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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 20:33

 

François Fillon est l'invité de Jean-Michel Apathie sur RTL le lundi 28 février 2011.
 

Jean-Michel APHATIE

Bonjour François FILLON.



François FILLON

Bonjour Jean-Michel APHATIE.



Jean-Michel APHATIE

Pourquoi Michèle ALLIOT-MARIE a-t-elle dû quitter le ministère des Affaires étrangères, parce qu’elle a été victime – comme elle l’écrit dans sa lettre de démission – d’une cabale politique et médiatique, ou bien parce que son épisode de vacances tunisiennes a constitué une faute au regard de la morale publique ?



François FILLON

Je crois que la décision que nous avons prise hier avec le Président de la République, c’est un acte stratégique. Face à une accélération de l’histoire, qui va avoir des conséquences que nous ne sommes pas d’ailleurs aujourd’hui en mesure d’imaginer sur l’économie mondiale, sur nos pays, sur l’ordre mondial, il fallait que la voix de la France soit entendue dans le monde. Et…



Jean-Michel APHATIE

Elle ne l’était plus ?



François FILLON

Michèle ALLIOT-MARIE, qui a n’a pas commis de faute, la décision que nous avons prise ce n’est pas une décision morale, c’est une décision politique, la voix de Michèle ALLIOT-MARIE n’était plus audible parce qu’elle faisait l’objet d’une campagne pour toutes sortes de raisons que vous avez évoquées, et que…



Jean-Michel APHATIE

Campagne injuste ?



François FILLON

Je pense que cette campagne était injuste, dans la mesure où Michèle ALLIOT-MARIE est une femme intègre, c’est un ministre qui pendant des années et des années a apporté à la République. Et je vous fais remarquer d’ailleurs que c’était l’un des ministres les plus populaires parmi les responsables politiques depuis des années et des années. Ceci étant les choses sont ce qu’elles sont, il y a une réalité, Michèle ALLIOT-MARIE s’est trouvée mise en cause sur toute une série de sujets. Elle a essayé de se défendre, nous l’avons défendue le Président de la République et moi-même, mais rien n’y a fait. Et la polémique autour du ministre des Affaires étrangères créait une situation qui était une situation qui devenait dangereuse pour l’image de la France, pour la voix de la France, puisque c’est à travers Michèle ALLIOT-MARIE, la diplomatie française elle-même qui était attaquée. De façon tout à fait injuste d’ailleurs, car j’espère qu’on aura l’occasion au cours de cette matinée de faire le bilan de la politique étrangère française. J’entendais Alain DUHAMEL parler du discours de François MITTERRAND à la Knesset, on pourrait aussi parler du discours de Nicolas SARKOZY à la Knesset qui a été un grand discours qui a marqué la politique étrangère française.



Jean-Michel APHATIE

Pour rester sur Michèle ALLIOT-MARIE, vous avez cédé, si on comprend bien votre raisonnement.



François FILLON

Il est incontestable que le Président de la République et moi-même, nous aurions préféré ne pas nous séparer de Michèle ALLIOT-MARIE. Mais il n’y avait pas d’autre solution et Michèle ALLIOT-MARIE l’a convenu elle-même. Deuxièmement, il fallait nommer dans ces circonstances un ministre des Affaires étrangères qui ait une grande autorité morale et une grande autorité politique. Je vous rappelle Jean-Michel APHATIE que nous avions déjà proposé – avec Nicolas SARKOZY – à Alain JUPPE d’être ministre des Affaires étrangères en novembre. A l’époque, il ne l’avait pas souhaité pour des raisons personnelles, pour des raisons d’organisation personnelle. Nous lui avons cette semaine demandé, malgré les hésitations qui étaient les siennes, de répondre à une demande qui était une demande qui correspondait à l’intérêt national.



Jean-Michel APHATIE

Et donc il a accepté et pour évacuer ce problème, il ne souhaitait pas cumuler – entre autres raisons – sa fonction de ministre des Affaires étrangères avec celle de maire de Bordeaux, cela lui paraissait impossible. Allez-vous lui demander François FILLON, pour qu’il se consacre à la diplomatie française qui va requérir là évidemment beaucoup de travail pour lui, d’abandonner la mairie de Bordeaux ?



François FILLON

Non, je ne lui demanderai pas d’abandonner la mairie de Bordeaux, comme je ne le demanderai à aucun membre du gouvernement. Maintenant il est incontestable – et Alain JUPPE le sait et c’est la raison pour laquelle il avait souhaité… il n’avait pas souhaité être ministre des affaires étrangères – il est incontestable que c’est un poste qui, par les déplacements qu’il impose, fera en sorte qu’il sera moins présent à Bordeaux.



Jean-Michel APHATIE

C’est les Bordelais qui vont être contents de vous entendre François FILLON.



François FILLON

Je crois qu’en même temps, les Bordelais sont capables de comprendre que dans des circonstances historiques comme celles que nous vivons, c’est aussi un grand honneur pour la ville de Bordeaux que nous ayons demandé à son maire d’être le porte-parole de la politique étrangère de la France.



Jean-Michel APHATIE

Redoutez-vous François FILLON une arrivée massive en Europe et en France de migrants venant de pays arabes agités par les révolutions ?



François FILLON

Il ne faut pas que notre regard sur les révolutions arabes qui, encore une fois constituent un événement d’une dimension considérable, se limite à la question de l’immigration. Le premier sujet c’est : comment on fait pour aider ces révolutions qui sont loin d’avoir réussi, qui sont loin d’être abouties, comment on fait pour aider ces révolutions à emmener les peuples arabes vers la démocratie ? Et c’est une question immédiate parce que si par exemple la Tunisie ne donne pas rapidement l’exemple d’une transition réussie vers la démocratie, alors c’est un signal terrible qui est envoyé à tous les pays de la région avec des conséquences qui peuvent être le retour des forces les plus obscures. Et le rôle de la France c’est d’aider, c’est d’appuyer, c’est de soutenir – y compris sur le plan économique et financier – ces pays en marche vers la démocratie. Maintenant, on ne peut pas ignorer qu’il va y avoir des mouvements migratoires importants, d’abord dans un premier temps parce que ce sont des structures étatiques qui ont complètement disparu, et donc des pays qui sont dans une situation où aucune autorité ne s’exerce ; et deuxièmement parce qu’il y a, par exemple en Libye en ce moment, une guerre civile qui pousse naturellement des populations sur la voie de l’immigration. Et donc, nous devons avoir une réponse collective, une réponse européenne sur ce sujet, d’abord pour faire en sorte qu’il y ait moins de flux migratoires possibles, et ensuite pour accueillir les personnes qu’il faudra accueillir.



Jean-Michel APHATIE

De quels moyens disposez-vous pour éviter ces flux migratoires, on a l’impression… pas grand-chose mais on se trompe peut-être.



François FILLON

Je pense que le meilleur moyen, Jean-Michel APHATIE, de les éviter, c’est d’aider la Tunisie à réussir, c’est d’aider l’Egypte à réussir, c’est faire en sorte que la situation se stabilise rapidement en Libye. C’est ça la réponse que l’Europe doit apporter, c’est la première réponse que l’Europe doit apporter. Par ailleurs naturellement, avec les autres pays européens, nous ferons preuve d’une très grande fermeté à l’égard de l’immigration illégale. Et c’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons décidé avec le Président de la République de confier à Claude GUEANT le ministère de l’Intérieur et de l’Immigration.



Jean-Michel APHATIE

Un mot sur la Libye, la communauté internationale a-t-elle les moyens de hâter la solution au problème que pose aujourd’hui le colonel KADHAFI à la Libye ?



