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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 08:22

Aujourd'hui, la cause des femmes a encore des obstacles à franchir. Des inequités, des préjugés, des violences subsistent. Tout n'est pas résolu, mais du moins personne ne doute que le combat pour l'égalité est juste. Que de chemin parcouru pour faire évoluer les mentalités ! A ceux qui l'oublieraient, voici pour mémoire la description de Louise Weiss. C'était un autre temps, mais pas si lointain pourtant...

 


Louise WEISS (1893-1983), Mémoires d’une européenne,Tome III, « Combats pour les femmes », 1968-1976

 

Une foule stationna bientôt devant notre boutique.

L'intellectuel marmottait :

- Elles ont raison, en droit.

Le bourgeois se gaussait :

- Et nos chaussettes ?

Le franc-maçon jetait l'alarme :

- Gare aux curés !

La vieille fille menaçait :

- À bientôt notre tour.

La veuve de guerre réclamait :

- Oui, voter à la place de mon mort. La commerçante songeait :

- Tiens, si je refusais ma feuille d'impôts l L'officier comparait :

- Et nous, nous, de la Grande Muette ? Le réformateur professait :

- J'en ai honte pour la France. Le grand patron critiquait :

- Il suffit que les balayeurs votent. L'ouvrier roulait les épaules :

- Ah ! Si ma bourgeoise ne votait pas comme moi, je lui dirais deux mots.

Un premier journaliste paria : - Elles réussiront.

Un second journaliste accepta la gageure : - Elles ne réussiront pas.

Les politiciens s'inquiétaient :

- Diable ! Quelle mouche les pique ? [...]

Un jour, une Rolls s'arrêta devant nos vitrines. La dame emmitouflée de zibelines qui en sortit, nous demanda timidement quelques tracts. Nous la pressâmes de souscrire à notre mouvement. Les larmes aux yeux, elle s'excusa. Son mari ne lui donnait pas d'argent. Elle ne disposait pas d'un franc. Elle n'était que sa réclame.

Puis une marchande des quatre saisons entra, claudiquant sur un pilon de bois. Elle nous cria :

- Mon mari boit ma jambe !

Pour lui verser l'indemnité à laquelle elle avait droit, l'assurance avait, eneffet, exigé la signature du malandrin qui avait empoché la somme et l'avait, derechef, transformée en pastis. Puis une fourreuse nous expliqua qu'elle ne pouvait poursuivre ses débiteurs. Son mari voulait divorcer. Pour lui arracher son consentement, il lui refusait l'autorisation d'entamer le procès qui lui eût permis de recouvrer ses créances. Enfin une maman nous raconta que son fils était mort en Angleterre sans l'avoir revue. Elle avait été appelée auprès de lui, par dépêche. Son époux voyageant, elle n'avait pu obtenir, en temps utile, la signature maritale exigée pour toute délivrance de passeport.

Je résumais en de petites notes ces cas dramatiques. Des flots d'encre coulèrent en faveur de nos thèses. Les politiciens les plus réfractaires à notre droit de vote commencèrent à se rallier à l'idée - sans danger pour leurs intérêts électoraux - d'une modification du Code Civil.

Par ailleurs, je reçus à mon domicile quantité de visites d'hommes politiques, de journalistes qui tentèrent de me dissuader d'agir avec cette force. Les uns me demandaient à quels honneurs j'aspirais, les autres si j'avais besoin d'argent. Tous me déclaraient que la cause du suffrage était indigne de mon talent, que ma campagne se terminerait au bénéfice des femmes enrôlées dans les partis et qui m’en voulaient déjà, mortellement, de la vedette acquise. Or je ne convoitais rien qui me vînt de la crainte ou de la faveur. J'exigeais mon droit et celui de mes pareilles. Rien de plus, rien de moins non plus. Et si pour obtenir ce droit il me plaisait d'être tournée en ridicule ou ruinée, personne n'avait d'observation à m'adresser.

