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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 14:04

Discours prononcé ce matin lors de la session d'ouverture du 13e Forum de Doha sur le thème : "Perspectives on Regional Peace, Stability and Development".

 

 


doha_forum18b.jpg    

Majesté,


Monsieur le Premier ministre,

 


Le forum que vous accueillez, pour la treizième fois ici à Doha, se tient cette année dans un contexte international difficile.


Les transformations dans le monde arabe continuent de connaître une phase chaotique, en Egypte, en Libye, en Tunisie ;

 

-      Le déclenchement il y a deux ans, le conflit syrien confirme aujourd’hui son potentiel déstabilisateur pour toute la région. Nous savons que des armes continuent à être livrées de part et d’autre. La tentation du régime de Bachar Al-Assad est d’exporter le conflit hors des frontières, et notamment dans ce pays ami de la France qu’est le Liban ;

 

-       Pendant ce temps, l’Iran poursuit son programme nucléaire. Le terrorisme continue aussi à tous nous menacer. Les Français le savent mieux que tout autre. Il y a un mois, notre ambassade à Tripoli était visée par un attentat. La semaine dernière, c’est la police égyptienne qui a annoncé avoir démantelé un groupe s’apprêtant à viser notre ambassade au Caire ; venons de subir une attaque contre notre ambassade à Tripoli

 

-       Mais c’est aussi l’Europe qui est en difficulté. Nous nous sommes mobilisés, et Gordon Brown au premier rang d’entre nous, à partir de 2008, pour éviter que ne s’ouvre une crise financière généralisée. Nous y sommes sans doute parvenus. Mais la croissance s’est heurtée au mur de la dette et des réformes trop longtemps retardées. Aujourd’hui, c’est l’heure de la crise économique, avec des économies au bord de la récession.

 

Face à ces défis, deux voies sont possibles : celle du repli, du protectionnisme, de l’unilatéralisme ; en face, celle du dialogue entre les civilisations et de la régulation internationale des enjeux globaux. La question n’est pas théorique. Les deux grandes puissances hésitent : à Washington, la tentation du désengagement du Moyen-Orient et du continent européen est de plus en plus perceptible ; à Pékin, une nouvelle équipe dirigeante vient de se mettre en place, dont nous ne connaissons pas encore les intentions.


Vous avez développé, ici au Qatar, un modèle exemplaire. En l’espace de quelques années, vous avez ancré votre choix du multilatéralisme. Vous comptez parmi ceux qui s’impliquent sur les grands enjeux globaux, la régulation financière internationale, le changement climatique ou encore l’aide au développement. Bien entendu, cela suscite quelques critiques. Mais la voie que vous avez choisie – celle de conserver votre identité tout en faisant le choix du dialogue des civilisations et du dialogue interreligieux – est la seule possible. Ce facteur religieux est essentiel à la compréhension de notre monde.

 


Pour l’avenir, nous avons un devoir de lucidité. De grandes négociations multilatérales débutent actuellement - que ce soit pour préparer la conférence internationale de 2015 sur le climat ou de nouveaux accords de libre-échange, comme celui entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

2013 sera donc une année-charnière. Mais aussi une année à grands risques pour la communauté internationale :

 

-       C’est une perception très forte en France, où nous avons eu le sentiment d’être seuls lorsque nous sommes intervenus au Mali. Je n’ignore pas les interrogations qui ont alors été celles de la communauté internationale. Il y avait urgence, pour éviter que ce pays ne tombe aux mains de groupes terroristes. Rares sont ceux qui ne le reconnaissant pas aujourd’hui ;


-       Mais notre défi le plus immédiat, c’est maintenant de mettre fin au drame que vit le peuple syrien et d’empêcher l’extension du conflit hors des frontières. On parle depuis quelques jours d’organiser une conférence internationale sur le modèle de celle de Genève il y a un an. Il est temps. Son organisation s’annonce difficile. C’est pourtant la dernière chance.Il faut la saisir pour que l’opposition syrienne et ceux du régime qui n’ont pas de sang sur les mains se parlent. Il faut aussi la saisir pour engager dans la résolution de ce conflit la Russie, dont le rôle est essentiel pour faire pression sur Bachar Al-Assad.

