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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 13:40

François Fillon s'exprime à l'issu du sommet de Copenhague lors de son voyage en Chine.


François Fillon intervient lors de la cérémonie sur la coopération dans le domaine du nucléaire à l'occasion de son voyage en Chine le 21 décembre 09. (version écrite et vidéo intégrale)

François Fillon rencontre les étudiants de l'Université Beihang et de l'Ecole centrale de Pékin à l'occasion de son voyage en Chine le 22 décembre 09. (version écrite et vidéo intégrale)

Conférence de presse de François Fillon à l'occasion de son voyage en Chine le 22 décembre 09.(version écrite et version vidéo intégrale)

François FIllon conclue les rencontres "France-Chine : partenariat d'entreprises" à Pékin le 21 décembre 09. (version écrite et vidéo intégrale)
 
 

Discours du Premier ministre, François FILLON sur la coopération nucléaire entre la France et la Chine

Pékin - Lundi 21 décembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur le vice-Premier ministre,

Madame la Ministre, Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

 

Il était très important pour moi d’être ici aujourd’hui pour évoquer la coopération nucléaire parce que c’est l’une des pièces maîtresse du dialogue entre la France et la Chine. En partageant notre excellence dans ce secteur fondamental, nous marquons et nous renforçons la confiance qui doit caractériser l’ensemble des relations entre nos deux pays.

 

La France est le pays où le nucléaire a la place la plus importante au monde. La Chine est le pays qui construit le plus grand nombre de réacteurs nucléaires. Ces choix nous assurent une position stratégique, au moment où le nucléaire civil est en plein renouveau. Une position stratégique en matière de responsabilité environnementale. Le nucléaire est une source d’énergie puissante qui ne produit pas de gaz à effet de serre. C’est aujourd’hui le meilleur moyen de concilier la croissance économique à laquelle la Chine comme la France sont tellement attachées, et en même temps et la lutte contre le changement climatique. Une position stratégique ensuite, en matière de savoir-faire. La technologie nucléaire exige impérativement l’excellence. L’excellence à tous les niveaux : dans la conception, dans la construction, dans l’exploitation, et jusque dans le démantèlement des installations. Cette excellence elle ne peut pas s’acquérir en un jour : elle résulte pour nous-mêmes d’une expérience qui nous garantit l’ancienneté de notre engagement dans la filière.

 

Pour la France, c’est un honneur et c’est une fierté d’avoir pu contribuer à la maîtrise de la technologie nucléaire par la Chine, au cours d’un partenariat qui a été initié il y a presque trente ans. C’est en effet en 1982 que nos deux pays signaient leur premier accord de coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire. Nous avons parcouru depuis lors beaucoup de chemin. 500 ingénieurs et chercheurs chinois ont été formés en France. 4 réacteurs parmi les meilleurs de leur catégorie, ont été réalisés avec EDF et AREVA sur les sites de DAYA BAY et de LING’AO.

 

A la suite de ces coopérations, un modèle de réacteur a été développé par la Chine : le CPR-1000, dont une vingtaine d’exemplaires sont en cours de construction. C’est aujourd’hui le standard du développement nucléaire chinois. Et comme les Petites et Moyennes Entreprises françaises du secteur sont familières de cette technologie, elles peuvent lui apporter la contribution de leur savoir-faire.

 

Ma visite est aujourd’hui l’occasion de marquer le prolongement de notre partenariat dans de nouvelles directions. Je pense d’abord au grand projet en cours de réalisation à Taishan, avec EDF et AREVA. Ce sera le premier EPR construit en Chine. L’EPR c’est le réacteur de troisième génération le plus sûr au monde. C’est aussi celui dont la maturité technologique est la plus grande  et c’est enfin le plus puissant. L’organisation de ce chantier, nous allons la renforcer aujourd’hui par la création de deux sociétés communes : l’une où CGNPC va s’associer à EDF pour la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation des EPR construits sur le site de Taishan. L’autre où CGNPC s’associera à AREVA, société d’ingénierie qui maîtrise la technologie de ce type de réacteur.

 

Je pense aussi à la formation de nos ingénieurs. Un accord sera signé aujourd’hui même entre l’université Sun Yat-Sen de Canton et un consortium des grandes écoles françaises, conduit par l’institut polytechnique de Grenoble. Cet accord va lancer l’ouverture d’une grande école franco-chinoise d’ingénieurs nucléaires, dès l’année prochaine avec le soutien financier des grands opérateurs nucléaires de nos deux pays. Je pense enfin à l’exigence de responsabilité que nous partageons. La France et la Chine réfléchissent toutes deux au nucléaire durable et en particulier au retraitement des combustibles usés. C’est avec le retraitement que l’on pourra tirer tout le parti de l’uranium existant dans le monde. C’est en explorant cette voie que l’on pourra faire du nucléaire une véritable énergie d’avenir.

 

La France et la Chine ont dès à présent choisi de recycler les matières nucléaires dans des combustibles pour lesquels le réacteur EPR a été spécifiquement conçu. Elles unissent leurs forces pour permettre à la Chine de mettre en service une usine de retraitement et de recyclage des combustibles usés, qui s’appuie sur une technologie française qui a fait ses preuves depuis plus de 25 ans et que nous n’avons cessé de perfectionner. C’est ainsi que nous voulons être en pointe dans la recherche sur les réacteurs de quatrième génération, avec lesquels la gestion du cycle du combustible sera encore plus efficace. Parmi les dépenses d’avenir que nous avons annoncées, un milliard d’euros vont être consacrés à la recherche sur le réacteur de quatrième génération. Nous savons que, là encore, la Chine partage nos analyses et s’oriente dans la même direction. Le développement d’un secteur nucléaire durable et responsable c’est pour notre coopération nucléaire, un nouvel axe essentiel.

 

La déclaration que nous allons adopter aujourd’hui en ce sens, Monsieur le Vice-Premier Ministre, me paraît extrêmement importante. Et dans les minutes qui viennent, le Commissariat à l’Energie Atomique qui est le pionnier de notre coopération nucléaire, va compléter les accords déjà passés avec ses homologues en développant les liens en matière de recherche et développement dans ces secteurs essentiels pour l’avenir.

 

J’ai souhaité marquer l’importance de ces nouveaux accords parce que je crois que notre coopération nucléaire s’enracine dans l’histoire commune de nos Républiques, qui ont valorisé l’innovation technologique, qui ont valorisé l’indépendance énergétique. Mais aussi parce qu’elle témoigne de la confiance qui entoure aujourd’hui les relations franco-chinoises et parce que je suis convaincu qu’elle nous permettra d’être demain au premier rang de la responsabilité écologique mondiale.


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Discours du Premier ministre François FILLON à l’Université de Beihang

Pékin – Mardi 22 décembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur le Président de l’Université,

Mesdames et Messieurs,

 

J’ai souhaité que ma visite en Chine soit tournée vers l’avenir, et l’avenir, Monsieur le Président de l’Université, il se dessine très largement ici dans votre établissement. Je vous remercier de nous accueillir et de me permettre de m’adresser à la jeunesse chinoise, dans l’enceinte de votre université.

