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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 13:41

 


 

François Fillon rappelle que nous devons nous moderniser, et cela passe par deux choses : des finances publiques maîtrisées et une vraie politique de compétitivité, lors d'une rencontre avec des chefs d'entreprise au Perreux le mardi 10 avril 2012.

 

Mesdames et messieurs,

 

Quand Gilles CARREZ m’a proposé de venir vous parler de politique économique, j’ai accepté avec plaisir.

Comme Rapporteur général, au moment où les soubresauts de la crise économique nous imposaient d’agir dans l’urgence, Gilles a été un acteur incontournable dans la confection des réformes économiques, budgétaires, fiscales que nous avons conduites.

J’ai toujours pu compter sur sa solidité et son sérieux pour redresser nos finances publiques.

L’économie française est confrontée à des défis majeurs, et il ne faut pas illusionner les Français sur les conditions de notre redressement et de notre prospérité.

D’un côté, il faut nous dégager de la crise des dettes qui n’est pas finie, ce qui exige de l’Europe de mettre en œuvre rapidement les traités conclus pour renforcer la zone euro et conforter ses pare-feux face aux attaques spéculatives.

De l’autre, il faut assumer la bataille de la compétition internationale.

Ceux qui pensent que le monde s’adaptera à notre modèle économique et sociale et à nos habitudes font preuve de naïveté.

Nous devons nous moderniser, et cela passe par deux choses : des finances publiques maîtrisées et une vraie politique de compétitivité.

 

Un Etat grevé par sa dette et ses déficits n’a plus de marges de manœuvre.

Il est faible pour aller chercher la croissance.

Il est faible face aux marchés.

Il est condamné, à long terme, à faire payer la facture de son imprévoyance aux générations futures.

Suggérer, comme certains le font encore dans l’opposition, que la France peut prendre des libertés avec le retour à l’équilibre des comptes est une aberration. Sur les déficits, nous avons engagé un effort qui concerne l’Etat, les comptes sociaux, mais qui doit aussi concerner les collectivités locales.

Depuis deux ans, nous avons respecté notre trajectoire de redressement.

Nous avons même fait mieux que prévu, en réduisant le déficit public à 5,2% du PIB en 2011 au lieu de 6%.

Dès l’année prochaine, nous le ramènerons à 3% du PIB, un niveau à partir duquel notre dette n’augmentera plus, jusqu’à atteindre l’équilibre en 2016.

Je dis bien 2016, et non 2017. Car un petit décalage d’un an, comme veut se l’accorder le candidat socialiste, cela n’a rien d’anodin : c’est 34 Mds€ de dépenses en plus, et cela, c’est contraire à tous nos engagements.

Pour revenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2016, nous avons 115 Mds€ d’efforts à faire.

Notre cadre est clair : les deux tiers sous forme d’économies de dépenses, et un tiers par des ajustements fiscaux.

Car ce n’est pas en optant pour des hausses d’impôts massives, mortifères pour notre compétitivité ; qu’on équilibrera nos comptes publics et qu’on ira conquérir la croissance !

A côté de la réduction des déficits, il y a la compétitivité de la France.

 

Les paramètres de la compétitivité sont multiples :

  • c’est la productivité de l’Etat que nous avons cherchée à renforcer avec la RGPP qui s’est traduite pas une rationalisation de nos structures ;

  • c’est les efforts de simplification administrative : nous avons créé un Commissaire à la simplification, qui filtre tous les textes créateurs de normes règlementaires ; suite aux assises de la simplification organisées par le Gouvernement, 145 mesures ont été décidées - elles permettront de restituer plus d’un milliard d’euros aux entrepreneurs ;

  • c’est faciliter l’accès des PME aux marchés publics, à travers notamment la LME. Aujourd’hui, les PME sont concernées par 60 % des marchés et 27 % des montants ;

  • c’est la valorisation de la «matière grise» : en la matière nous avons mis le paquet avec la réforme des universités et le soutien à la recherche ;

  • c’est la réhabilitation de la valeur du travail, d’où l’utilité des heures supplémentaires défiscalisées dont l’intérêt a supplanté celui des RTT ;

  • c’est la responsabilisation du dialogue social : d’où l’importance, à mes yeux, de la réforme de la représentativité syndicale ;

  • c’est l’amélioration des liens entre donneurs d’ordre et sous-traitants, à travers le dispositif de médiation des relations inter-entreprises, dont un des objectifs est d’inciter les grandes entreprises à accompagner leurs sous-traitants à l’export ;

  • c’est la valorisation de l’esprit d’entreprendre. Avec le régime de l’auto-entrepreneur, nous avons permis à un million de Français de s’engager dans l’aventure entrepreneuriale. En 2011, un chiffre d’affaire d’environ 4 Mds€ a été généré. Sans ce régime, on estime que 3 auto-entrepreneurs sur 4 n’auraient pas créé d’entreprise. Nous avons aussi voulu limiter les risques auxquels sont exposés les entrepreneurs indépendants, en créant le statut de l’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL), une innovation majeure qu’attendaient tous les artisans, commerçants et professionnels libéraux. 6000 d’entre eux ont d’ores et déjà adopté ce régime.