 


Il faudra avoir le courage de la réconciliation. Les Français ont, avec leurs voisins allemands, une expérience unique. Nous nous sommes fait la guerre tout au long de l’histoire, en 1870, en 1914, en 1939. Ce sont pourtant ces anciens ennemis qui ont construit l’Europe. Non en affichant de grandes ambitions. Mais petit à petit, en mettant en place, dès les années cinquante, des solidarités concrètes dans des domaines précis : la production de charbon et d’acier, une politique agricole commune, un marché commun. Nous n’avons pas de leçons à donner, mais seulement une aventure historique à méditer. Les peuples du Moyen-Orient ont aussi bien des intérêts en commun, la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire ou encore la gestion durable des ressources en eau.  


Cette aventure franco-allemande a un demi-siècle : nous célébrons cette année le cinquantenaire du traité de coopération signé entre nos deux pays. Elle est plus indispensable que jamais, alors que le projet européen est en crise, que la solidarité se fissure et que la tentation de la renationalisation des politiques gagne du terrain.


Dans les circonstances actuelles, j’ai la conviction que la France et l’Allemagne doivent à nouveau donner l’exemple et franchir une nouvelle étape. J’ai proposé que soit créée entre nos deux pays une véritable confédération écoomique, avec une intégration plus poussée et des règles fiscales équivalentes. Nous avons besoin en Europe d’un noyau dur, pour accélérer la mise en place d’une vraie coordination des politiques économiques, avec une harmonisation fiscale et un espace bancaire uni. Cette nouvelle impulsion est nécessaire pour que le projet européen regagne la confiance de nos citoyens.


L’Europe se cherche, elle hésite sur la voie à suivre : celle du courage et de l’intégration pour défendre la civilisation européenne et pour convaincre le monde de continuer le chemin vers la liberté, le progrès et le respect de chaque être humain. Ou bien du repli sur soi, des tentations nationalistes qui conduiraient à son effacement.


Si j’évoque pour conclure cette question existentielle à laquelle l’Europe fait face, c’est parce que la réponse que nous lui donnerons ne sera pas sans conséquences sur l’évolution du monde.

 

Telles sont, Majesté, Monsieur le Premier ministre, les quelques réflexions dont, vu de France, je souhaitais vous faire part.


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Publié par François Fillon
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commentaires

Jean-Marie KERN 23/05/2013 13:32


Je viens de lire les quelques commentaire ci-dessus, et j'en retiens la modération et la profondeur... Nous vivons une époque étrange au cours de laquelle les choses qui sont ne sont celles qui
paraissent et il est bien difficile sans un certain discernement de s'y retrouver... Nous avons donc PLUS QUE JAMAIS d'hommes expérimentés, généreux et habiles pour nous aider à y voir clair.
Monsieur Fillon, je pense que vous en êtes. A présent la question que je me pose est celle-ci : M Bruno Le Maire me semble digne de confiance mais il me reste à voir si je me laisse abuser par
les mots ou non ?


En tout cas Monsieur Fillon, sachez que ceux qui se regroupent autour de vous n'ont aucun intérêts particuliers à le faire sinon d'être attirés par votre courage et votre science politique. Je
vous en suis personnellement très reconnaissant.


Mon âge malgrè tout assez avancé (74 ans) ne me permet pas grande aide mais je mets à votre service, mes pensées, ma réflexion, ma parole à vous défendre et à vous appuyer dans vos choix et
permettez-moi cette confidence : ma prière.


respectueusement, JMK (92.148.66.54 est bien mon adresse ip actuelle...)

rousseau 23/05/2013 07:29


mr jp bertin a entièrement et parfaitement raison ! je viens de lire un article hallucinant et fort bien documenté dans le Monde  sur la montée en puissance  du péril islamique des
frères musulmans , soit disant modérés , des salafistes du pouvoir écrasant des sunnites sur les chites dans tout le Moyen orient et de la menace potentielle de l'iran dans la région .
déja à l'époque dans les années 70 sous la présidence de Giscard d'Estaing ( merçi à lui grand visionnaire ) nous avions accueilli l' ayathollah khomeini en favorisant à la fois la révolution
iranienne et l'éffondrement  du régime du shah d'iran ou en ne le soutenant pas ce qui revient au mème  on en mesure les conséquences et le résultat ! à méditer donc......la
France vit donc en conséquence  le risque d'une  double menace à la fois interne ( voir les zones de non-droit en France et les casseurs de banlieue, affaire merah ,etc ) et
externe  comme çi-dessus évoquée ! mais en France il ne faut rien dire et subir rester dans le "politiquement correct " et la pensée unique  par le déni progressif de nos valeurs
judéo-chrétiennes  sous peine d' etre catalogué extrémiste de droite ou exclu du vertueux cercle républicain toujours embourbé dans ses querelles internes de chapelle !

jp bertin 22/05/2013 10:36


AU SUJET DE LA SYRIE:


J'espère que vous allez rompre avec les désastreuses positions des binomes


SARKOSY-LEVY,ET HOLLANDE-FABIUS sur la politique au moyen orient.