 

Cette jeunesse elle n’est pas seulement appelée à contribuer au formidable essor de la Chine, elle est aussi invitée à s’interroger et à répondre à des enjeux nouveaux qui ont quasiment tous une dimension internationale.

 

En effet jamais dans l’histoire humaine, le sort des nations n’a été à ce point lié. L’économie, l’écologie, la paix, le progrès dans le monde, toutes ces questions sont devenues des sujets collectifs. La mondialisation constitue d’une certaine façon une césure historique. Nous sommes en train de changer de monde. C’est une césure positive parce que le temps des affrontements idéologiques est derrière nous. Mais c’est une césure qui est aussi lourde d’incertitudes parce que notre monde a besoin de trouver de nouveaux équilibres, de nouveaux repères.

 

Il y a un peu plus d’un an, jour pour jour, nous assistions au déclenchement de la crise économique la plus grave depuis près de 80 ans. A mesure que se succédaient les faillites d’institutions financières, ces mêmes institutions financières que nous pensions indestructibles, installées solidement pour toujours, nous avons craint qu’une crise de confiance généralisée ne vienne s’ajouter à la débâcle financière. Pour les pouvoirs publics du monde entier, le défi était immense, et je crois pouvoir dire que les gouvernements ont réussi à le relever.

 

En un temps record, nous avons mis en œuvre des politiques de relance nationales de grande envergure, des politiques de relance qui ont permis d’endiguer le risque de contraction du système financier, mais aussi de soutenir autant que possible notre activité productive. Dès le mois de novembre 2008, la Chine a fait preuve d’une grande réactivité en annonçant un plan de relance massif, dont les effets ont été rapidement perceptibles sur l’économie chinoise. Indéniablement la diligence des autorités chinoises a contribué à restaurer la confiance des marchés dans la capacité des Etats à faire front à cette crise.

 

Mais si les politiques de relance nationales ont été efficaces, c’est qu’elles ont été appuyées par une coordination intergouvernementale qui, j’en suis convaincu, fera date. La tenue d’abord du G20, qui a réuni les chefs d’Etat et de gouvernement, a démontré que la communauté internationale était capable d’agir rapidement et de façon concertée. Au regard de notre histoire économique contemporaine, l’élan de coopération qui s’est alors manifesté est exceptionnel. Si l’on regarde en arrière lors de la Grande Dépression des années 30, ou encore lors de la crise du système monétaire des années 70, ou encore de la crise asiatique des années 90, c’est l’inverse qui s’était produit, la récession avait été prolongée et même d’une certaine façon aggravée par une coordination internationale très insuffisante.

 

Eh bien nous savons désormais que la communauté internationale a une capacité de réaction et de coopération qui est prometteuse, et c’est un immense atout. La France, qui avait l’honneur d’être à la tête de l’Union européenne en 2008, a montré qu’elle en prenait la mesure, en mobilisant ses partenaires européens d’abord, puis l’ensemble du G20 pour produire d’urgence une réponse coordonnée, conjointe qui s’est révélée efficace. La rapidité de réaction et d’adaptation dont nous avons fait preuve a matérialisé notre capacité à répondre à l’unisson et sans dogmatismes aux défis de la crise.

 

Eh bien mesdames et messieurs aujourd’hui il ne faut pas que cet élan de solidarité retombe. Il ne faut pas qu’il retombe avec les premiers signes de reprise de l’activité économique internationale. Il ne faut pas que chacun retourne «à ses affaires» exclusives. Je pense que ce serait une très grave erreur qui risquerait de nous replonger très rapidement dans une nouvelle crise.

 

D’abord parce que les travaux engagés par le G20 ne sont pas achevés, loin s’en faut. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris des engagements, il faut maintenant les mettre en œuvre. Des chantiers majeurs sont en cours et ces chantiers exigent que nos gouvernements collaborent. En France, nous avons commencé à mettre en œuvre les orientations du G20, nous sommes parvenus, en quelques mois, à prendre des mesures décisives dans des domaines où rien n’avait bougé depuis des années, faute de consensus. Mais cet effort de coopération qui est né des réunions du G20 de Londres, de Pittsburgh ne doit pas s’essouffler. Nous avons encore à mener à leur terme les réformes capitales auxquelles les chefs d’Etat et de gouvernement se sont engagés.

 

La France estime que les excès du secteur financier ne peuvent pas suffire à expliquer l’ampleur de la crise que nous traversons. Nous pensons que la coordination insuffisante de nos politiques économiques a largement contribué au creusement de dangereux déséquilibres des balances des paiements. Sur cette question, la vision simpliste qui conduirait à stigmatiser tel ou tel pays en le rendant responsable de ces déséquilibres n’est pas une réponse pertinente. Nous devons régler ce problème de manière collective au sein du G20, et en particulier au sein du «Cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée» qui a été mis en place à Pittsburgh et que la France soutient.

 

Dans le cadre de cet accord, les pays qui enregistrent de forts déficits de leur balance des paiements vont devoir poursuivre leurs efforts pour augmenter leur taux d’épargne, tandis que ceux qui gèrent des excédents courants élevés vont devoir mettre l’accent sur le soutien à la consommation.

 

Dans cet effort de coopération économique internationale, je veux vous dire que la France veut être à l’avant-garde. Dès le quatrième trimestre 2008, nous avons mis en œuvre un plan de relance qui représentant 2,4% de notre produit intérieur brut, et dont les trois quarts ont été dépensés en un an. Et puis récemment, nous avons pris des engagements pour réduire nos déficits publics d’ici 2013, dès lors que les conditions économiques internationales le permettront.

 

Mais il est évident que la Chine, compte tenu de la place qu’elle occupe sur la scène économique internationale, tient entre ses mains une partie de la solution. La Chine mène depuis trente ans une politique d’ouverture, et en a tiré pendant huit ans les bénéfices de son adhésion à l’OMC par une accélération exceptionnelle de son commerce extérieur. Il ne faut pas aujourd’hui que cet élan de réforme se ralentisse. La Chine peut faire beaucoup pour contribuer à une croissance plus durable pour elle-même et pour le reste du monde.

 

Les mesures qui ont été adoptées par le gouvernement chinois dans le domaine des politiques sociales, notamment en matière de santé, contribueront à rééquilibrer son modèle de croissance au profit de la demande intérieure. Je veux citer un autre exemple, c’est celui de la poursuite de la réforme du secteur financier qui va pouvoir offrir aux entreprises, et notamment aux plus petites entreprises, un meilleur accès au financement.

Et puis la constitution à Shanghai d’une grande place financière à laquelle je veux dire que la France serait heureuse d’apporter son concours et son expérience devrait favoriser une meilleure allocation du capital et participer à l’effort de rationalisation de l’investissement. Enfin, une évolution progressive vers un régime de change qui doit être plus flexible diminuerait la dépendance des entreprises chinoises aux marchés internationaux et permettrait de soutenir la hausse du pouvoir d’achat des consommateurs chinois.

