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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 07:12


L'ancien Premier ministre réagit au discours de politique générale de Manuel Valls. Il estime que « pour faire des économies très vite, il faut commencer par l’intégration des départements dans les régions ». Il détaille pour « Les Echos » ses propositions pour réformer l’école.


Le discours de Manuel Valls était-il à la hauteur des enjeux ?

Absolument pas. Je note que Manuel Valls dresse un tableau sombre de la situation : c’est une condamnation sans appel de la politique menée depuis deux ans et de la campagne présidentielle dominée par la négation de la crise et un discours contre les entrepreneurs et la finance... La gravité du constat devrait amener à des orientations fortes et des choix très tranchés. Or, le projet développé, c’est le maintien du « ni-ni » : ni politique de l’offre, ni politique de la demande. Il y a un peu de baisse des charges, un peu de baisse d’impôts pour les plus modestes, un peu d’écologie pour ne pas désespérer la majorité. Mais il n’y a aucun choix. Même si par nature, j’aurais envie de saisir la main tendue de Manuel Valls, il est très difficile de le faire sur des annonces qui ne sont pas de nature à stopper la glissade de l’économie française.


Sur les entreprises, il y a tout de même des ouvertures…

L’orientation est meilleure dans la mesure où le gouvernement reconnaît qu’il y a un problème de coût du travail et de compétitivité. Nous travaillons 300 heures de moins que les Allemands, avec un coût du travail 10% plus élevé. Plus la crise dure, plus nous avons besoin d’un électrochoc. Or les annonces sont saupoudrées, étalées dans le temps. Elles ne déclencheront pas de changement de comportements des acteurs économiques. Il faut arrêter l’usine à gaz du CICE, baisser de 10% le coût du travail sur tous les salaires sur trois ans afin d’être au niveau des meilleurs économies européennes, il faut augmenter le temps de travail. Non seulement les annonces gouvernementales ne vont pas suffire à relancer l’économie mais elles vont continuer à creuser le déficit.


A combien le voyez-vous l’an prochain ?

Le déficit public va rester au-dessus des 4% de PIB l’an prochain et l’objectif d’un retour à 3% ne sera pas atteint avant 2017. Les annonces du Premier ministre signent le renoncement du gouvernement à réduire l’endettement de la France. J’en ai la certitude : la dette va dépasser les 100% du PIB avant la fin du quinquennat. La France est le seul pays européen qui refuse l’obstacle des réformes de structure et du respect des règles communes.


Comment arrivez-vous à de telles estimations?

Pour tenir les engagements pris par le président de la République sur la réduction des déficits avant les annonces de Manuel Valls, un plan d’économie de 50 milliards était nécessaire. Le Premier ministre vient d’ajouter 25 milliards de baisse de prélèvements, c’est donc près de 75 milliards d’économie qu’il convient de réaliser. Or le gouvernement annonce seulement 39 milliards sans donner beaucoup de détails.


Nous avons la répartition des grandes masses…

Sur les dépenses sociales, par exemple, le compte n’y est pas. La prime pour l’emploi et le RSA doivent être repensés. L’âge de départ à la retraite doit être relevé et la durée de l’indemnisation chômage abaissée. Il faut faire les économies maintenant pour ne pas avoir à le faire plus tard de manière brutale sous la pression des marchés et de l’Union européenne.


Craignez-vous la réaction de Bruxelles ?

Peut-être bénéficierons-nous encore d’une certaine mansuétude. La Commission est dans une situation de faiblesse, compte-tenu de son renouvellement et de son bilan. Mais je crains la réaction des Etats et des investisseurs. Chaque mois qui passe, le discrédit est plus fort. La France n’est plus perçue comme un leader en Europe, mais comme un problème.


En 2008, vous aviez aussi demandé un délai pour revenir à 3% de déficit…

Sauf qu’à l’époque nous faisions des réformes structurelles et nous réduisions les effectifs de l’Etat. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.


ll y a tout de même des réformes annoncées pour s’attaquer au millefeuille territorial…

Un consensus commence enfin à se former autour de la nécessaire réduction du nombre d’échelons et c’est positif. Mais là encore, nous venons de perdre deux années, le gouvernement ayant abrogé notre réforme territoriale, qui conduisait progressivement à la fusion-absorption des départements par les régions. Le problème aujourd’hui, c’est qu’il faut faire des économies très vite. Dès lors, je ne comprends pas pourquoi Manuel Valls commence par la réduction du nombre de régions : il faut commencer par l’intégration des départements dans les régions et voir ensuite quelles régions n’ont pas la taille critique et doivent être regroupées. Mais surtout, il faut encourager l’intégration des communes dans les intercommunalités. En réalité, le Premier ministre fait preuve d’audace oratoire, tout en renvoyant les actes aux calendes grecques parce qu’il sait que sa majorité ne le suivra pas jusqu’au bout.