 

La compétitivité, c’est évidemment l’investissement et l’innovation.

C’est le sens du programme des investissements d’avenir, qui a consacré 35 Mds€ aux projets d’excellence dans les secteurs d’avenir. Dans ce programme, 2,5 Mds € ont été exclusivement dédiés à la croissance des PME, et la place qu’occupent les PME dans les différents projets candidats a été un des critères de sélection des lauréats.

D’ailleurs, afin de ne pas saupoudrer l’argent public, nous avons instauré une méthode exemplaire de sélection des projets, notamment fondée sur des jurys internationaux.

Actuellement, les deux tiers des crédits sont déjà engagés sur ces projets sélectionnés.

La réforme de la taxe professionnelle a permis d’alléger de 5 milliards d’euros le fardeau qui pesait sur les entreprises.

Le triplement du crédit impôt-recherche a été décisif ; tout le monde le reconnaît aujourd’hui.

Certains voudraient l’accorder aux seules PME…

C’est un non-sens quand on sait que la dynamique industrielle est tirée par les grands groupes comme par les plus petits.

Chaque année, c’est près de 5 milliards d’euros qui sont restitués aux entreprises qui s’engagent dans la recherche et développement.

Entre 2008 et 2010, le nombre de projets d’implantations de centres de R&D en France a triplé.

Et pour les PME de moins de 8 ans qui consacrent 15% de leurs charges à la recherche et développement, le statut fiscal de jeune entreprise innovante permet de bénéficier d’un régime social et fiscal allégé.

Il fallait aussi aider les entreprises à se financer et à se moderniser.

La médiation du crédit a préservé les capacités de financement des entreprises.

Ce dispositif, mis en place en 2008 a permis de débloquer 3,7 Md€ pour plus de 15 000 entreprises, dont plus de 99% sont des PME.

Grâce à cela, il n’y a pas eu de réduction des encours de crédits pendant la crise.

A présent, la banque de l’industrie que nous sommes en train de créer va disposer de 1 milliards d’euros de fonds propres.

Elle permettra d’accorder plus de 12 milliards d’euros de prêts bancaires aux entreprises industrielles, notamment les 32 000 PME.

Quant au Fonds Stratégique d'Investissement, il a permis que l'Etat investisse directement dans les entreprises à fort potentiel de croissance. Un des axes prioritaires, à présent, c’est de favoriser une politique de filières cohérentes pour faciliter leur modernisation.

Pour décliner le soutien public à l’investissement en fonds propres dans les entreprises, nous avons mis en place FSI Régions, qui a pour mission d’orienter les PME vers le bon outil financier pour accompagner et soutenir leur développement, au plus près des territoires. Ce guichet s’accompagne également d’un numéro vert unique, le 0810 00 12 10, qui permet d’orienter de façon plus générale les entreprises vers le bon interlocuteur pour répondre à ses problématiques, quelles qu’elles soient.

 

Mesdames et messieurs,

Depuis 2007, nous n’avons pas tout réussi  et nous ne sommes pas toujours allés aussi loin que nous l’aurions voulu, mais nous avons réussi à bâtir un socle cohérent pour développer nos atouts économiques.

Maintenant il faut aller plus loin.

Récemment, nous avons décidé avec le président de la République de baisser le coût du travail dû au poids des charges sociales ; et pour financer cette baisse, nous avons choisi d’augmenter la TVA sur certains produits.

Ca n’a pas été facile, mais il faut savoir ce que l’on veut !

Si l’on veut défendre nos entreprises, si l’on veut créer des emplois, si l’on veut produire en France, le travail dans notre pays ne doit pas coûter plus cher que dans la moyenne des Etats européens !

Autre réforme que nous avons annoncée : c’est celle des accords de compétitivité qu’il faudrait pouvoir négocier dans chaque entreprise pour adapter l’organisation du travail en fonction des aléas du marché.

Ce serait une révolution dans notre droit du travail et dans le dialogue social.

Dans cette campagne électorale, Mesdames et Messieurs, tout le monde parle de croissance et d’emplois, mais il serait bon de rappeler que sans les entrepreneurs rien ne sera possible.

Je récuse ceux qui soupçonnent et critiquent l’esprit d’entreprise.

Je combats ceux qui, par démagogie, font la chasse aux talents et à ceux qui réussissent.

La sortie de la crise comme notre prospérité à venir dépend de vous ! La question est de savoir si nous allons nous battre contre le déclassement de notre pays et de l'Europe face à la concurrence internationale, et si on a le courage de prendre les mesures nécessaires à la lutte contre ce déclassement.

Aujourd'hui, nous sommes à un moment de l'histoire de notre pays et du continent européen où des questions vitales pour notre civilisation sont en train de se jouer.