 

Dans un monde globalisé, et à plus forte raison pour un pays aussi important que la Chine, pour que des ajustements de cette nature soient efficaces et qu’ils soient en même temps bien compris, il faut une concertation internationale. J’y vois une raison de plus pour participer activement aux travaux du G20, la France va mettre toute son ardeur à pérenniser ce processus et à garantir qu’il occupe une place centrale dans la gouvernance mondiale. La France s’est battue en particulier depuis deux ans et demi pour que cette gouvernance mondiale change, la plupart de nos institutions internationales sont héritées de la fin de la seconde guerre mondiale, nous sommes au XXIème siècle, le monde a considérablement changé, comment continuer à vouloir le diriger en réunissant des pays qui ne sont pas tous ceux qui ont la place la plus importante sur la scène économique mondiale ?

 

Je peux vous dire que lorsque nous allons assurer la présidence du G20 en 2011, nous allons nous employer avec toute notre détermination à mettre en oeuvre cette nouvelle gouvernance mondiale. Et dans cette dynamique, je suis convaincu, Mesdames et Messieurs, que la France et la Chine peuvent jouer ensemble un rôle absolument essentiel.

 

Pourquoi ? Parce que sur bien des sujets nos points de vue convergent. Pour commencer, la Chine a parfaitement compris, dès les premiers mois de la crise, que les causes de la récession devaient être recherchées dans les fondements mêmes de l’architecture financière mondiale. La crise a révélé les limites d’un système monétaire international tel qu’il fonctionne aujourd’hui, et fait apparaître la nécessité de faire émerger un système de change stable qui évite une volatilité excessive des devises et qui prévienne les désalignements de monnaies, c'est-à-dire en réalité des parités qui ne sont pas conformes aux fondamentaux économiques. Nous avons tous appris dans nos cours d’économie qu’une monnaie était le reflet de la réalité économique de son pays. Eh bien il faut que nous retrouvions ces règles de base pour faire fonctionner l’économie mondiale.

 

Ensuite, la France et la Chine partagent la conviction que la régulation des activités financières est absolument nécessaire. Nous considérons que l’innovation en matière financière n’a de valeur que lorsqu’elle est mise au service des entreprises ou des individus et non pas simplement de la spéculation. L’une des principales leçons à tirer de cette crise, c’est bien que la sphère financière doit être remise en ligne avec l’économie réelle. En laissant libre cours à la spéculation financière, les rapports de forces qui régissent l’économie ont été d’une certaine manière inversés, et nous avons fini par être rattrapés par la réalité économique. Eh bien il est de notre responsabilité d’en retenir les leçons pour ne pas retomber dans les errements qui ont conduit nos économies au bord du gouffre.

 

Mais cela ne suffira pas. Nous devons aussi replacer la sphère productive au cœur de l’économie en développant des politiques d’investissement qui soient à la fois ambitieuses et qui soient des politiques d’investissement de long terme. Ces politiques d’investissement dépassent largement le cadre national. La mondialisation, les défis globaux que nous devons relever comme celui du changement climatique condamnent toute stratégie isolée de développement industriel à un échec certain.

 

 

La France et la Chine sont liées depuis de très nombreuses années par un partenariat industriel qui est à la fois dense et varié. D’abord dans le développement de l’énergie nucléaire, la France est depuis vingt cinq ans un partenaire de la Chine, et dans le domaine aéronautique, qui est au cœur des préoccupations de cette université, nous collaborons depuis vingt ans. Ces partenariats ont donné forme à des projets phares, comme la construction de la centrale nucléaire de Daya Bay dans les années 80 ; l’entrée en service de la nouvelle ligne d’assemblage d’Airbus à Tianjin ; la construction à Taishan, dans le Guangdong, d’une centrale de nouvelle génération, l’EPR, qui est la sœur de celle que la France construit actuellement à Flamanville, en Normandie.

 

Je pense que ces trois exemples montrent à quel point la coopération économique entre la Chine et la France est une coopération durable, une coopération qui repose sur des relations de confiance. On ne vend pas une centrale nucléaire on la construit ensemble. De la même façon je voudrais sans malice vous faire remarquer que jamais un seul avion Boeing n’a été fabriqué en dehors du territoire des Etats-Unis. L’Europe et la France sont les seuls qui ont accepté de nouer un vrai partenariat stratégique avec la Chine pour la construction de l’Airbus A 320 et désormais pour la coopération dans la construction d’un avion chinois, le C 919.

 

Alors forts de cet acquis, il faut que nous poursuivions nos efforts vers un objectif commun : promouvoir l’innovation parce que seule l’innovation peut garantir une compétitivité durable. Bien sûr, l’innovation contribue déjà quotidiennement au formidable rattrapage technologique qui a permis à la Chine, en quelques années, de s’affirmer comme un acteur mondial de la science et de la technologie, et qui lui permet progressivement de dépasser son statut comme on disait de «grand atelier du monde» pour devenir l’un des grands laboratoires du monde. La mobilisation chinoise dans ce domaine est impressionnante. La Chine a clairement choisi de faire de l’innovation technologique le moteur essentiel de son développement économique à l’horizon 2020, en 2009, malgré un contexte marqué par la crise mondiale et malgré le ralentissement de l’activité économique, la Chine aura consacré 60 milliards d’euros supplémentaires à 16 «projets majeurs» identifiés dans les domaines scientifiques et techniques.

 

Un classement récent portant sur plus de 2000 instituts de recherche dans le monde plaçait le Centre National de la Recherche Scientifique français et l’Académie Chinoise des Sciences aux deux premières places mondiales des centres de recherches mondiaux. C’est un fait qu’en matière de recherche fondamentale – qui est le point de départ à toute innovation – la France compte parmi les pays les plus performants.

 

Nous accordons une grande importante au maintient de la qualité et de l’excellence de la recherche française et nous travaillons à structurer encore mieux nos organismes de recherche et notre recherche universitaire. C’est ainsi que nous venons de décider d’investir 35 milliards d’euros dans cinq secteurs prioritaires qui constituent pour nous les cinq secteurs d’avenir. Et parmi eux 11 milliards d’euros seront consacrés au soutien de l’enseignement supérieur et 8 milliards d’euros à la recherche. Nous voulons constituer une dizaine de campus d’excellence destinés à acquérir une dimension mondiale, nous voulons ainsi créer le campus scientifique et technologique le plus important d’Europe, parce que nous pensons qu’il n’y a pas d’économie innovante sans une recherche fondamentale du meilleur niveau.

 

Trois domaines sont pour nous prioritaires : la santé et le développement des biotechnologies, les éco technologies, et enfin le numérique et les nanotechnologies.

 

 

Dans le domaine des Sciences de la vie et de la santé, la recherche compte déjà parmi les cinq premières au niveau européen et international, elle est donc en bonne position pour relever les grands défis du vieillissement, de l’augmentation des maladies chroniques, de l’émergence des maladies infectieuses, de la personnalisation des traitements.

 

Nous n’oublions pas non plus la recherche industrielle et nous allons investir 6,5 milliards d’euros dans des projets d’avenir, comme les véhicules du futur ou encore nous allons préparer l’émergence de l’avion du futur qui devra consommer deux fois moins de carburant et émettre deux fois moins de gaz à effet de serre. Pour tous ces projets, nous voulons promouvoir les partenariats entre technologie et innovation, en rapprochant le monde universitaire et le monde de l'industrie, en particulier dans le cadre de nos « pôles de compétitivité ».