François FILLON

D’abord je voudrais vous annoncer ce matin quelque chose : dans quelques heures, deux avions partiront pour Benghazi à la demande du Gouvernement français, avec des médecins, des infirmiers, du matériel médical, des médicaments. Et ce sera le début d’une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés. Deuxièmement, vous avez vu que la France a été en pointe dans les décisions qui ont été prises pour sanctionner le colonel KADHAFI. C’est nous qui avons demandé que le Conseil européen adopte une position commune face à ce sujet. C’est nous qui avons été à l’origine, avec la Grande Bretagne, de la résolution des Nations Unies qui a été votée à l’unanimité pendant le week-end. Et nous étudions toutes les solutions pour faire en sorte que le colonel KADHAFI comprenne qu’il doit s’en aller et qu’il doit quitter le pouvoir. Je sais qu’on évoque des solutions militaires, ces solutions font l’objet d’évaluations de la part du Gouvernement français…



Jean-Michel APHATIE

Les solutions militaires font l’objet d’évaluations ?



François FILLON

Et je vous ferai remarquer… J’ai entendu plusieurs membres de l’opposition ou plusieurs observateurs expliquer qu’il fallait par exemple interdire le survol du territoire libyen. C’est une option qui est étudiée, mais je veux faire remarquer deux choses : d’abord qu’elle ne peut être prise que sur la base d’une décision du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui est loin d’être acquise aujourd’hui ; et deuxièmement qu’elle ne peut l’être que dans le cadre d’une opération conjointe avec des grands pays. Personne aujourd’hui en Europe n’a les moyens tout seul de réaliser cette opération. Il faudrait donc impliquer l’OTAN et je pense qu’il y a là une réflexion à avoir : est-ce que l’OTAN doit être impliqué dans une guerre civile au Sud de la méditerranée ? C’et une question qui, pour le moins, mérite d’être réfléchie avant d’être lancée.



Jean-Michel APHATIE

En tout cas, on retiendra ce que vous venez de dire, que le Gouvernement français étudie les solutions militaires au problème que pose aujourd’hui le colonel KADHAFI.



François FILLON

Toutes les solutions font l’objet, aujourd’hui, d’une étude.



Jean-Michel APHATIE

Le débat sur la place de l’islam en France, dans ce contexte compliqué, est-il vraiment une nécessité, François FILLON ?

François FILLON

Je vais vous dire, Jean-Michel APHATIE, si ce débat devait être centré sur l’islam…



Jean-Michel APHATIE

Qu’est-ce qu’on vous a dit ? Débat sur la place de l’islam en France.



François FILLON

Si ce débat devait apparaître comme un débat qui, d’une manière ou d’une autre, conduit à stigmatiser les musulmans, je m’y opposerai. Je le dis très clairement, je m’y opposerai. En revanche, si le débat – comme je l’ai souhaité déjà, d’ailleurs, il y a plusieurs mois – est un débat qui vise à rénover le concept de laïcité, à adapter la laïcité française à une situation nouvelle, que chacun connaît, et qui est posée par le fait qu’il y a aujourd’hui une religion, l’islam, qui est beaucoup plus importante sur le sol national qu’elle ne l’a été dans le passé, alors je pense que, oui, c’est un débat qui est utile, mais seulement dans ce cadre-là. Et donc je veillerai, à la place qui est la mienne, à faire en sorte que ce débat ne dérive pas.



Jean-Michel APHATIE

Il faut le rebaptiser alors. C’est le concept de laïcité en France aujourd’hui.



François FILLON

Ce n’est certainement pas un débat sur l’islam, c’est un débat sur le concept de laïcité. Vous savez qu’il y a des questions qui se posent…



Jean-Michel APHATIE

On avait mal compris le Président de la République alors ?



François FILLON

Vous savez qu’il y a des questions qui se posent. La question des lieux de prière. C’est une question. Personne ne peut ignorer que la prière dans la rue c’est lié au fait qu’il n’y a pas assez de lieux de prière. Comment est-ce qu’on finance les lieux de prière ? Voilà une question qui mérite d’être posée, et qui ne doit pas être taboue. Il y a la question qui est posée de la formation des imams, c’est une question que tout le monde connaît, qui est sur la table et qui n’a pas été correctement traitée. Voilà, ce sont des questions qui doivent être posées.



Jean-Michel APHATIE

Vous l’avez dit, François FILLON, au début de cette intervention, Michèle ALLIOT-MARIE, selon vous, a été attaquée injustement, et vous avez cédé à ces attaques. Brice HORTEFEUX n’a été attaqué par personne, et à la surprise de tout le monde vous l’enlevez du ministère de l'Intérieur. Pourquoi ?



François FILLON

C’est une décision qui n’a rien à voir, et qui est liée à plusieurs sujets. D’abord, il y a des défis à relever en matière de sécurité et d’immigration qui vont croissant. Et, avec le Président de la République, nous avons estimé que la personne qui était la mieux placée pour relever ces défis, c’était Claude GUEANT. D’abord parce que c’est un homme qui a exercé à peu près toutes les fonctions au ministère de l'Intérieur, qui connaît parfaitement ce ministère, et qui nous a semblé être le mieux à même de conduire une nouvelle étape de la politique de sécurité et d’immigration au moment où nous estimons qu’elle est nécessaire. Et deuxièmement, mais ce n’est pas à moi de rentrer dans ce débat, le Président de la République a souhaité modifier son organisation, il appellera auprès de lui Brice HORTEFEUX, comme conseiller politique, dans un contexte dont chacun peut comprendre qu’il va être éminemment politique pendant les prochaines semaines et les prochains mois.



Jean-Michel APHATIE

Brice HORTEFEUX n’était pas capable de faire face à la nouvelle situation ?



François FILLON

Brice HORTEFEUX a fait un travail tout à fait remarquable, mais il sera certainement plus utile auprès du Président de la République dans les circonstances qui s’annoncent.



Jean-Michel APHATIE

Pour quelles raisons il sera plus utile auprès du Président de la République, François FILLON ?



François FILLON

Je vous laisse vous-même les deviner.



Jean-Michel APHATIE

Non non… je n’ai pas un don de devin…



François FILLON

Chacun voit bien qu’on avance vers des échéances politiques qui nécessitaient que le Président de la République réorganise son équipe.



Jean-Michel APHATIE

Pouvez-vous préciser votre pensée ?



François FILLON

Non, je ne la préciserai pas plus monsieur APHATIE, malgré votre insistance.



Jean-Michel APHATIE

Lue dans LE JOURNAL DU DIMANCHE hier, cette phrase de Nicolas SARKOZY à votre propos, François FILLON : « il se planque. Il ne me sert à rien. On ne l’entend plus. »





François FILLON

D’abord je ne crois pas du tout que le Président de la République ait prononcé ces paroles. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble cette semaine. Vous savez, depuis 4 ans que Nicolas SARKOZY m’a confié la mission de Premier ministre, j’ai entendu successivement dire que je n’étais personne, puis que je lui avais imposé ma nomination en novembre dernier, puis que j’étais un hyper Premier ministre, puis il y a quelques jours, dans un grand hebdomadaire, que j’étais en train de préparer ma candidature aux élections présidentielles contre lui. Tout ça, évidemment, n’a absolument aucun sens. La seule chose qui est vraie c’est que moi je ne parle que quand j’ai des choses à dire. Ce matin j’ai des choses à dire, Jean-Michel APHATIE, parce que nous avons pris des décisions. La semaine dernière, je n’en n’avais pas, en tout cas pas s’agissant de la presse. Et enfin, j’ai noté dans tous les commentaires que j’ai lus ces derniers jours, qu’on me reprochait de ne pas être intervenu pour répondre à Dominique STRAUSS-KAHN. Quelle conception de la vie publique, quelle conception du fonctionnement des institutions que d’imaginer que le Premier ministre de la République française doit polémiquer avec le Directeur général du Fonds Monétaire International !



