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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 19:57

lien vers mon interview au Figaro : "J'accuse Hollande d'avoir une attitude irresponsable"

 

  LE FIGARO.- L’écart se resserre entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Est-ce le signe que la dynamique est de votre côté ?

François FILLON. - Oui. Il se passe quelque chose. La campagne permet de dissiper le rideau de fumée des mensonges sur le bilan du quinquennat. On répétait par exemple que le pouvoir d’achat avait baissé, alors qu’il a augmenté de 6% depuis 2007 ! Sur le chômage, dans un contexte de crise, la situation de la France est meilleure que celle de nos voisins, sauf l’Allemagne. Les masques tombent aussi concernant la fiscalité : Nicolas Sarkozy n’est pas le président des riches. L’imposition du capital est plus élevée aujourd’hui que quand la gauche était au pouvoir. De la même façon, cette campagne révèle les caractères. Plus on s’approche du moment du choix, plus les Français reconnaîtront que Nicolas Sarkozy a l’autorité nécessaire et qu’il a joué un rôle historique dans le sauvetage de l’euro. A l’inverse, François Hollande qui concentrait tous les jugements positifs du fait de ses propositions inodores, suscite aujourd’hui un doute dans l’opinion.

 

L’anti-sarkozysme vous inquiète-t-il?

Le filon de l’anti-sarkozysme est épuisé. Et c’est sain. On ne peut pas choisir un président de la République sur la seule critique et le seul rejet.

 

Regrettez vous que la question de la dette soit peu présente dans la campagne ?

La réduction des déficits, le désendettement, l’assainissement des finances publiques doivent être au cœur de la campagne ! Sans l’assainissement des finances publiques, tout le reste est virtuel. J’accuse le candidat socialiste d’avoir délibérément choisi de renoncer à réduire le déficit. Je l’accuse de ne pas vouloir baisser les dépenses de l’Etat par peur de déplaire. Je l’accuse d’avoir renoncé à respecter les engagements européens de la France. Or le moindre manquement rallumera la crise. François Hollande, qui sait la gravité de la situation, a commencé par berner les Français en disant qu’il reviendrait à l’équilibre des comptes publics grâce à 40 milliards d’impôts supplémentaires. Mais il  accumule les dépenses supplémentaires ! Plus grave, il a  indiqué que le retour à l’équilibre serait pour 2017, et non pour 2016. Il a dit enfin que s’il n’y avait pas de croissance, aucun de ses engagements ne pourrait être tenu. Oui, j’accuse ! C’est une attitude irresponsable. Réduire la dette aujourd’hui, c’est aussi préserver la cohésion sociale de demain. Si un gouvernement devait être amené à réduire les pensions, diminuer les avantages sociaux, nous aurions des tensions terribles.

 

Ne faut il pas accompagner l’effort de réduction des déficits publics d’un volet en faveur de la croissance, comme le propose notamment François Hollande ?

Oui, il faut une politique de soutien à la croissance mais elle doit être réaliste. François Hollande oppose réduction des déficits et politique de relance, alors qu’il faut faire les deux ! Sans réduction des déficits, nous aurons une explosion de l’euro. Pour stimuler la croissance, il faut stimuler la compétitivité et donc baisser les charges. Or, le candidat socialiste propose le contraire.

 

Partagez-vous le constat de Nicolas Sarkozy sur l’Europe de Schengen, qu’il a qualifiée de « passoire » ?

Il ne faut pas faire de l’Europe un bouc émissaire. Mais ça fait longtemps que je pense qu’elle devrait être organisée différemment. Quand on a fait l’euro, on a commis une faute : mettre en place une monnaie sur des territoires qui avaient des pratiques économiques et fiscales différentes, sans qu’il y ait un gouvernement capable de coordonner ces politiques. Pour Schengen c’est la même chose : on a mis en place un territoire unique entre des pays ayant des politiques migratoires différentes. Certes, ces politiques communes vont dans le bon sens. Mais pour les conduire , il faut des institutions spécifiques. Il faudrait par exemple un pilote de la zone Schengen qui travaille à la convergence des politiques migratoires. Cela nous conduit à une Europe à plusieurs cercles. Il faut avoir le courage de poser clairement les données du problème

 

Est-ce que cela passe par des transferts de souveraineté ?

C’est ce que le président appelle fort justement la souveraineté partagée. Il faut faire des choix. Toute mon histoire politique est gaulliste et je n’ai rien renié de mes combats pour la souveraineté de la France. Mais  je constate qu’au début du XXIe siècle, la seule façon de défendre l’identité française, c’est de défendre une identité européenne.

 

François Hollande se revendique comme un Européen convaincu. Pourquoi porterait-il moins haut que Nicolas Sarkozy la volonté de la France en Europe ?