 

Je sais que la Chine a adopté la même logique pour ses parcs technologiques, nos pôles de compétitivité et vos parcs technologiques ont vocation à intensifier leurs échanges et à nouer des partenariats durables. Nous devons promouvoir la participation de nos entreprises à des programmes scientifiques et d’innovation croisés, nous devons construire des pôles innovants, faire en sorte qu’en matière de recherche, d’industries, d’universités et centres de recherche la Chine et la France coopèrent davantage. Ce sera notamment le cas par le biais du programme « Coopol Innovation».

 

Récemment, je sais que le Premier ministre chinois M. WEN JIABAO a estimé que l'industrialisation et l'urbanisation de la Chine devaient emprunter une nouvelle voie, devaient adopter un mode de production plus économique et un mode de consommation moins polluant, et cela grâce à la science et aux technologies, qui lui donneront les moyens de maintenir un développement durable. Eh bien voilà encore un domaine de coopération stratégique entre la France et la Chine, nous oeuvrons déjà ensemble à contrôler la pollution de l’eau, à développer des batteries et des véhicules électriques, à définir les critères et les moyens d’un développement urbain durable. Je pense que nos deux pays doivent encore encourager leurs entreprises respectives à contribuer à cet objectif et à afficher un engagement responsable et une détermination commune pour maîtriser les rejets de gaz à effet de serre et réaliser des économies d’énergie.

 

Et puis, un dernier domaine de coopération s’impose assez naturellement à nos deux pays, je pense aux sciences agronomiques. La France et de la Chine ont en partage une expérience agricole très ancienne, et aujourd’hui, les besoins immenses de la Chine en termes de production agricole et d’exploitation des terres en font un domaine de coopération prioritaire.

Dans les années à venir il faudra faire avancer la recherche sur les variétés de demain. Ces variétés de plantes qui devront être plus sobres et plus résistantes aux aléas climatiques et à la sécheresse qui touche le Nord de la Chine. Il faudra aussi faire progresser les recherches sur les agro-carburants à base de plantes peu exigeantes et susceptibles de pousser sur des terres incultes, impropres aux productions alimentaires.

 

Mesdames et Messieurs, à vous les étudiants qui allez construire l’avenir de la Chine, je veux redire combien il est capital que nous ne cessions jamais d’innover, et combien notre coopération bilatérale peut nous faire gagner du temps et peut nous faire prendre de l’avance. Ici à Beihang, où plusieurs centaines d’élèves ingénieurs se forment au sein de la première école Centrale ouverte à l’étranger, nous avons fait le choix historique de placer l’innovation au cœur de notre partenariat stratégique. L’innovation est aussi au cœur des dizaines d’universités ailleurs en Chine où nous coopérons, de nos laboratoires de recherche et de nos entreprises. Partout, c’est la même ambition : construire ensemble, autour de nos jeunes, de nos étudiants, de nos intellectuels, de nos chercheurs, de nos jeunes entrepreneurs la relation franco-chinoise de demain et notre contribution commune à l’avenir de la planète.

 

Vous savez que la présence de la France aux côtés de la Chine ne date pas d’hier. La France a été le premier pays à accueillir des étudiants chinois, en hébergeant dès 1921 la première université chinoise établie à l’étranger, dans les murs de l’Institut franco-chinois de Lyon. Aujourd’hui, près de 10 000 étudiants chinois font chaque année le choix de la France. Pour vous qui formez la communauté étudiante la plus vaste au monde, la France est la cinquième destination la plus prisée pour poursuivre vos études, et la première qui ne soit pas anglo-saxonne.

 

Ce flux croissant est une formidable opportunité de rapprochement entre nos deux pays, et c’est surtout le témoignage de la confiance mutuelle qui existe entre la France et la Chine. Je veux vous dire que pendant leur séjour en France, nous veillons naturellement à la qualité de l’accueil des étudiants chinois, et depuis l’année dernière, nous avons décidé de continuer à les accompagner à leur retour en Chine, notamment à travers le Club France, qui comprend déjà plus de 6000 anciens étudiants. Nous veillons également à l’insertion professionnelle des jeunes Chinois formés par nos soins, en oeuvrant constamment à construire un lien durable entre eux et le monde des entreprises. Je sais que certains d’entre vous au sein de cette université sont des élèves de l’Ecole Centrale, qui suivent pour partie, en Français, un enseignement qui est fondé sur le modèle éprouvé de la grande école d’ingénieurs à la française. Avec Hervé BIAUSSER, directeur de l'Ecole Centrale, nous avons réussi, dans l’une des plus grandes universités de Pékin, à adapter ce modèle français et à l’intégrer au cursus normal de l’université de Beihang. Cette réussite, je pense qu’elle est tout à fait exemplaire. Elle est largement due à l’engagement de l’Ecole Centrale, de son corps enseignant et de votre université. C’est aussi un projet qui est un projet visionnaire, parce que c’est un projet qui participe d’une philosophie que l’on retrouve désormais à Tianjin dans le domaine de l’aéronautique, à Shanghai avec Paristech, et qui fera à nouveau ses preuves à Canton, dans le domaine de l’ingénierie nucléaire, puisque nous avons signé en présence du Premier ministre hier, un accord qui va conduire à créer une école d’ingénieurs dans le domaine nucléaire à l’université Sun Yat Sen de Canton. Et bien ces coopérations visionnaires, je souhaite qu’elles s’étendent, qu’elles s’étendent dans des domaines les plus variés, en s’ancrant dans les valeurs que la France et la Chine ont en partage. En reconnaissant la Chine Populaire, en janvier 1964, le Général de Gaulle avait pris acte de la continuité historique de la Chine, et d’une certaine façon il a été le premier dirigeant occidental à pressentir l’immense potentiel de votre pays. Entre nos deux vieilles nations, qui n’ont jamais cessé, dans toute leur histoire, de se projeter vers l’avenir, il existe un lien singulier dont je ressens, parmi vous, toutes les exigences et toutes les promesses, et je vous invite, à travers l’activité, et la place, et la responsabilité qui sera la vôtre dans l’avenir, à faire fructifier ce lien historique entre le peuple français et le peuple chinois.

 

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Conférence de presse du Premier ministre François FILLON

Pékin – Mardi 22 décembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

A l’issue de la visite que je viens d’effectuer à Pékin, je voudrais en tirer rapidement les conclusions devant vous et répondre à quelques-unes de vos questions. Après la rencontre, à Londres, du président SARKOZY et du président HU Jintao, j’avais une mission, remettre les relations franco-chinoises sur les rails. Je pense que cette mission a été accomplie.

Je suis venu en Chine avec trois objectifs.

D’abord, réaffirmer la force et la vitalité de notre partenariat stratégique. Nous avons fêté cette année le 45ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine. Depuis 1964, la relation franco-chinoise a toujours été pionnière et notre partenariat a toujours été tourné vers l’avenir.

L’avenir immédiat, c’est l’année 2010, ce devrait être une grande année pour les relations franco-chinoises, puisqu’elle verra à la fois la visite du président Nicolas SARKOZY à Shanghai pour l’ouverture de l’Exposition et la visite – qu’il nous a confirmée il y a quelques minutes – du président HU Jintao à Paris, à l’invitation du président de la République française.