Jean-Michel APHATIE

Il n’y a pas aujourd’hui – parce que décidément les journalistes n’écrivent que des choses fausses – un problème, à nouveau, entre Nicolas SARKOZY et vous ?



François FILLON

Non, je ne dis pas que les journalistes n’écrivent que des choses fausses, je pense qu’ils sont souvent mal informés, ou informés par des gens qui ont des intérêts à les informer. Les relations entre le Président de la République et moi n’ont jamais été aussi confiantes, monsieur APHATIE.



Jean-Michel APHATIE

Puisque vous le dites, François FILLON. L’élection présidentielle de 2012 est-elle déjà perdue pour Nicolas SARKOZY ?



François FILLON

Ce qui compte aujourd’hui pour le Gouvernement et pour Nicolas SARKOZY, ce n’est pas 2012 c’est 2011. Non, mais je vais vous répondre…



Jean-Michel APHATIE

Si je peux me permettre de vous interrompre. Vous savez, les auditeurs vous ont entendu tout à l’heure, ce que vous avez suggéré c’est bien « Nicolas SARKOZY prépare 2012. »



François FILLON

Vous savez que c’est mon souhait, je l’ai toujours dit.



Jean-Michel APHATIE

Donc 2012 c’est quand même une question importante.



François FILLON

Ce qui compte aujourd’hui c’est 2011. Pourquoi ? Ce qui compte c’est de savoir si en 2011 on va atteindre notre objectif de croissance, 2%. Il est atteignable. On a fait 1,5% l’année dernière. Les investissements des entreprises ont largement repris. La question qui se pose pour 2011 c’est, est-ce qu’on va faire baisser le chômage ? Il y a des chiffres encourageants au début de l’année, mais ces chiffres encourageants il faut maintenant les confirmer. La question qui se pose c’est, est-ce qu’on va réussir la réforme de la dépendance ? La question qui se pose c’est, est-ce qu’on va réussir la réforme de la justice en amenant des jurés populaires pour mieux associer les citoyens aux décisions des tribunaux correctionnels ? Et une fois qu’on aura fait ça, alors la question se posera du débat électoral, sur la base d’un projet, qu’on est en train d’élaborer, et sur la base d’une question qui est la crédibilité.



Jean-Michel APHATIE

Vous êtes en train d’élaborer un projet, François FILLON ?



François FILLON

On est en train d’élaborer un projet, bien entendu – et la crédibilité de Nicolas SARKOZY, la crédibilité des candidats, de la majorité.



Jean-Michel APHATIE

Vous voyez les sondages, vous voyez les études d’opinion, vous voyez que ça ne va pas très fort pour Nicolas SARKOZY. Vous le voyez comme nous.



François FILLON

Je le vois comme vous, mais je n’y accorde aucune importance car les sondages ne compteront que lorsqu’on aura un candidat désigné à Gauche et qu’on sera engagé dans la campagne électorale, avec un candidat désigné à Droite. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.



Jean-Michel APHATIE

Vous avez de meilleurs sondages que Nicolas SARKOZY aujourd’hui, François FILLON.



François FILLON

Ce n’est pas le cas aujourd’hui, et je considère, Jean-Michel APHATIE, que l’outrance de la Gauche à l’égard du Président de la République, à un moment donné se retournera contre le Parti socialiste. J’ai entendu cette semaine un responsable socialiste dire que la France vivait un des pires moments de son histoire. J’ai entendu madame AUBRY, il y a quelques semaines, comparer le Président de la République à monsieur MADOFF. J’ai vu une campagne des jeunes socialistes qui compare le Président de la République à HITLER. Franchement, je pense que cette attitude est une attitude qui sera jugée très sévèrement par les Français le moment venu.



Jean-Michel APHATIE

Je croyais qu’un Premier ministre n’était pas là pour polémiquer et répondre aux opposants.

François FILLON

En l’occurrence je suis, en tant que citoyen, choqué, par cette manière d’exercer l’action politique.



Jean-Michel APHATIE

C’est dit. Alain JUPPE pourrait-il être un candidat de substitution à Nicolas SARKOZY si celui-ci ne pouvait pas se présenter, François FILLON ?

François FILLON

Mais cette question ne se pose absolument pas, monsieur APHATIE.



Jean-Michel APHATIE

Des questions de journaliste, auxquelles vous ne réfléchissez jamais ?



François FILLON

Non, c’est une question qui ne se pose pas, parce que les relations qui sont les miennes avec Alain JUPPE, les relations qui sont les miennes avec Nicolas SARKOZY, me permettent de vous dire que c’est une question qui ne se pose pas.



Jean-Michel APHATIE

Cette interview se termine, je voudrais juste revenir sur ce qui était notre début. Il est tout de même étonnant de vous entendre dire, vous qui avez une image particulière, François FILLON, celle d’un homme rigoureux, que Michèle ALLIOT-MARIE n’a commis aucune faute lors de son déplacement en Tunisie, dont je rappelle qu’elle a utilisé un jet privé appartenant à un homme d’affaires local, qui a lui-même vendu un appartement à ses parents, et que ça a semblé, à beaucoup, tout de même énorme.



François FILLON

Non mais je comprends parfaitement la réaction qui a été celle de l’opinion publique, je pense que Michèle ALLIOT-MARIE n’a pas su, non plus, trouver les mots pour se défendre, mais en même temps je dis aux Français que Michèle ALLIOT-MARIE n’a pas commis de faute au sens moral en utilisant l’avion d’un ami personnel, de longue date, et que ses parents ont le droit de s’acheter un appartement en Tunisie. Ce n’est pas des fautes en tant que telles, ce ne sont pas des… elle n’a pas transgressé de lois. La question est différente.



Jean-Michel APHATIE

François FILLON, qui avait des choses à dire, et qui les a dites sur RTL ce matin.



Vincent PARIZOT

Oui, et qui a notamment annoncé l’envoi de deux avions avec des médecins, du matériel médical, à Benghazi en Libye. Merci monsieur le Premier ministre.

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 10:38

 

François Fillon s'est rendu à Courcouronnes pour une présentation de la rénovation urbaine du quartier et des actions conduites par la mairie dans le domaine social et a échangé avec des acteurs de la vie économique et sociale à Courcouronnes (91) le 18 février 2011.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 12:27

 

François Fillon exprime la préoccupation du gouvernement français sur la situation en Égypte, et appelle à ce que les violences s’arrêtent, en marge d'un déplacement au Mans le 30 avril 2011.
FRANÇOIS FILLON
Le gouvernement français suit avec beaucoup d’attention la situation en Egypte, nous sommes extrêmement préoccupés. L’Egypte est un grand pays qui compte énormément pour la stabilité du Moyen-Orient. Le peuple égyptien est l’ami du peuple français. Il faut que les violences s’arrêtent. Personne ne peut accepter qu’il y ait des morts, personne ne peut accepter ce déchaînement de violence. Il faut que les réformes qui sont annoncées, se mettent en place ; il faut que les peuples aient un espoir d’avancer sur le chemin de la démocratie et de la liberté. C’est ce que nous disons aux autorités égyptiennes.
JOURNALISTE
La France soutient le président MOUBARAK ?
FRANÇOIS FILLON
La France… c’est le peuple égyptien qui décide. Aucun pays ne peut prendre la place du peuple égyptien. Ce que nous disons simplement au   gouvernement égyptien, c’est qu’il faut qu’il entende les revendications, il faut que la violence cesse, il faut que le dialogue s’installe et il faut qu’il y ait des signes qui soient donnés, que les réformes que le président MOUBARAK a promises, soient engagées.
JOURNALISTE
Vous repartez plus tôt que prévu pour suivre le dossier depuis Matignon ?
FRANÇOIS FILLON
Je repars parce qu’il y a beaucoup de charges, voilà.
JOURNALISTE
Vous conseillez à nos compatriotes de rester en France ?
FRANÇOIS FILLON
Je pense qu’en ce moment, il vaut mieux éviter notamment de fréquenter les grandes villes égyptiennes ; j’espère que ça ne durera pas

