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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:02

 


 

 

Depuis le début de la campagne, il y a un doute qui s’installe dans l’esprit des Français sur une question : est-ce que François HOLLANDE peut gouverner le pays ? Est-ce qu’il en a les capacités et le caractère ? Cette question ne se pose pas pour Nicolas SARKOZY. Il y a des gens qui aiment le président de la République, il y a des gens qui ne l’aiment pas. Il y a des gens qui n’aiment pas son style mais personne ne se pose la question de savoir s’il est capable de gouverner le pays dans une période qui est une période extrêmement difficile.

 

Quand on change en permanence de point de vue sur tous les sujets, qu’on annonce des choses qu’on sait qu’on ne fera pas sur le nucléaire, sur les retraites – quand on dit aux Français qu’on peut cotiser beaucoup plus longtemps mais maintenir la retraite à soixante ans ; chacun a compris juste que c’est impossible. Le dernier exemple en date, c’est la participation de la France à l’OTAN. François HOLLANDE était l’orateur du groupe socialiste pour porter une motion de censure contre mon gouvernement parce que nous avions décidé de rentrer complètement dans l’organisation de l’Atlantique nord ; il explique aujourd'hui que finalement ce n’est pas si mal et qu’on n’en sortira pas. Où est le caractère pour diriger notre pays ?

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:43

 


 
 

 

J’entendais encore François HOLLANDE hier, après Ségolène ROYAL, expliquer que nous avions fait 70 milliards de cadeaux aux plus riches. Je veux dire, personne n’est capable de documenter cette affirmation, c’est juste un mensonge. Quand on demande aux socialistes où sont ces cadeaux ? Ils mettent pêle-mêle la taxe professionnelle comme si c’était un cadeau aux plus riches, la TVA sur la restauration comme si c’était un cadeau aux plus riches, les heures supplémentaires comme si c’était un cadeau aux plus riches. Je pense que quand on veut être président de la République, on ne peut pas baser sa campagne sur des mensonges. Ce qu’il a fait en désignant la finance comme adversaire principal de son projet, et puis ensuite en donnant une interview à un journal britannique pour expliquer qu’il était très libéral. Ce qui est

d’ailleurs assez la tradition du Parti socialiste qui – quand il est dans l’opposition – est toujours très à gauche et quand il est au pouvoir est assez libéral, sur les retraites, sur les privatisations, sur la fiscalité. Tout le monde a oublié que le gouvernement de Lionel JOSPIN avait baissé l’impôt sur le revenu par exemple, ou que les riches étaient beaucoup moins taxés en 2000 qu’ils ne le sont aujourd’hui. Je pense que le mensonge ne peut pas servir de fondement à une campagne électorale responsable.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 18:45

 


 

François Fillon, Premier ministre, est l'invité de "des paroles et des actes" sur France 2 le jeudi 2 février 2011.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:17

François FILLON assure qu'il n'y aura pas de 3ème plan de rigueur au journal de 20H de France 2 le Mardi 6 décembre 2011.

 


 

 

  Interview du Premier ministre François FILLON

Invité de David PUJADAS au journal de 20H de France 2

 

Mardi 6 décembre 2011

 

 

David PUJADAS

Pour vous, c’est fait, la France est dégradée ou elle peut encore y échapper ?


François FILLON

Non pas du tout ! Vous savez, d’abord les agences de notation, c’est très important. Les gouvernements doivent en tenir compte. Elles donnent au fond un avis technique sur ce que pensent les marchés de la dette d’un pays. Mais ce n’est pas le seul élément qui doit conduire un gouvernement dans ses choix.


David PUJADAS

Mais ça veut dire que vous avez bon espoir que la France échappe à une dégradation de sa note ?


François FILLON

D’abord, la première chose, c’est qu’on fait tout pour conserver notre triple A et pour cela, le plus important, c’est de respecter la trajectoire financière qu’on s’est fixé. On a pris des engagements vis-à-vis de l’Europe, un déficit à 4,5 % en 2012, un déficit à 3 % en 2013. On fait tout ce qu’on peut pour que ceci soit respecté. Mais je veux dire aussi que le Gouvernement ne prendra pas de mesures qui seraient des mesures qui viendraient contrarier la croissance, ou qui seraient des mesures qui seraient totalement injustes, simplement parce qu’une agence de notation aurait menacé de dégrader notre pays.


David PUJADAS

Vous êtes en train de nous dire qu’il n’y aura pas de 3ème plan de rigueur, c’est décidé ?


François FILLON

Il n’y aura pas de 3ème plan de rigueur pour d’abord une première raison, c’est que l’agence qui vient de prendre des décisions de mise sous surveillance de tous les pays de la zone euro - qui a d’ailleurs plutôt adressé un message à la zone euro en disant à la zone euro au fond, les marchés ne comprennent pas comment vous fonctionnez, ils ne comprennent pas comment les décisions sont prises en Europe et ce qu’on vous demande, c’est de faire vite dans la mise en œuvre de réformes, de réforme de la gouvernance européenne et puis de réforme permettant de protéger l’euro - c’est vraiment le message principal de cette agence. Elle a adressé un 2ème message à chacun des pays et notamment…


David PUJADAS

Oui parce que nous sommes menacés de 2 crans de dégradation…


François FILLON

et notamment à la France, et au fond ce que nous dit cette agence, c’est qu’elle doute que les hypothèses de croissance sur lesquelles nous avons construit notre budget – que nous avons déjà réduit, 1 % pour l’année prochaine – se réalisent.


David PUJADAS

On parle de 0,3 ou 0,5 %, maintenant. C’est aussi ce sur quoi vous tablez ?


François FILLON

Il y a un consensus des experts autour de 0,5 %, mais l’agence indique aussi dans le même document que le Gouvernement français a montré jusqu’à maintenant une grande réactivité pour s’adapter à la situation. Et de fait, c’est ce que nous avons fait ! En août, il y a eu une baisse de la croissance, on a fait 12 milliards d’économie. En novembre, on a eu des informations sur la baisse de la croissance 2012, on a fait un 2ème plan de 7 milliards. Et j’ai mis 6 milliards en réserve dans le budget 2012, c’est-à-dire 6 milliards d’euros qui ne seront pas dépensés par les administrations et qu’on peut annuler si…


David PUJADAS

Si la croissance est encore plus faible…


François FILLON

la croissance est faible. Six milliards, c’est à peu près…


David PUJADAS

Ca suffira.


François FILLON

six milliards, c’est à peu près la différence entre une croissance à 1 % et une croissance à 0,5 %. S’il faut aller plus loin, s’il y a d’autres mesures qui doivent être prises, le Gouvernement français les prendra ! Simplement…

David PUJADAS

Ce n’est pas exclu.


François FILLON

Ce n’est pas exclu ! Simplement, nous ne les prendrons pas maintenant sur la foi de prévisions de croissance. On a fait, je crois, ce qui était juste et ce qui était nécessaire. S’il doit y avoir de nouveaux ajustements, ce sera sur la réalité de la croissance 2012 ! Et donc ça sera quand on connaîtra la croissance du 1er trimestre 2012, la croissance du 2ème trimestre, comme on a fait, d’ailleurs, cette année en 2011.


David PUJADAS

Nicolas SARKOZY, ce matin, dit : « La situation est grave ». Vous, vous avez parlé depuis des mois et des mois d’une « France en faillite ». Vous diriez quoi aujourd’hui ? Elle est préoccupante ? Elle est alarmante ?


François FILLON

Non, elle est grave…


David PUJADAS

On est au bord du précipice ?


François FILLON

Elle est grave parce que l’Europe connaît la crise la plus sérieuse depuis sa création. Puisque pour la première fois depuis que l’Europe a été créée, on se pose des questions sur le risque d’éclatement, non seulement de la zone euro, mais au fond de l’ensemble de la construction européenne.


David PUJADAS

Et plus grave pour l’Europe que pour le France, c’est ce que vous nous dites…


François FILLON

Ce ne serait pas grave pour la France si l’Europe n’était pas elle-même emportée dans cette tourmente ! Bien sûr que tous les pays européens sont trop endettés. La France fait partie de ceux qui sont particulièrement endettés, moins que d’autres ! Regardez aujourd’hui par exemple, la Grande-Bretagne a un déficit bien plus élevé que le nôtre, elle a une situation économique qui est très dégradée. Pourtant, elle ne subit pas, en tout cas pas pour le moment, la pression des agences de notation et c’est…


David PUJADAS

Parce qu’elle a une banque centrale qui est réactive…


François FILLON

Parce que les marchés comprennent comment fonctionne la Grande-Bretagne. Et donc les marchés ont grosso modo confiance dans la capacité de la Grande-Bretagne à rembourser ses dettes. S’agissant de la zone euro, les marchés considèrent qu’il n’y a pas de pilotage, il n’y a pas de gouvernement économique, en tout cas jusqu’à maintenant. Et surtout on a pris, au moment de l’affaire grecque, une décision qui était nécessaire pour la Grèce mais qui a paniqué les marchés, qui a consisté à dire « le secteur privé, les investisseurs privés, les épargnants qui ont acheté de la dette grecque, ils ne seront pas complètement remboursés ».

David PUJADAS

Le défaut partiel…

François FILLON

Et ça, c’est une des décisions qui ont été prises par le président de la République et par madame MERKEL hier, et qui est absolument fondamentale, qui n’est d’ailleurs pas été, à mon avis, assez mise en lumière, parce que c’est vraiment la décision qui pourra sauver les marchés…


David PUJADAS

On a dit « la Grèce restera un cas unique »…


François FILLON

C’est-à-dire qu’en fait l’Allemagne a accepté de renoncer à la mise en cause du secteur privé, des investisseurs privés en cas de restructuration d’une dette souveraine, et ça, c’est un élément de confiance très important.


David PUJADAS

On y revient, sur cet accord franco-allemand annoncé hier. Je vous propose d’écouter Jérôme CAHUZAC, pour le Parti socialiste, président de la Commission des Finances à l’Assemblée.


Jérôme CAHUZAC, Président (PS) de la Commission des finances à l’Assemblée nationale

Bonsoir, Monsieur le Premier ministre.  Au terme de sa mandature, le bilan de Nicolas SARKOZY est désolant : 1 million de chômeurs en plus, 75 milliards d’euros de déficit commercial, 500 milliards d’euros de dette de plus, 600.000 Français de plus qui vivent sous le seuil de pauvreté. Ce bilan, les Français le vivent et nos partenaires en Europe, les marchés, les agences de notation le connaissent. Que proposez-vous d’autre, Monsieur le Premier ministre, qu’un nouveau traité qui n’est qu’exclusivement punitif ? Que proposez-vous d’autre aux Français qu’un projet de traité qui n’annonce ni plus ni moins qu’un 3ème plan de rigueur ?


David PUJADAS

« Exclusivement punitif », vous répondez…


François FILLON

Ce qui est désolant, surtout, c’est le refus du Parti socialiste d’accepter qu’il y a une crise européenne. Le Parti socialiste voudrait démontrer que les difficultés sont françaises pour essayer d’affaiblir le président de la République et le gouvernement en vu des élections présidentielles. Tout le monde voit bien qu’on est dans une crise européenne majeure et pour résoudre cette crise européenne, il faut montrer aux marchés que nous avons pris la mesure de la gravité, que nous allons prendre les décisions nécessaires dans tous les pays européens pour réduire les déficits et on ne peut pas le faire sans un nouveau traité. Je rappelle d’ailleurs que ce nouveau traité faisait partie des engagements qui avaient été pris par tous les pays européens lors du dernier Conseil européen.


David PUJADAS

Monsieur le Premier ministre, la question est : on a l’impression que la France défendait beaucoup la solidarité, c’est-à-dire on se met tous ensemble pour affronter la question de la dette et aider les plus mal lotis. L’Allemagne défendait surtout la discipline, on a l’impression que ce traité, c’est surtout des règles de discipline et pas beaucoup de solidarité. C’est en ce sens qu’on se dit « l’Allemagne a imposé ses vues ».


François FILLON

J’ai entendu votre présentation hier soir, et pardonnez-moi, mais je trouve qu’elle n’est absolument pas exacte ! D’abord parce que’on ne compte pas les points ! Je veux dire, ce qui est en cause, c’est vraiment l’avenir de l’Europe, c’est l’avenir de notre monnaie commune ; donc il ne s’agit pas de compter les points entre la France et l’Allemagne ! La victoire, c’est si on sort de la crise, la défaite c’est si la zone euro éclate. Mais surtout, Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL ont – et d’ailleurs la presse allemande le saluait, et une partie de la presse française aujourd’hui – ont réussi depuis quelques mois, confrontés à la crise, à développer une capacité de compromis qui est absolument fondamentale pour l’avenir de l’Europe.


David PUJADAS

Mais est-ce que ça ne penche pas quand même plus dans un sens ?


François FILLON

Non pas du tout ! La discipline n’est pas allemande ! La révision générale des politiques publiques que beaucoup critiquent, qui a consisté à réduire le nombre d’administrations, le fait de ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite, le gel des dotations aux collectivités locales qui fait crier et qui fait grincer des dents beaucoup d’élus locaux, c’est bien de la discipline ! On est bien, depuis la fin de la crise financière de 2008, on est dans une phase qui est une phase de rigueur, de discipline budgétaire. Il n’y a pas une discipline allemande et une discipline française. Par ailleurs, on a, avec le Traité de Maastricht, qui, je le rappelle avait été négocié par François MITTERRAND, on a accepté des contraintes, on a accepté une discipline. Il faut la respecter ! Et c’est ce qui a été décidé hier par Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY, c’est-à-dire mettre en place un système de…


David PUJADAS

De sanctions…


François FILLON

sanctions quasi automatiques pour les pays qui ne respectent pas les règles, parce qu’ils mettent en cause…


David PUJADAS

Mais sanctionner la Grèce avec des amendes financières alors que déjà, elle ne peut plus…


François FILLON

Vous voyez bien que ça a un effet dissuasif !


David PUJADAS

financer son propre budget !

François FILLON

Ca aurait eu un effet dissuasif si ce dispositif avait été mis en place lorsqu’on a mis en place le Traité de Maastricht, ça aurait eu un effet dissuasif et la Grèce ne serait certainement pas dans la situation où elle est aujourd’hui.

David PUJADAS

Deux questions précises si vous le voulez bien, pour terminer. D’abord la règle d’or, elle aussi elle est contenue dans ce traité ; est-ce que la décision est prise de réunir le Parlement en congrès pour faire adopter cette règle d’or dans notre Constitution ?

François FILLON

Pour le moment, les socialistes continuent de s’opposer à cette règle d’or. François HOLLANDE était en Allemagne hier avec des socialistes qui ont adopté, eux, alors qu’ils sont dans l’opposition, une règle d’or dans leur pays. Mais manifestement ils n’ont pas réussi à le convaincre. Donc c’est le premier obstacle qu’on doit surmonter.

David PUJADAS

Donc c’est non pour l’instant.


François FILLON

C’est non pour l’instant. Mais je vais ajouter un point. C’est que la décision qui a été prise hier par la France et par l’Allemagne, et qui j’espère va être adoptée par l’ensemble des pays européens, c’est d’adopter une règle d’or identique dans tous les pays de la zone euro. Donc il va falloir une discussion entre les pays de la zone euro pour élaborer une règle d’or qui sera peut-être un peu différente de celle que nous avions nous-mêmes élaborée. Qui amènera peut-être les Allemands à modifier la leur. Et ensuite il y aura un traité et ce traité imposera la mise ne œuvre des règles d’or dans tous les pays de la zone euro.

David PUJADAS

Dernière question. C’est la vie quotidienne, mais beaucoup attendent sans doute votre réponse. Les prix du gaz : est-ce que là aussi, le Gouvernement a pris sa décision concernant l’augmentation de ces prix, sachant que le Conseil d’Etat réclame une augmentation ?