Le deuxième objectif, c’était de faire franchir une nouvelle étape aux relations franco-chinoises dans le domaine des échanges économiques. Au cours de ces deux derniers jours, nous avons beaucoup échangé avec nos interlocuteurs chinois sur les domaines qui font la richesse de notre coopération.

D’abord, la coopération dans le domaine du nucléaire civil qui est très ancienne puisqu’elle a plus de vingt-cinq ans et qui va connaître un nouvel élan, à la fois avec la construction d’un premier EPR à Taishan, mais également avec l’amorce d’une coopération sur l’aval du cycle qui vient confirmer l’engagement très fort de la Chine dans le domaine de la production nucléaire d’énergie. Ensuite, dans le domaine de l’aviation civile, avec la confirmation des contrats qui avaient été passés par AIRBUS, le démarrage et le fonctionnement de la chaîne d’assemblage de l’A320 en Chine, la motorisation de l’avion chinois C919 avec des moteurs français réalisés par SAFRAN et l’engagement de la Chine dans le programme de l’A350.

Enfin, nous avons évoqué avec nos interlocuteurs la coopération culturelle qui justifiait la présence, dans la délégation qui m’accompagne, parmi les autres membres du gouvernement, de Frédéric MITTERRAND ; et le dialogue interparlementaire, qui, lui, explique la présence d’une très grande délégation parlementaire amenée par les deux présidents des groupes d’amitié, monsieur HERBILLON pour l’Assemblée nationale et monsieur BESSON pour le Sénat.

Je veux me réjouir des différents accords et contrats commerciaux que nous avons signés. J’ai déjà évoqué le paquet nucléaire et l’aéronautique, je veux également mentionner les accords et les contrats liés au développement durable. Action de coopération de l’AFD pour financer les projets chinois dans le domaine du développement durable ou encore l’accord qui a été signé entre la CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS et la Chine pour favoriser le financement des entreprises chinoises qui investissent en France. Ces accords sont très importants, ils représentent plus de 6 milliards d’euros. J’ai entendu ou lu quelques commentaires sur le fait que nous faisons du business, outre le fait que je parle assez mal la langue anglaise, je voudrais simplement dire que le business, c’est simplement une chose, c’est des emplois pour des travailleurs français. Sans emploi pour les travailleurs français, je ne sais pas comment notre pays luttera contre le chômage. L’une des forces de l’Allemagne, c’est sa capacité à exporter. Depuis deux ans et demi, avec le président de la République, nous nous battons jour après jour pour accroître la capacité d’exportation de notre pays, à la fois en améliorant ses performances économiques, ses performances en matière d’innovation, mais aussi en allant nous battre, partout où cela est nécessaire, pour défendre les entreprises françaises. Parce que les contrats des entreprises françaises, ce sont les emplois des ouvriers français.

Enfin, c’est le troisième axe de ma visite, la Chine a toujours été pour la France un partenaire important. Mais le développement spectaculaire qu’elle a connu au cours des trente dernières années l’a fait accéder progressivement à de nouvelles responsabilités. Mes entretiens avec le Président de la République HU Jintao, avec le Premier ministre WEN Jiabao et avec le président de l’Assemblée nationale populaire m’ont permis d’aborder l’ensemble des grands défis auxquels la communauté internationale est confrontée, dans une atmosphère très constructive. Nous avons, bien entendu, longuement parlé de la crise économique mondiale, la Chine est un des moteurs essentiels de la reprise. Elle peut jouer un rôle très positif, un rôle central, un rôle dans le rééquilibrage de l’économie mondiale. La Chine nous a indiqué qu’elle souhaitait donner plus de place à la consommation intérieure dans son modèle de croissance.

J’ai naturellement exprimé au Premier ministre tout le soutien de la France dans cet objectif. De la même façon, dans le domaine commercial, nous sommes d’accord sur l’idée que nous devons nous efforcer d’améliorer l’équilibre de nos relations commerciales et développer les investissements dans les deux sens. Nous avons d’ailleurs identifié des domaines de partenariats nouveaux, l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, la santé ou d’une manière générale les services.

Avec le Premier ministre, nous avons bien sûr évoqué la question climatique après la Conférence de Copenhague. Nous sommes, nous, les Européens, nous, les Français, déçus que cette conférence n’ait pas permis d’atteindre tous les objectifs que nous nous étions fixés. Mais en même temps, nous sommes satisfaits qu’il y ait un accord. S’il n’y avait pas eu d’accord à Copenhague, cela signifiait que chacun reprenait sa liberté et qu’il n’y avait plus aucun objectif fixé, en particulier pour un grand pays comme la Chine ou comme l’Inde ou pour les Etats-Unis.

Désormais, l’ensemble des signataires du texte de la Conférence de Copenhague se sont engagés sur un objectif qui est un objectif de réduction à deux degrés de l’augmentation de la température moyenne d’ici 2050. Les pays se sont engagés à fournir, d’ici la fin de janvier 2010, concrètement les engagements qui sont les leurs pour arriver à cet objectif.

Nous nous sommes mis d’accord sur des financements très importants, notamment grâce à une vraie ouverture sur les financements innovants pour aider les pays les plus pauvres à accomplir les évolutions nécessaires pour aller dans le sens d’une économie décarbonée. La France continuera à se battre, en particulier pour obtenir la création d’une structure internationale pour piloter l’ensemble des actions en matière de lutte contre les changements climatiques. Copenhague a été une étape, nous ferons en sorte que cette étape soit suivie d’un dialogue fructueux, d’un dialogue constant, en particulier avec la Chine.

Enfin, lors de mon entretien avec le président HU, nous avons longuement échangé sur les questions de la gouvernance mondiale, sur la mise en œuvre des décisions du Sommet de Pittsburgh, avec déjà à l’esprit la future présidence française du G20 en 2011. J’ai indiqué au président HU Jintao que nous souhaitions, pendant cette présidence française du G20 en 2011, mettre sur la table la question des parités monétaires.

Nous avons également évoqué notre approche commune des différentes crises qui affectent la paix et la sécurité mondiale. Nous avons constaté une parfaite identité de vue sur (l’objectif) d’amener l’Iran à sortir de sa logique de menace et d’enfermement sur la question nucléaire, comme sur les moyens de ramener la paix, la sécurité et le développement en Afghanistan et d’assister le Pakistan dans sa lutte contre l’extrémisme et pour la stabilité. Enfin, au lendemain de l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, j’ai exposé à mes interlocuteurs chinois notre vision de la relation entre l’Union européenne et la Chine. L’Europe est plus forte, elle est plus efficace, elle est plus visible, elle est plus unie avec ce traité. Je pense que nous avons beaucoup à faire ensemble et la France, je l’ai indiqué à l’ensemble de mes interlocuteurs, est prête à continuer à jouer un rôle moteur pour renforcer la relation entre l’Union européenne et la Chine. Voilà, Mesdames et Messieurs, le bilan de cette visite de quarante-huit heures à Pékin. Je suis maintenant prêt à répondre à quelques-unes de vos questions, peut-être en commençant, si vous le voulez bien, par une question d’un journaliste chinois puisque nous sommes à Pékin.