Certes, je n'en continuais pas moins à être invitée à de grands dîners. Mais que de sourires d'indulgence et de conversations interrompues à mon approche ! Vers l'entremets, un feu roulant de sottises crépitait :

Côté messieurs

- J'aime trop les femmes pour leur permettre de voter ! - Nos cœurs les protègent mieux que le Code ! - Plus elles sont faibles, plus elles sont fortes !

Côté dames :

- Un droit que je partagerais avec ma cuisinière ! Fi ! - J'ai mieux à faire que de voter.

- Continuez, me chuchotaient les femmes de chambre. »

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Publié par François Fillon
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commentaires

CRETIEN Pierre 29/03/2013 15:17


Si le "STSMC" est la a boîte à outils dont François Hollande pense pouvoir se servir pour sortir de la crise budgetaire, une crise qui est aussi conditionnée
par le coût des importations d'énergies fossiles, il y a de grandes  chances qu'il puisse tenir ses engagements. Pourquoi ? Parce que l'énergie des marnages est disponible 
et, comme vous le savez, quasiment inépuisable à l'échelle humaine. Elle est  pourtant sous-exploitée parce qu'on la pense conditionnée par la contruction de barrages. Leurs
constructions nécessitent en effet des espaces qui s'y prêtent et ceux-ci sont en fait très peu nombreux. Autrement dit, si on pouvait récupérer l'énergie des marnages avec le même rendement sans
discontinuer sur des centaines de kilomètres de côtes, il serait possible de se passer de l'énergie nucléaire et de l'importation d'énergies fossiles. Or la France dispose sur sa façade
atlantique de côtes présentant de très fortes marées. Ecoutant mercredi matin Nicolas Hulot et Cynthia Fleury au micro de France-Culture
discourir de la transition énergétique, j'ai à regretter qu'il n'ait pas été question de recourir à l'exploitation de ce gisement d'énergie à partir de projets novateurs tel le STSMC
( Système Transfert Séquentiel à Mémoire de Charge) qui est réalisable pour des coûts beaucoup moindre que la contruction de barrages. 
L'efficience d'un tel système est mathématiquement démontrable. C'est pour aider à la promotion d'un tel système que l'idée m'est venue de faire appel à  C. H.  et à vous, qui voulez
donner à la France une chance de sortir du chômage et de son manque de compétivité industrielle.    Pierre Cretien  tel 06 78 59 96 21   

Jacques 21/03/2013 20:30


 Je corrige juste l'année où le droit de vote a été "accordé" aux femmes est 1945 et non 1948, comme je l'avais écrit par erreur.

Dominique 19/03/2013 12:10


Je ne suis pas sure d'être en phase avec cette recherche de parité homme-femme où les femmes semblent rechercher, à tout prix, les mêmes statuts publics que les hommes, car elles butent toujours
sur la différence des sexes qui, pour moi, est une richesse et doit être respectée.Autant je ne trouve pas choquant qu'une femme s'occupe de sa maison et de ses enfants, autant je trouve choquant
qu'elle soit reléguée dans ces tâches et empéchée de faire autre chose. C'est donc une parité de liberté homme femme que je recherche plutôt que parité tout court.


Donc égale liberté h/f pour les tâches ménagères et domestiques(les hommes célibataires sont bien obligés de s'en acquitter et il n'y a pas de honte à cela)


Parité-Liberté h:f pour l'éducation des enfants car beaucoup d'hommes souhaiteraient éduquer leurs enfants et il n'y a pas de raisons pour qu'ils ne le fassent pas


Parité-libuerté h/f pour une bonne instruction voire une instruction supérieure s'ils/elles le souhaitent.


Paruté-liberté h/f pour occuper une activité professionnelle et égalité dans les salaires.


Parité-liberté h:f pour occuper des postes à responsabilité.