Comment faire accepter de telles réformes, les Français étant attachés à leur commune, leur département, leur région ?

Une réforme ambitieuse devra être proposée dans la campagne pour l’élection présidentielle, et faire l’objet d’un référendum dans la foulée. C’est le seul moyen de donner un vrai coup d’accélérateur.


La baisse annoncée de 10 milliards des dotations des collectivités ne peut-elle jouer ce rôle d’aiguillon ?

Les collectivités territoriales ne peuvent pas s’affranchir de l’effort de réduction de la dépense publique. Elles devront se réorganiser et réduire leurs effectifs. Une augmentation du temps de travail et une revalorisation des carrières seront nécessaires pour maintenir un haut niveau de service public.


Partagez-vous les inquiétudes de Manuel Valls sur l’euro fort ?

J’attends de François Hollande la reprise d’un dialogue avec l’Allemagne sur la définition d’une politique monétaire en échange de réformes structurelles en France. On ne peut pas toujours faire des demandes à sens unique.


Sur les rythmes scolaires, qu’attendez-vous de l’assouplissement annoncé ?

Je demande qu’on laisse les communes et les établissements scolaires s’organiser librement. Mais pour l’école, il faut des mesures beaucoup plus fortes pour concilier excellence et égalité des chances. Avec mon association, Force républicaine, nous présentons jeudi matin des propositions. La maîtrise des fondamentaux doit être acquise en primaire. Pour cela, avançons à 5 ans l’âge de la scolarité obligatoire, consacrons trois quarts du temps scolaire à ces apprentissages, avec des évaluations régulières pour qu’aucun enfant ne puisse entrer au collège sans ces fondamentaux. Réformons le baccalauréat, avec du contrôle continu et un petit nombre d’épreuves finales. Les établissements scolaires doivent être plus autonomes, les chefs d’établissement libres de constituer leurs équipes avec l’appui d’un conseil d’administration présidé par une personnalité extérieure. La filière de l’enseignement professionnel doit être confiée en intégralité aux régions.


Que pensez-vous de la nomination de Jean-Pierre Jouyet comme secrétaire général de l’Elysée ?

Je ne peux en dire que du bien, il a été mon ministre. J’ai apprécié son travail. Mais Manuel Valls et Jean-Pierre Jouyet, cela commence à faire beaucoup pour la gauche… Pour certains, c’est le crépuscule du socialisme.

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Publié par François Fillon
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commentaires

jany 19/04/2014 12:08


La Responsabilisation de la Droite


L’austérité c’est pour la rue pas pour la politique…


Il n’y a pas de défi pour celui qui croit a l’avenir de la France et a ses valeurs dans le temps…


Le Président François Hollande est une parenthèse malheureuse dans la vie de beaucoup de nos concitoyens qui voient leur pouvoir d’achat régresser, leur retraite volée, l’assurance sociale moins
assurée, le travail comme le logement en listes d’attente…
Pendant ce temps la, autour du Président, le mépris affiche ses primes comme pour dire que l’austérité c’est pour la rue pas pour les politiques…


Oui, la Droite doit se responsabiliser, se rapprocher des français qui doutent pour mieux préparer l’avenir ensemble…


Nous avons besoin de plus de dialogue que d’affirmation sur une politique d’avenir…


L’austérité n’est pas un programme c’est au contraire un manque de vision politique , un repli sur soi, nous devons nous ouvrir a l’avenir…


Mieux gérer le pays commence par faire un état des lieux, des économies la ou c’est nécessaire, supprimer les subventions aux organismes non-étatiques, revoir les architectures générales de
gestion de notre pays (décentralisation, poste de décision, nombre d’Élus de toute la représentation politique, etc)


Dans un deuxième temps revoir la fiscalité générale pour l’harmoniser et en faire une dynamique de progrès pour le pays, l’industrie, le commerce, l’outil de production et pour chacun d’entre
nous…


Réfléchir aux modes de financement de la protection sociale, les retraites…
En diminuant les charges des entreprises, il est évident qu’il sera nécessaire de trouver de nouvelles formes de financement pour tous les Comptes Sociaux, nous devons recourir a une part
non-négligeable de TVA SOCIALE…