François FILLON

D’abord le Gouvernement doit respecter la décision du Conseil d’Etat. C’est le droit. Mais en même temps, je ne peux pas me résoudre, je ne me résous pas à une augmentation de 10 % du prix du gaz au mois de janvier, comme le prévoit la formule qui avait été mise en place pour le calculer. Donc je le dis clairement : je ne l’accepterai pas. Je considère que c’est une augmentation qui est excessive, qui n’est pas supportable par nos concitoyens. Donc on est en train de négocier avec…

David PUJADAS

Ca pourrait être de combien ?

François FILLON

les différents partenaires pour faire en sorte que le droit soit respecté naturellement, mais que le pouvoir d’achat de nos concitoyens soit préservé. Et donc je vous le dis, ça sera très inférieur à cette somme de 10%.

David PUJADAS

 

La moitié ?

François FILLON

Je souhaiterais même que ce soit en dessous de la moitié.


David PUJADAS

 

Merci, Monsieur le Premier ministre, d’avoir accepté notre invitation. Une dernière question, qui n’a rien à voir. Vous êtes plutôt musique classique ou rock ?


François FILLON

Je suis plutôt rock mais j’aime bien la musique classique, la musique baroque, mais enfin j’écoute beaucoup de rock.

 

 

 

 

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:22

 


 François Fillon explique sur TF1 les mesures du plan d'équilibre des finances publiques présentée à Matignon le 7 novembre 2011.

 

 

Laurence FERRARI

Notre invité est donc François FILLON, bonsoir Monsieur le Premier ministre.

François FILLON

Bonsoir.

Laurence FERRARI

Merci de répondre à nos questions. Vous persistez et signez : la France est proche de la faillite selon vous.

François FILLON

Non, ce que j’ai dit à plusieurs reprises, c'est que la faillite d’un pays est possible et on le voit avec ce qui se passe en Grèce.

Et vous savez, Madame FERRARI, au fond ce qu’on est en train de faire, c’est difficile, et je comprends toutes les critiques qui sont formulées par les uns ou par les autres, et il n’y a pas beaucoup de Gouvernements qui, à quelques mois des élections, auraient eu le courage de prendre les mesures qu’avec le Président de la République, nous avons décidées de prendre.

Mais nous l’avons fait parce que nous pensons que c’était notre devoir.

Notre devoir, c’est de protéger les Français des difficultés très graves auxquelles sont confrontés beaucoup de pays européens, qui justement n’ont pas pris à temps les décisions nécessaires, qui n’ont pas fait les réformes nécessaires et qui sont aujourd’hui obligés d’imposer à leur population des sacrifices qui sont extrêmement violents et qui n’ont rien à voir avec les mesures que nous prenons : la baisse des salaires, la baisse des retraites, des diminutions drastiques du nombre des emplois publics, la diminution de tous les investissements dans les grandes infrastructures. Toutes ces décisions-là, nous nous refusons à les prendre et parce que nous avons engagé des efforts, le plan du mois d’août, les efforts de réduction du budget 2011 et 2012, eh bien nous pouvons éviter cette situation.

Laurence FERRARI

Alors concernant les deux grandes mesures : la hausse de la TVA de 5,5 à 7%, on l’a vu, les professionnels du secteur vous disent que vous allez étouffer l’emploi. Que leur répondez-vous ?

François FILLON

Il ne faut pas exagérer les choses. S’agissant de la restauration, la TVA était à 19,6% jusqu’à maintenant. Nous avions pris l’engagement de la mettre au taux réduit, le taux réduit était à 5,5…

Laurence FERRARI

Est-ce que c’était une erreur justement de la ramener si bas ?

François FILLON

Non, la preuve, c’est qu’on la laisse au taux réduit. Le taux réduit désormais passe de 5,5% à 7% en France, ce qui d’ailleurs nous mettra au même niveau que l’Allemagne.

Je rappelle que nous avons aussi engagé un effort de convergence avec l’Allemagne, avec d’autres pays européens de la zone euro et je crois que, dans les difficultés que nous connaissons, un taux de TVA réduit de 7%, c’est parfaitement raisonnable.

Et toutes les catastrophes qui sont annoncées par les uns ou par les autres ne sont pas crédibles. Ce sont des discours qui ne sont pas crédibles. Alors que ce ne soit pas ce que souhaitaient les restaurateurs ou les métiers du bâtiment, que ce soit difficile, je le comprends. Mais il faut que tout le monde participe à l’effort pour permettre à notre pays à la fois de continuer à avoir une croissance – si on prend des mesures trop brutales, j’entends beaucoup d’économistes qui disent « ce n’est pas suffisant, c'est trop peu, il faut un plan plus lourd » mais à ce moment-là, c’est la croissance qui risque d’être cassée – ou alors faire ce qu’ont fait beaucoup d’autres, c'est-à-dire repousser les réformes à plus tard.

Je crois vraiment qu’aujourd’hui, dans la situation qui est celle de la France, nous n’avons pas le droit de choisir l’immobilisme.

Laurence FERRARI

Vous êtes au deuxième plan en trois mois ; est-ce que finalement il n’y a pas trop d’augmentations d’impôts sur celui-là et pas assez de réduction de dépenses ? C’est un des grands reproches qu’on vous fait.

François FILLON

Il y a sur la durée pluriannuelle, qui a été évoquée tout à l’heure c'est-à-dire jusqu’en 2016, il y a 55% de réduction de dépenses contre 45% d’augmentation d’impôts.

Les réductions de dépenses sont des réductions structurelles, c’est notamment le cas avec l’avancement de la réforme des retraites ou avec le fait d’indexer sur la croissance un certain nombre de prestations sociales. Je précise d’ailleurs au passage que la critique sur le fait que ces mesures frappent les plus modestes est une critique qui est polémique, qui est politicienne, qui est fausse…

Laurence FERRARI

C’est le Parti socialiste qui le dit…

François FILLON

puisque nous avons évidemment soigneusement protégé les minima sociaux, les retraites qui ne sont pas concernées par cette mesure et s’agissant de la TVA qui passe de 5,5 à 7%, nous avons évidemment protégé les produits de première nécessité, les produits alimentaires, l’énergie qui n’est pas concernée non plus par cette hausse de TVA. Donc ce sont à la fois des efforts qui sont demandés à tous les Français pour éviter une situation catastrophique que connaissent d’autres pays mais en même temps, ce sont des efforts qui sont justes.

Laurence FERRARI

Le volet social, la maîtrise des dépenses de santé : certains estiment que c’est une atteinte au modèle français.

François FILLON

Pas du tout, c’est au contraire pour le conserver.

Comment le modèle français pourrait-il survivre à des déficits qui se creuseraient ?

Nous allons réduire en deux ans de moitié le déficit de la Sécurité sociale. Nous choisissons de fixer à 2,5% le montant de l’augmentation des dépenses de santé - les dépenses de santé ne sont pas en baisse dans notre pays, elles vont continuer d’augmenter – simplement il faut maîtriser cette augmentation et s’agissant des mesures que j’ai proposées ce matin, elles vont surtout porter sur les médicaments, sur l’industrie pharmaceutique qui devra faire des efforts et sur la gestion globale du système de santé.

Laurence FERRARI

Il y a aussi des mesures assez symboliques, Monsieur le Premier ministre : le gel du salaire du Président, le vôtre, ainsi que des ministres… il est déjà effectif depuis deux ans puisque le gel d’indice des fonctionnaires était gelé.





François FILLON

Ce que j’ai indiqué, c'est que ce gel est désormais décidé jusqu’au retour à l’équilibre complet des comptes de notre pays.

Je rappelle que les comptes de la France n’ont jamais été en équilibre depuis 1975.

C’est donc une mesure qui a une vraie signification et qui ne porte naturellement que sur les membres du Gouvernement et le Président de la République, mais j’ai souhaité aussi que les parlementaires – c’est leur décision – s’appliquent la même mesure.

Et je pense que si les patrons des grandes entreprises françaises pouvaient faire la même chose, ce serait un bon exemple donné à nos concitoyens.

Laurence FERRARI

Et plutôt qu’un gel, pourquoi pas une baisse des salaires ?

François FILLON

Si on était amenés demain, et je pense que nous ne serons pas amenés à cette extrémité grâce aux mesures que nous prenons, mais si nous étions comme en Grèce ou comme au Portugal ou comme en Espagne, dans une situation où les salaires diminuent, où les retraites diminuent, bien sûr nous aurions pris cette décision. Ce n’est pas aujourd’hui cohérent avec la politique que nous conduisons.

Laurence FERRARI

Tout de même, les Français ont le sentiment que les efforts de l’Etat sont un peu disproportionnés par rapport à ceux qu’eux vont faire puisqu’il y aura quand même globalement des hausses d’impôt qui vont toucher un certain nombre de ménages.

François FILLON

Mais ce n’est pas exact parce que le budget de l’Etat va diminuer pour la première fois. J’ai dit à plusieurs reprises que c’était, le budget 2012, le budget le plus rigoureux depuis 1945…

Laurence FERRARI

Mais c’est 500 millions par rapport à 7 milliards !

François FILLON

Non, non, c’est la première fois depuis 1945 que le budget de l’Etat diminue, Madame FERRARI.

C’est la première fois, sans doute que c’était difficile à réaliser.

Et ce budget va diminuer de 1,5 milliard d’une année sur l’autre malgré les charges, malgré les contraintes qui sont celles de l’Etat et chaque année d’ici 2016, il diminuera d’un milliard d’euros. Je ne connais pas beaucoup de structures qui supportent des baisses aussi importantes.

Et je vous assure que s’agissant du train de vie de l’Etat, tout est regardé. Nous agirons sur tous les postes de dépenses pour faire en sorte que les engagements soient tenus.

Laurence FERRARI

Que répondez-vous au Parti socialiste qui dénonce notamment une opération de mystification ?

François FILLON

Je dis au Parti socialiste – bon, l’opposition est dans son rôle, elle critique et c’est normal – simplement quand on est un parti qui propose le retour à la retraite à soixante ans, ce qui déjà dans une situation économique normale est une mesure incompréhensible compte tenu de l’allongement de la durée de la vie - mais dans la situation économique qui est celle de la France aujourd’hui, par rapport aux autres pays européens où la retraite est à 65 ans, à 67 ans, c’est une mesure totalement irresponsable - quand on est dans un parti qui propose de recruter des fonctionnaires dans cette situation économique ou dans un parti qui est en train de marchander avec les Verts une espèce de vraie fausse sortie du nucléaire qui aurait comme conséquence immédiate l’augmentation du prix de l’énergie et qui aurait une autre conséquence tout aussi grave, c’est de ruiner un secteur qui est un secteur d’excellence de l’industrie française, franchement, on n’a pas de leçons à donner au Gouvernement.

Laurence FERRARI

Est-ce que vous ne craignez pas une montée du souverainisme, du nationalisme dans notre pays avec cette hostilité face à l’Europe ?

François FILLON

J’ai été souverainiste et je suis toujours extrêmement attaché à l’idée de l’indépendance de la nation française. Je pense qu’aujourd’hui dans la situation qui est celle du monde, alors que les années 2008-2012 seront sûrement dans l’histoire les années du basculement de l’économie vers l’Asie, les années qui marqueront la fin de la suprématie occidentale ; je pense vraiment que la défense de l’intérêt national, la défense de la nation française, la défense de la civilisation européenne passent par une très grande solidarité des pays européens et notamment de la zone euro. Et moi j’appelle aujourd’hui à plus de coopération, à une union plus forte notamment entre la France et l’Allemagne pour renforcer l’euro et pour que nous soyons capables de continuer à faire entendre notre voix dans un débat sur la mondialisation qui est un débat qui est naturel, qui va dans le sens de l’histoire mais qui en même temps est dangereux pour l’avenir de notre société.

Laurence FERRARI

On parle de l’Europe et on pense bien sûr à l’Italie qui a été à nouveau dans la tourmente avec beaucoup de rumeurs sur la démission de Silvio BERLUSCONI, il a démenti. Vous pensez qu’un nouveau Gouvernement aurait un impact favorable pour lutter contre la crise ?

François FILLON

Je ne veux pas m’immiscer dans les affaires intérieures de l’Italie. Je note simplement que l’Italie est dans une situation très très difficile, qu’il faut qu’elle agisse, qu’elle agisse vite. Le Gouvernement italien nous l’a promis, notamment à l’occasion du G20. Je fais confiance au Gouvernement italien quel qu’il soit pour tenir ses engagements.

Laurence FERRARI

Avant vous, il y a eu trois Premiers ministres – Raymond BARRE, Pierre MAUROY, Alain JUPPE – qui ont été des Premiers ministres qui ont annoncé des mesures de rigueur ; ce n’est pas l’idéal comme on veut se présenter comme vous, vous souhaitez le faire, en juin 2012 aux législatives.

François FILLON

Ce n’est vraiment pas ma préoccupation aujourd’hui. Je pense que ma conception de l’action publique, c’est de faire mon devoir et aujourd’hui, ce qui serait scandaleux, c’est que le Gouvernement laisse les choses filer, que le Gouvernement, parce qu’il y a des élections, considère que les problèmes peuvent être reportés après les élections.

Vraiment nous n’en avons pas le droit. Quand on voit les conséquences que les peuples subissent dans d’autres pays qui ont commis ces erreurs, qui ont été immobiles, on se dit que les décisions que nous prenons en ce moment, ce sont vraiment des décisions qui sont à l’honneur du Président de la République et du Gouvernement.



Laurence FERRARI

Vous pensez qu’elles vont convaincre les agences de notation et nous garder le triple A ? Les marchés aujourd’hui n’ont pas sanctionné très positivement le plan puisque la Bourse s’est repliée de 0,64%.

François FILLON

Oui, vous savez, on n’est pas, contrairement à ce que j’entends, obsédés par les agences de notation. La question, c’est moins les agences de notation que le volume d’emprunts que nous avons faits depuis trente ans. Si nous n’avions pas une dette aussi lourde, nous n’aurions pas à être préoccupés par les agences de notation et par les marchés. Donc je crois vraiment que l’effort que nous engageons – 65 milliards d’euros de réduction de notre dette publique d’ici 2016 sur les seules mesures que j’ai annoncées ce matin, un peu plus de 18 milliards pour 2012-2013 - ce sont des plans qui sont plus importants que beaucoup d’autres pays européens. L’Allemagne qui se porte mieux parce qu’elle a fait des efforts de manière plus précoce, va annoncer un plan d’une vingtaine de milliards d’euros d’économie, la Grande-Bretagne qui se porte moins bien, a annoncé un plan de l’ordre de 70 milliards ; vous voyez qu’avec 65 milliards d’économie, on est en train de faire des choses très importantes qui vont, j’en suis convaincu, rassurer les investisseurs sur les capacités de la France qui par ailleurs sont immenses, avec les richesses qui sont les nôtres, avec le savoir-faire qui est le nôtre, avec les atouts qui sont les nôtres.

Laurence FERRARI

Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, d’avoir réservé vos explications à TF1.

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 13:50

 


 

François FILLON explique pourquoi le projet du Parti socialiste est à côté de la plaque sur le plateau du journal de 20H de France 2, le Lundi 17 octobre 2011.

 

David PUJADAS

Retour maintenant à la politique avec notre page spéciale : le Premier ministre, le chef de la majorité, François FILLON, est notre invité. Merci d’avoir répondu à notre invitation. Priorité à l’actualité d’abord avec l’image de ces dernières 24 heures. Cette image, c’est celle de François HOLLANDE donc consacré candidat socialiste à l’issue de ces primaires, main dans la main ici avec Martine AUBRY. Alors vous disiez, François FILLON - c’est un vous général, dans la majorité – on n’a pas d’adversaire, le combat, la bataille n’a pas commencé. Désormais vous avez un adversaire. Comment le jugez-vous ? Est-ce que c’est un bon candidat ?



