sous Georges POMPIDOU qu’ont été lancés, la même année, le programme électronucléaire français, le programme d’avions AIRBUS et le programme de Trains à Grande Vitesse. Trois moteurs puissants de la croissance française en 2011, qui en réalité sont liés à des décisions publiques qui ont été prises sous Georges POMPIDOU.

Eh bien, nous avons voulu faire la même chose, dans un contexte différent, dans une économie plus ouverte, en tenant compte de la globalisation, mais en mettant de l’argent sur l’excellence, sur les meilleures équipes de recherche, sur les entreprises françaises les plus prometteuses pour l’avenir de notre pays.


Nous avons instauré le service minimum dans les transports, pour empêcher qu’une petite minorité puisse contraindre le gouvernement et la majorité à reculer lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des réformes importantes pour le pays.

Nous avons réformé la représentativité syndicale – vous savez, cette spécificité française qui faisait que les organisations syndicales dans notre pays étaient figées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, on avait décidé qu’il y aurait cinq organisations syndicales, dont l’existence était liée en particulier à leur conduite pendant la Seconde Guerre mondiale ; et quarante ans après, ces cinq organisations étaient toujours figées, en l’absence de toute démocratie, de toute évolution possible. Désormais, les organisations syndicales verront leur représentativité mesurée tout simplement par le vote des salariés dans les entreprises.


Nous avons rationalisé nos structures administratives ; nous avons réduit le nombre de nos fonctionnaires, pour faire face aux difficultés budgétaires qui sont liées à 35 ans de déficits continus.

Nous avons créé le statut de l’auto-entrepreneur, pour qu’on puisse en France créer son entreprise avec deux clics sur internet. Nous avons supprimé la taxe professionnelle, cet impôt sur l’investissement qui n’existait que dans notre pays. Nous avons défiscalisé les heures supplémentaires, pour desserrer les contraintes des 35 heures. Nous avons réformé notre imposition sur le patrimoine.

Nous avons sauvegardé notre système de retraite, en nous rapprochant progressivement des solutions qui ont été mises en œuvre dans tous les autres pays européens.

Et enfin, nous sommes en train d’apporter au défi démographique de la dépendance de nouvelles réponses. En un mot, nous n’avons cessé, depuis quatre ans, d’agir pour redonner du souffle à notre économie, pour miser sur l’innovation, pour sécuriser notre modèle social, et pour contenir nos dépenses.


Alors bien entendu, aucune de ces réformes n’a été facile, et beaucoup d’entre elles n’ont pas été populaires. Mais je suis convaincu que la légitimité de ces changements va s’imposer de plus en plus.

Parce que les Français sentent que la nouvelle donne mondiale sera sans complaisance pour les nations qui choisissent la facilité.


Ces réformes commencent d’ailleurs à produire leurs effets.

Grâce au plan de relance que nous avons mis en œuvre en 2009, la France a subi moins sévèrement et moins longtemps la récession que la plupart de ses partenaires européens.

Notre économie est entrée dans une dynamique favorable, avec une croissance de 2 % prévue pour 2011 – peut-être même un peu plus, selon certains observateurs –, avec le retour progressif de la création d’emplois, avec aussi une crédibilité budgétaire, qui reste au niveau le plus élevé, dans un contexte, vous le savez, de menace sur les dettes souveraines, qui frappe de plein fouet plusieurs Etats européens.


Notre ambition est simple : notre ambition, c’est de faire de la France un pays qui soit en capacité de garder sa liberté d’agir. Ceux qui n’ont pas fait les réformes à temps, ceux qui ont continué à creuser les déficits, ceux qui ont dissimulé la réalité de leurs chiffres en matière de finances publiques, sont aujourd'hui obligés de céder une partie de leur souveraineté au Fonds Monétaire International, à l’Union Européenne, qui décident à leur place quelles sont les politiques qui doivent être conduites.

Eh bien, ça n’est pas le sort que je souhaite pour mon pays.

Et lorsque je parle de gérer rigoureusement les finances publiques de la France, c’est simplement parce que je veux que la France reste un pays indépendant, un pays qui décide lui-même de son avenir, un pays qui n’a pas à tendre la main pour essayer de trouver les financements dont il a besoin.