Ces positions ultra atlantistes ,d'alliance avec l'islam sunnite sont désastreuses


pour l'avenir de l'europe et des chrétiens d'orient.


Il s'agit encore d'un enjeu de civilisation.

rousseau 22/05/2013 07:07


liberté , égalité , fraternité et je rajouterai solidarité devrait etre en cette période de crise économique et sociétale profonde , plus que jamais, la devise de force
républicaine dans les temps troublés que le pays traverse. le récent suicide , personnellement je le réprouve mais at'on le droit de juger ,de l'historien d'extreme droite Dominique Venner ,
en est l'expression éclatante et désespérée du "mal français " que vit doulourousement et profondément une grande partie de la population et  société française . je ne défend pas
içi particulièrement les thèses du front national que vous considerez à la fois , à tort et à raison , comme hors "du cercle républicain " ce qui voudrait dire et signifier que 15% des
français sont des facistes ,racistes et néonazis mais malheureusement des évenements récents l'ont prouvés donnant raison à ceux qui craignent  la perte d'identité nationale sur bien des
plans, percevant également l'Europe plus comme une menace qu'une opportunité . par l'abandon progressif et subversif des valeurs millénaires et traditionnelles qui ont constituée et
forgées au fil des siècles le socle républicain . le vote et la ratification par le conseil constitutionel du mariage pour tous en est , entre autre  chose , la
démonstration exemplaire et symboliquement forte  de la perte de ces valeurs . vos derniers billets parus sur votre blog, démontre que vous avez déja pris la posture présidentielle
par vos voyages au sein de l'Europe et à l'étranger . vous endossez bien avant l'heure le costume présidentiel adoptant une attitude de "vrp de la France " pour tester vos soutiens à
l'étranger et cela on ne peut vous le reprocher . mais pour l'heure , Mr fillon je vous le rappelle aussi et également , que vous avez été élu député de Paris et qu'il parait opportun
et urgent de rebatir sur les ruines  fumantes de l'UMP , profondément encore divisée , un projet politique de reconstruction du pays et de commencer à  proposer une
alternative crédible dès maintenant et non pas dans 4 ans !  enfin et hélas pour vous ,  votre absence à la manifestation du 26 mai prochain pour la défense de la famille ,vous homme
politique de droite , catholique  marié père de famille avec des enfants , sera vécue et perçue quelque part comme une "trahison" vis à vis de votre électorat potentiel . cela
pèsera lourd dans la balance mais c 'est votre choix ! ....vive messieurs  Guaino et Mariton !


 

RANVIAL 21/05/2013 09:45


Je suis d'accord avec vous.Par contre pour La Syrie , je crains que se soient des islamistes qui prennent le pouvoir ,comme cela s'est produit ailleurs . Je pense aux femmes privées de liberté
,aux enfants qui seront élevés dans une seule idée , aux chrétiens qui seront en danger , comme ils le sont déjà dans les pays du soit disant "printemps ". J'ai confiance en vous et je sais que
vous êtes lucide et honnête .Sincères salutations


 

lecanu 21/05/2013 09:14


votre analyse est juste mais nous avons besoin de vous en france


il n  a pas de chef à la tete de l ump il est grand que vous preniez les rennes de ce parti


ou d une opposition forte mais faite  quelques chose  svp dimanche ils seront tous dans la rue faite une apparition elle serait la bien venu


respectueusement

fegueux 20/05/2013 20:30


je partage votre analyse-je suis preoccupe par l evolution de la situation en france -l ump sous la conduite de son president autoproclame est en train de sombrer (je n ai pas renouvele mon
adhesion pour 2013) - ce qui ne facilite pas la preparation de l alternance en general et des municipales en 2014(cf la situation a paris qui est lamentable  :seule nkm est capable
 de gagner les municipales...)-"force republicaine",auquel j ai adhere n est pas encore en situation de peser sur l opinion-il va falloir mettre les bouchees triples.......fidele s
salutations    rene fegueux  moirans 38430

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