François FILLON

Je crois que tout candidat qui représente le Parti socialiste dans un pays aussi équilibré que le nôtre, où les élections présidentielles se jouent toujours à quelques centaines de milliers de voix, est un bon candidat. Simplement la question qui est posée maintenant, c’est est-ce que c’est un candidat qui a un projet politique qui lui est propre ou est-ce que c’est le candidat du projet du Parti socialiste ? Et pendant tous les débats innombrables auxquels nous avons assisté depuis plusieurs semaines, on a bien vu qu’au fond il y avait un projet du Parti socialiste qui était profondément anachronique, qui était profondément inadapté à la réalité de la situation économique. Ce projet, il s’imposera à tous les candidats et il s’impose maintenant à François HOLLANDE. Et le reste, c’était une sorte de casting, par ailleurs utile pour un parti qui en avait besoin, pour trouver un candidat, mais ce n’est pas, contrairement à ce qu’on a pu croire hier soir, le premier tour d’une élection présidentielle à trois tours. Il y a eu une sorte d’illusion d’optique due à l’overdose médiatique de ces derniers jours et je crois que maintenant il faut remettre les choses à l’endroit.





David PUJADAS

Sur le profil du candidat parce que ces primaires ont aussi été un débat sur les personnes et les tempéraments, qu’est-ce que vous diriez ? Lui-même se revendique comme souhaitant un président normal. Est-ce que vous comprenez cela ?



François FILLON

Je trouve que c’est trop tôt pour porter un jugement sur l’homme lui-même. On va voir tout au long de la campagne comment il réagit ; on n’a pas beaucoup de repères sur son expérience gouvernementale ou ministérielle, puisqu’il n’en a pas. Mais encore une fois je ne crois pas que ce soit le fond du sujet. Le fond du sujet, c’est le projet, c’est ce qu’il veut faire. Quand François HOLLANDE hier soir au fond commence, au moment où tous les yeux dans le monde entier sont rivés sur la zone euro, sur la crise financière, sur la possibilité pour la première fois qu’un Etat puissant, un Etat de la zone la plus riche du monde, de l’Europe, fasse faillite… quand on entend François HOLLANDE dire au fond : mon programme, c’est de « réenchanter » le rêve français, on se dit que vraiment le projet du Parti socialiste est à côté de la plaque. Il y a un temps pour le rêve, il y a peut-être eu un temps pour le rêve ; aujourd’hui, il y a un temps pour le principe de réalité. Le principe de réalité, c'est dans les quelques semaines qui viennent, comment fait-on pour éviter une catastrophe dans la zone euro, pour éviter que la crise de confiance ne se propage et qu’elle entraîne une récession dans le monde entier ? Ce sont des sujets dont on n’a pas parlé du tout pendant la primaire socialiste, ou très peu.



David PUJADAS

Est-ce qu’il est plus ou moins dangereux pour Nicolas SARKOZY que Martine AUBRY ?



François FILLON

Je crois que ça ne compte pas, ça, franchement. Ce qui compte, ce sont les projets, c’est l’idéologie qui est défendue par les uns et par les autres. Je ne crois pas qu’il y ait de candidat plus dangereux. Tout candidat représentant aujourd’hui la gauche en France est dangereux et l’a été dans les élections précédentes.



David PUJADAS

Alors un mot sur ces primaires qui se sont achevées cette fois ; il y a eu cacophonie à droite d’une certaine manière ; vous avez pris le contrepied de Nicolas SARKOZY à moins que ce ne soit l’inverse. Nicolas SARKOZY a déclaré en substance : ces primaires sont contraires à l’esprit de la 5e République. Vous, vous avez dit au contraire : elles sont modernes et elles s’imposent à la droite comme à la gauche.



François FILLON

J’ai dit que les primaires étaient un procédé intéressant et qu’il faudrait en tenir compte à l’avenir et je voudrais d’ailleurs ajouter que ce n’est pas une invention du Parti socialiste puisque nous avions avec Philippe SEGUIN et Charles PASQUA, réfléchi en son temps et d’ailleurs déposé un projet pour organiser des primaires à l’époque concernant notre famille politique. Là où le Président de la République a raison – et ce que j’ai dit à l’instant sur l’overdose médiatique vient appuyer cette démonstration – c’est qu’il ne faut pas se tromper d’élection : c’est un processus intéressant pour désigner un candidat dans un parti qui n’a pas d’autre moyen de le faire, qui n’a pas de candidat qui s’impose. Mais ces trois millions… deux millions et demi ou trois millions d’électeurs, il faut faire attention à l’illusion d’optique qui donne le sentiment comme on a pu le croire hier soir, que l’élection présidentielle était déjà jouée. L’élection présidentielle, c’est deux tours avec 45 millions d’électeurs. C’est ce que le Général de GAULLE a voulu et les primaires ne viennent en rien affaiblir cette élection présidentielle. Il faudra simplement réfléchir me semble-t-il parce que je crois que ce dispositif s’imposera ailleurs qu’à gauche, à éviter ce qu’on a connu avec le manque de hiérarchie dans l’information au fond… Vous avez un tremblement de terre, un tsunami au Japon, vous avez Dominique STRAUSS-KAHN qui est arrêté à New York, vous avez une primaire socialiste, c’est exactement la même chose en terme de couverture enfin grosso modo et je pense que ça pose un problème de hiérarchisation des priorités pour nos concitoyens. Et en même temps, on voit bien qu’un sujet chasse l’autre et que les réalités reviennent…



David PUJADAS

Mais elles ont suscité un vaste intérêt aussi tout de même, ces primaires, dans le public.



François FILLON

Bien sûr qu’elles suscitent un vaste intérêt. Mais ça ne peut pas éclipser le reste des débats politiques surtout au moment où vraiment notre pays est confronté à une crise d’une extrême gravité encore une fois, dans les quinze jours ou les trois semaines qui viennent, la question de savoir si la zone euro est menacée, si on va pouvoir sauver l’euro…



David PUJADAS

Elle va se poser avec acuité, on va évoquer le budget notamment… Un mot sur un autre sujet d’actualité François FILLON : on a appris il y a deux heures la mise en examen de Bernard SQUARCINI. François HOLLANDE justement demande sa démission. Apparemment Claude GUEANT, le ministre de l’Intérieur, donc son ministre de tutelle, le soutient ; est-ce qu’il doit démissionner ou pas ?



François FILLON

Les socialistes demandent toujours la démission des mis en examen, quand ils ne sont pas dans leur famille politique grosso modo ; mais quand un socialiste est mis en examen, personne ne demande sa démission. La vérité, c’est que d’abord je constate que la justice dans notre pays est très indépendante ; on nous dit tous les jours que ce n’est pas le cas, voilà encore une démonstration qu’il s’agit d’un fantasme. Deuxièmement, mettre quelqu’un en examen, ce n’est pas le déclarer coupable, comme vous le savez, il y a une présomption d’innocence dans notre pays ; elle vaut pour les fonctionnaires, comme pour les journalistes, comme pour les responsables politiques, comme pour tous les citoyens et donc c’est au terme de la procédure judiciaire que le Gouvernement devra prendre une décision s’agissant de l’avenir de monsieur SQUARCINI.



David PUJADAS

Un mot de votre cas personnel, de vos ambitions. Est-ce que vous pouvez nous confirmer ce soir après vos adieux il y a 48 heures aux habitants de la Sarthe où vous étiez élu depuis trente ans, que vous serez bien candidat aux législatives en 2012 à Paris ?

François FILLON

Ce n’est pas vraiment une question d’actualité puisqu’avant les élections législatives, comme vous le savez, il y a des élections présidentielles et avant les élections présidentielles, il y a six mois pendant lesquels il faut juguler une crise économique d’une très grande gravité. Simplement, j’ai dit que je serai candidat aux législatives à Paris parce qu’il y avait un certain nombre d’occasions qui me conduisaient à le faire et notamment le dernier Congrès des maires et adjoints de la Sarthe auquel j’ai participé…



David PUJADAS

Vous avez choisi la circonscription ?



François FILLON

Je l’ai choisie et tout le monde le sait. Mais je le fais simplement parce que je pense que je peux être utile dans un nouveau contexte politique, dans une capitale française où notre famille politique a rencontré beaucoup d’échecs, où il faut essayer de rassembler…



David PUJADAS

Et vous serez candidat en 2012 aux municipales ?



François FILLON

Ça, c’est une question qui ne se pose pas aujourd’hui ; il faut d’abord franchir les étapes les unes après les autres. Ce n’est pas une décision qui a été très facile à prendre pour moi, compte tenu de mon attachement à la Sarthe, du temps que j’y ai passé, du fait que j’y ai toujours été élu depuis 1981, à une seule exception, au premier tour. Mais je pense que, comme je l’ai dit dans la Sarthe, à emprunter toujours les mêmes chemins, on devient moins utile. Si je peux être utile à Paris, j’essaierai de l’être. Mais j’y viens avec beaucoup d’humilité.



David PUJADAS

Alors le budget. La France fait-elle les bons choix face à la crise ? Fait-elle suffisamment face à la crise ? Des voix s’élèvent dans votre propre majorité pour se demander effectivement si ce budget est à la hauteur de la conjoncture. Ecoutez Philippe MARINI qui préside désormais la Commission des finances au Sénat.



Philippe MARINI

Cher Premier ministre, je me souviens des combats que nous avons menés ensemble, notamment auprès de Philippe SEGUIN et je suis inquiet pour notre souveraineté nationale : est-ce qu’il ne faudrait pas aller plus vite pour réduire la dette, les déficits, les niches fiscales, afin de préserver notre autonomie de décision et pour faire en sorte que les marchés ne nous dictent pas ce que nous avons à faire, que la Commission de Bruxelles ne nous impose pas un semestre européen et que les agences de notation ne soient pas nos juges souverains ?







David PUJADAS

Pour donner un repère à ceux qui nous écoutent, François FILLON, je précise que vous avez décidé d’un train d’économies supplémentaires, compte tenu de la conjoncture, de 11 à 12 milliards pour 2012. Mais qu’entretemps les prévisions de croissance ont été encore revues à la baisse et il faut rappeler, regardez, qu’un point de croissance en France, c’est dix milliards de recettes. Alors est-ce qu’il ne faut pas réajuster à nouveau ce budget et en faire davantage pour réduire les déficits ?



François FILLON

D’abord la France c’est un grand pays, c’est un grand paquebot et on n’inverse pas les tendances comme ça. En trois ans, nous allons réduire par trois le rythme de la progression de la dépense . En 2012, pour la première fois depuis 1945, les dépenses de l’Etat vont baisser et grosso modo, si on essaie de qualifier l’effort que nous faisons, en 2012, c’est un effort de maîtrise de la dépense de 45 milliards d’euros, parce qu’il faut ajouter tout ce qu’il y a dans le budget et tout ce qu’on a rajouté au mois d’août ; comparés aux 20 milliards que vont faire les Allemands qui sont dans une situation meilleure que nous parce qu’ils ont fait des efforts et des réformes depuis plus longtemps et comparés à 70 ou 80 milliards que font les Britanniques, qui eux sont dans une situation moins bonne. Donc je crois que ça campe le décor. Ce que nous avons essayé de faire avec le Président de la République et avec le Gouvernement, c’est un budget qui à la fois permette d’atteindre les objectifs de 3% de déficit en 2013, en-dessous de 3% en 2014, 4,5% en 2012 ; et en même temps qui ne casse pas les moteurs de la croissance qui sont déjà très fragiles et qui ne provoque pas des injustices sociales comme certains pays l’ont fait en coupant de façon extrêmement brutale dans les dépenses. Donc j’entends bien Philippe MARINI, il se bat avec beaucoup d’intelligence et de courage pour réduire le déficit depuis très longtemps…



David PUJADAS

Il trouve que ce n’est pas assez…



François FILLON

Il sait en même temps que devant le Parlement souvent, on commence par demander beaucoup d’économies et ensuite lorsqu’il faut les voter, c’est plus difficile notamment lorsque ça concerne les collectivités locales.



David PUJADAS

Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir qu’il n’y aura pas un nouveau train d’économie pour ce budget 2012 ?



François FILLON

C’est un budget qui est bâti sur une croissance minimale de 1,5%, on l’a bâti sur 1,75 mais il fonctionne avec une croissance seulement à 1,5%...



David PUJADAS

Mais tous les instituts disent que ce sera plutôt 1,2…



François FILLON

Aujourd’hui c’est absolument impossible de dire à 2 ou 3 points ce que sera la croissance en 2012 pour une raison très simple, c’est qu’il y a une énorme menace qui pèse sur les prévisions de croissance, qui pèse sur l’économie mondiale, c’est la menace justement des dettes souveraines, de cet endettement public qui en particulier risque d’entraîner… ou pourrait entraîner la faillite de certains Etats. Donc c’est normal… quand on interroge les acteurs économiques, ils sont plutôt optimistes, ils disent que les carnets de commandes sont assez remplis, qu’il y a de l’activité mais en même temps ils sont paralysés par cette inquiétude de voir s’effondrer l’euro ou de voir se mettre en faillite des pays…



David PUJADAS

Donc vous dites : on sera pragmatique, on verra comment la situation évoluera…



François FILLON

Donc il faut d’abord régler cette question-là. Si nous sommes capables dans les quinze jours qui viennent – et c’est notamment ce à quoi s’emploient le Président de la République avec Angela MERKEL, qui ont préparé ensemble le sommet qui va avoir lieu le week-end prochain des pays de la zone euro – si nous sommes capables de mettre sur table – et les Français les proposent – des mesures qui sont des mesures suffisamment puissantes pour stopper la spéculation, pour faire comprendre une fois pour toutes au monde entier qu’on ne laissera pas tomber la Grèce…



David PUJADAS

Ce sera le cas ?



François FILLON

Bien sûr… enfin c’est ce que nous sommes en train d’essayer de faire. On se bat pour ça. Mais il faut mettre tout le monde d’accord autour de la table et c’est largement une question de confiance, qu’on ne laissera pas tomber soixante années de construction européenne simplement parce qu’il y a eu ici ou là des erreurs de gestion dans tel ou tel pays . si on fait en 2011 exactement ce qu’on a fait en 2008 – et c’était déjà à l’initiative du Président de la République - lorsqu’on a dit après la faillite de la banque américaine LEHMAN BROTHERS « il n’y aura pas de faillite de banques en France parce que les Etats seront solidaires » ; à ce moment-là on a stoppé la spéculation et on a fait revenir la confiance. Et il faut qu’on arrive à faire la même chose. Si on le fait, je n’ai pas d’inquiétude, il y aura de la croissance en 2012 et les 1,5 seront atteints. Si on n’y arrive pas, alors c’est grave, parce que ça veut dire que c’est le monde entier qui entre dans un risque de récession et alors il faudra prendre des mesures nouvelles mais comme vous avez pu le constater depuis quatre ans et en particulier ces derniers mois, on a toujours été au rendez-vous lorsqu’il a fallu réajuster le budget en fonction des prévisions de croissance. C’est ce que j’ai fait au mois d’août dernier.



David PUJADAS

Merci François FILLON d’avoir répondu à nos questions ce soir.

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 16:02

 


 

Le Premier ministre est l'invité du JT de 20h de TF1 afin d'expliquer les mesures nécessaires au respect strict des objectifs de déficits publics annoncées le mercredi 24 août 2011, à Matignon.

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 13:38

 


 

François FILLON répond aux questions de la presse après la réunion d’information du Parlement sur les suites du sommet de la zone euro à Matignon le vendredi 22 juillet 2011. (partie 1/2 déclaration liminaire)

 

 

Mesdames et Messieurs,

J’ai voulu avec Madame PECRESSE, Monsieur BAROIN, Monsieur LEONETTI recevoir les responsables des groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que les présidents de ces deux Assemblées pour les informer le plus directement possible sur l’accord qui est intervenu hier au Conseil européen et pour répondre à leurs questions.

