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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 16:21

Déclaration de François Fillon à l'occasion du séminaire gouvernementale sur l'identité nationale à Matignon le lundi 8 février 2010.


François Fillon répond aux questions de la presse

 

Mesdames et messieurs,

 

Après quatre mois de débat consacré à l’identité de la France, ce séminaire gouvernemental a été l’occasion de faire le point sur l’ensemble des messages adressé par nos concitoyens sur ce sujet essentiel et trop longtemps esquivé.

 

Il a aussi été l’occasion de définir des premières pistes d’action gouvernementales.

Je dis les premières, parce que la question de l’identité nationale a vocation à être débattue dans la durée, de façon naturelle, de façon sereine et non partisane, car rien n’est pire que le silence, rien n’est plus délétère que les non dits et les anathèmes qui ont toujours fait le jeu des extrémistes.

 

La Nation, c’est l’affaire de la République et c’est l’affaire des citoyens qui ont le devoir de s’interroger sur la meilleure façon d’aimer et de servir notre pays. Et cela, non pas de façon occasionnelle mais de façon constante.

 

Voilà pourquoi, ce séminaire ne constitue qu’une étape sur le chemin qui doit nous conduire à renforcer notre pacte national. C’est un processus de réflexion et d’action que nous enclenchons et qui va se prolonger dans le temps.

 

Le Président de la République s’exprimera en avril sur ce thème de l’identité nationale.

Le sens de la Nation fut au cœur de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, et il ne fut jamais assimilé à un nationalisme étroit mais à un patriotisme ouvert destiné à nous rassembler et à nous projeter vers l’avenir.

 

C’est pourquoi, hier comme aujourd’hui, nous assumons le choix de débattre avec les Français, et cela sans tabou, de notre Nation, de notre histoire, de nos valeurs communes, et cela tout au long du quinquennat.

 

De ce débat animé avec courage et générosité par Eric Besson, je retire trois convictions.

La première, c’est qu’il existe au sein de notre peuple une profonde demande d’unité nationale, et même de fierté nationale.

 

Le débat sur l’identité nationale a rencontré un succès populaire qui dépasse les prévisions initiales. 340 réunions locales ont été organisées en trois mois. Quant au site Internet, il a reçu plus de 750.000 visites et plus de 58.000 contributions.

 

Cette large participation constitue un signe qui devrait alerter tous ceux qui ont contesté le principe de ce débat, quant ils n’ont pas contesté l’idée même que la France puisse avoir une identité.

 

A l’évidence, notre pays a des choses à dire sur la France et sur lui-même. Il ne peut pas se résoudre à l’individualisme, au communautarisme, à la désacralisation de son destin collectif.

 

Je l’avais dit lors de mon discours au colloque organisé par Eric Besson, parmi les éléments qui fondent notre fierté d’être français il y a la langue française, dont le rayonnement hors de nos frontières nous relie à la communauté francophone. Il y a aussi cette culture française qui est notre meilleur ambassadeur à l’étranger et qui est aussi, par sa qualité et sa diversité, l’expression de notre diversité.

 

La seconde conviction, c’est que cette demande de France exprime à la fois une angoisse face à ce qui est parfois vécu comme une perte de repères, mais aussi une espérance pour bâtir l’avenir de façon collective.

 

A cet égard, le débat voulu par le Président de la République s’avère non seulement légitime par ce qu’il révèle, mais également nécessaire et actuel par ce qu’il exprime.

 

Chacun, avec ses mots, sa sensibilité, son parcours a exprimé le souhait de mieux vivre ensemble autour d’une vision partagée de notre nation.

Tous ont dit leur amour de la France, leurs déceptions parfois; tous ont souhaité une France à la hauteur de ses promesses et de ses valeurs.

 

Les témoignages souvent émouvants se sont accompagnés de propositions qui révèlent les attentes de nos concitoyens comme celles des étrangers installés sur notre territoire.

Ces propositions convergent dans la même direction: celle d’un plus grand sens à donner à l’identité et à la nation françaises dans le monde globalisé du XXIe siècle.