Parité-liberté h:f pour exercer des responsabilités politiques etc etc


Mais cette cours à la carrière, comme elle est valorisée aujourd'hui,fait que souvent hommes et femmes désertent leur foyer, la présence à la maison, l'acceuil et l'éducation des enfants.
Et  je trouve cela triste car comment, alors, s'étonner de l'augmentation de la drogue, de le déliquance, de la surpopulation des prisons? Plutôt que de se battre pour la parité h/f dans le
travail, il faudrait plutôt la rechercher pour la cellule falilialeet privée et l'éducation des enfants.

WERNERT 15/03/2013 18:29


Si il faut rechercher l'équité,d'accord.En revanche,pourquoi rechercher l'égalité pour tous et tout,non!Pourquoi chercher à etre l'égal de l'Autre?La différence,les différences apportent tant!En
réagissant ainsi,je généralise en ne pensant pas qu'aux femmes qui nous apportent tant,dont nous avons tant besoin.Alain WERNERT

Jacques 11/03/2013 18:31


S'il y a eu de grandes conquêtes pour les femmes, comme le droit de vote en 1948, je ne suis pas sûr du tout que depuis les années 1980-90, le statut de la femme ait progressé tant que cela dans
nos sociétés occidentales ; les femmes supportent toujours, sauf bonne volonté de leurs compagnons, la majorité des tâches ménagères et la charge des enfants, souvent la prévoyance et la
contraception au sein du couple (ce n'est pas une mince charge quand on sait qu'elles s'empoisonnent aux hormones, puisque c'est si pratique pour tout le monde...) De quel prix
paient-elles ces libertés!


Je me demande même si leur situation n'a pas régressée, car je vois nombre de jeunes femmes actuellement, qui lorsque la situation économique du ménage le permet, préfèrent ne pas travailler
à l'extérieur, laissant le soin au mari ou compagnon de "gagner la vie du foyer"...


A croire qu'assumer travail et éventuellement carrière, foyer et enfants, c'est-à dire trente ou quarante ans sans loisirs ou presque, ne les tente pas du tout!


Par ailleurs, inscrire au calendrier une "Journée de la femme" en dit long...


La femme et l'homme, l'être humain va-t-il progresser avec le projet de loi sur la bioéthique actuellement en discussion au Sénat et dont personne ne parle? Nous allons passer ainsi du
dispositif juridique actuel d'interdiction (assortie de dérogations) à un régime "d'autorisation encadrée"de recherche sur l'embryon et les cellules embryonnaires, en vue d'aboutir à des
applications commerciales , dans la plus grande désinformation des citoyens.


 Bien sûr, cela permet d'éviter de faire le lien avec le mariage pour tous et l'inévitable gestation pour autrui qui s'ensuivra...


La femme (avec son esprit et son corps) a-t-elle tant de beaux jours devant elle que l'on semble vouloir lui souhaiter ?


Cette journée de la femme me paraît vraiment très triste! 


Ne direz-vous rien de ces débats au Sénat, et des liens entre les projets de lois???

catherine 09/03/2013 11:23


Voila la différence entre un homme politique lettré et tous ceux qui ne le sont pas. Au plaisir de vous rencontrer M. le Premier Ministre en 44 ou en 49.


Très respectueusement.

YB 08/03/2013 14:18


Je vous félicite M. Le Premier Ministre, vous êtes un véritable homme d'Etat.  J'en
profite pour vous signaler une pétition contre le projet de loi Fioraso  "ESR" du gouvernement qui vise à expulser la langue française de l'enseignement supérieur et de la recherche au
profit de l'anglo-américain. La pétition est à signer à l'adresse suivante et à diffuser le plus largement possible :http://www.petitions24.net/contre_la_loi_esr_fioraso_parce_que_pour_la_langue_francaise