Je leur ai dit que cet accord marque une étape absolument décisive dans l’histoire de la zone euro.

C’est une décision qui a été prise hier à Bruxelles qui est du même ordre que celle qui avait été prise à Paris – à l’Elysée – en 2008 en réponse à la crise financière.

A l’époque, c’est la mobilisation des principaux chefs de gouvernement européens, à l’initiative du président de la République, qui avait permis de dire  « il n’y aura pas de faillite de banques parce que les Etats garantiront les banques ». Et cet acte politique fort a mis un terme au danger systémique qui pesait sur le système financier international.

Et bien, hier soir de la même façon, les chefs de gouvernement européens ont dit « il n’y aura pas de faillite d’Etat dans la zone euro, parce que la solidarité de la zone euro sera totale ».

Le premier plan de soutien à la Grèce avait été jugé suffisant par le Fonds monétaire international et par les institutions européennes, il ne l’a pas été par les marchés qui ont estimé que la dette grecque n’était pas soutenable.

Il fallait donc agir, il fallait agir vite parce que les taux d’intérêt des pays sous assistance internationale, c'est-à-dire la Grèce, l’Irlande et le Portugal, avaient atteint des niveaux historiques ; et parce que les tensions sur les marchés commençaient à se propager à l’Espagne et à l’Italie, c'est-à-dire au fond au cœur de la zone euro.

Ce qui était en cause, c’était donc la capacité des Etats de la zone euro à se financer, mais c’était au-delà la capacité des économies européennes à se financer.

Le couple franco-allemand a une nouvelle fois joué un rôle essentiel pour trouver les bonnes solutions à la crise, et je crois que l’on peut dire que le couple franco-allemand est la clé de la stabilité de la zone euro, ce qui après tout est naturel compte tenu du poids de l’économie allemande et de l’économie française.

Alors s’agissant de l’accord lui-même maintenant, c’est un accord qui prévoit un nouveau programme de soutien financier à la Grèce, un programme de 109 milliards d’euros de nouvelles ressources, qui seront apportés par le Fonds européen de stabilité financière et par le Fonds monétaire.

C’est ensuite un accord qui prévoit un allongement de la durée des prêts et une baisse des taux d’intérêt, aussi bien pour la Grèce que pour les autres pays qui sont soutenus par la communauté internationale : le Portugal et l’Irlande.

C’est un accord qui prévoit une participation volontaire du secteur privé de 135 milliards d’euros en brut, et une baisse des taux d’intérêt s’agissant de l’aide à la Grèce, s’agissant des emprunts grecs comparables à ceux du soutien public autour de 4,5 %.

Enfin c’est un accord qui prévoit des modalités d’intervention du Fonds européen de stabilité financière considérablement assouplies puisque, et c’était, vous le savez, une demande française très ancienne, ce fonds pourra désormais intervenir de façon préventive lorsqu’il y a des risques de spéculation contre la dette d’un Etat de la zone euro.

Ce fonds pourra intervenir pour recapitaliser des institutions financières européennes, et ce fonds pourra intervenir sur le marché secondaire des dettes souveraines, ce qui va d’ailleurs permettre de mettre en place des mécanismes qui vont améliorer la soutenabilité de la dette grecque.

On peut dire que nous avons hier soir posé à Bruxelles les fondements d’un véritable Fonds monétaire européen.

Enfin, le plan qui a été adopté hier est un plan global, puisque c’est un plan qui permet de protéger non seulement la Grèce, mais tout autre pays dont la dette pourrait être attaquée par la spéculation.

C’est un plan qui s’attaque à la question de la croissance de l’économie grecque, qui est évidemment la clé de la sortie de la crise pour la Grèce.

Il a été en effet décidé hier de lancer un plan de croissance pour la Grèce, qui va mobiliser des fonds européens et la Banque européenne d’investissement.

C’est un accord qui a permis de renouveler l’engagement des Etats de la zone euro à réduire leur déficit en dessous de 3 % du Produit Intérieur Brut en 2013, l’Italie s’étant même engagée à le faire en 2012.

Enfin, c’est un accord qui prévoit la mise en œuvre de propositions ambitieuses dans les prochaines semaines sur la gouvernance économique de l’Europe, sur la mise en place d’un cadre budgétaire crédible pour les pays de la zone euro, ce qui me permet de dire que l’adoption de la règle d’or et de la réforme constitutionnelle que le gouvernement propose – et qui a été adoptée par une majorité au Sénat et à l’Assemblée nationale – est plus que jamais d’actualité.

C’est en effet désormais un effort conjoint des pays de la zone euro pour se doter de ce cadre budgétaire crédible qui doit être conduit.

Je voudrais dire, pour conclure, que ces décisions n’ont pas de coût direct pour nos finances publiques. Elles ont un coût indirect puisque nous allons participer à travers des garanties apportées sur les prêts qui seront consentis par le Fonds de stabilité européen à la Grèce.

Ceci aura donc une conséquence indirecte, c’est une augmentation d’ici 2014 de notre niveau d’endettement, compte tenu de l’intégration des garanties à hauteur, d’environ 15 milliards d’euros.

J’ai enfin indiqué aux représentants du Parlement que nous proposerions à leur décision une loi de finances rectificative dès la rentrée parlementaire.

Cette loi de finances rectificative est en effet nécessaire pour mettre en œuvre les nouvelles modalités d’intervention du Fonds européen de stabilité financière. Mais cette loi de finances rectificative ne portera pas augmentation des plafonds de garantie qui sont suffisants pour mettre en œuvre cet accord.

Voilà.

Pour conclure je dirai que les mécanismes de décisions en Europe sont complexes, et ils peuvent parfois nous conduire à regretter une certaine lenteur pour conclure des accords.

Mais en même temps, je voudrais vous faire remarquer que depuis le début de la crise financière, l’Europe a toujours été au rendez-vous pour apporter des réponses, elle a d’ailleurs souvent été au rendez-vous avant les autres grandes économies et notamment l’économie américaine ; et d’une certaine manière l’Europe sort renforcée à chaque fois des crises qu’elle doit affronter et qu’elle doit résoudre.

Il y a 2 ans, le mot de « gouvernement économique européen » était un mot qui n’était quasiment pas possible de prononcer autour de la table du Conseil.

Il y a 2 ans, on aurait indiqué que l’Europe allait se doter d’un Fonds de stabilité financière, personne ne l’aurait cru.

Il y a 2 ans, personne n’aurait imaginé que l’ensemble des Etats de la zone euro puisse avancer sur la voie de la mise en place d’une gouvernance économique européenne, comme cela a été le cas hier soir.

Donc je veux voir dans notre processus de décision européen complexe un aspect positif, l’Europe sort renforcée des crises qu’elle a à affronter.

 


 

François FILLON répond aux questions de la presse après la réunion d’information du Parlement sur les suites du sommet de la zone euro à Matignon le vendredi 22 juillet 2011. (partie 2/2 questions réponses)

 

 

Vous nous avez parlé d’un cadre budgétaire crédible dans lequel les Etats s’engagent, est-ce que ça veut dire que les Européens – et la France en particulier, les Français en particulier – doivent s’attendre à se serrer un petit peu plus la ceinture que ce qu’ils pouvaient présager ?

Non, ça veut dire tout simplement que les engagements que nous avons pris doivent être respectés. Nous avons pris l’engagement de ramener le déficit public en dessous de 3 % du PIB en 2013, cet objectif doit être atteint, c’est impératif et c’est désormais un souci que nous partageons avec l’ensemble des pays de la zone euro.

Cela suppose pas d’efforts supplémentaires, cela suppose de faire tous les efforts que nous avons annoncés, cela suppose de respecter à la lettre les engagements qui ont été pris dans le cadre de la loi de finance pluriannuelle, de continuer à réduire les niches fiscales, de continuer à réduire la dépense publique, de continuer à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, de continuer à demander aux collectivités locales de participer à l’effort collectif.

Ce que je souhaite, c’est que l’on puisse ajouter à l’ensemble de ces décisions et de ces dispositifs la révision de la Constitution, de façon à nous engager vraiment sur la voie de la convergence des économies européennes.

Et la convergence des économies européennes suppose que l’ensemble des Etats de la zone euro se dotent des mêmes instruments, aient les mêmes engagements et acceptent les mêmes contraintes.

L’an dernier, la Grèce a touché un premier plan d’aide de 110 milliards dont elle a touché à peu près la moitié, là c’était les Etats qui prêtaient directement à Athènes. Hier, on a cru comprendre lors du Sommet de Bruxelles que les conditions de prêt des Etats membres de la zone euro à la Grèce étaient allégées en termes de délais de paiement et en termes de taux d’intérêt. Donc ça n’aura aucun impact budgétaire ?

Cela n’a pas d’impact budgétaire dans la mesure où il s’agit de garanties que nous apportons au Fonds européen de stabilité. C’est le Fonds européen de stabilité qui porte les engagements, et les Etats apportent une garantie supplémentaire.

Et j’ai dit que pour la France, grosso modo aujourd’hui, le chiffre n’est pas d’une précision absolue, mais on peut estimer à 15 milliards d’ici 2014 l’engagement français.

Vous dites que pour respecter votre engagement d’un déficit public en dessous de 3 %, il va falloir poursuivre les économies. Est-ce que vous avez une idée du montant des économies qu’il faudra faire ?

 

 

Mais c’est voté par le Parlement. Nous avons voté une loi pluriannuelle qui nous donne toutes les données pour aboutir au résultat que nous nous sommes fixés, c'est-à-dire passer en dessous de 3 % du Produit Intérieur Brut. Donc il n’y a rien de nouveau dans tout cela, c’est la poursuite des efforts qui ont été votés par le Parlement dans les lois de finances pluriannuelles.

Monsieur le Premier ministre, question plus politique. Vous prenez désormais les habits d’un chef de campagne pour 2012. Le rôle de Nicolas SARKOZY dans cette nuit de négociations et dans le résultat des négociations, a-t-il joué un rôle majeur selon vous ?

Ecoutez, tout le monde l’a vu, tout le monde a bien vu que la France a joué un rôle central, d’abord dans l’élaboration d’un compromis acceptable par tout le monde, puis ensuite pour faire avancer des idées françaises, des idées que Nicolas SARKOZY défend depuis longtemps : le gouvernement économique européen, une régulation plus importante des marchés financiers, cela sera d’ailleurs le sujet qui sera au cœur de la négociation du G20.

 

Donc voilà, tout le monde le voit, la France est en première ligne, est au premier rang dans la gestion de cette crise depuis 2008. Et nous le faisons avec modestie, c'est-à-dire simplement parce que la France a un poids économique qui est le sien, mais aussi parce que nous défendons des valeurs européennes auxquelles nous sommes extrêmement attachées et que nous voulons faire partager à l’ensemble des pays de la zone euro.

 

Voilà, merci beaucoup Mesdames et Messieurs.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 14:15

 


 

François FILLON est l'invité d'Europe 1 et rappelle que "les réformes très profondes que nous avons engagées, qui sont en train de transformer la société française" le Mardi 12 juillet 2011.

Jean-Pierre ELKABBACH

Monsieur le Premier ministre, bienvenue, merci d’être avec nous en direct…

François FILLON

Bonjour.

Jean-Pierre ELKABBACH

Pour traiter de l’actualité et des perspectives de la rentrée. François FILLON, merci d’être là. Ce matin - tout de suite, 1 minute – est-ce que vous avez une pensée pour votre ministre de l'Intérieur, Claude GUEANT, qui subit à l’instant même un pontage coronarien, qu’il a révélé lui-même d’ailleurs ?

François FILLON

Oui, bien sûr. Les ministres sont des hommes et des femmes comme les autres. Claude GUEANT est en ce moment même à l’hôpital, où il se fait opérer du cœur, j’espère que tout se passera bien, et en tout cas je souhaite qu’il se rétablisse le plus vite possible, et mes pensées vont vers lui.

Jean-Pierre ELKABBACH

Il sera absent quelques semaines, ou il travaillera au ralenti, est-ce qu’il assurera, ou quelqu’un va assurer son intérim ?

François FILLON

Non non, ses médecins nous ont indiqué qu’il serait absent une semaine, et qu’il reprendrait ensuite ses fonctions, et je ne doute pas que ce sera le cas.

Jean-Pierre ELKABBACH

La surprise de l’aube. Le président de la République est en Afghanistan, c’est donc la stratégie du secret, de la surprise, d’un président de la République.

François FILLON

Enfin tous les présidents de la République ou les chefs de gouvernement qui se déplacent en Afghanistan font la même chose pour des raisons de sécurité, que chacun comprend bien. Le président de la République est allé en Afghanistan pour deux choses, d’abord pour, à la veille du 14 juillet, rendre hommage à nos soldats, rendre hommage au très lourd tribut qu’ils ont payé, mais aussi et surtout pour leur annoncer qu’à partir de maintenant nous allons engager un premier retrait d’Afghanistan, de 1000 soldats, correspondant aux mêmes proportions que le retrait américain, qui vont quitter l’Afghanistan d’ici 2012. Nous allons concentrer les forces qui resteront, environ 3000 hommes, sur la vallée de la Kapisa, qui est une des vallées dont nous avons la charge et qui n’est pas encore complètement sécurisée, et il va également leur indiquer que, en tout état de cause, en 2014, les forces françaises auront totalement quitté l’Afghanistan.

Jean-Pierre ELKABBACH

Il n’y aura plus un soldat français en Afghanistan à la fin 2014.

François FILLON

Plus exactement, les forces françaises qui assurent la sécurisation sur le terrain auront quitté l’Afghanistan, et il restera des forces pour assurer la formation des forces de sécurité afghanes, de l’Armée afghane, et surtout on fera un effort plus important en matière de coopération civile avec l’Afghanistan.

Jean-Pierre ELKABBACH

Le président de la République était en train de le dire, et il a ajouté que c’était 1000 sur 4000. Barack OBAMA, lui aussi, a décidé le départ par étapes de soldats américains jusqu’en septembre 2012, par hasard 1 mois avant l’élection de la Maison Blanche. Est-ce que la France, on va vous le dire, agit en toute indépendance, ou vous faites comme eux ?

François FILLON

Nous sommes dans une alliance. Les Américains ont à peu près 130 000 hommes sur le terrain, nous en avons 4000, ce serait un peu étrange d’avoir une stratégie différente à 4000. Je rappelle que c’est sous la présidence de Jacques CHIRAC et le gouvernement de Lionel JOSPIN que les forces françaises ont été engagées en Afghanistan, dans un consensus qui était d’ailleurs assez large au plan national, et au moment où ces forces se sont engagées, elles se sont engagées derrière les Américains, et personne, à l’époque, n’en n’a fait le reproche, puisqu’il s’agissait d’aller chercher BEN LADEN, ce qui a été fait.

Jean-Pierre ELKABBACH

Nicolas SARKOZY, chef des Armées, vient de dire « il faut savoir finir une guerre. » Or, c’est assez vrai parce que, François FILLON, les Occidentaux savent déclencher des interventions militaires, mais ils ne savent pas sortir d’un conflit. Est-ce que cette leçon de Kaboul va servir ?

François FILLON

D’abord ce n’est pas tout à fait exact. Nous avons récemment démontré en Côte-D’ivoire qu’on pouvait, en utilisant la force de façon raisonnée, permettre à la démocratie de triompher, c’est ce qu’on va essayer de faire et c’est ce qu’on essaie de faire en Libye. C’est plus compliqué, naturellement, en Libye, mais il y a des progrès depuis 4 mois, puisque, au fond, depuis 4 mois les forces de l’OTAN ont aidé les rebelles à reprendre du terrain, les rebelles ont repris du terrain, le colonel KADHAFI est plus isolé que jamais, ses moyens militaires sont extrêmement réduits. Et puis toute la communauté internationale, qui au départ était hésitante, est désormais complètement sur la ligne qui consiste à réclamer le départ du colonel KADHAFI pour engager des pourparlers politiques.