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 12:35

 


François Fillon s'est rendu dans les quartiers de Cherbourg le lundi 6 décembre touchés la veille par des inondations exceptionnelles dues à la fonte des neiges associée à de fortes précipitations.
"Je suis venu ici parce que j'étais dans la Manche ce matin et j'ai considéré qu'il était normal que je vienne faire preuve de la solidarité nationale auprès du maire de Cherbourg et auprès des habitants de la commune qui ont été frappés par un drame d'une très très grande intensité"

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 17:34

 

François Fillon réaffirme que la réforme des retraites sera votée, à l'occasion d'un entretien avec Claire Chazal sur TF1 le 18 octobre 2010.

 

 

 

 

Claire CHAZAL

Bonsoir Monsieur le Premier ministre.

 

François FILLON

Bonsoir.



Claire CHAZAL

Merci beaucoup d’être là. Alors, après plusieurs semaines de conflit, avec même un risque de durcissement que l’on sent ce soir, est-ce que vous pouvez proposer une solution concrète pour sortir de la crise ?



François FILLON

J’ai écouté François CHEREQUE hier sur votre antenne ; il a notamment indiqué que le blocage venait du Gouvernement. François CHEREQUE sait que ma porte est ouverte. Il se souvient que nous avions signé ensemble en 2003, un accord sur une réforme des retraites qui s’applique aujourd’hui et qui est d’ailleurs acceptée à peu près par tout le monde…



Claire CHAZAL

Mais il dit aujourd’hui que vous n’avez pas assez négocié et assez discuté.



François FILLON

La vérité, c’est que le blocage est lié au fait que les partenaires sociaux, en tout cas les organisations syndicales, depuis le mois d’avril, depuis que nous discutons avec elles de cette réforme des retraites, refusent de discuter d’un sujet qui est celui du report de l’âge légal de 60 à 62 ans. Or cette question, c’est la clef du financement des retraites demain. Si nous ne pratiquons pas cet allongement de l’âge légal de départ à la retraite, alors nous ne pourrons plus financer les retraites, c’est la question qui est posée…



Claire CHAZAL

C’est quelque chose de symbolique pour eux, on l’a bien compris et ils demandent le report…



François FILLON

Oui mais les symboles… c’est justement la clef du financement et quand madame AUBRY dit, comme on vient de le voir « suspendez votre réforme », ça veut dire quoi ? Ca veut dire qu’on suspend le paiement des retraites ?! Ca veut dire qu’on continue…



Claire CHAZAL

C’est une réforme qui est une réforme pour l’avenir, donc à l’heure d’aujourd’hui, ce n’est pas parce que vous suspendez le débat…



François FILLON

Mais on est déjà aujourd’hui en déficit s’agissant du financement des retraites des Français. Il y a déjà une retraite sur dix qui est payée par l’emprunt et les mesures que nous proposons, les mesures d’âge, sont les plus efficaces et les plus rapides à entrer en vigueur.



Claire CHAZAL

Ca veut dire que concrètement vous refusez cette suspension du débat… il ira donc à son terme au Sénat.



François FILLON

Bien sûr, le débat ira à son terme au Sénat…



Claire CHAZAL

Et ce sera voté mercredi en principe, cette loi, en fonction des amendements…



François FILLON

Ce sera voté… le Sénat va à son rythme, je ne sais pas si ce sera voté mercredi, mais ce sera voté et j’ajoute que François CHEREQUE qui est un homme de dialogue, ne peut pas ne pas voir que cette solution de l’allongement à 62 ans est très raisonnable par rapport à tout ce qu’ont fait les autres pays européens autour de nous : les Allemands sont en train de passer de 63 à 67 ans, les Danois sont en train de passer de 65 à 67 ans ; les Espagnols, les Portugais, les Italiens, les Britanniques sont en train de discuter de l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite. Ce n’est pas réaliste de nier cette solution…



Claire CHAZAL

Mais ce que proposent les partenaires aujourd’hui, c’est aussi une autre forme de financement, François FILLON. Vous, vous taxez le travail, en tout cas vous allez peser sur ceux qui travaillent ; eux, ils proposent de taxer aussi davantage le capital ; est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?



François FILLON

Les propositions qui sont faites par l’opposition sur ce sujet, en réalité, c’est une sorte de… je vais employer un mot un peu fort, mais d’escroquerie ! La taxation du capital n’a jamais permis de trouver des financements suffisants pour les masses qui sont en cause en matière de retraite.



Claire CHAZAL

Ca peut être un complément déjà…



François FILLON

C’est ce que nous faisons dans la réforme pour financer un certain nombre de mesures de justice sociale, sur la pénibilité, sur les carrières longues, qui sont financées grâce à une imposition des plus riches. Mais, quand madame AUBRY la semaine dernière a expliqué qu’ils reviendraient, si demain ils revenaient au pouvoir, sur la retraite à 60 ans, mais qu’ils continueraient à allonger la durée de cotisation au-delà de 41 ans, il faut que le Français comprennent bien ce que ça veut dire : ça veut dire qu’avec les socialistes, on pourrait peut-être toujours partir à la retraite à 60 ans, mais avec une retraite extrêmement diminuée, c'est-à-dire avec une retraite qui ne permettrait pas de vivre décemment. C'est-à-dire que c’est un choix qui en réalité n’en est pas un.



Claire CHAZAL

Alors qu’est-ce que vous répondez à François CHEREQUE, on va l’entendre de façon très courte, mais c’est important ; il parle de ceux qui commencent à travailler à dix-huit ans et qui en vertu de votre réforme, vont devoir cotiser pendant 44 ans. On va l’écouter juste un instant.



François CHEREQUE, secretaire general de la CFDT

Tout le monde sait qu’il faut faire un effort. Mais pourquoi cet effort n’est fait que par les ouvriers et ceux qui ont commencé à travailler jeunes ? Aujourd’hui si vous avez commencé à travailler à 18 ans, vous cotiserez 44 ans ; si vous avez commencé à travailler à 22 ans, que vous avez fait des études, que vous êtes devenu cadre, vous cotiserez 41 ans. Pourquoi c’est l’ouvrier qui paie pour les autres ? C’est ça l’injustice !



Claire CHAZAL

Alors qu’est-ce qu’on peut répondre ?



François FILLON

D’abord ce n’est pas exact ce que dit François CHEREQUE, il me le pardonnera, mais la plupart des ouvriers ont des carrières complètes et arriveront à 62 ans avec l’ensemble de leurs annuités ; ce sont plutôt ceux qui ont commencé à travailler beaucoup plus tard, notamment parce qu’ils ont fait des études longues, qui seront obligés, en tout cas s’ils veulent avoir une retraite complète, d’aller au-delà de 62 ans. Mais j’ajoute que cette situation n’est pas nouvelle ; c’est le principe même de la répartition. Depuis que le régime de retraite par répartition a été instauré au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ça a toujours fonctionné comme ça. C'est-à-dire que quelqu’un qui commence à travailler plus tôt, cotisera plus longtemps que quelqu’un qui a commencé à travailler plus tard…



Claire CHAZAL

D’autant plus que l’âge de la retraite est retardé…



François FILLON

Pas d’autant plus Madame CHAZAL. Il aura deux ans de cotisations de plus comme tout le monde. L’ensemble du système bouge de deux ans.



