Ce site n'est plus à jour

Découvrez Fillon2017.fr
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:29

François Fillon s'exprime à l'occasion de la visite du premier ministre Libanais à Paris le 21 janvier 2010.


conférence de presse conjointe de François Fillon et de Saad Hariri à Matignon le 21 janvier 2010.

 

Je voudrais vous dire combien je suis heureux d'accueillir aujourd'hui à Paris le Président du Conseil des ministres du Liban, monsieur Saad HARIRI. Je veux lui souhaiter chaleureusement la bienvenue, ainsi qu'à toute la délégation qui l'accompagne. Saad HARIRI a souhaité réserver à la France sa première visite officielle en dehors du Moyen-Orient. Il vient à l'instant de me confesser que l'accord que nous avons signé était le premier qu'il avait l'occasion de signer de sa main depuis sa nomination à la tête du Gouvernement du Liban.

 

J'y vois le symbole des liens politiques, des liens historiques, des liens humains, des liens culturels qui lient la France et le Liban. Au cours de l'entretien que nous avons eu ce matin, nous avons évoqué beaucoup de sujets, mais j'ai surtout souhaité témoigner au Premier ministre et aux ministres qui l'accompagnent, et à travers eux à tous les Libanais, le plein soutien de la France au nouveau Gouvernement du Liban. Les liens entre nos deux pays sont anciens ; ils ne se sont jamais démentis, ils ne faibliront pas, et Saad HARIRI peut compter sur l'appui de la France pour mener à bien les chantiers internes de réforme et pour soutenir, comme par le passé, la stabilité, l'unité, la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance du Liban.

 

L'appui de la France s'illustre d'abord par le renforcement des relations bilatérales entre nos deux pays. Nos coopérations sont nombreuses et vous venez de le constater en assistant à la signature de six accords, en terme de sécurité intérieure, d'entraide judiciaire pénale, de formation des cadres, d'affaires sociales ou de recherche. La France est devenue ces derniers mois le premier fournisseur du Liban. Nous souhaitons que les relations entre les entreprises françaises et libanaises se développent encore davantage, et que le Liban puisse compter sur l'expertise française pour tous ses grands projets en matière d'infrastructures. J'ai pu également confirmer à Saad HARIRI notre engagement financier au côté du Liban dans le cadre des décisions prises en 2007 lors de la Conférence des donateurs.

 

Nous avons également abordé les questions régionales et politiques. Comme vous le savez, depuis le 1er janvier, le Liban est devenu membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour deux ans. Participer aux travaux du Conseil alors que celui-ci a pour responsabilité première la sauvegarde de la paix et la sécurité sur la scène internationale, sera pour le Liban, comme pour tous les membres du Conseil, une grande responsabilité. Et nous avons évoqué, avec le Premier ministre du Liban, notre souhait de coopérer étroitement.

 

Le Liban aura aussi à poursuivre, sur son territoire, l'application des résolutions des Nations Unies, et notamment la résolution 1701, qui a été adoptée en 2006 pour mettre un terme au conflit avec Israël. Nous restons attachés à la mise en œuvre, dans tous ses volets, et par toutes les parties concernées, en Israël comme au Liban, de cette résolution qui reste une référence incontournable.

 

La Forces des Nations Unies déployées au sud du Liban et au sein de laquelle 1.400 soldats français sont déployés, est un facteur essentiel de stabilisation. Dans ce cadre, la coopération avec l'armée libanaise au Sud Liban est essentielle.

 

J'ai redit également au Président du Conseil notre soutien au tribunal spécial pour le Liban, qui doit continuer d'œuvrer en toute indépendance à la lutte pour la justice et contre l'impunité.

 

Enfin, concernant la situation régionale, nos échanges ont également porté sur le processus de paix. Vous savez combien il est important, aux yeux de la France comme de ses partenaires européens et américains, que celui-ci soit relancé. Nous espérons que le Liban pourra y contribuer, le moment venu.

 

Nous avons également évoqué la question des relations du Liban avec son environnement régional, et en particulier avec la Syrie. J'ai dit au Président du Conseil, que la normalisation des relations entre les deux pays est une chance pour la région et pour le Liban. Cette normalisation doit permettre en particulier aux deux pays de progresser sur plusieurs dossiers importants, comme ceux des frontières, de leur sécurité, le dossier des disparus libanais, sur une base d'égalité et dans le respect mutuel. J'ai d'ailleurs indiqué dans cet esprit que je me rendrai en Syrie dans le courant du mois de février.

 

Au total, la visite du Premier ministre libanais se fait alors que le Liban entre dans une nouvelle période de stabilité et de prospérité. Et j'espère que cette visite sera suivie de beaucoup d'autres, à tous les niveaux et dans les deux sens. Et je veux redire à Saad HARIRI combien je garde un souvenir extrêmement fort de mes trois visites au Liban en tant que Premier ministre, et notamment de l'accueil extrêmement chaleureux qu'il m'a réservé, que m'ont réservé les autorités libanaises, mais que j'ai ressenti aussi auprès du peuple libanais.