Aujourd’hui, être européen, c’est libérer l’Europe des déficits et bâtir la gouvernance politique de la zone euro. François Hollande ne propose ni l’un, ni l’autre. Depuis le début de la campagne, il esquive tous les débats difficiles. Avec la conviction que grâce à la crise et en critiquant le Président, il gagnera. C’est une stratégie qui ne résistera pas à la durée de la campagne.

 

Nicolas Sarkozy a lancé un ultimatum à l’Europe, alors que le processus de renégociation des accords de Schengen était déjà bien engagé à Bruxelles : n’est ce pas contre-productif ?

Les Européens ne sont pas étonnés du style que Nicolas Sarkozy donne au débat. Ils l’ont déjà expérimenté avec la présidence française de l’UE qui fut saluée comme brillante mais… sportive. Les institutions de l’Europe sont parfois bousculées par cette façon de faire, mais c’est efficace et cela donne des résultats.

 

La droite ne fait-elle pas l’impasse sur le bilan du quinquennat ?

Il y a une répartition des rôles. Le rôle du président, c’est d’amener les Français sur un projet pour un deuxième quinquennat. Le bilan, c’est le travail du gouvernement. Et ça fonctionne. Je sens que l’atmosphère a changé.

 

Vous sentez-vous comptable à 100% de ce bilan ?

Bien sûr. Ca ne veut pas dire qu’on a tout réussi, loin de là. Sur le temps de travail, par exemple, je reste persuadé que cette question doit continuer à être au cœur du débat. Si la France veut parler d’égale à égale avec l’Allemagne, elle devra améliorer la compétitivité des entreprises et il faudra continuer à assouplir la réglementation autour du temps de travail.

 

Hollande veut taxer à 75% les très hauts revenus, Sarkozy les exilés fiscaux : n’y a-t-il pas surenchère fiscale ?

Il s’agit de deux démarches différentes. La première consiste à dire : je taxe de manière confiscatoire les gens qui gagnent beaucoup d’argent. La deuxième consiste à dissuader les Français de s’en aller, car s’ils partent, ils payeront autant d’impôts que s’ils restent. La mesure proposée par Hollande visait essentiellement à frapper les esprits. Pour le reste, elle est surement inconstitutionnelle, non efficace, et elle ferait fuir les contribuables les plus aisés. Et comme toutes les mesures proposées par Hollande depuis le début de cette campagne, elle est fluctuante.

 

Quel langage faut-il tenir à François Bayrou ?

Il ne faut pas chercher à  tenir un langage spécifique, ni à François Bayrou, ni à ses électeurs, ni à quelque autre catégorie. Il faut mettre sur la table nos convictions. Sur la dette, il y a une grande convergence entre Bayrou et nous. Sur la question européenne, idem. S’adresser à telle ou telle catégorie d’électeurs, c’est contraire à la logique de la présidentielle. Ce n’est pas une élection où l’on négocie.

 

Certaines thématiques de campagne (immigration, halal, Schengen) ne sont-elles pas de nature à froisser les électeurs centristes ?

Au dernier moment, ils auront un choix à faire entre deux candidats. Ils seront devant leur conscience. Ce sera projet contre projet. Celui de Nicolas Sarkozy est équilibré  : humaniste et efficace.

 

Sarkozy propose l’introduction d’une dose de proportionnelle. Comment réagit le gaulliste que vous êtes ?

J’ai déjà dit à Nicolas Sarkozy que ce n’était pas la partie la plus enthousiasmante de ses propositions. Je n’aime pas l’idée qu’il y ait deux sortes de représentants du peuple avec des contraintes et des logiques différentes : celui qui a une circonscription à labourer et celui qui est totalement entre les mains de son parti. Un deuxième problème me préoccupe : avec en plus une dose de proportionnelle, il y a un vrai risque que le président élu n’ait pas la majorité absolue et soit contraint de  négocier avec les plus petites formations politiques !

 

Alain Juppé assure qu’il veillera à l’unité de l’UMP après la présidentielle. Est-elle menacée d’éclatement ?

L’UMP est un parti très jeune qui a besoin de consolider ses fondations, son unité, l’expression des sensibilités en son sein. Il faut donc tout faire pour maintenir l’unité de l’UMP. Alain Juppé a raison d’être vigilant. Nous le serons tous.

 

Pour veiller à cette unité, seriez vous prêt à prendre la tête du parti, après la présidentielle ?

La question ne se pose pas en ces termes. La présidentielle déterminera tout. Tout le reste n’est que spéculations inutiles.

 

Vous êtes candidat aux législatives à Paris. Briguerez-vous la mairie en 2014 ?

Je ne peux pas sauter toutes les haies à la fois. La première, c’est la présidentielle. Pour l’heure, je me bats pour que Nicolas Sarkozy gagne.

 

Rachida Dati vous critique publiquement ; comment jugez-vous son retour en force dans la campagne?