Jean-Pierre ELKABBACH

Cet après-midi, c’est vous, François FILLON, qui allez présenter à l’Assemblée le grand débat sur la Libye, si vous voulez on en reparlera un peu plus tard, dans cet entretien, et de la Côte-D’ivoire aussi. Mais pour finir avec l’Afghanistan, 2014, les Afghans auront le pouvoir, c'est-à-dire que les talibans gouverneront l’Afghanistan ?

François FILLON

Non Jean-Pierre ELKABBACH, on ne peut pas dire ça. Les talibans gouvernaient l’Afghanistan avant l’intervention américaine et l’intervention alliée, ils ont été chassés du pouvoir. Il y a aujourd’hui un gouvernement, il y a eu des élections, il y a une Constitution en Afghanistan, pourquoi considérer, a priori, qu’il n’y a aucun espoir d’instaurer un peu plus de démocratie, un peu plus de respect des droits de l’homme, en Afghanistan ? Je sais que c’est difficile, je ne l’ignore pas…

Jean-Pierre ELKABBACH

C’est un pari.



François FILLON

C’est un pari, mais en tout état de cause ce pari nous devions le faire. Et la deuxième chose que je veux dire c’est que les forces armées des pays occidentaux n’ont pas vocation à occuper des pays qui sont des pays indépendants.



Jean-Pierre ELKABBACH

Voilà une des leçons de l’affaire Kaboul et de l’Afghanistan. L’Europe, l’Europe croule sous les dettes des Etats, elle est incapable de trouver une solution pour la Grèce, alors qu’après le Portugal, l’Espagne, et même l’Italie, sont menacés, est-ce qu’aujourd’hui l’Europe est à nouveau profondément en crise ?

François FILLON

Vous me ferez le crédit, Jean-Pierre ELKABBACH, d’avoir tiré la sonnette d’alarme depuis 4 ans sur cette question de la dette.

Jean-Pierre ELKABBACH

Vous avez dit, et vous vous êtes fait tirer les oreilles un peu partout, vous avez dit « la faillite. »

François FILLON

J’avais même évoqué le mot de faillite, qui avait à l’époque beaucoup surpris…

Jean-Pierre ELKABBACH

Donc c’est la faillite des Etats en Europe ?

François FILLON

Non, ça veut dire simplement que la dette n’est plus supportable et que tous les Etats européens doivent engager un effort de réduction de la dépense publique. Alors, en même temps, il ne faut pas non plus céder à la panique qui s’empare régulièrement des marchés, dont on constate parfois qu’ils réagissent plus à l’émotion qu’à la raison…

Jean-Pierre ELKABBACH

Et à l’intérêt, mais on ne les maîtrise pas.

François FILLON

Parce que quand on regarde les choses avec un peu de recul, on s’aperçoit que l’Europe, c’est très difficile. A 27 c’est très difficile, dans la zone euro c’est très difficile, parce qu’on est nombreux, parce qu’on a des visions différentes des choses et parce qu’il faut beaucoup de temps pour se mettre d’accord. Mais si on regarde les choses avec un peu de recul, on a toujours réussi, depuis le début de la crise économique et financière, à trouver des solutions. C’est l’Europe qui a trouvé les solutions la première pour empêcher la catastrophe du système financier, c’est l’Europe qui a lancé la première, et notamment la France, les réflexions sur la régulation financière. On a trouvé des solutions à la question portugaise, ça a été très difficile, souvenez-vous des débats à l’époque, c’étaient à peu près les mêmes qu’aujourd’hui. On a trouvé des solutions à la question irlandaise et on a trouvé…



Jean-Pierre ELKABBACH

Oui, mais regardez le temps qu’il faut pour trouver une solution à la Grèce.

François FILLON

A chaque fois on progresse, Jean-Pierre ELKABBACH, à chaque fois on progresse. On est parti d’un système dans lequel personne ne voulait entendre parler d’une solidarité financière à l’égard de la Grèce, personne ne voulait entendre parler d’un gouvernement économique européen. Progressivement, je sais que c’est lent, on pourrait espérer que ça aille plus vite, mais progressivement…

Jean-Pierre ELKABBACH

Ça c’est la vision optimiste.

François FILLON

On a mis en place un fonds de 440 milliards d’euros pour assurer…

Jean-Pierre ELKABBACH

Mais qui est insuffisant, qui sera insuffisant, s’il faut aider le Portugal, l’Espagne…

François FILLON

S’il faut l’alimenter plus, il sera alimenté plus, mais on l’a mis en place ce fonds. Deuxièmement, on a mis en place, on a fait accepter à l’Allemagne l’idée de mettre en place un gouvernement économique de la zone euro, donc oui, c’est lent, oui c’est difficile, mais à chaque fois on progresse, et au fond, contrairement à une idée reçue, l’Europe se renforçait de chacune de ses crises.

Jean-Pierre ELKABBACH

Je note que c’est une conception optimiste de la situation. Est-ce que l’euro est menacé, là ?

François FILLON

Oui, c’est une conception optimiste qui est vérifiée par les faits, Jean-Pierre ELKABBACH. Par les faits.

Jean-Pierre ELKABBACH

Oui, mais ça prend du temps, et puis en même temps il y a des dégâts. Est-ce que l’euro est menacé ?





François FILLON

L’euro est à un niveau plus élevé aujourd’hui qu’il n’était quand il a été créé, il y a d’ailleurs beaucoup de gens qui trouvent qu’il est à un niveau trop elevé. La question n’est pas là, la question c’est la Grèce. La Grèce est dans une situation financière catastrophique en raison des fautes qu’elle a commises, des erreurs qui ont été commises, des mauvaises informations qui ont été fournies. Il faut que la Grèce fasse les efforts nécessaires pour réduire sa dépense publique. Elle les faits, il faut le reconnaître, même si c’est difficile, elle les faits, et il faut que la communauté internationale, et en particulier les pays de la zone euro, soient solidaires. Il y a un débat, que vous connaissez, sur la question de savoir quelle doit être la participation des établissements financiers. Cette participation doit se faire sous forme d’un dialogue, sous une forme volontaire, parce que tout ce qui ressemblerait à un défaut de paiement, à un incident de paiement de la Grèce, pourrait, comme ça a été le cas avec la crise aux Etats-Unis et la faillite de LEHMAN BROTHERS, entraîner une nouvelle crise financière. Et on n’a vraiment pas besoin d’une nouvelle crise financière au moment où il y a une véritable reprise de la croissance en Europe et dans le monde.

Jean-Pierre ELKABBACH

Est-ce que la France peut être épargnée, puisqu’on voit les pays les uns après les autres touchés ?

François FILLON

Ecoutez, la France fait tout ce qui est en son pouvoir pour réduire sa dépense publique. Et d’ailleurs le résultat il est là, c’est que la France conserve la meilleure notation, aujourd’hui, parmi les grands pays développés.



Jean-Pierre ELKABBACH

Ce matin les députés devraient voter en troisième lecture le texte adopté hier par les sénateurs sur la Règle d’or qui prévoit l’équilibre des finances publiques dans la Constitution. TRICHET, Jean-Claude, dit « c’est indispensable. » Les socialistes n’en veulent pas. Est-ce que le Congrès va être convoqué malgré cela, à Versailles, sur la Règle d’or ?

François FILLON

Ecoutez, les socialistes vont être devant leurs responsabilités. Avec les socialistes on va baisser le prix de l’essence, on va baisser le prix de l’électricité, on va baisser le prix du gaz, on va travailler moins, on va partir en retraite plus tôt. Et tout ça face à une situation européenne où on voit bien que les vieilles puissances industrielles européennes sont bousculées par un nouveau monde de 7 milliards d’habitants. Et ça va être le cœur, au fond, du débat qui va s’engager pour l’élection présidentielle. Il y a un problème de crédibilité.

Jean-Pierre ELKABBACH

Vous voulez dire qu’il y en a qui n’ont pas pris conscience de la crise actuelle ?

François FILLON

Je ne sais pas s’ils n’ont pas pris conscience ou s’ils pensent que pour gagner les élections il faut raconter des fadaises aux Français, mais la vérité c’est que nous allons mettre les socialistes devant leurs responsabilités. L’Assemblée nationale et le Sénat ont voté, dans des termes identiques, le texte sur la Règle d’or, c’est au président de la République de décider s’il veut convoquer le Congrès, on va le décider à l’automne…

Jean-Pierre ELKABBACH

Mais vous, vous êtes favorable au Congrès ? Vous y seriez favorable, vous ?

François FILLON

Bien sûr j’y suis favorable. Si on a mis en œuvre ces textes c’est évidemment pour qu’ils aboutissent.

Jean-Pierre ELKABBACH

Ça s’appelle le piège.

François FILLON

Non, ce n’est pas un piège. C’est se doter, comme beaucoup d’autres pays européens, d’une règle qui oblige les gouvernements à dire à l’avance, lorsqu’ils prennent le pouvoir, dans quelles conditions et dans quels délais ils vont ramener les comptes publics à l’équilibre. C’est une règle de bon sens.

Jean-Pierre ELKABBACH

François FILLON, avec Nicolas SARKOZY vous avez promis de défendre le pouvoir d’achat. Vous avez de bonnes occasions de le montrer. D’abord, les chiffres de l’inflation viennent d’apparaître, +0,06. Dans ces conditions, est-ce que sont revalorisés tout de suite, ou retardés, le SMIC d’abord ?

François FILLON

Pour le SMIC il n’y a pas de revalorisation aujourd’hui, compte tenu de la dernière revalorisation qui a eu lieu, il n’y a pas d’écart avec l’inflation compte tenu de ce qui a été fait. En revanche, ce qui va être revalorisé, c’est le Livret A, qui va…

Jean-Pierre ELKABBACH

A partir de…



François FILLON

Dont le taux va passer à 2,25% dans les prochains jours.



Jean-Pierre ELKABBACH

Au mois d’août.

François FILLON

C’est la preuve, d’ailleurs, que l’économie est vivante. Je me souviens des débats, lorsque le Livret A baissait parce que l’inflation était en baisse, aujourd’hui il y a un peu plus d’inflation, on augmente le taux du Livret A. Je me souviens aussi de tous les débats sur le Livret A lorsque sa distribution a été ouverte aux banques, on a dit que c’était la fin du Livret A, la gauche était déchaînée, il n’y a jamais eu autant d’argent sur le Livret A.

Jean-Pierre ELKABBACH

Rassurez-vous, il y a d’autres débats. TOTAL répercute les hausses des prix du pétrole dans ses 2000 stations services, de 1 à 4 centimes. Que peut faire l’Etat ? Que va-t-il faire ?

François FILLON

D’abord, on est très vigilant sur la répercussion des hausses et la répercussion des baisses. Christine LAGARDE avait installé un observatoire. Cet observatoire a fonctionné, il y a eu plus de 4000 contrôles qui ont été faits, et on a constaté que, en juin, la baisse a été très correctement répercutée par les distributeurs. C’est un peu moins sur le mois de mai, on est en train de faire des vérifications, et le ministre de l'Economie et des Finances, François BAROIN, va recevoir le président de TOTAL aujourd’hui même, pour s’assurer…

Jean-Pierre ELKABBACH

Quand il rentrera de Washington. Il est à Washington.

François FILLON

Pour s’assurer que les hausses ne vont pas être plus fortes que ce qui est nécessaire compte tenu de l’augmentation du prix du pétrole.

Jean-Pierre ELKABBACH

Mais qu’est-ce que va faire l’Etat en dehors de la gesticulation de recevoir pour la énième fois le patron de TOTAL ?

François FILLON

Non, ce n’est pas de la gesticulation, c’est de s’assurer que personne ne triche avec les prix. Mais il faut aussi dire la vérité, Jean-Pierre ELKABBACH. Dire aux Français que le pétrole va continuer d’augmenter, parce que c’est une ressource qui est limitée, parce qu’il y a 7 milliards d’habitants sur la terre, parce qu’il y a plus de croissance, parce qu’il y a plus de gens qui ont des véhicules, parce qu’il y a plus de besoins d’énergie, c’est une réalité.



Jean-Pierre ELKABBACH

Donc vous nous dites que le prix de l’énergie va être de plus en plus cher, et il faut s’y préparer. C’est ça ?

François FILLON

Et plutôt que d’inventer des solutions qui n’ont aucun sens si ce n’est de peser sur la croissance ou sur les impôts des Français, il faut travailler sur les alternatives au pétrole. Il faut travailler sur les économies d’énergie…

Jean-Pierre ELKABBACH

On va y venir, mais…

François FILLON

Non, mais c’est très très important.



Jean-Pierre ELKABBACH

Il y a deux propositions…

François FILLON

Les investissements d’avenir, que nous avons engagés…

Jean-Pierre ELKABBACH

Il y a une proposition de François HOLLANDE de stabiliser les prix pendant l’été. Est-ce que vous pouvez sanctuariser les 2 mois, 2,5 mois d’été, avec un moratoire sur les hausses ?

François FILLON

Au concours Lépine de la démagogie, il a gagné le premier prix. C’est ce que je disais tout à l’heure, on va baisser le prix de l’essence, on va baisser le prix du gaz, on va baisser le prix de l’électricité…

Jean-Pierre ELKABBACH

Oui, mais pourquoi vous ne pouvez pas faire baisser comme Martine AUBRY et François HOLLANDE vous le demandent, que l’Etat, à travers la TIPP, ne gagne aucune recette supplémentaire liée à la hausse de l’essence à la pompe.

François FILLON

C’est une belle solution, monsieur ELKABBACH. Ça consistera, pour l’Etat, à emprunter un peu plus, à endetter un peu plus la France, pour payer les dépenses publiques, que par ailleurs les socialistes nous reprochent en permanence de trop baisser. Si on baisse la TIPP, ça veut dire qu’il y aura moins de rentrées pour l’Etat, ça veut dire qu’il y aura moins d’argent public, dans l’Education, dans la Recherche, dans l’Enseignement supérieur, dans la Sécurité.

Jean-Pierre ELKABBACH

Donc, si TOTAL continue à monter, pour des raisons budgétaires, on ne peut rien faire, on laisse faire.

François FILLON

Il y a une donnée qui incontournable, c’est que la France n’a pas de pétrole, monsieur ELKABBACH, il n’y a pas de pétrole sur le sol français.

Jean-Pierre ELKABBACH

Je le sais, vous savez.

François FILLON

Voilà, donc on achète du pétrole dans des pays qui en produisent, et ces pays qui en produisent, ils montent ou ils baissent les coûts en fonction de la croissance, en fonction du marché.

Jean-Pierre ELKABBACH

Quand on veut dire, comme vous le dites ce matin, la vérité, c’est que les prix continueront de monter…

François FILLON

La vérité c’est qu’il peut y avoir des baisses et des hausses en fonction des fluctuations du marché, mais nous allons vers un renchérissement du prix des carburants fossiles. Donc il y a deux choses importantes, c’est les économies d’énergie ; il faut d’ailleurs faire remarquer aux Français que par exemple les moteurs de leurs voitures consomment beaucoup moins d’essence que dans le passé…

Jean-Pierre ELKABBACH

On y viendra. Dépêchez-vous d’avoir la voiture électrique.



François FILLON

Et deuxièmement, il faut continuer à investir dans le nucléaire, puisque le nucléaire est une alternative crédible…

Jean-Pierre ELKABBACH

On a compris, je vous le dirai tout à l’heure, mais TOTAL ne paie pas d’impôts en France. 800 millions d’euros sur 10 milliards, même si c’est gagné à l’extérieur. Grâce à une niche fiscale ancienne quatre entreprises, dont TOTAL, profitent du bénéfice mondial consolidé. Vous qui faites la chasse aux niches, François FILLON, est-ce que vous envisagez d’en finir avec ce régime fiscal particulier ?