Claire CHAZAL

Mais pour ces carrières longues, c’est vrai que c’est difficile.



François FILLON

Quand la gauche était au pouvoir, pendant de très longues années, elle n’a pas trouvé ce système si injuste que ça, puisqu’elle ne l’a pas modifié. J’ajoute et François CHEREQUE le sait bien, que nous avons pris en compte ceux qui commencent vraiment à travailler tôt. Dans la réforme de 2003, avant, ce n’était pas le cas ; ceux qui ont commencé à travailler à 14, 15, 16 ans peuvent partir avant soixante ans ; et dans la réforme qui est en cours de discussion, ceux qui ont commencé à travailler juste avant 18 ans. Il y a donc une vraie avancée sociale dans cette réforme. Si cette réforme n’était pas votée, ça veut dire que ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans, continueraient à partir comme les autres. J’ajoute enfin, que le système dans lequel chacun pourrait partir en fonction de son effort de contribution, c’est un système individualisé, c’est un système qui ressemble beaucoup plus à la capitalisation qu’à la répartition. C’est donc un système qui est contraire à l’esprit même de solidarité qui avait prévalu à la création du régime des retraites au lendemain de la Seconde guerre mondiale.



Claire CHAZAL

Alors Monsieur le Premier ministre, on sent bien tout de même que ce mouvement se durcit ; les syndicats attendaient un geste de votre part ; ils ont annoncé un durcissement du mouvement. On a bien le sentiment que maintenant l’économie risque d’être bloquée, en tout cas c’est le cas depuis quelques jours. Qu’est-ce que vous pouvez faire concrètement, j’allais dire ce soir, pour assurer pour les Français qui vont travailler demain matin un approvisionnement en essence par exemple ?

François FILLON

Je voudrais dire qu’il y a eu beaucoup de gestes déjà de faits, notamment au Parlement sur les retraites des mères de famille, sur les longues carrières, sur la pénibilité. On est maintenant au bout du système parce qu’au-delà, la question qui est posée, c’est la question des 62 ans et si on revient sur cette question des 62 ans, alors on ne paie plus les retraites des Français demain. Ce que je veux dire sur la question du carburant, il y a aujourd’hui des difficultés qui sont liées en particulier à une augmentation très forte de consommation ; il n’y aura pas de pénurie. Pourquoi il n’y aura pas de pénurie ? Parce que nous allons prendre les décisions nécessaires et je n’ai pas besoin de les détailler devant vous, pour faire en sorte…



Claire CHAZAL

C'est-à-dire avec des déblocages autoritaires de dépôts…



François FILLON

que notre pays ne soit pas bloqué. Le droit de grève est respecté en France mais le droit de grève, ce n’est pas le droit d’empêcher l’accès à un dépôt de carburant ; ça c’est une action illégale. Ce n’est pas non plus le fait d’interdire l’accès des locaux de travail à des salariés qui ne sont pas grévistes. Donc je le dis, je ne laisserai pas bloquer notre pays, je ne laisserai pas l’économie française étouffer par un blocage de l’approvisionnement en carburant. J’ajoute, qu’au moment même où la reprise économique se manifeste, ceux qui prennent ce genre de décisions devraient réfléchir à deux fois, parce que ce sont des emplois derrière qui vont disparaître.



Claire CHAZAL

François FILLON, est-ce que vous n’avez pas le sentiment aussi qu’il s’agit d’un mouvement plus profond de protestation et même de protestation contre le pouvoir en place, type mai 68 puisque certains l’ont dit…



François FILLON

Si j’en juge par cette mobilisation qui est à peu près la même, même un peu en baisse, mais qui est à peu près la même depuis plusieurs semaines, franchement, ceux qui aujourd’hui présentent le pays comme dressé contre le pouvoir et la politique qu’il conduit, font un peu d’exagération. J’ajoute que nous sommes dans une situation économique et financière difficile au sortir d’une crise difficile. Quand vous regardez autour de nous, ce qui se passe en Espagne, ce qui se passe en Allemagne, ce qui se passe en Grande-Bretagne, il y a aussi des mouvements de contestation parce que c’est difficile, la sortie d’une crise économique et financière comme la nôtre. Simplement nous, nous avons choisi de prendre nos responsabilités. Quand le Parti socialiste dit « suspendez la réforme », ce qui est surtout suspendu chez le Parti socialiste, c’est son courage à affronter les réalités.



Claire CHAZAL

On disait opposition peut-être plus globale ; est-ce que vous avez le sentiment que c’est une crise importante qui peut justifier, disons les choses, un remaniement ministériel ou en tout cas un changement d’équipe gouvernementale ?



François FILLON

Je ne crois vraiment pas que la réponse à une crise sociale dont nous sommes en train de sortir, dont nous essayons de sortir, à une crise économique et financière dont nous sommes en train de sortir, soit dans un remaniement. La réponse, c’est la politique que nous conduisons, ce sont les choix que fera le Président de la République. Mais je peux vous dire qu’avec lui, nous sommes dans nos conversations quotidiennes, totalement concentrés sur la sortie de la crise sociale. Le Président de la République suit cette crise heure par heure, nous en parlons tous les jours, nous en avons encore parlé cet après-midi ; et puis nous travaillons à la sortie de la crise économique et financière, en particulier avec le budget dont la discussion va commencer demain au Parlement.



Claire CHAZAL

On va en parler dans un instant, mais est-ce que l’annonce de ce remaniement - pardon de rester sur ce sujet mais c’est important – est-ce que ça n’a pas d’une certaine façon gelé l’action des ministres et votre propre action d’ailleurs, quand on l’annonce si longtemps à l’avance ?



François FILLON

Vraiment cette question du remaniement, c’est une question qui est de la compétence du Président de la République. C’est un choix qu’il fera le moment venu…



Claire CHAZAL

Oui, enfin ça vous concerne, vous, en tant que Premier ministre…



François FILLON

Mais ça ne m’a absolument pas empêché de continuer à travailler avec les membres du Gouvernement et en particulier s’agissant de cette réforme des retraites. Vous pouvez constater que le calendrier a été respecté, les débats au Parlement se déroulent normalement, la démocratie fonctionne, le dialogue social a eu lieu, il y a eu un temps pour ce dialogue social et le Gouvernement est là, présent et à la disposition de tous ceux qui veulent parler avec lui.



Claire CHAZAL

Vous aurez le sentiment, si vous avez fait voter cette réforme importante des retraites, que vous aurez, d’une certaine façon, accompli votre mission à Matignon ?



François FILLON

J’aurai accompli en tout cas une mission, en faisant voter deux fois une réforme des retraites dans notre pays, qui correspond au sens que je me fais du devoir en politique.



Claire CHAZAL

Le budget va être examiné à partir de demain. Est-ce qu’au cours de la discussion, vous allez proposer ou vont être examinées la suppression du bouclier fiscal et une modification de l’impôt sur la fortune ?