Pierre Bellenger 08/03/2013 14:09


C'est un progrès que les femmes soient entrérs en politique. Le progrès suivant sera que les hommes et les femmes fassent de la politique avec plus de connaissace. Combien ne savent pas
distinguer entre système politique et système écoomique. Combien ne savent pas que système politique et système économique sont soumis chacun à un texte de Droit précis, la constitution pour le
Politique et le traité de Maastricht pour l'économie en ce moment. Une excuse à cela, le mot politique désigne à la fois l'ensenble des institutions de vie en société, et aussi la partie
particulière concernant le type de gouvernement adopté, par exemple : royauté au pouvoir absolu (nos rois de France), royauté au pouvoir parlementaire (rois d'Angleterre), Démocratie,
Dictature.........Certains utilise ce mot Politique au masculin pour désigner le type de gouvernement, et le mot au féminin pour désigner l'ensemble de notre vie en société. Nous aurions besoin
qu'une Charte soit ajoutée à la Déclaration des Droits de l'Homme, pour prtéciser cela. Actuellement cette Charte aurait trois piliers essentiels, le Politique, l'Economie et la Finance. Un jour
viendra où ces trois piliers seront : le Politique, l'Economie et l'Ecologie. Mais ce n'est pas encore demain matin. Dommage !              Pierre.Bellenger@wanadoo.fr


 

Antoine 08/03/2013 12:47


Il faut toutefois faire une distinction entre l'égalité civile et l'égalité entre les sexes. L'égalité civile est possible contrairement à l'égalité entre les sexes. Il ne faut pas remettre en
cause la différence de sexe entre l'homme et la femme. Nous sommes égaux dans la différence.

alice 08/03/2013 11:56


...Bravo  !!!!..merci à  toutes ...nos vaillantes  ainées !!!!!  et   .... toujours plus de Progrès ...toujours plus de Lumière.......dans le sillon que trace
 François Fillon..!.....alice

lecanu 08/03/2013 11:13


la route sera encore longue pour l egalité homme femme

VAUTHEROT 08/03/2013 09:52


Je suis nè en 1937,mon papa a été mobilisé en 1939 fait prisionné est rentré àla maison grabataire en 1944.Ma maman a dû se consacrer entiérement pour le soigner.J'ai donc été élevé par la soeur
de maman(ma tante)dont la fille unique(ma cousine germaine tuberculeuse était soignée sans un sanatorium)Ma tante compagne de l'acteur doublure de Jean Marais m'a inculqué une éducation trés
sévére qui ne tôlairait aucune faiblesse de ma part.DE retour chez mes parents en 1947 j'ai enfin connu mon papa,il marchait et avait repris son activité à la SNCF.Ma mamant  comme beaucoup
d'autres ont démontré que durant cette période la FRANCE C'est reconstruite grâce à ces femmes qui avec courage volonté est compétence ont réussi.Tout Homme digne de ce nom devrait
comprendre mon message.

moujeotte 08/03/2013 09:29


Faut-il pour autant imposer artificiellement une parité totale en inventant cette incongruïté qu'est le vote pour un couple femme homme pour les prochaines éléctions au conseil général des
départements ? N'est ce pas aussi humiliant pour les femmes que l'on soit contraint de voter pour elle par une obligation du code éléctoral ? N'est pas un peu excessif ? Ce binôme crée une
ambiguïté sur la qualité de chaque élu : pour ses compétences et son engagement ou par son sexe ?

Cieslik 08/03/2013 09:08


Oui nous ne sommes pas les plus en avance, mais pas les plus en retard non plus quand on regarde un peu e qui ce passe dans beaucoup d'autres pays. La ou nous avons un peu plus de diffcilutés
c'est dans le travail, la considération que nous avons du travail et ce n'est pas nouveau. Notre pays a besoin d'un renouveau et doit reconsidérer le travail d'une manière un peu plus positive.
Sur ce plan là, nous sommes assez loin du compte et beaucoup de nos jeunes diplômés pensent aujourd'hui à s'expatrier. Un sujet profond que les politiques devraient aborder avec humilité. Mais en
ont-ils  ?

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