Journaliste chinoise : Question non traduite

François FILLON

D’abord, sur la question des malentendus que vous évoquez, il y a eu un communiqué à la suite de la rencontre du Président SARKOZY et du Président HU Jintao qui a parfaitement résumé les choses. Notre position n’a pas changé depuis cette rencontre et, naturellement, je vous y renvoie. La position de la France est connue, nous ne sommes pas d’ailleurs naturellement d’accord avec tout, sur tous les sujets avec le gouvernement chinois. Simplement, nous respectons les positions qui sont celles du gouvernement chinois, nous demandons au gouvernement chinois de respecter les nôtres et nous allons de l’avant dans une coopération que nous voulons la plus efficace possible.

Parce que nous pensons que c’est à travers la coopération économique, c’est à travers la coopération culturelle que la Chine continuera d’évoluer, de s’ouvrir et de résoudre ses propres contradictions.

Alors, sur l’avion, la vie, c’est la compétition et nous ne redoutons pas la compétition. Nous pensons que nous faisons les meilleurs avions du monde et nous allons continuer à les améliorer. L’A380 est unique, l’A350 sera un avion exceptionnel par ses performances. Nous avons décidé, comme vous le savez, notamment à travers la politique d’investissement d’avenir que le président de la République a annoncée il y a quelques jours, d’engager le travail de recherche sur l’avion du futur et nous nous sommes fixés un objectif qui est deux fois moins de consommation et deux fois moins d’émission de gaz à effet de serre. Voilà, la réponse, elle est là, la réponse, c’est à nous d’être en permanence les meilleurs dans la compétition pour produire les meilleurs avions.

Naturellement, nous coopérerons avec l’industrie aéronautique chinoise dans une compétition qui est une compétition loyale.

Bruno PHILIP, Correspondant du MONDE à Pékin

Oui, bonjour, Monsieur le Premier ministre. Bruno PHILIP, correspondant du MONDE à Pékin. Il semble qu’il existe des différends assez profonds entre la Chine et la France à propos du réchauffement climatique. A la fin de Copenhague, le président SARKOZY a critiqué la Chine. Votre ministre de l’Ecologie, Chantal JOUANNO, a même regretté ce qu’elle appelle l’« attitude totalement fermée de la Chine » à ce propos. Est-ce que vos interlocuteurs, le président HU ou le Premier ministre WEN, ont réagi à ces commentaires ? Merci.

François FILLON

Non, nous avons évoqué cette question très franchement et très tranquillement. Avant la conférence de Copenhague, nous avions des positions que nous avons défendues. La Chine avait des positions qu’elle a défendues.

La conférence de Copenhague s’est achevée sur un accord qui a été signé par l’ensemble des pays qui y participaient. A quoi ça sert de revenir sur le passé ? Est-ce que cela fera avancer les choses ? Ce qui compte maintenant c’est de mettre en oeuvre cet accord. Que la France et la Chine ne soient pas exactement sur la même longueur d’onde quant aux objectifs de Copenhague, chacun le savait.

Nous avons trouvé un compromis, certains trouvent ce compromis insuffisant, l’essentiel c’est qu’il y ait un compromis, qu’il y ait un accord et que ce compromis soit mis en œuvre, et le plus important c’est qu’il soit mis en œuvre.

Par ailleurs, j’ai évoqué avec le Premier ministre la possibilité de mettre en œuvre des coopérations beaucoup plus étroites entre les laboratoires de recherche français, les entreprises françaises et les laboratoires de recherche et les entreprises chinoises pour développer des réponses technologiques au problème du réchauffement climatique. Nous avons qu’une grande partie de la réponse à ce défi est dans la capacité de nos chercheurs et de nos entreprises à mettre en œuvre des procédés qui permettront d’émettre beaucoup moins de gaz à effet de serre. Il y a un point sur lequel la Chine et la France partagent la même position, nous ne sommes pas favorables à la décroissance qui est défendue par certains. Parce que la décroissance est inacceptable pour les peuples et en particulier pour les peuples en développement, parce que la décroissance n’est pas une solution, parce que la décroissance est une utopie. Je pense que sur les bases de l’accord de Copenhague nous allons continuer nos efforts. Je vous ai dit tout à l’heure que pour nous la principale déception finalement c’est de ne pas avoir réussi à obtenir la mise en place d’une organisation internationale spécifiquement chargée des questions environnementales comme il en existe en matière de commerce international, c’est un point sur lequel nous allons poursuivre notre combat avec l’espoir d’aboutir. Enfin, j’ai évoqué la question du financement de l’aide aux pays les plus pauvres pour assurer leur reconversion énergétique, c’est très important que pour la première fois les Etats-Unis en particulier ait accepté le principe des financements innovants.

Qu’est-ce que c’est que les financements innovants ? C’est en réalité d’une façon ou d’une autre une taxe sur les mouvements financiers. Nous savons tous que les engagements qui sont pris par les Etats à la hauteur où ils ont été pris pour venir en aide aux pays les plus pauvres ne sont pas tenables sur les budgets des Etats. Et ça n’est pas le ministre Eric WOERTH, ce n’est pas lui qui dira le contraire. Il fallait donc, et c’était notre combat, que l’on accepte, que l’on fasse accepter à la communauté internationale et en particulier aux plus réticents le principe de ces financements innovants. C’est désormais accepté dans le principe, il reste naturellement encore un long chemin pour les mettre en œuvre mais je pense que chacun peut voir que l’on progresse et que Copenhague, malgré toutes ces insuffisances, est un accord qui est un accord plus satisfaisant que ne l’était le précédent. Monsieur ARZT (phon.) va poser sa question en français ou en chinois ?

Richard ARZT, Correspondant du parisien a pekin

(Il sourit). Bien sûr. L’histoire du XXe siècle en Chine a gardé le souvenir du président MAO qui régulièrement bouleversait le paysage politique et du Premier ministre ZHOU Enlai qui rétablissait de l’ordre et de l’équilibre. Premièrement, qu’est-ce que vous pensez de cette répartition des rôles dans un exécutif et puis deuxièmement est-ce qu’on peut faire un parallèle, c’est-à-dire que les faits et gestes en 2008, quelques faits et gestes en 2008 du Président SARKOZY ont provoqué une tempête franco-chinoise, puis vous nous dites que vous êtes là en tant que Premier ministre pour remettre sur les rails la relation ?

François FILLON

Vous auriez mieux fait de la poser en chinois, Monsieur ARZT, votre question ? (Rires dans la salle) Franchement, si je suis là c’est à la demande du Président SARKOZY et après la conversation qu’il a eue avec le président HU Jintao, parce que ce sont eux qui ont dissipé les malentendus. Et mon rôle avec les membres du gouvernement qui sont ici c’est de concrétiser de nouvelles étapes dans la coopération franco-chinoise et nous les avons concrétisées de façon, je pense, tout à fait concrète et même sur un certain nombre de sujets de façon spectaculaire, les industriels qui sont présents ici le diront. Je pense que les malentendus entre la France et la Chine ont été beaucoup exagérés.

En réalité, les positions de la France n’ont pas varié sur les questions qui ont fait l’objet de ces malentendus. Ce sont des positions qui sont partagées par l’ensemble des pays européens, il y a sans doute eu à un moment ou à un autre une mauvaise compréhension entre nous. Ces malentendus ont été dissipés, nous repartons de l’avant.