 

 

 

Journaliste : Quel est le message que veut adresser la France aujourd'hui au Liban sur les plans politique et économique ?


François FILLON : Le message politique que la France veut envoyer au Liban, il est éternel. Pour nous, le Liban est un pays libre, un pays indépendant, un pays qui doit être respecté par tous ses voisins et un pays qui a droit à vivre dans la paix et qui doit pouvoir construire une prospérité qui, au Liban, ne demande qu'à se développer. Pour cela, nous nous sommes battus. La France s'est engagée sous l'autorité du Président de la République, avec Bernard KOUCHNER, pour faire en sorte d'abord que les institutions libanaises soient respectées et que le gouvernement libanais puisse fonctionner. Il y a d'abord eu les débats autour de l'élection du Président SLEIMANE, puis les élections législatives, la mise en œuvre du gouvernement. La France, à chaque instant, a été aux côtés du Liban pour défendre son indépendance et sa liberté. Et c'est d'ailleurs dans cet esprit que la France a entrepris un dialogue avec la Syrie, qui a été à l'initiative du Président Sarkozy, qui avait fait l'objet, à l'époque, de beaucoup de critiques et dont on voit aujourd'hui qu'il a été fructueux, puisque ce dialogue qui s'est noué à permis à la Syrie de jouer un rôle dans la région, qui est un rôle que vous-même, tout à l'heure, vous avez souligné comme étant constructif. Et l'établissement de relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban constitue un évènement considérable dont nous nous réjouissons d'avoir pu le soutenir et le seconder. Et puis, parce que l'amitié de la France ne se limite pas à des déclarations et au souhait de la paix et de la prospérité dans la région, nous avons discuté ensemble d'accords concrets de coopération dans des domaines extrêmement divers. Le domaine de l'énergie et de l'environnement, et Jean-Louis BORLOO aura l'occasion de mener à bien plusieurs projets très importants pour la modernisation du Liban. Le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche, celui de la coopération en matière de sécurité. Le Président HARIRI a dit à l'instant qu'il souhaitait que la France s'engage fortement dans la modernisation de l'armée libanaise, nous avons eu aujourd'hui des discussions précises pour que cette modernisation s'engage et que la France puisse y participer. Voila le message de la France, il est simple : nous, nous aimons le Liban mais au-delà de notre affection, et au-delà de nos relations historiques, nous pensons surtout que le Liban est un pays qui a un rôle absolument clef à jouer pour le développement de la région, pour sa prospérité, pour l'établissement de la paix. Pour ça, il faut naturellement que la voix du Liban puisse se faire entendre librement, et que le Liban puisse continuer son œuvre de reconstruction et de développement. Et la France sera à ses cotés tout au long de ce travail.

 

Journaliste (correspondant du quotidien libanais Al-Akhbar) : Monsieur le Premier ministre, les aides au Liban ont été liées (…) à des conditions de privatisation et des accords étaient sujets à la privatisation, pour aller droit au sujet. Est-ce que ces conditions sont toujours sur la table, avant que la France libère les derniers 100 millions, et est-ce qu'il y a d'autres aides qui sont sur le plan d'offrir au Liban (sic) ? Merci.


François FILLON : Il y a eu très récemment un avenant à cet accord qui a été signé par madame LAGARDE, je crois en décembre dernier – donc c'est extrêmement récent – et qui permet de modifier un certain nombre de conditions (du calendrier-ndlr) du versement de ces aides. J'ai indiqué au président HARIRI que s'il y avait encore des discussions dans le rythme des réformes quant à leur contenu, on pouvait envoyer dans les prochains jours une mission d'experts, que madame LAGARDE diligentera, pour régler ces sujets. L'important c'est que cette aide soit mise en œuvre. Naturellement, c'est que les réformes sur lesquelles le gouvernement libanais s'est engagé se réalisent. Mais il y a des discussions tout à fait possibles, sur le rythme, sur le contenu exact de ces réformes. Je suis sûr d'ailleurs qu'entre les ministres de l'Economie du Liban et de la République française, les relations ne pourront qu'être bonnes, puisque à l'instant, monsieur HARIRI me disait être très fier, c'est la première fois qu'une femme dirige l'économie libanaise. Il se trouve qu'en France aussi : c'est la première fois qu'une femme dirige l'économie française !

 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
commenter cet article

commentaires

André Guidi 25/01/2010 15:49


Monsieur le Premier Ministre de la France,

qu'enfin le Liban puisse vivre à l'abri de ses frontières et se développe économiquement et politiquement et ce notamment grâce à la France (les 1400 soldats français de la FNU, nos entreprises
exportatrices ), qu'enfin le dialogue avec la Syrie soit établi, contribuent à établir l'espoir d'une paix durable au Moyen-Orient sans laquelle il n'est pas d'harmonie véritable au coeur de chaque
homme qui aspire à l'entente et à l'harmonie entre les peuples et les nations.

Merci, Monsieur Hariri.

Merci, Monsieur Fillon.

Salutations respectueuses et reconnaissantes.

André Guidi 


Mes vidéos

Fil Twitter

Recherche