Peut-être allez-vous trouver que je dramatise, comme à chaque élection, mais pensez un instant à la situation au lendemain de l'élection si par malheur notre candidat ne l'emportait pas.

Nous venons depuis plusieurs mois de nous mobiliser pour arrêter une immense spéculation.

Nous avons réussi à arrêter cette spéculation car nous avons pris les mesures nécessaires.

Il y a d'immenses pays qui nous lancent des défis.

Les programmes des candidats, les personnalités des candidats, leurs capacités à résister face à l'adversité doivent être au cœur des choix.

La première condition si on veut éviter le déclin et ainsi d’être submergé par la compétition économique, c'est de réduire les déficits.

Les bonnes décisions avaient été prises face à la crise.

Nous avons réussi à enclencher un mouvement de réduction de la dépense publique. Même si on est loin du compte, cela montre qu'il y a une méthode, qu'il y a une voie.

Mais cet objectif ne peut pas suffire si nous ne sommes pas capables de redonner de la compétitivité aux entreprises.

Nous avons mis en place des outils financiers, pris des mesures très courageuses en matière de réduction du coût du travail.

Il faut qu'on aime nos entreprises, qu'on soutienne nos entreprises et qu'on leur reconnaisse le droit à l'erreur. Reconnaître ce droit à l'erreur, c'est sans doute une des clés du succès de l'économie française.

Tout ce qui manque singulièrement dans les projets des candidats de gauche, c'est cet encouragement au risque.

Je ne fais pas partie de ceux qui opposent les petites entreprises aux grandes.

Il faut que les banques soient contrôlées tout en maintenant un flux de crédits suffisants pour assurer la croissance de notre économie.

Voilà ce que je voulais vous dire avec estime et amitié.

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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commentaires

MARIANE 17/04/2012 13:44


Si hollande est élu, il faut que les français aillent mettre à l'abri leurs épargnes dans des bas de laine.


VITE VITE AVANT LE 6 MAI.

MICHELE 17/04/2012 09:37


J'ai participé hier soir sur facebook à l'émission mots croisés.


Près de 8000 personnes en directes et possibilité de converser entre nous. Il y a des échanges très fructueux.


Dommage qu'il n'y ait pas plus d'émissions de ce genre qui permettent d'éclairer beaucoup de monde. ENFIN, JE NE M'EN SUIS PAS PRIVEE ET J'AI RAPPELE BEAUCOUP DE CHOSES SUR LE P.S. ET MELANCHON.

gaetan 16/04/2012 20:08


Faux ou plus exactement, pas seulement.


Avec un baril à 30 $ et jusqu'à 80 $, peut être, mais à plus de 100 $ depuis 2008, c'est faux. Il y a le feu à la maison.


Il y a une augmentation générale des matières premières due à la demande des pays émergents. Prix de vente des produits bloqués, oui, il faut investir et innover pour faire ses produits moins
chers, oui il faut innover pour trouver de nouveaux produits sans concurrence tout au moins sans concurrence encore.


Mais, l'investissement et l'innovation, cela prend du temps, il faut donc augmenter le temps de travail pour contrer la baisse de productivité dûe aux pays émergents. Cette mesure est à prendre
immédiatement pour porter un coup d'arrêt à l'hémorragie, le temps effectivement que l'innovation et l'investissement portent leurs fruits et prennent le relais.


Le TGV a été lancé dans les bureaux d'étude dans les années ... 60 avant de porter ses fruits dans les années 80. Les centrales nucléaires des années 80, pareil, c'est Pierre Messmer qui en 1973
a pris conscience du danger et a lancé le projet industriel. Souvenons nous de notre enfance : "En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées !"


Les suisses, les allemands et d'autres européens du Nord l'ont compris. Nous, non.


Les 35 heures sont toujours d'actualité. Vous n'avez pas regardé un bulletin de salaire depuis longtemps, avec ses lignes d'heures supp dès la 36e heure, ses compteurs de RTT ou de récupération
dès la ?? heure (quel est le seuil, le savez vous ? dites vous bien qu'une PME a encore plus de mal à le savoir, salarié par salarié), son compteur de congés.


Et ne parlons pas des indemnités de licenciement si l'entreprise s'enrhume. en général, la PME passe directement du rhume à la turberculose.


La compétitivité aujourd'hui passe d'abord par la réaugmentation du temps de travail pour gérer l'urgence.  


La baisse générale de chiffre d'affaires n'est que l'expression de la maitrise de la dette de la nation. Des milliards d'euros de moins dans une économie perfusée et cela donne des comptes
d'entreprise dans le rouge et des trésoreries qui s'ent vont vers 0.

Paulette BONNET 16/04/2012 19:24


Oui c'est vrai ! Nicolas Sarkozy est le meilleur Président de la République que nous ayons depuis Charles De Gaulle. Je crois en sa réélection. Il est indispensable qu'il continue son oeuvre avec
toute son équipe ! Bien cordialement, Paulette

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