Quant à la répartition des rôles entre le président MAO et le Premier ministre ZHOU Enlai, je ne crois pas que l’on puisse, Monsieur ARZT, vous qui êtes un si grand connaisseur de la vie politique française, faire de parallèle avec nos institutions. En fait, vous êtes mieux inspiré quand vous m’indiquez, monsieur ARZT le meilleur restaurant à Paris pour manger des raviolis chinois. Et j’ai raconté cette histoire hier au Premier ministre, ce qui m’a valu, alors que ça n’était pas prévu lors du dîner officiel, de voir arriver des raviolis chinois grâce à monsieur ARZT.


Journaliste chinoise : Question non traduite

François FILLON

Je ne suis pas tout à fait sûr de comprendre ce que vous voulez dire. A Pittsburgh, nous avons pris des engagements sur la régulation du système financier international, engagements qui d’ailleurs restent à concrétiser pour une grande part. il s’agit de mettre en place des règles plus sévères concernant les produits financiers à risque. Il s’agit de renforcer la coordination entre les régulateurs.

Il s’agit de changer le mode de rémunération des opérateurs de marché et en même temps nous avons souhaité que le Fonds monétaire international soutienne fortement dans cette période de crise les pays les pays les plus vulnérables, les pays les pays les plus pauvres, pour éviter après le risque de faillite des établissements financiers qu’il y ait un risque de faillite des Etats. La France continue à soutenir cette politique, il est essentiel que jusqu’à la sortie de cette crise nous soyons tous très prudents dans les changements de nos politiques économiques et financières.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle en France nous poursuivons notre politique de relance en sifflet mais en nous adaptant à la réalité de la croissance et nous souhaitons que l’ensemble de nos grands partenaires fasse de même. C’est d’ailleurs un sujet sur lequel nous avons débattu avec le Premier ministre chinois, l’effort de relance de la Chine, et, ce que j’évoquais tout à l’heure, notre souci, notre souhait de voir la Chine continuer de soutenir la consommation intérieure étant un élément important de la sortie de cette crise.

Journaliste chinoise : Question non traduite

Bonjour.

François FILLON

Ecoutez, j’ai été d’abord très heureux de la rencontre de ce matin avec les étudiants de l’université de Behang. Je pense que la coopération qui s’est nouée entre l’Ecole centrale et l’université de Behang est exemplaire. Elle n’était pas facile à imaginer et à mettre en œuvre parce que le modèle français des grandes écoles est un modèle particulier, qui a été finalement assez peu exporté. Il fallait donc l’adapter au système universitaire chinois. Je crois que ça a été fait en respectant les caractéristiques des deux systèmes, c’est-à-dire en respectant au fond l’excellence du système universitaire chinois et de notre système de grandes écoles. J’ai trouvé que l’accueil des étudiants était chaleureux, j’ai trouvé que leurs questions étaient pertinentes et j’ai pris beaucoup de plaisir à ce débat et je souhaite d’ailleurs que nous multipliions les initiatives de ce genre.

Nous avons décidé hier la création d’un institut pour former des ingénieurs dans le domaine nucléaire à Canton avec plusieurs centres de recherche et plusieurs universités françaises. Nous avons pris l’engagement d’accueillir plus d’étudiants chinois, il y en a à peu près 20.000 aujourd’hui qui sont en cours de séjour en France, nous voulons accroître ces possibilités d’accueil.

Quant à la coopération commerciale entre la France et la Chine, elle doit se dérouler loyalement. Nous avons souvent évoqué cette question avec mes interlocuteurs. Il y a un petit soupçon de protectionnisme qui pèse parfois sur notre pays. J’ai indiqué à plusieurs reprises que c’était tout à fait faux, la France est le troisième pays destinataire des investissements étrangers dans le monde. Pour un pays protectionniste, c’est assez contradictoire.

La France est un pays qui est souvent bien moins fermé que d’autres pays européens qui ont des discours très vigoureux contre le protectionnisme mais qui ne sont pas si ouverts que cela. Simplement, en France, nous avons un souci constant qui est le respect de la propriété intellectuelle. C’est d’ailleurs la France qui a inventé la propriété intellectuelle et nous nous battons pour la faire respecter et c’est parfois un sujet encore de débat avec les autorités chinoises. Voilà, petite une dernière question d’un journaliste français sinon je vais me faire accuser de ne pas leur donner la parole, ce qui…

Benjamin SPORTOUCH, Journaliste de l’AFP

Benjamin SPORTOUCH, de AFP. Vous avez dit ce matin que la France avait une parole libre, est-ce que vous l’avez utilisée aujourd’hui pour défendre le cas de ce dissident dont le procès commence demain. Certains de ses soutiens ont visiblement été intimidés ou ont fait l’objet d’intimidations pour ne pas exprimer leur soutien ? Et est-ce que plus globalement vous avez parlé des droits de l’homme, de ce sujet qui a souvent gâché les relations entre la France et la Chine ?

François FILLON

Je pense que le gouvernement chinois n’a pas besoin de ma visite pour connaître la position de la France sur les droits de l’homme. Cette position est d’ailleurs très régulièrement exprimée en notre nom par l’Union eur

opéenne. Et c’est l’ensemble des gouvernements de l’Union européenne qui contribuent à son élaboration. C’est d’ailleurs dans ce cadre que la présidence de l’union européenne en notre nom a exprimé la semaine dernière sa préoccupation concernant la situation de monsieur LIU Xiaobo. Il a appelé à sa libération, nous sommes naturellement solidaires de la position européenne. Je veux dire sur ce sujet qu’il ne faut pas négliger les progrès qui ont été réalisés depuis des années en Chine grâce notamment à la politique de développement économique qui a été conduite.

Nous accompagnons cette politique, nous l’accompagnons par le dialogue, nous l’accompagnons par la coopération, nous l’accompagnons par une coopération pour le renforcement de l’Etat de droit et dans le cadre de la réforme du système judiciaire nous participons largement à la formation d’avocats, à la formation de magistrats, c’est un engagement de la France, je pense que tout cela est beaucoup plus utile que des déclarations sans lendemain. La Chine est un immense pays qui ne se réformera que par lui-même. J’ai eu l’occasion de le dire ce matin, c’est folie de penser que c’est de l’extérieur que viendront les éléments de changement dans le fonctionnement de la société chinoise. Ces changements viendront de l’intérieur et notre rôle à nous c’est de tout faire pour ouvrir la société chinoise, pour l’accompagner dans son effort de modernisation et de développement. Je pense que c’est l’honneur de la France de le faire et nous continuerons comme nous le faisons d’ailleurs j’ai envie de dire depuis l’ouverture des relations diplomatiques entre la France et la Chine il y a 45 ans.

Merci beaucoup Mesdames et Messieurs.

-

 

Allocution du Premier Ministre, François FILLON, au Forum France-Chine - Partenariats d’entreprises

Pékin – Lundi 21 décembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Madame le Ministre,

Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Présidents, mes chers amis

 

La France et la Chine sont face à des défis considérables, qui sont les défis du 21e siècle, et ont dans ces conditions toutes les raisons d’associer leurs forces, leur imagination, leurs savoir-faire, leurs efforts. Nous souhaitons, la Chine et la France, que naisse un nouvel ordre international, multipolaire, plus harmonieux. Nous souhaitons que les avantages du marché et les nécessités de la régulation puissent s’équilibrer. Nous avons l’habitude de travailler ensemble dans les secteurs stratégiques ; nos savoir-faire et nos marchés sont complémentaires. Et je tenais à être parmi vous aujourd’hui, parce que ce sont nos partenariats économiques qui font, en grande partie, la force des relations entre la France et la Chine.