Nous arrivons dans une période de grande transformation de la pensée, des esprits, vers une société plus éveillée, plus éclairée, plus ouverte au monde, plus ouverte sur les autres…
La TVA SOCIALE est le symbole d’une nouvelle responsabilisation de tous, la société du partage de l’effort, pour que la vie de la collectivité soit plus harmonieuse…


La TVA SOCIALE, permettrait aux entreprises de mieux se relancer, de trouver des marches et de pouvoir réinvestir dans les hommes et le savoir…
Elle permettrait aussi de mieux financer tous les Comptes Sociaux pour les rendre pérenne…


Nous devons sortir de cette société des abus, l’argent de la France doit être respecté, finissons-en avec toutes les commissions qui profitent des budgets publiques…


L’avenir n’est pas austère, il est au contraire lumineux, plein d’espoir pour tous, pour les entreprises comme pour les particuliers…


Chassons les obscurantismes qui n’amènent que la confusion, la racisme et le mépris de l’autre…
Au contraire ouvrons-nous a cet avenir qui nous appelle…


C’est en cela que les hommes politiques doivent se responsabiliser, dans cette avenir commun qui fera de la France un phare pour le monde et un jardin pour chacun de nous…


Inachevé…


Bien cordialement,


jany

Pillard 11/04/2014 10:20


Je rejoins un lecteur qui propose une incitation fiscale importante pour favoriser les investissements.


Je constate que la politique menée depuis bien des années ne peut qu'écarter les investisseurs étrangers. On voit aussi Lafarge partir en Suisse et on ne peut que leur donner raison même si ceci
participe à l'anéantissement de l'industrie en France : la faute à qui ? Aux politiques qui n'y connaissent rien en économie, quand facilitera-t-on l'accès à la politique des industriels en les
aidant en post mandat à retrouver une situation équivallente ? L'assemblée nationale n'est pas représentative de la société c'est là où le bas blesse !

BROSSIER 10/04/2014 21:53


J'aimerai,que vous me donniez par mail votre programme chiffré avec les économies que vous pensez faire et ou les ferez-vous?????

bibi 10/04/2014 18:24


exellent commmentaire


dommage que vous soyez pieds et mains liés à l ump


attention aux coups bas de jfr copé et de n sarkozy et peu  etre d autres

A. LALUC 10/04/2014 12:50


Bonjour,


désolé, mais je suis encore obligé de donner raison à M. FILLON ... et beaucoup d'autres (y compris de gauche) comme moi.


Ca m'énerve de voir que l'intérêt de mon pays est mis après les intérêts personnels, idéologies et autres visions électorales.


Mes pieds fument, je bouts dans mes chaussures. Que puis-je faire?


Pour moi, né après guerre, tout a parfaitement fonctionné, du boulot, une maison, suffisamment d'argent pour vivre, etc. En contrepartie, je laisse à mes enfants une dette, des salaires bas,
l'incertitude pour leurs propres enfants, sans doute pas un gros héritage et peut-être l'obligation de subvenir à mes besoins en maison de retraite; sans oublier le sida ... j'ai honte!


Au fait, 5 000 habitants minimum pour une communauté de commune n'est-ce pas trop faible? Passer à 10 000 ? Pourquoi ne pas mettre la communauté de base au niveau de la communauté d'agglomération
et des cantons ?


Donnez moi le pouvoir pendant un mois seulement ...


Cordialement.

alice 10/04/2014 12:43


...à nouveau car plus que jamais........


Sur le Pont d’Matignon..l’on y danse l’ on y danse…sur le Pont
d’Matignon l’on y danse tous en rond….les  beaux Messieurs font « comme si »…les  bel’ Dames  font « holà »….sur le Pont d’Matignon l’on y danse comme des  « …. »………………………………… !!!


Ce n’est pas grâce « à LA
PARITE »……mais grâce « A  L’HYPER COMPETENCE »… ..  que l’on avance …… !!!!!      ……….   Ras-le-bol  de ce  « Menuet Sociétal »…dédicacé à un microcosme de petits parasites…….. !!!!   .......


Le retour de  la Droite ...VITE.....et   François FILLON en Leader...!!!!..........alice

dom delandre 10/04/2014 12:43


juste une question pratique !


Que faire pour participer à vos ateliers et forums? Je vous adresse réguliérement mes commentaires, suis adhérent à FR, mais j'aimerais m'investir plus dans votre démarche.


J'ai tenté en vain de contacter FR par téléphone;


Merci de votre réponse.