François FILLON

Ça, encore, c’est une vieille histoire vraiment française. Où est-ce que TOTAL paie ses impôts, monsieur ELKABBACH ?

Jean-Pierre ELKABBACH

Dans 130 pays, je sais.

François FILLON

TOTAL paie ses impôts là où il extrait du pétrole. Je reviens d’Indonésie, vous pensez vraiment que l’Indonésie accepterait que demain TOTAL ne paie plus ses impôts en Indonésie pour les payer en France ? Qu’est-ce que ça veut dire ? TOTAL paie des impôts en France sur les activités qui sont les siennes en France, qui sont des activités de distribution, qui sont d’ailleurs des activités qui sont peu rentables. Donc on peut discuter de cette histoire de bénéfice mondial, j’ai même compris que le groupe TOTAL avait finalement fait ses calculs…

Jean-Pierre ELKABBACH

C’est ce qu’a dit Christophe de MARGERIE ici.

François FILLON

En indiquant que ce n’était pas si intéressant que ça, qu’il était prêt à l’abandonner, en tout cas ça n’apportera pas de ressources supplémentaires à la France, et les compagnies pétrolières continueront à payer des impôts là où elles extraient du pétrole.

Jean-Pierre ELKABBACH

Quand les socialistes vous disent, pas plus tard que ce matin, Martine AUBRY, « il faut taxer les bénéfices des pétroliers », vous répondez ?

François FILLON

Je réponds que tout ça n’a pas de sens, que ce n’est pas en taxant les bénéfices des pétroliers qu’on va rendre l’économie française plus compétitive, qu’on va créer des emplois, et qu’on va créer de la croissance. Les socialistes n’ont que des solutions démagogiques à proposer, ils refusent de regarder la réalité en face, ils essaient de tromper les Français. Je pense vraiment que cette question …

Jean-Pierre ELKABBACH

La campagne a commencé !

François FILLON

La campagne a commencé avec des propositions comme celle-là.

Jean-Pierre ELKABBACH

Monsieur le Premier ministre, la querelle autour des ragots et des rumeurs, cette fois, elle partirait de votre majorité, il parait, et en plus, du sommet de l’Etat ; qu’en dites-vous, Martine AUBRY se dit blindée contre les rumeurs méprisables, etc., est-ce qu’il est vrai qu’on a cherché autour d’elle, sans rien trouver, et qu’on s’attaque à son mari et à ses proches, à des dirigeants socialistes ?

François FILLON

Jean-Pierre ELKABBACH, moi, je hais les rumeurs, et j’aimerais que le Parti socialiste soit aussi prompt à dénoncer ceux qui lancent des rumeurs contre le président de la République par exemple, que celles qui touchent aujourd’hui Martine AUBRY. Je comprends parfaitement sa colère, mais je ne comprends pas sa méthode pour réagir. Ou bien, elle les ignore ou bien, elle attaque en justice ceux qui les propagent. Mais cette manière, qui consiste à faire courir des rumeurs sur les rumeurs, je pense que c’est la meilleure façon de leur donner de l’importance, notamment dans les médias, c’est une drôle de méthode, et en tout cas, je veux dire que la majorité n’a rien à voir avec ces rumeurs qui courent sur madame AUBRY et qui sont naturellement détestables.

Jean-Pierre ELKABBACH

Et est-ce que ce matin, vous pouvez affirmer que la vie privée de certains dirigeants politiques de haut niveau n’est surveillée par aucun service du ministère de l’Intérieur ?

François FILLON

Mais bien sûr, Jean-Pierre ELKABBACH, personne ne surveille la vie privée des hauts dirigeants politiques.

Jean-Pierre ELKABBACH

Il n’y a jamais eu de notes confidentielles, même avant le 14 mai et après concernant la vie privée de Dominique STRAUSS-KAHN ?

François FILLON

Bien sûr que non. Quand il y a un incident qui concerne…

Jean-Pierre ELKABBACH

Non, vous dites : bien sûr que non, mais ça a été prouvé…





François FILLON

Non, mais, moi, je vous dis : quand il y a un incident qui concerne une personnalité, il est normal que les autorités de l’Etat soient informées. Quand le directeur général du FMI est arrêté à New York, c’est la moindre des choses que le chef de l’Etat, le gouvernement français soient informés de ce qui s’est passé, comme sans doute le gouvernement…

Jean-Pierre ELKABBACH

Instantanément…

François FILLON

Mais bien sûr, comme sans doute le gouvernement américain. Mais il n’y a aucune enquête, c’était du temps de François MITTERRAND qu’il y avait des enquêtes sur les responsables politiques.

Jean-Pierre ELKABBACH

Et il n’y a aucune forme d’intervention, quand vous êtes informé, vous ne dites pas : faites votre devoir, continuez les enquêtes ou ne les continuez pas ?

François FILLON

Vous croyez vraiment qu’on a des contacts avec la police new-yorkaise, Monsieur ELKABBACH…

Jean-Pierre ELKABBACH

Est-ce que la campagne 2012 va voler aussi bas alors que les Français attendent autre chose, qui peut dire aujourd’hui : halte au feu et être crédible ?

François FILLON

Mais qui est responsable de cette campagne de caniveau…

Jean-Pierre ELKABBACH

C’est partagé…

François FILLON

Non, non, alors franchement, cherchez dans la majorité aujourd’hui, la majorité, d’abord, elle est concentrée sur le gouvernement du pays, elle est concentrée sur les débats, des débats d’ailleurs qui, parfois, donnent lieu à une saine émulation à l’intérieur de cette même majorité, on est en train de préparer le projet qui sera notre projet présidentiel. J’aimerais que les socialistes en fassent autant. Je pense que la méthode des primaires…



Jean-Pierre ELKABBACH

La méthode des primaires…

François FILLON

Oui, enfin, je pense que la méthode des primaires, comment dirais-je, génère beaucoup d’agressivité à l’intérieur même de la gauche, en tout cas, des débats qui sont plus des débats personnels, des débats de personnalités…

Jean-Pierre ELKABBACH

Vous n’allez pas pleurer…

François FILLON

Plutôt que des débats de fond…

Jean-Pierre ELKABBACH

Vous n’allez pas pleurer pour ça. Et pourtant, malgré ces débats, c’est la gauche qui est donnée gagnante.

François FILLON

Oui, enfin, vous savez, dans les élections présidentielles, les favoris n’ont jamais gagné dans l’histoire.

Jean-Pierre ELKABBACH

A partir de la rentrée, François FILLON, et jusqu’en avril 2012, est-ce que vous allez poursuivre les réformes ou vous déclarerez une pause ?

François FILLON

Non, il ne peut pas y avoir de pause, vous avez vous-même indiqué tout à l’heure la situation qui était celle de l’Europe, la nécessité de continuer à réduire la dépense publique dans notre pays, ce qui est une nécessité absolue, nous allons engager une grande réforme du financement de la dépendance, sur laquelle le président de la République va s’exprimer…

Jean-Pierre ELKABBACH

Mais est-ce que vous avez renoncé à taxer avant 2012 les hauts revenus ?

François FILLON

Non, pas du tout, nous sommes en train d’étudier une méthode qui permettrait de taxer les entreprises qui donnent à leurs dirigeants des revenus qui sont des revenus extravagants. Aujourd’hui, vous savez que les revenus n’entrent pas dans la base de calculs des bénéfices de l’entreprise et de la taxation de l’impôt sur les sociétés. Donc nous, nous voudrions que la partie des revenus qui dépasse des niveaux acceptables soit taxée à l’impôt sur les sociétés…

Jean-Pierre ELKABBACH

Ça, c’est dans les prochains mois.

François FILLON

Ça sera dans le cadre de la loi de Finances.

Jean-Pierre ELKABBACH

Eva JOLY va sortir vainqueur de la primaire écologiste, elle fait pression sur le PS, et dans le pays pour l’arrêt total et définitif des centrales nucléaires. Est-ce que vous, vous allez céder à la mode ?

François FILLON

Non seulement, je ne cède pas à la mode, mais je reviens au débat sur l’énergie, je voudrais que le Parti socialiste m’explique comment on va assurer aux Français une énergie bon marché sans nucléaire. C’est absolument impossible. L’essence et le gaz vont continuer d’augmenter, parce que la ressource est rare, les énergies renouvelables, nous venons de lancer un grand appel d’offre pour installer des éoliennes en mer qui vont permettre de produire l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Mais c’est des coûts extrêmement élevés. Et donc nous avons besoin du nucléaire. Et nous n’avons pas besoin d’un nucléaire qui soit un nucléaire figé dans la situation d’aujourd’hui, nous avons besoin de le faire évoluer, de le moderniser, de le rendre toujours plus sûr. Et donc il faut continuer à investir…

Jean-Pierre ELKABBACH

Comme à Fessenheim, où vous allez continuer pendant dix ans, au moins…

François FILLON

A Fessenheim. Toutes les centrales nucléaires françaises sont en train d’être soumises à des tests qui visent à les confronter à tout ce qui s’est passé à Fukushima. Même si la France n’est pas une terre avec des sismiques, mais on fait quand même la simulation, et à partir des résultats, on prendra les décisions nécessaires ; il n’y a aucune décision qui a été prise ni pour Fessenheim ni pour aucune autre centrale. Mais le plus important, c’est surtout, les investissements d’avenir que nous avons décidés pour travailler sur les réacteurs nucléaires de quatrième génération, pour travailler sur les économies d’énergie, pour travailler sur les…

Jean-Pierre ELKABBACH

Vous continuerez, c’est ça qui est intéressant…



François FILLON

Bien sûr qu’on continuera.

Jean-Pierre ELKABBACH

Le président de la République a donc dit, à Kaboul, « il faut savoir finir une guerre. » Est-ce qu’en Libye on va finir la guerre, est-ce qu’on va arrêter l’intervention militaire du côté de la France ?

François FILLON

D’abord, Jean-Pierre ELKABBACH, il faut rappeler pourquoi on a fait cette intervention en Libye, c’est pour sauver la vie de milliers de civils libyens qui étaient sur le point de se faire écraser par l’aviation et par les forces…

Jean-Pierre ELKABBACH

Ça c’était la résolution des Nations Unies.

François FILLON

C’est la résolution des Nations Unies.

Jean-Pierre ELKABBACH

Mais vous n’autorisez pas à liquider KADHAFI ou attendre qu’il quitte le pouvoir ?

François FILLON

Personne ne cherche à liquider KADHAFI, il n’y a aucune action militaire visant à tenter à la vie de KADHAFI, en revanche l’entêtement de KADHAFI à continuer le combat dans ces conditions, contre son propre peuple, le disqualifie pour…

Jean-Pierre ELKABBACH

Il faut qu’il s’en aille.

François FILLON

Il faut qu’il s’en aille, il faut qu’il quitte le pouvoir, il faut au moins qu’il quitte le pouvoir, après c’est aux Libyens de décider eux-mêmes…

Jean-Pierre ELKABBACH

S’il peut rester dans une tribu dans son pays.

François FILLON

De leur organisation, de la manière… la France n’entend pas, et l’OTAN n’entend pas gérer la Libye à la place de la Libye.

Jean-Pierre ELKABBACH

Est-ce que vous dites la même chose de la Syrie et d’ASSAD ? Hillary CLINTON a dit hier « ASSAD n’est pas indispensable. »

François FILLON

Je pense que le président ASSAD a franchi toutes les limites, et le silence du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la Syrie devient insupportable. Vous savez que la France a déposé, avec d’autres pays européens, une proposition de résolution, qui est bloquée par la Russie et qui est bloquée par la Chine, ce n’est plus acceptable. Ce qui s’est passé encore hier soir avec des agressions extrêmement violentes contre l’ambassade de France à Damas et contre l’ambassade des Etats-Unis, montre que ce régime est dans une fuite en avant, et chaque jour qui passe rend plus difficile le maintien au pouvoir du président ASSAD.

Jean-Pierre ELKABBACH

François FILLON, en mai 2012 vous aurez accompli tout un quinquennat, un mandat complet à Matignon.

François FILLON

Contre toutes les prévisions de vos confrères.

Jean-Pierre ELKABBACH

Est-ce qu’aujourd’hui les rôles, entre vous et le président de la République, sont enfin mieux équilibrés, mieux répartis, que les institutions de la Vème fonctionnent normalement ?

François FILLON

Vous savez que j’ai toujours plaidé pour la continuité dans l’action gouvernementale, et j’ai toujours fait remarquer que la France était le seul pays où on changeait de gouvernement plusieurs fois entre deux élections. C’est très important la continuité parce qu’on apprend à travailler ensemble, on est moins bon…

Jean-Pierre ELKABBACH

Combien de temps il vous a fallu pour travailler avec…

François FILLON

On est moins bon au début qu’à la fin. Il y a l’expérience qui joue, il y a la confrontation aux réalités, il y a la solidité dans la gestion des crises, il y a l’expérience de la loyauté.



Jean-Pierre ELKABBACH

On dit justement que le Nicolas SARKOZY de 2011 n’est plus le même que celui de 2007. Vous, vous le côtoyez, même depuis 2006, où est la différence.

François FILLON

On a tous changé parce que l’exercice du pouvoir vous transforme. Les responsabilités, le poids des responsabilités, des décisions d’une gravité extrême comme celle d’engager des forces en Libye ou en Afghanistan, ce sont des décisions qui changent la personnalité d’un homme.

Jean-Pierre ELKABBACH

En 2007 il proposait, et il pouvait proposer, le changement. En 2012 ?

François FILLON

En 2012, d’abord c’est à lui de faire son programme, ce n’est pas à moi. Mais je pense qu’en 2012 c’est la continuité qui s’imposera parce que les réformes très profondes que nous avons engagées, qui sont en train de transformer la société française, l’université, la recherche et l’innovation, le dialogue social, la réforme des régimes sociaux, ce sont des réformes qui ne vont donner des résultats que dans plusieurs années, et donc ce qui est très important c’est que le pays…

Jean-Pierre ELKABBACH

C’est que ce soit le même qui reste.

François FILLON

C’est que la même politique continue à être conduite.

Jean-Pierre ELKABBACH

Avant une rude bataille, c’est la dernière question, Napoléon disait « Bonaparte ferait gagner l’Empereur Napoléon », c’est lui qui le disait. Est-ce que vous dites « le candidat SARKOZY », alors qu’il est en baisse de popularité etc, « le candidat SARKOZY… »

François FILLON

Ça dépend des sondages, il y en a dans lesquels il est en hausse.

Jean-Pierre ELKABBACH

« Peut faire gagner le président SARKOZY » ?





François FILLON

Bien sûr. Nicolas SARKOZY a montré en 2007 qu’il avait une formidable capacité de rebond dans les campagnes électorales, mais il aura aussi un bilan crédible que je vais m’attacher à défendre à ses côtés.

Jean-Pierre ELKABBACH

Alors viendra le moment où vous pourrez vous intéresser à Paris peut-être. Après, non ?

François FILLON

Je m’interdis de m’intéresser à quoi que ce soit d’autre qu’à mes fonctions actuelles dont vous avez pu constater, avec les questions que vous m’avez posées, qu’elles sont assez lourdes.

Jean-Pierre ELKABBACH

Merci d’être venu en direct.













































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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 09:41

 


 

François FILLON s'adresse à la presse lors de sa visite à Jakarta le vendredi 1er juillet 2011.

 

C’est la troisième fois que je viens en Indonésie, mais c’est la première visite, dans ce pays, d’un chef de gouvernement français.

Il s’agit donc d’un moment très important dans notre relation bilatérale et ce moment est d’autant plus important que le président YUDHOYONO a accepté que cette visite soit l’occasion d’adopter le partenariat stratégique dont le principe avait été arrêté lors de son entretien à Paris en décembre 2009 avec le Président de la République, Nicolas SARKOZY.

