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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 23:28



Rencontre avec François Fillon,
ancien Premier ministre. 


 « Nous sommes au seuil d’une rébellion »


 






 


Le contrat EcoMouv sur l’écotaxe est-il attaquable ?


Absolument pas ! Ce contrat a été passé dans des conditions d’extrême rigueur ! Certaines
sociétés ont manœuvré pour gagner l’appel d’offres. Face à cette pression, j’ai veillé à ce que soit mis en place un dispositif d’encadrement qui ne puisse laisser le moindre doute sur la société
choisie. Cela a été la moins disante, et de loin !





L’écotaxe a été décidée par votre gouvernement. Est-ce une responsabilité que vous
assumez ?


Je l’assume. C’est une des décisions unanimes du Grenelle de l’environnement. Nous avons besoin d’une
fiscalité écologique. Son rejet actuel est dû à la saturation de taxes. Les impôts ont augmenté de 52 milliards depuis 2012 ! Il faut un engagement immédiat du gouvernement pour geler les
augmentations d’impôts pour le reste du quinquennat. 





Y a-t-il un problème François Hollande ?


Il y a une succession d’évènements qui donne le sentiment d’une  quasi-vacance du pouvoir et
d’une déliquescence de l’autorité de l’Etat. Je suis préoccupé par le climat actuel. Nous sommes au seuil d’une rébellion des Français. Seul, le Président peut provoquer le sursaut urgent qui
s'impose. François Hollande doit prendre une initiative extrêmement forte.





Laquelle ?


Changer trois ministres ne suffira pas. Il faudrait un changement de politique, comme l’avait fait
Mitterrand en 1983 lorsqu’il était dans l’impasse. Il doit faire des choix car sur tous les sujets il a au moins trois politiques ! Sur la fiscalité, l’économie, la sécurité, on balance
entre laxisme et réalisme. L’affaire Léonarda est la caricature de cette synthèse impuissante.





La France sous Sarkozy n’était pas apaisée. Elle ne l’est pas sous Hollande. Où est le
problème : c’est la France ou les politiques ?


Le problème, c’est la peur de la vérité. La France est confrontée à une situation de déclin continu
depuis 20 ans.  Il faut avoir le courage de dire et d’accepter un vrai sursaut.





La récente union de Borloo et de Bayrou est-elle une épine dans le pied de
l’UMP ?


Je regrette le départ de Jean-Louis Borloo de l’UMP. Maintenant, ce sont nos partenaires. Nous devons
construire avec eux un projet d’alternance pour rassembler les Français et  résister à la montée des populismes. Cela ne doit pas conduire l’UMP à abandonner l’objectif de représenter
elle-même les valeurs du centre.





Vous avez été critiqué en tendant la main à l’électorat d’extrême-droite. Le
regrettez-vous ?


Je tends la main à tous les Français ! Je n’ai jamais placé le Front national, en tant que
parti, sur le même plan que le PS, et j’ai été le premier à dénoncer toute forme d’alliance. Mais nous devons changer  d’attitude vis-à-vis des Français tentés par le vote extrême pour
qu’ils nous écoutent à nouveau. Je crois le dialogue plus efficace que le mépris. Il ne doit y avoir aucune ambiguïté : il faut être dur avec le Front national mais attentif à ses
électeurs.





Constatez-vous une droitisation de la société, y compris à gauche ?


Il y a une radicalisation. C’est le résultat de la perception du déclin français et du sentiment que
les responsables ne sont pas à la hauteur de l’urgence.


 



 



 


Vous  inaugurez aujourd’hui l’Esplanade Philippe - Séguin à Nancy. Que nous apprend
l’héritage de Philippe Séguin ?


Son message est d’actualité. C’était d’abord l’incarnation de la réussite républicaine : le
pupille de la Nation qui accède aux plus hautes fonctions dans l’Etat grâce à son mérite. C’est cette République du mérite qu’il faut remettre au goût du jour.


Philippe Séguin incarnait aussi l’engagement sans limite pour la souveraineté nationale. A un moment
où chacun peut douter de la France et se demande si la citoyenneté a du sens, c’est un bel exemple.


Enfin, Philippe Séguin restait indifférent aux modes, aux idéologies, combattant le populisme avec la
plus grande énergie. Cette exigence doit nous inspirer tous.


 


 


Propos recueillis par Nathalie Mauret


Photo Stéphane Guiochon

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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