 

La troisième conviction, c’est que notre identité est intimement liée à notre République.

Dans les débats, la question de la citoyenneté s’est imposée sur celle de l’individualité.

Pour raffermir nos valeurs civiques et morales, je vois dans l’expression de nos concitoyens un appel à République, avec ses droits mais aussi avec ses devoirs !

 

Au regard des milliers d’interventions et de témoignages suscités par ces quatre mois de débat, qui peut légitimement regretter d’avoir donné la parole aux citoyens ?

Je ne puis concevoir que dans notre société on puisse débattre de tous les sujets, sauf de celui qui nous concerne tous de façon vitale.

 

Ecouter ce que le peuple a à dire et en tirer des conséquences en termes d’action publique: c’est ce que nous avons fait en réunissant ce séminaire qui a ouvert une première série de chantiers.

Notre réflexion et notre action vont se prolonger.

Un séminaire gouvernemental sera à nouveau consacré à la question afin d’évaluer les premières mesures engagées et en impulser d’autres.

 

Parce que la question de l’identité de la France réclame une analyse de fond, une commission de personnalités comprenant des élus de la majorité et de l’opposition, des intellectuels et notamment des historiens, sera placée auprès du ministre chargé de l’identité nationale afin d’approfondir le débat.

 

Cette commission sera chargée de suivre la mise en œuvre des mesures décidées aujourd’hui et d’en proposer de nouvelles.

 

Lors de ce séminaire, nous avons débattu des grandes orientations autours desquelles devrait se concentrer notre action et notre réflexion durant les prochains mois. Les premières mesures retenues s’inspirent largement des propositions qui se sont dégagées lors des débats.

Un document vous sera remis.

 

Notre premier objectif est de faire mieux connaître les valeurs de la République.

Dans cet esprit un carnet du jeune citoyen va être mis en place afin d’accompagner, du primaire au lycée, la formation civique des jeunes générations et mieux les préparer à l’exercice futur de leurs responsabilités.

 

J’ai chargé le ministre de l’Education Nationale d’engager une concertation avec les instances compétentes, afin d’aboutir à une mise en œuvre de ce carnet à la rentrée 2010.

Il a été décidé, par ailleurs, de renforcer le programme d’ensemble de l’éducation civique dans les collèges et les lycées.

La commission placée auprès du Ministre de l’identité nationale pourra être consultée pour avis.

 

Il s’agit notamment de mettre en exergue les références partagées de notre histoire nationale.

Il devra être prêt pour la rentrée 2011-2012.

L’organisation de la journée d’appel et de préparation à la défense va être modifiée pour la transformer en un véritable rendez-vous citoyen.

 

Il s’agit de rappeler aux jeunes Français, l’importance qui s’attache aux droits et devoirs qui les lient aux autres membres de la communauté nationale.

 

Quant au nouveau service civique, en cours de discussion au Parlement, il permettra à des jeunes majeurs de s’investir sur une base volontaire dans des actions d’intérêt général et de bénéficier d’une formation civique complémentaire.

 

Notre second objectif est de cultiver la fierté d’être Français.

Cette fierté doit se nourrir d’une meilleure connaissance de ce qui nous unit et du respect des symboles de la République.

 

Il a été décidé d’associer plus largement, à l’occasion de la fête nationale, les forces civiles qui œuvrent au service de nos concitoyens.

Le drapeau tricolore sera apposé sur chaque école et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui constitue notre référence républicaine, sera présente dans chaque classe.

 

Notre troisième objectif est de renforcer l’intégration des étrangers dans la communauté nationale.

 

Dans cet esprit, les formations proposées dans le contrat d’accueil et d’intégration (CAI) seront renforcées; l’accent sera mis sur le respect des valeurs de la République, en particulier le principe d’égalité entre les hommes et les femmes et le niveau de connaissance de la langue française sera amélioré par des sessions de formation complémentaires si nécessaire.

Pour prolonger sur le territoire national les dispositifs destinés à faciliter l’intégration des ressortissants étrangers, l’opération « l’école ouverte aux parents d’enfants étrangers», expérimentée avec succès dans 12 départements, va être généralisée.