 

Ces partenariats, nous les développons avec les accords et les contrats qui seront signés tout à l’heure, à l’issue de mon entretien avec le Premier ministre. Certaines coopérations déjà anciennes prennent ainsi une nouvelle dimension. Je veux d’abord citer le domaine de l’énergie nucléaire civile : dans ce domaine, notre alliance remonte au début des années 80, avec la réalisation de la centrale de DAYA BAY. Nous sommes à présent en train de définir les cadres et les structures de notre coopération pour les 30 années qui viennent.

 

Je pense aussi à notre coopération aéronautique : elle a commencé il y a plus de 20 ans, avec les débuts d’AIRBUS en Chine. Désormais, la chaîne d’assemblage de l’AIRBUS A320 à Tianjin est en place, depuis l’été dernier. L’industrie chinoise est associée au développement du programme AIRBUS A350, et l’industrie française va contribuer grandement au programme chinois d’avion C919. Et nous réalisons conjointement, ensemble, un nouveau type d’hélicoptère civil : l’EC175, qu’on appelle le Z-15 en Chine, et qui vient d’effectuer ses premiers vols.

 

D’autres partenariats doivent aujourd’hui se multiplier, dans tous les secteurs de l’innovation. Le programme de recherche et de développement de la Chine est sans équivalent parmi les pays émergents. Cette participation accrue à la compétition technologique, nous devons la considérer comme une chance, dès lors qu’elle se fait dans le respect des droits de propriété intellectuelle, et dans un esprit ouvert au partenariat avec des sociétés et des institutions étrangères.

 

La France est déjà, avec l’Allemagne, le pays européen qui mène les partenariats technologiques les plus aboutis avec la Chine. Plus d’une vingtaine d’entreprises françaises ont déjà installé des laboratoires de recherche en Chine. Et de leur côté, les entreprises chinoises commencent à faire de même en France ; HUAWEI, par exemple, a décidé d’ouvrir un centre de recherche en région parisienne. Je veux dire à tous les responsables d’entreprises chinois qui sont présents ici que les investissements chinois en France sont les bienvenus ; et je veux leur dire notamment qu’avec le dispositif fiscal que nous avons mis en place, avec le président de la République, depuis deux ans, et en particulier avec le « Crédit impôt recherche », nous avons le dispositif de soutien et d’incitation à l’innovation et à la recherche le plus avantageux de tous les pays européens.

 

Notre partenariat pour l’innovation a des bases solides, mais nous voulons aujourd'hui lui faire franchir une nouvelle étape. Nous voulons en particulier le hisser à la hauteur des talents scientifiques de nos deux pays. C’est en effet par l’innovation, par la recherche scientifique, que nous allons pouvoir répondre aux grands défis contemporains.

 

 

 

Alors que la conférence de Copenhague vient de s’achever, j’ai évidemment d’abord à l’esprit les enjeux du développement durable. Bien sûr, la France, comme l’Union européenne, aurait souhaité que l’accord de Copenhague aille plus loin. Mais il y a un accord. Et il y a un accord qui engage l’ensemble des signataires, qui vont devoir, dans les prochains mois, préciser de façon transparente les mesures qu’ils ont décidé de prendre pour respecter cet accord. Par ailleurs, cet accord prévoit des avancées très importantes, et pour la première fois, en faveur des pays en développement, et en particulier en faveur des pays les plus pauvres. Copenhague a donc été une étape essentielle, sur laquelle il nous faut désormais bâtir, avec des rendez-vous importants prévus dans les mois qui viennent. J’en discuterai tout à l’heure avec le Premier ministre Wen JIABAO.

 

Je souhaite, en tout état de cause, que nos investissements communs pour une économie décarbonée puissent se renforcer. Dans bien des domaines, nous avons déjà les moyens d’agir ensemble : je pense aux transports, à l’énergie, aux investissements industriels, à l’aménagement urbain, et à l’agriculture. La France est prête à y contribuer de façon très concrète, en finançant des études d’ingénierie, en lançant de nouveaux programmes de formation, en mobilisant l’Agence Française de Développement, en encourageant les partenariats que nos entreprises spécialisées dans les technologies du développement durable pourront nouer avec des entreprises chinoises.

 

Enfin, c’est aussi face à la crise économique que nous avons tout à gagner au renforcement des relations franco-chinoises. Le retour à la croissance repose en effet, pour une très grande partie, sur notre capacité commune à relancer la demande intérieure et la consommation. Le développement d’une économie de services est aujourd’hui, je le sais, une préoccupation majeure pour le gouvernement chinois ; eh bien, dans ce secteur, je veux vous dire que nos partenariats peuvent être absolument décisifs. Il faudra bien sûr, pour que nous réussissions, que le mouvement d’ouverture des marchés de services en Chine se poursuive. Pour les entreprises, les opportunités de coopération peuvent être extrêmement nombreuses, et pour les populations, les bénéfices seront considérables. Dans le domaine de la santé, dans celui de la formation, des services à la personne, du tourisme et des loisirs, de la communication, des transports, nous sommes prêts à faire partager à la Chine l’expérience qui est la nôtre.

 

Cette volonté de rapprochement est partagée par nos gouvernements et par nos entreprises. J’en veux pour preuve les programmes d’action lancés par UBIFRANCE, avec les Chambres de commerce françaises, et en partenariat avec le ministère chinois du Commerce. En témoigne la visite en France, le mois dernier, d’une très importante mission chinoise de coopération économique et d’investissements, conduite par le ministre du Commerce, M. CHEN DEMING, qui nous fait également l’honneur d’être parmi nous aujourd’hui, et que je veux remercier, tout comme le vice-président de la NDRC, M. ZHANG XIAOQIANG.

 

En témoigne, enfin, ce Forum auquel nous participons ce matin. Je veux remercier de tout cœur les nombreux chefs d’entreprises chinois qui nous ont rejoints. Je veux rendre hommage aussi aux entrepreneurs français installés en Chine, et à ceux qui m’accompagnent au cours de cette visite. Les enjeux que j’ai évoqués, vous les mesurez chaque jour dans votre activité : ce sont vos initiatives et ce sont vos énergies qui permettront à nos deux pays d’agir ensemble pour l’innovation, pour l’environnement, pour la reprise économique. Vive la Chine ! Vive la France ! Et vive l’amitié franco-chinoise !

 

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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André Guidi 06/01/2010 16:51


M. le Premier Ministre,

votre voyage en Chine continentale a coïncidé avec le sommet de Copenhague et je crois que le pays de Confucius est un partenaire fiable pour développer une énergie écologigue, fiable et avec un
risque zéro. Le retraitement du combustible doit être au coeur de la recherche du CEA avant que l'énergie nucléaire par fusion annonce une nouvelle ère dans une vingtaine d'années.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre de la France, l'assurance de mon profond respect et de ma grande admiration.

André Guidi


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