François FILLON

Non, nous avons dit clairement avec le Président de la République, que ce débat-là serait un débat pour l’année 2011 et pour le budget 2012. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas une réforme qui s’improvise. Il y a quatre milliards d’euros, grosso modo, qui correspondent aux rentrées de l’impôt sur la fortune ; on ne peut pas faire un trait sur ces quatre milliards d’euros dans un pays qui a autant de déficits que le nôtre. Donc il faut trouver des recettes de substitution, si on veut corriger un certain nombre d’anomalies de notre système fiscal. Pour le moment, nous avons préféré ouvrir un grand débat avec les parlementaires, avec l’ensemble de l’opinion publique.



Claire CHAZAL

Mais c’est dans les têtes, c’est en germe, c’est en réflexion…



François FILLON

Je crois que tout le monde constate que l’ISF est un impôt qui a des bases qui sont des bases injustes. Nous avons mis en place le bouclier fiscal pour corriger les injustices de ce système. On peut dans une grande réforme fiscale, qui ne concernerait pas d’ailleurs que l’ISF et le bouclier fiscal, apporter plus de justice et en même temps plus d’efficacité économique. Parce que le but c’est bien, à la fois la justice sociale à travers la fiscalité et la redistribution, mais en même temps aussi une économie qui fonctionne, une économie qui attire les investisseurs, une économie qui ne repousse pas vers les pays voisins ceux qui pourraient créer des emplois chez nous.







Claire CHAZAL

Un dernier mot peut-être sur la fiscalité : les propositions du rapport ATTALI, il y a notamment une augmentation de la TVA dans cet effort pour réduire le déficit budgétaire. Est-ce que vous êtes d’accord ?



François FILLON

C’est une proposition qui n’engage que monsieur ATTALI. Il n’y aura pas d’augmentation de la TVA. La France est un pays qui a déjà un taux de TVA élevé. En réalité, tous ceux qui réfléchissent à des miracles fiscaux, devraient se poser une seule question : comment réduire la dépense publique ? La question ce n’est pas d’augmenter les impôts, c’est de réduire la dépense publique.



Claire CHAZAL

Merci beaucoup Monsieur le Premier ministre d’être venu sur ce plateau. Merci infiniment.



 

 

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 15:34

 


François FILLON répond aux questions de Guy Lagache dans l'émission Capital sur M6 le dimanche 3 octobre 2010.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 07:27

 


Entretien intégral de François Fillon avec Laurent Delahousse pour le 13:15 sur France 2

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 11:13

 

-Emission intégrale- François Fillon interrogé par Arlette Chabot sur France 2 a souhaité que le débat des retraites soit abordé avec un grand sens des responsabilités et une volonté de coller au plus prêt à la réalité le vendredi 10 septembre 2010.

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 16:21

 


François Fillon a voulu honorer les enseignants qui font leur rentrée en se rendant dans une école numérique rurale à Joux La Ville le 2 septembre 2010.

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 16:07

 

François Fillon répond à la presse lors de son déplacement en Norvège le lundi 14 juin 2010.
 

François FILLON, Premier ministre

Je voudrais tout d’abord remercier le Premier ministre Jens STOLTENBERG avec lequel, je viens d’avoir une réunion de travail à la fois très productive et en même temps très amicale. Je voudrais le remercier pour l’accueil chaleureux qui m’a été réservé depuis mon arrivée en Norvège. La Norvège, c’est pour nous un partenaire, c’est un allier et c’est un ami de très longue date. J’ai d’ailleurs eu le plaisir d’évoquer ce matin l’ancienneté et la qualité de nos relations avec sa majesté le Roi Harald V. Nos deux pays sont unis par des liens très étroits, comme l’illustre l’appartenance de la Norvège à l’Espace économique européen, à l’Espace de Schengen, à l’Otan. La Norvège et la France sont des partenaires dans des domaines absolument fondamentaux : l’énergie, la lutte contre les changements climatiques, la sécurité internationale, le développement.

Et j’ai voulu, peut-être après une trop longue interruption des visites de chefs de Gouvernement français en Norvège, venir à Oslo pour réaffirmer l’importance de ce partenariat politique et pour voir, avec le Premier ministre STOLTENBERG, comment renforcer encore notre dialogue et notre coopération sur ces sujets. La Norvège est un pays essentiel pour la France en matière d’énergie, c’est notre premier fournisseur de gaz et c’est notre deuxième fournisseur de pétrole. Et en raison de la fiabilité de la relation qui existe en matière énergétique entre la France et la Norvège, c’est évidemment une contribution essentielle à la sécurité énergétique de la France et de l’Europe que la Norvège apporte. Mais la France, ça n’est pas seulement pour la Norvège un client important. Les entreprises françaises dans ce secteur de l’énergie ont joué dès l’origine un rôle très important dans le développement de l’exploitation des hydrocarbures sur le plateau continental norvégien ; et ces entreprises françaises – dont plusieurs m’accompagnaient hier dans le Nord – ont la volonté d’y investir encore davantage, et en particulier avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent en mer de Barents.

Et donc c’est la raison pour laquelle, j’ai entamé ma visite par la présentation de l’usine d’extraction et de liquéfaction de gaz naturel de Snohvit à Hammerfest ; et j’ai redit au Premier ministre, comme je l’avais dit hier, combien j’ai été impressionné par le défi technologique et par le très haut niveau de sécurité et de prise en compte des préoccupations de l’environnement de cette unité d’extraction de gaz. Nos deux pays et leurs opérateurs partagent le souci constant de la sécurité des exploitations et de la protection de l’environnement. Et nous sommes convenus, à la lumière de la catastrophe qui est intervenue dans le golfe du Mexique, que l’amélioration de la sécurité des activités d’exploitation en mer devait faire partie de notre dialogue bilatéral annuel sur l’énergie et sur le climat en y associant nos industriels.

J’ai félicité le Premier ministre STOLTENBERG pour sa récente nomination à la coprésidence du groupe consultatif de haut niveau des Nations Unies sur le financement de la lutte contre les changements climatiques. Je suis certain qu’il fera preuve de toute l’énergie nécessaire – comme nous l’avons vu d’ailleurs dans la relation qui a été la nôtre au moment de la conférence de Copenhague – pour permettre à la communauté internationale de progresser. La France et la Norvège sont en effet déterminées à poursuivre l’objectif d’un accord international efficace et universel de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et ensemble, nous allons soutenir la dynamique qui doit faire de la conférence de Cancun un succès. L’initiative internationale de lutte contre la déforestation, que nous avons lancée à Paris et à Oslo, est une avancée dans cette direction, et c’est une avancée qui a la caractéristique d’être soutenue par des engagements financiers concrets.

Nous avons aussi évoqué les questions touchant au Grand Nord, ma visite à Hammerfest a, en effet, renforcé ma conviction que cette région, aujourd’hui centre mondial de la recherche sur le changement climatique, sera amenée à jouer un rôle de plus en plus important à l’avenir, notamment dans le domaine économique, dans le domaine stratégique et dans le domaine de l’environnement. D’où la nécessité de faire prévaloir dans cette région un esprit de coopération, comme la Norvège et la Russie viennent de le faire en signant un accord très important sur la délimitation de leurs frontières maritimes. D’où l’importance également que la France attache à sa participation en tant qu’observateur permanent au Conseil arctique.

Voilà mesdames et messieurs, cet entretien m’a conforté dans le sentiment que le partenariat entre la France et la Norvège s’appuyait sur des fondements très solides. Nous partageons des valeurs communes, nous avons des intérêts stratégiques communs et nous sommes, de la même façon et avec la même intensité, décidés à exercer nos responsabilités en faveur de la paix, en faveur des droits de l’homme, en faveur du développement durable. Je suis donc convaincu que notre partenariat et nos échanges vont encore s’intensifier à l’avenir, et nous avons gardé beaucoup de sujets pour le déjeuner qui va suivre, tant les relations entre la France et la Norvège sont denses et confiantes.