 

Enfin, l’accès à la nationalité française par naturalisation ou par acquisition sera rendu plus solennel par la pratique systématique des cérémonies d’accueil. Une charte des droits et devoirs sera signée à cette occasion devant une autorité publique.

 

Voilà, mesdames et messieurs, quelques unes des premières mesures qui ont été débattues et retenues au cours de ce séminaire.

 

Dans les mois qui viennent, d’autres mesures seront proposées.

 

Au-delà des joutes partisanes et des critiques injustifiées qui ont parfois accompagné notre démarche, la question de l’identité de la France n’est désormais plus taboue. C’est une question républicaine et démocratique qui doit être débattue et analysée avec responsabilité et sérénité.

 

Je souhaite, avec le Président de la République, que cet élan intellectuel et politique se poursuive et contribue à rassembler les Français.

 

 


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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

soumagnac 23/08/2010 17:26



Monsieur le 1er Ministre


Comme beaucoup de français je reçois en permanence chaque jour des diaporamas concernant les exactions commises et surtout les menaces proférees contre la France , les repésentants de l'ordre et
même tous les Français en général . Il n'est pas possible que vous restiez indiferent à ce problème puisque vous êtes au fait de l'actualité .Commemt se fait-il que cette question ne trouve aucun
écho ferme et déterminé si ce n'est des "on sera de la plus grande sévérité !" ( sans suite d'ailleurs ) J'aimerais être rassurée sur la France et son devenir .Pourquoi oculter cette sape
sous-jacente qui fait frémir d'horreur .j'espère , Monsieur le Ministre ne pas rester sans réponse car je suis le porte parole dela plupart des "bons " Français qui s'interrogent sur l'avenir
merci de votre compréhension


F.S


 



Marianne 04/03/2010 20:36


bon discours... mais avouez que nous avons raté une belle occasion de renforcer l'identité nationale française !  
A quoi aura servi tous ces débats et ces mesurettes énoncées plus haut puisque non coercitives ? Il restera malheureusement  toute cette polémique fermentée par ceux qui veulent
transformer notre société en communautés +/- sectaires et finalement se fichent bien du devenir de notre identité.
On ne nait pas français, on le devient si on a la chance d'avoir des parents qui savent ce que signifie d'être français, puis une école qui forme et éduque les esprits pour renforcer cette
identité pour mieux s'ouvrir au monde et s'y intégrer fier des valeurs, de notre histoire et de notre confiance en notre pays !


Pénin-rémy 13/02/2010 10:54


Une horreur qui a et symbolise la Liberté... sans parler des millions de Français sont morts pour ce symbole et cette Liberté...

Votre bétise est une insulte à la mémoire de ceux qui ont combattu pour que... vous puissiez justement vous exprimer librement.

La question sur ces mesures reste simple: du concret ! et non des mesures qui resteront dans les tiroirs ou qui se transformeront en paperasse administrative...

Renforcer l'education civique ? Chiche ! Elle est réduite à 1/2 heure au collège et Lycée, soit en théorie 15 heures dans l'année ! mais en réalité nous sommes obligé d'en faire moins (je suis professeur d'Histoire-géo et
education civique) parceque nous faisons aussi des interventions décidées plus haut comme: tabgisme, sécurité routière, "dangers" de l'internet etc etc etc

L'éducation civique pourtant passionnante car travaillée à partit de cas concrets actuels et/ou d'articles de presse (liberté dans l'Hadopi en 4e, identité en 6e, Démocratie à tous les niveaux et
ses fomes -partis politiques association etc- est réduite en réalité à 8-10heures sur l'année donc presque rien...

Remarque il n'y a que 1h15 d'Histoire par an aussi...

AUX ACTES !