Ce partenariat stratégique signifie que nous plaçons l’Indonésie sur le même plan que les autres grandes puissances asiatiques, qu’il s’agisse de la Chine, du Japon ou de l’Inde, avec lesquels nous avons négocié ce type d’accord.

L’Indonésie est un très grand pays ; c’est un pays qui a réussi sa transition démocratique ; c’est un pays qui est en plein essor économique et qui joue un rôle moteur dans le processus d’intégration régionale qui est à l’œuvre en Asie du Sud-est.

Enfin, et ça n’est pas le moins important pour nous, l’Indonésie est un pays qui a adopté un comportement exemplaire dans la gestion des grands problèmes de notre temps. Il était donc naturel que la France et l’Indonésie, dont les relations ne sont marquées par aucun différend, dont les économies sont à bien des égards complémentaires, et qui coopèrent aujourd’hui très activement dans le cadre du G20, il était naturel que nos deux pays se rejoignent et décident de rehausser l’intensité de leur relation.

Pour reprendre une formule dont on me dit qu’elle est souvent utilisée par le Président YUDHOYONO, je vous cite, Monsieur le Président : « si l’Indonésie veut avoir zéro ennemi et un millier d’amis », et bien moi, je vous dis que la France aspire à être aujourd’hui l’un des tout premiers amis de l’Indonésie.


Ce partenariat stratégique devra être la base d’un renforcement de nos relations dans tous les domaines.

D’abord l’économie où nous avons des marges très importantes pour accroître nos échanges, puisque la France n’est que le 12ème ou le 13ème fournisseur de l’Indonésie. Nous nous sommes fixé aujourd’hui un objectif très concret qui est de multiplier par deux les échanges commerciaux entre la France et l’Indonésie dans les cinq ans qui viennent.

Les accords qui viennent d’être signés dans le domaine de l’énergie, des matières premières, du tourisme offrent deux exemples de secteurs dans lesquels nos entreprises, du fait de leur complémentarité, du fait de leur ressource et du fait de leur savoir-faire respectif, ont tout à gagner à travailler ensemble.

Plus généralement, le développement durable, sous tous ses aspects, énergie faiblement carbonée, la question tellement importante en Indonésie de la gestion des eaux, le développement des infrastructures qui se fait en respectant l’environnement, et la biodiversité, tous ces domaines dans lesquels les entreprises françaises disposent d’une très grande expertise, doivent être un axe majeur du rapprochement de l’économie indonésienne et de l’économie française.

Le gouvernement français soutiendra ces partenariats, comme il l’a fait aujourd’hui, d’ailleurs, en proposant son soutien financier à des projets qui répondent aux besoins de l’Indonésie, notamment dans le domaine du transport urbain, ou de celui de la sécurité du transport aérien.

Je veux également évoquer la coopération en matière de défense et de sécurité, qui a été au cœur de nos discussions et qui est au cœur de notre partenariat stratégique

Nous voulons échanger de façon beaucoup plus systématique et beaucoup plus régulière sur les questions de la lutte contre le terrorisme, sur la question de la sécurisation des voies maritimes face à la piraterie et dans ce domaine, l’Indonésie a une expérience considérable, une expérience qui est celle de la réussite et du succès que nous devons utiliser ensemble pour la transposer dans des régions du monde où aujourd’hui, la piraterie crée un climat d’insécurité qui est extrêmement préjudiciable au développement des échanges.

Nous avons aussi évoqué la possibilité de développer nos industries de défense, et enfin notre engagement en commun dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Je pense que peu de Français savent que les Forces indonésiennes sont, depuis longtemps, aux côtés des Forces françaises au sud du Liban pour assurer le maintien de la paix dans cette région, entre les Forces libanaises et les Forces israéliennes.

Je pense enfin au rapprochement de nos sociétés et de nos concitoyens avec un instrument privilégié qui est celui de l’éducation et de la culture. J’ai eu la chance de rencontrer, ce matin, les étudiants de l’Universitas Indonesia et nous avons signé, cet après-midi, un accord pour favoriser le développement de projets concrets entre les universités françaises et nos jeunes chercheurs.

Un autre accord signé aujourd’hui porte sur la coopération dans le domaine de la muséologie ; j’espère qu’il permettra de mieux faire connaître toutes les facettes de la très ancienne et très belle culture indonésienne en France, au-delà des 150.000 Français qui visitent, chaque année, l’Indonésie.


C’est sur tous ces sujets que nous avons eu le plaisir d’échanger avec le Président YUDHOYONO. Bien entendu, nous avons également évoqué l’ordre du jour du G20, sur lequel nos vues sont extrêmement proches.

Je veux redire que la France entend faire de sa présidence du G20, une étape très importante dans le sens de la régulation de la mondialisation. Il s’agit de mettre en place des règles en matière de contrôle des institutions financières.

Les institutions financières ne peuvent pas faire n’importe quoi, elles ne peuvent pas mettre en œuvre des produits financiers qui se traduisent comme on l’a vu en 2008, par des catastrophes qui touchent le monde entier et qui se traduisent par du chômage, par de la misère.

Ces institutions financières doivent être contrôlées.

De la même façon, nous voulons que l’on avance sur la question des monnaies. Les grandes monnaies qui assurent les échanges dans notre monde doivent correspondre à la réalité des économies qu’elles représentent.

Et puis nous voulons agir sur les prix des matières premières. Il n’est pas sain pour l’économie mondiale que les cours des matières premières soient aussi variables et il n’est surtout pas sain que certains spéculent sans prendre aucun risque sur les matières premières, et en particulier sur les matières premières agricoles.

Il se trouve que sur tous ces sujets, nous avons, avec le président YUDHOYONO, une identité de vue absolue.

Nous avons enfin parlé des grands sujets régionaux et internationaux, des processus d’intégration régionale en Europe et en Asie, des révolutions dans les pays arabes ou encore du processus de paix au Proche-Orient, et j’ai saisi naturellement cette occasion pour informer le président YUDHOYONO de l’initiative de la France qui avait décidé de prendre pour organiser une conférence qui permette de mettre autour de la table les Israéliens, les Palestiniens, les Européens et tous les acteurs qui peuvent participer au règlement du conflit palestinien, et ceci dans les meilleurs délais, avant même que la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien soit posée à la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Enfin, je me suis réjouis que dans le cadre de la présidence française du G20 et de la présidence indonésienne de l’ASEAN, nous ayons des occasions de dialogue multiples autour des prochains mois.

La France sera très honorée d’accueillir le président YUDHOYONO à l’occasion du Sommet du G20 à Cannes, en novembre prochain, et au-delà, je pense que le partenariat stratégique que nous venons d’adopter va nous permettre de multiplier les rencontres et de faire vivre ce dialogue et cette coopération renforcée dans la durée.

 

 


 

François FILLON répond à la presse lors de sa visite à Jakarta, vendredi 1er juillet 2011.

 

Bonjour, je suis du JOURNAL DE JAKARTA. Je voudrais parler de la crise financière qui est vécue par un certain nombre de pays membres de l’Union européenne ; je voudrais savoir ce que le gouvernement français fait pour éviter cette crise. Et deuxièmement, qu’est-ce qui peut être fait pour que l’Indonésie n’ait pas à subir les effets d’une pareille crise si elle devait se développer.

Ce que traverse la Grèce, c’est une crise de la dette souveraine, c’est-à-dire que la Grèce est un pays qui est trop endetté, qui a commis un certain nombre d’erreurs dans le passé et qui est aujourd’hui en difficultés financières.

La Grèce appartient à la zone Euro et donc nous avons décidé, d’un commun accord avec le Fonds monétaire international, de venir en aide à la Grèce, c’est-à-dire de lui apporter les liquidités dont ce pays a besoin pour ne pas avoir à aller emprunter sur les marchés, puisque aujourd’hui, la Grèce emprunte sur les marchés à des taux qui sont incompatibles avec son redressement économique.

Je voudrais faire remarquer que depuis le début de la crise financière, l’Europe a toujours trouvé des solutions aux problèmes qui lui étaient posés.

La première décision qui a été prise par l’Europe, c’est juste après la chute de la banque LEHMAN BROTHERS, lorsque, dans une réunion qui s’est tenue à Paris, à l’Elysée, nous avons décidé -l’ensemble des pays européens- d’annoncer qu’aucune banque européenne ne ferait faillite parce que les Etats avaient décidé de garantir les liquidités des banques européennes.

En faisant cela – je mesure mes mots – nous avons stoppé la crise systémique qui était partie des Etats-Unis, qui était partie d’une décision américaine de laisser une banque déposer son bilan, décision qui était une décision très hasardeuse.

C’est donc l’Europe qui, d’une certaine manière, a empêché que cette crise économique et financière, qui a commencé aux Etats-Unis, ne devienne une crise systémique qui mette à plat l’ensemble du système financier international.

Ensuite, nous avons eu à traiter la question du Portugal, qui était un pays qui avait des déficits importants et qui avait des difficultés à trouver des financements sur les marchés internationaux. Nous avons réglé la question du Portugal en faisant jouer la solidarité européenne.

Ensuite, nous avons été confrontés aux difficultés de l’Irlande, qui était en situation complexe, en raison des erreurs commises par les banques irlandaises. Nous avons trouvé des solutions à la crise irlandaise en faisant preuve de solidarité européenne.

Et aujourd’hui avec la Grèce, nous faisons exactement la même chose. Nous avons d’ailleurs déjà apporté une aide à la Grèce il y a quelques mois ; nous allons en apporter une nouvelle dans les tout prochains jours ; nous attendions simplement, avec le Fonds monétaire international, que la Grèce accepte de mettre en œuvre un certain nombre de mesures pour assainir son économie et en particulier, qu’elle mette en œuvre un programme très ambitieux de privatisation dans un pays où la quasi-totalité ou en tout cas une très, très grande partie de l’économie est propriété de l’Etat.

Pendant cette crise, l’Union européenne a fait des progrès.

On ne voit toujours, lorsque l’on observe l’Union européenne de l’extérieur, que la difficulté qu’il y a à mettre d’accord 27 pays, et c’est vrai que c’est une difficulté qui est très grande. Mais on ne voit pas les progrès que chaque crise nous fait réaliser.

Depuis la crise financière de 2008, nous avons mis en place un fonds de garantie pour aider les Etats en difficulté, c’est un instrument, qui désormais, existe. Nous avons mis en place des sanctions beaucoup plus sévères pour les Etats, membres de la zone euro, qui ne respectent pas les engagements qu’ils ont pris en matière macroéconomique, et enfin, nous avons commencé à bâtir ce qu’on appelle un gouvernement économique de la zone Euro qui va nous permettre, demain, d’harmoniser la fiscalité, en tout cas d’avancer vers l’harmonisation des économies des pays de la zone euro.

Donc je suis, moi, très optimiste sur le fonctionnement de l’Union européenne. J’en mesure chaque jour les complexités, mais je vois aussi qu’à chaque crise, l’Union européenne a su répondre présente et elle répondra présente à l’occasion de la crise grecque, et donc l’Indonésie n’aura pas à subir les conséquences des difficultés que connaît aujourd’hui la Grèce.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, depuis de nombreuses années, le sort de Michaël BLANC et de Serge ATLAOUI, tous deux condamnés dans des affaires de trafics de stupéfiants, pèse sur les relations entre la France et l’Indonésie. Est-ce un sujet que vous avez évoquez ? Et je pense particulièrement au cas de Serge ATLAOUI qui est condamné à mort ? 

 

J’ai évoqué avec le Président YUDHOYONO, le cas ou les cas de ces deux personnes et leur développement récent, et je veux dire que le Président YUDHOYONO a déjà eu l’occasion de démontrer l’attention qu’il portait à ces dossiers et aux sentiments des familles.

J’ai notamment rappelé que les procédures lancées par nos compatriotes et par leurs avocats, se font et se feront naturellement dans le plein respect de la législation indonésienne. Je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée pour dire que notre Ambassade à Jakarta continuera de suivre au quotidien, comme elle le fait actuellement, la situation de nos compatriotes incarcérés, comme celle des membres de leur famille qui ont fait le choix de venir vivre au plus près d’eux en Indonésie, c’est le cas notamment de la mère de Michaël BLANC que j’ai eu l’occasion de rencontrer hier soir.

 

Une autre question, c’est de savoir en quoi le choix de Madame LAGARDE comme nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international peut favoriser l’intérêt des pays en développement. Une autre question, c’est sur le rôle de la France en Libye, la France qui aide sous la forme d’armements, les personnes et les groupes qui résistent au Colonel KADHAFI.

 

Sur la question du choix de Madame LAGARDE pour diriger le Fonds monétaire international, c’est évidemment, pour la France, un grand honneur que de voir Madame LAGARDE qui était ministre des Finances, qui était d’ailleurs la première femme ministre des Finances en France, qui est sans doute l’un des ministres des Finances qui ait eu le mandat le plus long dans notre pays, prendre la Direction générale du Fonds monétaire international.

C’est à Madame LAGARDE de s’exprimer sur la politique qu’elle conduira.

Je crois d’ailleurs l’avoir déjà entendue dire toute son attention pour les pays en développement et pour les déséquilibres qui constituent aujourd’hui autant de menaces pour la stabilité du monde ; je veux quand même ajouter que la politique du Fonds monétaire international est une politique qui est définie par son Conseil d’administration et donc par les Etats qui en sont membres.

Enfin sur la Libye, je veux vous dire que la France, avec d’autres pays européens et arabes, est intervenue à la demande des Nations unies, d’abord pour empêcher monsieur KADHAFI de bombarder avec ses avions et ses hélicoptères des populations civiles, et ensuite pour assurer un soutien aérien aux forces rebelles qui étaient sur le point d’être écrasées par l’armée du Colonel KADHAFI.

Nous n’avons cessé de lancer, dans le cadre du mandat des Nations unies qui nous a été confié, des appels à monsieur KADHAFI et à ceux qui l’entourent pour que les combats s’arrêtent, pour que l’on se mette autour d’une table pour décider d’une solution politique, mais chacun voit bien que plus le temps passe, plus cette situation devient difficile et plus il est clair que monsieur KADHAFI n’a pas sa place pour diriger la Libye aujourd’hui.

Il est coupable de trop de crimes contre son peuple pour pouvoir être encore légitime pour diriger la Libye.

Nous espérons que dans les tout prochains jours, les contacts pourront s’établir entre le Conseil de transition et un certain nombre de responsables politiques libyens de Tripoli pour que des solutions pacifiques soient trouvées.

Ca n’est pas à la France, ça n’est pas aux pays de la coalition de se mêler des affaires intérieures de la Libye et de décider de la manière dont la Libye doit être gouvernée. Mais c’est aux Nations unies et à la coalition, dont nous faisons partie, de faire en sorte qu’un gouvernement ne puisse pas massacrer avec des moyens militaires lourds, ses populations civiles.

C’est une situation qui était moralement inacceptable, et qui nous a conduits à intervenir.

Maintenant, nous souhaitons que le plus vite possible, le dialogue reprenne, que ce soit la politique qui l’emporte sur les armes et que la Libye puisse, comme c’est le cas en Tunisie, comme c’est le cas en Egypte, trouver les chemins de la démocratie, trouver les chemins du respect des Droits de l’homme et trouver les chemins de la justice.

 

Ma collègue indonésienne parlait du FMI. Il y a quelques semaines, vous évoquiez devant la majorité le fait que si les faits reprochés à Dominique STRAUS-KAHN étaient avérés, ils seraient extrêmement graves. Comment est-ce que vous réagissez aujourd’hui si, comme l’affirme le NEW YORK TIMES, ces faits sont faux et si toutes ces accusations s’écroulent ? Est-ce que pour vous, ça ouvre la voie, son retour en politique française est possible ?

 

Ecoutez, comme vous venez de l’indiquer à l’instant, je me suis bien gardé de faire des commentaires précipités au début de cette affaire. Et donc je vais me garder aujourd’hui de la même manière de tout commentaire précipité sur ce rebondissement annoncé qui n’est, pour le moment, qu’une rumeur.