Et à l’aune de cette ambition, nous n’avons pas à rougir du bilan qui est le nôtre, et qui est surtout celui de tous les Français, qui ont accepté ces changements. Nous n’avons pas à rougir de notre réactivité face à la crise économique mondiale. Et nous n’avons pas à rougir de notre implication dans les nouvelles formes de la gouvernance mondiale.

A l’approche des échéances électorales, propices aux contestations systématiques et aux utopies de tous ordres, nous maintiendrons notre ligne de vérité et de réalisme. Ceux qui font croire que l’on pourrait « démondialiser » l’histoire, et se ménager le confort d’une politique solitaire, sans contraintes extérieures, ceux-là entretiennent une illusion dangereuse.

Ceux qui prônent, sous un masque de générosité, le retour à l’augmentation de la dépense publique, font preuve d’un manque de responsabilité, qui compromettrait l’équilibre de notre situation actuelle, et qui compromettrait le renouveau de notre dynamisme.

Ils le savent bien, d’ailleurs. Mais, entre le printemps des promesses électorales et l’automne de l’exercice du pouvoir, la réalité se charge de faire tomber les feuilles mortes des programmes inconséquents.



Quant à ceux qui veulent sortir la France de l’euro, si par malheur ils arrivaient aux affaires, ils mettraient en péril notre économie, notre modèle social, notre niveau de vie, au nom d’une fausse idée de la souveraineté nationale.

Et surtout, ils mettraient en danger l’une des plus belles et des plus modernes idées de la fin du 20e siècle, qui est le rassemblement des pays européens ; ce rassemblement des pays européens qui, vu de l’extérieur, apparaît souvent comme un facteur de complexification, comme un facteur de division parfois, tant les débats entre nous, à 27, sont rudes, mais qui est en réalité la condition de la paix, et surtout, la condition du maintien d’une puissance économique européenne au premier plan dans la bataille de la mondialisation.



Vous lisez souvent, dans les journaux, le récit de tous ces débats difficiles entre les Européens, pour aider la Grèce, pour se mettre d’accord sur la Politique Agricole Commune, ou pour se mettre d’accord sur tel ou tel aspect de la politique étrangère – tout cela est vrai.

Mais si on regarde les choses un peu différemment, on s’aperçoit que depuis le début de la crise économique et financière en 2008, l’Europe a toujours su apporter des réponses efficaces.

C’est l’Europe qui a empêché que le système financier international ne se bloque dans une crise systémique qui aurait été dramatique. Je vous le rappelle, les Etats-Unis avaient laissé filer la banque LEHMAN BROTHERS ; c’est de cette faillite qu’est née la crise financière internationale.

Si Nicolas SARKOZY, Gordon BROWN, et plusieurs autres gouvernants européens, n’avaient pas dit, avec une extrême fermeté : « Il n’y aura pas de faillites de banques en Europe, parce que nous allons garantir les banques européennes », c’est tout le système financier mondial qui aurait été détruit.

De la même façon, lorsqu’il s’est agi d’aider le Portugal, qui était en difficulté, nous avons eu des débats difficiles, mais nous l’avons fait.

Lorsqu’il s’est agi d’aider l’Irlande, dont les banques avaient fait beaucoup d’erreurs, il y a eu des débats complexes, mais nous avons aidé l’Irlande.

Et lorsqu’il s’agit aujourd'hui d’aider la Grèce, qui a commis beaucoup de fautes, nous sommes présents pour aider la Grèce.



A chaque crise, finalement, l’Europe sort renforcée. Et à cause de ces crises, ou grâce à ces crises, nous avons mis en place un fonds de garantie qui permettra désormais d’aider les pays qui seraient en difficulté, sans avoir tous ces débats préalables ; nous avons amorcé le début d’un gouvernement économique de la zone euro, qui nous permettra de piloter l’économie européenne ; nous avons mis en place des sanctions bien plus sévères pour les Etats qui ne respectent pas les engagements qu’ils ont pris, notamment s’agissant de la stabilité de notre monnaie.