Viens de lire vos propositions sur l'école, enfin un  vrai projet novateur et de rupture.


cordialement

François Fillon 10/04/2014 15:11



Merci de tous vos commentaires et de votre intérêt. L'équipe de Force républicaine vous contacte dans les meilleurs délais. Amitiés militantes



Bernard37 10/04/2014 10:28


Argumentaire très" pertinemment modéré", c'est du François Fillon comme on l'aime.


deux remarques: 1:sur les suppressions de cotisations des smicards, comme pour les "allègements" de charges des entreprises, le financement de ces   25 à 30 milliards n'est pas
indiqué par Vals. Les retraités et les couches moyennes paieront avec une nouvelle CSG "R et CM" sans doute. Il manquera quelques dizaines de milliards au bout du compte.


2 Les Français sont attachés à leurs communes, départements, régions affirme le journaliste? Cela paraît faux!


Un sondage paru ce matin dans la Nelle Rep (socialiste)   pour le Centre et Pays de Loire   montre  seulement une minorité, de 25 à 35%, qui se disent attachés à l'image de
l'objet "géopolitique" de la question: commune département région.


Le péhesse étant, comme on sait, un parti d'élus et de copinages, c'est avec ses amis politiques que Vals aura le plus de mal. Moins d'élus, et moins de subventions à distribuer à son
électorat, c'est la génétique même du péhesse qui est attaquée. Le contribuable y gagnera beaucoup par une meilleure utilisation de ses impôts, mais pas l'élu rose. On l'avait bien vu
lors de la réforme territoriale Sarko-Fillion et la levée de protestation des cumulards et professionnels de la politique à gauche.

Jean-François Chaussier 10/04/2014 10:26






J’approuve votre analyse, mais comment la faire partager ? Jean-François Copé se comporte en forban. Il discrédite l’UMP avec ses tentatives de déstabilisation de l’UMP à dessein. L’intrigue
et la perversion détériorent la cohésion, l’image et la crédibilité de l’UMP. Cette gangrène ronge insidieusement l’UMP en profondeur et il n’y a pas d’autre solution que de changer de présidence
de l’UMP. Le séisme provoqué en ciblant ses attaques sur des personnalités de l’UMP est une provocation faite au militant que je suis. La droite est en danger et il appartient aux militants de ne
pas cautionner ces manœuvres et comportements irresponsables, sinon c’est la crédibilité de l’UMP qui est en péril et sa parole. J’approuve l’initiative de Force Républicaine sur l’école pour
valoriser notre originalité et nos propositions dans l’intérêt général et le discernement.

Yves Leclercq 10/04/2014 09:02


Je ne peux qu'approuver, encore, votre critique sage de la politique de l'actuelle majorité, engluée dans ses promesses, et paralysée par la peur de la gauche de la gauche.


Continuez àa préparer un avenir qui sera dur, mais pas désespérant.

Frederic 10/04/2014 08:57


Bonjour Monsieur le Ministre,


Si la dette est le plomb de notre croissance, ne pourrait on pas prendre une mesure choc de ponctionner une partie de l'épargne des Francais tout en mettant en place des réformes profondes de
reduction du train de l'Etat afin résorber le pb. La dette étant d'un coup réduire, à voir de quel pourcentage, toutes les charges fiscales sur les concitoyens et les entreprises peuvent être
ainsi réduites; cela devrait libérer les énergies des entreprises. 


Au rythme des reformettes, je me demande en combien de temps nous trainerions ce boulet qui plomber non seulement notre économie, mais la tête des Francais. 


Je pense que les Francais ont pris conscience que, sans mesure choc, nous conserverons ce boulet au pied.


Je cherche les informations permettant de calculer l'impact de la réduction de la dette sur le taux d'imposition . Réduire de 100% serait ridicule, mais passer à 60% signifie ponctionner 800
millions sur l'épargne et réduire les ponctions fiscales d'au moins 50% ? 


Seriez vous où je pourrais trouver les informations ?


Je ne veux pas laisser cette dette à mes enfants !


Très sincèrement.

Salomé Daniel 10/04/2014 08:52


Baisser les charges, c'est bien mais on oublie trop que c'est l'outil (l'investissement)qui multiplie la valeur du travail fourni par l'homme. Or on constate qu'en 10 ans l'âge moyen des machines
de production partant de 15 anns en F et D est passé à 19 ans en F et 9 ans en D. Ceci se reflète dans l'évolution des investissements en F et D. IL FAUT INVESTIR!!


Une mesure simple et immédiate consisterai à exempter d'IS la part des bénéfices réinvestis dans les entreprises soit dans le matériel de production soit dans l'innovation. Ce serait plus simple
et rapide que les usines à gaz imaginées à l'ENA.

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