Dominique STRAUSS-KAHN a droit au respect de la présomption d’innocence, et je pense que nous devons attendre sereinement que la justice américaine fasse son travail.

Je pense que c’est la seule conduite à tenir dans cette affaire. Ca a été la mienne au début, c’est la mienne aujourd’hui.

 

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 08:29

 

François FILLON reçoit Vladimir POUTINE, Président du gouvernement de la Fédération de Russie le Mardi 21 juin 2011.(1/2 déclaration liminaire)

 

Mesdames et Messieurs

 

Je voudrais d’abord dire devant la presse russe et la presse française, comme je l’ai fait il y a un instant avec Vladimir POUTINE, combien nous avons été touchés par la catastrophe aérienne qui a endeuillé hier soir la Russie et qui a fait plusieurs dizaines de morts, comme le Président de la République l’a fait ce matin j’ai présenté mes sincères condoléances à Vladimir POUTINE et je lui ai demandé de les transmettre également aux familles des victimes.

Nous avons depuis 4 ans renforcé considérablement les relations entre la France et la Russie et nous nous faisions la réflexion, hier soir et ce matin, que la plupart des projets que nous avions évoqués ensemble au cours de ces 4 années étaient désormais réalisés ou en voie de l’être : les échanges économiques entre la Russie et la France ont considérablement progressé, ils sont revenus au niveau d’avant la crise, c'est-à-dire qu’ils ont progressé d’une année sur l’autre de plus de 30%. Les visites croisées entre la France et la Russie sont très intenses, le président MEDVEDEV était au sommet du G8 à Deauville il y a un mois, il sera au sommet du G20 à Cannes. Alain JUPPÉ et Frédéric MITTERRAND se rendront prochainement en Russie et nous tiendrons avec Vladimir POUTINE le séminaire gouvernemental annuel à l’automne en France. L’année croisée elle-même a trouvé son prolongement grâce au lancement le mois prochain à Saint-Pétersbourg d’une académie franco-russe du cinéma et, grâce à la saison franco-russe, de la langue et de la littérature en 2012.

Des projets très emblématiques ont abouti : je pense d’abord à la vente des 2 premiers BPC de la classe MISTRAL, qui est une décision stratégique majeure et qui vient prouver que la Russie et la France savent que la guerre froide est révolue et que nous avons désormais engagé des relations stratégiques avec cet objectif de créer un grand espace économique entre l’Europe et la Russie. Je pense aussi au lancement du premier SOYOUZ depuis la Guyane, qui aura lieu après quelques retards, en octobre. Je pense aussi au début de la construction de l’autoroute Moscou – Saint-Pétersbourg par une grande entreprise française : VINCI.

Sur le plan économique nos échanges sont repartis à la hausse après la crise et poursuivent leur ascension alors même que nos 2 pays sont confrontés aux mêmes impératifs de modernisation. La France entend bien être au côté de la Russie dans cette entreprise en prenant part au programme ambitieux dans les domaines de l’innovation, je pense en particulier à notre participation à SKOLKOVO ; de la finance, nous contribuons de façon très directe au développement de la place financière de Moscou ; ou encore de l’efficacité énergétique, nous avions signé en décembre dernier l’acte de naissance du Centre franco-russe en matière d’efficacité énergétique qui, désormais, fonctionne.

La France se félicite d’être le 5ème investisseur étranger en Russie et le 5ème fournisseur de la Russie, mais nous voulons faire beaucoup plus qu’être simplement des fournisseurs et des clients, nous voulons développer des synergies industrielles et cet après-midi le SALON DU BOURGET, que Vladimir POUTINE va visiter, est un bon exemple de ces coopérations que nous sommes en train de créer ensemble. Nous allons assister, au Bourget… enfin nous allons voir l’avion SUPERJET 100, qui a été construit à 30% par des entreprises françaises ; nous verrons aussi le BERIEV 200, cet avion bombardier d’eau que la sécurité civile française va expérimenter tout au long de cet été, nous espérons qu’il s’agit là d’un début d’une coopération très prometteuse.

Nous avons aussi parlé d’autres projets économiques que nous suivons de près, comme le champ gazier de Shtokman, le projet ferroviaire de Ligne à Grande Vitesse entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Et puis nous avons évoqué les nouveaux chantiers que nous avions souhaité lancer en décembre : la santé, l’agriculture, ce sont 2 sujets sur lesquels les choses ont beaucoup progressé puisque les premières assises franco-russes de la santé auront lieu dans 15 jours à Moscou et la rencontre des ministres de l’Agriculture du G20 cette semaine à Paris doit beaucoup… enfin le succès de cette rencontre doit beaucoup à la très bonne coopération entre le ministre Français et le ministre Russe de l’Agriculture. Enfin, les présidents SARKOZY et MEDVEDEV ont décidé de travailler ensemble… enfin de faire travailler la France et la Russie ensemble sur la mise en valeur conjointe du Nord Caucase, ce qui est très positif, les travaux d’infrastructures qui sont liés devraient pouvoir faire l’objet de contrats avec les entreprises françaises.

Un mot, enfin, pour dire que nous avons abordé - et que nous allons aborder tout à l’heure au cours du déjeuner - les questions internationales et européennes avec Vladimir POUTINE. Sur les questions européennes, j’ai redit notre soutien à l’adhésion de la Russie à l’OMC avant la fin 2011. J’ai aussi rappelé les efforts de la France pour faire en sorte que les visas entre l’Europe et la Russie soient supprimés et nous avons beaucoup œuvré dans ce sens, il y a encore un certain nombre d’étapes à franchir. Et puis nous avons évidemment évoqué les questions énergétiques avec la construction du gazoduc Nord Stream auquel sont associées des entreprises françaises, la construction du gazoduc South Stream pour lequel il y a encore un certain nombre de négociations en cours. Et enfin, la coopération dans le domaine nucléaire, après l’accident de Fukushima la France et la Russie, qui sont 2 acteurs majeurs dans le domaine de l’énergie nucléaire, veulent démontrer la sûreté de l’industrie nucléaire en France et en Russie et nous avons décidé de prendre des initiatives dans ce sens. Voilà ! Enfin, je me suis réjouis d’avoir inauguré tout à l’heure, avec Vladimir, ce monument à la mémoire des soldats Russes qui ont participé à la Première guerre mondiale, c’était une idée de Frédéric MITTERRAND évoquée un soir très pluvieux, très tard au coin du feu, dans le pavillon de musique de Matignon et, moins de 18 mois après, ce monument a été inauguré et je trouve que c’est un beau symbole de la qualité de la relation entre la France et la Russie.

 

(2/2 questions réponses)

 

Question

Sur le soutien de la Russie à Madame LAGARDE pour la présidence du FMI et question sur la Grèce

François FILLON

Je laisserai Vladimir répondre sur la candidature de Madame LAGARDE ! Sur la Zone Euro, je voudrais dire que depuis le début de la crise économique et financière la première constatation qu’il faut faire c’est que l’Europe a montré sa capacité à réagir et à faire preuve de solidarité et, petit à petit, nous avons mis en place des instruments qui n’existaient pas à l’origine pour faire face à cette crise. Cela n’a pas toujours été facile, mais, à chaque fois, on a abouti, c’est ainsi que nous avons traité avec succès les difficultés que connaissait le Portugal, c’est ainsi que nous avons traité avec succès les difficultés de l’Irlande, et nous sommes, maintenant, confrontés aux difficultés que connaît la Grèce. Nous avons déjà beaucoup aidé financièrement la Grèce et nous sommes déterminés à continuer à l’aider, mais, pour le faire, il faut que les efforts de redressement que le Gouvernement Grec a engagé se poursuivent à la fois en ce qui concerne les finances publiques et en même temps en ce qui concerne la compétitivité de l’économie grecque, qui est la seule manière de sortir de façon durable de la situation que connaît aujourd’hui ce pays. Le déboursement de la nouvelle tranche d’aide venant des pays européens et du Fonds Monétaire International est ainsi attendu pour juillet, après l’approbation par le Parlement Grec de nouvelles mesures de consolidation budgétaire et de privatisation. Et je voudrais insister sur le fait qu’il est absolument nécessaire – et j’ai eu l’occasion de le dire aux responsables de l’opposition au Parlement Grec – que toutes les forces politiques grecques fassent preuve à cette occasion de la plus grande responsabilité dans une période qui est cruciale pour l’avenir de ce pays.

Alain BARLUET, journaliste au FIGARO

Oui ! Le journal LE FIGARO, Alain BARLUET, une question sur la Syrie à l’attention de Monsieur POUTINE. Monsieur le Premier ministre, pourquoi la Russie continue-t-elle de s’opposer à toute résolution du conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression en Syrie, plus généralement que comptez-vous faire face à une situation qui se dégrade chaque jour et dans laquelle même certains pays de la région qui sont, comme vous, attachés à la stabilité de la Syrie, comme la Turquie, ont commencé à prendre leurs distances avec le régime de Bachar AL-ASSAD ? Merci !

François FILLON

Juste un mot avant que vous ne me posiez votre question, même si la question ne m’était pas adressée, pour dire que nous allons poursuivre avec Alain JUPPÉ au cours du déjeuner la conversation avec Vladimir POUTINE sur cette question qui, pour nous, est extrêmement préoccupante de la situation en Syrie. Nous avons pris des positions extrêmement claires sur cette question, mais nous voulons agir dans la légalité internationale et donc nous considérons que le conseil de sécurité ne peut pas rester muet plus longtemps et le moment approche où chacun va devoir prendre ses responsabilités sur cette question qui ne peut pas nous laisser indifférent et nous allons poursuivre ensemble la discussion au cours du déjeuner puisque nous avons des approches qui sont, comment dirais-je, différentes mais qui peuvent peut-être se rejoindre, comme elles l’ont fait sur beaucoup d’autres sujets.

Question

Sur les partenariats entre la France et la Russie

François FILLON

Je veux simplement ajouter que, depuis 4 ans, nous mesurons les progrès qui ont été faits en ce qui concerne le climat des affaires en Russie et, ces progrès, évidemment ne sont pas étrangers au fait que les entreprises françaises ont beaucoup progressé sur le marché russe. Et elles ont beaucoup progressé, comme je l’ai dit au début de mon propos, dans le cadre de vrais partenariats : PEUGEOT – CITROËN vient de construire une usine automobile, RENAULT et AVTOVAZ sont très liés, TOTAL, EDF sont très engagés en Russie, ALSTOM a noué des partenariats de long terme. On évoquait à l’instant le partenariat aéronautique, alors oui le challenge c’est de faire mieux que la 5ème place, c’est incontestable, la première avant d’y arriver il y a la 4ème, la 3ème et la Seconde, la Russie est un très grand pays et la France a aussi des efforts à faire en matière de compétitivité, ce que nous faisons avec Christine LAGARDE depuis maintenant 4 ans. Mais vraiment la première fois que nous nous sommes rencontrés avec Vladimir POUTINE il y avait beaucoup de sujets de contentieux entre les entreprises françaises et la Russie, et entre la Russie et les entreprises, je dois reconnaître que, lors de cet entretien aujourd’hui, nous n’en avons trouvé aucun.

journaliste de FRANCE 24

Oui ! C’est une question pour Monsieur POUTINE ! S’il vous plait, dans un entretien accordé à la presse britannique cette semaine, votre Président Dmitri MEDVEDEV il a dit qu’il n’envisageait pas le scénario dans lequel il s’opposerait à vous dans une élection présidentielle russe, est-ce que vous allez vous présenter dans cette élection en 2012 ? Sinon, quand est-ce que vous allez prendre la décision ? Pourquoi est-ce qu’il y a tellement d’incertitudes, Monsieur POUTINE ?

François FILLON

Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs, je trouve une nouvelle vertu à la venue de Vladimir POUTINE, quand il est là on parle de la situation politique en Russie et pas en France, c’est un vrai plaisir pour le Premier ministre.

































 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 16:23

 

François Fillon répond à la presse à l'occasion d'un déplacement à Rueil-Malmaison (92) le lundi 7 mars 2011

L’égalité professionnelle, c’est vraiment pour le gouvernement une question essentielle sur laquelle on a pris des décisions.

Il y a eu quatre lois qui ont été votées depuis le début de la législature sur ce sujet. La première va permettre de pénaliser les entreprises de plus de 500 personnes qui n’atteindraient pas le chiffre de 40% de femmes dans les conseils d’administration en 2017. La deuxième, que Roselyne BACHELOT est en train de mettre en œuvre, va permettre à partir de 2012 de pénaliser financièrement les entreprises de plus de 50 salariés, qui ne mettraient pas en place des outils pour lutter contre les différences de salaires entre les hommes et les femmes. Et puis, on travaille sur la question de l’alternance pour essayer de convaincre les jeunes femmes d’aller vers des métiers qui sont aujourd’hui considérés à tort comme des métiers d’homme, c’est un vrai frein à l’égalité professionnelle.

Et enfin il y a toute la question des conditions de vie de la famille et des moyens à mettre en œuvre pour aider les mères de famille à conserver leur travail et Roselyne BACHELOT doit dans quelques jours réunir les partenaires sociaux sur ce sujet.

Donc on avance, on a encore des progrès à faire et j’ai voulu montrer ici chez SCHNEIDER ELECTRIC qu’il y avait des entreprises qui avaient des politiques qui conduisaient de façon très efficace à la réduction de ces inégalités.



Intervenant

Monsieur le Premier ministre, au-delà des polémiques qu’il peut y avoir sur la forme du sondage qui a été évoqué ce week-end, tout le monde reconnaît que Marine LE PEN rencontre une forme de succès auprès d’un certain nombre d’électeurs. Est-ce que ça vous inquiète pour 2012 et comment est-ce que vous expliquez ça ?



François FILLON

Je vais vous dire, je n’ai pas besoin d’un sondage par ailleurs douteux, réalisé à quatorze mois des élections présidentielles, pour savoir que l’élection présidentielle de 2012 va être difficile. On est dans un pays qui vient de connaître une crise économique et financière très importante, qui a naturellement des répercussions sociales et on est dans un monde où les évènements qui se produisent de l’autre côté de la Méditerranée ouvrent beaucoup d’espoirs mais aussi beaucoup d’inquiétudes. Des inquiétudes sur les flux migratoires, des inquiétudes sur la paix tout simplement, des inquiétudes sur les prix des matières premières.

Donc la première chose que je veux dire, c’est que le travail du Premier ministre et du gouvernement, c’est de garder son sang-froid, c’est de se concentrer sur les choses qui sont importantes : la lutte contre le chômage, la croissance économique, la sécurité des Français.

Et puis la deuxième chose que je voudrais dire, c’est que l’opposition doit aussi s’interroger sur sa propre attitude et sur sa propre responsabilité dans cette situation. Que l’on ait un débat d’idées, c’est normal, mais que depuis quatre ans, jour après jour, avec une violence extrême, le Parti socialiste dénigre le Président de la République en employant des formules dont les plus récentes sont absolument odieuses, cela a aussi une conséquence sur le débat politique.

Et donc moi j’attends que l’opposition fasse des propositions, entre maintenant dans une campagne qui consiste à proposer des solutions réalistes aux problèmes de notre pays, et alors je suis convaincu que les résultats seront très éloignés de ce fameux sondage.



 

Intervenante

Est-ce que vous ne pensez pas quand même que ce débat sur la laïcité et l’islam tombe mal et offre une nouvelle brèche pour Marine LE PEN ?



François FILLON

Je pense que cela n’a rien à voir. Ce sont les sujets d’inquiétude de la société française qui comptent, ce ne sont pas les débats qui sont ouverts. Et la formule que vous avez utilisée « quand même », montre bien que c’est un artifice de langage, pour rattacher un sujet qui n’a pas de rapport de mon point de vue avec le débat.


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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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