QUESTION DE Yannick FALT, France Info

Monsieur le Premier ministre, concernant un sujet franco-français, on lit ici et là qu’il y aurait des divergences de point de vue entre l’Elysée et Matignon, concernant la réforme des retraites qui doit être annoncée mercredi. Y a-t-il des divergences de point de vue et est-il vrai que vous seriez, vous, favorable à un report de l’âge légal à 63 ans, quand l’Elysée serait favorable à un report de l’âge légal à 62 ans ?

François FILLON

Ce sont des fantasmes. Il n’y a pas de divergence entre l’Elysée et Matignon sur ce sujet. La vérité c’est que nous travaillons avec le président de la République et les ministres concernés, Monsieur WOERTH, Madame LAGARDE, Monsieur BAROIN depuis des semaines pour bâtir, et nous avons encore des réunions à venir d’ici demain soir, pour bâtir une réforme qui soit à la fois efficace, ce qui veut dire que nous devons parvenir à l’équilibre du financement des retraites à l’horizon de 2020 ; qui soit juste, c'est-à-dire que nous devons à l’occasion de cette réforme corriger un certain nombre d’injustices qui existent dans le système de retraite français ; et enfin qui soit raisonnable, et il y a sur tous ces points un accord parfait entre le président de la République et moi-même. Et vous verrez, lorsque les conclusions de nos réflexions et de nos travaux seront proposées aux Français mercredi, qu’on ne peut pas résumer la réforme des retraites à la seule question de savoir si c’est à 63 ou à 62 ans qu’il convient de partir. Le rythme de l’évolution de la durée de cotisation, les financements complémentaires que nous allons proposer, tout cela est aussi important que cette question.



Journaliste norvegien

Monsieur le Premier ministre, l’Europe fait face à une crise sans précédent, est-ce que vous avez peur pour l’État providence en Europe ?

François FILLON

Il n’est pas question de remettre en cause le rôle qu’ont les Etats dans nos démocraties européennes pour soutenir les plus faibles. Au fond, c’est un des fondements de nos démocraties européennes que de faire en sorte que l’Etat redistribue une partie des richesses qui sont produites pour venir en aide aux plus faibles. Et je ne pense pas que ce soit un modèle dépassé, je pense que c’est au contraire un modèle que nous devons faire valoir aux pays émergents. Parce que c’est le sens du progrès, c’est le sens de l’histoire, faire en sorte qu’il y ait plus de justice sur la planète. Mais, en même temps, si le soutien que les Etats apportent aux plus défavorisés se traduit à terme par la transmission d’une immense dette aux générations futures, alors ce n’est plus un progrès et on ne peut plus parler d’Etat providence. Donc il faut que nous fassions les efforts nécessaires à la fois de compétitivité de nos économies pour avoir de la croissance et en même temps de réduction des dépenses publiques qui ne sont pas absolument indispensables, pour que les dettes des Etats soient soutenables. S’agissant de la France, nous avons un niveau d’endettement qui est élevé. Nous avons un niveau de dépenses publiques qui est très élevé, un des plus élevés au monde. Ca veut dire que nous avons une marge d’amélioration de nos performances en matière de politique publique qui doit nous permettre de faire des économies, sans remettre en cause les fondements mêmes de notre système social et les valeurs auxquelles nous sommes attachés. Et je veux dire que je partage complètement la préoccupation qui a été évoquée à l’instant par le Premier ministre Jens STOLTENBERG, sur la nécessité pour les pays européens de piloter très finement les politiques économiques et financières qui sont conduites en ce moment. Il faut réduire l’endettement, notamment parce que nous avons fait pendant la crise des efforts de stimulation de l’économie qui pèsent aujourd’hui sur nos finances publiques, mais en même temps, veiller à ce que cette réduction de l’endettement ne vienne pas provoquer une nouvelle récession qui serait catastrophique sur le plan social et qui de toute façon nous conduirait, à l’avenir, à ne pas être en mesure de rembourser notre dette. Donc, c’est un pilotage très fin et la France tente de convaincre ses collègues européens d’adopter cette ligne qui consiste à mener une politique budgétaire raisonnable, mais à étaler dans le temps le remboursement de la dette, l’effort de réduction de déficit pour ne pas provoquer de choc en termes de croissance.



QUESTION DE PHILIPPE CORBE, RTL

Monsieur le Premier ministre pour compléter votre réponse de tout à l’heure, est-ce que parmi les financements complémentaires auxquels vous réfléchissez, il y a bien une contribution sur les plus hauts revenus ?

François FILLON

Oui il y aura une contribution qui permettra à ceux qui sont les plus fortunés dans notre pays de participer au financement des retraites, je vous le confirme.

QUESTION D’UN JOURNALISTE NORVEGIEN

NON TRADUITE

François FILLON

Je pense que nous avons passé le moment le plus difficile s’agissant de la crise bancaire. Les mesures qui ont été prises dans la plupart des pays européens sont tout à fait suffisantes pour sécuriser le système bancaire, en tous cas c’est le cas en France où les banques sont solides. Elles sont tellement solides que la question se pose de nouveau de savoir s’il faut taxer leurs résultats. Je crois que ce qui est très important, c’est qu’au plan international nous mettions bien en place des instruments de régulation pour éviter des surchauffes comme celles que nous avons connues. Ces instruments de régulation, c’est notamment l’idée d’une taxe bancaire qui permette de constituer un fonds de réserve pour faire face aux difficultés qui pourraient survenir à l’avenir. C’est un débat sur lequel la Norvège et la France, je crois, partagent la même opinion et que nous allons faire prospérer dans les prochaines semaines, dans le débat, dans le cadre international.

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 11:20

 

François Fillon reçoit le Premier ministre Canadien Stephen Harper le vendredi 4 juin 2010 à Matignon.
François Fillon et Stephen Harper, répondent aux questions de la presse à l'occasion de la visite du Premier ministre canadien à Matignon le lundi 7 juin 2010.
 

Je voudrais dire combien je suis heureux de recevoir ici à Matignon le Premier ministre canadien Stephen HARPER. Comme le Président de la République qui l’a reçu ce matin, je veux lui dire combien la France apprécie que le Président du G8 et l’hôte des sommets du G8 et du G20 vienne s’entretenir de ces sujets à Paris. Cette concertation confiante illustre à nouveau l’excellence des relations politique entre la France et le Canada.

 

Nous avons eu un entretien qui naturellement a porté sur la coopération bilatérale. Nous avons en particulier des relations économiques qui se sont beaucoup améliorées ces dernières années entre la France et le Canada. Beaucoup d’entreprises françaises investissent au Canada et nous nous en réjouissons mutuellement et nous allons continuer à faire des efforts pour développer l’excellence de ces relations économiques.

 

Nous avons naturellement abordé la préparation des sommets de Muskoka et de Toronto. Nous avons évoqué, sur le G8 que préside actuellement le Canada, l’appui complet que la France apporte aux travaux qui sont conduits par le Gouvernement canadien. L’une des priorités qui a été retenue par Monsieur HARPER est la santé maternelle et infantile. C’est une priorité qui nous semble parfaitement pertinente. Et nous soutiendrons sans aucune réserve les propositions du Gouvernement canadien, parce que nous pensons que, ainsi, le sommet de Muskoka pourra créer une dynamique très positive pour le sommet des objectifs du millénaire, pour le développement qui aura lieu au mois de septembre aux Nations unies.