Crise après crise, l’Europe apporte des réponses, se renforce, et incarne à mon sens l’avenir de l’organisation mondiale : l’avenir est au regroupement, à l’association, à la communauté d’Etats qui choisissent, sur tous les continents, d’unir leurs forces, de se rassembler, pour être plus efficaces dans la mondialisation.



Voilà, toutes ces propositions laxistes ou populistes, je veux vous dire que je les combattrai de toutes mes forces, parce qu’elles font peser sur nous le risque du déclin.

Et ce combat ne doit pas être un combat partisan. Parce que je sais qu’il existe des hommes et des femmes de vérité et de bon sens dans tous les camps.



La mondialisation, c’est un fait ; ça n’est pas une hypothèse, que l’on pourrait accepter ou refuser selon son bon plaisir.

La souveraineté, ça n’est pas la politique du repli, ou la politique du cavalier seul. C’est une politique d’action, c’est une politique d’influence, c’est une politique appuyée sur une économie en mouvement, sur une crédibilité budgétaire assurée, sur une prise de responsabilité des grands enjeux internationaux.

La souveraineté, c’est être là, avec nos partenaires de tous les continents, pour réguler, pour maîtriser les risques de la mondialisation.

Mais c’est aussi et surtout être au rendez-vous des promesses de cette mondialisation. Parce qu’il est juste que des nations nouvelles, qui sont souvent d’ailleurs héritières de civilisations très anciennes, puissent équitablement peser sur la scène mondiale. Après des siècles qui ont été marqués par la domination de quelques empires occidentaux, cette équité entre les nations, cette équité entre les continents, elle ne doit pas être perçue comme une menace ; et c’est d’ailleurs la grandeur de la France que d’avoir défendu depuis longtemps le principe de cette équité.

Ça n’est pas parce que des nations émergent, que nous sommes condamnés à reculer. Notre destin n’est pas inscrit dans le ciel ; il est dans nos mains. A condition naturellement que nous soyons capables de nous renouveler, là où cela est nécessaire. A condition de refuser deux types d’illusions, aussi dangereux l’un que l’autre : l’illusion que tout nous est dû, et l’illusion que tout est perdu ; l’illusion qu’il sera toujours assez tôt, et l’illusion qu’il est déjà trop tard. A condition aussi d’écarter le défaitisme, d’être conscients de nos atouts, d’affirmer nos talents.



Le nouveau monde qui est en train de se dessiner fera la part belle à la création, à la recherche, à l’innovation technologique ; il fera la part belle à l’éducation, aux savoir-faire professionnels, à la mobilité, à l’échange des cultures. Ce ne sont pas des notions qui sont étrangères à la France.

Et je crois que nous avons encore bien des cartes à jouer, pour peu que nous en ayons la volonté.

Ce nouveau monde, il fera place aussi – en tout cas nous pouvons l’espérer, nous voulons l’espérer – à la liberté, à la justice et à la démocratie.

Les révolutions du monde arabe en donnent cette année un témoignage extraordinaire. Ces révoltes sont le signe que le sort du monde n’est pas voué au nihilisme du choc des civilisations, mais qu’il peut être marqué par l’élévation universelle du niveau des droits, de l’éducation et de la prospérité.

Eh bien, ce monde-là, nous n’avons pas à le redouter.

Ce que nous devons redouter, c’est de passer à côté de toutes ces potentialités, à cause de l’inquiétude des uns ou du fatalisme des autres.



Voilà, mes chers compatriotes, les réflexions que je voulais partager avec vous, avec vous qui incarnez les forces de notre pays, dans cette nation cambodgienne qui peut enfin se tourner vers son avenir avec confiance, dans ce continent asiatique, avec lequel nous sommes en train de construire un monde où les dialogues et les échanges vont aller croissant.

C’est le sens de ma visite en Indonésie hier, et c’est le sens de ma visite aujourd'hui au Cambodge, où je suis heureux de me retrouver, dans un pays avec lequel nous avons tellement de liens et tellement de projets d’avenir.

 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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