Je n’entends rien, je ne vois rien, et je ne veux rien entendre.

 

Regrettez-vous que Jean-Louis Borloo ait été absent du meeting Villepinte ?

Jean-Louis Borloo a toute sa place dans la campagne. Et plus tôt il apportera son soutien à Nicolas Sarkozy, mieux ça sera.

 

Quelle est la première chose dont vous avez été privé cinq ans durant, que vous aimeriez faire en quittant Matignon ?

Conduire ma voiture. Pas pour le fait de conduire. Mais parce que je serai libre.

 

 

 

 

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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commentaires

SALINIER 29/03/2012 11:15


Mais pourquoi donc nos Dirigeants n'usent pas davantage des résultats comparés entre pays pendant cette interminable crise. L'opposition s'acharne à faire pièce au Président Sarkosy, en
fustigeant les résultats obtenus en matière de chômage et de pouvoir d'achat ce qui, ipso facto, sous-entend, qu'ils auraient fait mieux. ET
DONC, COMPARONS LES RESULTATS DE NOTRE PAYS SUR TOUS LES POINTS ATTAQUES, AVEC CEUX D'AUTRES PAYS EUROPEENS QUI SONT,OU ONT ETE GERES PAR UN GOUVERNEMENT SOCIALISTE.  


 

MARIANE 20/03/2012 13:04



12h14 : Hollande quitte son QG sous les huées des ouvriers de Fessenheim


Selon une information d'une reporter politique de BFM TV, le candidat PS aurait écourté sa rencontre avec les ouvriers de la centrale nucléaire de Fessenheim pour se rendre à Toulouse. François
Hollande aurait alors été hué. Il devait rassurer les salariés sur leur avenir professionnel. La fusillade de Toulouse l'a contraint à prendre congé rapidement. Son porte-parole Benoît Hamon a
également annoncé que la campagne du PS était suspendue en raison de ce drame.



http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120319.OBS4047/en-direct-hollande-hue-par-des-salaries-de-fessenheim.html#reagir?tw_p=twt

Gilles 19/03/2012 20:07


Juste un mot pour vous dire que je trouve que vous aviez eu raison dans votre intervention qui a fait polémique concernant les traditions.


En effet pourquoi ne faudrait-il pas remettre en question les "pratiques ancestrales "  ?
Pourquoi par exemple ne pas remettre en cause l'incision, la polygamie, les rites vaudous , les guérisons miraculeuses dans les Temples et autres, l’auto flagellation pratiquée encore en France
et ailleurs par les Rédemptoristes, le célibat des prêtres, le port de la Burqa, les castes, les exagérations de l'observation du sabbat (interdiction de prendre l'ascenseur ou d'appuyer sur un
bouton), etc...Oui au nom de quoi ?
Monsieur Fillon avait raison; il faudra bien finir par le faire quitte à ouvrir une boîte de Pandore qui va bousculer bien des mentalités...

gaetan 19/03/2012 18:19


F. Hollande "suspend" sa campagne pour se rendre à Toulouse et à la synagogue ce soir.


Vous êtes sûr que F Hollande a suspendu sa campagne pour se rendre à Toulouse et à la synagogue ou qu'il a décidé de se rendre à Toulouse et à la synagogue pour faire alter ego du Président
de la République ?


Question : Le même tragique assassinat en 2010, F. Hollande se rend à Toulouse et à la synagogue ?


Nauséabondes ces questions qui traversent l'esprit.


La politique comme je la déteste.


Que nos petits anges fauchés dans leur innocence soient accueillis là haut et reposent en paix. Jour de deuil pour notre Nation.

brigitte Petit 17/03/2012 03:54


Complètement d'accord avec vous sur l'irresponsabilité de F.Hollande !!! Mais il est totalement incohérent , à la limite de l'intelligence .Par contre , il est poussé par ses copains car , à mon
avis , il se laisqsera dominer et ils auront les places et feront la politique qu'ils ont choisi , s'il est élu , ce que je ne souhaite absolument pas . Si les gens votent pour lui , c'est pour
"l'idéologie socialiste" par pour l'homme et ça , ça m'inquiète beaucoup . Sinon , le personnage en lui-même ne tient pas la route ... Je prie de toutes mes forces pour que Nicolas Sarkozy soit à
nouveau notre Président de la République les cinq prochaines années . Bien respectueusement à vous . Brigtte . Adhérente UMP : 087007513 .


PS bravo pour l'échange entre Jzan-François Copé et F.Hollande , notre leader de l'UMP a été parfait , on sentait qu'il n'avait pas envie d'être méchant et agressif devant un candidat aussi peu
crédible . D'ailleurs David Pujadas ne lui laissait rien passer non plus , on sentait qu'il était pris de "pitié" devant un candidat si pitoyable ... Et je ne suis pas la seule à l'avoir remarqué
.


 

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