Ariane Cometto 12/02/2010 18:52


Cher M. le Ministre, je pourrai être la petite voix Française, celle qui fulmine quand elle aperçoit des bastillons de Belphégor, voilées et autres enrubannées profiter de tous les avantages de la
République et qui ne font aucun effort, linguistique, vestimentaire ou éducatif, pour s'intégrer dans notre pays où nos aïeules se sont battues pour acquérir une reconnaissance en tant que
femmes... Ces personnes venues d'autres contrées bafouent ces libertés et ces devoirs durement acquis...Si elles ne peuvent s'adapter à nos codes, elles ne devraient pas non plus profiter des
avantages... Une immigration choisie est PRIMORDIALE! Le peuple Français a faim et froid... L'état pourrait être plus protectionniste vis à vis des personnes qui suivent les règles de vie française
(emploi et  bénéfices sociaux)... Dans les faits, plus vous avez d'enfants, plus vous avez davantages, même si vous êtes bigames et faites des enfants comme de l'élevage...Sans être éduqués
puisque 70 % des délinquants sont d'origine immigrés (fait facilement vérifiable). La France multiraciale, oui, la France poubelle, non.

Bien cordialement,
   


Benoit 12/02/2010 16:32


Bonjour!
Je suis en désaccord avec le commentaire ci-dessus. Au contraire, je trouve normal que les enfants aprennent la Marseillaise à l'école. Certes, il est vrai que les paroles sont guerrières, mais il
faut les remettre dans leur contexte.
En revanche, je me demande si le débat sur l'identité nationale n'est pas une fausse bonne idée, qui risque de faire le jeu de l'extrême droite.
Merci d'avance de me publier et de me répondre éventuellement par mail!


Carolie Morard 10/02/2010 15:38



Ce débat et les mesures résultantes sont sans nul doute l’initiative  la plus
généreuse  et l a plus ambitieuse pour faire passer dans les faits ce lien consubstantiel entre nation et identité.
Il y a trop bien longtemps que le discours politique s’affranchissait de la question essentielle  de la responsabilité et de l’obligation
civique. Or si dans ce domaine, la politique se place toujours sur le champ de la revendication et jamais sur celui de la décision, sommes-nous toujours républicains ?


La société ne peut produire des ennemis de la République si ses représentants font preuve de responsabilité et que ses
enfants sont éduqués dans la connaissance de ses symboles et le respect de ses valeurs.
La France, berceau de l’humanisme, n’a jamais cessé d’être ouverte aux influences étrangères, et a longtemps su intégrer les migrants de tout pays. Leurs enfants se sont mélangés et épanouis et
au sein de l’école, à la paroisse, à la caserne. Aujourd’hui le service militaire n’existe plus, la religion a muté et l’école ne joue plus son rôle républicain. 
Pour que le creuset républicain empêche certains jeunes Français issus de l’immigration de siffler la Marseillaise et de renier le drapeau tricolore, il fallait remettre de l’indispensable, du
désirable et du participable dans la République. C’est quand elle n’est plus une communauté d’images, de volontés, de droits et de devoirs que les communautarismes remontent à la surface et
s’affirment.


Le nécessaire retour aux fondamentaux en période de doute et de déliquescence idéologique a du sens, le patriotisme et la
fierté nationale sont des valeurs d’avenir car elles permettent de s’identifier et de construire. L’influence et la pertinence des contributions citoyennes déposées à ce jour  sont la preuve irréfutable de la justesse de ce débat et de l’élan populaire éveillé.
C'est pourquoi le débat sur l’identité nationale ne doit pas se brader ou se brocarder mais se démocratiser et se perpétuer, sous la conduite courageuse et scrupuleuse de Monsieur Eric
Besson.



SF 09/02/2010 20:29



Bonsoir, espérant vivement être publiée, je souhaite vous faire part de mon indignation quant au fait de faire apprendre et chanter la marseillaise aux enfants. Hymne sanglant alors que l'on
parle partout de paix... Monsieur Fillon, je ne suis plus fière d'être Française lorsque je voit comment nous sommes gouvernés... Armez vous donc de gens " d'en bas" ils ont aussi des bonnes
idées pour redresser la France, mais ce sera avec quelques sacrifices de la part du gouvernement... Mais pour en revenir à la marseillaise, je m'engage personnellement à retirer mes enfant de
toute scolarité si on les oblige à chanter cette horreur.



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