 

Nous avons également eu une discussion approfondie sur le sommet du G20. Selon nous, il est absolument essentiel que le sommet de Toronto s’inscrive dans la pleine lignée de ceux de Londres et de Pittsburgh l’an dernier, parce que beaucoup reste encore à faire en matière de réforme du système financier. Je pense en particulier à la question de la rémunération des traders et à celle des juridictions non coopératives sur lesquelles il faut que nous mettions en œuvre scrupuleusement les engagements qui ont été souscrits à Londres et à Pittsburgh.

 

Mais il faut aussi que ce sommet aille au-delà de ce qui avait été décidé, compte tenu des épisodes récents de turbulences sur les marchés. Je pense en particulier à la régulation des agences de notation, je pense à la question des produits dérivés ou encore à la volatilité des matières premières. Je pense enfin aux propositions que nous avons faites en matière de taxation du secteur financier. Nous comprenons les réserves que peuvent susciter certaines de ces propositions, mais nous pensons aussi que tout n’a pas encore été fait sur le chemin de la régulation. Et il est en tout cas tout à fait nécessaire que le G20 permette d’aborder ces questions absolument indispensables de la mise en place de règles communes.

 

Un mot enfin pour dire que nous avons évoqué les relations entre l’Union européenne et le Canada. Nous avons fait le point sur les négociations de l’accord Union européenne-Canada, dit de "nouvelle génération" c'est-à-dire le projet d’accord économique et commercial complet. C’est un accord qui permettra de franchir un saut qualitatif dans nos relations, parce qu’il couvre un champ de coopération très large et parce que pour la première fois il associe toutes les provinces canadiennes à la négociation. Et je veux rappeler que la décision de lancer ces négociations a été prise sous présidence française de l’Union européenne, lors du sommet de Québec en 2008. Et donc nous espérons vivement que les négociations pourront se conclure en 2011.

 

Et puis enfin pour illustrer l’excellence des relations entre la France et le Canada, j’ai indiqué à Stephen que nous allions ouvrir un consulat dans une ville qui lui est chère, puisque ce sera à Calgary.

 

_

 

 

Question : Le Canada a réussi à réduire de manière spectaculaire ses déficits publics il y a quelques années, en réduisant de manière drastique le train de vie de l'Etat, en allant, y compris jusqu'à réduire le salaire des ministres symboliquement. Est-ce que, F. FILLON, voulez vous vous inspirer de certains aspects de l'exemple canadien ? Et est-ce que, Monsieur HARPER, vous avez des conseils à donner à F. Fillon en terme de réduction des déficits publics ?

 

François FILLON : D'abord, tous les conseils sont les bienvenus et j'ai eu l'occasion, dans le passé, de regarder de très près ce qui s'était fait au Canada. Je veux dire simplement que les circonstances ne sont absolument pas comparables. Je rappelle qu'avant la crise économique mondiale que nous venons de traverser, le déficit budgétaire de la France était de 2,8 %. Et donc, une très large part du déficit qu'il nous faut aujourd'hui combler est due à la crise économique, aux mesures de relance que nous avons prises et que nous ne regrettons pas, et à la chute de nos recettes. Nous allons donc nous engager comme nous l'avons promis, et au regard de l'opinion publique française et au regard de l'Union européenne sur une réduction de notre déficit à 6 % l'année prochaine pour atteindre 3 % en 2013. Et nous allons le faire avec ce souci de ne pas casser la croissance. Et je pense que tous les pays européens, et en particulier la France et l'Allemagne, ont une très grande responsabilité dans la conduite de l'assainissement de leurs finances publiques, de choisir le rythme et les priorités qui permettent tout en réduisant l'endettement de ne pas casser une croissance qui est encore très fragile, car nous savons que s'il y ait Union européenne rechute de la crise économique et financière en Europe, tous les efforts que nous faisons seraient emportés par les conséquences de la crise. Et donc, le travail en commun, l'échange d'expérience, la coordination, notamment entre les pays du G20, les politiques qui vont être conduites sont très, très importants, parce que nous avons entre nos mains non seulement le sort de nos finances publiques, mais finalement, le sort de la croissance dans le monde.

 

Question : Nous aimerions, Monsieur HARPER, à cette question avoir une réponse, bien sûr dans les deux langues officielles. D’abord, on a l’impression que vous repartez les mains vides dans votre croisade contre cette taxe bancaire internationale. C’est un sujet que vous avez certainement abordé avec Monsieur Sarkozy. Corrigez-moi si je me trompe, mais est-ce que Monsieur Sarkozy, dans le fond, avance plus vite que vous dans sa bataille, parce qu’il y tient à cette taxe, la France y tient. Mais d’abord, Monsieur FILLON jusqu’où la France est-elle prête à aller pour obtenir cette taxe à l’échelle internationale, et est-ce que vous comptez en faire, justement, une priorité à partir du moment où vous hériterez, si vous voulez, du flambeau, comme dit monsieur Harper ?

 

Réponse de François FILLON : D’abord, moi je voudrais insister sur le fait qu’il y a un très large consensus entre nous, au sein du G20, sur l’objectif. L’objectif c’est limiter les comportements à risque des banques. C’est une question de confiance de nos concitoyens dans le secteur bancaire ; c’est une question de stabilité de nos économies et puis j’ai envie de dire c’est une question d’ordre démocratique, parce que nos opinions publiques ne comprendraient pas qu’après avoir été sauvés, les établissements financiers reviennent, comme si de rien était, aux mêmes pratiques qui nous ont conduits au bord du gouffre. Et, pour cela, il y a toute une série de moyens qui ont été proposés, et beaucoup d’entre eux sont consensuels. On a encadré la rémunération des traders, pour faire en sorte qu’elles n’incitent pas à des prises de risque qui soient inconsidérées ; on a changé les règles en matière de titrisation pour lutter contre l’un des mécanismes par lequel la crise des subprimes aux Etats-Unis est née. On oblige nos banques à renforcer leurs capitaux propres lorsqu’elles mènent des activités risquées, afin que ce soit les actionnaires et pas l’Etat qui prennent le risque des pertes. Alors, c’est vrai que nous souhaitons taxer les activités risquées des banques, parce que nous pensons que c’est une manière d’en limiter les effets, de renchérir le coût de ces activités, et donc, d’une certaine façon, de dissuader les banques de les pratiquer. C’est un principe qui ne fait pas l’objet d’une unanimité au sein du G20 ; il n’est pas consensuel au plan international. Rien n’empêche d’en discuter ensemble, de rapprocher nos points de vue, de trouver des principes forts qui permettent d’aboutir aux résultats qu’on s’est fixés, aux objectifs qu’on s’est fixés. Et moi je suis très confiant sur le fait que le sommet de Toronto permettra de faire des progrès dans cette direction, parce qu’au fond on a les mêmes objectifs et donc c’est simplement une question de moyens qui est en cause, au regard de systèmes bancaires qui sont différents d’un pays à l’autre.

 

Une question : Pour le Premier ministre français. L’euro est tombé ce matin à son plus bas niveau, face au dollar, depuis quatre ans. Faut-il s’en inquiéter ?

 

François FILLON : Non, j’ai déjà dit à plusieurs reprises que je ne voyais pour l’instant que des bonnes nouvelles dans la parité entre l’euro et le dollar. Je n’ai pas changé de discours. Depuis des années, avec le Président de la République, nous nous plaignons du fait que cette parité entre l’euro et le dollar ne correspond pas à la réalité des économies, et handicape fortement nos exportations. Et donc, je n’ai pas d’inquiétude quant à l’actuelle parité entre l’euro et le dollar. Merci beaucoup.

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 16:56

 

François Fillon rappelle la détermination du gouvernement à conduire la réforme des retraites lors d'un échange avec la presse le vendredi 28 mai 2010.

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